Beneath (ISL) : Enslaved by Fear

Ξ août 30th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Beneath (ISL) : Enslaved by FearOn ne croise pas énormément de groupes islandais, mais lorsque certains font leur apparition, c’est du très lourd. C’est le cas de Beneath, formation de death metal originaire de la capitale Reykjavik et comprenant des ex-membres de Charger et Sororicide. Depuis cinq ans maintenant, leur musiciens font lentement parler d’eux avec un petit EP du nom de « Hollow Empty Void » en 2010. Le tout premier album, « Enslaved by Fear » a dû mijoter un bon moment avant de trouver le label adéquat et c’est la prestigieuse écurie Unique Leader qui s’est chargé de signer ce méfait mixé par Daniel Bergstrand aux Dug Out Studios (Strapping Young Lad, In Flames, Meshuggah), l’artwork étant réalisée par Raymond Swanland (Deeds Of Flesh, Psycroptic).

Armé de thématiques apocalyptiques et anti-religion, Beneath nous en fait voir de toutes les couleurs avec ce « Enslaved by Fear » au son très professionnel. « As Gods Walk the Earth » démarre sur les chapeaux de roue avec un morceau très énergique où s’entremêlent les parties brutales et les parties mélodiques. Les Islandais maîtrisent leur sujet tout en instaurant quelques touches techniques, soutenues par un growl charismatique et de bonnes harmonie à la guitare. Pas de répit jusqu’à un « Lies of the Dead » efficace et musclé.

Au fil des morceaux, Beneath révèle ses multiples influences, que ce soit Behemoth ou Morbid Angel. Il puise aussi du côté du black metal avec le terrible « Enslaved by Fear » ou l’instrumental « Heretics » où les moments les plus calmes et les plus ambiancés tranchent avec les moments plus rapides et blastés. N’oublions pas le doomesque « Monolith » qui porte bien son nom, long et à l’atmosphère pesante, sombre et mélodique. Il montre une différence de rythme non négligeable, créant une cassure au sein d’un album agressif et costaud.

Le quintette signe là un coup de maître avec un opus prenant de bout en bout, mélangeant l’old school avec le moderne, la brutalité avec l’harmonie, au sein d’un death metal ravageur et loin d’être amateur. La présence du chanteur des défunts Sororicide (plus vieux groupe de death en Islande) ainsi que le talent de chacun apportent par conséquent un plus aux compositions de Beneath, qui risquent fort de faire parler d’eux à l’avenir.

 

Sinister Frost : Cryotorment

Ξ août 28th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Sinister Frost : CryotormentC’est un fait, la Russie est désormais la nouvelle terre du black symphonique et ce depuis quelques années. Les groupes sont suffisamment variés pour attirer l’oreille des amateurs et c’est peu de le dire : on trouve de tout chez ces Russes. Leur principal atout, c’est de pouvoir s’octroyer une production à l’européenne tout en gardant cette identité de l’ « Est », présente dans les mélodies, même si les influences norvégiennes se font ressentir. Sinister Frost est aussi né dans cet état d’esprit, avec comme but de créer un black symphonique mélodique basé sur le froid, ce qui correspond aux contrées hivernales de leur pays. La pochette, le nom des titres ainsi que les photoshoots montrent cet amour pour tout ce qui touche à la glace et à la neige.

Après avoir stabilisé son line-up en prenant dans ses rangs la batteuse Varaska de Blackthorn, Sinister Frost enregistre son travail aux Miomi Rcds entre juin 2010 et mai 2011 avant de terminer avec les samples et les orchestrations. Beaucoup de boulot en perspective avant une signature cette année chez MSR et la sortie de leur premier opus « Cryotorment ».

Dès le titre instrumental éponyme, on devine qu’on aura à faire à une musique glaciale, parfaite pour les grandes chaleurs de cet été. Les claviers posent des nappes extrêmement froides et inquiétantes, accompagnées de samples de vent, avant d’enchaîner avec « Mystery of Sinister Frost », la version plus musclée de cet instrumental. Départ sur les chapeaux de roue, alternance de parties aux claviers et de parties metalliques ainsi que de growl et de chant black, sans oublier la fusion des riffs black et des riffs death. On se retrouve exactement dans le schéma typiquement russe, qui est de s’octroyer différentes influences metalliques afin de les mélanger avec une production moderne, des ambiances glacées et des orchestrations très bien installées.

Le black symphonique de Sinister Frost est donc carré et très bien fichu, dommage toutefois que certaines touches à la Dimmu Borgir se fassent ressentir dans la majorité des pistes. Certaines mélodies sont prévisibles et assez proche de ce qui a déjà été fait par le passé. Cependant, heureusement que Sinister Frost arrive à intégrer sa patte ainsi que des variations de rythme, comme sur « Nightmare », offrant un début doux, avant une déferlante de riffs et de claviers. Le calme avant la tempête de neige…

Le piano est aussi très important dans ce « Cryotorment ». Mélangé aux claviers, aux samples et à des riffs bien placés, il intègre parfaitement ce côté hivernal et l’auditeur se croit alors seul au milieu d’un champ de neige. C’est le cas avec « Vicar of the God of Death » ou « Gomorrah and Sodom Pt.2 ».

Bien qu’encore à un stade embryonnaire, Sinister Frost a de quoi attirer du monde avec son frosty black symphonique, on attend donc de nouvelles compositions, et surtout du concret : six morceaux pour un total de trente et une minutes, c’est très peu et on reste rapidement sur notre faim. Mais en tout cas, si vous avez trop chaud, et que vous avez aimé, par exemple, le dernier méfait d’Astral Winter, vous pourriez être conquis par ce « Cryotorment ».

 

Sybreed : God Is an Automaton

Ξ août 25th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Sybreed : God Is an AutomatonSuivant une évolution en crescendo et figurant parmi les représentants incontournables du Cyber Metal, Sybreed a toujours mis la barre très haute dans ce domaine et on attend forcément énormément de choses de sa part. Ce « God Is an Automaton », un an après la venue de l’EP « Challenger » censé donner un aperçu du contenu musical de cette nouvelle sortie, ne déroge pas à la règle.

Les Suisses s’octroient de nouveau le mixage de Rhys Fulber (Fear Factory, Paradise Lost) ainsi que les talents de Seth Siro Anton pour la pochette. Cette dernière a beau être différente d’un point de vue stylistique, elle n’en demeure pas moins mécanique et très sombre, assortie aux thématiques cyberpunk et à la grande interrogation de l’album : Dieu est un automate, nous sommes donc nous-mêmes machines, créés à son image. Nous sommes aussi, de ce point de vue, des dieux, étant donné que nous concevons des machines. En définitive, qui est vraiment Dieu… ?

Musicalement, il est clair que les fans de « The Pulse of Awakening » ne seront pas déçus. Il faut dire que de prime abord, l’évolution sus-citée ne paraît pas si évidente avec ce « God Is an Automaton », ce dernier pouvant être considéré comme la suite logique de leur précédent opus. On y retrouve le même son, les mêmes gros riffs efficaces, cet alliage de djent et de cyber à coup d’ambiances futuristes et pessimistes, ainsi que des titres dansants et énergiques pas loin de « Doomsday Party » tels que « The Line of Least Resistance ». En réalité, la première écoute de l’opus laisse un peu sur notre faim tant on a l’impression de se retrouver en terrain connu, sans réelles prises de risque ni gros éléments coup de cœur, avec une dose sans doute trop élevée de mélodie (« God Is an Automaton »), pas assez de brutalité, et cette manie d’instaurer le chant clair lors des refrains.

Finalement, et c’est ce qui fait sans doute la force de ce « God Is an Automaton », c’est la découverte. On se rend compte, au fil des écoutes, que la mélodie est bien dosée et qu’elle sert, bien au contraire, à instaurer une certaine ambiance et un côté résolument pessimiste. Elle apporte aussi un peu de calme par rapport à des morceaux plus musclés. Bien sûr, on retrouve des éléments anciens et pas assez surprenants sur une bonne partie des morceaux, ce qui ne favorise pas la surprise. Ceci dit, il existe bel et bien quelques changements ainsi que quelques prises de risque à côté desquelles il ne faudrait pas passer.

Ainsi, la voix de Ben s’est de nouveau améliorée. Le chant clair est mieux modulé, les hurlements sont toujours arrachés, même si moins violents que sur « Slave Design » par exemple. On découvre aussi quelques growls lors de parties plus tournées vers le Death Metal ainsi que quelques cris très proches du black, sans doute dû aux différents passages qu’a fait Ben dans certains groupes de Black Metal (Pavillon Rouge, Deathcode Society). Les riffs aussi ne se contentent plus des structures polyrythmiques, d’à-coups typiques du metal moderne ou de tonalité djent à la Meshuggah (même si elles sont toujours présentes). On retrouve des morceaux plus tournés vers le death tels que « Red Nova Ignition » et son début caractéristique ou « Downfall Inc. » et ses accélérations imprenables, sans oublier un « Into the Blackest Light » résolument extrême et sombre, entre des parties mi-death, mi-black et sa puissance au niveau des claviers.

Pour conclure, n’oublions pas les éléments cybernétiques apportés dans les samples, les claviers et le rythme. On retrouve toujours les sonorités à l’arrière goût d’acier, les touches électroniques futuristes, les bruits synthétiques, les notes atmosphériques ainsi que les bidouilles robotiques (dominantes sur « Red Nova Ignition » et « Challenger »). N’oublions pas le final avec un « Destruction and Bliss » souffrant de sa longueur et de ses riffs trop linéaires, mais plutôt symphonique au niveau des arrangements et des choeurs, sorte de croisement entre le « Ethernity » de « Antares » et le « From Zero to Nothing » de « The Pulse of Awakening ».

Ce qui paraissait décevant ne l’est pas tant que ça. Sybreed mélange des anciens éléments avec des nouveaux tout en confirmant son statut de leader de la scène cyber ainsi que sa patte dans la foulée, reconnaissable entre mille. Bien qu’étant très solide et efficace, « God Is an Automaton » reste poche de ce qui a déjà été fait et moins fort dans son ensemble, ce qui ne permet pas d’être soufflé. Toutefois, il mérite de nombreuses écoutes pour mieux être compris et apprécié à sa juste valeur.

 

Dawn Of Demise : Rejoice in Vengeance

Ξ août 23rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Dawn Of Demise : Rejoice in VengeanceDeux ans après un « A Force Unstoppable » correct sans plus, la bande à Scott Jensen (ex Infernal Torment) revient faire des siennes en cet été 2012. Plusieurs sorties auront d’ores et déjà attiré les oreilles aguerries des deathsters (Hour Of Penance, Nile, Hideous Divinity, entres autres) et les Danois de Dawn Of Demise devront alors se frayer un chemin dans le petit monde du brutal death metal. Malgré quelques changements conséquents de line up, le combo arrive à reprendre du poil de la bête en s’offrant une production de Tue Madsen, une signature chez Unique Leader et une pochette signée Marco Hasmann (Fleshgod Apocalypse, Beyond Creation).

Le quintette ne change pas sa recette, au contraire. Il continue à asséner un brutal death à légère tendance slam aux riffs assassins sous couvert de thématiques gore racontant diverses tueries. Rien de très rapide ou de très technique, Dawn Of Demise mise avant tout sur la lourdeur de la musique, couplant des guitares pesantes à une alternance de growl et de pig squeals, comme on peut l’entendre sur « We Drink to Your Demise » ou « Killing Spree ». Ceci dit, des blasts sont tout de même à l’honneur, tranchant avec la lenteur de certaines parties.

Toutefois, une bonne partie des morceaux manquent de punch et de brutalité. Même si on apprécie les ralentissements de rythme où les vocaux de Jensen sont à l’honneur, conférant une atmosphère particulièrement grasse, on regrette le fait que la musique ait du mal à se mettre en place, du coup c’est l’ennui qui tend à pointer le bout de son nez. Heureusement, il y a des titres plus musclés et catchy tels que « He Rises Again », « Choke », « Exsanguination » ou « Indulge in Perversity » pour nous faire remuer un peu, avec un rythme plus dynamique et des riffs imprenables.

A l’image de ses opus précédents, Dawn Of Demise ne privilégie absolument pas l’originalité, par conséquent, rien ne nous fera réellement sauter au plafond. On appréciera cependant les différents samples, les gros riffs qui font bien mouche et le fait que les morceaux ne soient pas trop longs, et ce n’est pas plus mal : les Danois ont du mal à tenir sur la longueur et on ressent au bout d’un moment une certaine linéarité, les morceaux peinant à se différencier les uns des autres.

En clair, Dawn Of Demise aura du mal à tirer son épingle du jeu avec ce « Rejoice in Vengeance ». Même s’il jouit d’une très bonne production et de quelques soli bien placés, il s’agit d’un album de brutal death correct sans plus, comme son grand frère, qui risque de ne pas figurer parmi les sorties indétrônables de l’année, dommage.

 

Khadaver : New World Disorder

Ξ août 22nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Cyber Metal |

Khadaver : New World DisorderLa Slovaquie est en passe de faire parler d’elle en matière d’indus/cyber. Après les méfaits de 0n0, c’est au tour de Khadaver de s’affirmer, après la sortie d’un EP, « God-RW » en 2010. Le duo mené par Nihil Nix décide une nouvelle fois de s’auto-produire et de s’affranchir de tout label afin de sortir son premier full length. Originellement nommé « Opus Novum », c’est sous le patronyme de « New World Disorder » que nous découvrons le cyber metal à tendance black metal des Slovaques.

Le groupe est majoritairement influencé par la musique électronique et le black metal, ce qui se ressent dans la majeure partie des titres. On retrouve aussi quelques ambiances gothiques sur certaines plages (« Vacuity »), mais c’est bien l’aspect cybernétique qui prédomine, mis en valeur par des compos futuristes, froides, torturées et pessimistes et des thématiques cyberpunk sur la dystopie ou l’holocauste nucléaire ainsi que des critiques sur la religion et la politique.

Après une introduction très pessimiste dépeignant une Europe en flamme, c’est « Kampfbereit » qui met la gomme à coup de touches électroniques, de guitares accrocheuses et d’une alternance de chant clair et de chant black voire death. Le tout continue sur « 21th Century Antichrist », mettant l’accent sur le côté EBM du rythme et le côté criard de la voix, tout en incorporant des éléments industriels très sympathiques ainsi que des choeurs.

En peu de temps, on peut se rendre compte des influences de Khadaver, les plus flagrantes étant T3chn0ph0b1a (le mixage a d’ailleurs été confié à 5kott de ce groupe-ci) et surtout The Kovenant. Cela se ressent davantage avec l’éponyme « New World Disorder », agissant comme une fusion de la période « Animatronic » (pour le côté black) et la période « SETI » (pour le côté cyber) des Norvégiens. D’ailleurs, le nom du titre « New World Disorder » reste très proche du « New World Order » de leurs compères, une allusion on ne peut plus pessimiste. Musicalement, c’est tout à fait ça.

On ne peut qu’évoquer le « Semi Automatic » de Deathstars pour parler du « Battle Zone » de Khadaver, l’introduction étant quasi similaire. La suite est différente cependant, les éléments black prenant le dessus ainsi que le côté bien dansant des rythmes. La fin de l’album semble toutefois privilégier les touches atmosphériques dans le jeu de guitare et l’électronique, comme « AD Assault » ou « Technofuneral », bien cybernétique au niveau des arrangements.

Pour apprécier un tant soit peu Khadaver, il faut aimer l’électronique et le côté criard de la voix black. Si ceci vous est acquis, cet album est pour vous. Les Slovaques misent sur une musique dynamique et futuriste entre Deathstars, The Kovenant et T3chn0ph0b1a, en instaurant une bonne ambiance de monde en perdition sous couvert d’un cyber très électro.

 

Aloop : Dead End – New Deal

Ξ août 20th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Metal |

Aloop : Dead End - New DealEn 2002 se forme Aloop par un quintette danois désireux d’apporter quelque chose d’énergique, brutal et mélodique au sein d’une musique plus ou moins émotive. Leur but était de créer quelque chose d’unique et de recherché. Leur ambition les a poussé à sortir un premier jet en 2005, « Global Crisis », bien reçu par la presse en Scandinavie et en Europe, ce qui leur a valu le prix du meilleur album de l’année, le Danish Metal Awards. S’ensuivent beaucoup de concerts et de festivals, ainsi qu’un changement de line up, un des guitaristes étant remplacé par Henrik Mortensen.

Comme un boost, cela leur permet de repartir sur de bonnes bases et les voilà avec un nouvel opus, « Dead End/New Deal » signé chez Mighty Music et mixé par Jacob Hansen. Aloop continue son voyage dans une metal moderne entre death, thrash et metalcore, le tout mélangé avec d’autres styles musicaux.

On ne peut pas dire que les compositions des Danois ne sont pas dynamiques et énergiques, bien au contraire. Elles ne manquent pas de punch et alternent incessamment entre parties brutales et parties mélodiques, avec des couplets plus rentre dedans que les refrains. Toutefois, le mélange des genres est plutôt déstabilisant. Si le côté thrash moderne réside davantage dans les riffs et le côté death dans les lignes de chant, le côté core et mélo se retrouve plutôt dans les moments les plus calmes et les refrains. Les vocaux claires sont même désagréables et font une cassure par rapport au côté extrême des parties qui les précédent (« Deception », « Automation », « Point of No Return »…). Dommage que le schéma soit toujours identique de ce côté là, les refrains étant souvent là pour adopter des parties plus niaises et moins intéressantes finalement.

L’avantage avec Aloop, c’est que sa musique n’est pas si uniforme que ça. Même si la majorité des morceaux tendent à se ressembler, différents styles musicaux apportent un peu de nouveauté et de fraîcheur, même s’ils ne sont pas forcément très bien intégrés. Ainsi on peut retrouver le côté pop et rock dans certains refrains, des touches country au début de « Django », de l’horror avec « Falling » ou de l’acoustique avec le duo final « Hell on Earth ». Le seul soucis, c’est que ces styles semblent être ici pour faire «joli ». Je veux dire par là qu’ils ne servent que d’introduction, et on ne les retrouve pas à d’autres moments des morceaux en question, ce qui aurait pu apporter un plus considérable et mettre en valeur les atmosphères.

L’opus a beau parler de la condition humaine à travers plusieurs récits, il n’empêche que ce « Dead End/New Deal », bien qu’ambitieux, aura du mal à se démarquer des albums actuels de metal moderne, les éléments présents ayant souvent été entendus ou au contraire, trop peu exploités dans le genre et donc anecdotiques. L’énergie, la brutalité, et la mélodie sont au rendez-vous, mais cela ne suffit plus désormais.

 

Thought Machine : Thought Machine

Ξ août 14th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Thought Machine : Thought MachineL’Italie est un pays intéressant si on veut se pencher sur le metal industriel ou électro en général, que l’on cherche quelque chose de simple, d’extrême ou d’expérimental. Plusieurs formations ont réussi à s’imposer telles Aborym ou Ensoph, sans oublier Logical Terror, plus récemment, du côté du cyber metal. Justement, c’est de cyber metal dont nous allons parler, avec la sortie du premier album éponyme de Thought Machine, petit quintette Milanais.

Le concept est très caractéristique du genre et à vrai dire peu original, l’opus évoquant les sensations perverties des Hommes dans un environnement technologique, aseptisé et inhumain. La différence réside toutefois dans le line up. En effet, on retrouve deux femmes à des postes plutôt importants dans le genre, Simona au chant et Elisa aux claviers/samples. Il faut dire que ça donne une vision plus féminine de la chose, cela se ressent dans la musique et cela se voit dans le livret, dans lequel nos deux acolytes s’amusent à mélanger l’acier à la chaire humaine. Un peu de sang féminin ne fait donc pas de mal, d’autant plus que c’est rarissime dans le style (souvenez-vous du défunt Interlock et des frenchies de Noein).

Pour autant, la musique de Thought Machine n’est pas adoucie ni bombardée de chants plus ou moins lyriques. Les Italiens ont bien appris leur leçon et savent que le cyber est loin d’être un style mielleux. Ils nous offrent de bonnes offensives à la guitare ainsi que certaines expérimentations plutôt bien intégrées. Le tout n’est donc pas doux ni trop simple, c’est même plutôt agressif et alambiqué par moments. Même l’électronique est tranchante, couplée au chant très varié de Simona, passant de la voix claire à la voix torturée ou synthétique. C’est hargneux, tout en étant dynamique et entraînant (« Come to th Point », « F-Switch »), mais un peu trop uniforme, malgré une volonté certaine d’en faire voir de toutes les couleurs.

Les ambiances rendent bien, c’est décidément un gros côté synthétique et machinisé qui ressort des compositions de Thought Machine. La production n’est pas pour autant trop propre, mais suffisante pour apporter cette touche d’artificialité, présente à la fois dans les guitares, dans les vocaux et évidemment dans les claviers. Ne manquez pas « Autumn Lives Here » et son petit côté Ram-Zet (chant clair, mélodies torturées), « Artificial Imagination » et son aspect cybernétique avec un grand C, ou « Cyber Screen » qui insiste bien sur les perversions technologiques avec une bonne osmose entre tous les instruments.

Voici donc une très bonne sortie italienne, avec ses moments forts et ses défauts, comme le côté trop puissant des claviers ou l’aspect trop uniforme du chant clair. On attend beaucoup de ce combo très prometteur qui livre ici un opus catchy réellement froid et aseptisé, en corrélation avec le style en question.

 

Doppler (ESP) : Apophenia: Type I Error

Ξ août 11th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal, Math Metal |

Doppler (ESP) : Apophenia: Type I ErrorIl existe des tas de styles de metal bien différents les uns des autres, mais il semblerait que beaucoup de pays se laissent influencer par les tendances actuelles, à savoir le metal moderne et expérimental à coups de structures mathématiques et de touches industrielles. Doppler, originaire de Madrid, ne déroge pas à la règle et se laisse embarquer dans cette immense vague de formations aux relents polyrythmiques. Cependant, le quatuor ne tombe pas pour autant dans la facilité et il faut dire que pour un premier opus, les Espagnols arrivent à sortir du lot avec un math/indus loin d’être totalement banal.

En effet, les musiciens ne se contentent pas d’intégrer un max de technique afin de se faire comprendre. Certes, les influences vont de Meshuggah en passant par les petits jeunots de The Interbeing pour ne citer qu’eux, mais en tout cas, le mix de parties brutales, expérimentales, death metal et ambientes font de ce « Apophenia: Type I Error » un album quelque peu à part. Même si le visuel rappelle le design cybernétique des récentes formations, Doppler s’en éloigne et nous emmène dans une autre machine : le cerveau humain. Nous suivons donc les différentes phases d’un esprit torturé et schizophrénique, si bien que ce côté perturbé se retrouve irrémédiablement dans la musique, grâce à des hurlements maladifs, des saccades perturbées et une arythmie omniprésente (« The Delinery and the Giant » ou le trio des « Falling »).

Dès « Pareidolia », on sent ce côté mathématique couplé à l’indus, mais ce dernier est loin d’être omniprésent, bien au contraire. Soit il appuie certaines parties, soit il créé une ambiance toute particulière, mais ce sont bien les guitares et les cris d’Albano qui mènent la danse, en mettant l’accent sur une agressivité certaine. C’est tranchant, rentre dedans, loin d’être gentillet ni lumineux, tout est fait pour que l’auditeur se croit perdu dans cet esprit malade. Même si « Asynchronous Forms » paraît un chouillat plus facile d’accès avec son ouverture très moderne et embarquante, on a vite fait de tomber dans les expérimentations de Doppler, qui n’hésite pas à intégrer quelques pig squeals ainsi que quelques riffs proche du death metal. Sans oublier ce break très meshuggesque.

Malgré un groove immense et forcément un peu lassant sur la fin, on peut vite ressentir certaines linéarités, notamment au niveau du chant, trop souvent hurlé et peu modulé (hormis les quelques pig squeals et cris à tendance black), des guitares trop carrées, et du manque de variation au niveau du rythme. Peu voire pas d’accélérations dignes de ce nom viennent contrebalancer ce tempo plutôt moyen, ce qui reste dommage. Heureusement toutefois qu’il y a l’indus et d’autres styles extrêmes pour diversifier cet opus.

Doppler livre un album tout à fait correct, s’avérant être bon au fil des écoutes. Le temps nous donne toutes les clés nécessaires pour apprécier la musique du quatuor, ces derniers pouvant apporter un peu de sang frais à l’Espagne, avec en plus une production signée Jacob Hansen (Heaven Shall Burn, Raunchy, Aborted) après un passage aux Sadman Studios.

 

Advent Sorrow : Before the Dimming Light

Ξ août 8th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Advent Sorrow : Before the Dimming LightOn ne pourra pas dire que les sorties black symphoniques sont rares cette année, et pour cause : différents pays se mettent enfin en valeur et nous n’aurons pas besoin de nous orienter vers la Norvège, la Russie ou les Etats-Unis. En effet, c’est du côté de l’Australie que nous allons, avec une petite formation du nom d’Advent Sorrow (à ne pas confondre avec son confrère américain « Vesperian Sorrow »).

Le sextet originaire de Perth peut se targuer d’apporter un petit coup de boost dans une scène black symphonique australienne quasi morte. Que retenons-nous vraiment de ce style dans ce pays à part les expérimentations de Nazxul ? Pas grand chose. Et il se peut qu’Advent Sorrow renverse la tendance, ce qui ne serait pas mauvais en soit. Toutefois, l’orientation prise par le groupe ne peut qu’engendrer des doutes quant à son futur et sa durée, car une fois de plus, nous voilà face à un combo inspiré par Dimmu Borgir (au niveau de la musique) et Carach Angren (au niveau de la voix et du concept).

Même si les Australiens intègrent des éléments liés au death et parfois au doom, c’est bien à un arrière goût de déjà entendu que nous avons à faire. L’EP « Before the Dimming Light » raconte l’histoire cauchemardesque d’un tueur, qui tombe peu à peu dans la folie. On le voit attendre son exécution tout en apprenant ce qui l’a rendu paranoïaque, tandis que les textes nous décrivent ses atrocités ainsi que son goût pour la violence. On nage en plein horreur et chagrin.

La musique d’Advent Sorrow n’est, en soit, pas originale. Les relents dimmuborgiens sont omniprésents : le début de « Before the Dimming Light » rappelle fortement le « Reptile » des Norvégiens tandis que les violons et piano de « Wraith of Silence » font irrémédiablement penser aux opus suivants. Heureusement qu’il y a une certaine hargne et un dynamisme imprenable pour se laisser prendre au jeu. Les différentes alternances permettent un peu de variation, notamment lorsqu’arrivent les vocaux death ainsi que les riffs caractéristiques. Les claviers et les samples apportent beaucoup aux compositions d’Advent Sorrow, ce qui permet d’apporter ce côté horrifique et tragique, comme sur « Insidious Memories », l’auditeur étant dans les souvenirs du tueur. Les guitares arrivent tout de même à se démarquer et à ne pas se laisser écrasées par les envolées au clavier.

« Withered by Her Curse » est une très bonne conclusion car il permet de découvrir plusieurs humeurs et plusieurs parties, entre des débuts inquiétants et agressifs, soutenus par des blasts bien placés, un milieu emmené par des arpèges au piano à la Dimmu Borgir (malheureusement ou heureusement, tout dépend des points de vue), des passages plus lents et plus proches du doom, et une fin plus torturée, plus triste, avec son violon mélancolique, laissant place à un growl profond et une étonnante lourdeur.

Advent Sorrow ne livre pas un EP très original malgré une volonté d’apporter quelques touches personnelles, mais au moins, il offre à l’auditeur vingt cinq bonnes minutes de black/death symphonique tout en offrant à l’auditeur le moyen de s’imprégner d’un certain concept, et ce, avec une bonne production faite maison.

 

Ono : Plus Ultra

Ξ août 5th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Ambient, Industrial Metal |

Ono : Plus UltraOn avait découvert le Slovaque d’0n0 avec la sortie de son premier album « Path », ce dernier ayant réussi à mélanger plusieurs styles pour créer une forme d’indus expérimental très particulière. Twisted est donc de retour en milieu d’année 2012 avec un EP « Plus Ultra », confirmant le talent de cet homme aux nombreuses facettes.

Rien à voir avec tout ce qui sort actuellement, que ce soit l’indus old school en manque d’inspiration ou le djent/indus trop syncopé et linéaire, 0N0 sort des sentiers battus et nous fait voir sa vision des choses. Ses compositions sont loin d’être trop gentillettes ou porteuses d’espoir, bien au contraire, c’est le métissage qui prend le pas afin de nous en faire voir de toutes les couleurs. Torturé et malsain, voilà les maîtres mots de l’univers du Slovaque qui ne lésine pas sur le côté tordu et étrange de ses titres.

« Plus Ultra » est dans la digne continuité de « Path » et rien est à redire de ce côté là. L’auditeur se retrouve embarqué dans un melting pot de styles, passant de l’ambient inquiétant (« The Horrible Trauma of Birth ») à un post hardcore perturbé parsemé de riffs maladifs. Mais 0n0, c’est avant tout du metal industriel avec sa dose considérable d’expérimentation. Les sonorités aux claviers laissent la lumière de côté pour apporter les ténèbres et la terreur. Mixés à des guitares lourdes et dérangées, le résultat n’en est que dérangeant, comme sur « How ? », soulevant une question difficile à répondre. Rien à voir avec son successeur, « Plus Ultra », qui lui, mise sur les blasts et un certain aspect black (riffs, voix, ambiance).

Cerise sur la gâteau, Twisted conclut cet EP avec un long et étonnant « A Rite to Rise » , mixant le doom/death et la musique industrielle. Le musicien nous fait part de sa voix claire et planante sur des riffs lourds et écrasants et des claviers à la fois proche du funéraire et du cyber. Pas aussi malsain qu’un « Sleepless Slumber » mais tout aussi dérangé, avec ses mélodies lamentées, son rythme lent et mécanique, et ses bruitages perturbants. Résolument froid et inhumain, on peut y voir ici une forme de cyber/doom particulièrement immersive et métissée.

La Slovaquie nous montre une fois de plus de quoi elle est capable grâce à son one man band 0n0 qui nous livre un EP de nouveau très recherché et ambitieux. Laissez vous donc embarquer dans cet univers torturé le temps de quelques minutes car si vous aimez les musiques distordues et alambiquées, ce « Plus Ultra » ne peut que vous être destiné.

 

Obscurcis Romancia : Theatre of Deception

Ξ août 4th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Obscurcis Romancia : Theatre of DeceptionAu Canada, rares sont les formations qui ont su tirer leur épingle du jeu. Hormis Tvangeste il y a quelques années et, à moindre mesure, Veneficum, ce pays est loin d’être une des valeurs sûres du black metal symphonique. Toutefois, il y a bien un groupe qui est sur la bonne voie : Obscurcis Romancia. Fondé en 1997, les Québécois ont sorti une première démo en 2001 puis un album éponyme en 2002, quasiment passés inaperçus. Mais la sortie assez attendue de « Theatre of Deception », dix ans plus tard, est sur le point de changer la donne et de donner à ce petit combo le statut de fer de lance.

Même si les Québécois s’influencent de groupes qui n’ont désormais rien à prouver et dont la réputation est certaine (Dimmu Borgir, Cradle Of Filth, Illnath), ils ont su se forger une identité en intégrant dans leur black symphonique des éléments neo-classiques, death metal et prog, ce qui n’est pas pour nous déplaire. En effet, le tout instaure une certaine complexité et un sens profond de l’inspiration. Difficile donc de se faire à la musique d’Obscurcis Romancia, qui n’hésite pas non plus à jouer sur la théâtralité de ses compositions, d’où le titre de son album.

Le sextet en fait voir de toutes les couleurs, et ce dès le départ avec le premier morceau « Awakening in Spiritual Madness » long de plus de dix minutes. Après des samples effrayants, nous voilà embarqués dans la folie d’Obscurancis Romancia, qui utilisent autant de voix black torturées que de growls, de riffs perturbés et de touches de claviers alambiquées. Le tout paraît assez tortueux, le chant s’apparentant aux hurlements aigus de Dani Filth tandis que la surdose de mélodies rappelle les travaux d’Illnath dans un style moins symphonique.

Et puis arrivent le duo « Sanctuaire Damné » et « Le Quatrième Acte », montrant tout le potentiel d’OR. Ensemble audacieux, mélodies entraînantes et très néo-classiques, et surtout, orchestrations virevoltantes, parfois dignes d’une BO. Le chant black peut toutefois en rebuter certains, peut-être trop criard et torturé, mais heureusement le growl digne des groupes de death metal de haute volée peut rassurer.

« In Memoriam » fait partie des titres que l’on retient vite car il possède une patte toute particulière. Le piano et les guitares se joignent pour ne faire qu’un, proposant quelque chose étonnant car proche de Beethoven. On ne s’attend pas forcément à ça car nous avons droit à une « symphonie » au piano, avec des guitares qui remplaceraient même les violons. Du classique version black metal, surprenant.

Si la longueur des chansons permet au groupe de faire part de sa technicité et de certaines expérimentations, elle ne l’empêche toutefois pas de laisser entrevoir certaines faiblesses dans la progression, ainsi peut-on ressentir quelques linéarités sur les titres les plus longs ainsi que certaines influences trop flagrantes (voire ci-dessus) pour ce qui est des riffs et des ambiances. Cependant, il faut avouer qu’Obscurcis Romancia a un potentiel immense et qu’il est en passe d’apporter un peu de fraîcheur dans une scène black symphonique qui tend à tout miser sur leurs inspirations et la prod au détriment d’un véritable talent.

 

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