Obscurcis Romancia : Theatre of Deception

Ξ août 4th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Obscurcis Romancia : Theatre of DeceptionAu Canada, rares sont les formations qui ont su tirer leur épingle du jeu. Hormis Tvangeste il y a quelques années et, à moindre mesure, Veneficum, ce pays est loin d’être une des valeurs sûres du black metal symphonique. Toutefois, il y a bien un groupe qui est sur la bonne voie : Obscurcis Romancia. Fondé en 1997, les Québécois ont sorti une première démo en 2001 puis un album éponyme en 2002, quasiment passés inaperçus. Mais la sortie assez attendue de « Theatre of Deception », dix ans plus tard, est sur le point de changer la donne et de donner à ce petit combo le statut de fer de lance.

Même si les Québécois s’influencent de groupes qui n’ont désormais rien à prouver et dont la réputation est certaine (Dimmu Borgir, Cradle Of Filth, Illnath), ils ont su se forger une identité en intégrant dans leur black symphonique des éléments neo-classiques, death metal et prog, ce qui n’est pas pour nous déplaire. En effet, le tout instaure une certaine complexité et un sens profond de l’inspiration. Difficile donc de se faire à la musique d’Obscurcis Romancia, qui n’hésite pas non plus à jouer sur la théâtralité de ses compositions, d’où le titre de son album.

Le sextet en fait voir de toutes les couleurs, et ce dès le départ avec le premier morceau « Awakening in Spiritual Madness » long de plus de dix minutes. Après des samples effrayants, nous voilà embarqués dans la folie d’Obscurancis Romancia, qui utilisent autant de voix black torturées que de growls, de riffs perturbés et de touches de claviers alambiquées. Le tout paraît assez tortueux, le chant s’apparentant aux hurlements aigus de Dani Filth tandis que la surdose de mélodies rappelle les travaux d’Illnath dans un style moins symphonique.

Et puis arrivent le duo « Sanctuaire Damné » et « Le Quatrième Acte », montrant tout le potentiel d’OR. Ensemble audacieux, mélodies entraînantes et très néo-classiques, et surtout, orchestrations virevoltantes, parfois dignes d’une BO. Le chant black peut toutefois en rebuter certains, peut-être trop criard et torturé, mais heureusement le growl digne des groupes de death metal de haute volée peut rassurer.

« In Memoriam » fait partie des titres que l’on retient vite car il possède une patte toute particulière. Le piano et les guitares se joignent pour ne faire qu’un, proposant quelque chose étonnant car proche de Beethoven. On ne s’attend pas forcément à ça car nous avons droit à une « symphonie » au piano, avec des guitares qui remplaceraient même les violons. Du classique version black metal, surprenant.

Si la longueur des chansons permet au groupe de faire part de sa technicité et de certaines expérimentations, elle ne l’empêche toutefois pas de laisser entrevoir certaines faiblesses dans la progression, ainsi peut-on ressentir quelques linéarités sur les titres les plus longs ainsi que certaines influences trop flagrantes (voire ci-dessus) pour ce qui est des riffs et des ambiances. Cependant, il faut avouer qu’Obscurcis Romancia a un potentiel immense et qu’il est en passe d’apporter un peu de fraîcheur dans une scène black symphonique qui tend à tout miser sur leurs inspirations et la prod au détriment d’un véritable talent.

 

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