Thought Machine : Thought Machine

Ξ août 14th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Thought Machine : Thought MachineL’Italie est un pays intéressant si on veut se pencher sur le metal industriel ou électro en général, que l’on cherche quelque chose de simple, d’extrême ou d’expérimental. Plusieurs formations ont réussi à s’imposer telles Aborym ou Ensoph, sans oublier Logical Terror, plus récemment, du côté du cyber metal. Justement, c’est de cyber metal dont nous allons parler, avec la sortie du premier album éponyme de Thought Machine, petit quintette Milanais.

Le concept est très caractéristique du genre et à vrai dire peu original, l’opus évoquant les sensations perverties des Hommes dans un environnement technologique, aseptisé et inhumain. La différence réside toutefois dans le line up. En effet, on retrouve deux femmes à des postes plutôt importants dans le genre, Simona au chant et Elisa aux claviers/samples. Il faut dire que ça donne une vision plus féminine de la chose, cela se ressent dans la musique et cela se voit dans le livret, dans lequel nos deux acolytes s’amusent à mélanger l’acier à la chaire humaine. Un peu de sang féminin ne fait donc pas de mal, d’autant plus que c’est rarissime dans le style (souvenez-vous du défunt Interlock et des frenchies de Noein).

Pour autant, la musique de Thought Machine n’est pas adoucie ni bombardée de chants plus ou moins lyriques. Les Italiens ont bien appris leur leçon et savent que le cyber est loin d’être un style mielleux. Ils nous offrent de bonnes offensives à la guitare ainsi que certaines expérimentations plutôt bien intégrées. Le tout n’est donc pas doux ni trop simple, c’est même plutôt agressif et alambiqué par moments. Même l’électronique est tranchante, couplée au chant très varié de Simona, passant de la voix claire à la voix torturée ou synthétique. C’est hargneux, tout en étant dynamique et entraînant (« Come to th Point », « F-Switch »), mais un peu trop uniforme, malgré une volonté certaine d’en faire voir de toutes les couleurs.

Les ambiances rendent bien, c’est décidément un gros côté synthétique et machinisé qui ressort des compositions de Thought Machine. La production n’est pas pour autant trop propre, mais suffisante pour apporter cette touche d’artificialité, présente à la fois dans les guitares, dans les vocaux et évidemment dans les claviers. Ne manquez pas « Autumn Lives Here » et son petit côté Ram-Zet (chant clair, mélodies torturées), « Artificial Imagination » et son aspect cybernétique avec un grand C, ou « Cyber Screen » qui insiste bien sur les perversions technologiques avec une bonne osmose entre tous les instruments.

Voici donc une très bonne sortie italienne, avec ses moments forts et ses défauts, comme le côté trop puissant des claviers ou l’aspect trop uniforme du chant clair. On attend beaucoup de ce combo très prometteur qui livre ici un opus catchy réellement froid et aseptisé, en corrélation avec le style en question.

 

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