Sybreed : God Is an Automaton

Ξ août 25th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Sybreed : God Is an AutomatonSuivant une évolution en crescendo et figurant parmi les représentants incontournables du Cyber Metal, Sybreed a toujours mis la barre très haute dans ce domaine et on attend forcément énormément de choses de sa part. Ce « God Is an Automaton », un an après la venue de l’EP « Challenger » censé donner un aperçu du contenu musical de cette nouvelle sortie, ne déroge pas à la règle.

Les Suisses s’octroient de nouveau le mixage de Rhys Fulber (Fear Factory, Paradise Lost) ainsi que les talents de Seth Siro Anton pour la pochette. Cette dernière a beau être différente d’un point de vue stylistique, elle n’en demeure pas moins mécanique et très sombre, assortie aux thématiques cyberpunk et à la grande interrogation de l’album : Dieu est un automate, nous sommes donc nous-mêmes machines, créés à son image. Nous sommes aussi, de ce point de vue, des dieux, étant donné que nous concevons des machines. En définitive, qui est vraiment Dieu… ?

Musicalement, il est clair que les fans de « The Pulse of Awakening » ne seront pas déçus. Il faut dire que de prime abord, l’évolution sus-citée ne paraît pas si évidente avec ce « God Is an Automaton », ce dernier pouvant être considéré comme la suite logique de leur précédent opus. On y retrouve le même son, les mêmes gros riffs efficaces, cet alliage de djent et de cyber à coup d’ambiances futuristes et pessimistes, ainsi que des titres dansants et énergiques pas loin de « Doomsday Party » tels que « The Line of Least Resistance ». En réalité, la première écoute de l’opus laisse un peu sur notre faim tant on a l’impression de se retrouver en terrain connu, sans réelles prises de risque ni gros éléments coup de cœur, avec une dose sans doute trop élevée de mélodie (« God Is an Automaton »), pas assez de brutalité, et cette manie d’instaurer le chant clair lors des refrains.

Finalement, et c’est ce qui fait sans doute la force de ce « God Is an Automaton », c’est la découverte. On se rend compte, au fil des écoutes, que la mélodie est bien dosée et qu’elle sert, bien au contraire, à instaurer une certaine ambiance et un côté résolument pessimiste. Elle apporte aussi un peu de calme par rapport à des morceaux plus musclés. Bien sûr, on retrouve des éléments anciens et pas assez surprenants sur une bonne partie des morceaux, ce qui ne favorise pas la surprise. Ceci dit, il existe bel et bien quelques changements ainsi que quelques prises de risque à côté desquelles il ne faudrait pas passer.

Ainsi, la voix de Ben s’est de nouveau améliorée. Le chant clair est mieux modulé, les hurlements sont toujours arrachés, même si moins violents que sur « Slave Design » par exemple. On découvre aussi quelques growls lors de parties plus tournées vers le Death Metal ainsi que quelques cris très proches du black, sans doute dû aux différents passages qu’a fait Ben dans certains groupes de Black Metal (Pavillon Rouge, Deathcode Society). Les riffs aussi ne se contentent plus des structures polyrythmiques, d’à-coups typiques du metal moderne ou de tonalité djent à la Meshuggah (même si elles sont toujours présentes). On retrouve des morceaux plus tournés vers le death tels que « Red Nova Ignition » et son début caractéristique ou « Downfall Inc. » et ses accélérations imprenables, sans oublier un « Into the Blackest Light » résolument extrême et sombre, entre des parties mi-death, mi-black et sa puissance au niveau des claviers.

Pour conclure, n’oublions pas les éléments cybernétiques apportés dans les samples, les claviers et le rythme. On retrouve toujours les sonorités à l’arrière goût d’acier, les touches électroniques futuristes, les bruits synthétiques, les notes atmosphériques ainsi que les bidouilles robotiques (dominantes sur « Red Nova Ignition » et « Challenger »). N’oublions pas le final avec un « Destruction and Bliss » souffrant de sa longueur et de ses riffs trop linéaires, mais plutôt symphonique au niveau des arrangements et des choeurs, sorte de croisement entre le « Ethernity » de « Antares » et le « From Zero to Nothing » de « The Pulse of Awakening ».

Ce qui paraissait décevant ne l’est pas tant que ça. Sybreed mélange des anciens éléments avec des nouveaux tout en confirmant son statut de leader de la scène cyber ainsi que sa patte dans la foulée, reconnaissable entre mille. Bien qu’étant très solide et efficace, « God Is an Automaton » reste poche de ce qui a déjà été fait et moins fort dans son ensemble, ce qui ne permet pas d’être soufflé. Toutefois, il mérite de nombreuses écoutes pour mieux être compris et apprécié à sa juste valeur.

 

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