Grief Of Emerald : It All Turns to Ashes

Ξ novembre 29th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Grief Of Emerald : It All Turns to AshesAlors que le black symphonique se modernise énormément, notamment en Russie, l’old school se meurt et il est très difficile de trouver des formations officiant encore dans un son très typique des 90s. Les derniers Evilfeast et Locus Neminis nous auront montré qu’il y avait encore un peu d’espoir ainsi qu’un petit nombre de formations perdues quelque part en Scandinavie, comme Grief Of Emerald en Suède, grand foyer de black metal mais pas de black symphonique. Les quelques groupes existants ont vite disparu, que ce soit Ishtar ou Necromicon, laissant des places presque vacantes depuis des années. Presque, car le quintette originaire de Uddevalla subsiste et continue de faire perdurer le mouvement des années 90.

Depuis la sortie d’un « Nightspawn » très prometteur en 1998, il se sera fait plus ou moins remarquer, connaissant des hauts et des bas, apparaissant et disparaissant, à l’image de la qualité de ses albums. « Christian Termination » avait montré tout son potentiel avant un split-up de plusieurs années et une reformation récente, menant à une signature chez les Néerlandais de Non Serviam Records et aux enregistrements de deux albums sortis de façon consécutive, 2011 avec un « The Devils Deep » très moyen et 2012 avec « It All Turns to Ashes ».

On reste ici dans le bon black metal suédois, avec des riffs typiques et une batterie qui envoie du paté. L’ensemble rappelle ce qui avait été fait avec « Christian Termination » en plus de flirter avec les touches symphoniques norvégiennes à la Dimmu Borgir ou Old Man’s Child (période début 2000). On a donc quelque chose de puissant et d’agressif, souvent bourrin et parfois brutal, avec un concept anti-religion apportant des ambiances sombres et malsaines soutenues par une production correcte. « And Yet It Moves » et « God Carnage » mettent littéralement dans le bain sans nous laisser le temps de réfléchir. Bien au dessus de « The Devils Deep », on ne nous laisse pas de répit et on nous assomme à grands renforts de riffs bien placés, de cris black crédibles et de batterie bourrine.

Le rythme est souvent rapide et il ne nous permet pas toujours de respirer, l’album perd alors en variation. Grief Of Emerald mise énormément sur les blasts, à croire qu’il ne sait pas vraiment comment caser des moments plus lents, sauf sur un « Where Tears Are Born » plus mid-tempo, un titre éponyme influencé par le death metal (un élément qui n’avait plus vraiment fait son apparition depuis un bon moment chez le groupe) ou un « Cage of Pain » emporté par un bel élan symphonique, avec les arrangements et le piano.

Hormis ça, on ne pourra pas dire que le clavier est toujours l’élément principal des compositions de Grief Of Emerald. Ce sont souvent les guitares qui mènent la danse et le clavier tend à accompagner, en posant une atmosphère et des nappes plus ou moins bien intégrées. Certains morceaux manquent cruellement de puissance de ce côté là, tandis que d’autres font moitié/moitié, alternant parties black metal suédois et parties black metal symphonique norvégien, comme le terrible « The Third Eclipse », qui écrase à lui tout seul tous les morceaux de l’album.

Grief Of Emerald s’améliore et retrouve son inspiration, sans non plus faire quelque chose de révolutionnaire dans le genre. « It All Turns to Ashes » reste perfectible mais propose un bon mélange de black suédois et de sympho norvégien à la sauce 90s, ce qui pourra plaire à tous les nostalgiques de cette mouvance.

 

Toxic Grind Machine : Embrionic Emission

Ξ novembre 28th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Toxic Grind Machine : Embrionic EmissionIl est incroyable de toujours retrouver les mêmes influences dans le domaine du cyber metal, ce qui finit, à la longue, par lasser, les groupes ne proposant plus une patte réellement atypique. On a souvent une sorte de mixture entre Fear Factory, Sybreed, Strapping Young Lad, Meshuggah, etc, ce qui fait que le résultat est souvent le même. Toxic Grind Machine, originaire des Pays Bas, suit ce schéma là, mené par deux compères en quête de musique futuriste et cybernétique. On ne pourra pas dire que le travail accompli sur les samples et les effets électroniques est mauvais, bien au contraire, mais c’est au niveau des parties metalliques que ça pêche.

De prime abord, Toxic Grind Machine effectue dans un cyber metal assez commun, avec alternance de chants, cris et growls aux couplets, chant clair aux refrains, mélange de parties syncopées et de parties plus bourrines, tendances core voire djent à la clé, et ce, sous couvert de mélodies parfois mielleuses. On n’est donc pas surpris à l’écoute des huit morceaux, répétant souvent les mêmes structures. Que nous reste-il réellement à découvrir et que peut nous proposer Toxic Grind Machine sans tomber dans le déjà-vu et le pompeux ?

Pas grand chose pour le moment car les Néerlandais n’offrent rien de bien nouveau. L’ensemble manque même de caractère, ce qui aurait pu permettre à l’auditeur de faire fi de ce manque d’originalité. Bien sûr, il se dégage une certaine puissance au niveau de la production, les guitares sont efficaces et percutantes comme sur « Amphetamines in Ghost City » ou « Burn Bright, Wry Jackal », et le chant arrive quelque fois à être suffisamment incisif pour nous emporter. Mais ça ne suffit pas. La superposition des cris fait trop fouillis, la programmation de la batterie est un peu maladroite, les breaks au chant clair rappellent la trance…

Et pourtant, si quatre titres peuvent être vite mis de côté, les quatre autres arrivent à se démarquer, que ce soit « Aphidhaze » avec son bon dosage entre couplets brutes, refrains softs et sonorités cybernétiques de bonne qualité, « Hymlock » avec son ambiance sombre, ou « Enther » très symphonique et spatial, pas loin de la BO de film, proche des récents travaux de Mechina.

Ce « Embryonic Emission » ne permettra pas à Toxic Grind Machine de se faire remarquer et de percer dans le milieu car il faut encore beaucoup de travail, d’originalité et de maîtrise pour offrir un opus décoiffant et percutant. Aller, on s’accroche, on ne désespère pas et on revient dans quelques années avec une pépite.

 

Kamikabe : Aberration of Man

Ξ novembre 26th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Kamikabe : Aberration of ManDeux ans après leur deuxième EP « Aporia », les Américains de Kamikabe reviennent en force avec leur tout premier full length remarqué et signé chez Unique Leader. Le quintette originaire de Pittsburgh propose une critique incisive de l’homme avec « Aberration of Man », dans la continuité de leurs travaux précédents, à savoir un death technique parfois brutal et lorgnant avec le deathcore, pas très loin de The Faceless dans la forme.

Trente trois minutes de death metal bien agressif attendent l’auditeur qui peut d’ores et déjà plonger tête baissée dans cet attirail bestial. Les Américains ne font pas dans la dentelle et envoie une musique sans concession, faite pour ne rien laisser sur son passage. L’alliage du death technique au deathcore est efficace, quoiqu’un peu redondant, et apporte pas mal d’efficacité, notamment sur « The Rot », « Magure » ou « The Process Within » directs et impardonnables, tandis que « Only the Dead Rest » mélange la technique des guitares aux cris déchirés de Matt Grossi, proposant aussi des growls destructeurs, trop synthétiques cependant.

La brutalité des morceaux tranche littéralement avec le calme et la tranquillité des instrumentaux. Si l’introduction inquiète, l’interlude et sa guitare acoustique repose, la douce mélodie nous permettant d’apprécier un break non négligeable. Quant à « Ungoliant », ce sont les guitares électriques et un rythme occasionnel qui posent une ambiance sombre et pesante le temps de sept minutes. Un peu longuet toutefois, il aurait fallu raccourcir afin de mieux apprécier cette conclusion.

Malgré de bonnes choses, Kamikabe semble brûler certaines étapes. En effet, même si les sweeping, les solos, les accélérations et les vocaux tenaces sont maîtrisés, les Américains misent beaucoup trop sur la technique et le va et vient d’éléments, ce qui ne sert pas les compositions. L’auditeur peut vite se retrouver perdu dans cette technicité à outrance, comme « Leprous Divinity » ou « Sufferer », trop portés par des blasts qui auraient mérité d’être plus occasionnels. En dépit de cela, il ne faut en aucun cas nier les qualités des musiciens.

Les défauts et les qualités de ce « Aberration of Man » montre un groupe qui a du potentiel et qui doit se relever et prendre confiance en lui, et ce même après les départs des bassistes et chanteurs Shane et Geoff. Kamikabe ne livre rien de sensationnel mais a toutes les clés pour s’améliorer et proposer un deuxième album plus catchy et moins fouillis.

 

Erragal : Shamash

Ξ novembre 25th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Ambient, Black Metal |

Erragal : ShamashIl est des endroits dangereux où pratiquer une musique extrême n’est pas recommandé, où les discriminations ne cessent de pleuvoir et où les conflits entre les religions sont mortels. L’Irak. Un des pays du Moyen-Orient les plus fermés et les plus ouverts aux tensions, quelles qu’elles soient. Et pourtant, quelques entités font de la résistance, à leur risques et périls. Les thrasheux d’Acrassicauda et les deathsters de Dog Faced Corpse ont déjà fait leur preuve, ainsi que l’occulte Lord Erragal, hyperactif infatigable à l’origine de plusieurs one man bands tels que Amelnakru, Kurgal et même Erragal. De ces projets dark ambient naissent une musique personnelle, à l’image même de l’Irak. Sombre, inquiétante, solitaire mais aussi mélodieuse et harmonieuse.

« Shamash » est le deuxième full length d’Erragal après quelques EP et split-CD. Il tire son nom du dieu soleil du panthéon mésopotamien en langue akkadienne. Logique, dans la mesure où Lord Erragal s’inspire de la mythologie sumérienne et des mythes babyloniens. Dieu-soleil, peut-être, mais la musique de l’Irakien n’en reste pas moins ténébreuse et froide. Bien sûr, il n’invente absolument pas la poudre à canon, mais l’empreinte occulte voire rituelle et les touches atmosphériques et néo-classiques apportent un peu de fraîcheur sur une scène très saturée.

La plupart des morceaux sont minimalistes et angoissants, déstructurés et bruitistes. Les nappes de claviers sont enveloppantes, les sons organiques et les échos sont de mises, tandis que certains bourdonnements rappellent le drone (Pt. 1, 2 et 3). Les voix sortent sorties d’outre tombe, maladives et profondes, telles les paroles décadentes de Shamash.

Quelques titres ont un rythme, mais on reste dans le très lent, afin de jouer avec notre imagination. Impossible de se sortir de ces méandres obscures, les nappes de claviers d’Erragal étant très sombres, et souvent trop linéaires, en particulier sur les parties les plus longues. Certaines tendent à trop se ressembler, mêmes si elles sont reliées par cette aura mystérieuse et rituelle. Le piano renforce cet effet, en particulier sur « Days of the Sun », « Unveiled » ou « Fragments of the Past », trois titres ayant la particularité de se détacher de la série des « Shamash ». L’aspect neo-classique prime, mené par des notes plus percutantes, plus entraînantes, mais aussi plus orientales, dignes représentantes de la chaleur du Moyen-Orient.

« Shamash » peut paraître anecdotique dans la sphère du dark ambient mais représente beaucoup pour l’Irak et pour tout le Moyen Orient, souffrant encore de certaines interdictions. Lord Erragal et son album de soixante minutes expriment bien ce malaise et cette torpeur mêlée aux mystères des mythes et légendes mésopotamiens. Une belle dédicace à une région qui ne demande qu’à être redécouverte.

 

Headphone Killazz : Human Factor

Ξ novembre 21st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Headphone Killazz : Human FactorHeadphone Killazz s’était quelque peu fait remarquer en 2010 avec la sortie de son deuxième album « Revaccination » car il avait prouvé qu’il pouvait officier dans le cyber metal avec originalité et réactivité, sans tomber dans les pièges de la facilité. Le quatuor fait partie de ces combos difficiles d’accès mais très imaginatifs, basant leur musique sur les expérimentations cybernétiques. Il est donc incongru de parler d’Headphone Killazz comme d’un nouvel ersatz alors qu’il fait bien mieux que certaines formations encensées et pourtant très basiques.

2011 marque la sortie du troisième album, « Human Factor », signé chez Chaotic Noizz. Headphone Killazz continue sur sa lancée avec neuf titres inhumains et synthétiques, mélangeant avec brio musique électronique et metal extrême. Loin du côté mielleux et pop de certains grands combos, les Russes ne laissent pas de place aux émotions et intègrent un large panel de sonorités, ce qui est loin de favoriser la linéarité ou l’homogénéité. Chaque titre se distingue, soutenu par une rythmique atypique et une ambiance sombre et froide. Les samples de grande qualité de Danoizz permettent l’immersion de l’auditeur dans un monde mécanique sans merci, dans lequel les conditions et qualités humaines disparaissent, au profit de celles des machines.

En cela, il n’est pas étonnant de découvrir énormément de sonorités cybernétiques, paradées de guitares furieuses et d’un rythme mécanique. L’ensemble ne paraît que plus robotique lorsqu’arrivent les saccades et la percussion des éléments rythmiques. « Human Factor » et « Someone Else’s Body » sont de bons témoins et montrent à quel point il n’y a plus de place pour l’humain. Anton perpétue cet effet grâce à son growl incisif tout en accentuant certaines parties avec une alternance de vocaux.

L’arrivée de « Mimicry » et de « Prototype » favorisent un climat sombre et futuriste en mixant très brillamment les sons cybernétiques avec l’agressivité des riffs et du chant. La distorsion de certains passages nous fait changer de dimension tout en nous préparant au pire : les craquements d’un compteur Geiger sur « TV2 » nous emmènent en terrain hostile tandis que le mélancolique « Dead Gulfstream » et ses samples maritimes nous rappellent l’aspect vital de ce courant marin.

Il est dommage que Headphone Killazz ne jouisse pas d’une meilleure distribution car ce groupe, très ancré dans la mouvance cyber metal, est une petite pierre qu’il faut trouver, nettoyer, tailler et travailler avant de pouvoir en faire un bijou. Comprenez par là qu’il faut du temps et de la patience pour apprécier ce combo qui nécessite encore d’acquérir la maturité suffisante pour créer un album sans failles, sans temps mort, et moins compact.

 

Forgotten Souls : Sirius 12

Ξ novembre 18th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal, Modern Metal |

Forgotten Souls : Sirius 12Au fil des années, la Pologne a toujours su nous émerveiller, que ce soit pour son death metal (Vader, Decapitated, Azarath) ou pour son black symphonique (Hermh, Vesania, Luna Ad Noctum). Mais dans le domaine de l’extrême, il y a aussi quelques formations de metal avantgardiste dont Forgotten Souls, tout droit venu de Cracovie. Actif depuis 1998, les Polonais ont à ce jour 4 albums dont certains flirtaient largement avec le gothique et le doom. Depuis, le quintette s’est dirigé vers quelque chose de plus expérimental, dans un terrain où les frontières ne sont plus des limites. Ainsi, c’est avec plaisir qu’on découvre leur nouveau matériel, « Sirius 12 », loin des albums uniformes et fades que l’on a pu entendre ces derniers mois.

Forgotten Souls retrouve son ancien line-up et profite de ce retour pour se lancer dans un renouveau inattendu. Il puise dans plusieurs styles, s’accaparant des éléments death metal, modern metal, cyber metal, black metal, et parfois même black metal symphonique pour nous offrir des compositions archi travaillées et maîtrisées. Loin d’être fourre-tout, elles embarquent l’auditeur dans un monde certes barré, mais à l’image même de ce quintette à la recherche d’ambiances encore peu exploitées.

Fort de son inventivité, Forgotten Souls repousse l’impossible et n’hésite pas une seule fois à intégrer tout un panel de sonorités aussi riches les unes que les autres. On passe volontiers d’un style à un autre, avec cette alternance de riffs mais aussi de chants, qu’ils soient death, black, clair ou atmosphérique (« The Flight », « Can’t Resist »). Pourtant, il n’est pas si difficile que ça de s’accrocher aux titres car il existe un fil conducteur permettant de rattacher toutes les parties entre elles : les arrangements industriels/cybernétiques et expérimentaux. On retrouve continuellement ces effets, plus ou moins synthétiques, liant tous les morceaux entre eux comme un tout. Ainsi on peut voir « Sirius 12 » comme une grande fresque avec différents actes et différentes scènes : le moderne avec « The Flight », le death avec « Sirius 12 », le cyber metal avec « Na Horyzoncie » et « Signals », l’arabisant avec « Can’t Resist », le symphonique avec « The Black Tsar », et j’en passe.

Difficile donc de coller une étiquette parfaite à cette œuvre tant elle sort de l’ordinaire et il faut dire que Forgotten Souls a le mérite de proposer quelque chose de très fouillé et de très riche. En cela, les expérimentations nous proposent de découvrir la capacité de Forgotten Souls à proposer des parties atmosphériques impromptues (« Sirius 12 ») tout comme des parties plus rentre dedans où la mélodie prime, qu’on le veuille ou non.

En plus de cela, on découvre avec étonnement la présence d’une clarinette, un instrument qu’on ne voit pas souvent dans le metal mais qu’on avait pu entendre précédemment avec un groupe tel qu’Aenaon. On peut l’entendre sur le premier morceau, l’introduction donc, mais il fait partie intégrante du titre « Na Horyzoncie », mélangé aux bidouilles cybernétiques et à l’aspect mécanique des riffs et du rythme. Sans oublier le jazzy « Willow Green » et son côté barré mais énergique.

La Pologne n’est pas prête de s’essouffler, ni même Forgotten Souls qui a, sans doute, atteint la consécration. Jamais le quintette n’avait atteint ce stade, mélangeant avec habileté plusieurs styles tout en gardant une cohérence, une puissance et un savoir faire quasi parfaits, d’autant plus qu’il a tout enregistré et produit lui-même, à l’exception du mixage de la batterie. Signé chez Mighty Music, « Sirius 12 » et son petit aspect futuriste, tel un voyage à travers les dimensions, a de quoi faire des adeptes. Une très bonne sortie en perspective.

 

Monolith (SRB) : Fragments

Ξ novembre 14th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Monolith (SRB) : FragmentsDepuis des années et des années, l’Europe génère un nombre non négligeable de formations cyber metal, tel un foyer lucide et sensible à la mécanicité et aux destructions des valeurs humaines. La Serbie, comme bon nombre de pays d’Europe du Sud/Est, présente des groupes atypiques pratiquant un metal industriel extrême et expérimental, chose plutôt rare dans le coin, les musiques électroniques ou le death/grind étant davantage à l’honneur.

Voici donc Monolith, quintette étrange formé autour de Petar et d’Uroš ayant la particularité de proposer un cyber basé sur la polyrythmie et des éléments noise. Sa musique mélange le côté mécanique et froid à la Godflesh avec des touches futuristes et sombres à la Fear Factory, sans oublier les expérimentations, le côté extrême et l’aspect déshumanisé et pessimiste propres au style. On est loin des combos à l’électronique mielleux et aux saccades et tonalités djent incessantes. Les Serbes effectuent dans un cyber difficile d’accès, lourd et pesant, au rythme parfois lent, proche de Synaptic Fracture en définitive. Malsain et inhumain.

« 1:4:9 » est une belle introduction, digne représentant de la patte Monolith. La linéarité et la mécanicité des guitares, du rythme, et de l’électronique apportent une sensation de répétition propre au phénomène des machines. L’atmosphère n’en est que plus déshumanisée et sombre, prise dans un enchevêtrement de sonorités mi noise, mi cybernétiques, et de guitares plaintives. Puis « Blind » et « Cyanide » mettent en avant un chant tout aussi inhumain, suivant ce travail à la chaîne minutieux et ces riffs redondants.

La musique de Monolith peut en désarçonner certains. Les titres ne proposent pas de parties, de refrains ou de couplets en particulier, la mécanisation étant maîtresse ainsi que l’expérimental. L’ensemble des morceaux forment un tout qui n’a pas forcément besoin d’être découpé. Il faut juste s’accrocher, supporter ce côté percutant et lassant à la fois, mais aussi l’aspect totalement robotique des compositions. Y’a-t-il vraiment des hommes derrière ces instruments ? « Lambs » et « False » nous font douter…ça n’a beau ne pas être très rapide, l’impression de lenteur, de mécanicité nous fait suffoquer, dans le bons sens du terme cependant. Même le chant devient distordu afin de s’assimiler à la musique et devenir décharné.

Dès le début de sa carrière, Monolith s’inscrit comme un groupe atypique sur une scène qui l’est tout autant. Grâce à une patte particulière et à une atmosphère noire et lourde, il peut se targuer de faire partie des combos les plus indescriptibles du genre, même si la linéarité et une trop forte homogénéité lui font défauts. Il faudra songer à varier son jeu.

 

Vortech : Devoid of Life

Ξ novembre 11th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Vortech : Devoid of LifeLe cyber death a beau ne pas être très exploité, il est cependant un groupe qui se débrouille très bien de ce côté là. Vortech fait partie de ses formations futuristes et bourrines sans concession, optant pour un death metal à la brutalité imparable et aux ambiances prenantes et pessimistes. Pas de pitié avec ce trio d’Espoo, actif depuis maintenant 12 ans.

« Devoid of Life » sort donc en 2012 – et non en 2011 comme on aurait pu l’attendre, ce qui fait une exception, dans la mesure où Vortech nous avait habitués à un album (ou un EP) tous les ans. Le groupe aura eu à faire à un changement de line-up conséquent vu qu’il s’agit du chanteur Matti Särkimäki, laissant sa place à Mikko Nikula après cinq ans de loyaux services. Au niveau de la production, rien ne change : Juha, le maître à pensée, s’occupe des guitares et de la programmation tandis que Ville Miinala se charge des parties batterie.

L’album est dans la continuité de « Posthumanism » et d’ « Infocalypse » au niveau du concept, jouissant de superbes paroles basées sur un futur dystopique sur la destruction potentielle de l’humanité par ses propres créations (les adeptes de transhumanisme devrait s’y retrouver). Musicalement, on se retrouve tout autant avec une ambiance immersive adaptée au concept, passages futuristes noirs et sonorités cybernétiques en prime. La différence réside dans le changement de style, les Finlandais ayant ajouté davantage d’éléments black metal dans leur compositions. Le chant de Mikko est plus orienté dans cette optique là et les titres se retrouvent même perturbés, pris dans une aura black et une production crue, sorte de croisement improbable entre Emperor et Fear Factory.

L’ouverture se fait sans perdre de temps avec « The Black Rite » qui montre irrémédiablement la face black metal de Vortech. Riffs death/black tranchants comme des rasoirs, chant black incisif, blast beats infatigables et claviers futuristes, bienvenue dans un monde résolument plus sombre et destructeur. Les Finlandais sont loin d’effectuer dans le pompeux à la Illidiance (période « Damage Theory ») ou dans l’ultra cybernétique à la FutureRealm, ils se rapprocheraient davantage du « Neuthrone » de Crionics croisé au « Destination Cybermind » d’ID:Vision (eux-mêmes largement influencés par Emperor). « Demon in the Circuitry » le montre bien, avec cette brutalité mêlée à des petits sons dignes de bruits robotiques.

Malgré tout ce bourrinage intensif et implacable (« Frozen Machine » montre d’ailleurs tout le talent de Ville au niveau de la batterie, impressionnante dans sa rapidité), Vortech arrive à se renouveler – sans doute grâce aux éléments black – en échappant à la linéarité. Les mélodies – oui il y en a !- sont suffisamment variées pour ne pas perdre l’auditeur en cours de route et la puissance des claviers permet une immersion immédiate dans l’univers aseptisé des Finlandais. N’espérez pas en revenir indemne, vous finirez bien par comprendre que la technologie est néfaste et que le futur est notre ennemi. C’est le cas sur « Unveiling the Future », qui tabasse, tabasse, et tabasse encore, sans oublier les atmosphères et une technique certaine.

Que se passe-t-il à la fin ? On devine rapidement la réponse quand arrivent les titres les plus lents, les plus atmosphériques mais aussi les plus froids et les plus déstabilisant. « The Apocalypse » propose plus d’éléments black qu’autre chose, soutenus par des claviers omniprésents et une voix décharnée enveloppante. Les guitares gardent leur touche saturée à mesure que les choeurs sombrent renforcent l’aspect noir du titre. Un aspect que l’on retrouve aussi sur le glacial « Grains of Reality », Conclusion instrumentale électronique et ambiante. Un régal.

Après sept productions, Vortech arrive toujours à créer des compositions de bonne qualité, mélangeant habilement metal extrême et science fiction. Il peut se targuer de faire partie des meilleures formations du genre, infatigable et imperturbable malgré les années. « Devoid of Life » est donc l’album qu’il faut si vous êtes un grand amateur de cyber death/black metal.

Pour ceux qui auront le privilège d’avoir la copie physique, vous aurez droit à huit titres bonus : des prestations live très réussies mais aussi des instrumentales ainsi que des remixes. Un « cadeau » non négligeable pour ceux désirant voir Vortech sous différentes coutures.

 

Entropia (FRA) : Black Drop in Clear Water

Ξ novembre 9th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Entropia (FRA) : Black Drop in Clear WaterSi les Français d’Entropia avaient commencé leur partie en optant pour du metal à chanteuse sans grande personnalité, ce qui est de plus en plus courant ces temps-ci, ils ont tout de même trouvé le moyen de changer de voie et sortir des sentiers battus. La preuve en musique avec le dernier EP en date, prouvant qu’Entropia n’était pas qu’un vulgaire ersatz mais, au contraire, une formation qui pouvait progresser, avec une chanteuse plus hargneuse que jamais, alternant judicieusement chant clair lyrique et chant hurlé. Cependant, comme dans toute partie, rien ne se passe forcément comme prévu : les choix, quels qu’ils soient, sont à double tranchants et il faut savoir rebondir afin de ne pas perdre le fil de l’aventure. Même si Marie quitte le groupe, le guitare Jérôme Bougaret prend les commandes du chant.

Voici donc la nouvelle facette d’Entropia. Plus masculine et plus extrême. L’enregistrement se fait au Conkrete Studio et ainsi se dessine le nouveau chemin des Français avec « Black Drop in Clear Water » dont l’artwork plutôt clair détonne avec les productions précédentes. La musique n’est pas plus lumineuse pour autant. Le groupe trace sa voie du côté du black/death symphonique/gothique, quelque part entre Cradle Of Filth et Carach Angren. Il renforce son jeu avec les cartes « travail » et « production » afin de jouir d’un son moins amateuriste. Sa musique est mieux maîtrisée sans être technique, plus sombre sans être ténébreuse, mélodique sans être pompeuse, et surtout gothique sans faire dans l’exagération. Les orchestrations prennent plus d’ampleur tandis que les riffs et le rythme se durcissent, soutenus par un chant death de bonne facture mais trop saccadé et trop monocorde, et les choeurs de Marie.

Les dés sont lancés et l’introduction fantomatique de « Black Drop » laisse la place à « Le Horla », mélangeant les riffs black et la voix death à des orchestrations puissantes. Les accélérations sont les bienvenues ainsi que les passages plus calmes où apparaît de temps à autre un violon rappelant le erhu de Chthonic. L’agressivité du jeu continue avec « My Own Eschaton » et un « Keeper of Truth » particulièrement réussis, mariant avec brio le tranchant du metal extrême avec la douceur, la fantaisie et le côté virevoltant des orchestrations.

Ces dernières sont de très grande qualité et on sent le travail accompli derrière. Toutefois, Entropia a choisi de nous attaquer avec elles – en finesse évidemment. Elles sont beaucoup plus grandiloquentes, happant les guitares sur la majeure partie des titres. Même si elles dégagent une ambiance gothico-impérialiste parfaite, proche des musiques de film (« And Far Beyond », entre autres), on peine à remarquer l’aspect black metal, d’autant plus que la production, trop clean, tend à le cacher.

Il n’empêche qu’Entropia, en continuant sur sa lancée, pourrait gagner la partie car il a le talent nécessaire pour faire partie des potentiels challengers. Même si le black symphonique français a beaucoup connu – et connaît – des hauts et des bas, il se pourrait que ces petits Auvergnats se trouvent une place de choix sur une scène en constante mutation. Ce « Black Drop in Clear Water », bien qu’encore imparfait et dans l’emprise de ses influences, pourra sans doute ravir une certaine catégorie d’amateurs de black symphonique, à savoir ceux qui préfèrent la modernité et les touches gothiques.

 

Indecadence : Elephant

Ξ novembre 7th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death |

Indecadence : ElephantMalgré les apparences, le doom/death est continuellement en train de nous réserver des surprises. Même si on découvre des formations se situant dans la même lignée, même si on tombe sur des ersatz, même si certains combos ne révolutionnent rien, il y a toujours des groupes qui, bien que dans l’ombre, arrivent à concocter leur patte personnelle afin de se démarquer un temps soit peu de la masse. Il faut savoir où les trouver. Mais lorsqu’on les trouve, le résultat est plus qu’inattendu.

En cela, Indecadence fait partie de ces petites surprises. Les Espagnols, après dix ans de formation, sortent enfin leur premier album début 2012 après une démo et un EP discrets. Signés chez les ukrainiens d’Arx Productions, ils trouvent le moyen de sortir de leur cachette afin de livrer ce « Elephant », un opus qu’il ne faut absolument pas prendre à la légère. La musique est à l’image de la pochette : nature, belle mais aussi lourde et imposante. En effet le sextet se situe entre deux tendances. Partisan de la lourdeur et de l’écrasement mais aussi de l’aérien et du mélodieux. Il tire ses influences de Katatonia ou de Paradise Lost tout en s’octroyant des passages atmosphériques à la Anathema, voire ambient ou folklorique, sans oublier certains relents post-rock. Indecadence ne fait pas dans la simplicité, le mélange forme un doom/death mélodique, atmosphérique et mélodieux.

Ici, rien n’est centré sur la souffrance ou de quelconques lamentations. Même si les ambiances sont généralement moroses, elles dégagent quelque chose de lumineux, grâce à une osmose parfaite entre les claviers, les samples de la nature, les guitares et l’alternance de chant. Le duo intoducteur « Diaro de un Difunto » et « Tryouts » montre bien le potentiel d’Indecadence, mélangeant allègrement lourdeur et légèreté. Il y a toujours cette guitare écrasante en arrière plan et, en contraste, cette lead guitare éthérée créant des mélodies raffinées.

Si « Sleepy » renforce le tout avec un côté très planant et ces claviers quasi mystérieux, « Dissapointed » met l’accent sur le côté post-rock mélangé au death et à la lourdeur du doom. Growl caverneux, claviers vaporeux, chant clair hypnotique, l’ensemble est envoûtant avant de passer ensuite à quelque chose de plus traditionnel (« Willow 13 » entres autres). Il ne faut pas renier les parties atmosphériques et instrumentales, qui tranchent avec l’agressivité des parties death metal. « Hypocrite » et « Incide » le montrent très bien, avec l’utilisation subtile du clavier.

« Elephant », l’éponyme, est une belle continuité dans le royaume de l’éthéré. Point de metal sur ce morceau, mais de l’ambient très porté sur la nature et accompagné de touches électroniques, sans non plus être pompeuses. Une belle fresque envoûtante, quasi folklorique au niveau des guitares et des percussions typiquement espagnoles, emportant l’auditeur dans des contrées chaleureuses.

En clair, si vous êtes partisan du pesant et d’un certain tranchant dans le doom/death, ce « Elephant » ne vous est peut-être pas dédié. Par contre si vous aimez le doom/death mélodique, atmosphérique et métissé, peut-être y trouverez-vous votre compte tant que ce sont les ambiances et la complicité des guitares qui ont le premier rôle. Une belle découverte pour un album passé quasiment inaperçu.

 

Inborn Suffering : Regression to Nothingness

Ξ novembre 2nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death |

Inborn Suffering : Regression to NothingnessIl se sera fait attendre celui-là. En effet Inborn Suffering n’aura pas beaucoup fait parler de lui depuis la sortie de son premier full length « Wordless Hope » jusqu’à maintenant, soit six ans plus tard. Il faut dire que l’attente vaut le coût car d’une, le quintette livre un album mature et abouti et de deux, il est en passe de devenir une des figures majeures du doom/death en France aux côtés d’Ataraxie.

Passons aux choses sérieuses avec ce « Regression to Nothingness » signé chez les Russes de Solitude Prod et masterisé par Jens Bogren (Katatonia, Opeth, etc). L’opus jouit d’une production impeccable bien adaptée à l’ambiance véhiculée au travers des compositions. C’est sombre sans avoir à trop se rapprocher des Finlandais, et lamenté sans se tourner du côté du doom russe. Inborn Suffering arrive à avoir une personnalité particulière même si on arrive à repérer les influences, que ce soit Swallow the Sun ou Mourning Beloveth entres autres.

Les Français arrivent à créer un album de sept titres très cohérents et très accrocheurs. Ici, on ne tombe pas dans la complainte facile mais dans un doom qui sait autant être death qu’atmosphérique. On passe aisément de parties plus agressives à des parties plus planantes et envoûtantes, mélangeant la lourdeur à la douceur et à la légèreté. En cela, il y a une véritable osmose entre les riffs pesants et tranchants, le chant alternant growl, hurlement déchiré et parties claires, et les claviers, qui complètent et affinent l’atmosphère générale, que ce soit sur « Grey Eden » ou sur le morceau éponyme.

Solitude Prod a le chic pour dégoter les bons groupes de doom à claviers, mais ne vous y méprenez pas. Inborn Suffering ne mise absolument pas tout sur cet instrument, au contraire. Il sait absolument faire de ses guitares des éléments clés, de même pour le chant, grave et profond. Si « Born Guilty » démarre les hostilités avec une bonne dose de death metal, la suite sera d’autant plus posée et atmosphérique, tranchant littéralement avec ce qui a été proposé avant. Idem avec « Another World ». L’agressivité du death ne reste jamais longtemps. Ce sont les éléments dark et atmosphériques qui finissent par prendre le dessus, en apportant une bonne dose d’émotions.

Inborn Suffering propose réellement un album dense, compact et profondément désespéré, guidé par de fines mélodies, éléments clés de cette souffrance quasi permanente. Même si les frenchies ne révolutionnent rien, ils arrivent toutefois à créer un ensemble prenant et sombre, sans craindre de perdre l’auditeur en cours de route. Une belle réussite, française qui plus est.

 

Aeternam : Moongod

Ξ novembre 1st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Blackened Death Metal, Oriental Metal |

Aeternam : MoongodIl n’est pas toujours évident d’officier dans un style déjà exploité depuis des décennies. L’oriental metal fait parler de lui depuis le début des années 90 avec Pentagram, Orphaned Land ou Salem pour ne citer qu’eux, alors que ces derniers intégraient pour la toute première fois leur culture et leur folklore dans un metal plus ou moins extrême. Depuis, de nombreux groupes du Moyen-Orient se sont essayés à l’intégration de mélodies arabisantes et d’instruments traditionnels, suivis de prêt par les Occidentaux de Behemoth (« Demigod ») ou de Nile dans le domaine du death metal.

Justement, parlons de death metal. Souvenez-vous d’Aeternam qui, deux ans et demi plus tôt, nous avait offert « Disciples of the Unseen », un très bon premier jet en matière de melo death oriental. Bien que Québécoise, la formation tient dans ses rangs le chanteur/guitariste marocain Ashraf Loudiy qui a su implanter ses origines dans les compositions pour un opus efficace et exotique sur la mythologie égyptienne, mélangeant brutalité et harmonie.

Le couvert est remis avec « Moongod », qui se situe dans la même ligne de conduite que « Disciples of the Unseen ». On retrouve les riffs melo death épique avec cette ambiance typique moyen-orientale ainsi que l’aspect symphonique qui semble avoir pris de l’ampleur. L’album est de nouveau produit par Jeff Fortin et les titres reprennent encore la thématique de l’Egypte ancienne même si on s’autorise une envolée chez les Mayas (« Xibalba ») et un détour du côté du Printemps Arabe (« Rise of Arabia »).

Il se produit deux effets à l’écoute de ce « Moongod ».

Premier effet : On démarre gentiment avec le morceau éponyme qui nous met directement dans le bain, avec son ambiance épique et arabisante, ses claviers omniprésents et son melo death maîtrisé. Pas de doute là-dessus, on reprend là où « Disciples of the Unseen » s’était arrêté, on n’est donc pas dépaysé. La différence vient du fait que les touches orientales deviennent davantage exploitées à travers les claviers symphoniques ainsi que le chant clair, qui prend plus d’ampleur, tel un Vortex dans Dimmu Borgir ou Borknagar qui apparaît de façon impromptue comme sur « Invading Jerusalem » ou sur « Idol of the Sun ».

Les mélodies priment ainsi que les ambiances, portées par des guitares impeccables et un growl charismatique à l’image de « Cosmogony » où tout se joint pour former un ensemble épique, symphonique et oriental. On se surprend à découvrir un titre totalement folklorique « Iram of the Pillars » et intégralement chanté en voix claire, instruments traditionnels en tête (percu, choeurs, flutes, violons…) et un titre plus sombre et plus brutal tel que « Xibalba », pas très loin d’un black/death symphonico-horror.

Pour une première écoute, on retient pas mal de bonnes choses et on reste très enthousiaste quand à la qualité des compositions.

Mais…même si ça n’en a pas l’air et que ce sont les groupes récents, en particulier, qui ont le vent en poupe, l’oriental metal n’est pas nouveau, de même pour le melo death et le metal symphonique. Beaucoup nous ont déjà proposé leur recette, l’alliage de death oriental a déjà fait des siennes comme sus-cités (Orphaned Land, Nile, Behemoth) ainsi que l’alliage death oriental symphonique avec Kartikeya entre autres. En d’autres mots, si Aeternam avait sorti ce genre d’albums il y a quelques années, il aurait pu révolutionner quelque chose.

Deuxième effet : on se lasse très vite. Pas besoin de beaucoup d’écoutes pour se rendre compte que l’ensemble est linéaire et déjà entendu. Certes, les compositions sont de qualité, bien fichues, maîtrisées, tout est calibré au millimètre prêt, chaque instrument a sa place et ce type de metal fera de grands adeptes. Aucun doute sur le talent des messieurs. Toutefois, on connaît la musique. Les riffs melo death sont basiques, on pourrait entendre les mêmes dans n’importe quel groupe récent du genre, que ce soit dans « Hubal, Profaner of Light » ou « Moongod ».

Les mélodies orientales sentent le réchauffé à plein nez, le genre de chose qu’on entend un peu partout, que ce soit dans la world music ou dans l’oriental metal en général, voire même dans le « Disciples of the Unseen ». Le sympho a plus l’air de combler les trous qu’autre chose tant il a peu de prestance. Même s’il créé une partie des mélodies, c’est sans doute sur « Descend of Gods » et sur « Hubal, Profaner of Light » qu’on l’entend le plus et ce n’est pas pour nous déplaire, vu qu’il apporte tout de même quelque chose de puissant et prenant.

Le chant clair est encore plus impromptu qu’il n’y paraît. Son côté plus maîtrisé ne sied pas aux compositions et détonne littéralement par rapport à ce qu’il apportait sur « Disciples of the Unseen ». Il devient donc plus casse pied qu’autre chose avec sa manière d’arriver comme un cheveu sur la soupe (« Descend of Gods » ou encore « Idol of the Sun » et son « destiny » qui déboule comme ça, sans prévenir, après une partie bien entraînante et agressive…). Bref, il brise le charme.

Même si « Iram of the Pillars » est une chanson charmante, folklorique, et orientale à souhait, elle n’apporte finalement pas grand chose et ne décolle pas. La linéarité prend le dessus – comme une bonne partie des titres – on s’attend à ce qu’il se passe quelque chose, on veut un passage fort, un solo ou encore un petit quelque chose qui sort de l’ordinaire, mais non. Ca se finit comme ça commence, c’est-à-dire, de la même façon, et on reste sur notre faim. Frustrant.

Enfin, « Xibalba », qui se démarque bien par rapport aux autres morceaux perd vite son aura tant l’ambiance semble sortir de chez Cradle of Filth. Il aurait fallu, pour le coup, être plus original et personnel.

Même si les morceaux tiennent la route et qu’il y a du boulot, sans aucun doute, l’enthousiasme se perd au profit de la déception. Avec ce que nous avait fourni Aeternam quelques années plus tôt, on était en droit d’en demander beaucoup plus. Leur melo death oriental, bien que symphonique et épique, reste plat et sans saveur, linéaire et réchauffé, mélange surfait de plusieurs recettes ayant déjà bien fonctionné, un comble pour une musique se voulant exotique et mythologique…

 

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