Khargash : Pathway Through Illumination

Ξ décembre 24th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Khargash : Pathway Through IlluminationLes pays de l’Est – et à moindre mesure, du Sud-Est – sont sans aucun doute les plus actifs en matière de sympho extrême ces temps-ci. De nombreux projets naissent dans cette région encore sous estimée et pourtant…les formations ne sont pas dénuées de talent. Elles apportent un peu de sang neuf à une scène revue et corrigée et permettent d’ouvrir les esprits vers un mode de pensée différent. Le Serbe Khargash en a fait une force. Originaire de Novi Sad et influencé par la scène black metal des années 90, le jeune homme essaie d’apporter des expérimentations nouvelles à son black metal symphonique. Chose faite avec la sortie de « Pathway to Illumination », son premier opus.

Il ne s’agit pas vraiment du genre d’album qui se fond dans la masse, à savoir le truc qui ressemble à tout ce qui sort en ce moment. Au contraire, « Pathway to Illumination » aurait tendance à briller et à attirer notre attention dans ce flot de sympho extrême dénué de personnalité. D’une, il s’agit d’un one man band, Khargash s’est occupé de tout dans les moindre détails et a enregistré ses compositions dans différents studios situés dans sa ville natale. De deux, on ne retrouve pas de thématiques et d’atmosphères sombres. En effet, le musicien nous embarque dans un voyage vers l’illumination. De trois, on s’éloigne des standards du black symphonique et pour cause. A la manière d’un Grand Alchemist en Norvège, Khargash propose un ensemble éclectique et complexe, dans lequel se côtoient l’épique, l’industriel, l’atmosphérique, le death metal et le folklore serbe.

Avec l’introduction ambiente « At the Tombs of Time », on sent qu’on s’extirpe petit à petit des ténèbres avec ces sons étranges, qui s’apaisent dès la venue de « The Defiance Mephisto ». On découvre illico le travail qui a été fait sur les orchestrations et sur les harmonies. Du point de vue symphonique, c’est très réussi et les violons sont de très bonne qualité, de quoi nous immerger dans le monde de Khargash. Du point de vue black metal, on sent les principales influences (Emperor, Dissection, Dimmu Borgir) métissé avec des éléments divers comme sur un « Raju » tourné vers le death metal et surtout un « Incineration of the Worthless » puissant et très marqué par la fusion de sympho/électro.

La majeure partie des morceaux sont marqués par des passages atmosphériques, presque féeriques comme « Portrayal of the Last Crucifix » ou l’instrumental « Angel Whisper », lumineux et mélodique, sans oublier les touches folkloriques dans l’enchaînement des notes, les sons et les solos (« Eternity’s Shade »).

Même si, pour le moment, « Pathway to Illumination » risque d’avoir un peu de mal à trouver son public, il n’en reste pas moins un album original et très bien fait, dans lequel l’ambition et la passion se font ressentir. La diversité se mêle à l’imaginaire dans un voyage particulier vers une dimension lumineuse et riche. Dommage toutefois que cela soit trop court. Alors…à vous de plonger.

 

Cytotoxin : Radiophobia

Ξ décembre 23rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Cytotoxin : RadiophobiaLe 21 décembre est passé, toutes les catastrophes ont été attendues, de la météorite à l’éruption solaire en passant par de gigantesques tremblements de terre. Pourquoi pas une catastrophe nucléaire ? Malheureusement, ce ne sera pas pour aujourd’hui car avec Cytotoxin, nous remontons dans le temps. Les Allemands nous ramènent vingt six ans en arrière avec le désastre nucléaire de Tchernobyl. Inspirés par l’explosion et ses conséquences, le quatuor nous livre, depuis sa formation il y a deux ans, des compositions brutales et radioactives. Si en 2011 « Plutonium Heaven » posait les bases d’un brutal death technique manquant encore de force et de finesse, le nouveau « Radiophobia » en 2012 dépasse les limites que le groupe s’était lui-même donné.

Un an, donc, après la sortie de leur premier album auto-produit, les Allemands entrent aux Kohlekeller Studios (Benighted, Powerwolf) et enregistrent leur dix nouvelles compositions avant de s’octroyer les services de Jan Yrlund (Imperia, Delain) pour le design de la pochette. Peu de temps après, la prestigieuse écurie Unique Leader les repère pour la signature de ce « Radiophobia ».

Il est fortement conseillé de garder son masque à gaz près de soi à l’écoute de cet album. Cytotoxin irradie ses compositions au plutonium et se sert de ses riffs destructeurs pour arriver à ses fins. Tout est affûté et taillé au millimètre prêt, avec un bon équilibre et une bonne osmose avec un batteur sachant utiliser ses blasts avec parcimonie. Malgré une brutalité sans concession, le quatuor arrive à aérer et à fluidifier ses compositions, de façon à ce que l’ensemble passe comme une lettre à la poste. C’est redoutable, sans chichi, la technique permettant d’apporter une certaine dose de subtilité et de mélodies sans faire dans la grande démonstration (« Radiophobia », « The Red Forest »).

Une atmosphère apocalyptique est posée dans chaque recoin de l’album, que ce soit dans la lourdeur des grattes, dans le côté pesant de certains passages, dans les growls et les cris porcins de Grimo, mais aussi dans les samples et les pistes instrumentales (« Dead Zone Walkthrough », « Prypjat »). Par ailleurs, la seconde moitié de l’album monte en crescendo au niveau de l’aspect décadent, désespéré et mélancolique, comme sur le duo « Fallout Progeny » et « Abysm Nucleus », subtiles et prenants.

Si son brutal tech death metal se situe quelque part entre Dawn Of Demise et Prostitute Disfigurment, Cytotoxin a le mérite d’offrir des compositions personnelles et irrémédiablement dévastatrices qui ne passeront certainement pas inaperçues du fait de leur puissance et de leur brutalité fine.

 

No Sign Of Life : Embrace Your Demons

Ξ décembre 18th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Modern Metal |

No Sign Of Life : Embrace Your DemonsNo Sign of Life a vu le jour sous l’impulsion des frères Antti et Elmeri en 2006 à Laukaa. Le duo s’entraînait dans son garage et s’amusait à faire fusionner plusieurs styles musicaux entre eux. Cette passion pour le métissage a entraîné la venue de musiciens supplémentaires ainsi que l’enregistrement de trois démos, timides certes, mais révélatrices de l’ambition et du style des Finlandais. Une attention toute particulière se porte sur eux après la sortie de leur premier album auto-produit en 2010. Même si la réception est assez mitigée, cela permet à No Sign of Life de sortir de l’ombre et d’obtenir du soutient. C’est naturellement que le processus d’écriture se met en place pour le second full length, et que le quintette se fait repérer par les Danois de Mighty Music.

Enregistré courant 2011, « Embrace Your Demons » est un album qui se situe dans l’air du temps. Il s’agit d’une forme de metal très moderne, avec en son sein un panel d’éléments, que ce soit du melo death, du heavy, du neo metal ou même du stoner. Les morceaux groovent plutôt bien et montrent un groupe en forme, propulsé par une hargne certaine. C’est dynamique, tranchant et mélodique, et No Sign of Life sait donner une part nécessaire à chaque élément, si bien que la mélodie ne tue pas l’agressivité des compositions et inversement. Le bon dosage permet de découvrir des Finlandais plutôt inspirés, comme sur « Ghost », « Meaning of Life » ou « Enemies of Choice ».

Les harmonies sont bonnes et servent bien la thématique principale de l’opus, basée sur des démons intérieurs et différents points de vue. Les ambiances ne sont donc pas spécialement joyeuses mais certaines parties mettent en valeur des interventions plutôt brillantes, grâce au chant clair. Ce dernier est dominant dans la majeure partie des titres, même s’il est en alternance avec le growl. La manière dont sont utilisés ces deux types de chant ne peut que rappeler le côté mielleux et trop courant du melo death et du modern metal actuel, et c’est là où est le hic. Le chant clair tend à manquer de hargne, au profit d’un côté niais. Ce n’est pas toujours le cas mais lorsque ça l’est, ça casse ce qui a été installé.

No Sign of Life livre un album correct, dans lequel les différents styles sont plutôt bien mélangés. Certains plans manquent de cohérence et certaines parties manquent d’accroche, mais on ne peut qu’encourager ces Finlandais qui, malgré leurs défauts, essaient de sortir des sentiers battus et de ne pas tomber dans les pièges de la facilité. A suivre.

 

Ex Machina : Machinist

Ξ décembre 11th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Ex Machina : MachinistOn nous rabâche sans arrêt que la fin du monde est proche, que les machines ne feront qu’une bouchée de nous, que nous courrons à notre perte…les journalistes, les écrivains, les cinéastes et même les musiciens nous avertissent régulièrement à coups de scénarios catastrophes. Nous finissons évidemment par nous lasser, les messages étant les mêmes et la mise en scène étant du même acabit. Même chose pour le Cyber Metal. Depuis des années, les machines sont à l’honneur, mettant en péril notre existence humaine. Difficile de trouver des formations singulières, avec une identité propre et des compositions moins inspirées des figures phares.

Pas facile d’espérer beaucoup des petits groupes, surtout quand ils officient dans l’instrumental, comme Ex Machina, venu de Royaume-Uni. La tendance est justement à l’instrumental dans le domaine du cyber, à l’image de Kreepmaster pour ne citer que lui. On montre ses capacités guitaristiques en s’accompagnant de sonorités cybernétiques, avec le risque de trop en faire et d’effectuer dans le déjà-vu. Cependant, Ex Machina tire son épingle du jeu. Prolifique, il sort son quatrième album cette année, un « Machinist » de huit titres sensiblement influencé par Terminator à en croire la tête du cyborg. Il a l’avantage de proposer autre chose qu’un cyber djent, autre chose qu’un simple cyber instrumental, et autre chose qu’un cyber metal peu inspiré.

Certes, le concept se rapproche beaucoup de ceux des autres cybernautes, mais la musique a un groove certains et une dynamique toute particulière. Le multi instrumentiste s’occupe de tout, bien que la plupart des instruments soient programmés – à l’exception de la guitare – et il le fait plutôt bien, tant on se laisse bercer par cet ensemble sombre et froid. Les arrangements électroniques apportent un arrière goût d’acier tandis que certaines touches nous transportent dans un monde futuriste (« Reanimation », « Scavenger »). La guitare est mélodique tout en étant tranchante, varie son propos et ne se contente pas de plans linéaires ou trop techniques. Ainsi on peut avoir un riffing neo metal à un riffing death metal voire thrashy (« Oblivion Machine »).

Ex Machina sait rendre ses compositions cohérentes, en se dotant d’un son relativement puissant. C’est agressif sans être violent, plutôt captivant et mécanique à en juger un « March of the Automatons » guidé par des sonorités synthétiques. Seule la guitare nous rappelle qu’un être humain est responsable de cette musique résolument moderne et accessible. « Machinist » a de quoi relancer la compétition et nous remettre dans le bain tant il se veut, finalement, original et dans l’air du temps.

 

Devolved : Reprisal

Ξ décembre 8th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Devolved : ReprisalDevolved aura eu du mal à démarrer, mais depuis que la machine est lancée, elle ne s’arrête plus. Son repérage et sa signature chez Unique Leader lui ont permis de bien se huiler, et pour cause. Les concerts n’en finissent plus ainsi que les entrées en studio, le nouvel album « Reprisal » sortant un an et demi seulement après le très remarqué « Oblivion ».

Avec ce nouveau méfait, les Australiens désormais Californiens se dotent d’un nouveau line-up, le chanteur et le guitariste étant remplacés par deux hommes à la personnalité bien distincte. C’est pourquoi l’empreinte de Devolved se retrouve quelque peu modifiée. Tandis que la technique monte d’un cran, le chant se retrouve plus hurlé que growlé, le metal du trio devenant dès lors plus technique que death.

L’ambiance reste toujours singulière. Devolved opte pour le côté futuriste des groupes modernes mêlé à la mécanicité des saccades et de la polyrythmie, quelque part entre Divine Heresy et Beneath The Massacre. Des samples et des breaks permettent d’instaurer ces ambiances tandis que les guitaristes nous envoient un déferlement de technique et de mélodies en pleine figure, à l’image d’ « Accelerated Human Degeneration » entres autres. Il est parfois difficile de comprendre l’architecture alambiquée de ce groupe visant loin, la variété de la technique étant parfois dure à supporter. « Supremacy Enforced » nous le montre bien, avec ces riffs ahurissants impossibles à suivre. Même les ralentissements sont pesants et la longueur de certaines pistes ne nous permet pas toujours de tenir le coup. On se surprendrait même à vouloir changer de pistes.

Devolved, malgré tout son talent, a encore du mal à faire démarquer ces morceaux, tous ayant cet assemblage complexe de riffs et ces hurlements déchirants. Cependant, il peut aussi miser sur la fluidité comme un « Apocalyptic Visionary » efficace, mettant en osmose la double pédale et des soli de qualité. Idem en ce qui concerne un« Reprisal of the Damned » véloce, dont le solo est effectué par l’hindou Vishal Singh d’Amogh Symphony. Sans oublier un « Cadence of the Dirge », parfois plus proche du djent, à l’outro très sereine.

Le trio se perd beaucoup dans une technique trop envahissante, reléguant au second plan l’aspect death metal qui régnait dans leurs opus précédents. On a plus à faire à une forme de metal extrême ultra technique où les palm mutent, les sweeping, et les saccades sont à l’honneur. En cela, les compos manquent de lourdeur et de tranchant, les riffs n’étant pas des cisailles contrairement à un chant plus ravageur, bien que trop criard.

 

Deus.Exe : Collapse

Ξ décembre 5th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Deus.Exe : CollapseLes Allemands avaient annoncé la couleur avec la sortie de leur premier album « Transhuman » en 2008, offrant un cyber death/thrash très synthétique, noir et sacrément immersif. Ils avaient repoussé les limites du cyber avec un ensemble musical très riche et inventif, grâce à un concept sur le Transhumanisme. Ce n’est sans doute pas la thématique cyberpunk la plus originale, mais comme ils savent bien nous le dire, personne ne peut empêcher la tempête digitale de frapper. Et avec « Collapse », les cybernauts nous envoient leurs poings cybernétiques en pleine figure.

Ils continuent sur leur lancée, proposant des titres cette fois plus proches de Fear Factory ou de Strapping Young Lad. On reconnaît bien la patte de Deus Exe, mélangeant son thrash/death puissant à un lot non négligeable d’éléments industrialo-cybernétiques. La noirceur et l’agressivité se côtoient sous couvert d’un enrobage synthétique et souvent robotique (« Reduced to Plank Length ») afin d’embarquer l’auditeur dans un monde où l’humain n’est plus ce qu’il était.

Malgré tout, les qualités que l’on retrouvait dans le « Transhuman » et qui se perçoivent au début de l’opus (l’instru « Entropy » écrasante) sont rapidement étouffées par le chant. Alors qu’on avait, dans l’ensemble, droit à des growls avec, occasionnellement, du chant clair, avec « Collapse » c’est l’inverse qui se produit. Seul problème, le chant clair n’est pas toujours juste (mais s’améliore) et le côté insupportable des cris hargneux est déconcertant. En cela, l’entrée en matière avec « Unravelling Reality » déçoit et il est difficile d’apprécier le reste des morceaux.

Bien sûr, si on tente de faire fi de cette imperfection, on appréciera le cyber thrash de « C10n3 », le gros cybernétique et le solo de « Bathed in Dark Matter », avec ces riffs écorcheurs. On aimera la prise de risque de Deus Exe, qui s’est essayé à d’autres styles, comme le djent sur « Ecophaby », plutôt bien réussi et loin de ressembler à tout ce qui sort actuellement, ou « Omniversal », où la dissonance et l’aspect moderne fusionnent avec un ensemble atmosphérico-cybernétique plutôt prenant. Toutefois, le tour du côté du doom ne va pas totalement en faveur de Deus Exe, « H+ (3-Deletion) » offrant sept minutes trente ennuyantes, bien que mécanique, mais trop monotone. Sans oublier cet horrible chant…heureusement que ça se rattrape sur le blacky « The Broken », sombre et apocalyptique et le futuriste « At the Edge of Consciousness ».

« Collapse » aurait pu être très réussi s’il ne souffrait pas de l’imperfection des vocaux. Ce qui devrait être immersif ne l’est pas et on se retrouve finalement avec un album moyen, dans lequel les riffs et les sonorités cybernétiques se retrouvent engloutis par des défauts qui auraient pu être évités., d’autant plus que les ambiances manquent de force, celles du « Transhuman » étant beaucoup plus prenantes. A vous de juger maintenant.

 

Hymir (NL) : Nyctophobia

Ξ décembre 3rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Hymir (NL) : NyctophobiaEn 2010, on aura beaucoup entendu parler du « Abrahadabra » de Dimmu Borgir ou du « Death Came Through a Phantom Ship » de Carach Angren, mais certainement pas de Hymir. C’est cette année que les Hollandais sortent leur premier méfait, trois ans après leur EP « Perish ». Et pourtant, on aurait pu avoir vent de leur travaux, le quintette de l’époque officiant dans un pays manquant cruellement de black symphonique. On est alors en droit de se demander si ce silence est dû à un manque de distribution, ou s’il est le reflet d’un manque flagrant de talent.

Il s’agit plutôt de la première supposition. Hymir est auto-produit et ne jouît pas des moyens nécessaires pour faire suffisamment parler de lui. Il est donc dommage que le premier opus soit tombé dans l’anonymat, alors qu’il mérite une attention toute particulière. Même si Hymir ne révolutionne pas, il offre un opus certainement plus racé et prenant que tout ce qui sort depuis plusieurs années, grâce notamment à un sens de la mélodie et à une force palpable plutôt rare.

Hymir s’intéresse à la nyctophobie, c’est à dire, la peur de l’obscurité. Il s’attache à tous les processus liés à cette phobie, que ce soient les premières apparitions de la peur à la sensation de froid, en passant par les hallucinations, les fantômes, la peine, mais aussi la mort, pour ceux dont la nyctophobie est fatale. Les ambiances sont donc plutôt sombres et sinistres, soutenues par quelques vas et viens fantomatiques, ce qui place ce « Nyctophobia » d’Hymir quelque part entre les « Lammendam », « The Nightmarish Compositions » et « Spiritual Black Dimensions » des Carach Angren, Bishop Of Hexen et Dimmu Borgir.

Les Hollandais proposent une musique relativement puissante, emmenée par des riffs tantôt black, tantôt death, et des claviers proposant en alternance des nappes ténébreuses et des envolées symphoniques de qualité. Les influences apportées par les groupes sus-cités se retrouvent dans la majeure partie des morceaux, même si Hymir arrive à s’en détacher sur certains passages, notamment les touches death, apportant davantage de tranchant, et la mise en avant de samples fantomatiques et morbides. Si « Let the World Be Cold » montre ce dont le quintette est capable et que « Poltergeist » met en avant la venue d’esprits, c’est réellement le duo « And Sorrow Turned in Death » qui montre toute la force du groupe à créer des compositions grandioses et prenantes, mélangeant l’agressivité, les ambiances, les mélodies et une force imparable. La combinaison des violons effrayants et du piano inquiétant soulève extrêmement l’atmosphère obscure, Hymir essayant de se mettre à la place d’un nyctophobe. Une chose relativement bien réussie, dans la mesure où les riffs ne perdent pas de leur violence, même lorsqu’ils viennent soutenir les choeurs et les pauses planantes.

On n’est pas déçu non plus avec la suite de l’opus, qui sait tout autant nous embarquer dans un monde morbide où la peur est fatale. Même s’il n’apporte rien de nouveau, les qualités de ce « Nyctophobia » permettent d’en faire un très bon opus, dans lequel les différents éléments sont très bien dosés, de quoi permettre à la scène black symphonique néerlandaise de faire le deuil du split de Liar Of Golgotha et de proposer autre chose que le trio de Carach Angren.

 

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