Empire Drowns : Bridges

Ξ janvier 30th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death, Gothic Metal |

Empire Drowns : BridgesLa scène metal danoise est de plus en plus en ébullition grâce à des groupes au talent certains. Chaque genre a sa vedette, sa figure emblématique et son cercle de fans, car ce petit pays sait être éclectique. Pas de discrimination, il met en valeur autant de formations que de styles, que ce soit le black metal avec Angantyr, le heavy avec Mercyful Fate, le death metal avec Panzerchrist, le folk avec Tyr, le modern metal avec Mnemic le cyber avec The Interbeing…et peut-être le gothic metal avec Empire Drowns.

Même si le quintet est encore jeune, il a plus d’une corde à son arc. Les membres ont fait des premières parties de combos réputés tels que Saturnus ou Blazing Eternity. Ils sont expérimentés et proviennent de formations à la réputation certaine ( Aurora, Thorium, Withering Suface), officiant dans le death metal ou dans le gothic. Ils connaissent donc leur sujet et nous le font bien comprendre avec la sortie de leur second EP « Bridges », à paraître chez Mighty Music / Target Distribution.

Doté d’une production made in Kristian Thomsen (The Storm, Supercharger, Oliwer Weers), l’opus nous présente une musique très ambiancée basée sur la lourdeur des guitares et leur harmonies, et parradée de quelques nappes de claviers pour apporter un petit plus de profondeur. Il se place du côté du gothic metal/rock mais aussi du doom/death, en particulier sur le premier morceau « Bridges ». Rythme lent, guitares plaintives, chant lamenté et mélodies mélancoliques sont à l’honneur, non sans rappeler les fameuses formations du genre.

La suite se veut beaucoup moins doom et beaucoup plus rapide, avec cette insistance sur un chant rageur mais linéaire, et sur des guitares bien lourdes mais répétitives. Cet hybride de metal, rock, gothic et death permet de créer un ensemble original mais aussi homogène, peut-être trop même. On décroche vite et même si les titres sont courts, on se demande s’il ne vaudrait mieux pas passer au suivant. Certains éléments tendent à agacer (notamment ce chant rapidement énervant) et ce manque de prise de risque. Pourtant les ambiances sont prenantes et elles auraient mieux été exploitées si le reste de l’instrumentation avait été à la hauteur. C’est le cas sur un « Rats » en demi-teinte. L’auditeur est tiraillé entre le côté affreusement barbant d’un riff qui vient et revient sans cesse, et le côté éthéré et beaucoup plus inspiré du refrain, dont la mélodie rentre très vite dans la tête, au point devenir attachante.

« Bridges » n’est sûrement pas la réussite danoise de l’année car Empire Drowns doit davantage diversifier son jeu afin de ne pas lasser l’auditeur dès les premières minutes. S’il veut devenir l’égérie danoise de gothic metal, il va devoir travailler son style et éviter de perdre toute son énergie en court de route.

 

Ygodeh : The Experiment Interrupted

Ξ janvier 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Ygodeh : The Experiment InterruptedVoici le retour des Lettons d’Ygodeh, un an après le passage éclair et quasi échec de leur premier album « Dawn of the Technological Singularity ». Désormais basé à Londres, le quatuor a remplacé son chanteur et a trouvé la motivation nécessaire pour rattraper le coup à l’occasion de la sortie de leur nouvel opus « The Experiment Interrupted ». Visuellement, ils adoptent pour de bon le vert fluo afin de mettre l’accent sur le côté futuriste de leur musique, axée vers un death metal synthétique.

Dans le fond, Ygodeh renoue avec ce qui faisait le charme d’un « Dawn of the Technological Singularity », à savoir un alliage solide d’éléments électroniques et symphoniques. Les claviers ont une place prépondérante et permettent de renforcer cet aspect artificiel propre à la musique des Lettons (« To Down »). Les guitares n’ont pas perdu de leur froideur et véhiculent une ambiance aseptisée. Bien qu’elles n’aient pas le premier rôle, ni un niveau technique suffisant, elles apportent assez d’agressivité pour nous faire entrer dans un monde quasi robotique, régi par diverses expériences scientifiques.

Dans la forme, on perd en efficacité pour ce qui est de l’aspect purement metal. Le rythme a du mal à décoller, même si certaines accélérations sont les bienvenues (« From on High »). On aurait aimé entendre plus de riffs dissonants, afin de renforcer cette mécanicité et cette artificialité. Certains morceaux valent le détour de ce côté là, mais ça ne suffit pas, et on ne peut pas dire que les guitares fassent partie des éléments que l’on retient. De même pour le chant, assuré par Andre, qui manque de puissance, notamment dans les parties les plus hurlées. Toutefois sur « Groove’s Night », il s’assimile quelque peu à la voix déshumanisée d’une machine.

Un gros travail a été effectué dans la retranscription de l’ambiance ainsi que dans les sonorités cybernétiques. Ils apportent un gros plus dans la musique d’Ygodeh, qui sans eux, serait fade et sans âme. Même si on ne retrouve pas l’immersion d’un « Lord of Rays », la combinaison du sympho et du cyber est déroutante, notamment sur « From on High » ou « Trance Orchestra », dont le titre veut tout dire. C’est particulièrement efficace et original.

A l’instar de l’album précédent, on a du mal à savoir où se dirige Ygodeh, sans doute à cause du fait que c’est trop court. L’auditeur n’a pas le temps d’apprécier le travail des Lettons et c’est sans aucun doute un sentiment de frustration qui le gagne après la conclusion « Fragment 2 », avec une impression d’un groupe en retenu, qui hésite à dégager tout son potentiel. Même si le ressenti est plutôt bon et qu’on passe un assez bon moment, hormis les défauts sus-cités, « The Experiment Interrupted » risque de subir le même destin que « Dawn of the Technological Singularity ». Un passage éclair dans la sphère cyber metal, rien de plus.

 

Apostate (UKR) : Trapped in a Sleep

Ξ janvier 27th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death |

Apostate (UKR) : Trapped in a SleepEtrange carrière qu’est celle des Ukrainiens, avec une formation en 1993, un split up en 1998 pour former un autre projet, une reformation l’année d’après puis un nouveau split up en 2001 pour une réorientation musicale. Et enfin la résurrection en 2009 par Oleksandr. C’est donc treize ans après l’EP «  A Song to the Dead Lake » que sort « Trapped in a Sleep » en 2010 chez les Américains de Metallic Media.

Nul besoin de revenir sur la qualité de la scène ukrainienne, qui vaut son pesant d’or. D’une certaine manière, on peut dire qu’Apostate fait partie du décor. Ses compositions sont de qualité mais ne sont pas suffisamment percutantes, et ce, à cause d’un problème d’identité. Dans un style doom/death, le quintet peine à varier ses riffs et se contente un peu trop de manger à tous les râteliers. Il se rapproche du vieux Paradise Lost et de Draconian avec « Earth Escape Plan ». Il touche au sympho dans « Worm » ou l’éponyme « Trapped in a Sleep » dans un death metal « ralenti » et non doom, car il manque cette mélancolie et ce côté pesant. Il s’essaie aux instrumentaux épiques avec « Eternal Return » et arriverait presque à s’assimiler au « Sahara » d’Orphaned Land avec les premières minutes de « Sisyphean Struggle », notamment au niveau de la mélodie principale à la guitare accompagnée d’un chant clair presque sacré à la Kobi Farhi.

Ceci dit, chaque titre à un passage que l’on remarque, pris entre deux parties mollassonnes. On appréciera le mélange de la lourdeur de la guitare à la profondeur du growl et à la puissance du clavier sur « Earth Escape Plan », ou le côté quasi épique et sombre à la Dominia de « Trapped in a Sleep », parfois paradé d’éléments black metal. Toutefois la longueur des morceaux nous empêche de pleinement apprécier l’ensemble de l’œuvre. Faire « comme les autres » n’est pas suffisant si on ne prend pas suffisamment de risque et c’est ce qui manque à Apostate, de la prise de risque et des moments forts. La répétition des riffs sur l’éponyme ainsi que l’inutilité de l’intro et la lourdeur de « Filling the Void » créent une barrière qui nous coupent dans notre élan.

Pour un prochain opus, Apostate devra se démarquer davantage et éviter le remplissage s’il veut éviter de passer à la trappe, ce qui serait dommage, car il y a tout de même des bonnes choses dans cet album, ainsi que de la bonne volonté. Seulement, c’est la linéarité et le manque de personnalité qui lui font défaut. S’accrocher serait donc de rigueur.

 

Bog Morok : Stadiae II

Ξ janvier 24th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Bog Morok : Stadiae IIBog Morok fait partie des groupes d’indus russe à la durée de vie la plus longue. En effet, le quatuor, originaire de Rybinsk, est actif depuis 1997 et sort des albums ou mini-albums à intervalles réguliers. Démarrant dans un style doom/death avec quelques démos et l’opus « Azoic », le combo s’est vite dirigé vers une musique plus futuriste, plus dans l’air du temps, avec l’opus de transition « Stadiae II » en 2005, marquant un pas en avant dans la carrière de la bande à Morok. Ici, on dénonce la société moderne grâce à un mélange d’indus, de neo metal, et d’éléments cybernétiques.

Après une signature chez CD Maximum, c’est vers More Hate Productions que se dirige Bog Morok après avoir pénétré les Flammenform Studio pour le mixage et la masterisation. « Stadiae II » montre un quatuor très en forme dans un registre différent, alternant très régulièrement les passages agressifs et les passages plus atmosphériques. Dès « No Fate », on devine immédiatement vers quel chemin se dirige les Russes, un indus à la Spineshank teinté de neo à la Korn, d’éléments tordus à la Devin Townsend et d’autres plus expérimentaux à l’image des groupes de cyber metal actuels. Morok insiste beaucoup sur son chant tandis que les guitares usent de riffs bien placés, soutenus par les éléments électroniques.

On découvre, si on peut dire, une version légèrement moins extrême et plus accessible du travail d’Headphone Killazz. L”électronique a une grande place sans étouffer l’agressivité des guitares et le tranchant des vocaux. Avec un rythme plutôt varié, on découvre plusieurs humeurs et plusieurs ambiances, du futuriste au pessimiste en passant par la tristesse et la haine, sans oublier les refrains qui rentrent plutôt rapidement. On découvre des titres moins puissants et plus linéaires tels que « New Gloom » et « Diatribe », qui ne déclenchent rien en nous. A contrario, certains sont très bien pensés, tels que « Exile » ou « No More », efficaces et dynamiques, ou « Stadiae II » et « Sleepless », plus lents, certes, mais atmosphériques et très cybernétiques dans l’esprit : mécanique, froid et futuriste, on est embarqué dans le monde de Bog Morok.

Bog Morok ne s’est pas loupé du côté de l’indus. Même si l’opus est inégal, il met en avant un groupe plutôt inspiré, mélangeant les genres de façon intéressante. Dommage toutefois que le groupe manque de distribution car il mériterait d’être diffusé en dehors de sa Russie natale.

 

Sand Aura : Elegy of the Orient

Ξ janvier 22nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

Sand Aura : Elegy of the OrientSand Aura se forme en Egypte en 2007 autour de Muhammed Hassany et de Shung (Beyond East) dans le but de promouvoir l’oriental metal et de mettre en avant une thématique basée sur la paix, la fraternité et l’unification des cultures, traçant ainsi son chemin sur les pas des Israéliens d’Orphaned Land et des Franco-algériens d’Arkan. Dans un style oriental/progressive/death metal, le quatuor de l’époque (composé de Shung, Muhammed, Basma et Mustafa) sort son premier EP en 2011 avant de le rééditer en 2012 chez les Russes d’Haarbn Productions, avec deux nouveaux titres et une nouvelle pochette.

D’un point de vue musical, on se retrouve avec un oriental metal très similaire aux Israéliens et aux Français. A savoir un death progressif teinté d’éléments folkloriques orientaux et guidé par plusieurs chanteurs. Dans ce « Elegy of the Orient », ce sont trois vocalistes qui se partagent les morceaux, à savoir Muhammed pour les growls, Basma pour les chants arabisants féminins et Mustafa pour les chants traditionnels égyptiens et les choeurs. Cette alternance apporte beaucoup de complicité entre les membres ainsi qu’un côté authentique et très chaleureux. On découvre ainsi plusieurs histoire, racontées par plusieurs narrateurs ou personnages, selon les passages. On évite ainsi de tomber dans la linéarité en passant de l’extrême au soft et inversement, histoire de varier les plaisirs.

On le découvre d’office avec le très long « The Sand Aura (from the Land of Nod »), une fresque orientale perdue quelque part entre un « The Neverending Way of OrWarriOr » (Orphaned Land), un « Slaves for Life » (Amaseffer) ou un « Undama Tath’hur Al Shams Mn Al Gharb » (Narjahanam) en moins black metal, mélangeant le prog, le death, quelques touches symphoniques et les percussions orientales. L’ambiance nous permet de toucher du doigt les sables de l’orient grâce à cette fusion d’éléments tous aussi bien emboîtés les uns que les autres tandis que la production, même si loin d’être excellente, apporte cette touche naturelle qui permet de mettre en avant le tranchant et la mélodie des guitares.

Le duo des « Orphaned Child », long d’une douzaine de minutes en tout, met en valeur une ambiance plus sombre et mélancolique. Les nappes de claviers sont plus froides et le growl de Muhammed plus féroce, sans oublier les breaks instruments et les moments où le chant en arabe est à l’honneur. Dommage toutefois que la voix de Basma soit recouverte d’un enrobage synthétique à un certain endroit. Le charme de son timbre disparaît.

On retrouve aussi « Fountain of Moses », le morceau choisi pour faire partie de la compilation d’Oriental Metal sortie l’an passé chez Century Media. Une instrumentale grandiose, bercée par des guitares et des claviers arabisants. La mélodie principale est très typique, et pour cause, il s’agit de la reprise d’une chanson traditionnelle de la région appelée « Hava Nagila », version metal. Sans oublier le dernier bonustrack « Sidi Abd El-Raheem », en chant clair arabe, assez expérimental et groovy dans l’ensemble, avec sa guitare technique et envoûtante.

« Elegy of the Orient » est le premier jet particulièrement réussi de Sand Aura qui si n’atteint pas la perfection, touche du doigt l’authenticité et l’émotivité d’un « Orwarrior » d’Orphaned Land.

 

Black Omen : Psytanalysis

Ξ janvier 20th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Black Omen : PsytanalysisFormé en 2000 en Turquie, Black Omen jouit d’une petite réputation auprès de la scène locale. Avec son black death symphonique, il fait partie des fers de lance d’un style peu exploité dans la région et continue d’être plutôt actif. Depuis 2003, il enchaîne les sorties, notamment le remarqué « Sinfony » en 2007, et voici donc fin 2012 son nouvel opus, « Psytanalysis ».

Si vous en avez assez de tous ces groupes Russes qui envahissent la scène black symphonique, Black Omen peut être fait pour vous. Les Turcs vont droit au but et se dotent de morceaux solides, qui pourraient faire pâlir ceux qui n’ont plus rien à prouver mais qui sont, malgré tout, en manque d’inspiration. Ainsi, les dix pistes mettent en avant une musique mélodique dans laquelle est mise en lumière une ambiance impériale. Les guitares se trouvent au premier plan, alternant riffs black, riffs death et plan technico-mélodiques. Les orchestrations, aux claviers, apportent un soutient et permettent de renforcer certaines atmosphères (« Eternal in Nothingness », « Beast in Necropolis »).

L’amélioration du son et de la production ainsi que la venue du nouveau chanteur, Karahan, apportent beaucoup de bien au black/death symphonique des Turcs. L’un permet de rendre le tout plus massif et puissant tandis que l’autre permet de varier les plaisirs. Même si Karahan semble plus à l’aise dans le growl death que dans le chant black, il arrive à appuyer la vélocité et le tranchant des riffs (« The Secret Is Once Found Out »).

Les nappes et touches symphoniques ont beau être bien fichues (« Ancient Town » et sa mélodie entêtante), il n’empêche que l’ensemble n’est en rien novateur. On se retrouve tantôt du côté de Dimmu Borgir, tantôt du côté de Dagor Dagorath ou de Demonic Resurrection. Toutefois, certaines éléments peu exploités en général dans le genre nous rappellent dans quel coin du monde nous nous situons, c’est à dire, au Proche Orient. « Shadow Over Existence » est le titre le plus flagrant dans l’utilisation de la gamme orientale, qu’elle soit faite à la guitare ou aux claviers. L’atmosphérique « Sping Rains » et ses chants féminins n’est pas mal aussi dans le genre.

« Psytanalysis » est un bon opus mettant en lumière une autre partie du globe ainsi qu’un Black Omen avec beaucoup de potentiels, le groupe étant tout de même auto-produit et ayant partagé la scène avec Rotting Christ. A découvrir, même si rien n’est novateur.

 

Altaïr – Legend’Ere

Ξ janvier 17th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Black Pagan |

A l’origine formé en 1995, Altaïr (rien à voir avec Assassin’s Creed) est un one man band auvergnat guidé par Zagan. Tête pensante d’un projet de black pagan à textes conceptuels et poétiques, il mène comme il peut sa petite barque de royaume en royaume afin d’embarquer les auditeurs avertis dans un univers particulier, bercé par les cultes, les guerres, les légendes et les histoires anciennes. « Legend’ère » est son dernier méfait en date, signé chez Endless Sound Records.

Même si on est loin des classiques du genre ainsi que des pépites, Altaïr fait ce qu’il peut pour proposer un black pagan susceptible de nous envoûter. L’inspiration de Zagan permet alors de concocter des morceaux cohérents, plus ou moins teintés de touches ritualistes, grâce à des riffs minimalistes et des touches pagan mid tempo. On est alors dans une atmosphère plutôt caverneuse où mélodies et chant black se côtoient pour nous conter, en français, des récits sur les volcans et les portes de l’enfer.

Ce qui finalement aurait pu paraître authentique et raw ne l’est pas tant que ça. Même si Altaïr s’en va parfois du côté du rock et du progressif (« Le Vieux Chaos Averne »), la programmation et notamment la batterie boîte arrivent en contradiction à cause de leur aspect trop synthétique. C’est le cas sur « Magna », dont l’introduction fait grincer des dents, ainsi que sur « Nature…morte », la double pédale ainsi que la caisse claire sonnant plutôt faux.

Si on fait abstraction de cet élément ainsi que du côté parfois longuet des morceaux, on découvre des moments particulièrement bons, à l’image de « Le Creux de l’Enfer », « L’Autre Côté » ou « Infâmes Cultes ». Les mélodies et harmonies à la guitare permettent de souligner le chant écorché et d’apporter un peu plus de sensibilité dans ce black metal minimaliste.

Même si certains titres manque de hargne et de dynamisme, Altaïr livre un opus encourageant, regroupant des chansons composées depuis 1998. Certes, sa musique est largement perfectible, mais il faut apprendre de ses défauts pour ensuite s’améliorer et livre l’Album avec un grand A. Dans tous les cas, Zagan a le mérite de faire perdurer le souffle black metal en Auvergne ainsi que d’utiliser une langue française qui enrichit les textes.

 

Vortech : Wasteland

Ξ janvier 15th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Vortech : WastelandAprès deux Eps et un album, Vortech, mené par Juha Untinen, sort son deuxième full length « Wasteland » en 2007. C’est à partir de cette période que le projet du Finlandais prend plus d’ampleur et que se forge encore plus son identité. De meilleurs moyens financiers permettent d’améliorer la production ainsi que la palette musicale, rendant la musique du trio plus puissante et plus variée.

Si le titre « Wasteland » fait écho à l’œuvre de T.S. Eliot, l’album en lui même n’est pas si éloigné des thématiques angoissantes et désespérées du poète anglo-américain. Vortech dépeint un monde dévasté par un holocauste terriblement ravageur grâce à un cyber death brutal et sans concessions. Les blasts beats écrasent tout sur leur passage, les riffs alternent parties bourrines et parties techniques tandis que trois chanteurs se partagent les lignes des différents morceaux, à savoir Juha sur un bout de « The Core » et « Instigate Hostile Reaction », l’invité Closure sur l’autre bout de « The Core » et l’autre invité Kraken sur le reste des morceaux.

Comme la plupart des albums de Vortech, on découvre des morceaux très bons et d’autres qui le sont moins, dû en particulier à un manque d’harmonie, de moments forts, et à une certaine linéarité, comme sur « Their Contract », « Perdition » ou « Winds of Contamination ». Le bourrinage intensif tend parfois à tuer l’essence même des morceaux, ce qui est dommage quand on sait tout le travail qui a été fait dans l’assemblage des parties guitares et des parties électroniques.

Les titres les plus réussis sont ceux qui alternent avec brio les moments les plus féroces à ceux les plus mélodiques et harmonieux. La programmation est ainsi cohérente et ne nuit pas à l’appréciation de tel ou tel morceau, car la batterie est une boîte à rythme. Certes, cela renforce le côté mécanique et inhumain propre au cyber metal, mais nos oreilles en prennent aussi un coup, surtout lorsque l’ensemble est mal agencé.

Pour passer un bon moment, « Evolutionary Project » est idéal, avec son groove impeccable et une belle osmose entre les sons cybernétiques, les ambiances futuristes et la guitare de Juha. Le chant de Kraken, quelque part entre le growl et le chant black, décharne le morceau et le rend encore plus torturé qu’il ne l’est. Idem avec un « Impulse » qui se rapproche plus du black sur certains passages, et un « Radiant Storm » pessimiste et expéditif, loin d’être porté sur l’exubérance des sonorités électroniques. C’est l’ambiance qui prime ainsi que les riffs.

Une des caractéristiques de Vortech, c’est l’implantation de morceaux instrumentaux et ambient, histoire de renforcer les ambiances et de nous immerger encore plus dans le concept. « The Silence » et « Wasteland Roames » mêlent les nappes purement ambiantes aux sonorités cybernétiques pour un ensemble inquiétant et pessimiste au possible : il n’y a plus rien.

Un opus intéressant mais inégal montrant les qualités et les faiblesses de Vortech. La personnalité est là ainsi que le travail mais il manque encore l’inspiration nécessaire pour concocter un album cohérent de bout en bout, sans temps morts ni linéarité.

 

Mechina : Empyrean

Ξ janvier 14th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal, Symphonic |

Mechina : EmpyreanMechina est attendu au tournant depuis la sortie de son album révélation « Conqueror ». Les Américains, en digne représentant d’un space metal grandiloquent, prouvaient qu’il était possible de donner un nouveau souffle au metal industriel. Même si la recette de base rappelle un mélange de Fear Factory et de Meshuggah, l’ensemble même des morceaux va bien au delà de ces deux piliers grâce à la mise en place d’orchestrations et d’un souffle épique imprenable.

La sortie d’ « Empyrean » a quelque peu été compromise puisqu’à la base, le nouvel opus devait voir le jour l’an dernier. Suite à des problèmes d’argent et de mastering, le groupe passe alors plus de temps sur son nouveau rejeton, et le jeu en vaut la chandelle. Car ce qu’il avait proposé sur le single « Empyrean » sorti en avril se retrouve bouleversé et remis en question. Le son est bien meilleur et les orchestrations plus travaillées.

Avec « Empyrean », le quatuor poursuit ce qu’il avait entamé avec « Conqueror ». Le concept est toujours science fiction. L’auditeur suit un groupe d’humains échappant à une Terre ravagée par un holocauste nucléaire et en partance pour une nouvelle planète, Empyrean, en 2632. Il s’agit donc d’une histoire narrée à travers onze morceaux reliés en un bloc. Il est donc conseillé d’écouter l’opus du début à la fin afin de saisir toutes les subtilités.

Bien qu’on soit pas très loin de « Conqueror » pour ce qui est de la recette principale, on est tout de même un cran au-dessus. Le travail a payé et le death industriel de Mechina se dote désormais d’une âme. On découvre un ensemble très cohérent, dans lequel se côtoient divers éléments, des expérimentations cybernétiques (« [Cryostasis_Simulation_2632_01] », aux tonalités djent, en passant par la lourdeur et l’agressivité du death, sans oublier les arrangements symphoniques de grande qualité.

Il ne serait pas inconcevable de dire que « Empyrean » peut plaire à tous les amateurs de bandes sons, qu’elles proviennent de films/séries ou de jeux vidéos science fiction. L’introduction « Aporia », suivie de « Asterion » pourraient rappeler certaines d’entre elles, comme BattleStar Galactica, Deus Ex Human, Ratchet and Clank, Mass Effect, Halo…agrémentées de riffs tranchants et de growls. Les chants féminins arabisants apportent une petite touche orientale voire ethnique histoire d’apporter un peu de chaleur dans le froid de l’espace.

Mechina a mûri et la palette musicale en devient plus variée. Les guitares sont moins linéaires et plus en harmonie avec le reste de l’instrumentation. Une véritable fresque épique s’offre à nous, à l’image d’ « Interregnum », porté par un chant clair atmosphérique, des choeurs, et un final grandiose. « Imperialus » et « Catechism » mettent l’accent sur une osmose parfaite entre l’harmonie des orchestrations et l’agressivité du death metal (blasts, gros riffs, growls). Sans oublier « Terminus », qui, du haut de ses dix minutes, nous transportent très loin tout en sachant nous tenir en haleine jusqu’au bout grâce aux changements de rythme et au côté épique prédominant.

L’alliage du death et du sympho fait des siennes ces derniers temps, et on pense forcément à « The Great Mass » de Septic Flesh. Ici, rien de comparable, non seulement parce qu’on ne se retrouve pas avec la même ambiance, mais aussi parce qu’il n’y a pas de véritable orchestre. Et c’est ce qui, finalement, manque à Mechina. De vrais cuivres et de vrais violons apporteraient une autre dimension aux compositions des Américains, histoire de les rendre encore plus vivantes et plus profondes.

Malgré tous ces bons points, la musique de Mechina reste encore perfectible. D’une, les orchestrations, bien qu’excellentes, mériteraient d’être moins linéaires. Certains changements d’ambiance permettent de varier l’utilisation de la programmation, mais sinon, ça manque un peu de folie et d’envolées majestueuses, le groupe utilisant un peu trop souvent les mêmes lignes. Autres défauts : le chant clair, un peu trop mielleux sur certains passages, et le mixage, en particulier les balances. A cause d’elles, le son n’est pas toujours correct et certains réglages sont de rigueur s’il on veut apprécier l’ensemble à sa juste valeur et saisir les subtilités.

2013 commence plutôt bien avec ce groupe ayant un regard vers l’avenir sans renier ses origines. Mechina peut se targuer d’officier dans un space metal unique en son genre grâce à un « Empyrean » captivant. Plus qu’à attendre 2015 maintenant, en espérant que la dernière partie de la trilogie surplombera toutes les autres.

 

Astarium : Wyrm of Melancholy

Ξ janvier 10th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Astarium : Wyrm of MelancholyIl y a ceux qui veulent absolument être clean, et ceux qui désirent rester dans le domaine de l’underground comme Astarium qui, contrairement à ces acolytes russes, n’a pas comme but d’ultime de se faire remarquer par les Européens afin de décrocher des contrats alléchant. Formé depuis 2005, ce petit one man band s’essaie dans un black symphonique loin d’être puissant ou grandiloquent, puisqu’on se situe plus dans l’atmosphérique et le mélancolique. Il a déjà sorti plusieurs démo et EP, ainsi qu’un album en 2008, enchaînant les signatures chez des tout petits labels. Fin 2012, c’est chez les Américains de Metallic Media que sort « Wyrm of Melancholy ». Comme quoi, on peut trouver en dehors de la Russie si on n’a pas la folie de grandeurs.

Comme tout combo de black symphonique russe qui se respecte, Astarium met en avant des ambiances froides et des mélodies caractéristiques de la région. Mais ici, point de violence ni de bourrinage. Le multi instrumentiste met le paquet sur les atmosphères et la la lenteur de sa musique. On y découvre un bel hommage aux contrées hivernales, emmené par des claviers aux sons cristalins et glaciaux. C’est calme, berçant, idéal pour nous transporter tout en douceur dans un univers personnel.

Chaque instrument alimente ce côté atmosphérique prédominant, que ce soit les guitares, alternant riffs vrombissants et passages acoustiques, la voix black très raw et insistante, les nappes de claviers ou les samples de tempête de neige (« Kingdom of White Madness »). Le tempo lent permet d’accentuer ce côté pesant, cette mélancolie omniprésente et cette folie passagère qu’un personnage semble endurer. On n’est finalement pas très loin d’une certaine forme de black dépressif à la Annorkoth (« Unrelieved Solitude »), bien que ce soit plus la morosité qui prédomine, plutôt que des complaintes et lamentations. N’oublions pas de passer du côté de « Voices from the Night Sky » et de « Velleity About Aeonian Rain » afin de découvrir la beauté de la nature.

Au final, il est vrai qu’on a plus à faire à du black atmosphérique qu’à du black symphonique. Mais les touches symphoniques, si on peut dire, existent bel et bien dans cet album, que ce soit les nappes enveloppantes, les mélodies insistantes et les touches neo classiques de « Farewell », « Revival of Curse Spirit » ou du plus rapide « Permafrost ».

Même si Astarium manque de panache et nous propose quelque chose de simple, on se laisse rapidement prendre au jeu et on finit rafraîchis et revigorés par ces neuf morceaux aussi doux et relaxants que la tombée de la neige.

 

Serpenthia : Beyond

Ξ janvier 8th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Serpenthia : BeyondIl est étonnant de voir que Serpenthia n’a pas percé plus que ça, alors que le quintette fête tout de même ses dix ans de formation. Dix années dans lesquelles ces Finlandais n’ont pas chômé, sortant, à intervalles régulières, des démos toutes aussi personnelles les unes que les autres. Sans doute parce que le groupe ne s’aventure pas du côté de la simplicité. Leur mot d’ordre est l’expérimentation et cela se ressent dans leur musique, sorte de dark metal progressif touché par le black, le death, le gothique, l’atmosphérique et le symphonique. Ce melting pot permet à Serpenthia de créer des compositions variées mais toutes guidées par une ambiance sombre et horrifique, à la manière des derniers Hymir, Carach Angren, Withering Soul ou Bishop Of Hexen, avec toutefois une production faite maison.

Si l’enregistrement a été fait l’été dernier, l’écriture s’est produite directement après la sortie de « Sindicate », les années 2010 et 2011 ayant été très mouvementées. Maintenant que le nouveau matériel se révèle et que Serpenthia se dote d’un line up désormais solide, voyons donc ce que vaut le nouveau méfait, « Beyond », sorti fin 2012.

Les Finlandais nous mettent dans le bain dès les premières secondes de « Them », avec son ambiance de maison hantée : piano, mélodies dignes d’une boîte à musique, crépitement d’un feu, nappes de claviers fantomatiques…les parties metal dégagent une grande agressivité, que ce soit dans les riffs et les vocaux, tiraillées entre les parties black metal et les parties death metal. On sent directement une grande cohérence et l’osmose entre les instruments et parfaite. Ces derniers ont tous une place importante et l’un n’est pas étouffé par l’autre, la basse est bien audible, les claviers n’ont pas une place prépondérante mais apparaissent au moment les plus opportuns tandis que le chant hargneux nous narre une histoire terrifiante.

« The Spectre » met le paquet niveau efficacité, entre lourdeur et atmosphère. On se retrouve ici avec un death metal assombri par des éléments black metal et des touches symphonico-atmosphériques marquées, rappelant le « Spiritual Black Dimensions » de Dimmu Borgir et le « Event Horizon » de l’ancien Cruentus.

Mais ce qui fait plus la marque de fabrique de Serpenthia, c’est le côté progressif. L’auditeur n’est pas passif, il est aussi actif, il participe à la progression de la musique, que ce soit sur le long « Tragedy » et le très long « The Fall (Deception Pt.2) ». On découvre des parties plus classiques et d’autres plus alambiquées, soutenues par une ambiance prenante et une histoire de malédiction, sans que cela n’enlève l’aspect bourrin et résolument extrême des compositions. Malgré tout, c’est sans doute le piano qui permet de véhiculer cette ambiance horror, guidé par des guitares aux soli carrés et un chant rageur très expressif. Le final est d’ailleurs très bien pensé, on retrouve le crépitement du feu et les nappes sombres de claviers de l’intro de « Them », comme un retour à la réalité.

Malgré leur discrétion, les Finlandais arrivent à se mettre en avant avec cette cinquième démo inspirée et très bien fichue, et même si leurs travaux restent encore perfectibles, ils possèdent le talent nécessaire pour attirer les oreilles des amateurs du genre.

 

Arcanorum Astrum : Enlightenment

Ξ janvier 8th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Arcanorum Astrum : EnlightenmentOn ne compte plus les groupes de black symphonique sortant de Russie, et pour cause, la majorité des nouvelles formations viennent tout droit de ces contrées hivernales. Guidéede prime abord par le duo Stigmatic Chorus / Crystal Abyss à la fin des années 90, cette scène révèle bon nombres de musiciens aguerris qui leur emboîtent le pas depuis une bonne décennie. Les dérivés sont suffisamment éclectiques pour attirer et la production suffisamment puissante pour égaler les productions européennes. Quant à la forme, même si on retrouve certaines empreintes norvégiennes, les mélodies et ambiances sont marqués par le folklore de l’est et par les froides températures.

De Moscou, Arcanorum Astrum fait partie des dernières révélations à surveiller de très prêt. Avec sa première démo sortie en 2009, le sextet proposait un black/death symphonique brute de décoffrage où s’entremêlaient la brutalité des guitares à la légèreté et au côté cristallin des compositions. Il remet le couvert fin 2012 avec « Enlightenment », le premier full length de nouveau auto-produit. Même s’il est marqué par un léger changement de line up avec le remplacement du chanteur Panzer par Eazas (Grey Heaven Fall), on retrouve cette puissance et cette brutalité sans concession tout au long des compositions, Arcanorum Astrum ne lésinant pas sur un assemblage massif de blasts beats et de riffs percutants. Les claviers distillent une ambiance sombre et froide, à l’image du premier morceau « Warrior of Darkness », qui figurait sur la première démo.

L’alliage du black et du death metal fait mouche, en particulier dans les riffs. Massifs et variés, ils dynamisent les compositions tout en laissant la place aux atmosphères. Il n’y a pas de répit avec Arcanorum Astrum, même les passages les moins brutes regorgent d’agressivité, en particulier dans le chant. Il est aussi intéressant de voir que le groupe arrive à échapper à la linéarité, grâce à un certain éclectisme. Même si les influences musicales sont variées, on n’est loin de tomber dans un fourre-tout, bien au contraire. L’ensemble reste cohérent et adapté à l’univers des Russes, que ce soit sur un « Battle for Future » plus futuriste, avec les sons électroniques, sur un « War of Chaos » ou un « Mortal Sin », avec quelques chants clairs et une osmose parfaite entre claviers et batterie, ou encore un « Illusion of Truth », très marqué par l’empreinte black symphonique russe (chant russe bien mis en avant, beaucoup de claviers, côté théâtral…).

Les influences death d’Arcanorum Astrum se confirment avec « Without Judgement », une cover du groupe Death. On ne peut pas dire que l’inspiration manque au sextet, car même cette reprise réserve son lot de surprises. Le groupe a gardé son identité tout en conversant les principales caractéristiques du morceau original (mélodies, riffs). Les guitares et les claviers se combinent pour former un tout, ni l’un ni l’autre ne prenant plus de place.

Même si souvent le black symphonique russe n’est pas le plus original, il y a toujours des groupes qui arrivent à renverser la tendance, et il est clair qu’Arcanorum Astrum fait partie des jeunes recrues ayant le plus de talent, grâce à une musique puissante, agressive et mélodique et une ambiance particulière, reconnaissable entre mille. Ils ont en tout cas toutes les chances de pouvoir percer en dehors de leur Russie natale s’ils continuent sur cette voie.

 

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