Aquilus : Griseus

Ξ mars 31st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic, Symphonic Black Metal |

Aquilus : GriseusLes voyages musicaux. Il n’est pas toujours aisé de trouver l’œuvre adaptée à nos exigences, à notre sensibilité, à nos goûts. A la découverte d’un opus susceptible de nous plaire, on finit la plupart du temps par être frustré. Pas assez de ça, trop de ça, etc. L’excitation laisse alors place à la déception et nous continuons inlassablement une ruée vers l’or, la pépite, le bijou qui nous rendra satisfait et content de notre acquisition. Comme une quête vers la plénitude auditive. Et là arrive l’album attendu…

Originaire d’Australie, Aquilus arrive comme une fleur au cœur d’une scène metal atmosphérique encore trop disparate. Il n’a que quelques démos en poche, peu de moyens, un manque cruel de promotion et de distribution, un cercle de fans limité et pourtant arrive l’inconcevable : la création d’un album repoussant les limites du possible et propulsant l’auditeur au sein d’un rêve éveillé. « Griseus ». LE voyage musical.

Il sort en auto-production fin 2011 et se compose de 8 titres pour une longueur totale d’une heure vingt. Même pas besoin de regarder un film, Aquilus nous offre une musique qui nous apporte des images. Il suffit de fermer les yeux et nous voilà projetés dans le monde de l’Australien, dans des prairies et des montagnes, dans un camp, au bord de l’eau, au sein d’une bataille, aux côtés de créatures mythologiques.

Aquilus décrit sa musique comme du metal atmosphérique. C’est très vague mais il s’agit sans doute d’une des meilleures appellations, avec metal symphonique. « Griseus » est un savant mélange de genres cohabitant les uns avec les autres. L’atmosphérique côtoie sans problèmes le death metal, le black metal, le folk metal, le prog et la musique classique. Tout est dosé de façon intelligente, pour nous embarquer sans interruption dans un univers cinématographique. Aquilus puise sans aucun doute ses influences dans des groupes comme Emperor, Summoning ou Opeth mais aussi des compositeurs de musique de film comme Howard Shore (Le Seigneur des Anneaux), l’inspiration la plus flagrante. La mélancolie et la noirceur se mêlent habilement à la beauté et à l’éclat.

Une fois pris dans les bras de « Nihil », impossible de ressortir de cette douce étreinte. Le symphonico-atmosphérique mène la danse avant de se coupler au black metal et aux cris guerriers de Waldorf. Les accélérations nous font prendre conscience du côté extrême des compos, sans non plus nous envoyer dans un torrent de brutalité. L’éthéré est de mise, ainsi que les allées et venues de violons épiques. Les guitares tranchantes renforcent la noirceur sans non plus nous étouffer et changent de teinte de façon déconcertante pour accompagner, de façon acoustique cette fois-ci, des chœurs, des notes de piano et des violons tout droit sortis de l’époque romantique.

« Smokefall », lui, touche davantage aux éléments folkloriques avec ses guitares acoustiques et ses flutes. Le contraste entre les parties instrumentales douces et les parties metalliques plus brutales est fort mais ne fait qu’accentuer une certaine dualité, cette bipolarité qu’Aquilus maîtrise à merveille. Le black/death rageur fait place à la caresse des violons et inversement, comme des péripéties qui se succèdent les unes après les autres. Idem avec un « In Lands of Ashes » mettant en avant des passages de toute beauté, aux atmosphères enchanteresses portées par les violons et le piano. Douze minutes de mélodies magnifiques, de puissance et de majesté dans un orchestre pourtant programmé…

Les morceaux les plus agressifs sont souvent les plus courts, comme avec « Latent Thistle » et son final folklorique joyeux ou « The Fawn » qui, après sa longue intro au piano, envoie le pâté avec un black/death symphonique racé. Mais Aquilus est beaucoup plus fan de l’atmosphérique dans tous les sens du terme. Clou du spectacle avec « Night Bell », dix-sept minutes d’envolées au piano, de ralentissements, d’accélérations, de pause, de déflagrations, de magie, de saveur, de violons émotifs…que demander de plus.

Il est clair qu’Aquilus divise car « Griseus » ne s’adresse ni aux puristes, ni aux amateurs de simplicité. Ici on a plus de parties purement symphoniques que de parties metal. La complexité oblige l’auditeur à passer du temps sur cette œuvre. Chaque écoute nous ouvre une nouvelle porte, nous montre un nouveau paysage et de nouvelles couleurs. Le maître à penser Waldorf, rassemble le temps d’une heure vingt, puissance, sensibilité, émotion et chaleur, pour un résultat grandiose et incomparable. On pourrait presque atteindre la perfection…

 

Jarell : If Blood Is the Answer

Ξ mars 31st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Modern Metal |

Jarell : If Blood Is the AnswerLors de la sortie de son premier album “Hidden Side” en 2008, Jarell avait montré que la France avait aussi beaucoup de potentiel en matière de metal moderne. Le mélange des styles associé à un enrobage électronique et à une production en béton armé propulsait les Parisiens dans la cour des grands, même s’ils avaient encore peu d’expérience. Arrive maintenant le second opus « If Blood Is the Answer », voyons voir ce qui s’est passé pendant ces cinq ans d’absence.

Certains changements de line-up, de guitaristes et de batteurs notamment, auront légèrement chamboulé la carrière de Jarell qui repart désormais sur de bonnes bases. C’est un nouveau quintette qui bosse sur cet album avec l’aide d’Emmanuel Rousseau (ex-Lyr Drowning) pour le mixage aux White Wasteland Studio et le mastering de Mobo aux Conkrete Studio (Gorod, Eryn Non Dae, Minushuman). Le son est par conséquent très propre et très adapté au style de Jarell.

En parlant de style, celui des Parisiens est plutôt difficile à cerner dans la mesure où on retrouve un mélange d’un peu de tout : du death, du thrash, du metalcore, de l’indus et de l’atmo. On se contentera pour le moment de modern metal, influencé par certains grands noms comme Mnemic, Dagoba, Fear Factory ou encore Soilwork. Ce qui prédomine, en tout cas, ce sont ces nombreux plans électroniques ainsi que les gros riffs et l’alternance de chant crié, de growl et de chant clair dans les refrains. Cela s’entend bien dès le départ avec « You Asked the Wrong Question » aux relents cybernétiques. On découvre des passages syncopés et des passages plus brutaux, bercés par les claviers et les effets. Niveau originalité, on repassera, dans la mesure où c’est une mixture très employée depuis plusieurs années et parfois accompagnée de tonalités djent. Jarell, de ce côté-là, évite de tomber dans ce piège et préfère miser sur l’efficacité plutôt que sur l’expérimental ou la technique.

« Waste, Always Waste » se tourne plus du côté de l’atmosphérique, avec son ensemble porté sur les nappes et les textures. Le chant féroce de Krys associé aux offensives guitaristiques permet d’ajouter un peu de piment. Mais ce n’est rien face à « Hospital » qui agit comme un vrai tube futuriste et déconcertant d’efficacité.

Jarell propose des morceaux simples et déjà entendus comme le très death metal « Successful », « In Her Entrails » aux relents Nothnegaliens, ou le longuet « Birth ». Mais on a aussi des titres plus audacieux comme un « Waltzing Sympathy » symphonico-atmosphérique à certains moments, un « Did You Know » porté par l’électronique et un « I Hate » qui évoque le dernier Zonaria au niveau des atmosphères.

Même si les Frenchies ne révolutionnent rien, sur le plan international, avec « If Blood Is the Answer », ils arrivent tout de même à s’améliorer et à apporter un peu de fraîcheur à une scène française stagnante dans le domaine. Ils nous offrent alors un bon album, punchy et catchy, avec un livret très sympa fonctionnant comme un rassemblement de pages de lettres/cachiers/journaux. Voici donc un groupe à suivre de très prêt.

 

Skyfall : Convenient God

Ξ mars 25th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Black |

Skyfall : Convenient GodSkyfall s’est, pour la première fois, fait remarquer avec la sortie en 2011 de son premier album « Bestiarium Pool » en officiant dans un death/black symphonique de bonne facture et à la mode, en témoignent les nombreuses sorties du genre en Russie. Le nouvel album, « Convenient God », a été composé peu de temps après le premier méfait mais il manquait un label pour la distribution. Le combo ne parvient pas à trouver le label américain ou européen tant attendu et se tourne du coup du côté de Fono Ltd. fin 2012 afin de sortir ses nouvelles compositions début février.

Cette fois-ci, fini le sympho de « Bestiarium Pool », Skyfall fait une sorte de retour aux sources pour se pencher de nouveau vers le death/black. Le nouveau line up est la raison principale de ce changement d’orientation, les membres étant beaucoup plus axés vers le metal de la mort. C’est de façon tout à naturelle que le quartet s’est lancé dans l’écriture de titres beaucoup plus death metal, avec des teintes de black et une forte inspiration polonaise, ce qui les rapproche de Hate, de Behemoth et de Vader pour les passages les plus brutaux.

« Convenient God » est un album qui d’une part, dénonce l’idolâtrie de la technologie (comme une divinité de métal) et le pardon trop facile de Dieu. Skyfall utilise une thématique à la fois classique et moderne et la met en lumière grâce à un death metal fracassant où les blasts beats ne font qu’un avec les gros riffs tranchants et mélodiques. Les Russes ne font pas dans l’originalité de ce côté-là, car l’influence polonaise est évidente (« Azazel », entre autres), mais il faut dire que pour un petit groupe, un son pareil et une production en béton lui permettent de mettre certains atouts de son côté.

Chaque instrument n’est pas délaissé, le growl d’Hadit est incisif et tend parfois vers le black comme sur un « Avoid Hell » plus mid tempo et porté par les riffs black et la double pédale. Les grattes ont le bon rôle et varient les plaisirs en alternant grandes offensives (« De Profundis Domine »), soli, petites touches techniques et atmosphériques (« Ball of Insanity »). Enfin la basse et la batterie sont bien complémentaires et bien audibles, ce qui n’est pas le cas de toutes les formations russes…

Même si la plupart des titres sont relativement efficaces et furieux, ils ne se démarquent pas les uns des autres. On a aussi du mal à trouver une réelle personnalité dans le travail de Skyfall, qui la joue trop à la polonaise : pas facile de trouver un morceau qui ne nous rappelle pas Hate et ses confrères. Toutefois, on passe un bon moment avec des morceaux assez prenants comme « Their Will Is Torn » ou l’éponyme « Convenient God ».

Malgré un manque flagrant d’identité, Skyfall s’en sort plutôt bien avec ce « Convenient God » qui, même s’il ne réinvente rien, a le mérite d’être bien fichu et plutôt encourageant. Copier les aînés ne suffit pas, il faut voler de ses propres ailes et trouver l’élément qui fera la différence…

 

Bog Morok : Inevitability

Ξ mars 24th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Bog Morok : InevitabilityAprès le succès de « Decadence », Morok décide se rallier aux labels et de faire intégrer d’autres membres dans son projet, sait-on jamais. Tout le monde se met d’accord pour une signature chez le nouveau label Russe d’indus Artificial Sun et l’arrivée de Sherman à la guitare, de Penguin à la basse et de Vladimir à la batterie. Comme à l’accoutumer, Morok s’occupe du chant, de la seconde guitare et de la programmation.

Les Russes décident de revenir en 2012/2013 avec plusieurs sorties à la clé, notamment une apparition dans le tribute de Die Krupps aux côtés des grandes figures de metal indus, ainsi que la sortie de ce mini CD mettant en avant le titre phare « Inevitabilité », titre que l’on retrouve ici en plusieurs versions comme le mix de Type V Blood ou celui de Reactor. Ce n’est pas la seule chanson souffrant de remixe vu que la plupart viennent des albums précédents comme « Nyctalopia », « H2O » ou « GMO ». On arrive quand même à retrouver une nouvelle chanson, sous le nom de « L.I.F.E. ». Voyons donc ce que donne le tout.

Commençons dans l’ordre avec « Inevitablity ». La version simple, made in Bog Morok, possède tous les atouts du groupe russe : un mélange audacieux de neo metal et de cyber accompagné d’éléments extrême (voix, riffs). L’ensemble groove bien, avec cette batterie entraînante et cet enchaînement bien coordonné d’éléments, ce qui succède bien l’album « Decadence ».

La version de Kos Klimenko y va à coup de scratch tout en déformant les voix et en mettant les guitares au second plan. Le résultat est plus désagréable. Celle de Reactor se la joue plus éléctro, avec des beats techno et des samples supplémentaires. C’est un peu mieux mais cela ne vaut pas l’original. Enfin, celle de Type V Blood change complètement le tout en rendant l’ensemble totalement cybernétique et en n’intégrant pas le chant. Résultat très mécanique et synthétique.

Avant de repartir vers d’autres remixes, petit tour du côté du morceau inédit « L.I.F.E. ». On retrouve le côté acoustique, voire folk, au début, dans la veine de « ????????? » (au remixe ici minable), mais la suite reprend les tares de l’album « Syn.Thesis », à savoir le côté expérimental non maîtrisé et le chant féminin agaçant. On aurait donc pu s’en passer.

« Dead Trip » s’en sort plutôt bien avec cet alliage de guitares et d’éléments électroniques. Une ambiance horrifique et spatial en ressort, pas loin d’un « Abduction Starfleet » en moins black, avec ces sonorités qui font mouche en arrière plan. Quand au reste des reprises, rien d’extraordinaires, on se retrouve entre le moyen et le médiocre. « GMO » par exemple, est défiguré par le mix de Burning Toxins, trop mécanique et pas suffisamment prenant et profond.

Ce CD est loin d’être indispensable et n’est pas un élément clé dans la carrière de Bog Morok. « Inevitability » montre que les Russes ont de l’influence dans leur pays, même s’ils ne font pas partie des grosses pointures. On espère toutefois que leur prochain méfait sera un vrai album dans la continuité d’un « Decadence ». Plus qu’à attendre.

 

Vortech : Conclusion

Ξ mars 24th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Vortech : Conclusion« Conclusion » est le premier full length de Juha mais aussi le premier à sortir sous le nom de Vortech. En effet, le projet finlandais dénommé Sound Ogre était d’abord tourné vers un heavy teinté d’éléments électroniques avant de se transformer vers quelque chose de plus extrême inspiré par Fear Factory, The Amenta ou Sonic Mayhem. Vortech est né du désir d’officier dans un cyber death conceptuel aux nombreuses facettes et « Conclusion » en est la preuve : les dix morceaux racontent les différents événements cataclysmiques ayant mis fin à toute vie sur Terre, malgré les avertissements d’un messager venu de l’espace…

Les débuts de Vortech restent particuliers par rapport à ses successeurs. On découvre un one man band encore timide malgré une certaine audace et cela se ressent dans l’exécution des morceaux. La guitare est mise au premier plan et est entraînée par une boîte à rythme assez linéaire. Le chant est plutôt en retrait et ne s’apparente en rien à un growl ou un chant black. Il s’agit au contraire d’une sorte de chant extrême trituré par des arrangements électroniques, ce qui le rend particulièrement synthétique, voire robotique dans certains refrains (« Terra Ultimatum »). Enfin, les claviers discrets posent une ambiance froide et sombre, à l’image du concept du Finlandais.

Lorsqu’on remonte jusqu’aux débuts d’une formation, on se rend mieux compte de son évolution et de son parcours. Pour Vortech, on peut voir qu’au fil du temps, le travail fait au niveau de la programmation et des claviers n’a pas bougé d’un iota. On retrouve les mêmes types d’atmosphères, les mêmes types de mélodies. « Conclusion » pose les bases de tout cela mais au final, les albums qui suivent peuvent être considérés comme des variations. Il n’empêche, malgré tout, que Juha a un certain savoir faire : il arrive à cacher ses défauts en améliorant les éléments principaux (guitares, chant, batterie), et en changeant de style dans les refrains.

Sur cet opus, les refrains sont beaucoup plus doux et mélodiques contrairement aux couplets, plus agressifs et tranchants (« The Institution », « Mind Awakening »). Ici, on n’atteint pas la brutalité offerte sur un « Posthumanism » ou un « Devoid of Life » mais on se retrouve avec un death metal dynamique à défaut d’être renversant.

La marque de fabrique de Vortech est déjà présente sur ce « Conclusion » et cela comprend ses défauts, notamment la linéarité (manque de variation dans le chant ou les titres par exemple), les morceaux instrumentaux ultra cybernétiques et dark (« Apoapsis Mentis » ou « End Game » avec ses beats immondes), mais aussi les inspirations black metal comme sur « Judgement of the Amenti ».

On ne peut pas dire que ce « Conclusion » soit intense, la timidité et la retenue de Juha le rendant quelque peu incomplet. Le fait que les titres soient particulièrement courts renforce cette impression. Heureusement que Juha ne s’est pas contenté de tout faire tout seul pour les autres opus, auquel cas son univers aurait tourné en rond. Ce premier album mérite donc qu’on y jette une oreille mais il ne restera malheureusement pas gravé dans nos esprits.

 

Rings Of Saturn : Dingir

Ξ mars 20th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Deathcore |

Rings Of Saturn : DingirDans la famille des groupes de deathcore technique, je demande Rings Of Saturn ! Souvenez-vous, ces jeunes lycées américains avaient réussi à pondre une sorte d’ovni musical avec « Embryonic Anomaly » gavé aux amphétamines et bourré de références aux vieux jeux vidéo. Même à cette époque il fallait suivre la cadence ainsi que le trip geek du quintette californien : pas facile d’adhérer à ce qu’il appelle un « aliencore » plein d’originalité mais aussi de défauts, à savoir l’intégration maladroite de breakdowns et une alternance de vocaux un peu pénible. Après tout ça, Rings Of Saturn remet le couvert avec un nouvel opus signé chez Unique Leader et enregistré aux Mayhemeness Recording Studios de Sacramento.

Avec « Dingir », les Américains vont beaucoup plus vite, et il est impératif d’attacher sa ceinture sinon on n’arrive pas à suivre le rythme et ces envolées maladives de riffs tous aussi déjantés les uns que les autres. Rings Of Saturn (et son nouveau line up) alterne death moderne et deathcore mega technique avec un certain sens de la mélodie et une brutalité acerbe. L’auditeur se retrouve en plein cœur d’un ouragan difficile à contrôler, les musiciens semblent tellement pris dans leur délire qu’il est difficile de savoir s’ils ont pris des substances illicites ou non. Bref, si vous n’êtes pas habituées au style, vous serez déboussolés dès les premières secondes. Mais ! Si vous êtes aussi shootés que le groupe, vous devriez arriver à vous dépatouiller avec cette montagne d’éléments tous aussi barrés les uns que les autres.

Pour faire vite, on se retrouve avec un growl à la Whitechapel, un côté atmosphérique à la Fallujah et une petite touche progressive à la Born of Osiris, le tout mixé avec la geekattitude d’un groupe en plein effervescence. « Objective to Harvest » nous frappe en plein fouet avec sa rapidité et sa brutalité, « Galactical Cleansing » ou « Fruitless Existence » se la jouent cosmique avec des soli qui s’en vont et reviennent, sans oublier les cinglés « Shards of Scorched Flesh », « Peeling Arteries » et « Dingir » qui donnent l’impression que les Américains ont trop mangé de Super Mario et de jeux du même style.

On serait tenté de crier au génie mais certains éléments font que notre enthousiasme s’effondre rapidement. D’une, les breakdowns ne sont pas forcément très réussis d’autant plus que la plupart font clichés sans même apporter quelque chose aux titres qu’ils représentent. De deux, l’autre chant (le criard) est bien trop présent et bien trop agaçant par rapport au growl qui tente désespérément de s’insérer comme il peut. De trois, la batterie ne sonne particulièrement pas humaine même si Ian Baker est crédité : c’est tellement hyperactif et synthétique au niveau de la double qu’il est normal d’avoir des doutes. Enfin, le son est bien trop compressé et digital. Certes, c’est parfait pour ce genre de musique mais tout de même. C’est pire que de se retrouver en plein cœur d’un jeu vidéo.

Pas facile de se faire une idée claire tant on a d’un côté de très bonnes choses et de l’autre des trucs qui horripilent et nous empêchent d’apprécier l’album à sa juste valeur. Alors les expérimentations ne font pas de mal, sauf quand c’est too much. Trop c’est trop, arrivé à la fin de l’opus on se réjouit d’avoir une petite instrumentale (« Utopia ») mais finalement il s’agit aussi d’un déferlement (plus calme toutefois) de soli cristallins.

Pas de moments de répits en fait dans ce « Dingir », le quintette nous bombarde de riffs supersoniques, de rythmes endiablés et de chants partant dans tous les sens dans son deathcore technique/brutal/expérimental. Un mélange qui devrait faire pleurer les puristes et faire sourire les amateurs de folie et de rapidité décoiffante.

 

Bog Morok : Decadence

Ξ mars 16th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Bog Morok : DecadenceOn ne peut pas dire que « Syn.Thesis », sorti en 2007, a laissé un souvenir impérissable dans les esprits. Les amateurs de Bog Morok et du genre, déçus, se sont jetés sur le nouveau rejeton cyber metallique de Taganrog, à savoir Illidiance, pendant que les gars de Rybinsk n’ont eu que leurs yeux pour pleurer. Vu que l’opus est mal passé et que leur label, Sound Age Productions, leur ont fait défauts, les Bog Morok décident de prendre leur temps pour écrire les nouvelles compositions et de s’affranchir de toutes contraintes : pas de label, pas de producteur, pas de mixeur, le groupe fait tout lui-même et sort « Decadence ».

Le créateur, Morok, s’entoure de musiciens d’horizons plus ou moins différents, ce qui permet d’apporter un peu plus de diversité aux compositions. Cela se ressent immédiatement avec le premier morceau « ????????? » qui touche à l’oriental avec un sitar et des percussions. L’influence Kartikeya se fait ressentir, mélangé au neo/cyber de Bog Morok. Le mélange est audacieux et loin d’être mauvais : la mélodie est entraînante, les riffs, sans être violents, se marient parfaitement avec cette mixture exotique et futuriste.

Morok a fait beaucoup de progrès au niveau de la prestation vocale. Son chant est plus juste, plus ancré dans les compositions et surtout plus varié. Rien qu’à l’écoute de « ???????? ?????? » ou de « ????? » on sent l’envie de se diriger du côté de l’extrême avec des cris qui parfois atteignent la tonalité de Ben de Sybreed. On a droit aux murmures avec « H2O » mais aussi à des parties plus rapées. « Take Me Away » combine tous les styles de chant de Morok.

Comme à l’accoutumer, Bog Morok mélange des titres brutes, d’autres plus posés et d’autres plus atmosphériques, comme « ??????????? ». On a alors droit à un opus complet et cohérent, où les guitares ont le premier rôle avec les éléments cybernétiques. Les deux peuvent même s’assembler pour ne faire qu’un, comme le très bon « ?.?.?. (??????????? ???????????????? ????????) », parfait de bout en bout.

Rien à avoir avec l’opus ennuyeux « Syn.Thesis » qui manquait de personnalité. Plus de riffs à la Meshuggah, plus de chant féminin agaçant, plus d’électronique à en sortir par tous les côtés. Bog Morok revient à ses premières amours (du côté de « Stadiae II ») en intégrant des éléments neufs et en accord avec sa musique, pour un résultat convainquant : on est vraiment surpris. Rien que « ???? ?????… » conclut bien le tout, avec son ambiance sombre et mélancolique.

Belle réussite en tout cas car on en espérait pas trop après la déception de 2007. « Decadence » est l’album idéal pour les amateurs de neo et de cyber, les deux étant bien mélangés avec des relents extrêmes. Dommage toutefois que Bog Morok ait fait un pas de trop avec « Syn.Thesis » car il est certain qu’avec un tel talent, il aurait pu se mesurer sans soucis à Illidiance.

 

Vortech : Deep Beneath

Ξ mars 16th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Vortech : Deep BeneathVortech est habitué à nous pondre un album tous les ans, et il ne déroge pas à la règle avec « Deep Beneath », successeur du sympathique « Wasteland ». On avait vu avec ce dernier que Juha avait pu améliorer sa production ainsi que sa palette musicale. Il s’agit en fait d’un gros déclic, car c’est à partir de ce moment que les compositions de Vortech deviennent plus riches et plus accrocheuses. Sa personnalité est plus forte et son cyber death bourrin allie force et finesse, ce qui lui permet de tirer son épingle du jeu parmi les formations du style.

Avec « Deep Beneath », on sent l’évolution et le désir d’aller plus loin avec un death metal loin d’être conventionnel. Plus aéré, plus varié, moins écrasé par les blasts, l’opus montre les nouvelles facettes du projet de Juha. Le multi instrumentiste est cette fois-ci tout seul, même si quelques guests au chant l’accompagnent tout au long des compostions, comme Matti Särkimäki sur 6 morceaux. La direction choisie est celle du cyber death/black épique, comme en témoignent les morceaux introducteurs « The Awakening » et « Biodroid Legions ». La mélodie est plus présente dans les riffs, accompagnés des nappes de claviers et des samples, mais le tout reste bien agressif et percutant, comme cette batterie qui tabasse sans s’arrêter.

Une fois encore, ce qui fait défaut chez Vortech, c’est la linéarité des compositions. Même si c’est plus aéré et plus diversifié, on sent que Juha tend à se répéter d’un album à un autre et on entend souvent des petits sons ou des riffs retrouvés sur les efforts précédents. Toutefois, il arrive à faire en sorte qu’on ait l’impression de découvrir des nouveaux titres, grâce au mélange audacieux de brutal death, de cyber et de touches black. « Subjugation » et « Exile Within » le montrent bien, d’autant plus que la guitare pousse même la chansonnette.

Au final, ce sont les parties purement metal qui sont davantage à l’honneur, les sons cybernétiques étant davantage en arrière plan. Juha insiste plus sur la batterie et les gros riffs ainsi que sur les growls bien graves et entraînant. Du coup, il y a moins de titres instrumentaux. On ne retrouve que « Deep Beneath », l’éponyme dark ambient, distillant une atmosphère post-apocalyptique. Il n’y a aussi qu’un titre guidé par les claviers, à savoir « So They Rise », sonnant quasiment comme du death/black symphonique, avec cette ambiance bien sombre et ces nappes entêtantes.

Sombre, ambiancé, brutal et prenant, « Deep Beneath » est sans doute un des meilleurs opus de Vortech, qui se dirige ici du côté du cyber death polonais à la Crionics ou Thy Disease (ce qui se confirme avec le futur « Posthumanism »). Il va droit au but en nous offrant cinquante minutes efficaces, sans temps mort. Un vrai régal.

 

Lecherous Nocturne : Behold Almighty Doctrine

Ξ mars 12th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Lecherous Nocturne : Behold Almighty DoctrineLecherous Nocturne fait partie des formations death metal sud-caroliniennes de valeur, au fort potentiel, aux côtés de Nile pour ne citer qu’eux. Le combo s’est vite fait remarquer avec la sortie de «Adoration of the Blade » dans lequel on retrouvait une combinaison de membres réputés comme Chris Lollis et Dallas Toler-Wade de Nile ou Mike Poggionne de Monstrosity. Un line up de choc qui a tout de suite mis les pendules à l’heure et ça, Unique Leader l’a bien vu car il n’a pas perdu de temps pour signer le fameux «The Age of Miracles Has Passed » en 2008.

C’est après la sortie de cet album que le line up devient moins stable. Jeremy Nissenbaum, qui prenait la place de Toler-Wade, se retrouve remplacé par Alex Lancia, tandis que Poggionne laisse sa place à James O’Neal (malgré un guest sur le titre « Creation Continuum »). Courant 2011, alors que les nouveaux morceaux sont quasiment tous composés, une petite polémique se déclenche avec l’évincement du chanteur Jason Hoheinstein, criant haut et fort qu’il s’est fait viré alors que l’annonce officielle stipule qu’il est parti de son propre chef. En définitive, cela permet au groupe de retrouver Chris Lollis, qui cette fois-ci, laisse sa guitare pour attraper le micro.

Officiant toujours dans un brutal death proche de Hate Eternal, Lecherous Nocturne ne succombe pas à la fainéantise ni au ressentiment et nous ressort un opus en béton armé enregistré au SoundLab Studio en compagnie de Bob Moore. Les morceaux sont de nouveau sans concessions et vont droit au but, sans tourner autour du pot. Du coup on ne va pas au delà des trois minutes trente mais cela suffit amplement si on veut profiter de la musique des Américains sans avoir à faire à des longueurs.

Des titres comme «Ouroboros Chains » ou « Lesions from Vicious Plague » nous montrent tout le savoir faire de Lecherous Nocturne qui mise sur les gros riffs couplés à une batterie percutante et au chant imparable de Lollis. Le combo n’a pas perdu son énergie et sa fougue, en témoignent «Bring the Void » et « Archeopteryx » terriblement efficaces avec cet enchaînement de riffs maîtrisés et cette rapidité d’exécution. C’est un fait : Lecherous Nocturne ne nous laisse pas le temps de réfléchir et nous agresse avec sa brutalité fine. Ambiance sombre et instrumentations glauques sont parfois au rendez-vous comme l’intro, l’outro et le prélude au piano qui, même s’ils agissent comme un répit, ne nous font pas pour autant quitter l’univers particulier des Américains.

Le couple basse/batterie fait de nouveau mouche comme sur un « Those Having Been Hidden Away », toutefois, une fois encore, on n’a pas le plaisir de retrouver des soli, qui auraient pu relever les compositions. Le niveau est déjà très haut mais un peu de relief ne fait jamais de mal, d’autant plus que le chant de Lollis manque quelque peu de profondeur.

« Behold Almighty Doctrine », malgré ses quelques minutes de plus au niveau de la durée de vie, ne surplombe pas son prédécesseur mais reste un album de choix bien efficace – à défaut d’être intense – pour tous les amateurs de death brutal.

 

Neurotic Machinery : Exi(s)t

Ξ mars 11th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Neurotic Machinery : Exi(s)tFondé en 2006 sur les cendres du groupe de black metal Neron, Neurotic Machinery est le côté death metal d’une bande de cinq potes désireux de montrer une facette plus progressive et moderne. Les Tchèques ont montré que leur penchant pour le metal de la mort ne leur fait pas défaut puisqu’ils ont à ce jour sorti deux albums, « Catalept » et « Opsialgia », des œuvres ayant reçu de bons avis et ayant permis au groupe d’apparaître dans de nombreux gigs et émissions radios et tv.

C’est le moment de revenir sur le devant de la scène avec le nouvel EP « Exi(s)t) » composé en 2011, terminé début 2012 et sorti en mars 2013. Tout a été fait maison excepté le mixage, au Studio Sopa de Stanislav Valasek, et l’artwork, signé Jaromir Bezruc (Vital Remains, Root, Kronos). A nous de voir ce que vaut le travail de ces cinq musiciens.

Les morceaux ont beau être relativement courts, le groupe arrive à intégrer une super progression en l’espace de quatre ou cinq minutes. Les guitares ont le premier rôle et s’occupent aussi bien des mélodies que des harmonies entêtantes, à l’image du premier titre « After Everything ». Aidé du growl incisif d’Ondra, elles insistent sur une certaine brutalité mais aussi sur un côté planant, dont la dualité permet à l’auditeur de s’accrocher aux compositions des Tchèques. On apprécie l’aspect éthéré tranchant littéralement avec l’agressivité de certaines parties, ce qui confère à l’EP de Neurotic Machinery une certaine saveur. Les touches acoustiques, comme sur « Hex », permettent de faire un break et de se diriger petit à petit vers la future déflagration, amenée avec brio. C’est un fait, les musiciens sont loin d’être des amateurs.

Même si l’EP est mélodique, on n’est pas dans le melo death pour autant. Ici, tout est savamment dosé, on ne se perd pas dans les expérimentations mélodiques d’un groupe qui sait autant nous frapper que nous câliner (« Reflection »). Il est cependant dommage que les morceaux ne se distinguent pas tous les uns des autres, on a parfois l’impression d’avoir entendu une mélodie sur le morceau précédent.

L’EP finit bien puisque « Vertigo » nous assène de ses riffs percutants avant de conclure avec une douceur étonnante. On ne s’ennuie pas pendant ses vingt petites minutes mais c’est beaucoup trop court et on aimerait connaître davantage ce groupe qui sait jouer autant avec les harmonies qu’avec l’agressivité. « Exi(s)t » risque sans doute de ne pas avoir le succès qu’il mérite mais au moins, le travail et le talent sont là, c’est certains. En espérant qu’il attire les oreilles des amateurs de death progressif moderne…

 

Luna Ad Noctum : Hypnotic Inferno

Ξ mars 6th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Black Metal |

Luna Ad Noctum : Hypnotic InfernoPour certains, Luna Ad Noctum n’est qu’un groupe de plus dans la scène polonaise. Ni bon ni mauvais, juste une entité qui n’a pas le talent nécessaire pour nous faire sauter au plafond. Pour d’autres, Luna Ad Noctum apparaît comme un groupe sous-estimé, avec de la créativité et une façon très spéciale de produire un black symphonique violent et bourrin. En gros, il a le cul entre deux chaises.

Pourtant formé en 1998, inspiré par la lune, et influencé par des groupes comme Emperor ou Limbonic Art, Luna Ad Noctum a sorti trois albums féroces « Dimness Profound », « Sempiternal Consecration » et « The Perfect Evil in Mortal », dégageant une atmosphère suffisamment froide et obscure pour nous embarquer dans un univers où les créatures démoniaques de la nuit s’en donnent à cœur joie. Même si le combo ne faisait pas l’unanimité, il avait un style.

Puis silence radio fin 2006 avant d’entrer un studio fin 2010 début 2011 et d’annoncer le départ du claviériste et la volonté d’évoluer. Aujourd’hui en 2013 arrive donc le nouveau rejeton, « Hypnotic Inferno », enregistré aux studios Hertz (Vader, Decapitated et cie) et signé chez Massacre Records. La pochette diffère des œuvres précédentes. Certes, on retrouve une « créature » étrange, mais il n’y a plus de lune, plus de couleurs vives. Ici, Luna Ad Noctum traite des comportements humains anormaux comme les hallucinations ou la folie, causée par des médicaments psychotropes censés réduire les douleurs liées à certaines conditions psychologiques (insomnie, par exemple).

On espère retrouver la patte de Luna Ad Noctum, cette brutalité, ces magiques touches atmopshérico-symphoniques, cette rage et cette puissance. Perdu. Les Polonais ont changé de bord. Evolution oblige ! Finis les morceaux qui envoient la sauce, place aux riffs mous du genou. Finis les claviers lunaires, place au néant. Finis les vocaux torturés, place au gentillet. Le black metal du quartet a inévitablement changé de saveur et n’est même pas suffisamment aliéné pour coller au concept. On se retrouve malheureusement avec un black metal tout ce qu’il y a de plus commun, avec un son nickel mais surtout, un manque incroyable de saveur.

Une évolution n’est pas un mal, tant que le résultat est concluant. Ici, ça ne l’est pas. Impossible de tenir le coup tant les morceaux sont fades. Aller, jouons à un Album Presque Parfait.

« Hypnosic Inferno » : Pas de goût, pas de piments, rien, Luna Ad Noctum nous a tout cuisinés à l’eau sans se soucier de l’assaisonnement. « In Hypnosis » n’est même pas un amuse bouche tant il n’y a rien à nous mettre sous la dent. Les riffs ne sont même pas intéressants, la voix ne fait pas peur et on cherche, avec un dernier espoir, une petite touche symphonique…juste un grain de riz trouvé de manière hasardeuse.

« Fear Technique » ferait par contre un bon apéro. Même si au départ on le goûte sans grande conviction, à cause de cette intro aux touches mielleuses, on finit par apprécier le contenu et en redemander lorsque la mayonnaise prend : ça accélère, ça monte, les blasts et les riffs sont plutôt efficaces – même si on s’attendait à mieux. On a même droit à quelques secondes de claviers histoire de soulever un passage. Mais c’est vrai qu’ils font un peu déco.

L’entrée est décevante. On aurait aimé une salade composée d’autres choses que de blasts et de riffs plats. Blaster ne suffit pas s’il n’y a rien d’approprié autour, comme une mayo qui ne serait pas accompagnée d’œufs ou de crevettes. Il est donc difficile de digérer un « You Are What You Are » dénué de toute puissance. « Abnormal Pain » est le petit goût sympa en arrière plan avec son début melo death/black à la Skyfire. On penserait même avoir changé de groupe tant la mélodie envoûtante rappelle les (pains) Suédois.

Le plat de résistance n’a rien d’extraordinaire. On en a déjà mangé des tas. C’est tellement commun qu’on ne ressent rien. Aucun plaisir, aucun petit détail intéressant à part les discrètes touches de claviers qui permettent de relever le goût. Les riffs se répètent ainsi que les structures tandis que la voix reste sur le même ton. Seul « Ether Dome » apporte de bonnes choses : une bonne dynamique, une efficacité et un bon enchaînement, malgré des répétitions. Le fromage est fade et le dessert sans explosion de saveurs. On s’ennuie un peu avec un « Hallucination Twisted Claw » même si les quelques chœurs sombres apportent un plus.

Voici donc un repas sans consistance, on ressort de ce « Hypnotic Inferno » avec un ventre qui crie famine, l’assiette encore pleine. Difficile de tout manger, d’apprécier les morceaux en entier, et de se délecter de leur énergie. Il en faut beaucoup plus pour nous rassasier d’autant plus que l’originalité du plat laisse à désirer… aller, maintenant la note pour conclure cette chronique : un petit 3/10 pour la présentation, un 4/10 pour l’ensemble du repas ainsi qu’un 4/10 pour l’ambiance, soit 3.6/10 et donc un petit 7/20. Quel dommage ! Les Polonais auraient pu faire mieux au vu de leur carrière respectable. Ceux qui n’aimaient pas spécialement Luna Ad Noctum pourront se vanter d’avoir eu raison, et ceux qui les aimaient n’auront que leurs yeux pour pleurer des larmes de déception…

 

Digimortal : Hundred Nights

Ξ mars 4th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Digimortal : Hundred NightsL a Russie peut compter sur bon nombres de formations cybermetalliques, comme Illidiance, Vergeltung ou Digimortal. Les Moscovites ont fait leur petit bonhomme de chemin depuis 2004 en enchaînant les tournées et les concerts dans les grandes villes de leurs pays aussi en Ukraine ou en Biélorusse. En clair, ils sont assez bien réputés et ont de quoi attirer un public jeune, adepte d’un metal moderne aux sonorités cybernétiques.

Digimortal arrive avec son troisième opus « Hundred Nights », deux ans et demi après le dernier « Dead Planets Parade » signé chez CD Maximum. Cette fois-ci, le quintette ne signe chez aucun label, préférant ne compter que sur lui-même. Il faut dire que le travail en solitaire est tout à fait correct, la production en home-studio est très réussie et la distribution certainement plus efficace. Reste plus qu’à savoir si musicalement ça tient la route.

Les Russes prétendent faire du heavy metal classique imbibé de passages industriels afin de faire une « version digitale du heavy metal ». C’est loin d’être vrai, dans la mesure où le metal de Digimortal est loin de s’approcher du heavy. Il s’agit plus d’un mélange de thrash, de melo death, et de metalcore avec un enrobage cybernétique. D’ailleurs, il est nécessaire de pointer le fait que Digimortal ne déroge pas à la règle : comme tout groupe de cyber russe qui se respecte, il insiste plus sur le côté electro/techno que sur le côté industriel, un peu à la Xe-none.

Rien de très extraordinaire à l’écoute de l’album, « Hundred Nights » se présente comme un ensemble entendu des centaines de fois. Les guitares sont efficaces mais les riffs manquent d’inspiration, l’alternance de chant clair/chant extrême ne nous étonne même plus, et les touches électroniques « boîte de nuit » mêlées aux sonorités cybernétiques ne nous font plus d’effets. C’est du déjà vu. Même si « Pandorum » peut sonner comme un hymne, avec son refrain entêtant et ce duo de riffs/sons cybernétiques entraînants, le reste de l’opus a du mal à nous attirer que ce soit l’éponyme, qui manque de relief et de profondeur (et pourtant…le clip a été tourné dans un véritable sous-marin, le comble) ou « Many Years Past » dont les touches techno gavent…

« Every new Day » est plus intéressant dans la mesure où l’atmosphère s’assombrit. Moins mielleux, plus tranchant, les claviers soulèvent une ambiance plus dramatique tandis que le chant et les guitares insistent sur le côté tranchant. Dommage que cela soit vite adouci par des parties plus softs et plus gnan-gnantes. Pour enfoncer le clou, on a même droit à une ballade qui endort (« Mechanical Sunrise »)…heureusement qu’il y a « Five Shadows » pour relever le niveau, même si, une fois de plus, rien d’extraordinaire.

C’est toujours mieux que Synrah est son premier opus catastrophique. Digimortal a beau ne rien faire de transcendant, sa musique reste potable même si on regrettera la force et la folie de leurs premiers méfaits. « Hundred Nights » n’est pas le joyau qu’on aurait pu espérer mais comporte quelques bons passages qui auraient dû être mieux mis valeur. Dommage.

 

Vintergata : Lands of Plague

Ξ mars 2nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Vintergata : Lands of PlagueOn en finit plus de parler de la Russie, et ce dans tous les domaines. Musicalement, elle prouve que ses groupes cachent de nombreuses cartes dans ses manches et qu’elle est loin d’être à court de surprises. Niveau metal symphonique extrême, la Russie est le premier pays producteur depuis une petite dizaine d’années et il n’est pas étonnant de voir arriver en masse une horde de groupes au talent plus ou moins certains. Comme on dit, il y a à boire et à manger. Du bon comme du moins bon. En gros, il faut choisir ce qui nous convient le mieux, et ça, on peut le dire : on a l’embarras du choix.

Les Russes ont cette tendance qui vise à privilégier la mélodie et non la brutalité. Dans quasiment toutes les formations, qu’elles soient plus folk, death, black, gothic…ce sont les mélodies qui priment ainsi que les ambiances. Vintergata ne déroge pas à la règle. Actif depuis 2011, le quartet (devenu récemment sextet) officie dans un metal symphonique extrême assez dark où se mélangent plusieurs styles tels que le black, le death et le pagan dans un ensemble influencé par la fantasy. Vintergata représente bien cette scène en mutation dans laquelle une petite partie des groupes – indécis quant au style à adopter – en choisissent plusieurs afin d’en faire un melting pot plus ou moins cohérent comme Arcane Grail ou Emerald Night pour ne citer qu’eux.

Vintergata, c’est une sorte de mélange entre Arcane Grail et Emerald Night, mais en mieux. Les Moscovites réussissent à faire une musique cohérente, tout en ayant plusieurs styles. Moins brouillon, plus classes et plus sensés, leurs morceaux se dotent d’un charme et d’une efficacité qu’une bonne partie des groupes russes pourrait envier. On sent le travail dans les orchestrations, ainsi que dans le côté théâtral retrouvé dans le chant, avec cette alternance entre chant féminin lyrique, chant masculin black et death. C’est bien fait, plutôt entraînant et on se prend au jeu, d’autant plus que l’album, « Lands of Plague » raconte une histoire inspirée par la heroic fantasy et la mythologie nordique.

L’introduction «? ???????? ??????? ????? » nous met bien dans le bain avec une symphonie féerique. On peut dire, dans ce cas, qu’il s’agit de sympho pouet pouet dans la mesure où c’est très grandiloquent. Grâce à leur formation en musique classique, les membres arrivent à mettre en avant la beauté des cordes et des cuivres, même s’il s’agit de programmation. Mêlé à un morceau comme « ?????? ???? », on s’embarque alors en terres inconnues avec cette alternance de parties bien symphoniques et de parties à cheval entre le black et le death mélodique.

« ??????? » mélange l’efficacité à l’entêtant avec ces guitares tranchantes et ces mélodies, sans oublier les accélérations qui sont les bienvenues. Tandis que « ????? ???? ? ??????? » assombri l’ambiance, avec des blasts beats plus prédominants et un chant plus hargneux, « ???????? ????????? » joue plus sur la technique des guitares et le chant lyrique. On n’est finalement pas loin des sacrées nanas de Blackthorn.

Au moins, Vintergata varie son propos et ne fait pas toujours la même chose avec son sympho, comme c’est souvent le cas avec la plupart des groupes actuels (pas que russes, je précise). « ??????? ???? » met en valeur un death metal symphonique (et mélodique) entraîné par des soli bien fichus et des chœurs, ce qui rend le tout plutôt épique tandis que « Fra Vannhulet I Sitt Skarete Hjerte » devient impérial grâce aux claviers et au duo de chant.

Certaines choses ne feront pas l’unanimité notamment la production qui manque de puissance et de fond mais aussi le chant extrême masculin (ni black, ni death) qui est beaucoup trop linéaire. Heureusement que les chœurs et le chant lyrique féminin sont là pour contrebalancer car cela deviendrait ennuyeux et ça serait dommage ! Car au niveau des instruments, c’est du tout bon.

En clair, si vous recherchez un album de sympho extrême bien fichu, pas fourre-tout et inspiré, ce « Lands of Plague » peut être fait pour vous. Il y a les éléments nécessaires pour passer un bon moment en compagnie d’un groupe russe qui essaie de se démarquer, malgré quelques petites ressemblances avec ses compatriotes. Au moins, les parties symphoniques grandiloquentes ne sont pas mielleuses, ce qui n’est pas pour nous déplaire…

 

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