Bog Morok : Decadence

Ξ mars 16th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Bog Morok : DecadenceOn ne peut pas dire que « Syn.Thesis », sorti en 2007, a laissé un souvenir impérissable dans les esprits. Les amateurs de Bog Morok et du genre, déçus, se sont jetés sur le nouveau rejeton cyber metallique de Taganrog, à savoir Illidiance, pendant que les gars de Rybinsk n’ont eu que leurs yeux pour pleurer. Vu que l’opus est mal passé et que leur label, Sound Age Productions, leur ont fait défauts, les Bog Morok décident de prendre leur temps pour écrire les nouvelles compositions et de s’affranchir de toutes contraintes : pas de label, pas de producteur, pas de mixeur, le groupe fait tout lui-même et sort « Decadence ».

Le créateur, Morok, s’entoure de musiciens d’horizons plus ou moins différents, ce qui permet d’apporter un peu plus de diversité aux compositions. Cela se ressent immédiatement avec le premier morceau « ????????? » qui touche à l’oriental avec un sitar et des percussions. L’influence Kartikeya se fait ressentir, mélangé au neo/cyber de Bog Morok. Le mélange est audacieux et loin d’être mauvais : la mélodie est entraînante, les riffs, sans être violents, se marient parfaitement avec cette mixture exotique et futuriste.

Morok a fait beaucoup de progrès au niveau de la prestation vocale. Son chant est plus juste, plus ancré dans les compositions et surtout plus varié. Rien qu’à l’écoute de « ???????? ?????? » ou de « ????? » on sent l’envie de se diriger du côté de l’extrême avec des cris qui parfois atteignent la tonalité de Ben de Sybreed. On a droit aux murmures avec « H2O » mais aussi à des parties plus rapées. « Take Me Away » combine tous les styles de chant de Morok.

Comme à l’accoutumer, Bog Morok mélange des titres brutes, d’autres plus posés et d’autres plus atmosphériques, comme « ??????????? ». On a alors droit à un opus complet et cohérent, où les guitares ont le premier rôle avec les éléments cybernétiques. Les deux peuvent même s’assembler pour ne faire qu’un, comme le très bon « ?.?.?. (??????????? ???????????????? ????????) », parfait de bout en bout.

Rien à avoir avec l’opus ennuyeux « Syn.Thesis » qui manquait de personnalité. Plus de riffs à la Meshuggah, plus de chant féminin agaçant, plus d’électronique à en sortir par tous les côtés. Bog Morok revient à ses premières amours (du côté de « Stadiae II ») en intégrant des éléments neufs et en accord avec sa musique, pour un résultat convainquant : on est vraiment surpris. Rien que « ???? ?????… » conclut bien le tout, avec son ambiance sombre et mélancolique.

Belle réussite en tout cas car on en espérait pas trop après la déception de 2007. « Decadence » est l’album idéal pour les amateurs de neo et de cyber, les deux étant bien mélangés avec des relents extrêmes. Dommage toutefois que Bog Morok ait fait un pas de trop avec « Syn.Thesis » car il est certain qu’avec un tel talent, il aurait pu se mesurer sans soucis à Illidiance.

 

Vortech : Deep Beneath

Ξ mars 16th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Vortech : Deep BeneathVortech est habitué à nous pondre un album tous les ans, et il ne déroge pas à la règle avec « Deep Beneath », successeur du sympathique « Wasteland ». On avait vu avec ce dernier que Juha avait pu améliorer sa production ainsi que sa palette musicale. Il s’agit en fait d’un gros déclic, car c’est à partir de ce moment que les compositions de Vortech deviennent plus riches et plus accrocheuses. Sa personnalité est plus forte et son cyber death bourrin allie force et finesse, ce qui lui permet de tirer son épingle du jeu parmi les formations du style.

Avec « Deep Beneath », on sent l’évolution et le désir d’aller plus loin avec un death metal loin d’être conventionnel. Plus aéré, plus varié, moins écrasé par les blasts, l’opus montre les nouvelles facettes du projet de Juha. Le multi instrumentiste est cette fois-ci tout seul, même si quelques guests au chant l’accompagnent tout au long des compostions, comme Matti Särkimäki sur 6 morceaux. La direction choisie est celle du cyber death/black épique, comme en témoignent les morceaux introducteurs « The Awakening » et « Biodroid Legions ». La mélodie est plus présente dans les riffs, accompagnés des nappes de claviers et des samples, mais le tout reste bien agressif et percutant, comme cette batterie qui tabasse sans s’arrêter.

Une fois encore, ce qui fait défaut chez Vortech, c’est la linéarité des compositions. Même si c’est plus aéré et plus diversifié, on sent que Juha tend à se répéter d’un album à un autre et on entend souvent des petits sons ou des riffs retrouvés sur les efforts précédents. Toutefois, il arrive à faire en sorte qu’on ait l’impression de découvrir des nouveaux titres, grâce au mélange audacieux de brutal death, de cyber et de touches black. « Subjugation » et « Exile Within » le montrent bien, d’autant plus que la guitare pousse même la chansonnette.

Au final, ce sont les parties purement metal qui sont davantage à l’honneur, les sons cybernétiques étant davantage en arrière plan. Juha insiste plus sur la batterie et les gros riffs ainsi que sur les growls bien graves et entraînant. Du coup, il y a moins de titres instrumentaux. On ne retrouve que « Deep Beneath », l’éponyme dark ambient, distillant une atmosphère post-apocalyptique. Il n’y a aussi qu’un titre guidé par les claviers, à savoir « So They Rise », sonnant quasiment comme du death/black symphonique, avec cette ambiance bien sombre et ces nappes entêtantes.

Sombre, ambiancé, brutal et prenant, « Deep Beneath » est sans doute un des meilleurs opus de Vortech, qui se dirige ici du côté du cyber death polonais à la Crionics ou Thy Disease (ce qui se confirme avec le futur « Posthumanism »). Il va droit au but en nous offrant cinquante minutes efficaces, sans temps mort. Un vrai régal.

 

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