Gorgonea Prima : Black Coal Depression

Ξ avril 16th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Gorgonea Prima : Black Coal DepressionLe futur, l’évolution, l’homme…peut-il espérer se contenter de sa veine existence face à une horde d’éléments évolués et supérieurs ? Peut-il se substituer à de vulgaires copies ? Peut-il vivre seul dans un monde froid, transformé, mécanique où tout a été perverti par des inventions toutes aussi complexes les unes que les autres…et enfin…peut-il mettre un terme à ses terribles créations maintenant regrettées ?

Sous ces thématiques pessimistes et sombres se cache un jeune groupe, Gorgonea Prima. Tirant son nom des anciennes mythologies grecques, la gorgone étant une entité malfaisante et vicieuse, le combo officie paradoxalement dans un style assez moderne voire futuriste, un Black Industriel Electro à grande tendance Cyber. Ambiances apocalyptiques et froides, dépression auditive, mesclin abondant de sons et d’harmonies, parfaite osmose entre machine, instrument et humain, l’opus « Black Coal Depression » est un voyage en terre désolée, vers un monde que nous connaissons tous, dans un futur proche…

La pochette grisâtre et donc très semblable à un plan pour préparation de machine, à un circuit en construction ou même à une station pour les plus imaginatifs, est bien représentative de la musique et du concept mis en place par cette formation Tchèque bien inspirée. Car Gorgonea Prima se promène sans difficulté au bord d’un vide intersidéral déconcertant. La musique est d’une étonnante captivité…

En effet, l’ensemble est totalement décharné, mécanique, froid, et terriblement sombre…tous les styles précédemment cités dominent allégrement et ne sont pas à proprement parler, en concurrence. L’un est au même niveau que l’autre, afin de créer un ensemble plus qu’homogène…en total osmose. Le black domine dans les riffs, le rythme rapide aux blast efficaces, les vocaux, et les ambiances bien sombres, mises en avant par l’indus et les claviers pour renforcer ce côté martial et terrible, lui-même appréhendé par l’électro et ses sonorités futuristes, des sonorités nouvelles tirées de nos cauchemars les plus fous, tirées de ce monde lointain mais pourtant proche en totale perdition et décomposition. La Terre dans quelques dizaines d’années…un monde cybernétique…

Les titres s’enchainent avec efficacité et sont emplis d’une agressivité déconcertante, agressivité représentative de ce futur destructeur et irrémédiablement atteint par cette envie incommensurable d’aller plus loin, d’évoluer, de créer…si certains morceaux possèdent certaines parties aux fonds d’ambiances oppressants et terrifiants (« Predestination Of Spectacular Being », « Corroded Landscape »), les autres parties sont très rapides, très percutantes et pour le moins entêtantes. Les blast beats sont ponctués d’électro beat voire techno beat comme sur « Digital Desire », mais les claviers indus sont toujours là pour nous envoyer des sons et des ambiances noires et pessimistes tandis que l’électro et ses multiples sonorités, présentes à certains moments, ne peuvent qu’évoquer l’assemblage en usine de machines, les distordions, les saturations…la synthétisation ultime des instruments du futur sont les dignes éléments créateurs des atmosphères Cyber.

Peut-être le plus grand coup de cœur de cet opus, le morceau « 100 Years Of Industrial Burial » et ses ambiances extrêmement sombres et froides. C’est incroyable d’entendre ces notes qui s’envolent grâce à un clavier maîtrisé et dérangeant, sur un fond écrasant bien que planant paradoxalement, des chœurs terribles, une voix black perturbée et décharnée, comme bloquée entre deux monde, un rythme lent et pesant, des sons électros discrets mais totalement adéquats, jusqu’à un final majestueux et décidément envoutant, où des voix déchirées comme des échos semblent imiter le son des âmes perdues et damnées, et où la puissance des claviers arrivent à son paroxysme…l’épiphanie, la révélation, le moment de la découverte du potentiel inouï d’une formation qu’il faut absolument suivre de près.

Malgré une production assez légère, Gorgonea Prima signe avec son « Black Coal Depression » une merveille en matière de black indus très cyber. Une grande claque, peut-être, mais une claque agréable, comme il est souvent rare de recevoir. Venez vous enivrer de cette musique sombre et froide traitant de la future vie cybernétique de la race humaine…

 

Nervecell : Psychogenocide

Ξ avril 16th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Nervecell : Psychogenocide2008 avait été l’année de la révélation pour Nervecell. Venue des Emirats Arabes Unis, la bande avec son « Preaching Venom » s’était exportée hors de son pays grâce à un son impeccable, à un mixage fait par les frères Wieslawscy (Decapitated, Vader), à une masterisation signée Alan Douches (Sepultura, Suffocation), et à une certaine touche d’orientalisme dans les compos.

Même si la scène orientale est méconnue, Nervecell sort des sentiers battus, signe chez Lifeforce Records, et revient en 2011 avec un nouvel opus « Psychogenocide ». Officiant toujours dans un death/thrash énergique et oriental de surcroît, le trio, accompagné du batteur David Haley de Psycroptic, prend de l’assurance et nous prouve une fois de plus que le death oriental ne rime pas forcément avec le terme « folk ». Car à l’inverse de formations telles qu’Orphaned Land ou Arkan, Nervecell fait un death teinté de thrash totalement brute de décoffrage, sans pitié, technique, parfois brutal, tout en incorporant (origine oblige), des mélodies arabisantes dans certains riffs et certains solis (« Nation’s Plague » entre autre). Le mélange des parties bien death et bien thrash est tellement bien appréhendé que le tout s’avère particulièrement intéressant, prenant, et superbement exécuté.

On alterne notamment entre partie brutale, partie plus technique, et partie plus posée à l’instar d’un « Amok Doctrine », nous en mettant plein les oreilles. Le chanteur Rajeh Khazaal y incorpore son growl puissant et profond à la manière d’un certain Karl Sanders de Nile.

L’évocation de ce dernier n’est pas anodine, car on retrouvera le chanteur/guitariste de Nile en guest sur le morceau « Shunq – To the Despaired…King of Darkness » qui en plus d’un guest de taille voit ici apparaître une certaine pluralité des langues, Sanders chantant en anglais et Khazaal en arabe. Le résultat est aussi bon qu’inattendu, aussi puissant qu’agressif, aussi technique que mélodique pour un titre très typé Nile, avec cette patte Nervecell.

Enfin l’autre morceau rappelant sans aucun doute Nile mais aussi les origines arabes de Nervecell est « Anemic Assurgency », introduction instrumentale sombre et quasi apocalyptique : quelques instruments traditionnels aux notes inquiétantes et nous voilà embarqués dans les ténèbres orientales.

Peut-être moins monotone que l’album précédent, plus lourd et plus puissant, ce « Psychogenocide » est particulièrement bien ficelé et ne peut qu’être un second encouragement pour cette formation orientale au talent certain et à la rage évidente.

 

Mors Cordis : Injection

Ξ avril 16th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Mors Cordis : InjectionLes Allemands de Mors Cordis semblent étrangement faire une sorte de coming out cette année alors que la formation existe depuis déjà plus de dix ans. Mais ne possédant qu’un album sorti en 2006 nommé « Das Prinzip » (il faut le dire, la sortie est passée inaperçue), il était temps de faire parler de soi.

Mors Cordis est pourtant une figure assez imposante pour la scène metal berlinoise, mais si l’on sort de l’Allemagne, ce nom ne peut que nous faire sourciller. Mais préparez vous à la déflagration ! Le combo sort donc « Injection », signé chez Twilight Vertrieb, un album fort en expérimentation et en couleur. Officiant dans une sorte de Death Metal industriel, Mors Cordis fait donc dans le difficile d’accès, ce genre n’était pas non plus le plus courant du monde…

« Injection » et sa pochette verte/grise mécanique, n’est autre qu’un condensé de violence et d’ambiances. Le death metal du quintet peut parfois faire penser aux dernières œuvres de Thy Disease couplé à un The Amenta, tandis que les parties industrielles plus ou moins marquées selon les morceaux, détiennent quelque chose de plus personnel. Tantôt sombre, tantôt plus électronique, tantôt plus robotique ou épique, Mors Cordis alterne les rythmes et les atmosphères, pour nous embarquer dans son histoire, son univers perverti et expérimental.

La progression est d’autant plus marquée que pertinente, la première moitié de l’album étant plus industrielle que la seconde, beaucoup plus death. Mais cela suit un enchaînement assez logique, puisque plus on progresse, plus l’histoire avance, et plus l’agressivité des morceaux montre le bout de son nez. Si des titres tels que « Emptiness » ou « Big Brother » et ses samples de « 1984 » d’Orwell nous propulsent dans le futur avec ces sonorités electro/indus poussées à leur paroxysme, des titres comme « Guilty », « Machine » ou « Krone der Schöpfung » proposent une violence plus poussée et plus particulière.

Mais il faut le dire, l’ensemble reste tout de même assez proche d’un certain type de cyber death tant la fusion du death et de l’indus est bien faite. Rajoutez à cela les rythmes qui faut, cet alliage mécanique et acéré paradé de voix alternées entre growl, chant clair et synthétique. Le concept est là, lui aussi, le mot « Injection » étant la première Injection d’une certaine substance avant le commencement de toute mécanisation. « 22nd century » nous prouve bien que nous avons franchi un pas (les éléments/ voix futuristes et robotiques sont les exemples type), et « Machine » n’est que le pas franchi vers la déshumanisation. “Last Show”, entre autre, montre la face la plus torturée des allemands.

Certains passages peuvent faire penser à Fear Factory (et là on comprend cette influence cybernétique), notamment au niveau de la voix ou des parties aux claviers. Hormis ça, l’album reste personnel et assez expérimental (il faut aimer ces riffs et ces sons bizarroïdes), et le tout passe tout de même très bien, si tant est que l’on soit habitué à ce genre de chose. Bref, album à ne pas louper pour les amateurs, doté de très bons morceaux et d’une très bonne production, « Injection » n’est autre qu’un énième pas de plus vers le futur apocalyptique de l’être humain !

 

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