Orion’s Night : In the Beginning

Ξ mai 30th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Orion's Night : In the BeginningOrion’s Night est fondé en 2006 par le batteur Jean-Michel Parmentier et le claviériste David Piotrowicz dans le but de créer un metal orchestral influencé par la musique classique (baroque et romantique) et les thèmes musicaux de films. Désireux de se situer vers quelque chose d’inspiré par le rêve, le cosmos et la mythologie, les membres optent pour le nom d’Orion’s Night et tentent de trouver d’autres membres susceptibles de les suivre dans leur aventure. Ce n’est qu’en 2009 que le line-up devient réellement stable, composé de musiciens venant de sphères très différentes, une aubaine pour ce groupe désireux de varier les plaisirs et de toucher le plus de monde possible.

C’est ainsi que sort le premier MCD en 2010, « In the Beginning ». Un premier jet tiré vers le black/death au caractère épique, orchestral, mélodique, onirique et cosmique, qui ne peut qu’évoquer une fusion entre, respectivement, Dissection, Dimmu Borgir, Skyfire et Arcturus. Cela se sent bien le long de ces cinq titres, mettant le paquet sur les claviers et les ambiances. Pour le coup, on peut dire que le côté orchestral est réussi vu que c’est l’élément qui ressort le plus dans la musique d’Orion’s Night. Mais ils ne laissent pas les éléments purement metal de côté vu qu’on à affaire à des riffs et à des vocaux tantôt heayv, tantôt black, tantôt death, pour une diversité qui n’est pas à renier.

C’est après l’introduction spirituelle et mystérieuse où la soprano Marie Billy fait son apparition que la machine se met en route avec « Across the Time », dont l’introduction rappelle indéniablement Skyfire (genre « Shivering Shade » ou « Awake »). En d’autres termes, c’est véloce et très mélodique avec des guitares et des claviers en osmose. Toutefois, l’ensemble (et c’est aussi valable pour le titre suivant) sonne un peu amateur avec parfois quelques difficultés à imbriquer certains éléments, certains passages. De plus, le chanteur Olivier Putz semble avoir plus de facilité dans le registre du growl death que dans le chant black.

Mais c’est à partir de « Temple of Anubis » qu’Orion’s Night devient vraiment intéressant et moins amateur, avec cette empreinte cosmique plus flagrante. Les claviers nous transportent tandis que les guitares et les vocaux apportent cette touche d’agressivité. L’ambiance s’étire de plus en plus pour nous emporter dans l’univers du sextet, avec ses envolées, ses chœurs, et ses touches oniriques. La mythologie prend aussi ses marques, avec Anubis, puis « Downfall of Cronos », le titre le plus long mais aussi celui le plus inspiré. Ici, on nous raconte une histoire, avec une narration qui ne peut qu’évoquer Kobi Farhi d’Orphaned Land (comme dans « Warrior »). Les enchaînements sont parfaits, avec ces accélérations bienvenues, ces claviers cosmiques à la Arcturus bien mis en avant. Non vraiment, on passe un très bon moment sur « Downfall of Cronos ».

Un opus intéressant pour ces Belges qui proposent autre chose que leurs confrères de Saille. C’est moins violent, moins malsain mais plus mélodique, plus onirique et plus orchestral, ce qui ne déplaira pas aux amateurs du genre. Même si certains titres sonnent amateurs (la faute, sans doute, à une production maison), on sent qu’Orion’s Night a du potentiel, surtout lorsqu’on se rapproche des derniers morceaux. On espère un premier full length pour réellement voir de quoi ils sont capables.

 

Edenbridge : The Bonding

Ξ mai 27th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic |

Edenbridge : The BondingCette année, les Autrichiens d’Edenbridge fêtent leur quinze ans de carrière, pendant lesquelles ils auront gardé une certaine constante, à raison d’un album tous les 1-2 ans, et montré une certaine progression, du power et approximatif « Sunrise in Eden » au très réussi « My Earth Dream », l’opus qui les a réellement propulsé dans la vaste cour des grands du metal symphonique. En dépit de ça, Edenbridge a toujours eu du mal à se démarquer d’eux et est souvent resté dans l’ombre, la faute à un manque de prise de risque et à un manque de variation dans les mélodies, malgré des compositions solides. « Solitaire » montrait une facette plus mélancolique et plus atmosphérique même si le fond, en soit, se rapprochait de « My Earth Dream ». Et là surprise, alors que les Autrichiens semblaient maintenir le cap, ils nous font attendre ni un ni deux mais trois ans.

Il faut dire que ces trois années ont été difficiles pour Edenbridge, entre les problèmes personnels, les changements de line up brutaux (le bassiste Simon Holzknech est remplacé par Wolfgang Rothbauer (Disbelief, Zombie Inc.) et de labels (de Napalm, ils passent à SPV/Steamhammer), et les troubles familiaux de Lanvall. Ce n’est que fin 2012 que les compositions commencent à prendre forme et que le groupe se met définitivement au boulot pour la sortie de « The Bonding » auquel il espère donner une orientation résolument plus symphonique. Pour cela, ils font appel à un véritable orchestre symphonique (le Klangvereinigung Orchestra de Vienne). On peut dire que cet opus est sans doute le plus ambitieux de la carrière d’Edenbridge, d’autant plus que Sabine a peaufiné sa voix pour la rendre plus chaleureuse. Mais cela ne fait pas tout.

Hormis la présence de l’orchestre, qui apporte un plus aux compositions, on ne peut pas dire que les Autrichiens ont pris énormément de risque. On reconnait bien leur identité mais le schéma reste sensiblement identique aux albums précédents : on retrouve la base heayv, les mêmes types de mélodies et de riffs, les chœurs, de soli atmosphériques, des refrains qu’on aurait pu inter-changer sans problème avec ceux de « My earth dream » ou de « Solitaire ». C’est une impression de stagnation que l’on lors de l’écoute d’autant plus que « The Bonding » ne nous surprend pas, au final.

Mais Edenbridge a toujours su jouer là-dessus ; même s’il ne diversifie pas son propos, il sait proposer des titres efficaces dont les mélodies – même si elles sont prévisibles – restent en tête comme le dynamique « Mystic River » et son excellent riff d’accroche, l’atmosphérique et entêtant « The Invisible Force » et la tuerie sombre « Shadows of My Memory », avec quelques growls faits par le bassiste. Rien à dire là-dessus car au final on se laisse porter par cette patte typiquement edenbridgienne, ces mélodies, ce chant, ces claviers et ces orchestrations de qualité. Rien que ces trois morceaux valent le coup d’oreille.

A côté de ça, on a l’impression que sur cet album, Edenbridge a mis le paquet sur les titres mous et les ballades, prouvant dans le même temps qu’il ne se mouille pas et que sa créativité a des limites, comme le mielleux « Star-Crossed Dreamer », ou les deux côte à côte « Into a Sea of Souls » et « Far Out of Reach ». Quelle idée d’avoir mis ces titres à la suite, ça casse totalement le rythme, entre « The Invisible Force » et « Shadows of My Memory »…

Heureusement que le final est un final digne de ce nom, « The Bonding », l’éponyme, met beaucoup plus en avant les orchestrations (qui prennent la même teinte que celles de l’éponyme « My Earth Dream »…). Un côté sombre, parfois épique et aussi théâtral, couplets par Sabine et refrains par Erik Martensson (WET, Eclipse) entrecoupés de parties plus speedes ou plus lentes, de touches grandiloquentes et de chœurs en latin. La première partie fait mouche, la seconde un peu moins, malgré l’interlude effectué avec un instrument à corde au ton asiatique (sorte de harpe ?), la faute à une conclusion cul-cul, de nouveau.

Pas sûr qu’Edenbridge, avec « The Bonding », arrivera à montrer aux Nightwish et consorts qu’ils ont du souci à se faire, car ce qui leur faut avant tout, c’est montrer qu’ils peuvent évoluer et diversifier leur compos, ce qui n’est pas encore le cas, malgré ces quinze années d’activité. L’intégration d’un véritable orchestre montre qu’un pas en avant a été fait mais ce n’est pas sur lui que devrait se reposer les Autrichiens. Il leur manque juste cette touche magique qui fait la différence et qui leur évitera de ne proposer que des albums assez bons ou bons.

 

Ultimate Soldier – Cage

Ξ mai 26th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Non classé |

Créé en 2009 sous le nom de Futuresoldier et renommé un an plus tard en Ultimate Soldier après la sortie d’une version appelée « Hypnotize (Ultimate Version), Ultimate Soldier est un projet électro russe originaire de Moscou. Encouragé par le label d’indus Artificial Sun, le one man band s’évertue à nous concocter une musique assez barrée menée par les beats et les touches électroniques omniprésentes. « Cage » est un maxi cd qui sort en 2013 après de nombreuses sorties internet telles que « Damage » ou « Fatal Combat ».

C’est le morceau « Cage » qui est à l’honneur tout le long de ce CD, de la version originale aux reprises de Type V Blood, de Sexgun ou même de SiK. On se retrouve alors avec de l’electro/indus hautement influencé par des grands noms tels que Novakill, Cyborg ou NUMB, à savoir quelque chose pas loin de l’EBM où se côtoient les ambiances mécanisées et les bidouilles synthétiques. « Cage » est un morceau loin d’être boum boum mais porté par un rythme mid tempo et un refrain « feel the rage » et quelques paroles en français sans doute tirées d’un film (dont le hilarant « t’oserais pas tirer sur une dame, peau de couille »…il fallait le faire).

Les versions de Type V Blood sont fidèles à elles-mêmes, plus cybernétiques et plus riches, voire même plus complètes que l’originale. Mais certains autres titres valent tout de même le détour comme « You Can’t Stop Progress » ou « Under Control », très électroniques et possédés par des machines. Le rythme nous porte ainsi que les voix, même si quelques passages restent kitch et influencé par les musiques des films cyber punk des 80-90’s. Même si c’est pas formidable, c’est plutôt sympathique et adapté pour animer une soirée électro-indus.

 

Seeds Of Iblis : The Black Quran

Ξ mai 24th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Seeds Of Iblis : The Black QuranEn Irak, il ne fait pas bon aimer le metal. Et encore moins lorsqu’il s’agit de metal anti-islam ! Pourtant, les membres de Seeds Of Iblis prennent le risque de combiner le tout au sein d’un black metal furieux et ambiancé. Formé en 2011, ils jouissent déjà d’une bonne réputation dans le milieu underground, avec suffisamment de soutient pour faire envoyer leur metal noir à travers le monde, malgré cette épée de damoclès au-dessus de la tête. Car en Irak, tout adorateur de metal et tout détracteur de l’Islam est passible de la peine de mort…

2013 est l’année de Seeds Of Iblis. Deux ans après un premier EP correct sortent deux galettes : un EP signé chez les Finlandais d’Hammer of Hate Records et un album signé chez les Américains d’Unmerciful Death Productions. Il faut dire qu’ils ont attiré l’attention et qu’ils arrivent à s’exporter à l’étranger, contrairement à d’autres groupes irakiens voire moyen-orientaux. Aller, voyons donc ce que donne l’EP « The Black Quran ».

En français, « quran » n’est autre que le Coran. Avec cet EP, Seeds Of Iblis prend un malin plaisir à transformer le livre sacré de l’Islam en un livre sombre et destructeur, moteur des guerres et des différentes dictatures. Le livret nous annonce la couleur, dénonçant les atrocités de la guerre et l’implication de jeunes enfants, montrant des paroles sacrées couvertes de sang ou un Ben Laden au milieu de paroles fortes de sens. La musique est tout autant représentative. « The Black Quran », c’est un seul titre long de prêt de vingt minutes. Ving minutes de rage et de noirceur au sein d’un black metal inspiré par la scène scandinave (Dark Funeral, Mayhem, Emperor) et entrecoupé de différentes parties.

C’est avec des versets tirés du Coran que commence « The Black Quran » avant de nous propulser dans la tourmente et la noirceur à coups de riffs, de cris possédés et de blasts. Du fait de la thématique principale et de la position géographique du groupe, on ne sera pas étonnés de retrouver des touches orientales dans les riffs, les claviers (juste des nappes, rien de grandiloquent) ou même les ambiances. Certaines paroles sont aussi chantées en arabe et on peut aussi entendre certaines narrations dans la même langue. La production correcte du son permet de relever les atmosphères sombres. Ce qui peut gêner, sur le coup, c’est la répétition du premier passage du morceau, comme un refrain. Les seules variations résident dans des « couplets » tous différents les uns les autres. Voix bizarres, rires malsains, crépitements de flammes, instruments traditionnels, chœurs…tous marqués par cette aura noire et tourmentée.

On s’arrêtera là, vu qu’il s’agit d’un seul et même morceau. Mais ce dernier vaut quand même le coup d’oreille tant il représente ce qui se fait de mieux en matière de black oriental. Seeds Of Ibilis a de quoi ravir ceux qui aiment le métissage entre black scandinave et touches arabisantes.

 

Ecnephias : Necrogod

Ξ mai 19th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal, Oriental Metal |

Ecnephias : NecrogodC’est grâce au succès de l’oriental metal et d’albums internationaux basés sur la mythologie égyptienne (Nile, pour ne citer que lui) que les projets aux consonances arabisantes se font de plus en plus nombreux. Beaucoup essaient d’adhérer à cette tendance, pensant qu’ils pourront sortir des sentiers battus, mettre au point quelque chose qu’ils ont toujours eu envie de faire ou éventuellement attirer les foules. C’est la voie qu’a choisi d’emprunter les Italiens d’Ecnephias, responsable de la sortie du bon « Inferno » en 2011. Officiant dans un dark/death, ils se dirigent cette fois-ci vers quelque chose de plus mélodique, soutenu par des ambiances orientales et gothiques. Ils laissent de côté les paroles en italien pour se concentrer sur quelque chose de cent pour cent anglais, un comble pour un concept basé sur les anciennes civilisations (!) et signent de nouveau chez Code666 alors que Scarlet Records avait repris le flambeau.

De prime abord, « Necrogod » jouit d’un son impeccable grâce au mastering de Dan Swano aux Unisound Studios. On retrouve même Sakis, le guitariste de Rotting Christ, sur plusieurs morceaux. Ecnephias a donc réussi à s’entourer de musiciens qui n’ont désormais plus rien à prouver. Lui, par contre, a encore un bout de chemin à faire. Car le côté trop clean et trop synthétique du son ne colle pas vraiment à l’ambiance qu’il essaie de faire ressortir tout le long de son album. Alors qu’on s’attend à la fois à quelque chose de sombre, de chaleureux et d’authentique, on se retrouve plutôt avec un ensemble trop lisse et trop froid, malgré la prédominance d’éléments folkloriques orientaux comme l’introduction « Syrian Desert » par exemple. C’est alléchant mais on finit vite déçu par le manque de profondeur des morceaux et l’aspect trop lisse, trop facile. « The Temple of Baal Seth » représente bien ce vide avec un growl et des riffs qui manquent de présence. C’est la mélodie principale qui domine ainsi que le piano.

Si « Kukulkan » commence bien, avec sa petite touche orientale, la suite est beaucoup plus fade et manque d’accroche. On trouvera par contre notre bonheur sur l’éponyme « Necrogod », à la Septic Flesh, plus dynamique et incantatoire. Les orchestrations se mêlent délicieusement aux guitares tandis que le chant implore la venue d’Osiris, sans oublier les mélodies arabisantes, transportant l’auditeur dans l’Egypte Ancienne. Ce titre marque réellement le début du concept, basé sur les dieux de la mort, puisque nous retrouvons des chansons consacrées à Ishtar la déesse babylonienne de la guerre, à Anubis le dieu funéraire égyptien, à Kali la déesse hindouiste de la destruction, et au Leviathan le monstre phénicien du chaos. Encore une fois, l’enthousiaste fait place à la déception, car pour des dieux de la mort, les titres ne sont pas destructeurs bien au contraire. Il manque cruellement de punch et de noirceur. Entre un « Ishtar » sur lequel Mancan, le chanteur, s’évertue à imiter Peter Steele (Type O Negative) afin d’instaurer une touche gothique, ou un « Kali Ma » ponctué de moments calmes, il y a de quoi se poser des questions. Toutefois, « Anubis » et « Leviathan », sans être véritablement rageurs, ont une ambiance et un dynamisme qui leur correspondent, le premier avec ses relents égyptiens, ses chœurs et ses parties plus tranchantes, le second avec son growl mis en avant ainsi que la puissance des claviers et le côté incisif des riffs. On regrettera vraiment les incursions au chant clair qui, même s’il fonctionne comme une invocation, nous coupe dans notre élan.

L’idée est sympa mais la mayonnaise ne prend pas et on a du mal à accrocher à ces dix morceaux, la faute à une production et à un manque flagrant de dynamisme. Pour faire rapide, la moitié des titres sont à prendre, les autres à laisser. La fadeur des mélodies et le manque de punch auront eu raison d’Ecnephias. Dommage.

 

Anima Sementis : Interitum

Ξ mai 18th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Anima Sementis : InteritumLes Allemands d’Anima Sementis fêtent leur septième année d’activité et sortent leur premier EP « Interitum » après une démo en 2006 et un premier album en 2008. Ils semblent prendre leur temps dans les compositions puisque nous n’avions plus de nouvelles depuis prêt de cinq ans. Cet EP est le moyen de faire patienter les fans tout en prouvant qu’ils sont toujours là et qu’ils n’ont pas cessé leur activité. Toutefois, trois titres c’est bien court et ils ont intérêt à montrer qu’ils sont bien en forme et en passe de nous sortir un second full length digne de ce nom s’ils veulent ne pas tomber dans l’oubli.

Le quintet originaire d’Erlangen s’est donc rendu aux Ghost City Recordings pour l’enregistrement de cet EP trois titres. Il continue de qualifier sa musique d’ « apocalyptic black/death metal », une appellation assez forte mais légitime s’il veut attirer les amateurs du genre. A l’écoute du méfait en question, on se rend vite compte que le côté apocalyptique désigne surtout les orchestrations, qui ont une place dominante et une couleur plutôt sombre et épique. Ces Allemands font en effet dans le black/death symphonique. Sont-ils courageux ou inconscients ? La scène est tellement saturée dans le genre que tout nouvel album est attendu au tournant. Serait-ce une énième copie de copie ? Ou quelque chose de plus singulier ?

Il faut dire qu’Anima Sementis a le mérite de se diriger vers une zone peu exploitée du black/death symphonique. Si le concept égyptien peut rappeler Nile (et la pochette “Powerslave” d’Iron Maiden), il n’est pas très fréquent dans le style qui nous intéresse. Aux premiers abords, on peut penser que le groupe arrive à sortir des sentiers battus et à s’échapper de toutes ces influences dimmu borgiennes ou lovecraftiennes. Mais au fil des écoutes, on se rend compte que sa musique sonne plus comme un mélange d’Aeternam, de Mortuorial Eclipse (et accessoirement de Septic Flesh), à savoir un cocktail explosif de riffs lourds et de growl death metal, d’ambiances sombres et de cris black, et de consonances arabisantes (riffs, soli, claviers). L’auditeur se situe dans une Egypte à la fois ancienne et moderne, dévastée par le soleil et les flammes d’Amon Ra. Et le rendu est plutôt bien fichu.

Metalliquement parlant, on ne ressent rien de très apocalyptique, ni dans les riffs qui tendent à être en retrait, ni dans les vocaux qui bien qu’en alternance, restent assez conventionnels. De plus, on ne peut pas dire que le black/Death d’Anima Sementis est très brutal ni très ravageur. Mais il faut avouer qu’il y a un travail très réussi dans la relation entre guitares, vocaux et orchestrations. Même si chaque élément ne jouit pas du même mixage, on sent que rien n’a été fait au hasard et qu’il n’y a pas de sensations de remplissage, entre l’épique « World Dominion Collapse » ou le sombre « Masquerade of Grace » porté par des chœurs. Les claviers apportent une force et une efficacité certaines et ne sont pas là que pour faire joli. On regrettera alors le manque de puissance de la batterie et des guitares, qui auraient permis aux ambiances d’être mieux relevées. Un petit tranchant supplémentaire aurait rendu le tout plus jouissif.

Ce « Interitum » tient la route malgré tout et l’auditeur amateur du genre n’a pas le temps de s’ennuyer. Toutefois, il y a encore certaines choses à consolider si Anima Sementis veut durer dans le temps. On espère alors que le futur second album montrera un groupe fermement prêt à se diriger vers la cour des grands, avec un équilibre parfait entre tous les éléments de sa musique. Wait & see.

 

Dark Phantom : Beta

Ξ mai 14th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Thrash Metal |

Dark Phantom : BetaDark Phantom est le tout premier groupe de rock/metal de la province de Kirkouk, une partie de l’Irak dont l’histoire et la richesse remontent à la Mésopotamie. Lors de sa formation en 2007, le quintet désire réaliser ses rêves car pour lui, la musique est synonyme de vie. Il souhaite aussi officier dans un style de metal caractéristique de l’occident : le thrash metal, à l’instar de ses acolytes d’Acrassicauda, désormais aux Etats-Unis.

Toutefois, en 2007, la situation en Irak est très mauvaise, et il est impossible pour Dark Phantom de progresser. Pour sa survie, il se met en hibernation pendant un an, avant de reprendre ses activités en cachette : car se faire prendre en jouant cette musique, c’est risqué sa vie. Malgré l’oppression et les dangers, le groupe parvient à composer des morceaux, à survivre aux critiques acerbes et aux menaces, et même à faire un petit concert en 2010, en plein Kirkouk. Contre toute attente et malgré les lois anti metal, il arrive à jouer normalement, entouré d’une foule on ne peut plus adepte. Au vu du succès, Dark Phantom prend confiance en lui, se débrouille pour enregistrer son EP en 2012 et à le faire signer chez le label Suédois underground Salute Records.

Une belle prouesse pour ces Irakiens qui arrivent petit à petit à réaliser leur rêve. Voyons maintenant ce que nous réserve cette galette mise au monde par le courage et la persévérance. Dark Phantom officie principalement dans un thrash metal typiquement américain quelque part entre Metallica, Anthrax ou Slayer. Rien d’original pour le coup mais ce qui fait la différence chez Dark Phantom, c’est ce côté crade dans le son (vu les conditions, il ne faut pas s’attendre à du gros son), à cette voix hors du commun, dont le timbre apporte un petit plus mais dont les manières rappellent James Hetfield (« Treason »), et aussi à cette empreinte mélancolique et sombre mettant en avant les soucis récurrents en Irak.

Deux titres bien thrash metal remplissent cet EP à savoir « Treason » et « Stifle Me ». Les riffs de guitare manquent de profondeur mais ont leur touche thrash bien caractéristique, avec parfois ce côté saccadé, pendant que le chant d’Ehsan se voit accompagné de voix scandées. Ca bouge bien, c’est dynamique et catchy malgré le côté amateur. On n’oubliera toutefois pas de mentionner le côté oriental dans le solo de « Treason » rappelant Acrassicauda et bien d’autres. Si les groupes du Moyen-Orient tentent de s’expatrier en Occident, ils n’en oublient pas leurs origines pour autant et il est fréquent de retrouver cette petite patte dans certains riffs ou soli.

On retrouve aussi des ballades, comme le long « Ban on Me », mais aussi « Would You Be Here » au fort accent sombre et mélancolique, emmené par un piano et une voix expressifs, dont le message principal est l’espoir et la foi.

Même si de nombreux défauts sont présents, cet EP montre un groupe irakien à la fois rageur et sensible. Leur thrash ne manque pas de peps et leurs ballades ne nous laissent pas indifférents. C’est un grand encouragement qu’on leur donne, en espérant que leur situation s’améliorera.

 

Discreate (PHL) : Contingent Development of Inanimate Modification

Ξ mai 9th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Discreate (PHL) : Contingent Development of Inanimate ModificationLes Philippines et une bonne partie des pays d’Asie orientale aiment beaucoup tout ce qui touche à l’underground et un bon panel de groupes officie dans des styles extrêmes tels que le black, le death, ou encore le grind. Discreate ne déroge pas à la règle et comme la plupart de ses compatriotes, il s’exécute dans l’extrême depuis 2010, date de sa formation. Le quatuor s’est tout d’abord essayé à une démo avant de sortir son premier EP d’à peine dix minutes signé chez Viceral Vomit Records, puis Metallic Music.

Il s’agit d’un concentré de brutal death/grind tout ce qu’il y a de plus simple. La batterie martèle à n’en plus pouvoir tandis que les pig squeals de Miko Pareja nous entraînent le long des trois morceaux. A cause d’un son pas assez homogénéisé, les guitares sont plutôt en retraits et on peine à entendre leur subtilité. Ce sont bels et bien la batterie et les vocaux qui sont aux premières loges. Discreate nous offre peu de répit et les mélodies sont rares, sauf lorsque quelques soli font leur apparition, notamment sur le premier « Multiple Stabivounds ». En clair, c’est surtout la linéarité qui prime à travers ces dix minutes, la faute à une production ne laissant pas ressortir tous les instruments. On a presque l’impression de toujours écouter la même chose.

Rien d’extraordinaire avec ce « Contingent Developement of Inanimate Modifications ». Même s’il trouve sa place sur une scène underground bien remplie, il ne fera sans doute pas l’unanimité tant il manque de personnalité et de ce petit quelque chose qui lui permettrait de s’extraire de la masse.

 

Noein : Infection – Erasure – Replacement

Ξ mai 7th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Noein : Infection - Erasure - ReplacementA l’heure actuelle, lorsqu’on parle de cyber metal, on dit Russie ! Suisse ! Mais il fut une période où on aurait pu dire France ! Eh oui, souvenez-vous, il y a plusieurs années maintenant sortaient des albums assez représentatifs du genre, comme « Replika » de Division Alpha en 2003, « The Synthetic Light of Hope » d’Hypnosis, « Tesla » d’Herrschaft en 2008 ou « Evolution » de Techny Call X en 2009. Et depuis, pas de news de ces Frenchies, certains ayant splité, d’autres faisant une pause. Gros silence donc depuis un moment et il serait peut-être temps d’inverser la tendance.

Pendant que ces formations hibernent, d’autres émergent, comme les Bretons d’NKVD avec leur album révélateur « Degeneration » mais aussi les Normands de Noein avec leur EP prometteur « The Initiale Tale » en 2010. Des nouvelles figures qui peuvent être en passe de donner un autre visage au cyber français. Il faut dire que Noein est de retour cette année avec leur premier album « Infection – Erasure – Replacement ». Et quel nouveau visage…il se dégote le label Klonosphère, se dégote un logo plus pro, jouit d’une promotion monstre et d’un son en béton armé grâce au travail de Thibault Chaumont aux Deviant Lab Studios (Trepalium, Klone), ce qui permet quand même d’extraire le style de son carcan underground. Musicalement, Noein renforce son identité avec son cyber metalcore teinté d’éléments death, une tendance relativement peu exploité jusqu’à présent. On retrouve donc l’univers de « The Initiale Tale » mais un cran au-dessus, avec une nouvelle puissance de feu et un nouveau concept toujours aussi pessimiste et destructeur. La Corporation contrôle tout, de nouveaux humains sont en route et l’ultime but, à travers la résistance, est de les éradiquer.

C’est avec « I-E-R » que Noein met en route sa machine. Des samples froids et mécaniques nous embarquent dans un monde déshumanisé. La mélodie rappellerait même le thème de Terminator avant l’arrivée massive des guitares. Ici, le ton est donné. Les Rouennais font dans la violence sans non plus laisser de côté la part de mélodie. « Liars Dream » nous le montre bien avec ces riffs tranchants comme des rasoirs, cette batterie écrasante et les cris féroces de Jenny.

Le ton est clairement plus metalcore que sur le précédent EP. Couplé aux éléments cybernétiques et à cette violence crue qui domine, cela n’en est que beaucoup plus puissant. Les vocaux de Jenny sont maîtrisés et sacrément efficaces, même si beaucoup de plans restent linéaires, notamment dans l’articulation. Cela ne l’empêche toutefois de passer d’un chant à la Angela Gossow (Arch Enemy) à un chant beaucoup plus arraché et torturé, mettant en valeur le côté alambiqué et destructeur du concept. On retrouve aussi quelques légers plans clairs, mais très peu (« Will Live »), contrairement à l’EP qui jouait sur cette dualité, comme sur « Chrysalis ». Ici, on peut dire que Noein met l’accent sur la brutalité de sa musique, sans concessions et portée sans arrêt par une batterie tonitruante et des riffs crus et modernes au possible.

Comme tout bon groupe de cyber qui se respecte, Noein semble s’inspirer de Fear Factory. Cette influence est une des plus flagrantes, elle se ressent sur l’intégralité des morceaux, certains riffs, certaines tonalités, mais aussi certains passages atmosphériques et certains samples. Les trois instrumentaux interludes peuplant ce « IER » sont assez caractéristiques, que ce soit « Infection », « Erasure » ou « Replacement », mécaniques, cybernétiques, glaciaux mais aussi immersifs. L’imagination se met en route, il n’est pas difficile de comprendre ce qui se passe dans l’univers de Noein.

L’album possède de nombreuses qualités ainsi qu’un certain grain de folie et une réelle identité. Il souffre toutefois de sa longueur. On peine à atteindre les treize titres, non pas à cause de la violence, mais à cause de la linéarité. La plupart des morceaux suivent la même structure et il n’y a pas vraiment de chansons phares, ni de moments qui prennent aux tripes, si ce n’est « Nick of Time » qui joue beaucoup sur de nombreux éléments (samples, diversités des vocaux, alternances de passages posés et de passages agressifs).

« Infection – Erasure – Replacement » reste un album ultra efficace et survitaminé où les Frenchies n’hésitent pas à nous en envoyer en pleine poire, histoire que l’auditeur se croit pris au sein de cette guerre mécanique infernale. Pas de quartier pas de pitié, cette formation de cyber/metalcore ne tombe pas dans le piège de la facilité et des clichés (que ce soit du côté metalcore comme du côté cyber), même si la linéarité pointe rapidement le bout de son nez. Le cyber français va refaire des heureux, ça c’est sûr !

 

Type V Blood : Penta

Ξ mai 6th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Type V Blood : PentaType V Blood jouit d’une très bonne réputation en Russie, car il fait partie des nombreux combos russes dont le succès n’est plus à prouver. La musique industrielle a toujours été une de leurs valeurs sûres – si on oublie cette envie de tendre vers la danse – et il y a depuis des dizaines d’années un large panel de groupes permettant de varier les plaisirs. Type V Blood a un parcours très atypique puisque depuis sa formation en 1999, il ne s’arrête pas d’expérimenter et de passer par plusieurs styles. Des débuts teintés de black à quelque chose de plus death metal en passant par de l’électronique pur et dur et à un split-up de 4 ans entre 2004 et 2008, le duo a sorti un bon paquet de démos, d’albums et de compilation. Avec la sortie de l’album « Penta » chez Artificial Sun en juillet dernier, il se dirige vers un metal indus teinté d’éléments cyber et drum’n'bass.

Il s’agit plus ou moins d’un hybride électronique pas facile à cerner tant on retrouve plusieurs influences allant même de l’aggro jusqu’au gothic. Les titres de l’album sont résolument industriels, distillant des samples et des sonorités dans tous les sens. Pas de doute quant à l’envie du duo de dépasser les frontières de l’indus pur pour se tester à tous les sous-genres. Du coup il faut s’accrocher pour aimer ce pot pourri particulier. Le multi instrumentiste Smith n’hésite pas à tout nous envoyer en pleine poire sans non plus contrôler ses coups. « Wild Dirty » mise sur les rythmes et sur les cris de Star tandis que « 1000 Furious Gods » met en avant un aspect plus cybernétique et parfois pop. On ressent les débuts extrêmes du groupe dans les vocaux, qui lorsqu’ils ne sont pas clairs, tendent vers une sorte de growl saturé.

« Go Go Gothic » y va à coup d’expérimentation. Ca part dans tous les sens et les sons adoptent un petit côté jeu vidéo, à la manière d’un Grobyc. L’ensemble sonne tout de même plus electro goth, notamment lorsqu’apparaît le chant féminin de la guest Nataly Protasova. Le titre porte bien son nom. A contrario, « Rising » met en avant la puissance de frappe des machines vu qu’on a droit à toute la folie de la programmation. Les voix en deviennent même robotisées.

L’album souffre tout de même d’un gros décalage vu qu’on se retrouve tantôt avec des titres catchy et très intéressants dans leur forme, tantôt avec des titres plus linéaires et assez agaçants avec tous ces sons débordant de partout, comme s’il n’y avait aucune logique (« Dick », entres autres). D’un côté, Type V Blood ne semble pas vraiment suivre de logique tant on ressent leur délire dans la majeure partie des compositions. Mais il y a tout de même des morceaux qui se démarquent et qui semblent plus structurés que d’autres.

Je passerais sur la longue liste de remixes, une grande mode chez les Russes dans le monde de l’indus, à croire que les groupes du coin forment une grande famille et s’échangent leurs titres pour se faire une industrial party. Quoi qu’il en soit, cet album de Type V Blood confirme la réputation du duo dans les pays de l’Est dans le domaine de l’underground. Un opus difficile à appréhender et à ne pas mettre entre toutes les mains.

 

The Mars Chronicles : The Mars Chronicles

Ξ mai 3rd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Alternative |

The Mars Chronicles : The Mars ChroniclesDes groupes ovnis, on en a souvent vu. Sauf que là, les Frenchies de The Mars Chronicles sont littéralement des petits bonhommes…blancs. Ici point de vert ni de gris, le quatuor s’est forgé un look atypique à coup de yeux noirs et de poudre blanche. On les croirait tout droit venu de Mars, prêt à partager la bonne parole, ou plutôt la musique. The Mars Chronicles, c’est avant tout un projet né en 2012 de la réunion de Devy Diadema et de Sébastien Ollive du groupe de rock progressif d’Opram, du batteur Morgan Berthet (Myrath, Eths, Eyeless) et de Yann Morvant (Lag I Run), ces mecs aspirent à nous proposer un metal alternatif influencé par le prog, le groove et l’atmosphérique.

On pourrait croire que le quatuor propose une musique très originale et particulière, au vu du look et du mélange des influences. Eh bien pas du tout. On se retrouve, certes, avec un metal alternatif frais et gentillet, mais il n’y a rien de vraiment particulier au sein de leur premier EP éponyme. Bien sûr, ce n’est sans doute pas la vocation du groupe qui tente de créer un contraste entre l’agressivité des guitares et le côté atmosphérique et mélodique des vocaux. De ce côté-là c’est plutôt réussi, vu qu’il existe bel et bien un contraste. Sur certains passages toutefois. La musique, en générale, est plutôt éthérée, portée sur les mélodies et un certain côté planant. Peu d’accélérations ni de réelle agressivité avec cet opus, les plus bourrins pourront donc passer leur tour. Pour les autres, ils peuvent toujours tenter d’apprécier ce mélange subtil de douceur et d’atmosphère. Toutefois, comme sus-cité, pas la peine de rechercher une quelconque originalité, l’ensemble restant plutôt conventionnel.

« Constant Show » commence de façon plutôt basique avec une rythmique influencée par le modern metal. Rien de particulier non plus lorsqu’arrivent les vocaux mais au moins les guitares proposent de belles harmonies qui nous guident le long de ces quatre minutes vingt. « Redefined » et « One and Only » sont les titres les plus mous et les plus doux, basés principalement sur le chant et sa façon d’alterner les harmonies, de passer de l’aigu au grave et inversement. Pour être honnête, le fameux contraste ne se ressent absolument pas tant les guitares sont, elles-aussi, douces et gentillettes.

Il faudra attendre « Abyss » (qui porte bien son nom d’ailleurs) pour réellement rencontrer cette dualité. Le tranchant des guitares de l’introduction, par exemple, se retrouve coupé par un passage plus mélodique et éthéré avant que ne survienne un nouveau passage incisif et technique, avec un solo. On ressent les influences math, avec ce côté polyrythmique et saccadé. Le morceau entier montre bien les deux facettes de The Mars Chronicles, jouant autant avec les mélodies atmosphériques qu’avec l’agressivité. En cela, on aurait aimé retrouver plus de hargne dans les vocaux, qui gardent toujours le même ton et ne deviennent pas rageurs lors des moments les plus intenses.

Malgré tout, The Mars Chronicles part sur la bonne voix avec cet EP signé chez Send The Wood et mixé par Christian Carvin aux All Production Studios. Il ne lui manque plus qu’à s’améliorer pour renforcer son identité et nous proposer des morceaux dignes de ce nom sur le prochain full length. Le contraste mélodie / agressivité doit aussi être plus marquant afin d’immerger davantage l’auditeur dans son univers. Allez les Martiens, on vous attend au tournant !

 

Distorted World – Between the Strophes

Ξ mai 3rd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Dark Electro |

Side-project du clavériste d’Anthracitic Moths depuis 2010, Distorted World fait partie des projets dark electro russes les plus prometteurs. On le retrouve régulièrement en guest sur certains albums ou aussi dans des remixes comme récemment dans le « Tenebrae » de Soncesvit. Bref, il commence à avoir un certain succès, un succès réservé uniquement au studio malgré une apparence exceptionnelle dans un club de Moscou. Du coup, il n’a pas tardé à être repéré par un label, à savoir Artificial Sun, spécialisé dans l’indus en tous genres.

« Between the Strophes » est donc le premier album de Distorted World et il s’agit de dark electro avec des touches gothiques et parfois symphoniques. Le Russe tente de décrire des rites étranges ainsi que les parties les plus sombres et les plus mystérieuses du cerveau humain. En cela il n’est pas étonnant de retrouver un mélange de beats mais aussi de sonorités électro-pop couplées à une ambiance particulièrement sombre et mécanique. Distorted World mise sur le côté très industrialisé de sa musique en mettant au second plan les parties les plus technos. Il essaie de forcer l’auditeur à utiliser son imagination, si bien que cela fait mouche sur l’introduction mais aussi sur « Mysterious World », portant bien son nom. Les voix déshumanisées se mêlent habilement à cet ensemble mécanisé et sombre où la froideur des machines ne fait qu’un avec la distorsion de certains sons.

Les onze morceaux sont chantés en anglais à l’exception de « Hexentaz » qui se comporte de paroles écrites en allemand. Pas de russe étrangement sur cet opus, alors que les Russes tendent souvent à mettre en avant leur langue natale. Ici, Distorted World semble tenter d’exporter sa musique vers l’Europe et pourquoi pas l’Amérique, d’où cette ressemblance avec certains groupes occidentaux comme Arcana Obscura ou Skoyz. On peut aussi sentir une envie de plaire à une certaine branche de personnes, notamment ceux aimant les métissages comme sur « Dream » qui met en avant une atmosphère orientale avec ces sonorités typiques et ces chants féminins traditionnels. On essaie de nous faire rêver tout en nous embarquant dans un cauchemar, les sonorités froides et industriels de DW revenant toujours en avant.

Hormis quelques linéarités flagrantes sur certains titres, une envie de se tourner vers le progressif dans forcément y arriver,  et des remixes quasi inutiles (une mode aussi, chez les Russes), ce « Between the Strophes » est un bon album du genre, prometteur et encourageant. Il manque une certains profondeur pour que le tout soit totalement immersif mais il est clair qu’on a de quoi se mettre sous la dent avec ce premier jet.

 

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