Children Of Bodom : Halo of Blood

Ξ juin 21st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal, Thrash Metal |

Children Of Bodom : Halo of BloodIls en auront vécu des péripéties, les enfants de Bodom, entre des débuts très marqués par la mise en place d’un style atypique et quasi inclassable, quelque part entre metal mélodique, metal néo-classique et metal extrême, avec le trio « Something Wild », « Hatebreeder » et « Follow the Reaper » et une suite moins subtile et plus décevante – moins recherchée dira-t-on, avec le correct « Are You Dead Yet ? », le mauvais « Blooddrunk » et un album de reprises qui n’aura pas fait l’unanimité. « Relentless Reckless Forever » remontait un peu la barre mais souffrait de certaines longueurs, menant inéluctablement à la lassitude. Il fallait donc être rempli d’espoir pour croire au retour en grandes pompes des célèbres Finlandais.

Pourtant ce qui semblait presque impossible semble se réaliser avec l’arrivée du nouveau rejeton, deux ans après RRF. « Halo of Blood », moins attendu que jamais, renverse sans aucun doute la tendance. Avec sa pochette dans les tons de gris et blanc et sa faucheuse mélancolique sur un lac gelé, on nous emmène vers des contrées plus froides et hivernales, ce qui n’est pas sans rappeler l’ambiance d’ « Hatebreeder ». Pour le coup on peut dire que Children Of Bodom se détourne quelque peu de son orientation « moderne » pour se rapprocher de l’album vert. On ne parlera pas de retour aux sources pour autant vu que les Finlandais ne laissent pas de côtés les quelques riffs thrashy qu’ils avaient adopté durant leur évolution ainsi que ce côté trop propret. Mais la subtilité, les atmosphères prenantes, les soli inspirés et les influences diverses sont de retour avec une préférence pour la mélodie fine et non le côté rentre-dedans qui marquait davantage les opus précédents.

En cela, on ne sera pas étonné de retrouver des morceaux véloces typiques du quintet comme « Waste of Skin », « Bodom Blue Moon » ou l’excellent « Transference » où les riffs s’enchaînent ainsi que les soli du duo guitare/clavier. La rapidité fait partie de la marque de fabrique de Children Of Bodom mais ces derniers ne se contentent pas de se reposer sur leurs acquis. Au contraire, on n’aura pas, tout le long, droit à ce déluge ultra speed de riffs et de soli en tout genre puisqu’ils tentent d’apporter un peu plus d’innovation avec ce « Halo of Blood ». D’ailleurs, le titre éponyme le montre bien avec ce côté épique, ce tranchant et cette influence black flagrante : on croirait entendre du Dissection à la sauce Bodom. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est bel et bien le black metal mélodique la « star » de cet opus avec des morceaux bien plus marqués, renforçant cette atmosphère hivernale qui plane sur les dix chansons. « Dead Man’s Hand on You » est un autre exemple et montre une autre facette des Finlandais, qui savent aussi faire dans la douceur. Rien de très rapide, au contraire : c’est posé et très subtile, d’un côté la beauté des mélodies et le piano glacial, de l’autre l’incision des riffs et de la voix d’Alexi.

Il manque sans aucun doute la folie et la magie d’antan mais au moins, les Finlandais livrent un « Halo of Blood » qui remonte la pente et qui dépasse tout ce qu’ils ont pu sortir récemment. On retrouve plus d’efforts mais aussi une production signée Mikko Karmila, responsable d’ « Hatebreeder » ou « Follow the Reaper », une collaboration qui n’annonce que du bon. Même s’il ne s’agit pas d’un retour aux sources pur et dur, ce nouveau rejeton devrait certainement ravir les adorateurs d’ « Hatebreeder » et d’ « Hate Crew Deathroll ».

 

Compilations : Al-Mawtin Al-Aswad (Arabian Inheritance)

Ξ juin 19th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Compilations : Al-Mawtin Al-Aswad (Arabian Inheritance)En Occident, le black metal est plutôt bien ancré et on ne compte plus le nombre de groupes existants depuis plusieurs dizaines d’années. En Orient, par contre, c’est bien autre chose. L’Extrême Orient possède une scène assez diversifiée avec des groupes qui n’ont plus rien à prouver (Rudra,Impiety ou Chthonic, pour ne citer qu’eux). Mais le Moyen-Orient a encore quelques lacunes et il est difficile pour ceux qui ne connaissent pas ce coin de citer un groupe de black arabe. La faute au manque de distribution, d’exportation, mais aussi au tout petit nombre de formations, tiraillées par les conflits politico-religieux de leurs pays. Si le metal est très mal vu, le black metal l’est encore plus et certaines lois anti-metal circulent, incitant les musiciens à ne pas s’aventurer dans ce terrain miné. Les plus passionnés transgressent ces lois et composent dans l’ombre. C’est le cas de la majeure partie des groupes présents sur cette première compilation de black arabe. Si certains pays restent assez « tolérants » comme la Turquie, l’Egypte ou même la Tunisie, d’autres comme le Barhein, la Syrie ou l’Arabie Saoudite n’ont pas cette chance.

Avec cette compilation, « Al-Mawtin Al-Asward (Arabian Inheritance) », nous pouvons nous familiariser avec une scène très underground. Dix sept titres de black nous sont proposés pour dix sept voyages dans des univers différents. Un voyage aussi à travers les pays puisque nous allons au Maghreb, au Proche Orient et au Moyen-Orient, jusqu’à la Péninsule arabique. Tout commence avec le Syrien d’Eulen et son titre « Desolate House », alternant passages black épique et passages black ambient. On retrouve tantôt le rythme speed et les riffs mélodiques et entraînants de l’un, et le côté ambient, désolé et pesant de l’autre avec ses guitares trémolo. Un titre différent d’un « The Rising » d’Immortal Seth, par exemple, complètement cradingue avec cette mauvaise production et sa voix criarde mais emmenée par des mélodies orientales à la guitare.

Le point commun le plus flagrant entre tous les groupes est non seulement le black metal mais aussi cette empreinte orientale qui nous suit de bout en bout. Chaque formation arrive à nous offrir des ambiances et des mélodies arabisantes sans non plus en faire de trop. C’est ce qui fait leur identité mais c’est à la fois contradictoire avec leur envie de ressembler, musicalement parlant, à l’Occident. Mais on ne leur en voudra pas, l’intégration d’éléments chers à leur pays ne pouvant que satisfaire les Occidents en quête d’exotisme. En cela, on retrouve avec plaisir le black folk des Egyptiens d’Odious, un des premiers groupes du style, une sorte d’Orphaned Land de la période « Sahara » / « El Norra Alila » version raw black, ou le black symphonique oriental d’Al-Lat, comprenant des membres venus de Jordanie comme Azmo (qu’on peut aussi retrouver dans le groupe de doom/death Chalice Of Doom).

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y en a pour tous les goûts sur cette compilation, entre le black dépressif de Dark Philosophy, le black Thrashisant de Smouldering in Fogotten, le black mélodique des Libanais d’Hatecrowned, le black malsain et à claviers de Qafas sans oublier la grandiloquence du black symphonique de Zatreon ou l’efficacité du black/death symphonique à la Dimmu Borgir des Tunisiens de Raven Legacy. Cela représente bien la diversité de la scène arabe ainsi que la richesse culturelle, chaque pays ayant sa marque de fabrique. Dommage toutefois que certaines « pointures » n’ont pas été intégrées comme Black Omen (Turquie), Narjahanam (Bahrein) et Al-Namrood (Arabie Saoudite). On aurait alors eu la compilation parfaite.

On découvre avec plaisir des formations de tout horizon, des plus crades au mieux produites, du raw black au black/death en passant par le métissage symphonique ou mélodique. Ceux qui ne connaissent pas du tout le black arabe peuvent découvrir les titres sans hésiter tandis que ceux qui ont quelques notions peuvent enrichir leur connaissance sur la scène. Une très belle compilation.

 

Ungrace : Feed the Demons

Ξ juin 18th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Industrial Death Metal |

Ungrace : Feed the DemonsLe moins que l’on puisse dire, c’est que ces Ukrainiens ne chôment pas, entre la gestion d’Ungrace mais aussi des autres projets comme Blast-X ou Hell :On. Les points communs de ces formations résident non seulement dans la présence de certains membres mais aussi au niveau du style, à savoir le death metal. Toutefois, Ungrace s’est dirigé vers un death metal teinté de core et d’éléments industriels pour, on peut le dire, une sorte de deathcore industriel. Le quatuor laisse une place importante aux éléments purement death metal comme les riffs, les rythmiques mais aussi les growls, les influences allant de Nile à Behemoth pour ne citer qu’eux. Pour ce qui du core, les vocaux plus hurlés nous mettent sur la voie ainsi que certains breakdowns. Enfin, pour ce qui est l’indus, on est plus proche de Fear Factory qu’autre chose.

Sur leur nouveau méfait, « Feed the Demons », paru trois ans après leur premier album « Hostile Revival », Ungrace propose treize morceaux bien huilés et tranchants. Signé chez le leader ukrainien Metal Scrap, ils peaufinent leur production et cela se ressent sur le titre introducteur, « …Will Kill You », au son dense et aux riffs écrasants. Une sorte de deathcore moderne avec son panel de riffs calculés et maîtrisés. On sent que le quatuor a pris de la bouteille depuis l’inégal « Hostile Revival », idem pour un « Horizons Behind » dans la même veine, qui alterne les types de chant. Sans oublier un « S.L.F » très ravageur, parfois très technique niveau grattes et batterie.

On sent aussi que le groupe ne sait pas trop où se situer, entre des titres à la Nile comme « Scarifice » ou « Bleeding Thoughts », bourrins et aux ambiances égyptiennes, des titres plus indus comme « Glamour & Pathos » ou « No[w] More Hate », pas loin du cyber, ou des titres plus proches de Strapping Young Lad/Devin Townsend comme « All My Demons » ou « Sick Passion » (notamment les cris et certains riffs). Malgré toutes ces influences, l’ensemble montre une base bien deathcore et on peut dire que malgré les diverses escapades vers des styles différents, il s’agit du point de repère.

« Feed the Demons » reste un album bien ficelé et agressif à souhait mais Ungrace doit maintenant trouver sa vraie identité et s’extirper de ses influences, encore bien trop présentes. Voici tout de même une galette encourageante pour un petit groupe des pays de l’Est. Une chose est sûre : cette partie du globe à un sacré potentiel !

 

Orphaned Land : All Is One

Ξ juin 13th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

Orphaned Land : All Is OneDepuis longtemps maintenant, Orphaned Land apparaît comme la figure emblématique de l’oriental metal de par son statut de pionnier au tout début des années 90 mais aussi de par son engagement mondial pour la paix dans le monde et l’unification des cultures et des religions. C’est un fait, les Israéliens font partie des rares groupes à rassembler lors de leurs concerts autant de chrétiens, de juifs et de musulmans sans un seul conflit, chacun d’eux étant enivré par un message universel de fraternité et d’égalité. Il faut dire que les albums du quintet sont explicites, de « Sahara » à « El Norra Alila » en passant par « Mabool » sans oublier le petit dernier « The Never-Ending Way of OrWarrior » mettant bien en valeur la patte d’Orphaned Land, à savoir un death prog alambiqué très oriental et chaleureux. Et puis il y a eu une tournée mondiale, une première tournée européenne d’oriental metal aux côtés des Tunisiens de Myrath et des Franco-Algériens d’Arkan (suivant de prêt les pas de leurs amis Israéliens) ainsi que la sortie de la toute première compilation d’oriental metal par Century Media (inspirée par Kobi Farhi lui-même), l’album solo du guitariste Yossi Sassi, une influence certaine auprès d’autres groupes d’oriental metal comme AIM Project ou Sand Aura, l’obtention d’un prix de la paix en Turquie et la nomination au très prestigieux prix Nobel de la Paix…bref, Orphaned Land est partout.

Pour le coup, après la sortie de l’excellent « Or Warrior » (qu’on abrège pour les besoins de la chronique), l’on pensait clairement devoir attendre six ou huit ans avant de retrouver un nouvel album, comme à l’accoutumer. Il faut dire qu’entre « El Norra Alila » et « Mabool », l’attente aura été de huit ans et qu’entre « Mabool » et « Or Warrior », elle aura été de six ans. En vingt ans d’existence, les Israéliens n’avaient sorti que quatre album et au vu de leurs nouvelles occupations, il était normal de ne pas s’attendre à un miracle. Sauf que…ils annoncent moins de deux ans après « Or Warrior » l’arrivée du nouveau rejeton. On est contents et sceptiques à la fois. Est-ce réellement bénéfique ? La musique s’en retrouvera-t-elle changée ? On savait déjà que le virage vers l’oriental pur et dur était inéluctable, au vu de la prédominance d’instruments traditionnels et de mélodies typiques dans « Or Warrior ». On peut alors deviner un tournant vers le commercial de chez commercial.

Eh bien, pour être commercial, ce petit nouveau, « All Is One », l’est assurément. La durée des titres a diminué : finis les longs morceaux de huit minutes et les structures alambiquées. Orphaned Land va ici droit au but avec une durée moyenne de quatre/cinq minutes et des structures plus simples, moins complexes. Les éléments death metal ont disparu : finis les growls et les riffs lourds, on privilégie le chant clair, les choeurs et les riffs plus doux. Finis aussi les titres costauds, on se retrouve avec plus de ballades (« Brother », par exemple). Enfin, on a des éléments orientaux à la pelle. En veux-tu ? En voilà ! Soli, chants et instruments traditionnels, orchestre (choristes, violons et violoncelles) etc…on en a plein les oreilles. On ne pourra pas dire que ce n’est pas commercial du tout mais on ne leur en voudra pas, car le message est très clair : « People should be judged by their hearts and inner sincerity, not their religious beliefs ».

Après le départ du deuxième guitariste Matti Svatitzski, un des membres fondateurs, pour raisons personnelles, c’est le jeune Chen Balbus qui le remplace, un des élèves de Yossi Sassi. L’album n’est cette fois-ci pas produit par Steven Wilson (Porcupine Tree) mais par le groupe lui-même, mixé par Jens Bogren (Devin Townsend, Bilocate, Opeth…) et enregistré dans trois pays différents : Israël, Turquie (seul pays musulman dans lequel Orphaned Land a le droit de jouer) et Suède histoire d’enfoncer le clou : trois pays, trois religions différentes. La pochette mêle habilement les symboles des religions chrétiennes, juives et musulmanes. Et les paroles sont parsemées de termes en latin, en hébreu et en arabe. Jamais Orphaned Land n’aura été explicite quant au message.

« All Is One » s’ouvre à la manière d’ « Or Warrior » avec un éponyme proche de « Sapari » dans la forme, à savoir un titre rythmé et un hymne à la fraternité. Les chœurs, les violons, les guitares orientales et le chant clair de Kobi sont à l’honneur sans oublier les soli de Yossi. C’est très dynamique et catchy mais la batterie est d’une linéarité, quel dommage ! Matan n’aura jamais été aussi peu inspiré. Heureusement il s’améliore sur « The Simple Man », un titre qui maintient le rythme et nous propose des structures bien orientales : les violons s’envolent, les guitares mènent la danse avec les chœurs…mais le final est totalement identique à celui de « Like Fire to Water » sur « El Norra Alila »…

Disons que, metalliquement parlant, on ne peut pas dire qu’Orphaned Land se soit réellement cassé la tête. Ca reste simple au possible, les riffs alambiqués de Yossi nous manquent ainsi que la batterie inventive de Matan, que ce soit sur « Through Fire and Water » avec du chant féminin (Mira Awad et non Shlomit Levy) et une structure de batterie identique à celle de « All Is One », ou « Shama’im ». Les riffs et les beats sont très pauvres, seul le chant très lumineux et chaleureux de Kobi, les orchestrations grandiloquentes et les instruments traditionnels sauvent la donne. On peut même dire que ce sont ces éléments qui prennent toute la place. Les mélodies, en tout cas, restent très belles, il n’y a rien à dire. On est bercés par les chœurs, les paroles en hébreu ou en arabe, les violons très dépaysant ou l’ultra sensibilité de « Let the Thruce Be Known », qui peut être vu comme le titre phare de l’album tant il est touchant.

Quelques titres restent tout de même plus créatifs comme « Freedom », qui aurait pu figurer sur l’album solo de Yossi car il s’agit d’un instrumental mené par les guitares et quelques éléments orientaux (sitars, percussions, orchestres), ou « Fail », un des titres les plus longs et les plus sombres. La narration est toutefois bien trop longue mais elle laisse place à un titre à cheval entre « Mabool » et « Or Warrior », à savoir plus complexe, moins facile d’accès et plus melo death, avec tout de même du growl et des parties claires très belles. « Our Own Messiah » est aussi efficace avec son alternance de parties plus calmes et de parties plus rapides. On n’atteint toutefois pas ce qui avait été fait avec « Mabool ».

Un gros travail a été fait sur les parties orientales, il est clair qu’aucun groupe n’en aura autant apporté, pas même Orphaned Land dans le passé. Ils se sont surpassés. Par contre, l’overdose n’est jamais très loin car trop d’oriental tue l’oriental. Il ne faudrait pas que les Israéliens dépassent les limites du supportable sur leurs prochaines productions. Ca reste malgré tout agréable si tant est qu’on apprécie toutes ces mélodies arabisantes.

« All Is One » (qu’on peut aussi détourner en « One Is All ») n’est pas le bijou que l’on aurait pu attendre mais il risque de marquer l’histoire de l’oriental metal au fer rouge tant il est riche au niveau des éléments folkloriques et symphoniques. Le message véhiculé est de plus très louable et montre très clairement l’engagement de ces Israéliens. Pour ce qui est des parties metal, on sent un certain relâchement : moins de rage et plus de douceur, moins de complexité et plus de simplicité. C’est sûr que c’est plus « in your face » mais il manque les éléments qui faisaient la personnalité d’Orphaned Land : le prog, l’agressivité, la technique et la richesse des riffs.

 

Depressive Winter : Nihilum Bellus

Ξ juin 11th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Black Metal |

Depressive Winter : Nihilum BellusDepressive Winter…avec un nom pareil on aurait pu s’attendre à voir un groupe de black dépressif russe comme on en voit beaucoup et bien pas du tout. Depressive Winter, c’est un combo français de black mélodique épique formé en 2003 et peu actif, il faut le reconnaître, dix ans d’existence et seulement deux CDs, dont le premier n’est sorti qu’en 2006. Le second, « Nihilum Bellus » voit le jour cinq plus tard avant de se dégoter une signature chez les Russes d’Haarbn Productions, assez friands de ce style. Depressive Winter prend son temps et privilégie la qualité et non la quantité et cela se ressent assez bien sur ce CD.

Peu d’infos circulent sur le groupe alors on va faire assez court : le duo français mené par Profane nous pond huit titres black metal de qualité. Un son impeccable, des atmosphères relevées et des riffs qui tiennent la route, parfois thrashy, parfois plus heavy, mais surtout très épiques, comme en témoigne « Voices » qui rappelle des formations comme Dissection ou Bathory. Cela tranche avec l’introduction instrumentale avec ces boom en échos qui viennent et reviennent à intervalle régulier ainsi que ses riffs qui annoncent la couleur : celle de « Voices ».

Un autre instrumental nous emmène dans des contrées très sombres, tristes et froides, c’est bien « Despair » et ces trois minutes de guitares trémolo. Rien à voir avec les deux pièces maîtresses qui arrivent ensuite, à savoir « Abyss » et « Post Mortem Celebration », des morceaux très longs, souffrant d’une certaine linéarité toutefois. Sans oublier la très chouette reprise « Canticle » de Morgion où les claviers atmosphériques vont de pair avec les guitares.

« Nihilum Bellus » est un album plutôt sympa pour les amateurs de black mélodique et épique, tendant parfois vers le thrash, même s’il n’y a rien d’extraordinaire. On peut toutefois avouer que Depressive Winter a fait du bon travail en cinq ans et qu’on attend la suite.

 

Hybrid (ESP) : Angst

Ξ juin 9th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Experimental, Math Metal |

Hybrid (ESP) : AngstHybrid est né en 2004 de la rencontre de musiciens chevronnés provenant de groupes assez réputés tels que Wormed, Fragments ou Another Kind Of Death. Leur but est de proposer un metal bien différent de leurs formations d’origines, quelque chose de plus expérimental et torturé. C’est ainsi que sort le premier EP, « Beyond Undeniable Entropy » en 2006 puis le très apprécié opus « The 8th Plague » en 2008. C’est après de nombreux concerts auprès de Napalm Death, Tool ou Textures qu’Hybrid s’envole au Portugal aux Ultrasound Studios de Daniel Cardoso (Anathema) avant d’obtenir un mastering d’Alan Douches (Converge, Mastodon) et une signature chez Deepsend Records (Gorguts, Ulcerate). Tout cela a l’air alléchant mais que vaut donc cet album ?

Sur ce nouvel opus, Hybrid base sa thématique sur l’angoisse et la peur (Angst). La musique la retranscrit très bien. Les Espagnols nous proposent un son très organique mettant en avant un ensemble tout expérimental que technique. On nous transporte dans les moments les plus sombres de l’homme à coups de riffs distordus et de structures alambiqués. Les styles se mélangent, on passe facilement du death au math en passant par des tonalités djent, des touches prog, hardcore et moderne. Le metal d’Hybrid est comme une sorte de pot-pourri de styles auxquels on aurait gardé les éléments les plus tordus et malsains. On retrouve de la lourdeur, un peu de polyrythmie, beaucoup de passages complexes, un brin de folie, du growl et des cris. Bref, ce « Angst » s’annonce dès le départ comme un album dérangé et dérangeant.

Le morceau d’ouverture « Flesh Fusion Treshold » en est la preuve. La technique et les expérimentations sont légions et on découvre un assemblage de passages calmes, agressifs ou complètement maladifs. Sans oublier quelques incursions jazzy. Il faut dire qu’Hybrid touche un peu à tout et ne se contente pas que de metal. « Collapse to None » par exemple intègre un peu de clarinette avant de laisser place aux cris perturbés d’Albano. « Self-Implosion » propose du didgeridoo sur un morceau complètement déjanté où les types de voix et de riffs se mélangent.

« Cuando el Destino Nos Alcance » est le seul qui propose un peu de lumière dans cet ensemble distordu. C’est aussi le seul titre instrumental. C’est plus posé malgré des guitares complexes et on retrouve quelques moments à la clarinette à la Aenaon mais sans l’aspect black metal. Cet aspect se fait légèrement ressentir sur « Doomed to Failure » (riffs et voix) avant de nous replonger dans un océan de tourmente et une seconde partie étonnante menée par du sitar, du clavier, quelques notes perturbantes de piano et des murmures en espagnol.

Hybrid livre un « Angst » de très bonne facture où les sentiments les plus sombres dominent. Son metal expérimental véhicule continuellement l’anxiété et nous prend aux tripes tout le long de sept morceaux très travaillés et vivants. On n’en sort pas indemne, si tant est qu’on aime le style…chapeau.

 

Kalmah : Seventh Swamphony

Ξ juin 5th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Blackened Death Metal, Symphonic Blackened Death Metal |

Kalmah : Seventh SwamphonyKalmah nous avait quittés trois ans plus tôt avec un « 12 Gauge » de très bonne facture annonçant une direction beaucoup plus death et un apport plus conséquent de touches symphoniques. Depuis plus de dix ans, les Finlandais nous habituent à des albums de très bonne qualité loin de la niaiserie de la majeure partie des sorties melo death actuelles. Fiers de ses compositions envoûtantes aux mélodies agressives et à la force indéniable, ils ne semblent pas affaiblis depuis tant d’années et il est maintenant temps de voir ce que donne le nouveau rejeton, « Seventh Swamphony », montrant à nouveau un Kalmah baignant dans ce qu’il appelle le « swamp metal ».

Tout d’abord, le groupe a accueilli un nouveau claviériste dans ses rangs, Veli-Matti Kananen, et il faut dire que ce nouveau membre apporte quelque chose de frais à la musique. Les claviers ont beau être moins grandiloquents que sur « 12 Gauge », ils n’en restent pas moins prédominants et entraînants, guidés par le rythme dynamique et les guitares véloces et énervées des frères Kokko. Car Kalmah n’a pas perdu son panache, enchaînant les mélodies et les moments forts avec brio tandis que le chanteur adopte davantage le chant black typé « They Will Return » que le growl entendu sur les opus précédents. Les trois premiers titres mettent littéralement dans le bain avec une énergie incroyable, des riffs mélo death dénués de tout artifice et des duos de solo claviers/guitares qui ne nous dépaysent pas.

En effet, pas de nouveautés à l’horizon, ni chichi, ni expérimentations modernes. Kalmah nous fait du Kalmah, respecte ses codes et ne nous emmène que dans son marécage natal. Que dire alors d’un « Pikemaster » ou d’un « Windlake Tale » totalement épiques et speed avec ces riffs endiablés et ces claviers qui s’envolent ? On ne passera pas à côté des gros hits qui cartonnent et qui ne peuvent que nous donner la patate. Pas d’ennui, pas un moment de répit, si ce n’est sur la balade marécageuse « Hollo » sur laquelle on se rend compte qu’on avait atteint un certain niveau de rapidité. « Wolves in the Throne » ou « Black Marten’s Trace » nous propulsent de nouveau avec un bon coup de pied aux fesses, solos endiablés, ambiance épique au possible, riffs qui font mouches et agressivité sans concessions. Le tout s’enchaîne avec une fluidité et une précision impeccables qui permettent de percevoir les détails des compositions de Kalmah. C’est raffiné, carré, inspiré…bref. Ca faisait longtemps qu’un groupe de mélo death ne nous avait rien offert d’aussi prenant.

Kalmah réalise encore un coup de maître avec son septième méfait masterisé par Jens Bogren (Opeth, Paradise Lost, Soilwork…). Même si les Finlandais n’ont plus rien à prouver, ils montrent une fois de plus qu’ils font partie des maîtres en la matière, gratifiant l’auditeur d’un son excellent et de huit titres qui ne demandent qu’à être écoutés et réécoutés. Une belle sortie pour ce mois de juin riche et dynamique.

 

Graveyard Of Souls : Shadows of Life

Ξ juin 4th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death |

Graveyard Of Souls : Shadows of LifeL’Espagne tente petit à petit de se remettre en valeur malgré des sorties métalliques inégales ces derniers temps. Ce mois de juin voit l’arrivée du tout premier album du trio de Burgos, « Shadows of Light ». Très peu d’informations ont été révélées sur ce petit groupe. Il faut dire qu’il s’est formé il y a à peine un an et est donc très jeune. Est-ce qu’il arrivera malgré tout à être à la hauteur ?

Graveyard of Souls officie dans un doom/death qui rappelle Indecadence pour les atmosphères, Helevorn pour la mélancolie et les touches gothiques, et Tiamat pour l’émotion. On se retrouve alors avec un rythme passant du lent au mid tempo, soutenus par des claviers envoûtants et oniriques, des riffs guidant la mélodie et un growl caverneux de bonne facture. Dès le début, l’éponyme « Shadows of Life » nous embarque dans l’univers des Espagnols avec cette puissance atmosphérique indéniable. L’auditeur est embarqué dans une musique où les chœurs ont une place importante, même s’ils ne sonnent pas toujours réalistes. « Dreaming of Some Day to Awake » se situe dans la même lignée, même s’il manque d’accroche dans sa progression.

Les mélodies sont toujours là pour nous embarquer, et ce, tout le long de l’album. Même si « Memory of the Future » sonne plus tranchant et accélère le rythme, il y a toujours ces guitares pour nous rappeler que Graveyard of Souls joue sur les émotions et l’osmose entre guitare et claviers, comme sur un « Follow Me » touchant à son paroxysme. Rien de mielleux cependant, tout se tourne du côté de la mélancolie qui prend une autre dimension avec le morceau « Mad World », reprise de Tear For Fears. Les Espagnols lui donnent un aspect plus grave et solennel, à l’image de la cover de Gary Jules. Le growl est toutefois trop poussif et retouché pour convaincre.

La suite de l’opus manque de moments marquants et même « Dead Earth » n’est pas aussi pessimiste qu’il en a l’air. On a presque l’impression qu’il s’agit du morceau le plus dynamique et le plus joyeux, contrairement à un « There Will Come Soft Rains » plus ambient par moment, avec des passages acoustique. Toutefois, Graveyard of Souls semble utiliser la même recette sur la majeure partie de ses titres : les claviers auraient gagné à être plus diversifié et les mélodies plus travaillées.

Malgré des bonnes choses, « Shadows of Life » reste un opus fragile souffrant de quelques linéarités et d’un manque de personnalité. Il n’en reste pas moins agréable à écouter, certaines mélodies restant en tête pendant un moment, comme celles de l’éponyme par exemple, le titre qui fait sans doute le plus mouche. Graveyard of Souls doit donc faire ses preuves pas à pas et solidifier sa musique.

 

Chthonic : Bú-Tik

Ξ juin 2nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic Black Metal |

Chthonic : Bú-TikDepuis « Mirror of Retribution », Chthonic montre une constance à toute épreuve, à raison d’un album tous les deux ans et d’une signature méritée chez Spinefarm. C’est un fait, les Taïwanais ont conquis l’Europe grâce à leur black/death symphonique teinté d’éléments asiatiques. Un style de metal que le groupe lui-même s’amuse à appeler « orient metal ». Il faut dire que le quintet a sa propre identité et un concept que lui seul peut proposer. Chaque album est un véritable cours d’histoire vu qu’on nous raconte les événements qui ont fait de Taïwan le pays que nous connaissons actuellement. Chthonic avait entamé une trilogie avec « Seediq Bale » concernant les nombreuses guerres et événements ayant chamboulé la vie paisible des Taïwanais. Avec « Bu Tik », un nouveau chapitre s’ouvre cette fois-ci avec l’histoire du Massacre 228, ce chiffre faisant référence au jour où l’incident a commencé (le 28 février, de l’année 1947).

Si le terme « Bu Tik » paraît nébuleux pour ceux ne maîtrisant pas les langues asiatiques, le groupe nous le traduit à sa façon par : « violence vertueuse » ou « défense justifiable ». Ces termes se font davantage comprendre avec le morceau « Defenders of the Bu Tik Palace », sur lequel le concept s’explique. En effet, le palais Bu Tik était utilisé en tant que quartier général par les Japonais en 1930 pour endiguer une révolte seedeq (un des groupes aborigène de Taïwan). En 1947, ce palais a aussi été utilisé par l’armée taïwanaise lors du massacre où de nombreuses personnes se sont battues contre la dictature chinoise. Il s’agissait du plus gros mouvement pour l’indépendance de Taïwan.

D’un point de vue musical, on comprend la direction empruntée par le groupe. Dans le fond, « Bu Tik » se situe dans la même ligne de conduite que « Takasago Army », mais dans la forme, on se retrouve avec un ensemble plus tourné vers le death, moins black et moins folk, mais plus symphonique et épique. Ainsi, si l’introduction instrumentale, très traditionnelle, met en avant des violons impériaux, « Supreme Pain for the Tyrant » montre bien le chemin vers lequel se dirige Chthonic. Rageur, dynamique mais aussi mélodique, Freddy Lim nous offre de nouveau une alternance de vocaux (avec une préférence pour le growl death cependant) et nous gratifie de son erhu si caractéristique, avec sa mélodie bien asiatique, pendant un refrain plus posé. « Sail into the Sunset’s Fire » joue davantage sur des riffs tantôt death, tantôt black, et les solos, tout en mettant en valeur la qualité et la puissance des orchestrations. « Next Republic » fait pâle figure à côté, car seuls les chœurs du refrain semblent réellement attirer notre attention.

La suite de l’opus possède de bons moments mais aussi des moments plus plats, la faute à un manque d’éléments marquant les titres au fer rouge. En cela, certains morceaux passent totalement inaperçus comme « Between Silence and Death » ou « Resurrection Pyre » malgré une exécution carrée et quelques samples de crépitements de feu. Ca ne suffit malheureusement pas car Chthonic nous a toujours habitués à un petit quelque chose qui fait qu’un titre se différencie d’un autre. Mais ce petit quelque chose il ne l’a pas abandonné, en témoignent les premiers titres décrits ainsi que le destructeur « Defenders of Bu Tik Palace » qui montre tout le talent et la force des Taïwanais. Un ensemble efficace qui suit une logique bien précise, entre un départ plutôt sombre entraîné par un sitar chinois et une suite extrêmement riche où on découvre un panel diversifié d’éléments musicaux, comme les instruments traditionnels (sitar, erhu, flute), la variété du rythme et des riffs mais aussi du chant, Freddy laissant sa place à Doris Yeh (bassiste et leadeuse du groupe) dont l’empreinte vocale apporte un charme indéniable et rappelle un titre comme « Quasi Putrefaction ».

Produit par Richard Bengtson aux Sweetspot Studios suédois, ce septième méfait n’est pas fondamentalement excellent mais montre un groupe taïwanais infatigable et toujours en grande forme qui se dirige de plus en plus vers le death metal et qui laisse peu à peu son black metal du début. Ce changement n’est pas à voir comme un mal mais plus comme une évolution logique car Chthonic traverse les âges et fait évoluer ses concepts. Dommage toutefois que tous les morceaux ne soient pas aussi prenants et émotifs qu’un « Seediq Bale » ou qu’un « Takasago Army ».

 

  • Index

  • Reviews

  • RSS Spirit Of Metal News

    • [Chronique d'album] Blut Aus Nord : Deus Salutis Meæ 21 octobre 2017
      Black Avantgardiste-France, "Une pièce unique et incontournable de black metal expérimental extrêmement malsain et dérangeant" […]
    • [news] Crom (GER) : Titre en écoute 21 octobre 2017
      "Shields of Gold" issu de l'album When Northmen Die, à paraître pour rappel le 1er décembre via Pure Steel Records, est en écoute ci dessous: Source : https://www.facebook.com/cromofficial/ […]
    • [news] Evilfeast : Nouvel album 21 octobre 2017
      L'artiste sortira son nouvel album le 15 décembre via Eisenwald Tonschmiede. Tracklist: 1. The Second Baptism… Shores in Fire and Ice 2. Winter Descent’s Eve… I Become the Journey 3. Lunar... […]
    • [news] Grai : Nouvel album 21 octobre 2017
      Le groupe sortira Ashes, son nouvel album le 1er décembre via Noizgate Records Tracklist: 1. Haze 2. Song of Dead Water 3. A Water Well 4. Darkness with Me 5. Donya... […]
    • [news] Diablo Swing Orchestra : Sortie du nouvel album et de singles 21 octobre 2017
      Le groupe a annoncé via un communiqué facebook la date de sortie du nouvel album Pacifisticuffs, le 8 Décembre 2017. Par ailleurs, la sortie du 1er single, Knucklehugs, est prévue pour le 3 Novembre, suivie du titre The Age of Vulture Culture le 1er Décembre. […]