Withering Soul : No Closure

Ξ juillet 31st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Withering Soul : No ClosureWithin Soul fait partie de ces formations américaines méconnues officiant dans le black/death symphonique. Il faut dire que là-bas, ce n’est pas le style de metal qui attire les foules. Mais les amateurs du genre qui n’ont pas encore jeté une oreille sur cette œuvre, risqueront d’y trouver leur compte, en particulier s’ils apprécient le côté spectral et inquiétant du black symphonique.

Il ne s’agit cependant pas d’un black sympho atmo spectral comme ont pu le faire Bishop Of Hexen (« The Nightmarish Compositions »), Carach Angren (« Lammendam ») ou Dimmu BorgirSpiritual Black Dimensions »). Withering Soul, malgré son fort intérêt pour les fantômes et les phénomènes paranormaux, se dirigent davantage vers le côté brutal. Sa musique est directe, sans concession, telle une invasion sans merci d’esprits vengeurs et d’anges déchus. L’intégration d’éléments death metal y joue beaucoup puisque cela permet d’accentuer l’agressivité et la brutalité des compositions. De même pour l’alternance des vocaux, comme un jeu ou un dialogue très animé entre différentes formes de vie.

« Night of the Revenant », l’introduction, emmène l’auditeur dans une atmosphère angoissante. Les violons posent des notes terrifiantes sur un fond où l’on entendrait presque des voix possédées. « Phantasmal Chaos Divinity » accélère largement le tempo pour un ensemble sans répit et violent où le growl se veut parfois très profond. Une partie plus atmosphérique, au chant clair, permet un petit moment de calme, avant d’enchaîner sur « The Sequitor », qui lui mélange avec brio la rapidité, la mélodie mais aussi le côté inquiétant et enveloppant des claviers.

On remarquera que la production et le mixage ont quelque lacune puisque sur certains passages, on se retrouve davantage avec du bruit qu’avec un mélange homogène. Les instruments ont alors du mal à se démarquer, l’un happant l’autre. Les guitares ont aussi quelques dissonances et les vocaux ne sont pas toujours à leur place. Malgré tout, Withering Soul fait preuve d’une efficacité certaine, que ce soit sur des titres courts comme « Sadistic Redress » ou des titres longs comme « Lifeless They Lie », envoûtant et immersif : le monde des fantômes n’a plus aucun secret pour vous. « Possession of Deception » fait aussi partie de ces titres longs où l’on finirait presque ramassé à la petite cuillère : pas de quartier pas de pitié, on est à la fois possédés et écrasés par le côté rêche du black et le côté tranchant du death.

Withering Soul livre avec discrétion un album qui fait la part belle à la brutalité du black/death et aux atmosphères du sympho. « No Closure », malgré ses défauts, fait sans doute partie des meilleurs albums du genre en 2011. Dommage qu’il ait si peu attiré l’attention.

 

Deeds Of Flesh : Portals to Canaan

Ξ juillet 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Deeds Of Flesh : Portals to CanaanCinq ans que Deeds Of Flesh n’avait rien sorti, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce « Portals to Canaan » était très attendu par les amateurs de brutal death et les fans du combo américain. Il faut dire que sa carrière est plutôt exemplaire, les albums étant tous bons, malgré quelques uns en deçà comme « Crown of Souls » par exemple. Heureusement que « Of What’s to Come » remontait la pente avec ses neuf titres puissants et son incursion dans des sphères plus techniques. « Portals to Canaan » est alors le huitième méfait des Californiens mais aussi celui qui célèbre leur vingt ans de carrière.

C’est aussi celui qui amorce un virage vers un univers résolument plus futuriste. Deeds Of Flesh ne se contente plus de l’évoquer dans certains plans techniques ou à travers ses deux ou trois dernières pochettes (la nouvelle étant de nouveau réalisée par Raymond Swanland et pourrait rappeler celle du « Never to Dawn » de Beheaded). Il intègre carrément des interludes ou des moments ambient ou électroniques dans ses compos. Par électronique, ne vous attendez pas à des expérimentations (foireuses) à la « Illud Divinum Insanus » de Morbid Angel. Au contraire, il s’agit de quelque chose de plus subtile et de très typé « science-fiction », le genre d’éléments inquiétants et sombre que l’on pourrait dans des films ou des jeux vidéos du genre. En parlant de film, on ne sera du coup pas étonné de retrouver des samples tirés de films comme un monologue du « Jour où la terre s’arrêta » sur le titre éponyme ou une symphonie inquiétante et futuriste sur « Caelum Hirundines Terra / The Sky Swallos the Earth » qui fait penser à certaines musiques de la saga Turok. Le début de « Celestial Serpents » est aussi angoissant avec ses petites bidouilles et ses craquements où l’on peut aisément imaginer des aliens.

Heureusement, les samples et touches de synthés sont utilisés avec parcimonie afin de plonger l’auditeur dans l’univers que Deeds of Flesh qu’essaie de créer. Le son moderne et la production de Zack Ohren apportent aussi beaucoup. Le tout s’intègre plutôt bien dans le death brutal et technique des Américains, ce qui donne à l’ensemble quelque chose de plus ambiancé et de légèrement plus mélodique. Un death qui aura vu l’arrivée de Craig Peters (Arkaik) à la place de Sean Southern à la guitare et Ivan Munglia (Arkaik, Braindrill) à la basse à la place de Erlend Caspersen. On comprend alors pourquoi les compos se veulent plus techniques mais la puissance est toujours au rendez-vous avec des morceaux rentre-dedans et dans le style Deeds Of Flesh comme « Amidst the Ruins » où le growl d’Erik est toujours aussi profond et ravageur ou un « Entranced in Decades of Psychedelic Sleep » où le couple basse/batterie fonctionne à merveille.

Le groupe n’a pas perdu de sa vigueur, et tant mieux ! Un titre comme « Xeno Virus » permet de mettre en exergue la brutalité, la technique mais aussi la mélodie grâce à des riffs bien placés mais aussi un final percutant avec sa double pédale en accompagnement et ses guitares qui nous guident vers quelque chose de plus aéré. La cover de Gorguts, « Orphans of Sickness » n’est pas si différente de l’originale si ce n’est la prod plus « clean » et moderne. Dispensable, en somme.

Ce « Portals to Canaan » risque peut-être de diviser les fans car tous n’aimeront peut-être pas l’insertion d’interludes futuristes et de bidouilles dans les compos tranchantes et brutales de Deeds of Flesh. Malgré tout, l’évolution du groupe est intéressante et plutôt réussie puisque les samples ne font pas de trop, au contraire, elles apportent un petit plus et permettent de s’immerger dans l’univers des Américains. Un album anniversaire plutôt captivant !

 

Seventh Epic : The Robots Are Dreaming Again

Ξ juillet 28th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Experimental |

Seventh Epic : The Robots Are Dreaming AgainAprès quatre ans d’absence, les Charlottéens (Caroline du Nord) de Seventh Epic nous présentent leur nouvel album nommé “The Robots Are Dreaming Again”. Le nom peut non seulement nous faire penser à la nouvelle de Philip K. Dick « Do Androids Dream of Electronic Sheep » mais aussi nous indiquer une orientation plus électronique. Et ce n’est pas faux, puisque contrairement à un « On the Edge » déjà très expérimental tant au niveau des guitares qu’au niveau des atmosphères et des sons, Seventh Epic met davantage le paquet sur les bidouilles et samples, pour un rendu complètement inclassable.

Il faut dire que le groupe a une forte personnalité et qu’il est difficile d’émettre des comparaisons. Dès le premier album, il avait montré une grande maturité en fournissant des titres à la fois romantiques et poétiques, très travaillés, avec des paroles très prenantes et un mélange des styles très cohérent. Avec « The Robots Are Dreaming Again » monte un cran au-dessus avec une variété et une créativité nouvelle. Seventh Epic va au bout de ses idées et nous délivre un océan de mélodies et de sonorités riches et « accroche-oreilles ».

C’est le cas du premier morceau, « Sublime », qui ouvre très bien l’album avec sa basse et son groove prédominants, sans oublier les refrains atmosphériques et les guitares souvent très tranchantes et punchy. L’électronique, c’est ce qui marque au fer rouge l’empreinte des Américains comme sur un « Three Rings » plutôt barré avec son ambiance pas loin d’un Tim Burton ou « Divide by Zero ». Mais aussi la voix de Sarah Queen, chanteuse et bassiste, qui semble mieux maîtriser son organe comme sur le dramatique « String Theory » mené par le piano et les violons. Une voix mieux modulée puisqu’elle n’hésite plus à monter dans les aigus comme sur « Fireflies ». Petit bémol concernant les vocaux (et sans doute la production), les aigus font grésiller le son, ce qui gâche un peu le plaisir.

La plupart des morceaux ont leur identité et leur style, on peut alors tous les distinguer, que ce soit un « Inescapable » plutôt atmosphérique, dont le rythme est créé par des claquements de main ou « Trap ! » dans un style plutôt slammé, un « Black Out » plus lourd et incisif ou le progressif et barré « The Gamble ». Seventh Epic joue clairement avec les atmosphères, en laissant parfois les guitares de côté, et base sa musique sur les mélodies envoûtantes et recherchées. Il y a par contre quelques longueurs et un morceau dispensable comme « Odyssey ».

Malgré tout, le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe a été loin dans l’espace pour chercher ses idées et nous concocter des morceaux aussi fouillés et immersifs. Il nous emmène dans son petit monde, un monde où sa créativité n’a pas de limite et où l’expérimentation n’est jamais suffisante. Seventh Epic impressionne avec son rock/metal expérimental mais a, sans aucun doute, encore de quoi nous surprendre à l’avenir.

 

Agathodaimon : In Darkness

Ξ juillet 23rd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Agathodaimon : In DarknessAgathodaimon, une des figures emblématiques du black mélodique allemand depuis plus de quinze ans, a toujours eu une carrière en dents de scie avec de bons albums mais aussi des moins bons, si bien que sa discographie complète est loin d’être remarquable. Et pourtant, signé chez Nuclear Blast dès le départ avec « Blacken the Angel » jusqu’à la sortie du très bon « Phoenix » chez Massacre Records, Agathodaimon a plus d’une corde à son arc. Son seul souci, c’est de ne pas réussir à être constant, ainsi un album peut être excellent et un autre terriblement ennuyeux. Le groupe avait tout de même réussi à sortir deux bons opus d’affilée (« Serpent’s Embrace » et « Phoenix ») mais il semblerait que la série s’arrête ici puisque le nouveau « In Darkness » n’est, et il faut le dire, pas à la hauteur…

Le visuel est d’emblée très beau puisqu’Agathodaimon remet le couvert en affichant une statue sur l’artwork. Elle a deux facettes différentes, une normale et une « pourrissante » ou tombant en poussière, ce qui n’est pas sans rappeler la statue de « Majesty and Decay » d’Immolation. Ceci dit, celle d’Agathodaimon nous laisse deviner les relents gothiques qui parsèment la musique des Allemands. Ils se focalisent sur les ambiances mélancoliques et froides, principalement véhiculées par les guitares, et mettent les claviers au second plan, de sorte à ce qu’ils soient moins proéminant, comme ils avaient pu l’être sur « Phoenix » ou « Serpent’s Embrace » par exemple. « In Darkness », l’éponyme, est donc l’un des seuls morceaux très tourné vers le black symphonique. Les guitares envoient des riffs épiques, accompagnés de claviers incisifs. Si le chant black est toujours aussi tranchant, le chant clair du guitariste a perdu de son romantisme pour un ton plus guerrier. « I’ve Risen » aussi a une bonne empreinte symphonique mais la mélodie sent le réchauffé et l’erreur de prononciation de « Risen » (prononcé exactement comme « reason ») donne un tout autre sens aux paroles et la musique semble tout à coup moins imposante.

Le reste de l’album perd toute accroche, notamment à cause de morceaux plus mous comme un « Favourite Sin » bien niais ou un « Oceans of Black » hors propos avec ses vocaux synthétiques. « Höllenfahrt der Selbsterkkenntis » aussi peine à nous faire adhérer à cause de son manque de force. Agathodaimon avait émis l’idée d’intégrer des influences doom dans ses compositions, histoire d’alourdir l’ensemble, mais il manque de la cohésion entre tous les éléments si bien qu’on se perd au fil de l’album. Heureusement toutefois que les Allemands restent fidèles à eux-mêmes sur certains titres comme « Dusk of an Infinite Shade » ou « Adio », alternant parties très mélodiques et entraînantes, parties plus profondes, et parties acoustiques, histoire d’apporter une pause.

S’il on le compare aux dernières sorties d’Agathodaimon, « In Darkness » est décevant et bien en deçà de l’excellent « Phoenix ». Moins accrocheur, moins puissant et moins envoûtant, il ne fait que confirmer cette carrière en dent de scie, même si certains morceaux sont plutôt bons. S’il on le compare au reste des sorties black mélo, « In Darkness » est un album moyen et bien en deçà du potentiel du groupe, qui nous a déjà habitués à mieux. On peut même dire que la statue sur la pochette est à l’image de l’opus : en demi teinte…

 

Tyrant Of Death : Nuclear Nanosecond

Ξ juillet 21st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Tyrant Of Death : Nuclear NanosecondCa fait presque un an qu’Alex Rise ne nous avait rien contacté avec son projet Tyrant of Death, lui qui nous avait habitué à sortir deux, trois voire quatre albums dans l’année. Il semblerait donc que le Canadien ait réduit la cadence, et ce ne serait pas un mal, puisqu’à trop vouloir en faire, il tombait dans son propre piège : les morceaux, en plus d’être redondants, manquaient d’âme et d’atmosphère. Espérons donc qu’il a compris la leçon et qu’il est en passe de retrouver sa personnalité et tout son savoir-faire.

« Nuclear Nanosecond » fait donc suite au moyen « Cyanide ». Tyrant of Death ne change pas sa marque de fabrique puisqu’une fois encore, on se retrouve avec un cyber math bourrin où les tonalités djent et les passages alambiqués sont les rois. Pas loin d’un « Slave Design » de Sybreed, la musique du Canadien est tout de même plus brutale, notamment dans le couple riff/batterie, qui écrasent comme un rouleau compresseur.

Il s’agit avant tout du travail d’un multi instrumentiste qui s’en donne à cœur joie : on sent qu’il a pris plaisir à composer ce « Nuclear Nanosecond », plus expérimental et souvent barré dans les mélodies à la guitare. Il n’a pas non plus lésiné sur les bidouilles cybernétiques et les nappes de claviers enveloppantes. Une fois encore, il nous dépeint le futur funeste de l’humanité à coup d’enrobage électronique, de martèlements incessants, de riffs torturés et de passages ambient inquiétants. Dommage qu’il n’y ait pas de vocaux cette fois-ci (normalement effectués par Lucem Fero) pour donner non seulement de la profondeur mais aussi une autre dimension aux morceaux. Il faudra se contenter d’un ensemble totalement instrumental.

Un bon album instrumental est un album dans lequel les voix ne deviennent pas forcément nécessaires et dans lequel l’instrumentation suffit à elle-même. Les titres doivent s’enchaîner de façon fluide, sans susciter l’ennui ou montrer une quelconque redondance. Tyrant of Death a souvent montré qu’il lui était souvent difficile de faire face à cet obstacle. « ReConnect » et « Cynanid » sont des exemples parmi tant d’autres. Sur ce « Nuclear Nanosecond », toutefois, il arrive à donner à chaque titre une identité : il y a toujours un moment, un riff, un élément aux claviers ou une bidouille qui saute à notre oreille. L’introduction, par exemple, est très réussie puisqu’elle arrive à nous embarquer dans l’univers futuriste, digital, pessimiste et noir de Tyrant of Death : une première partie principalement ambiante et inquiétante puis une seconde partie plus violente, grâce à l’arrivée des guitares. L’éponyme aussi est une petite pépite puisque le tranchant des guitares se mélange à une batterie technique et à des sonorités à l’arrière goût d’acier : c’est mécanique, violent mais aussi mélodique lorsque la guitare devient la guide.

« Calculate Demise » met le paquet sur l’ambiance et sur des touches électroniques qui ne peuvent qu’attirer notre attention : mélangé aux guitares, à certaines distorsions et surtout aux nappes, le rendu est impeccable. Si les titres sont souvent très rapides et bourrins, certains restent plus lents et plus atmosphériques comme « Return to Destruction », lui aussi très immersif, ou « When Our Time Is Up We Shall Tremble the Earth », plus mid tempo.

Malgré tous ces bons points, l’album peut être difficile à digérer si on n’est ni dans les bonnes conditions, ni amateurs de polyrythmie, les syncopes étant malheureusement redondantes. Toutefois, « Nuclear Nanosecond » est un opus qui montre qu’Alex Rise a enrichi ses compositions et qu’il a repris du poil de la bête. Un des meilleurs du Canadien, sans aucun doute.

 

Retribution (ESP) : Opus Serpentis (Prologue)

Ξ juillet 20th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Retribution (ESP) : Opus Serpentis (Prologue)Créé par le duo L. Shihan et S. Scimoth sous le nom de YK3 en 2005, puis renommé en Retribution en même temps que l’arrivée de membres supplémentaires, ce projet espagnol de black symphonique ne manque pas d’audace. Les sept musiciens ont transformé peu à peu leur musique en un ensemble grandiloquent et théâtral et il se pourrait que l’Espagne ait enfin trouvé son représentant black symphonique, puisque ce style est loin d’être exploité chez les ibériques.

C’est en 2013 qu’ils donnent enfin une suite à leur premier opus sorti en 2007. Une suite assez particulière puisqu’il s’agit d’une sorte de mélange entre Dimmu Borgir, Rhapsody, et Danny Elfman. On retrouve le black metal de l’un ainsi que son ambiance symphonique, le côté épique et théâtral de l’autre, et l’aspect sombre et mystérieux du compositeur d’une bonne partie des films de Tim Burton. On ne pourra pas parler de fusion puisque l’ensemble tend parfois à manquer de cohérence. Les différents éléments peinent à entrer en osmose, les riffs, les vocaux et les claviers sympho faisant – et ce, chacun leur tour – remplissage.

Ainsi, lorsque ce sont les riffs qui mènent, la grandiloquence du sympho n’est là que pour faire jolie, et inversement. Les guitares n’ont d’ailleurs pas souvent le monopole, en témoignent des titres comme « Corpus Anticristi Y3K » où les envolées aux violons dominent tout le long. Malgré tout, ce titre est sans doute le plus complet et le plus représentatif de l’univers de Retribution. Le jeu rappelle les couplets d’un « Gateways » de Dimmu Borgir auquel s’ajoute tout un ensemble vocal, chœurs, chant black voire death et chant soprano offert par Itea Benedicto, avant un passage plus speed guidé par un solo épique.

Même si les orchestrations sonnent souvent synthétiques, elles n’en restent pas moins de bonne qualité, et tiennent la route. « The One » arrive à nous embarquer : les voix se confrontent même si elles manquent de force. Les guitares ont du mal à se faire entendre tant le reste de l’instrumentation les recouvre, même si quelques riffs black font timidement leur apparition.

On a tout de même droit à une fresque épique et impériale comme le montre bien « Promised Land ». A la fois sombre et chaleureuse, certaines tonalités rappellent les symphonies arabisantes proches de certaines BO telles que Lawrence d’Arabie. Le rythme est soutenu et surtout porté par la batterie et les claviers. La voix a ses moments de faiblesse et les guitares ne tirent leur épingle du jeu qu’à certains moments.

On pourrait presque parler d’opéra black metal. « Opus Serpentis » est un EP surtout fait en prévision de l’album « Corpus Anticristi Y3K » qui devrait arriver très prochainement. On découvre alors un groupe qui a le cul entre deux chaises. D’un côté, on a un aspect théâtral indéniable mené par plusieurs types de voix et accompagné de claviers virevoltants et bien menés. D’un autre, on a un ensemble souffrant de nombreuses faiblesses, notamment les guitares, quasiment camouflées. Retribution ne doit donc pas hésiter à arranger ce souci de mixage afin de donner plus de puissance et plus de peps à sa musique, qui reste souvent dans la même ligne de conduite. En attendant, on est curieux de voir ce que ce projet peut devenir sur le long terme…

 

Revelate : Relikt

Ξ juillet 15th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Revelate : ReliktParler du cyber russe, c’est comme si on évoquait le death mélodique suédois, dans le sens où il s’agit d’une référence et que la plupart des meilleurs groupes se situe dans ce pays d’Europe de l’Est. Chaque nouveau groupe du coin est donc attendu au tournant puisqu’on espère avoir l’occasion de se pencher sur un album qui pourrait valoir le coup. C’est donc du côté d’une formation russe que nous allons nous tourner : Revelate. Originaire de Moscou, le duo formé de Roman et Ilya a déjà sorti quelques singles et démos avant de décider de sortir le premier album fin mai de cette année : « Relikt », chez Artificial Sun.

C’est après une introduction cybernétique bien ficelée que les moscovites nous envoie « ?????? » en pleine figure. Un cyber typiquement russe, à savoir plus tourné vers l’électro et les beats parfois techno. Mais Revelate ne laisse pas ses guitares de côté. Il en fait un atout. Les riffs sont simples mais efficaces et s’accompagnent de sonorités variées et bien choisies. Parfois un peu dansant, on peut penser à Illidiance ou à Xe-None. Le chant russe ne se rapproche toutefois pas de celui de ses acolytes. Il est clair mais un peu niais sur les bords, surtout lors des longues notes. « ???? » le confirme mais est sauvé par sa basse en fil conducteur, son mid tempo, et ses bidouilles électroniques.

Sur « ????? ???????? », on pense avoir affaire à une sorte de Rammstein boosté aux amphétamines technoïdes au vu de l’introduction très proche d’un « Los ». Mais la suite se voit plus hargneuse et agressive car le chant d’Ilya prend une autre teinte, plus sombre et plus écorché. Idem sur l’efficace « ???? ????? » qui nous en fait voir de tous les couleurs avec ses influences néo.

Malheureusement, on navigue entre titres accrocheurs et titres plus niais, mous et trop bourrés d’éléments électroniques. « ?????? ???? » est un bon morceau jouissant d’une belle mélodie mais il marque la fin d’une période quasi sans faute. La seconde moitié de l’album se veut plus simple et reprend la même recette que la première moitié. On est alors moins surpris, même si « ?? ??????? » synthétise davantage le tout. Le chant devient davantage casse pied et les samples font un peu too much.

Il semblerait donc que Revelate ait du mal à tenir sur la longueur. En cela, un 6 titres aurait largement suffi car au-delà, on atteint quasiment l’overdose, même si quelques petites choses nous font tendre l’oreille. D’autant plus que ses six titres valent le détour pour leur tonicité, leur efficacité et leurs sonorités non déplaisantes. Le duo devrait donc penser à nous tenir en haleine plus longtemps s’il ne veut pas devenir un groupe au son juste moyen.

 

Cloudwalker : Decode Cyborg

Ξ juillet 13th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Cloudwalker : Decode CyborgEn général, quand le cyber metal provient des Etats Unis, il y a de quoi se poser des questions. Les groupes ont, paradoxalement, du mal à s’exporter et la plupart sont des petits projets sans lendemain où les membres jouent avec des instruments en carton (ex : Synrah). Pourtant, on se rappellera de A Dark Halo dans une veine néo, de Synaptic Fracture dans un style plus malsain ou de Defcon pour le côté extrême et apocalyptique.

Le one-man band que je vais vous présenter, Cloudwalker, n’a rien à voir avec tout ça. Il s’agit d’un dérivé de Tyrant Of Death, à savoir un cyber djent instrumental. Moins brutal et rêche cependant, Cloudwalker propose des riffs légèrement plus softs et surtout beaucoup moins recherchés. A côté de ça, la programmation des sons est assez linéaire et pas assez travaillée ni bidouillée puisqu’au premier coup d’oreille, on devine sans hésiter qu’ils proviennent tous d’FL Studio, ce qui est dommage, les sons auraient mérité d’être retouchés pour gagner en originalité.

L’ensemble est toutefois très mécanique et robotique puisque le musicien ne propose presque aucune variation dans ses compositions. On a non seulement l’impression d’écouter le même morceau mais aussi ses dérivés, comme s’il avait décidé de proposer plusieurs versions d’un même titre, la différence (si on peut parler de différence) résidant dans les types de sonorités.

Si Cloudwalker essaie de nous raconter la vie d’un cyborg, on peut dire que c’est réussi tant les sons évoquent des êtres mécaniques et tant le côté mathématique et répétitif des riffs rappellent le travail à la chaîne. Mais un auditeur ne peut supporter cela très longtemps, surtout lorsqu’on arrive à un « Decode Cyborg » présentant le summum de la linéarité. Une horreur musicale.

Vraiment peu de choses à retenir sur cet opus, si ce n’est deux ou trois variations dans les samples. « Decode Cyborg » est auto-produit, certes, mais ne possède aucune âme ni aucune once de créativité. A éviter, tout simplement.

 

Psy:code : Cause and Neglect

Ξ juillet 13th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Modern Metal |

Psy:code : Cause and NeglectLes Danois de Psy :Code avait attiré l’attention en 2010 avec la sortie du tout premier album « Delusion », salué par la critique. Le quintet présentait déjà un metal de très bonne qualité, et en particulier un hardcore moderne teinté d’influences diverses comme le death metal ou le djent. Trois ans plus tard, ils remettent le couvert avec l’arrivée de leur nouveau rejeton « Cause and Neglect », signé chez Mighty Music et mixé et masterisé par Jacob Hansen (Volbeat, Raunchy, The Interbeing).

Psy :Code nous offre de nouveau une musique très rentre-dedans et agressive, où les screams sont plus incisifs que jamais et où les riffs frappent encore plus fort. Le groupe ne tombe pas dans le piège de la facilité et fait du modern sans intégrer ni chant clair, ni touches électroniques, ni passages trop gentillets. Il nous plonge dans un concentré de violence à coups de mélodies chaotiques et de martèlements écrasants. (« Trapped in Time Stretched »).

Chaque instrument a son importance et les deux guitares apportent une profondeur toute particulière. Elles renforcent non seulement la puissance de feu mais aussi l’aspect mélodique et technique comme sur le très bon « Hellish Tensions », qui ne nous laisse aucun répit. Toutefois, la plupart des morceaux ne nous présentent rien de nouveau comme le morceau introducteur « No 100 » ou « My Redemption ». Seuls les influences djent voire death metal (riffs et growls, parfois) permettent de donner un peu de piment. Psy :Code mise plutôt sur l’efficacité, la puissance et la technique, et en cela on peut dire que le pari est réussi.

Il y a tout de même quelques titres instrumentaux comme « The Sky Is the Limit », acoustique et mélancolique, histoire de souffler un peu dans cet océan de violence, ou encore « Senseless Pattern », mettant en relief des samples qui pourraient très bien provenir d’un film d’horreur (cris, sons mécaniques, voix étranges) avant de nous offrir une progression en crescendo, la fin étant très sombre.

Psy :Code est un groupe bourrin, n’ayons pas peur de le dire, qui n’hésite pas à frapper fort dans tous les sens du terme. « Cause and Neglect » est donc un album violent et sombre, éclairci par quelques mélodies, et réservé aux amateurs de metal moderne efficace, à défaut d’être original.

 

Filter : The Sun Comes Out Tonight

Ξ juillet 11th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Alternative |

Filter : The Sun Comes Out TonightFilter a toujours jouit d’une très bonne réputation aux USA depuis ses débuts alors que le reste du monde peine à apprécier et à attendre parler de ce groupe quasi ancré dans la culture rock/metal californienne. Fondé en 1993 par Richard Patrick après son départ de Nine Inch Nails, le groupe a longuement attiré l’attention malgré les nombreux changements de line-up, sachant que le single « Hey Man Nice Shot » a largement augmenté leur cote de popularité, à cause d’un malentendu concernant la portée des paroles (qui ne concernent pas le suicide de Kurt Cobain un an plus tôt), que l’album « Title of Records » est sans doute leur meilleure œuvre et que « The Trouble with Angels » marque une renaissance après des sorties décevantes et une instabilité certaine. On est alors étonnés de voir débarquer sans prévenir le nouveau rejeton des Californiens, « The Sun Comes Out Tonight », de nouveau produit par Bob Marlette et signé chez Wind-Up (Evanescence, Drowning Pool, Creed, Seether…). Etonnés aussi de voir que deux membres uniquement sont indiqués sur le livret (Richard Patrick et Jonny Radkte) alors que les photos promos en montrent quatre. Etonnés aussi de la qualité de la pochette : elle n’est pas non plus extraordinaire mais bien meilleure que les artworks précédents.

Musicalement, on peut parler de retour aux sources puisqu’on retrouve les racines industrielles du groupe. Ce dernier avait, depuis plusieurs année maintenant, emprunté la route de l’alternatif mais là il est clair et net que ce sont les éléments électroniques qui font leur grand retour. Cela s’entend immédiatement avec « We Hate It When You Get What You Want » qui rappellerait même NIN, à la différence que Filter en est une version plus facile d’accès. Intro électronique, gros riffs saturés, petites bidouilles et chant rageur font de ce titre un titre relativement efficace et dans le pur style Filter. « What Do You Say » se situe dans la même lignée, avec les couplets guidés par la basse et les refrains qui déchirent tout. Richard Patrick semble avoir retrouvé une seconde jeunesse dans ses riffs mais aussi ses lignes vocales, très justes, tantôt éthérées, tantôt haineuses.

Filter alterne les types de morceaux puisqu’on a des titres in your-face comme ceux précédemment cités, des titres plus mid-tempo comme « Watch the Sun Come Out Tonight » où l’électronique a de l’importance dans les refrains (la voix trafiquée est imbuvable), des titres où l’indus se la joue cybernétique comme « This Finger’s for You » ou des ballades très mielleuses comme « Surprise », « First You Break It » ou « It’s Just You » où Richard Patrick abuse un peu trop du chant aigu, même s’il le module très bien. Ce qui détonne avec les chansons les plus agressives, qui malheureusement tendent à toutes se ressembler. Et à ressembler aux précédentes sorties, comme « Self Inflicted » dont l’intro est très proche d’un « Absentee Father » (Trouble with Angels) ou d’un « So I Quit » (The Amalgamut) avec ce cri féroce qui dure et ces riffs costauds en soutient.

« The Sun Comes Out Tonight » est très filterien dans l’âme et très bon, malgré quelques ballades inutiles (en mettre deux à la fin est de plus maladroit). Le retour à l’indus est plutôt bienvenu même si le groupe a beaucoup forcé sur les machines et les bidouilles, conférant à l’ensemble un aspect plus électro qu’indus. On peut dire que Filter vit avec son temps au vu de l’ajout d’éléments modernes, au point même que son style pourrait s’apparenter à une forme de « modern metal » (sans screams ni éléments core ni bourrinage ni djent ni fusion melo death/metalcore rappelant le modern metal tel qu’on le connait actuellement). Une très bonne sortie en définitive.

 

Chalice Of Doom : Into Hypnagogia

Ξ juillet 4th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death |

Chalice Of Doom : Into HypnagogiaFondé en 2010 par Fares, Azmo (Al-Lat) et Ahmad, Chalice Of Doom est un des plus « gros » groupes de melo doom/death au Moyen-Orient, là où la plupart se focalise davantage dans le black, le death ou le thrash. Avec la sortie de son premier opus « Immemorial Nightfall », le combo a attiré l’attention de nombreux labels, et finalement le deal s’est conclu avec les Espagnols de Memento Mori pour l’arrivée du second opus « Into Hypnagogia ». Les Jordaniens malgré leurs trois années d’activité montrent une réelle maturité de composition et un professionnalisme indéniable. On comprend alors pourquoi cet album risque de faire parler de lui.

L’intro « Lucid Incubus » écrite par Maria Zvyagina (Immensity, ex-Wine From Tears) montre une facette sombre et épique de Chalice Of Doom avec ces nappes et ces chœurs tout en annonçant la couleur. Il s’agit de doom à claviers porté par une atmosphère très mélancolique, voire gothique, influencée en partie par des groupes comme Swallow The Sun, October Tide ou My Dying Bride, sans oublier le Katatonia des débuts. Sur « Death Gown », les notes de piano sont très sensibles, le growl caverneux résonne, les chœurs et le chant clair de Giampaul (session), guidés par les guitares plaintives, montrent un certain désespoir.

La mixture est d’autant plus touchante sur « Shaheed » (Martyr), sur laquelle les influences orientales se font beaucoup plus ressentir. Une chanson dédiée à “tous ceux qui ont perdu leur âmes pour l’amour de la paix lors des derniers événements du Moyen-Orient”, comme le disait une annonce lors de la sortie du single il y a quelques mois. Le growl de Fares est écrasant à mesure que les guitares et le tempo lent apportent beaucoup de mélancolie. Les claviers distillent une ambiance inquiétante, certaines mélodies orientales font leur apparition, sans oublier le chant clair en arabe d’Azmo qui nous ferait presque tirer une larme.

Il faut dire que Chalice Of Doom sait particulièrement bien faire véhiculer des sentiments, que ce soit le désespoir, la tristesse, la peine et j’en passe. « Dyers of Dusk » le montre bien avec son alternance de passages en mid tempo et de passages lents. Quelques influences black se font même entendre au milieu avec sa légère accélération et son chant typique. Tous les instruments restent en tout cas en accord et les notes de piano permettent d’apporter un côté dramatique. « Profound » renforce la sensibilité, avec son chant clair prenant, et « Against the Winds » frappe fort avec ses riffs monolithiques, ses claviers perturbants, sa flute et la pluralité des chants : les voix de Fares, de Christinia Kroustali, de Marius Strand et d’Azmo se marient à la perfection.

L’album, malgré sa forte dose d’émotions, souffre légèrement de sa longueur puisque huit voire neuf titres auraient largement été suffisants. On perd un peu l’attention au fil du temps à cause de plusieurs linéarités même si on ne peut qu’apprécier le style de Chalice Of Doom. L’outro reste tout de même délicieuse, dans un style proche de celui de Bilocate, ambient, sombre, chaleureux et enveloppant. En un mot : magnifique.

Un coup de maître pour ce petit groupe jordanien qui semble avoir un bel avenir devant lui, ce qu’on espère, au vu de la difficulté qu’ont les groupes du coin pour se faire reconnaître. A noter que Chalice Of Doom a pu, en 2012, livrer le premier concert impliquant des growls depuis 2007, à cause des problèmes avec les autorités.

 

Atra Vetosus : Voices from the Eternal Night

Ξ juillet 1st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Atra Vetosus : Voices from the Eternal NightFin 2011, Atra Vetosus ou le groupe aux deux Josh (Young and Gee) nous avait proposé un black mélodique très influencé par la Scandinavie (en l’occurrence Catamenia, Dissection ou même Immortal), quelque part entre passages épiques, moments mélodiques et mélopées glaciales. Josh Young s’extirpait ainsi des instants symphoniques et des touches death de son projet Astral Winter pour mettre en avant un autre type de black mélodique. Pari réussi puisque l’EP « A Palace Shrouded in Emptiness » a fait bonne impression. Désormais, Atra Vetosus n’est plus le projet de deux personnes mais celui que cinq membres permanents, les deux Josh laissant leurs instruments au guitariste Damon Parker, au bassiste Matthew Lopez et au batteur Josef Bound pour se concentrer sur le chant.

Si on se retrouvait avec un black différent d’Astral Winter avec l’EP « A Palace… », « Voices from the Eternal Night » s’ouvre avec un « Skies of Obsidian Rain » finalement très proche du projet hivernal de Josh Young : samples de pluie et d’orage, riffs catameniens, passages acoustiques…on se croirait sur un morceau de l’opus « Perdition » d’AW, le melo black en plus. Idem pour le totalement acoustique « Into the Dawnless Night », carrément dans le même esprit. Un comble pour quelque chose censé être différent.

Heureusement, la suite reste moins influencée comme les morceaux tirés de l’opus d’avant, à savoir « A Palace… », « Nocturnal Winds » et « Far Beyond… » souvent classiques mais disséminant des mélodies entêtantes sur un chant black écorché. Les ambiances véhiculées par les claviers restent froides mais pas aussi hivernales qu’Astral Winter. Elles se marient en tout cas bien avec les riffs.

« The Spirit of the Forgotten Woods » est un titre plus calme où l’intro acoustique laisse place aux guitares entraînantes et à différents types de chant : black, par le duo des Josh et clair par le guest Sam Dishington. Le rythme est ralenti par rapport aux autres titres de l’album, ce qui apporte une autre dimension, moins épique, plus sobre mais aussi plus torturée. Rien à voir avec le rapide « Under the Wings of Darkness » aux touches symphoniques des 90s à la Emperor, rien d’envahissant donc.

Malgré quelques ressemblances flagrantes avec Astral Winter, ce » Voices from the Eternal Night » est un bon album de black mélodique ni trop soft, ni trop agressif, mélangeant riffs bien tranchants, batterie claquante, chant furieux et claviers éthérées pour un résultat très entraînant et immersif.

 

Astral Winter : Perdition

Ξ juillet 1st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal, Symphonic Black Metal |

Astral Winter : PerditionOn ne peut pas dire que le multi instrumentiste Josh Young aura chômé cette année car il sort pratiquement simultanément les nouvelles œuvres d’Astral Winter et d’Atra Vetosus, « Perdition » pour l’un, « Voices from the Eternal Night » pour l’autre, sachant qu’un autre AW est prévu. Bref, il y a de quoi se mettre sous la dent pour les amateurs de black mélodique. Et pourtant. On ne pourra pas dire que « Perdition » est très black mélodique puisque le musicien a décidé de faire un album intégralement acoustique. La guitare sèche, les synthés, le piano et les samples sont les uniques instruments à l’honneur, pour un ensemble plutôt…glacial.

Young nous avait habitués à cet univers hivernal avec « Winter Enthroned » prouvant son amour pour les terres glacées grâce à un black mélodique symphonique de toute beauté. Ici, on retrouve la même ambiance, le metal en moins, mais rien n’est dénaturé. Le piano cristallin y joue beaucoup ainsi que les nappes glaciales, fonds d’ambiance et violons. On entend aussi des samples de vent mais aussi de pluie et d’orage. Pas de neige cependant, tant elle est silencieuse, mais on la devine rien qu’à l’écoute de morceaux tels que « An Endless and Vast Horizon » ou « A Vision in the Eclipsing Moon ». Les mélodies sont telles qu’on s’imagine sans souci les prairies remplies de neige, les arbres dénudés et figés par le froid glacial de l’hiver, la rudesse du vent ainsi que le froid paralysant de la pluie. D’autant plus que tous les morceaux sont reliés presqu’en un par le vent et la pluie.

Malgré un côté simpliste, dû à une certaine linéarité lorsqu’on digère les morceaux ensemble, le travail de composition reste très bon puisque l’ambiance est respectée et qu’une certaine technique apparaît dans les notes de piano. De plus, certaines pistes comme « To Destroy the Vale of Time » et « Shrouded in Mist and Pale Light » se dotent de douces paroles, parfois comme un murmure, parfois comme un écho dans le lointain. Cependant, cela ne suffit pas, certains morceaux sont assez redondants et l’album en entier n’est pas facile à faire passer. Quelques titres de temps en temps, c’est mieux.

En gros, un chouette album ambient acoustique pour Astral Winter qui montre qu’il peut s’adoucir en temps voulu mais certains défauts sont persistants comme les répétitions de passages ou de notes. De plus, l’utilisation permanente des mêmes instruments – et ce de la même manière – ne permet pas de varier le propos. Dommage, mais en tout cas, plusieurs moments valent le détour, si tant est qu’on aime les ambiances glaciales.

“Shrouded in mist and pale light

I behold the palace forever cast in twilight

My spirit heeds the calls to eternity

I embrace Perdition, as my lifeforce whithers away”

 

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