Deathincarnation : Roar from Within

Ξ août 28th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Black Metal |

Deathincarnation : Roar from WithinTrois démos, deux albums, telle est la discographie des Ukrainines de Deathincarnation. Et pourtant, le quatuor peine à se faire entendre et à trouver de fidèles adeptes, malgré une signature remarquée chez le label More Hate Productions, soutenant majoritairement les groupes de l’Est. C’est à « Roar from Within » que nous allons nous intéressés, album sorti en 2011 et proposant un mix de death metal et de black metal à claviers.

Le rendu est plutôt particulier puisque Deathincarnation ne fusionne pas les deux styles. En effet, il les alterne selon les morceaux ou même les passages, comme par exemple sur le premier titre, « Illusion of Forgiveness » qui sonne d’abord death technique avec cet enchaînement alambiqué de riffs puis black limite symphonique lors d’un passage plus direct que technique et plus porté par les blasts et le chant black.

« Possessed by Hatred », lui, fonctionne plus comme un death bien sombre et accentué par les claviers, avec un chant criard. Il n’est pas évident de trouver un style exact pour Deathincarnation qui joue vraiment avec cet alternance entre black et death metal. Black/death est ce qui lui va le mieux même si parfois le technique prime ou même encore le mélo voire le sympho. Le mixage et le mastering, un peu maladroits, ne nous permettent pas vraiment de bien distinguer les instruments, d’où cette difficulté à deviner l’identité du groupe.

On a quand même quelques titres qui sortent du lot comme « Antichristian », sans doute le moment où le black et le death se mélangent le mieux. Les claviers sont beaucoup plus mis en avant de sorte à ce que l’ensemble sonne comme une forme de black symphonique. L’atmosphère est sombre et malsaine jusqu’au break symphonique inquiétant, avec des chœurs. « Descend to Ashes » propose enfin un peu de growl et permet d’entendre autre chose, le chant black de Slay étant un peu lassant. Enfin, la reprise de « Waiting for His Coming » d’Evol change complètement de la version des Italiens. Beaucoup moins atmosphérique, malgré l’introduction fidèle. Le black metal prend le dessus avec tout ce qui s’ensuit : rapidité, blasts, cris black (et non chant clair féminin, comme sur la chanson de base). Les claviers ajoutent une touche épique et symphonique. Dommage toutefois qu’il y ait peu de variations mais Deathincarnation arrive à créer une cover soignée et personnalisée.

Ce deuxième méfait du quatuor ukrainien manque encore de subtilité, malgré des passages bien fichus. L’alternance entre black et death est quelque peu maladroite, comme si on passait brutalement d’un style à un autre. Il faut être plus rigoureux et trouver le bon équilibre pour que le tout s’enchaîne bien.

 

Defcon (USA-2) : Flat Black Philosophy

Ξ août 23rd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Defcon (USA-2) : Flat Black PhilosophyAux Etats-Unis, le Defcon (Defense readiness Condition) désigne le niveau d’alerte des forces armées, allant de 5 (niveau le plus bas) à 1 (niveau le plus haut). Pas étonnant que le quatuor de Chicago ait choisi ce nom de groupe, dans la mesure où il officie dans un metal influencé par les conséquences d’une guerre nucléaire destructrice.

Pour mettre en place une ambiance post-apocalyptique, pessimiste au possible et aux relents futuriste, Defcon se lance dans un cyber metal extrême, noir, froid et inquiétant. Il emmène l’auditeur sur des terres complètement désolées, ravagées de long en large par la guerre. L’homme doit survivre et faire face à des nouveaux dangers.

L’introduction « Radio Silence » nous met alors dans le bain avec ces samples de vent et de radios. Les quelques notes à la guitare instaurent un climat lourd et pesant avant d’enchainer sur un « Retch in Pain » torturé où la rythmique, le chant rageur et l’enrobage électronique sont maître. Les riffs ne sont qu’en arrière plan sur ce titre et Defcon montre qu’il ne s’inspire pas que du metal. On retrouve ainsi de la musique purement industrielle, de l’agrotech ou de l’EBM mêlés aux guitares sur certains morceaux, comme « Last Chance », « Exposure » ou « The Communist ». Mais c’est évidemment cette atmosphère prenante et apocalyptique qui règne tout le long. Les notes aux claviers sont bien choisies, proposant à la fois des moments futuristes mais aussi des moments inquiétants.

Les titres les plus metalliques sont carrément destinés à tous les amateurs de SF pessimiste. Ceux qui ont joué à la série de jeux vidéo Fallout seront conquis par « The Road » qui alterne passage atmosphérique et passage cyber destructeur, ainsi que chant clair et chant rageur. C’est mélancolique et désespéré à souhait et on peut aussi penser au livre et film du même nom. Nul doute que Defcon s’inspire de toute cette culture SF, mais la plus décadente. On le voit sur « Black Flame » qui accélère le rythme et lance des offensives de riffs plus black dans l’esprit, ou « The Flood », aux sonorités plus malsaines.

« Flat Black Philosophy », c’est le son de l’apocalypse, la musique du désespoir et de la solitude, le chemin vers un no man’s land terrifiant. Defcon livre un album passionnant, jouissant de nombreuses influences qui enrichissent les morceaux. Un album cyber noir et décadent passé inaperçu mais totalement immersif.

 

Erimha : Reign Through Immortality

Ξ août 20th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Erimha : Reign Through ImmortalityIl existe une tendance qui se fait de plus en plus courante en ce moment dans le milieu du black/death symphonique, à savoir la tendance visant à mélanger les influences Dimmu Borgir et Behemoth. Sidious et Aeonhyzar, pour ne citer qu’eux, nous l’ont récemment montrés. Il faut dire que c’est une combinaison efficace, puisqu’on y prend les orchestrations de l’un et la puissance de feu de l’autre. L’idéal, c’est que le groupe qui pratique ce type de metal puisse y ajouter sa patte.

Erimha, originaire du Québec, s’en sort plutôt bien. Ce qui fait la différence, c’est le côté épique et véloce presque tout droit sorti de chez Keep Of Kalessin, l’aspect thrash en moins, ainsi que la thématique basée sur la spiritualité et la mythologie sumérienne (Erimha signifiant « armée » ou « légion »). Cela donne une autre couleur aux orchestrations et à l’ambiance générale, parfois mystique, parfois guerrière.

C’est après une introduction sonnant antique à la manière d’Ex Deo ou de Fleshgod Apocalypse que tout s’enclenche comme sur des rouages. « Ascetic » alterne les parties black metal et les parties death metal avec une certaine pointe de mélancolie, sans oublier de mettre le paquet sur le côté grandiloquent du sympho. Car oui, Erimha officie dans un black symphonique très virevoltant, où les claviers ont une très grande place. Ceci dit, le mixage a bien été étudié puisque aucun instrument ne se retrouve étouffé par un autre. Les blasts et les riffs sont bien audibles et puissants, le vocaliste propose growls et cris black, les chœurs renforcent l’aspect sombre et mythologique des compos et le sympho s’intègre particulièrement bien.

Certes, le groupe ne propose rien de nouveau dans le domaine puisqu’il s’agit d’un style – et d’une tendance, comme je l’ai dit – très pratiqué ces temps-ci. Mais il a le mérite de varier les titres et d’offrir une musique efficace et aux bonnes ambiances comme l’excellent « Bewildering Nightmare », mettant en avant des chœurs en latin et un solo de bonne qualité. « The Ritual of Internicion » fait penser à du Keep Of Kalessin qui aurait goûté au plaisir du symphonique, « Saunter to Extinction », l’instrumental, ne nous présage qu’une déflagration et c’est loupé, puisque « Cataclysmic Tides » tend à ennuyer et est un peu mou du genou. Heureusement, Erimha se rattrape avec « Metempsychosis » mais on sent qu’il s’agit de la fin de l’album, on perd en intensité – malgré de bonnes choses, surtout à la fin – et on ne retrouve pas la fougue et la force des premiers morceaux. Il faut dire que les cinq ou six premiers titres sont très bons.

Ce deuxième méfait, « Reign Through Immortality » est vraiment intéressant et mélange bien le black, le death et le sympho, sans que cela soit dénaturé. Erimha a tout le potentiel pour faire parler de lui tant dans sa province québécoise que dans l’ensemble de son pays, mais aussi dans le monde entier. En tout cas, il a déjà une signature chez Victory Records, ce qui est déjà une bonne chose.

 

A Land Beyond the Sea : Weltenwanderer

Ξ août 15th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

A Land Beyond the Sea : WeltenwandererLes différents mythes, légendes et autres faits historiques ont souvent été relatés dans le metal. Les histoires de conquêtes, les vikings, les celtes et autres civilisations anciennes, ont toujours su passionner bon nombre de groupes désireux de les mettre en musique. Mais il est une thématique que peu de formation ont exploité, à savoir les textes coloniaux. Ces rédactions prennent plusieurs formes : lettres, journaux de bord ou encore récits à la limite du romanesque. Leurs auteurs décrivent à la fois les paysages mais aussi les rencontres avec les indigènes sans oublier les actes de barbarie, la cruauté de la colonisation et de la christianisation. C’est de cela que parlent les Finlandais d’A Land Beyond The Sea. Un nom de groupe hors du commun mais très représentatif du contenu de leur musique. Le sextet s’attache tout particulièrement aux ravages de la colonisation. L’EP, « Weltenwanderer », est le début d’un tout centré sur les voyages des hommes sur des terres étrangères (d’où la mappemonde de 1564 d’Abraham Ortelius en guise de pochette) et se focalise sur le peuple Aruba dans les Caraïbes, comme en témoignent les images de peintures pariétales dans le livret.

Pour dépeindre cela, A Land Beyond The Sea officie dans un black mélodique rageur et lourd, mené par un duo de guitare. Le premier titre, « Seafarer » nous transporte sur un bateau vers de nouvelles contrées. Bruits des vagues, des cordes, des voiles mais aussi des cloches, on nous embarque au son du didgeridoo du chanteur/guitariste Nikolas Sellheim. Les guitares nous lancent ensuite des offensives sans un répit le temps de neuf minutes. Les paroles sont centrées sur la mentalité du voyageur, rêvant d’aventure, de nouveauté et de réalisation de soi. Les vocaux alternent chant black, growl et cris rageurs. Nikolas semble plus à l’aise dans le registre du growl death car son chant black manque de maîtrise et est quelque peu faible. La qualité des guitares et les mélodies nous permettent de nous concentrer sur autre chose. Les neufs minutes sont le reflet d’un voyage long qui prend des mois et qui ne se passe pas sans embuches. Les alternances de passages reflètent à la fois la pensée du voyageur et son envie d’aller de l’avant, lors des moments les plus mélodiques, parfois soutenus par du clavier, mais aussi les dangers de la mer, lorsque le rythme s’accélère et que le chant rageur domine.

Les titres sont très longs puisqu’ils dépassent tous les sept minutes. Tout comme un voyage maritime, il faut s’accrocher, tenir la barre et ne pas perdre le nord. « Landtaker » montre une facette plus guerrière puisqu’il s’agit du moment où les colonisateurs mettent pied à terre. Les riffs épiques sont plus nombreux ainsi que les blasts. La mélodie est aussi de la partie pour nous montrer différentes humeurs. Des touches modernes font aussi leur apparition avec des touches électroniques permettant d’enchaîner sur une autre ambiance. Mais c’est surtout sur « I.N.R.I. Conqueror » qu’A Land Beyond The Sea montre une facette plus sombre de sa musique. Ici c’est un combat pour la survie côté indigène, et un combat pour les terres côté conquérants. Le black des Finlandais devient alors plus rageur et plus féroce. On image les affrontements à mesure que les riffs black s’enchaînent. Dommage, une fois encore, que le chant black de Nikola ne soit pas totalement à la hauteur. On perd en immersion. Le chant clair non plus n’est pas totalement réussi. Le groupe a toutefois le mérite de varier les moments et ne pas proposer tout le temps la même chose. Il diversifie les chants, les ambiances et n’oublie pas de nous offrir des samples d’océan ou de la nature.

Après trois titres aussi bien fournis, « Survivor » perd en intensité car trop proche des morceaux précédents. Cependant, il ne présage que du bon pour la suite car cet EP – même cet album – est de qualité et nous fait découvrir une part de l’histoire que nous ne connaissons pas vraiment. Les colonisations ont toutes le même visage, montrant à la fois l’excitation du voyage, l’émerveillement vis-à-vis de l’inconnu, les tentatives de domination puis de capture, jusqu’aux batailles inévitables entre Ancien et Nouveau Monde. A Land Beyond The Sea mélange cela très bien dans un black mélodique bien produit, un peu long et avec, encore une fois, des défauts dans les vocaux.

 

Aeonyzhar : Liberation

Ξ août 12th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Aeonyzhar : LiberationL’Allemagne a toujours eu des formations de black symphonique de qualité mais il faut dire que c’est une scène plutôt sous-estimée voire boudée. Obsidian Gate a eu l’occasion de nous balancer son sublime black symphonique cosmique en pleine figure et Sycronomica nous offre encore des compos de black symphonique mélodique et à tendance pagan. Hélas, l’Allemagne reste encore dans l’ombre de la Norvège, ce qui est bien dommage, car des formations naissantes valent tout de même le détour, comme Aeonhyzar par exemple, originaire de Hanovre.

Il s’agit d’un quintet formé en 2006 mais qui ne s’est réveillé que deux ans plus tard pour sortir le premier EP « Ascension ». Il lui a fallu cinq ans pour préparer le nouvel EP, « Liberation », anticipant l’arrivée d’un possible full length. Les Allemands jouent un death/black symphonique extrêmement puissant et bien mené de bout en bout. On ne pourra pas dire qu’ils ont fait les choses à moitié puisque leurs cinq morceaux sont d’une redoutable efficacité. Mélodique et brutale, sombre et bien orchestrée, la musique d’Aeonhyzar est très bien produite et très bien mixée pour un travail fait maison et sans grands moyens.

Dès « The Glorious Liberation », on découvre un groupe qui a des tripes, mélangeant habilement le death metal et le black metal avec un arrière plan symphonique. Le quintet nous en envoie plein la figure, avec un death penchant vers le made in Poland (Behemoth, Crionics) et un black symphonique pas très loin de Dimmu Borgir. Aeonhyzar se distingue par sa rapidité d’exécution, ses riffs implacables et son côté épique, en témoignent certains moments forts, où le symphonique s’intègre parfaitement à l’ensemble. Quelques voix claires font aussi leur apparition, mais avec parcimonie, comme sur « Seed of Oblivion ». Mais c’est vraiment le côté brut de décoffrage qui prédomine sur les morceaux, avec le growl bien en place de Patrick, proche de celui d’un certain Nergal.

On a quelques surprises même sur un « The Human Arts » sonnant norvégien mais avec des touches de piano à la Sycronomica et un passage néo-classique avec ses envolées à la guitare. On pourrait même retenir quelques influences Arcturus, en particulier sur « Ad Astra », dont le titre rappelle inévitablement un morceau portant le même nom sur l’album « La Masquerade Infernale ». On retrouve un interlude plus industriel mais cosmique avec des sons étranges, dans la tradition de la formation d’Oslo.

Très belle surprise ce « Liberation », passé totalement inaperçu. Aeonhyzar ne sonne clairement pas amateur et sort un très bon EP qui ne présage que du bon. Avec une telle puissance de feu et autant de passages prenants, il fait partie des jeunes groupes allemands les plus prometteurs du moment dans la catégorie death/black symphonique. Une belle réussite.

 

Elderblood : Son of the Morning

Ξ août 10th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Elderblood : Son of the MorningElderblood, c’est une nouvelle formation black symphonique ukrainienne fondée par le multi instrumentiste Astargh, quittant Nokturnal Mortum en 2011 pour se consacrer à son propre groupe. Il recrute son confrère Odalv (Ulvgegr, ex-Nokturnal Mortum) ainsi que le bassiste Hagalth l’année suivante et rentre aux Dark Essence Studios de Kharkiv afin de sortir le tout premier opus, « Son of the Morning ».

Rien à voir toutefois avec Nokturnal Mortum puisque le trio officie dans quelque chose de plus grandiloquent et de très légèrement influencé par le mélo death. Même si on retrouve des relents guerriers et une mise en valeur de la culture ukrainienne à travers les paroles mais aussi des passages épiques, telle une épopée historique, Elderblood a sa patte qui permet de le différencier, notamment les orchestrations très soignées et les offensives permanentes de riffs black tranchants et de vocaux arrachés.

Les morceaux dépassent toujours les cinq minutes trente et peuvent même atteindre les neuf minutes. Ceci est dû au côté plutôt « cinématographique » des compos, le groupe tentant de nous offrir une progression et de ne nous raconter une histoire de bout en bout. Cela commence par une introduction inquiétante où les violons se veulent menaçants, comme si on se situait sur les restes d’un champ de bataille. Déboule ensuite « Dies Irae » qui fait la part belle aux chœurs et aux chants en latin, à la manière d’Hermh. Elderblood, toutefois, ne s’attarde pas là-dessus et enchaîne riffs et claviers puissants. Le chant peut toutefois dérouter puisqu’il s’agit d’une sorte de superposition de voix, le rendu n’étant pas totalement convaincant. La musique reste très commune, même si l’ensemble est tonique. Pareil sur « Manifestation of Dark Essence », qui bien que très énergique, mise principalement sur les orchestrations, les riffs étant plutôt bateau.

Il faudra attendre la moitié de l’album pour découvrir un ensemble plus intéressant et inspiré. Même si la mélodie d’intro de « My Death » reste très prévisible et basique, elle fait mouche tant c’est ce qu’on attend d’un album de black symphonique. Elderblood se rattrape avec les différents passages et la mise en valeur de la basse, en accord avec le piano. Finie la superposition de vocaux, Astargh nous montre sa vraie voix, à savoir un chant extrême ni vraiment black, ni vraiment death. C’est un titre qui reste plus en mid tempo et propose des sonorités très variées. « The XI-th Angle », lui, détonne par sa progression impeccable, ses claviers superbes, et ses mélodies bien choisies. Les riffs sont colorés et la voix nous conte une histoire sur onze parties. Le break est magique et le solo furieux anticipe un passage de pur black symphonique de toute beauté.

L’album se conclut avec un « Re-birth » majestueux et un « Dreamless » ambiant. Elderblood a fait du très bon travail sur ce « Son of the Morning », comme une fusion d’Emperor et de Dimmu Borgir avec un côté plus guerrier et une approche plus classique. Il ne réinvente pas le style et peine quelque peu à s’affirmer lors de la première moitié de l’opus, mais arrive tout de même à nous fournir un black symphonique qui vaut le détour et qui contient ses petites perles. Un bon début.

 

Groteskh : Unconsciousness

Ξ août 9th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Black Metal |

Groteskh : UnconsciousnessC’est en 2010 que le chanteur/guitariste autrichien Holytoxicomaniac a l’idée de fonder un groupe de black metal influencé par des groupes tels que 1349 ou Emperor sans les claviers. Il trouve des membres et stabilise le line-up en 2012 pour commencer à composer le premier album « Unconsciousness », l’enregistrer aux Dreamsound Studios (Graveworm, Serenity) de Munich sous la houlette de Mario Lochert et le signer chez Noisehead Records.

Avec ce premier jet, Groteskh fournit un black metal de bonne qualité, avec quelques tendances mélodiques et des passages qui peuvent parfois rappeler Satyricon. Les Autrichiens délivrent une musique furieuse portée par des riffs bien placés et la voix possédée de Holytoxicomaniac. Ils essaient aussi d’intégrer des éléments modernes, notamment le côté clean du son mais aussi quelques touches industrielles, comme sur « Bloodline ».

Malgré tout, l’album reste classique dans la forme, avec des moments bien black et furieux comme sur le très bon « …at Death » qui ne laisse pas de côté la mélodie ou sur un « Mercy Is Torn » plus mid tempo, laissant place aux atmosphères sombres. Groteskh tente de rendre son black assez classieux comme sur un « Reek of Betrayal » plus progressif dans l’esprit, avec ses différentes parties, ses influences death metal mais aussi acoustiques, comme sur le break à la guitare sèche, suivi d’une déflagration de riffs, à l’image d’un « The Black Uncharted » de Keep Of Kalessin.

Groteskh ne nous laisse pas sur notre faim en tout cas, même le dérangé « Meaningless » et ses soli perturbés arrivent à nous faire tenir jusqu’à la semi balade « Ghosts ». Les quatre autrichiens en costard s’en sortent très bien avec ce « Unconsciousness » bien réalisé. Bien que peu original, l’efficacité et les riffs costauds sont de la partie et tant mieux !

 

Plague Throat : An Exordium to Contagion

Ξ août 5th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Plague Throat : An Exordium to ContagionNé en 2006, en live pour la première fois en 2008 et en concert avec Demonic Resurrection en 2010, les Indiens de Plague Throat ont toujours su prendre leur temps pour faire les choses à leur façon. Il faut dire que sans moyens financiers, il n’est pas toujours facile de réaliser rapidement ses rêves. Il leur a donc fallu du temps pour récolter les fonds nécessaires à l’enregistrement de leur premier EP, « An Exordium to Contagion », qui sort le 8 août chez Incanned Productions.

Le trio originaire de Shillong officie dans un death metal à tendance brutale. Rien que le premier morceau, « The Pretentious and the Deceived », annonce la couleur. C’est après une intro lente et pesante, aux riffs sombres, que s’enclenche la machine avec un assemblement de riffs et de blasts efficaces, entrecoupé de mid tempos histoire d’aérer. Le chanteur alterne growl et chant criard comme sur le bon « Burn » qui sait aussi se faire technique, avec ses riffs bien placés.

Les titres sont très « in your face » sans pour autant se porter sur les atmosphères. Les Indiens lancent en permanence des offensives, les morceaux les plus sombres et écrasants se rapprochant quelque peu d’Immolation. Tout se porte sur l’efficacité, en témoigne la brièveté de la moitié des titres, qui ne dépasse pas les trois minutes. On peut penser que Plague Throat préfère se pencher sur quelque chose de spontané et de passager plutôt que d’étaler et de reléguer l’efficacité au second plan.

Il n’empêche toutefois que Plague Throat a encore beaucoup à apprendre. Si le growl est plutôt bon, le chant criard manque de maîtrise. Les riffs gagneraient aussi à être plus colorés et moins influencés par la scène floridienne (Immolation, entres autres). Enfin la batterie, en particulier la double pédale, sonne trop synthétique, comme en témoigne le premier titre (surtout lors de l’intro) ou même le dernier « Sinking Higher ».

« An Exordium to Contagion » n’est pas un EP qui chamboulera la scène death metal en général. Mais il risque de faire parler de lui en Inde, pays dans lequel les groupes sont plutôt prometteurs et dans lequel la scène est en constante mutation. Une galette de ce genre est toujours encourageante et montre bien que l’Inde est capable de lâcher du death metal intéressant, comme c’était le cas avec le « Morbid Embracement » d’Agnostic un an plus tôt.

 

Fleshgod Apocalypse : Labyrinth

Ξ août 2nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Symphonic |

Fleshgod Apocalypse : LabyrinthEn 2011 sortaient deux albums majeurs représentatifs de la scène death symphonique naissante et de plus en plus à la mode : « The Great Mass » des Grecs de Septic Flesh et « Agony » des Italiens de Fleshgod Apocalypse. Ces derniers avaient montré une approche moins théâtrale que leur confrères, plus bourrine et technique, et loin d’être dans la continuité du « Oracles » qui avait séduit un bon nombre d’amateurs de brutal death metal. « Agony » n’avait pas donc fait l’unanimité, mais avait fortement attiré les amateurs de sympho extrême à la sauce brutale. Une suite était donc attendue. Et c’est cette année que sort le troisième album, « Labyrinth », basé sur le mythe grec du Labyrinth de Cnossos ainsi que sur les personnages qui y sont affiliés.

Ceux qui avaient encore l’espoir de retrouver ce qui faisait le charme d’ « Oracles » ou de « Mafia » seront forcément déçus. Fleshgod Apocalypse s’éloigne encore plus de leurs racines pour se focaliser sur un death technique et symphonique extrêmement grandiloquent. Les orchestrations ont encore plus d’importance que dans l’opus précédent et remplissent énormément l’espace. Si les Italiens retiraient tous les éléments symphoniques, leur musique ne serait plus la même : les guitares servent principalement d’accompagnement et malgré des riffs technico-mélodiques, leur couleur serait toute autre si elles avaient le rôle principal.

Malgré tout, elles ont une présence. Même si une bonne partie des riffs est répétitive, l’autre partie est bien destructrice. C’est maîtrisé, carré et certaines envolées techniques font mouche, sans oublier les soli, c’est le cas sur un titre comme « Reborn », au poil niveau guitare, mais aussi niveau orchestrations, dont l’ensemble sonne comme une mélopée épique, accompagnée de chœurs très enveloppants et de piano.

En parlant de ça, le pianiste et orchestrateur Francesco Ferrini fait désormais partie du groupe à 100%, contrairement aux précédentes sorties où il avait juste collaboré. Cela explique la place prédominante des orchestrations, comme en témoigne l’épique et grandiloquent « Minotaur », imposant sa force et son agressivité. Ce titre mais aussi les dix autres (« Towards the Sun », entres autres), montrent aussi la folie du batteur Francesco Paoli en matière de blast beats. Il faut dire qu’il ne varie pas énormément son jeu. Il se concentre toujours sur un enchaînement féroce et sans concession de double pédale et de blasts à gogo, ce qui remplit une autre partie de l’espace.

Que dire aussi des vocaux…bien incisifs et bien ancrés dans les compos. Le growl est prédominant mais s’accompagne, à l’instar d’ « Agony », de chants criés ou clairs comme sur « Warpledge » ou « Elegy ». Sans oublier les voix bizarres et les chants féminins lyriques, histoire d’insister sur les influences classiques du groupe ainsi que sur le concept basé sur la mythologie.

Malgré tous ces points, la musique de Fleshgod Apocalypse alterne entre moments géniaux et gros bordel grandiloquent. Autant on se retrouve avec des passages où la beauté des orchestrations, la brutalité et la technique du death metal nous font hérisser les poils (« The Fall of Asterion »), autant on découvre petit à petit et avec stupeur que la superposition des différentes couches rend difficile l’écoute de ce « Labyrinth ». Si on prend les blasts beats continus de Paoli et les orchestrations omniprésentes de Ferrini mélangés aux riffs massifs, au piano, aux différents vocaux, et à la guitare basse, on se retrouve avec des compositions dans lesquelles les instruments se happent les uns avec les autres : le sympho happe les guitares, qui elles-mêmes happent le sympho, le tout écrasé par les blasts…Il aurait sans doute fallu aérer les compositions, faire dans la subtilité afin de mieux dissocier les instruments et éviter ce trop-plein de blasts qui lassent très vite. Bourriner juste pour bourriner, faire brutal et ajouter du sympho par-dessus n’est pas nécessaire…surtout pour en faire de la charpie.

Il n’y aura au final que peu de moments de répit. Cinq minutes trente en vérité. La minute acoustique du « Prologue », et les quatre minutes vingt-cinq de conclusion sur « Labyrinth », reprenant le thème d’ouverture, avec des chœurs, du piano et du violon. On se croirait sur la BO d’un film. C’est donc avec du calme que se clôt ce « Labyrinth ». On ressort de l’écoute sans vraiment savoir quoi penser de cet opus. Un opus qui peut à la fois nous faire vibrer, nous transporter des milliers d’années en arrière en pleine Antiquité grecque, mais un opus qui peut aussi nous lâcher en cours de route, nous déstabiliser et nous rebuter, que ce soit l’overdose de blasts, les voix claires qui font de trop, les guitares cachées ou le sympho too much. Même si Fleshgod Apocalypse est unique et propose des moments intenses, il y a encore du travail…

 

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