Solekahn : Nightlights

Ξ septembre 28th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal, Death Metal |

Solekahn : Nightlights9 années de silence…

Pourtant, on ne pourra pas dire que Solekahn n’a rien pour plaire. Depuis ses débuts, le trio a attiré l’attention des médias et des metalleux avertis. Son dark/death occulte a souvent fait l’unanimité, que ce soit avec la sortie du premier EP en 2002 ou celle du tout premier album « The Great Divider » en 2003. Il faut dire que les Français livrent une musique dense, sombre et rêche, qui n’est pas réservée à toutes les oreilles. Mais ils ont aussi une sensibilité et un sens de la poésie qui font leur identité. Evidemment, avant de sortir un nouvel opus, il fallait faire murir l’ensemble. Tout s’est fait entre 2006 et 2012 avec un enregistrement au Labyrinth Studio et une signature chez les Danois de Mighty Music. Et voilà le résultat…

…huit titres dotés d’une noirceur et d’une terrible atmosphère occulte. Une noirceur dans laquelle le groupe s’amuse à faire ressortir des éléments lumineux, tel un contraste, comme semble l’indiquer le titre de l’album. C’est aussi huit titres dans lesquels Solekahn fait d’autant plus ressortir ses influences, passant du death brutal au black atmosphérique sans oublier le doom. « Haste to Decline » est une réelle furie death metal qui bastonne et nous propose des gros riffs, avec son growl possédé et ses blasts modérés. On découvre un groupe qui veut emmener ses auditeurs dans les méandres de la nuit. La lumière est cachée mais ne se révèle que le temps de quelques secondes, en l’occurrence à la fin, grâce aux claviers.

« Silence Until Chaos » fait partie des morceaux les plus complets de l’album. Long, certes, mais riche. Il nous propose différentes facettes, différents types d’influences et de vocaux. Du riffing froid black metal aux accélérations et à la lourdeur death metal, jusqu’aux ralentissements pesants du doom metal, le growl fait aussi place aux vocaux écorchés mais aussi au chant clair atmosphérique. Les claviers, contrairement à la dernière fois, renforcent encore plus ce côté sombre en distillant des petites touches malsaines et des nappes suffocantes.

Plus on progresse dans l’album et puis on découvre des titres étranges qui inspirent le malaise et dégoulinent d’occultisme comme « Underestimate & Fail » avec son riff principal qui nous guide dans des contrées obscures. Le break aux claviers est saisissant de noirceur avec sa rythmique fonctionnant comme une incantation et ces sonorités qui auraient pu apparaître dans la série de jeux vidéo Legacy Of Kain. L’horreur à l’état pur. De même pour le court « Seven More Needles ». Ensorcelé.

Solekahn livre un très bon successeur à « The Great Divider » avec ce « Nightlights » possédé qui mérite plusieurs écoutes attentives pour en saisir son essence. Son dark/death se révèle très inspiré et suffisamment glauque pour passer un moment perturbant et particulièrement intense. Les neuf années de silence en valaient le coût. Vous êtes prévenus.

 

Mind Whispers : Cosmic Obedience

Ξ septembre 24th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Mind Whispers : Cosmic ObedienceCela fait dix ans que Mind Whispers existe, le combo est donc loin d’être un newbie, en témoignent le nombre de ses sorties (trois albums entre 2005 et 2010) et le nombre de concerts qu’il a pu effectuer (plus de 200). Il faut dire qu’il a longtemps manqué d’exposition alors que certains de ses opus se sont fait remarquer, comme « Near Death Experience », et que des membres de Minushuman ont fait partie de l’aventure (Lionel et Gaspard). Mais peut-être que Mind Whispers ne cherche pas à tout prix l’exposition puisqu’il signe chez le jeune label This Is 4 Us Productions pour la sortie de son tout nouvel album « Cosmic Obedience ».

Il ne faut toutefois pas croire que les Bergeracois se contentent d’opter pour de petits moyens et une petite production. Loin de là, les musiciens se sont quand même dégoter le mastering de Brett Caldas-Lima (Cynic, Megadeth, Devin Townsend) et l’imaginaire de Stan W-Decker pour l’artwork (Iron Maiden, No Return, Dysmorphic) pour un ensemble très aérien. En effet, le quatuor officie dans un death metal atmosphérique aux arrières plans cosmiques. Il ne mise donc pas sur l’agressivité ni sur la brutalité, mais sur les harmonies et sur un certain côté éthéré comme sur le très chouette « Drawnash ». Par conséquent, il ne s’agit pas d’un gros death metal qui tache ou qui fait des dégâts. C’est avant tout un voyage que nous offrent les Aquitains. Un voyage qui, par son côté posé et mélodique, tend parfois à être un peu longuet comme sur « Negative Sphere ». Mind Whispers a du mal à nous faire accrocher tout le long, malgré son intro limite acoustique proche d’Opeth, son arpège à la guitare qui reste dans notre tête ou ses quelques riffs malsains. Il aurait fallu accélérer le rythme le temps d’un moment, histoire d’ajouter des péripéties.

« Infinity », toutefois, est plus dynamique, plus tranchante, malgré un rythme qui peine à décoller. Evidemment, il s’agit de death atmopshérique mais même les riffs peuvent paraître plats par moment, sans grande personnalité ni même réelle incision. Il faut attendre la moitié du morceau pour découvrir une atmosphère plus prenante, grâce à l’apparition du clavier d’Hubert Chort, qui distille une ambiance épique. L’éponyme par contre (« Cosmic Obedience ») est une vraie réussite et sans doute un des meilleurs morceaux du groupe. On ressent le côté progressif, pas que par la longueur du titre, mais aussi par ces changements de structures et cette basse bien présente et bien personnelle. On a enfin droit à des moments plus énervés, teintés d’éléments black metal, avec ces riffs et cette voix écorchée. Les claviers y jouent beaucoup puisqu’ils relèvent l’atmosphère et renforcent l’aspect cosmique de la compo. Sans oublier le final mélancolique et mesuré. Il faut absolument que Mind Whispers continue sur cette lancée.

Cet album est donc difficile à cerner. On découvre un groupe qui a progressé et qui sait davantage où il va. Mais il peine encore à nous emmener dans son univers. Les morceaux ont beau être atmosphériques, quasi industriels, il manque de quoi nous faire tenir le cap : peu de force, des riffs souvent mous mais paradoxalement inspirés, un chanteur qui n’a pas toujours l’air d’être assez place car trop en retrait. Mais à coté de ça, on a quand même une ambiance très sympathique, des harmonies et des mélodies envoûtantes et des morceaux qui valent le détour. Mind Whispers se contrôle trop. Il faut se lâcher, sans faire dans la démesure, et enlever le côté clinique de l’ensemble pour ajouter de la puissance et immerger l’auditeur. Quand on entend un morceau comme l’éponyme, on est sûr que le groupe a un potentiel énorme. Courage !

 

Dysmorphic : A Notion of Causality

Ξ septembre 18th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Dysmorphic : A Notion of CausalityAu début, Dysmorphic c’est Necroticism, un petit groupe tourangeau ambitieux mais encore timide, auteur d’un premier EP en 2009 nommé « Orphans of Sheol » qui propose un death metal à tendances brutales mais encore trop classique. La bête s’est petit à petit réveillée avec un changement de style et par conséquent de patronyme avec la sortie du second EP « Dysmorphic » un an plus tard. Le groupe se montre alors plus incisif grâce à son brutal death technique plus accrocheur. Il enchaîne ensuite les dates et accompagne sur scène des formations comme Demented ou Ad Patres. Cela semble convaincre le géant Unique Leader de laisser une place aux Tourangeaux dans son écurie.

Car en 2013, Dysmorphic se révèle avec la sortie du premier full length « A Notion of Causality » dont le mastering a été effectué au Conkrete Studio (Gorod, Minushuman, Eryn Non Dae) et dont l’artwork a été réalisée par Stan W-Decker (Timo Tolkki’s Avalon, Vulcain…). Le quintet allie très bien ses influences « classiques » du début (Death, Morbid Angel) et ses influences technico-brutales actuelles (Decrepith Birth, Gorod ou même Obscura). Au sein des onze pistes, il nous assène de frappes chirurgicales où les plans alambiqués ne font qu’un avec le groove de la batterie et de la basse. Les blasts beats sont bien dosés si bien que sa musique n’en est pas bourrée. Même si l’ensemble est brutal, il arrive à installer un côté fluide et aéré qui nous permet, malgré tout, d’avoir un moment de répit entre deux assauts de riffs. De plus, nous découvrons encore une fois la technique vocale d’un nouveau chanteur (Baptiste Boudoux). Ce dernier ne fait pas dans le growl grave mais plutôt dans les vocaux arrachés, à moitié growlés. Nous pouvons d’ailleurs nous rendre compte de la différence de registre avec le morceau « Suffer by Our Ancestors », qui figurait en bonus sur l’EP « Dysmorphic », mais qui se retrouve ici bien plus puissant.

Dysmorphic joue aussi beaucoup la carte de la mélodie puisque nous avons droit à pas mal d’envolées de riffs et de soli. Ils partent souvent dans tous les sens, accompagnés d’une basse virevoltante et très technique, à la Obscura ou à la Spawn Of Possession, comme sur « Sceptical Existence » ou « Cerebral Hemispheres » pour ne citer qu’eux. C’est alambiqué, carré, très travaillé et tout s’enchaîne avec férocité. Sans oublier les différentes variations, comme dans « Disenchantment », qui commence de façon plutôt rapide pour ralentit le rythme de manière inattendue. Et ce petit côté jazzy prédominant, grâce à la basse, qui se découvre sur « Defeaning Screams of Pain » ou sur l’excellent et sombre « Flavors of Unknown Spaces ».

Les Tourangeaux s’en sortent très bien avec des titres qui envoient bien le pâté. On regrettera malgré tout quelques longueurs dans des titres qui ont du mal à décoller ou l’utilisation maladroite des samples, le début de l’éponyme « A Notion of Causality » n’arrivant pas à réellement instaurer une ambiance, tout comme le final de « Sceptical Existence » qui aurait pu aussi agir comme l’intro de « Cerebral Hesmispheres », histoire d’avoir une continuité. Dysmorphic sait en tout cas où il va, à savoir vers un death technique brutal mais aussi mélodique, sans concessions, pas loin de ce qui se fait de très bon dans le domaine. A suivre !

 

Stormlord : Hesperia

Ξ septembre 15th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Stormlord : HesperiaStormlord a toujours su prendre son temps pour confectionner ses albums, en témoigne le bon « Mare Nostrum » qui aura mis quatre avant de voir le jour. Pour « Hesperia », c’est cinq ans que l’on a dû attendre, une petite éternité pour les amateurs du groupe. Et pour cause : les Italiens ont encore souffert d’un changement de line-up, les guitaristes et claviéristes ayant mis les voiles, rapidement remplacés par, respectivement, Andrea Angelini et Riccardo Studer. Ils ont aussi signé chez un nouveau label, à savoir Trollzorn Records, très tourné vers le folk et le pagan. Par contre, il y a quelque chose qui ne change pas chez Stormlord : son goût pour le travail de qualité et la mythologie gréco-romaine.

A l’instar de « Mare Nostrum », les Italiens continuent sur leur lancée avec un voyage maritime vers le jardin des Hespérides dans lequel vivent des nymphes qu’on nomme, évidemment, les Hespérides. Parmi elles, il y a la fameuse Hespérie, la femme dont les musiciens semblent s’intéresser le plus. C’est donc sur cette idée que s’ouvre l’album avec « Aeneas », tambours en avant. D’entrée de jeu, on sent que Stormlord a pris un autre tournant. Même si l’ensemble reste épique et férocement efficace, on découvre une approche plus progressive et un goût beaucoup plus prononcé pour les influences death metal. Mélangés aux éléments symphoniques et à son black metal moderne, on découvre un groupe dans l’air du temps, qui n’a pas peur d’évoluer, sans pour autant nous faire un fourre-tout maladroit. Non, Stormlord mélange ça bien et sait entraîner l’auditeur dans son univers sans qu’il se perde une seule seconde. « Aeneas » est vraiment une belle entrée en matière avec une puissance indéniable.

« Motherland » et son ambiance arabisante rappelle le « Legacy of the Snake » présent sur « Mare Nostrum », à la différence que le sitar (assez cliché quand même dans le metal oriental) disparaît au profit d’autres instruments traditionnels plus immersifs. On a l’impression d’entendre un Orphaned Land ayant passé du côté du black metal. Ce passage du côté de l’oriental n’est pas anodin puisque dans la mythologie, le jardin des Hespérides était censé se situer sur les rives océaniques du Maroc. Le côté oriental a réellement été travaillé puisque même les guitares nous offrent des riffs et des mélodies arabisantes. Il faut dire que Stormlord semble avoir envie de se mettre à la page. L’oriental dans le metal est assez à la mode en ce moment. Mais pas que. Les bidouilles électroniques le sont aussi et les Italiens n’ont pas oublié d’en intégrer quelques unes, dans « Bearer of Fate ». Que ceux qui n’aiment pas ça se rassurent, ce n’est pas flagrant, elles sont même rares et apparaissent en particulier au début, sous la forme de voix synthétiques. Cela ne gâche en rien le souffle épique qui règne sur l’intégralité de ce morceau, morceau dans lequel la douce voix d’Elisabetta Marchetti fait son apparition.

La force de cet album réside aussi dans la capacité qu’a Christiano Borchi d’alterner les vocaux. On passe du chant black au chant death en passant par le chant clair ou la narration. C’est encore plus varié et surtout mieux exploité et mieux maîtrisé. On découvre un growl plutôt poignant sur un « Hesperia » chanté en italien qui joue la carte du doom/death symphonique, avec de très belles orchestrations qui pourront, éventuellement, rappeler Rhapsody. Le tempo se ralentit avec une instrumentale au piano assez mélancolique (« Sic Volvere Parcas ») longue d’une petite minute. Ca a beau être relaxant, ça m’apparaît plus comme du remplissage qu’autre chose car ce titre n’apporte rien de concret à l’album. Ce point d’interrogation passé, on pourra se délecter de « Those Upon the Pyre », la chanson la plus progressive de ce « Hesperia », qui joue sur les ambiances et les tonalités. La harpe et les vagues nous guident jusqu’à des orchestrations impériales à la Ex Deo avant de nous offrir un morceau tout en finesse, basé sur un rythme mid tempo. On découvre les mille et unes facettes de Stormlord, notamment la diversité des vocaux, le tranchant des guitares, la douceur des parties acoustiques, et j’en passe. Un final en apothéose.

« Hesperia » est un album très abouti et est sans doute une œuvre majeure dans la carrière de Stormlord après le terrible « Gorgon Cult » et le réussi « Mare Nostrum ». Les Italiens nous montrent qu’ils savent s’adapter et qu’ils ne se laissent pas abattre, même après un changement de line up. Les compositions sont suffisamment riches et prenantes pour passer un très bon moment. Stormlord a encore muri, et s’est en plus offert les services de Giuseppe Orlando pour ce qui est de la production (Necrodeath, Crest Of Darkness) et de Mika Jussila pour ce qui est du mastering (Nightwish, Amorphis, Finntroll…). Comme quoi, nos chers Italiens ont bien fait de prendre leur temps…

 

In The Guise Of Men : Ink

Ξ septembre 12th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Metalcore, Modern Metal |

In The Guise Of Men : InkActif depuis 2003, le groupe In the Guise of Men a cependant mis un peu de temps pour faire parler de lui. L’EP cinq titres sorti en 2005 a eu du mal à attirer l’attention, faute de distribution. Pourtant, le combo proposait déjà une musique éclectique et originale, sortant carrément des carcans. Il remet le couvert sept ans plus tard mais cette fois-ci avec de meilleurs moyens de diffusion : une production et un mastering au Ltpstudio et une signature chez Send The Wood Music.

Dans quelques jours sort le second EP de In the Guise of Men nommé « Ink ». La musique est de nouveau difficile à classer tant le groupe s’amuse avec les styles, les humeurs et les ambiances. Il s’agit d’un metal résolument tranchant dans lequel les musiciens diversifient les rythmes, apportant une certaine intensité. On passe autant du mid tempo au rapide (« Dog to Man Transpositions ») sans oublier de faire un tour du côté du plus lent avec le pesant « Blue Lethe ». On découvre aussi quelque chose de plus axé sur la polyrythmie, en témoignent ces riffs saccadés et mathématiques. Nous ne parlerons cependant pas de djent dans la mesure où In the Guise of Men n’intègre pas cette tonalité. Il s’agit donc d’une polyrythmie dense qui se mélange à des riffs moins carrés, plus naturels voire plus sombres comme sur « Suicide Shop ».

La bande ne prive pas pour autant sa musique d’émotion. On découvre autant de colère que de mélancolie avec des titres alternant moments plus aériens et moments plus destructeurs. Les chants se mélangent, que ce soit le chant rageur, le chant clair ou les cris. On passe de l’un à l’autre avec cohésion et on a l’impression d’assister à des conflits dans le cerveau d’un homme comme sur un « Drowner » très mélancolique. La désillusion d’un « Sale Paradise » peut aussi être intéressante même si la justesse du chant peut parfois titiller. Ce détail fait partie des petits défauts de l’EP, le chant étant assez particulier et pas toujours bien en place. Il n’empêche qu’il est indispensable à la musique d’ In the Guise of Men mais aurait gagné en intensité s’il avait été plus juste. Autre petit défaut, la ressemblance de certaines structures (liée, sans aucun doute, à la polyrythmie).

Il n’empêche qu’In the Guise of Men améliore son jeu par rapport à l’EP précédent et jouit d’un meilleur son. Sa musique éclectique est un atout majeur puisque cela permet à l’auditeur de découvrir ses diverses facettes. Il est de ce fait sûr et certains que le groupe pourra, à l’avenir, nous montrer de nouvelles sonorités et de nouvelles émotions, histoire d’expérimenter un peu plus. On espère alors en découvrir davantage (en particulier parce que « Drowner » et « Dog to Man Transpositions » figuraient déjà sur l’EP de 2005).

 

Kimaera : The Harbinger of Doom

Ξ septembre 6th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death, Oriental Metal |

Kimaera : The Harbinger of DoomKimaera aura subi de nombreuses mutations. Que ce soit un changement de nom et de style au début de sa carrière (le Chimera heavy metal se transformant en Kimaera doom/death) ainsi que de nombreuses allées et venues au niveau du line-up, faisant que le chanteur/guitariste JP Haddad est le seul membre fondateur…le groupe libanais a eu du mal à trouver une stabilité. La preuve encore cette année, puisque le batteur Erce Arslan a rejoint ses rangs. Pourtant, ses albums ont tous attiré l’attention : le premier et maladroit « Ebony Veiled » en 2006 et le mature « Solitary Impact » en 2010. Kimaera se distingue par l’intégration de claviers aux sonorités dramatiques et d’un véritable violon aux notes mélancolique, faisant de lui une entité originale dans le paysage doom/death moyen-oriental. Rien à voir avec les Jordaniens de Bilocate et de Chalice Of Doom. Kimaera met en avant les parties death et les touches atmosphériques de sa musique.

Cela se ressent toujours avec le nouveau méfait, « Harbinger of Doom », quelque part entre Anathema, Paradise Lost et My Dying Bride, avec les touches orientales et les instruments traditionnels en plus. Enivrant de profondeur, de mélancolie, mais aussi de beauté, les Libanais montrent qu’ils ont une forte personnalité. « Ancien Serpents » le prouve avec son introduction très accrocheuse, menée par des riffs lourds, ces chants arabes et ces claviers atmosphériques. Le growl de JP a beaucoup de charisme et mène de bout en bout un titre variant les moments épico-symphoniques à la Aeternam et les moments les plus portés sur les ambiances. L’auditeur goûte aux douceurs de l’orient et s’embarque à la fois dans un ensemble agressif où les riffs mènent la danse, avec des claviers et un rythme soutenu.

Même si le death est souvent mis en avant, le doom et sa mélancolie apparaissent toujours à un moment ou à un autre. « Daugther of Eve » nous offre un passage superbe, claviers, violon et chant féminin en tête, de même pour « Castual Stray », débordant de lumière. Bien que les riffs et les growls ne soient jamais loin, ils ne détruisent en rien la beauté des moments les plus tristes et dramatiques. Ils les relèvent, en apportant cette touche d’agressivité. Le côté oriental y fait beaucoup aussi, la gamme mettant souvent en avant des instants touchants. Ou au contraire épiques, lorsque le rythme s’accélère, comme sur l’excellent et sombre « Claim the Dark », avec ses mélodies typiques à la guitare et aux claviers. Incisifs, sur le féroce « Blood of Saints », un des meilleurs morceaux.

« The Harbinger of Doom », c’est une connexion de très grande qualité entre doom et death, entre lumière et ténèbres, entre Est et Ouest, entre atmosphères et agressivité, un album aussi touchant que rageur, montrant un groupe très mature et en passe de devenir une des références du Moyen-Orient, que l’on parle de death/doom ou de metal en général. Désormais, Kimaera ne nous montre plus son potentiel, mais son talent.

 

Herrschaft : Les 12 Vertiges

Ξ septembre 5th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Herrschaft : Les 12 VertigesAprès cinq ans sans nouvelles, on ne s’attendait pas vraiment à un retour aussi fulgurant et pourtant. Il y a peu de temps on nous annonçait l’arrivée d’un nouvel album encore une fois signée chez les Italiens de Code666. Tout se dessine peu à peu avec la mise en ligne de teaser. Eh oui, Herrschaft est véritablement de retour. Pour ceux qui ont un train de retard, les Parisiens ont marqué la scène cyber metal de leur frappe maléfique avec l’EP « Architects of the Humanicide » (2006) qui explorait le futur synthétique de l’humanité, et « Tesla » (2008) qui décrivait une humanité vouée à la destruction à cause de son égoïsme. Ce sont les « 12 Vertiges » qu’Herrschaft met en avant en cette rentrée, avec quelque chose de plus centré sur l’esprit humain et toute sa perversité.

Herrschaft, c’est un cocktail explosif de metal extrême et de cyber à tendances électro « dance floor ». Les claviers et la programmation ont un rôle dominant puisque ce sont eux qui plongent l’auditeur dans une atmosphère sombre et apocalyptique. Les riffs distordus et la voix criarde et maladive, typée black, permettent de relever l’aspect malsain, pervers et déshumanisé. Les Parisiens ne font pas dans la dentelle puisque l’ensemble est plutôt agressif et renversant comme le montre particulièrement bien « Gates to Dream », pas très loin d’un « Human Soul » : on est embarqués au sein de cet enchainement de riffs et de touches électroniques bien placées et immersives.

On reste en terrain connu avec des morceaux comme « Rat in Cage », « Virtual Medication » ou « Mephedron Trip », avec cette rage électronique, ces offensives métalliques et ces vocaux arrachés. Mais il y aussi des nouveautés, notamment l’apparition de guest, comme Jessie Christ présente sur trois titres. Sa voix aigue de perverse renforce cet aspect tordu et cinglé mais apporte étrangement une touche orientale comme sur « Kimi Ga Yo », ou « Seducing Dementia » qui brille par la diversité de ses sons. « Endlessly Revolving », lui, offre quelques parties plus symphoniques aux côtés d’un mid tempo inquiétant et d’électronique imposante tandis que « Allmighty », avec CNX en featuring, nous gratifie de quelques chants clairs. La diversité des chants n’est pas anodine : elle représente bien les conflits et le côté perturbé d’un esprit humain.

Herrschaft expérimente de nouveau avec « Les 12 Vertiges », se focalisant moins sur la rapidité du rythme mais plus sur la lourdeur, le côté pesant et décharné des morceaux. Moins culotté que « Tesla » qui frappait dur et fort sur chaque titre, l’album reste très bon et bien représentatif de l’univers pessimiste et synthétique des Parisiens. Produit par Zoé H. (The CNK), ce nouveau méfait a de quoi faire bouger la scène cyber française, relancée il y a peu par le cyber death/metalcore de Noein (« I-E-R »).

 

Sabled Sun : Signals III

Ξ septembre 2nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Ambient |

Sabled Sun : Signals IIIAvec Atrium Carceri, Simon Heath explore des sentiers désertiques dans un univers post-apocalyptique, montrant ce qu’il reste de l’humanité à travers une atmosphère sombre et pessimiste. Afin de se diriger vers quelque chose de plus planant et de moins pesant, le Suédois a décidé, en 2012, de fonder Sabled Sun. Il s’agit aussi de dark ambient mais cette fois-ci dirigé vers quelque chose de plus spatial, suivant un concept tout particulier : après être sorti d’hibernation dans un monde dénué de toute vie humaine, un protagoniste essaie de savoir ce qui lui est arrivée et ce qu’elle est devenue. « 2145 » et « 2146 » étaient le reflet d’un voyage « sur terre ». La série des « Signals » est, au contraire, un voyage dans l’espace.

Tout comme « Signals I » et « Signals II », « Signals III » est constitué d’un seul et long morceau. Ici, c’est plus de quarante six minutes d’ambiance spatiale, envoûtante et berçante. A travers son concept de science-fiction, Simon Heath nous propose un périple dans les ténèbres de l’espace. La froideur de l’univers nous est offerte, l’émerveillement ressentie face aux différents corps célestes nous arrache à notre routine. Le musicien pose une nappe sombre en background et joue avec, avec des allées et venues de sons, de mélodies feintes, de bidouilles qui nous rappellent le vide stellaire. L’ensemble est assez linéaire, il faut le dire, la progression n’étant pas toujours évidente, mais certaines touches sont très subtiles, comme l’apparition d’autres nappes ou l’impression d’entendre du vent.

En cela, il ne faut pas s’attendre à découvrir de nombreux changements. Il s’agit de space/ambient pur et dur, tout se pose petit à petit même s’il faut attendre pendant de longues minutes. Certains sons arrivent à nous déconcentrer et rappellent le concept établi à travers la série des « Signals » : le protagoniste capte différents signaux lui permettant de découvrir ce qui est arrivé à sa planète. Nous sommes donc à côté de ce protagoniste : nous voyageons avec lui, nous captons, nous aussi, certaines choses, nous les analysons lorsque nous tentons de comprendre certaines sonorités…jusqu’aux dernières minutes, plus brouillées, plus inquiétantes et pesantes : une nouvelle fréquence, une nouvelle réponse ?

« Signals III », c’est un voyage musical d’une profondeur peu commune. L’espace nous tend les bras et nous n’avons plus qu’à nous perdre dans cette immensité. Même si le concept science-fiction nous guide, nous avons tout de même l’opportunité d’imaginer et d’ouvrir notre esprit. Il s’agit d’un opus fait pour ceux qui aiment s’immerger progressivement dans un univers où tout est possible…

 

  • Index

  • Reviews

  • RSS Spirit Of Metal News

    • [Chronique d'album] Naos (FRA) : Unity in Diversity - Awakening 28 mars 2017
      Metal Mélodique-France, "Une formation que l'on retrouve sous un autre jour..." […]
    • [news] Shadowman : Nouvel album 28 mars 2017
      Le nouvel album du groupe, Secrets and Lies, sortira le 19 mai via Escape Music Ltd. Tracklist: 1. Gravity 2. Automatic 3. Put It All on Love 4. Contagious 5. Broken Bones 6.... […]
    • [news] Sinner (GER) : Clip Vidéo 28 mars 2017
      Le groupe a dévoilé le clip du titre "Road to Hell" issu de l'album Tequila Suicide qui pour rappel sortira le 31 mars. Source : https://www.facebook.com/SinnerBand/ […]
    • [news] Manigance : Tracklist du nouvel album dévoilée 28 mars 2017
      Le groupe de Metal Mélodique français a dévoilé  la tracklist de son nouvel album "Machine Nation".   Source : https://www.facebook.com/Manigance-366384643187/?fref=ts […]
    • [news] U-bilam : U-Bilam signe chez Music-Records 28 mars 2017
      U-Bilam (Urban – Metal) a signé chez Music-Records pour la sortie de leur 1er EP, prévu pour fin 2017. Ils entreront au Track Down Music courant Avril, pour les enregistrements, le reampig, mixage, production & mastering. Facebook :... […]