Ex Machina : Autonomous Automation

Ξ octobre 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Ex Machina : Autonomous AutomationCela fait trois ans qu’Ex Machina officie sur la scène cyber metal et il faut dire qu’il se fait légèrement timide depuis tout ce temps. Même si quatre albums sont sortis en 2012 (dont le très bon « Machinist »), le one man band ne bénéficie pas d’une très grande exposition, et c’est dommage au vu du talent du multi instrumentiste. Il a pourtant le mérite de proposer des opus plus innovants que ce qui a tendance à se faire en ce moment (comme, par exemple, les redondances de Tyrant Of Death). Malheureusement, il reste dans l’ombre de ceux qui ont les moyens et les capacités pour se mettre sur le devant de la scène.

Ex Machina pourrait être considéré comme un « sous-groupe » de cyber pour certains alors qu’il arrive néanmoins à mélanger des éléments qui donnent un rendu plutôt redoutable et efficace. Il emprunte le côté instrumental et technique de Kreepmaster, le côté bourrin et percutant de Tyrant Of Death (sans le côté djent néanmoins) et la lourdeur et la férocité du death metal. On ajoute à cela l’enrobage électronique, les bidouilles, l’atmosphère futuriste, sombre et pessimiste, et vous avez le nouveau méfait d’Ex Machina, « Autonomous Automaton ».

L’album aurait pu sortir plus tôt, mais le jeune compositeur a du faire face à quelques contretemps. D’un côté, ce n’est pas plus mal puisque ce retard lui a permis de se focaliser davantage sur la qualité de ses compositions et de sa production. Le son en ressort donc meilleur, plus professionnel et plus carré que les opus précédents. Le jeu de guitare a gagné en maturité. Les titres nous proposent quelque chose de plus complet. Le musicien ne se contente pas de nous balancer des riffs et de changer de style de titres en titres, comme il l’avait fait sur « Machinist ». Ici, on a quelque chose de cohérent et on alterne passage tranchant, passage plus mélodique, passage plus technique, comme « The Cancer Host », qui commence de manière inquiétante avec des samples et quelques orchestrations.

Ex Machina nous offre des compositions plus sombres et plus torturées, guidées par une guitare efficace et des bidouilles électroniques bien futuristes. « Tetragrammaton » se la joue hypnotique avec une programmation de sons aux petits oignons et « Shinra Tensei » est l’archétype même de l’univers cyber punk que Ex Machina essaie de nous dépeindre. Les riffs death metal se mélangent avec des claviers plus aériens même si on retrouve bien le côté décadent et ultra futuriste propre au cyber.

Mais cela ne fait pas tout. Sur cet opus, il semble clair que le multi instrumentiste essaie de garder une ligne directrice principale. Il essaie de garder la même ambiance tout le long et de proposer un riffing, comme sus-cités, cohérent et un panel de sons en adéquation avec son identité. Toutefois, cela ne fonctionne pas toujours car on manque en diversité sur certains titres et la linéarité finit toujours par pointer le bout de son nez, comme sur « Nanomachines » où les touches industrielles sont clichesques et où les riffs rappellent les œuvres passées d’Ex Machina. Pareil pour « Wires & Flies » qui distille une atmosphère bien mécanique et robotique, mais qui finit par lasser. En fait, on connaît déjà la chanson et on en attend davantage d’un musicien aussi atypique qu’Ex Machina. Ce qu’il aurait fallu, peut-être, c’est du chant, histoire de renforcer l’ambiance et d’accentuer ce côté robotique.

Ce « Autonomous Automaton » ne sera pas aussi convaincant que « Machinist » ou « Hi-Tech / Low Life » mais a au moins le mérite de nous montrer un musicien qui a encore des idées et qui essaie de s’orienter vers un style en particulier. Peut-être devra-t-il songer à faire intervenir des membres de session histoire d’intégrer quelques influences nouvelles. Il ne faut pas tomber dans le piège de la composition facile et ne pas oublier que le cyber metalleux averti en attend toujours plus d’un style qui s’essouffle de plus en plus rapidement et qui ne tourne, il faut le dire, qu’autour de Sybreed

 

Filter : Title of Record

Ξ octobre 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Alternative |

Filter : Title of RecordAprès avoir quitté Trent Reznor et Nine Inch Nails pour créer son propre groupe sobrement baptisé Filter, Richard Patrick sort avec son ami Brian Liesegang le premier album en duo (et grand succès) « Short Bus » dans lequel les compères se partagent les tâches et utilisent une boîte à rythme. Ils officient dans un metal/rock industriel à la NIN mais en plus accessible et avec une personnalité toute particulière, le bourreau de travail qu’est Richard Patrick désirant monter son groupe le plus haut possible et loin de l’ombre de son ancienne formation. Autant dire que la pression est forte au sein de la formation américaine. D’autant plus que les années qui suivent la sortie de « Short Bus » sont compliquées et il est alors difficile de savoir si le premier succès commercial de Filter allait avoir un petit frère.

Les différentes propositions de tournées les obligent à engager de nouveaux membres, Geno Lenardo à la guitare, Frank Cavanagh à la basse et Mark Walker à la batterie alors qu’initialement, Richard Patrick et Brian Liesegang comptaient suivre ce qu’ils avaient entamé avec « Short Bus », c’est-à-dire travailler en duo et avec leur propre moyens. Et même si tous les membres réunis apparaissent sur le vidéo clip « Dose », même s’ils travaillent sur des soundtracks pour X-Files, Spawn ou encore The Crow : City of Angels, c’est la débandade. Liesegang a d’autres projets et se tourne petit à petit vers un style de rock à tendances électroniques à la Radiohead tandis que Patrick, lui, veut conserver le style très couillu et lourd de leur précédent effort. Ils ont beau collaborer avec le groupe The Crystal Method, cela ne fait qu’envenimer les relations, l’un montrant de plus en plus son amour pour l’électro et l’autre désirant le mettre hors-jeu. Avec les disputes et les clashs, cela mène inévitablement au départ de Liesegang et des autres membres (Lenardo, Cavanagh et Walker) dans la foulée.

Patrick, qui a montré son côté possessif et exclusif, subit alors une traversée du désert. Son groupe a explosé, il n’a pas de studio et n’est pas vraiment polyvalent et décide donc de se prendre en main. Il se met alors à composer tout seul, à maîtriser d’autres instruments, à écrire des paroles et à monter son home studio « Abyssinian Son » après quelques soucis de bail. Il rencontre ensuite le producteur et ingénieur du son qui l’épaule lors du processus de composition et d’enregistrement. Mais Patrick ne se sent pas la force de continuer seul, il lui faut des musiciens, et en particulier ceux qui ont participé à la tournée de « Short Bus ». Walker est indisponible, puisqu’il est en tournée avec The Smashing Pumpkins, idem pour Lenardo, qui a une famille et qui sent bien que ses attentes sont différentes de celles de Patrick, mais ce dernier finit par être conciliant et le fait revenir. Cavanagh est aussi de retour. Steven Gillis remplace alors Walker au poste de batteur.

La bande de nouveau formée travaille donc sur les ébauches de Patrick, ses bouts de morceaux et ses paroles, et bossent comme des fous en s’octroyant les services de quelques musiciens de sessions (guitare acoustique, programmation, trompette, violoncelle, percussions…) et du mixeur Ben Grosse.

« Title of Record » nait petit à petit entre 1998 et 1999 avec onze compos plus sombres et surtout basées sur les expériences passées de Patrick. On s’éloigne du côté industriel de « Short Bus » et on se dirige plus vers un metal influencé par différents courants musicaux, comme le hard rock, la musique acoustique ou même le rock progressif. Les années de battement entre le premier opus et celui-ci a permis à Patrick d’améliorer son jeu et aussi sa voix, il alterne plus facilement chant rageur (dans le genre, type en colère) et chant plus doux et ultra modulé. Cela se sent directement dans « Welcome to the Fold », un des titres phare, qui s’étend sur plus de sept minutes et alterne entre rage excessive à coups de gros riffs et mélodie metallique guidée par quelques percussions. Grosse réussite de Filter, qui arrive à tenir l’auditeur jusqu’au bout, même avec son break atmosphérique, et qui justifie à lui seul l’écoute de l’album.

Il n’y a aucune honte à dire que Filter enchaîne les hits sur ce « Title of Record ». On comprend alors pourquoi il a fini disque de platine. Sur « Captain Bligh », Patrick n’a jamais eu une voix aussi belle, modulant son timbre comme jamais à mesure que les riffs et les moments tranchants s’enchaînent. On dit que ce morceau a été écrit en rapport avec Trent Reznor et son comportement antisocial lorsque le leader de Filter était encore chez NIN. « The Best Things », lui, conserve une flamme industrielle (boîte à rythme, petites bidouilles) et se place sans hésiter parmi les meilleurs titres des Américains. C’est mélodique mais aussi agressif, et le tout bien dosé. Parfait.

On a quand même des titres plus doux mais qui valent malgré tout le détour, même la ballade acoustique « Take a Picture » qui finit par prendre de l’ampleur dans les dernières minutes. D’autant plus quand on connaît le contexte et le sujet de cette chanson : en effet, Patrick, autrefois bien atteint par l’alcool, raconte un de ses grands moments de solitude, en particulier lors d’un trajet en avion, lorsqu’il était ivre mort et qu’il s’était complètement déshabillé. Imaginez le tableau.

Autre morceau plus soft mais non moins dénué de personnalité, « Cancer », qui, guidé par la basse hypnotique de Cavanagh, nous propose de l’atmosphérique sombre et quelque peu malsain (les murmures et le chant aérien rendent le tout assez déstabilisant). Il faut dire que la fin de l’album y va plus fort dans les atmosphères comme pour « I’m Not the Only One » qui montre une basse en fil conducteur et des guitares chantantes avant la déflagration finale. « Miss Blue » s’influence plus de l’alternatif avec des passages en acoustique et un refrain qui rappellerait presque un « Sweet Emotions » d’Aerosmith.

Les galères qui ont précédé la sortie de ce « Title of Record » ont sans doute contribué à la personnalité de cet album dense, complet et efficace, qui a marqué une part de l’histoire du metal/rock américain. Sous-estimé dans beaucoup de pays, il n’empêche que cet opus marque une période houleuse dans la carrière de Filter tout en lui permettant de montrer une autre facette de sa musique. « Title of Record » est donc un album à ne pas manquer…une sorte d’ « essentiel ».

 

Rudra : RTA

Ξ octobre 21st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Black |

Rudra : RTALes brahmanes adorateurs du dieu hindou de la destruction ne chôment pas et nous habituent, depuis au moins deux ou trois albums, à sortir un album tous les deux ans, ce qui nous empêche d’attendre des lustres avant de voir leur œuvre voir le jour. Il faut dire que les Singapouriens ont un public fidèle qu’ils n’ont pas déçu, et pour cause : leur death/back metal reste original puisqu’il met en valeur, dans les paroles et la musique, la culture locale mais aussi la mythologie hindouiste et védique, ce qui aura donné naissance au terme « vedic metal », référence ultime au metal de Rudra. En ce sens, l’œuvre la plus complète est la trilogie des « Brahmavidya » puisqu’on y retrouve tout tous les éléments qui font le charme et la réputation du groupe, le plus faible étant toutefois « Immortal I », sentant indéniablement le réchauffé.

Après vingt ans de carrière et sept albums studio, ils sont de retour avec un nouvel opus, « RTA ». Vu que la trilogie est terminée, Rudra se dirige vers autre chose, tout en gardant, évidemment, ses habitudes. « RTA » signifie « l’ordre dans l’univers », une sorte de rythme que l’on retrouve n’importe où, dans n’importe qui. Pour cela, le quatuor toujours mené par Kathir (chant/basse), opte pour une pochette plus sombre mais aussi plus sobre : pas de divinités, de statuettes ni de temples, un fond noir suffit. Il propose aussi des noms de titre plus courts, plus simples, plus communs. Ce côté minimaliste côtoie une musique qui semble cette fois-ci plus influencée par le prog. En effet, la durée des morceaux s’allonge considérablement : il faut compter 9-10 minutes, minimum.

Pour six titres (plus un caché, eh oui), autant dire que cela fait long. Et même si la musique de Rudra a toujours été comme un carrefour entre Est et Ouest, ce « RTA » semble complètement dénué d’âme, froid, vide d’idée. Le réchauffé est de nouveau à l’honneur avec cet album. Bien que « Death » commence bien avec sa guitare acoustique, sa mélodie mystique et ses flutes, les parties metalliques sont bien fades. On retrouve tout de même le style du groupe, avec ses guitares chantantes et le chant black de Kathir. Le solos sont mis en avant mais le titre a toujours la même structure et autant dire les quasi neuf minutes s’écoulent très longuement, d’autant plus que le rythme manque de dynamisme.

« Heartbreak » débute de la même manière mais nous offre des chants traditionnels avant de laisser place à la dualité des guitares. Mais une fois encore, la mayonnaise ne prend pas. Les moments calmes, avec des instruments traditionnels, sont très chouettes, mais il n’y a pas de déflagration, pas de moments intenses ni d’assemblage de riffs massifs et de rage. A trop vouloir faire dans le spiritisme et le védisme, Rudra s’embourbe pas mal, et en oublie sa force : des riffs féroces, un chant hargneux, pour un ensemble énergique.

Au final, il n’y a presque pas besoin de décrire les morceaux puisqu’ils sont (presque) tous formés de la même manière. Devinez donc l’introduction « Abduction » ou celle de « Resolve ». Allez, vous avez trouvé. La différence, c’est qu’ « Abduction » a quelques minutes plus costaudes, avec des blasts et un côté épique très prononcé, qui relève le niveau. Un côté épique qu’on retrouve aussi dans « Manipulation », la chanson phare de ce « RTA », beaucoup plu dynamique.

Ce « RTA » est très difficile à ingurgiter, en particulier pour les fans purs et durs du groupe et ceux qui voient dans les termes « death/black » et « epic » autre chose que du metal mou du genou et des structures dénuées d’inspiration. Le manque d’inspiration…il en est question dans cet album. Certains se plaignaient d’ « Immortal I » mais ce nouveau méfait montre les faiblesses de Rudra, un groupe qui semble de plus en plus avoir atteint les limites de son imagination et qui fait de son mieux pour se renouveler, avec, notamment, plus de prog, et moins d’instruments traditionnels. Quoi que, si vous en voulez un peu, la piste cachée peut vous dépayser et fonctionne très bien en ambiance. Il faut maintenant espérer que ces soucis ne soient pas irréversibles, auquel cas le metal asiatique perdrait une grande figure et un grand moteur…

 

Shadowcraft : Principles of Chaos

Ξ octobre 17th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Shadowcraft : Principles of ChaosCela fait plus de vingt ans maintenant que la scène black metal grecque s’est implantée avec Rotting Christ ou Necromantia en fers de lance. Une scène riche, avec ses diversités musicales, qui s’est étendue jusqu’au black symphonique avec Transcending Bizarre, par exemple, depuis le début des années 2000. Des formations ont tenté de suivre les traces de leurs ainés, sans grand succès. Pourtant, Shadowcraft, originaire de Thessaloniki, semble s’être fait un chemin dans le domaine qui lui correspond le mieux. Actif depuis 2005, créateur de plusieurs démos plutôt bien perçues, l’arrivée du claviériste Q_Snq quelques années plus tard lui a permis de s’affirmer et d’étendre son horizon musical vers un black symphonique plus original et avant-gardiste, en témoigne le nouvel album, « Principles of Chaos »…

La pochette cosmique et magique peut rappeler celles de « The Sad Realm of the Star » d’Odium ou d’ « In Abhorrence Dementia » de Limbonic Art. On y retrouve dans tous les cas un personnage qui semble avoir une forte attirance pour la beauté du cosmos. Shadowcraft se situe un peu de ce côté-là sans posséder la violence et le côté vindicatif de ses confrères norvégiens mais l’aspect spatial, épique et théâtral sont bien présents, sans oublier les influences Emperor (la base) et Dimmu Borgir (lorsque les orchestrations sont plus poussées). Ca a beau être grec, l’ambiance de ce « Principles of Chaos » est 100% norvégienne.

L’intro orchestrale dramatique semble longue et on peine du coup à démarrer l’album, mais lorsqu’arrive l’éponyme, tout va mieux. Les riffs black et épiques sont légions et les claviers distillent une atmosphère majestueuse. La symphonie est enveloppante et les sonorités sont variées, si bien que l’auditeur n’a aucun mal à rentrer dans le monde de Shadowcraft. La musique des Grecs peut sonner de façon féérique comme sur « The Light of Apollo » avec la flute et l’allée et venue des cordes. Les vocaux ont aussi une présence importante puisqu’ils ne sont pas linéaires et jouissent d’une variété non négligeable. En clair, on n’a pas que du chant black.

Il y a deux morceaux importants dans ce « Principles of Chaos » à savoir les deux parties « Burning Sun ». La première, « Ascending », est une pièce ambiante cosmique qui nous embarque très haut dans les cieux. On se retrouve tantôt avec un passage onirique, tantôt avec un passage inquiétant très proche du dark ambient. Puis « Bringer of Plagues and Suffering », la seconde partie, montre le côté plus noir de Shadowcraft qui accélère le rythme et le tranchant de ses riffs. Ces derniers ne sonnent pas assez malsain à cause d’une production un peu trop proprette, ce qui peine à immerger l’auditeur, qui ne retiendra que le côté grandiloquent des orchestrations.

On pourra toutefois se délecter d’un « Transcending into Infinite Aeons » varié et mélodique dans lequel le riffing nous guide, soutenu par les blasts et par des claviers inspirés, en témoignent ces petits sons et le clavecin. La majesté de Shadowcraft revient après deux titres basés sur le côté dérangeant des vocaux.

Les Grecs ne nous laissent pas sur notre faim avec ce « Principles of Chaos ». Ils nous livrent un bon album plutôt efficace et bien fichu, loin d’être linéaire puisque nous ne nous retrouvons pas avec la même ambiance du début à la fin. Seule l’originalité pêche un peu puisque l’ombre des Norvégiens plane sur l’ensemble des morceaux, cependant le groupe arrive à utiliser ses influences de façon intelligente…il serait dommage de ne pas en profiter.

 

S4D : S4D

Ξ octobre 16th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

S4D : S4DS4D, c’est la rencontre de deux artistes ayant un fort attrait pour le metal futuriste, à savoir Alex Rise de Tyrant Of Death et Jacek de Return To Base. Ces deux hommes sont des habitués des collaborations puisque le premier a déjà fait des titres avec le Tunisien Lucem Fero tandis que le second a officié très rapidement dans la petite formation déjantée Grobyc. Les voilà maintenant réunis afin de coupler leur particularité. D’une part, nous avons le cyber metal mécanique, polyrythmique et dissonant d’Alex, de l’autre, nous avons l’indus très rythmé et porté par les percussions de Jacek. Autant dire que le résultat final sonne de nouveau très cyber metal.

C’est « Futurewave Zero » qui ouvre les hostilités avec une voix de femme synthétique en intro et un ensemble musical très futuriste. Les guitares sont agressives, les claviers très mis en avant, avec des sonorités très électroniques, avant de laisser place à des beats prédominants. On sent irrémédiablement la patte de Jacek de ce côté-là, qui apporte du « drum’n'beat » dans le cyber très caractéristique d’Alex.

« Conquerors – Progenitors » fonctionne de la même manière mais avec plus d’originalité. Les sons sont plus fouillés et nous embarque davantage dans l’univers du duo. C’est efficace et très cybernétique, sans aucun doute. Mais nous nous demandons très rapidement qu’elles étaient vraiment les intentions des deux hommes. Les titres, au final, se construisent de la même manière (la différence réside dans la recherche de l’emploi des sons et des bidouilles). De plus, on n’arrive pas vraiment à sentir une différence. Est-ce du Tyrant Of Death avec la percu de la tête pensante de Return To Base ? Ou est-ce du Return To Base avec en guest le riffing bien connu du maître de Tyrant Of Death ? Difficile à dire en tout. La création d’un side-project – limite abandonné à l’heure actuelle – n’était donc pas utile. Un split ou une simple collaboration dans l’un des deux groupes aurait été plus judicieux.

En clair, on ne loupe pas grand-chose puisque ces quatre titres n’apportent rien de concret à la discographie des deux musiciens (il n’y a aucun sites précis référençant le projet si ce n’est quelques liens youtube et gotdjent.com) mais on peut toujours se passer les morceaux si on apprécie le travail de Tyrant Of Death à l’époque où Alex Rise était hyper actif, le morceau « Futurewave Zero » étant, il faut le dire, très bon et très proche de ce que le Canadien a l’habitude de nous concocter dans son projet principal…

 

Sphere (NOR) : Primordial

Ξ octobre 12th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Modern Metal |

Sphere (NOR) : PrimordialC’est peu après la sortie de son album « Instigator » que Black Comedy nous laissait avec une impression mitigée puisque son effort n’avait pas la force nécessaire pour nous embarquer dans le monde futuriste qu’il voulait nous offrir. Une déception pour certains qui voyaient en Black Comedy l’ersatz norvégien des Suisses de Sybreed, le tout gâché par des sonorités kitch et un manque d’immersion. Des années plus tard, la formation renaît de ses cendres sous l’impulsion des deux membres fondateurs, Marius Strand et Bjorn Dugstad Ronnow. Ils s’entourent de membres expérimentés et adeptes de metal moderne et se baptisent Sphere.

Après l’enregistrement aux Strand Studios et un mixage effectué par Marius Strand avec sa double casquette d’ingénieur (Susperia, Chrome Division, The Wretched End), l’album débarque cet automne. Sphere a bien l’intention de nous en faire voir de toutes les couleurs avec son nouveau méfait et nous faire oublier la déception d’ « Instigator ». Le groupe se dote d’un son dans la veine du metal moderne avec ses guitares à 8 cordes et sa basse à 6 cordes. La complexité et la technicité des riffs se font entendre d’entrée de jeu avec le titre éponyme, qui déboule à la manière d’un Tyrant Of Death, avec son introduction synthétique, robotique. Les accélérations sont les biens venus ainsi que le riffing syncopé et cette tonalité djent. L’enrobage électronique et les ambiances futuristes sont résolument cyber. On se retrouve en définitive avec un style de Cyber Metal qui est très en vogue ces temps-ci.

On ne sera alors pas étonnés de retrouver des morceaux dans la veine de ce qui se fait actuellement dans le genre. Le côté lourd et pointu de « Hardliner » peut faire penser à The Interbeing avec ces riffs insistants, l’alternance mélancolique de cris et de chant clair, sans oublier des moments plus atmosphériques et plein d’émotions. Les parties vocales claires ou rageuses (sans être criées ou growlées) rappellent étrangement la voix de Ben (Sybreed) et le rapprochement n’est pas anodin puisque Sphere, en effet, peut s’apparenter à une version plus djent et légèrement plus mélo death de Sybreed. « Shock and Awe » en est un bel exemple, avec sa force et ses bons blasts, sans oublier les claviers qui distillent quelque chose de très synthétique et futuriste, comme sur « Servitor ».

Comme beaucoup de ses confrères, Sphere mise beaucoup sur l’alternance chant crié (couplets)/chant clair(refrain). Mais il se démarque de certains par sa façon de jouer sur le côté pessimiste, mélancolique et arraché des parties claires, qui ne sont en aucun cas mielleuses ou trop gentillettes. On nous parle de tromperies et de désillusions sur « Vestiges » ou d’espace-temps sur le très électronique « Arbitrary ». Cependant, c’est justement ça la faiblesse de Sphere : ce chant clair trop poussé et parfois énervant comme sur un « Heretech » très penché vers les chœurs. La voix a l’air mal intégrée à cet ensemble post-apocalyptique.

Sphere conclut par un « Puncture » plus pessimiste qu’à l’accoutumer avec ses orchestrations sombres. Les Norvégiens n’hésitent pas à élargir le champ de leurs influences pour embarquer l’auditeur jusqu’au bout, et c’est très bien, puisqu’au moins, ils ont le mérite de ne pas toujours proposer la même chose. « Primordial » est donc un premier album réussi qui tient ses promesses et qui nous permet d’avoir un sentiment plutôt optimiste quant au futur du quintet.

 

Immergo : Sunken World

Ξ octobre 5th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Immergo : Sunken WorldLa mode est à l’océan dans le black symphonique actuel, en témoigne les péripéties maritimes de Stormlord, les histoires de pirates de Carach Angren, les voyages de colonisations d’A Land Beyond The Sea (dans un registre plus « mélodique » ceci dit) ou le ratage récent de Tond. Les Finlandais d’Immergo ne dérogent pas à la règle avec la sortie de leur premier album sous leur nouveau nom (le groupe étant né des cendres de Drowlich).

Il faut dire que le sextet s’en sort très bien avec ce « Sunken World » qui nous emmène dans les profondeurs d’un monde sous-marin. L’auditeur prend son souffle le temps de dix morceaux et s’engagent dans un black/death symphonique impérial et puissant qui fracasse bien comme il faut, comme si Immergo était le descendant d’une famille de grandes figures comme Vesania, Dimmu Borgir, Fleshgod Apocalypse ou Sycronomica dans une moindre mesure.

L’intro au piano et très porté sur les orchestrations nous laissent pantois et ne présage que du bon pour la suite. Au moins, on n’est pas trompé sur la marchandise puisque « The Earth Unseen » démarre avec une entrée en puissance dévoilant tout le potentiel d’Immergo. Les riffs black mélodiques sont accompagnés d’une rythmique efficace et véloce tandis que les orchestrations majestueuses nous embarquent volontiers dans l’univers du groupe. Les violons s’envolent, soutenus par un chant black tranchant, qui peut parfois virer vers le growl.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe ne manque pas de force et frappe fort, très fort. « False Premise » insiste sur un jeu de guitare très mélodique qui pourrait éventuellement rappeler Kalmah tandis que les chœurs en fond ajoutent un côté mystique. Le piano est souvent présent aussi, à la manière de Sycronomica qui aime bien porter ses compos sur de solides arpèges. Idem sur « The Murderer from the Beginning » dont l’ambiance fantomatique rappellerait presque le dernier méfait des Finlandais de Serpenthia.

Ce qui est bien avec Immergo, c’est sa capacité de nous proposer un album varié, qui ne traîne pas en longueur. On a du lourd avec du bien costaud et destructeur mais aussi du fantomatique (comme sus-cité) mais aussi du théâtral/dramatique avec « Shapeshifter » qui alterne les rythmes ou « Figures of Deconstruction » avec ses différentes envolées et ses moments épiques. De ce côté-là, il n’y a rien à dire tant c’est bien composé, riche et fouillé. Le seul souci réside sans doute dans la trop grande prédominance de l’orchestration, qui parfois écrase tout de son poids. Il est clair qu’Immergo joue beaucoup là-dessus, et il faut faire attention à l’overdose.

Bien qu’encore jeune dans cet univers black symphonique, Immergo livre un très bon « Sunken World » qui ne présage que du bon pour l’avenir. Il est clair qu’avec un début aussi prometteur, et auto-produit de surcroît, les Finlandais ont toutes les chances de percer et d’attirer l’attention, en espérant qu’ils aient de quoi nous impressionner par la suite.

 

Tond : Key to the Watery Gates

Ξ octobre 5th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Tond : Key to the Watery GatesEn cette ère du numérique dans laquelle tout le monde peut enregistrer sa musique et la poster n’importe où et n’importe comment, on peut trouver des artistes tout à fait honorables avec un certain savoir-faire et un certain talent, mais aussi des artistes qui tentent de faire du metal comme ils peuvent, sans vraiment savoir s’ils ont les compétences nécessaires. C’est le cas de Tond, petit duo américain formé en juin dernier qui semble avoir l’ambition de faire des concepts albums et de raconter des histoires sur le long terme. Ce projet transpire d’optimisme car le résultat sur leur premier MCD “Key to the Watery Gates” est loin d’être admirable…

Les deux Américains se disent influencés par le black symphonique (Dimmu Borgir, Stormlord) et le black folklorique/viking (Bathory, Windir) pour ce qui est de l’ambiance ou des parties acoustiques. Il ne faut cependant pas espérer avoir un ensemble proche de ces formations là. « Voyage on the Wandering Star » est très pénible à écouter. Le chant clair est mauvais, ainsi que la production qui ne met en avant que les grésillements des instruments. La batterie est mal programmée puisque des plans sont vides et sans efficacité. Les parties acoustiques sonnent parfois fausses, il y a des soucis dans le son (par exemple, ça saute).

On ne s’étalera pas non plus sur un « The Wrecking of a Nobel Vessel » complètement dégueulasse et affligeant (batterie horrible, riffs souvent à côté, et j’en passe) ou un « Alone and Adrift » dont le seul atout réside dans la mélodie. Le bruit des vagues n’arrive même pas à nous emporter dans le concept marin de Tond.

En fait, rien est à sauver tant l’ensemble semble amateur. C’est comme si le duo avait superposé ses instruments sans vraiment penser au fond. L’ambiance est inexistante car les claviers ne relèvent rien si ce n’est quelque chose de très brouillon comme le début de « Far Beyond This Mortal Realm ». Je ne parlerais même pas des morceaux qui suivent à moins que vous soyez adeptes du viol auditif créé par une basse vrombissante et inaudible.

Rien à dire de plus concernant ce MCD raté qu’il faut éviter à tout prix, sauf si vous êtes du genre « amateur de souffrance » auquel cas vous serez ravis. Tond est loin de fournir un travail acceptable et ne fait pas partie des artistes en herbe au talent caché. S’il continue sur cette lancée, il lui sera très difficile de remonter le niveau…

 

Dysylumn : Dysylumn

Ξ octobre 3rd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Dysylumn : DysylumnAyant quitté le groupe Antropofago pour diverses raisons après la sortie de « Beyond Phobia » en 2010, le guitariste Sébastien Besson décide de se mettre tout doucement à son projet personnel, Dysylumn. Les morceaux, qui à la base existaient en tant que trace, ont finalement été enregistrés pour la sortie du premier EP « Conceptarium » en juillet dernier. Sébastien s’occupe alors des vocaux et des guitares, laissant à Camille Olivier-Faure-Brac le soin de s’occuper de la batterie, du mixage et du mastering.

Le duo, donc, joue un death metal atmosphérique et technique virant vers le black metal de temps à autres. L’EP est conceptuel puisque nous nous retrouvons avec le titre « Conceptarium » divisé en deux parties sur deux pistes distinctes. Le fait que ces dernières aient chacune une durée de 04 :34 renforcent encore plus ce côté conceptuel, d’autant plus qu’elles sont toutes les deux jouées en mid-tempo.

Un hasard qui fait bien les choses, donc, puisqu’il n’y a pas d’inégalité. En effet, la musique de Dysylumn est homogène, avec quelques plans techniques dignes du death technique actuel (Arkaik / Obscura) comme l’introduction de la première partie. L’ambiance des deux morceaux correspond bien au visuel de la pochette puisqu’on a l’impression d’effectuer un voyage dans l’espace. Pas besoin d’utiliser de claviers puisque le tempo moyen, les riffs et les mélodies permettent de créer quelque chose de plutôt éthéré. Le fait qu’il n’y ait pratiquement pas d’accélérations y est aussi pour quelque chose.

Mais cela ne nous empêche pas de partir à l’aventure puisque les structures varient ainsi que les chants, Sébastien officiant dans le growl death mais aussi le cri black. On remarquera toutefois quelques faiblesses dans le registre black metal, ce chant étant plutôt inégal. Les vocaux sont de plus en retrait par rapport au reste de l’instrumentation, ce qui ne permet pas forcément d’apprécier le voyage à sa juste valeur (« Conceptarium Pt II »). On aurait aimé un peu plus de profondeur.

Au final, ce n’est pas le talent des musiciens qui pèchent le plus. Les deux titres passent comme une lettre à la poste et on se surprend à en redemander. Le souci réside dans la production maison qui nous empêche de nous immerger totalement. Mettre la basse en avant est une très bonne idée, la batterie un peu moins puisque l’on entend certaines imperfections (la double pédale) et parfois le grésillement des cymbales (en particulier dans la première partie).

En clair, malgré quelques défauts (qui n’en a pas ?), le projet de Sébastien Besson débute bien mais l’EP est relativement trop court. Pas facile de juger un artiste avec si peu de morceaux, même si on connaît son background. On attend donc un album complet avec impatience, histoire de voir si son death/black atmosphérique inspiré peu durer sur une quarantaine de minutes (ou plus).

 

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    • [news] Lebowskii : Signature chez Music-Records pour la sortie de l'EP "Liquidators" 22 novembre 2017
      Lebowskii (Thrash Metal), originaire de Nantes, signe avec Music-Records pour la sortie de son EP "Liquidators" prévu pour Février 2018. Il sera disponible sur les plateformes digitales et distribué en Europe.  "Liqiudators" a été enregistré au Vamacara... […]
    • [news] Eicosa : Sortie du premier EP 22 novembre 2017
      Le groupe de Metal Alternatif suédois a sorti son 1er EP intitulé Nothing but Animals le 16 novembre dernier via 105 Records. Tracklist : You Burn Me Out Nothing but Animals Worlds Collide ... […]
    • [news] Ideas : Lyric Vidéo 22 novembre 2017
      Le groupe de Metal Gothique hongrois a partagé le lien de la lyric vidéo du titre "Stay Awake", extrait du double-album Egység / Oneness sorti le 7 juillet 2017 chez Nail Records.   Source : https://www.facebook.com/IdeasOfficial […]
    • [news] Arkona (RUS) : Teaser du nouvel album 22 novembre 2017
      Le groupe russe propose à l'écoute un teaser de son nouvel album full length intitulé Khram, à paraître le 19 janvier 2018 via Napalm Records.   Source : https://www.facebook.com/arkonarussia […]
    • [Chronique d'album] Aggelos : Mantos Purpúreos 21 novembre 2017
      Metal Gothique-Colombie, "Un magmatique, sulfureux, mais fragile effort..." […]