Ghoulchapel : Nightmarish Illusions

Ξ novembre 30th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Ghoulchapel : Nightmarish IllusionsS’il y a bien un pays qui mériterait de se dynamiser un peu en matière de black symphonique, c’est bien l’Arménie. Les groupes du genre doivent à peine se compter sur les doigts de la main. Seul Blood Covenant semble tirer son épingle du jeu depuis 2001. Avec quatre albums au compteur, ils ont montré qu’ils étaient les leaders dans ce domaine, avec un line-up assez imposant. Le guitariste et programmeur Mark Erskine faisait partie de la bande avant de partir cette année pour fonder au mois d’août son propre groupe, Ghoulchapel, avec son ami Ando Kamavosyan. Une formation qui s’est faite très rapidement, à croire que les acolytes sont plutôt pressés. Ils disent vouloir créer quelque chose de nouveau afin de revitaliser leur pays. Et cette nouvelle force se matérialise sous la forme du premier album « Nightmarish Illusions », sorti en novembre, soit après trois mois d’activité.

Le titre de l’opus peut rappeler celui du dernier full length de Bishop Of Hexen, « The Nightmarish Compositions ». Ce n’est pas anodin. Ghoulchapel est inspiré par les histoires de fantômes, les récits horribles et les cauchemars. Même s’il emprunte aux Israéliens leur thématique, il ne s’intéresse pas à officier dans le même registre. Les Arméniens se rapprochent davantage d’Hymir ou de Carach Angren, le côté théâtral en moins. L’ambiance inquiétante est présente ainsi que ce côté fantomatique et effrayant que l’on peut retrouver dans « Lammendam », notamment dans les mélodies au piano et au violon. Ghoulchapel joue de ce côté-là, en intégrant des éléments death metal et en composant une bonne partie de ses orchestrations par ordinateur. Ce n’est pas spécialement pro à l’oreille mais les atmosphères sont là, en témoigne l’introduction « The Beginning » qui met l’auditeur dans le bain.

Ghoulchapel est un groupe qui semble vouloir tout miser dans les orchestrations ainsi que dans la vitesse et dans l’agressivité de sa musique. En cela, les claviers et les programmations sont très mises en avant et les blasts (assez basiques dans l’ensemble) sont souvent de la partie lorsqu’il ne s’agit pas de la double pédale. Les guitares ont vraiment du mal à se tailler la part du lion, surtout que les riffs suivent principalement les mélodies au violon, on ne les distingue donc pas beaucoup, comme dans « In the Hands of the Forest ». La musique du quatuor manque cruellement de puissance surtout avec une batterie sonnant particulièrement synthétique, avec une frappe qui manque de force.

Le reste des morceaux suit cette ligne de conduite. Des blasts qui ne cassent pas trois pattes à un canard, des lignes de piano qui soulèvent certains passages mais qui se ressemblent, des orchestrations bien fichues mais couvrant beaucoup trop les guitares, un chant black plutôt convainquant alternant parfois avec un growl death. L’ennui, c’est que certains passages sont très bons et d’autres sont plus basiques, comme dans « Where the Fear Conquers All », ou « Ghoul Chapel » qui met davantage l’accent sur les guitares. Mais souvent, l’enthousiasme retombe. Cela n’empêche pas les titres d’être tout à fait convenables, même si on se serait attendu à mieux pour un groupe prétendant apporter quelque chose de « nouveau » en Arménie.

Ghoulchapel n’aurait peut-être pas dû se précipiter car son « Nightmarish Illusions » manque de moments forts, de puissance, et d’efficacité. Le thème des fantômes étant de plus en plus présent dans le monde du black symphonique (Carach Angren, Bishop Of Hexen, Withering Soul, Hymir, Serpenthia, etc) il aurait sans doute fallu présenter les choses autrement et prendre le temps de peaufiner. Ceci dit, c’est sympa et c’est encourageant pour un pays qui manque de représentants, d’autant plus que le leader Mark Erskine semble s’investir énormément : il a d’autres projets comme Edengard ou Ao Eterno et s’occupe des artworks (celle de ce « Nightmarish Illusions » rappellerait presque l’artwork du « No Closure » de Withering Soul »). Ghoulchapel pourrait donc être à surveiller, malgré tout.

 

Temnein : 404 BC

Ξ novembre 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Temnein : 404 BCLes groupes actuels se plaisent à puiser dans les mythologies, comme si elles étaient une force, un moyen de montrer que l’on est dans l’air du temps et qu’on peut créer une musique autour de ce sujet. Temnein n’est pas une exception. Ce groupe est originaire de Nancy et est influencé par Between The Buried And Me et At The Gates. Certains n’en ont jamais entendu parler mais ce quintet a tout de même eu de bons retours avec sa première démo et a eu l’occasion de faire des concerts avec Hypno5e, Hacride ou Valborg. C’est pour janvier 2014 que les Lorrains nous proposent leur premier album « 404 BC » dans lequel l’auditeur suit un personnage en proie à divers conflits moraux.

Ici, Temnein montre plusieurs facettes de sa personnalité. Son death mélodique et progressif prend désormais une autre teinte. Des influences hardcore, groove voire black se mêlent habilement dans les compositions, comme le montre « Self Division » qui enchaîne accélérations et passages plus sombres. Les mélodies sont aussi à l’honneur au sein de cet album qui mise sur les harmonies entre les guitares. En cela, certains moments rappellent indéniablement le death mélodique suédois et l’ombre d’At The Gates plane encore sur certains riffs, comme sur « Tangled » ou « Heart Hooks ».

Cependant, grâce à la richesse de ses compos, Temnein ne se repose pas que sur ses influences suédoises puisque le côté thrashy et le côté progressif jouent un rôle important. Les morceaux sont longs et se dotent de parties souvent saccadés tandis que le chant extrême de Yoann nous scande des paroles souvent abruptes. « Bright Knife » montre bien la complexité de la musique de Temnein avec ses treize minutes alambiquées dans lesquelles on alterne soli techniques, riffs tranchants, parties syncopées et parfois même passages polyrythmiques. On sent que les Frenchies essaient de flirter avec plusieurs horizons à la fois. Parfois c’est assez maladroit puisqu’on passe du coq à l’âne sans transitions, et il arrive qu’on se retrouve avec plusieurs longueurs. Mais la prise de risque est là et il est clair qu’avec un petit peu plus d’expérience, ils pourront nous en faire de voir de toutes les couleurs par la suite.

Même si on perd parfois notre attention, le côté progressif étant parfois trop poussif et les mélodies trop développées, il y a tout de même des moments de calme comme sur les deux uniques instrumentales « Slave / Master », introduction symphonique et attachante, et « Dropping Light », titre acoustique mystique.

Temnein livre un album encourageant qui parfois manque de puissance malgré le mixage et le mastering de Yann Klimezyk, qui a déjà travaillé avec des artistes français comme Kells ou Pobox. En dépit en ça, le gros label danois Mighty Music semble leur faire confiance, ce qui n’est pas une mauvaise chose car il y a beaucoup de travail dans les compos du quintet et beaucoup d’espoir. On verra bien ce que cela donne par la suite.

 

Carpe Tenebrum : Mirrored Hate Paintings

Ξ novembre 22nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Carpe Tenebrum : Mirrored Hate PaintingsAstennu a un planning bien chargé à la fin des années 90. Il officie deux ans (1997-1999) chez Dimmu Borgir et fait partie du line up ayant engendré le remarqué « Spiritual Black Dimensions », est aussi dans Covenant le temps de la sortie du célèbre « Nexus Polaris » (1998), et est surtout le membre fondateur et tête pensante du groupe Carpe Tenebrum avec le vocaliste Nagash (lui aussi membre de Dimmu Borgir et de Covenant, décidément).

Quand le second album des compères, « Mirrored Hate Paintings », sort, beaucoup se demandent quel en est vraiment l’intérêt, et pour cause : musicalement parlant, on se retrouve avec une musique très proche du « SBD » de DB en certainement moins symphonique. Il faut dire que ce « MHP » a été enregistré quasiment en même temps que l’opus de la bande à Shagrath dans le même studio (Abyss Studio) et sous la houlette de Tommy Tagtgren, la finalisation ayant lieu en hiver 1998.

Avec « Mirrored Hate Paintings », on ne peut pas dire qu’Astennu et Nagash aient pris le risque d’engendrer une musique dotée d’un autre univers puisque, n’ayons pas peur de le dire, l’œuvre n’est autre qu’un « SBD » numéro 2. On retrouve la même empreinte, à savoir les blasts contenus, le riffing dense, la patte black metal obscure, l’ambiance brumeuse, le chant tantôt black, tantôt rauque et la présence importante de claviers.

Toutefois, Carpe Tenebrum arrive à se différencier de ses compères norvégiens pour plusieurs raisons. D’une, il n’y a pas de batteur, Astennu ayant été contraint de se contenter d’une vilaine boîte à rythme. De deux, il n’y a pas de chant clair, ici on a préféré remplacer les interventions divines de Vortex par des interventions diaboliques et très agaçantes, sortes de narration en voix déformée que l’on retrouve sur la majeure partie des titres, notamment l’intro de « The Abyss’s Mystic Haze » et le final de « Ludus ». De trois, la basse est légèrement plus audible et un poil plus technique mais cela ne l’empêche pas d’être parfois noyée dans le flot de claviers et de blasts. De quatre, les éléments symphoniques comportent quelques divergences. N’est pas Mustis qui veut. Même si Astennu utilise quelques sonorités, quelques nappes, quelques arpèges similaires à ce qui est fait sur « SBD », on ne retrouve pas des parties symphoniques pures et dures à la « The Promise Future Aeons ».

Quoi qu’il en soit, même si on tente un temps soit peu d’oublier les antécédents d’Astennu et de Nagash, les références à « SBD » finissent toujours par revenir. Rien que le premier titre contient les ingrédients d’un « Reptile » ou d’un « Grotesquery Conceiled ». Ca va vite, ça nous transporte dans la noirceur de leur musique avec cette atmosphère quasi fantomatique et la patte atypique d’Astennu niveau riffing et soli.

Malgré tout, il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas trouver des qualités dans la musique de Carpe Tenebrum et ce, en dépit des nombreuses ressemblances avec « SBD ». On retrouve une partie de la force de ce dernier avec des montées en intensité, des accélérations bienvenues, des coups de claviers bien placés et des riffs qui font mouche. Sans oublier les moments forts avec des passages calés de manière judicieuse pour renforcer l’intensité, « The Painting » en est un bon exemple ainsi qu’« And Forever », ces deux titres étant sans doute les deux plus grosses pièces de ce « Mirrored Hate Paintings ».

« Mirrored Hate Paintings », même s’il n’a pas marqué les esprits contrairement au « SBD » qui a bien mieux fonctionné, reste un album très satisfaisant qui devrait parler à tous les amateurs de Dimmu Borgir. La musique et les paroles sont loin d’être bâclées et truffées de maladresse, contrairement à tout l’aspect visuel et conceptuel : une faute de latin dans le nom (normalement Carpe Tenebrae), une faute de frappe dans la tracklist sur la pochette arrière (« And Fever »), une faute d’étiquetage au niveau du morceau « Lured Like Your Thought », indiqué comme instrumental alors qu’il y a bel et bien du chant et des paroles, et des fautes de couleurs dans le livret (de l’écriture claire sur un fond clair ne font généralement pas bon ménage…).

 

Fallen Joy : Inner Supremacy

Ξ novembre 22nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Fallen Joy : Inner SupremacyDébut 2010, nous avions découvert Fallen Joy, petit groupe parisien de death mélodique, à l’occasion de la sortie auto-produite de son premier EP « Order to Die » enregistré aux studios Sainte-Marthe et diffusé dans toute l’Europe. Ce premier jet montrait un groupe prometteur même si ses compos manquaient d’originalité. Trois ans après, les revoilà sur pied et encore plus hargneux que jamais avec l’arrivée de leur premier full length, « Inner Supremacy ».

Cette fois-ci, le groupe voit plus loin puisqu’il a signé chez les Canadiens de Spread The Metal Records, s’est offert le mixage et le mastering d’Anthony Chognard (Smach Hit Combo) et une sortie non pas européenne mais mondiale. Le quintet semble bien progresser et malgré plusieurs changements de line-up, il semblerait qu’il ait les bases nécessaires pour non seulement tourner auprès des plus grands (Kataklysm, Morbid Angel, Cryptopsy) mais aussi servir des compositions raffinées et efficaces.

Nos premières impressions n’auront pas été fausses : Fallen Joy est un combo qui a du potentiel et cela s’entend très bien avec ce premier rejeton plutôt bien exécuté. Les Parisiens ont le mérite de faire un bon dosage entre brutalité, technique et mélodie si bien que les titres ont suffisamment d’énergie et de culot pour attirer notre attention. Bien sûr, certains restent classiques, comme « Back to Life » ou « Breaking the Light », qui sonnent très suédois dans l’esprit, mais Fallen Joy a quelque chose qui permet tout de même de se faire une identité, à savoir son chant quasi black, très criard, son côté mélancolique et son déferlement de mélodies.

Les morceaux contiennent toujours autant de soli, ces derniers faisant partie intégrante de la musique des Parisiens. Certains regrettaient cette profusion de mélodies sur « Order to Die », ils le regretteront sans doute encore une fois sur cet opus, mais elle fait souvent mouche sur « Hymn to Silent Soliders » ou « Burst of Hope » qui sonne limite arabisant dans le riffing.

En tout cas, le quintet ne se contente pas s’assembler technique, mélodie et brutalité, puisqu’il sait tout autant varier les rythmes et les ambiances. On peut avoir du rapide comme du mid tempo « War of the Undead », quelque chose de quasi pagan comme sur « Hold the Final Breath » où le growl s’invite, ou quelque chose de plus tranchant et agressif comme sur « The Rage to Live on » avec ses riffs dissonants. Sans oublier l’introduction mélancolique et symphonique à la Dawn Of Tears, « Back to Life », exécutée aux claviers, qui cette fois-ci, n’est pas un avant goût puisque ce type d’ambiance ne se retrouve nullement sur le reste de l’album.

La production semble moins puissante, moins aux petits oignons que l’EP précédent, mais il n’empêche que ce « Inner Supremacy », avec sa pochette qui ne peut qu’évoquer le Pain de Sucre de Rio, est un bon opus. Fallen Joy confirme sa capacité à captiver son auditeur sans en faire des tonnes et même si, de nouveau, c’est l’originalité qui pèche, on ne leur en voudra pas : vaut mieux cela que de la soupe technique sans fond et sans accroche. S’il continue sur cette lancée, le quintet pourrait faire partie des futures références françaises en death mélodique…

 

Dawn Of Tears : Act III: The Dying Eve

Ξ novembre 17th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Dawn Of Tears : Act III: The Dying EveCette troisième sortie des Espagnols de Dawn Of Tears se sera faite attendre, et pour cause. Non seulement cela fait quatre ans qu’on n’avait pas eu de nouvelles mais en plus, ce « Act III : Dying Eve » est la suite logique des deux tueries que sont « Descent » (2007) et « Dark Chamber Litanies » (2009). Cette fois-ci, ils ont eu l’occasion de se dégoter un label (Inverse Records) et de s’extraire de leur statut de groupe autoproduit. Voyons voir ce que donne ce nouveau méfait, sorti fin septembre 2013.

Eh bien il semblerait que Dawn Of Tears soit toujours autant en forme. Le premier titre « A Cursed Heritage » est dans la digne continuité des efforts précédents, à savoir un death mélodique mélancolique et émotif, mené par une alternance de chants criards, presque black, et de chants growlés, de guitares énergiques et mélodiques, et de claviers aux touches symphoniques. Les Espagnols ouvrent l’album d’une main de maître avec un condensé de brutalité et de mélodie, tout en ponctuant leur titre de moments plus calmes et de soli plaintifs, comme à leur habitude. Cela n’annonce que du bon.

Et ce n’est pas trompeur puisque « Present of Guilt » enchaîne avec un jeu de guitare proche d’un « Lost Verses ». Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que les Espagnols accentuent l’aspect émotif et mélancolique de leur compos. Les petites touches aux claviers ainsi que le chant féminin sont très touchants et apportent une autre dimension. Sans parler du soli, assez tortueux, dans l’esprit du groupe.

Je parlais précédemment de l’aspect symphonique, mais il n’est pas extrêmement mis en avant. Il sert plus de fond et Dawn Of Tears ne mise absolument pas dessus puisque ce sont vraiment les guitares qui ont le premier rôle. Cependant les claviers permettent de renforcer l’atmosphère mélancolique, déjà bien présente dans les riffs et les soli, et le sympho permet justement de guider les musiciens qui peuvent même s’orienter vers quelque chose de très proche du néo-classique comme sur « Lament of Madeleine », « The Dark Secret » ou « Prize Denied ».

La tension ne descend pas sur le reste de l’opus puisque le groupe renforce toujours plus l’aspect mélancolique de ses compos en ajoutant du piano ou une pointe de chant féminin. Parfois on croirait entendre du melo death/gothic. Cela se confirme sur « Angel Gone », le paroxysme, en contradiction avec un « 7th Seal » plus costaud, plus sombre et tranchant.

Pas de doutes à avoir, ce nouveau Dawn Of Tears est très bon et même si on ne retrouve pas tant de nouveautés que ça, le groupe n’a pas perdu son énergie, ni son amour pour la mélancolie, en gros, il a conservé son identité, ce qui n’est pas plus mal, quand on voit tous ces combos qui se laissent facilement influencer d’albums en albums…Si vous êtes en panne de bon death mélodique, vous pouvez tester ce « Act III : The Dying Eve » sans problèmes.

 

Reptilian Death : The Dawn of Consummation and Emergence

Ξ novembre 15th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Reptilian Death : The Dawn of Consummation and EmergenceReptilian Death, c’est tout d’abord le projet annexe de deux membres de Demonic Resurrection, à savoir le chanteur/guitariste Demonstealer et le bassiste Husain, un projet qui a été mis sur pied en 2001. C’est aussi une des formations indiennes phares en matière de Death Metal. La scène n’est pas très dynamique mais compte sur une poignée de groupes pour faire bouger le tout. Reptilian Death a déjà fait ses preuves avec la sortie d’un album, d’un EP et d’un split avec quelques combos désormais silencieux (Warface, Narsil) et avec le nouveau rejeton Exhumation qui a depuis sorti son premier album. 2013 marque l’arrivée du second opus sobrement appelé « The Dawn of Consummation and Emergence ».

Dès le début de l’opus, on ne sait pas vraiment où se dirige Reptilian Death. Même s’il officie dans un death metal à tendances brutales déjà vu (entendu), on ne sait pas vraiment s’il a décidé d’opter pour la brutalité, la technique ou la mélodie. En cela, on sent que l’ensemble de l’album manque de cohérence puisque les musiciens n’ont pas de réelle ligne directrice. Cela se sent sur « Incohate » ou « Stimulate Hike Impel Tear » qui sont brutaux mais qui finissent par manquer de fond avec l’ajout de mélodies impromptues.

A côté de ça, on a quand même des titres pas trop mal fichus comme « Emerge, Hatred, Emerge » ou « Unnervingly Perverted At The Altar » où Demonstealer a l’air bien hargneux sur sa guitare et dans ses vocaux. Mais il est clair que les titres ont vite tendance à s’essouffler sur la longueur, voire à tous se ressembler. Pire encore, on a un peu l’impression de se retrouver avec du Demonic Resurrection en plus brutal, sans les claviers, évidemment. La suite de l’album sonne très banale, ce qui ne permet pas de tenir le coup : on s’ennuie très vite. La faute sans doute à un manque de personnalité.

On ne pourra pas dire, donc, que l’inspiration est au rendez-vous pour la bande à Demonstealer et les influences Nile, Hate Eternal ou Cryptopsy n’apporteront ici aucun bénéfice. La pochette étrange avec ce lézard mi-Alien mi-Predator inapproprié met d’ailleurs sur la voie sans même qu’on ait besoin d’écouter l’opus. Dommage en tout cas car ce n’est pas avec cet album que le combo indien pourra attirer l’oreille du deahtster averti…

 

Calling Of Lorme : Pygmalion

Ξ novembre 13th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Calling Of Lorme : PygmalionOn avait découvert les Marseillais de Calling Of Lorme avec leur premier EP « Corporation » en 2011 dans lequel ils livraient un metal industriel assez classique mais plutôt encourageant. En effet, il y avait un fort potentiel et un concept très recherché, ce qui ne présageaient que du bon pour la suite. Et la suite, la voilà, « Pygmalion » sort en ce mois de novembre et montre un groupe survolté et prêt à nous en mettre plein les oreilles…et plein les yeux. Les Frenchies se sont payés le mixage et le mastering de Fredrik Nordström aux Studios Fredman, une production digne de ce nom et un visuel extrêmement développé et minutieux : « La liberté guidant le peuple » de Delacroix se transforme un peu en « La Lorme Corporation guidant le peuple robotisé ». L’ensemble est en effet très futuriste, mécanique et sombre, offrant à l’auditeur une pochette extrêmement soignée, dépassant de loin la simplicité de l’image de l’EP « Corporation ».

Calling Of Lorme nous propose un album reprenant les événements qui suivent une certaine révolution. La Lorme Corporation semble désormais avoir pris le pouvoir, elle a même mis en place sa « proclamation des préceptes indéfectibles de la Pupille », une sorte d’équivalent plus « illuminé » de notre Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen que l’on peut retrouver en guise de back cover. Les onze morceaux de l’opus correspondent aux onze articles, les anges semblent plus mécaniques que divins, d’autant plus qu’ils sont reliés de part et d’autres à d’innombrables câbles électriques…

Les Marseillais n’auront jamais été aussi inspirés en termes de visuel et on peut dire sans hésitation que c’est très réussi. Ils mélangent habilement des éléments traditionnels/historiques avec des éléments futuristes. Il en va de même avec la musique. Nous nous retrouvons autant avec un metal industriel traditionnel qu’avec un metal industriel ultra futuriste et pessimiste dans la veine du cyber metal. Calling Of Lorme joue donc avec deux facettes de sa personnalité.

Mais l’on remarquera que la facette « traditionnelle » n’est pas forcément celle qui leur va le mieux. En effet, dès le début de l’album, on voit illico dans quoi ils puisent leurs inspirations : si l’intro nerveuse à la batterie de « Layman » rappelle celle de « Captain Bligh » de Filter, la suite nous fait plus penser à du Deathstars de par la rythmique énergique, les chœurs et le chant, très proche de Whiplasher. « Lore » nous prouve que Rammstein fait partie des formations très chères dans le cœur de Calling Of Lorme, car ce morceau possède des passages qui sont véritablement dans l’esprit des Allemands, que ce soit dans le chant, les sonorités mais aussi les riffs et pour cause : le pré-refrain semble presque être un copier-coller du pré-refrain de « Meine Teil ». Et je ne parle pas d’ « Away the Grim Stars » qui évoque sans peine « Du Riechst So Gut ».

A côté de ça, au contraire, Calling Of Lorme nous gratifie d’éléments nouveaux dans sa musique comme le côté épique et plus torturé. C’est le cas sur « Child in Ebony », avec ses riffs plus insistants, ou « Dust », plus saccadé, avec des touches plus mécaniques. La seconde partie de l’opus semble d’ailleurs plus intéressante de ce côté-là, rien que « 1720 » et sa force noire surprenante ou « Hindsight » et son dialogue original entre trois personnes (un homme, un robot, une femme) accompagné de riffs bien tranchants et de quelques touches arabisantes.

Il est clair que Calling Of Lorme n’en est plus aux balbutiements de « Corporation » puisque son album est plus puissant, plus pro, plus travaillé et plus recherché. Mais il sera peut-être temps d’aller encore plus de l’avant et de s’extirper de ses influences pour voler de ses propres ailes. Quand on voit le travail accompli sur le visuel, sur les claviers mais aussi sur scène, on sait que les Marseillais ont de quoi aller encore plus loin et de quoi trouver un style qui leur est propre…

 

Idensity : Chronicles

Ξ novembre 8th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Symphonic |

Idensity : ChroniclesCertains se souviennent peut-être des Frenchies d’Idensity, groupe fondé en 2008, qui avait sorti en 2011 un premier album très convainquant et plus qu’encourageant pour la suite, de surcroît enregistré aux très renommés Hertz Studio (Vader, Decapitated et compagnie). Deux ans plus tard, le sextet est de retour avec « Chronicles »…et autant le dire tout de suite : le résultat est bluffant.

Idensity va au-delà des frontières qu’il s’était imposé avec le précédent opus « Serenity ». Ici, on passe à autre chose, on se dirige vers un death metal symphonique pur jus. Alors oui, ce style devient de plus en plus à la mode ces temps-ci, en particulier depuis les tueries de Septic Flesh et de Fleshgod Apocalypse. Il faut dire qu’il a encore de belles heures devant lui quand on voit la qualité et le professionnalisme qui découlent de ce « Chronicles ». Le son est énorme (le mixage est signé Dan Swanö…), les compositions sont aux petits oignons, les sonorités particulièrement bien choisies…et même si les influences Septic Flesh semblent évidentes (la pochette, tout d’abord, les riffs et l’ambiance du morceau « Sekhmet », ensuite) il faut dire qu’Idensity explore un bon paquet de recoins et ne se limite pas qu’à la « crème » du death sympho actuelle.

Le concept de l’album est très clair : « Chronicles » traite des croyances et des mythes sur les origines de la Fin de la vie. Il évoque dans les paroles et la musique les terribles chapitres des dogmes respectés par l’humanité ». L’auditeur va donc voyager de continents en continents, de mythes en mythes, de religions en religions. Il ne faut donc pas se limiter aux statues grecques présentes sur la pochette. Le premier titre éponyme nous met d’ailleurs la voie, avec son introduction très aguicheuse qui nous montre le côté « hollywoodien » des orchestrations d’Idensity. Tout a été pensé à la note prêt, les chœurs, les cordes et les cuivres sonnent plus vraies que nature, avant l’arrivée de la déflagration métallique, growl, blasts et gros riffs en tête. Pas de doute à avoir avec ce premier morceau, on a droit à quelque chose de massif et d’ultra puissant.

Dès qu’on rentre dans l’album, on en ressort plus. Les titres s’enchainent avec brio et on est engouffrés dans cette musique qui reste bel et bien du death metal bien lourd : il ne faut pas se méprendre. Les caractéristiques du style se mêlent à des orchestrations de haute voléeset à un fort côté épique. L’avantage aussi, c’est que le groupe est composé d’une violoniste, Mayline, qui manie bien son instrument. Les lignes sont superbes et même touchantes comme sur « Over the Abyss », qui nous propose aussi un peu de chant clair : le mélange nous ferait presque penser à du Aeternam.

On commence un petit tour du monde avec la puissante déesse de la mythologie égyptienne, « Sekhmet » avec un ensemble pas loin du dernier Septic Flesh. Tous les instruments se mêlent avec cohérence dans ce morceau énergique et sans concessions. Le growl est incisif comme il faut, aidé de ces riffs rageurs et d’une batterie qui, même si elle est triggée, apporte pas mal de punch.

Il y en a pour tous les goûts dans cet opus qui se veut complet et qui explore tout un tas de contrées. Les amateurs de metal asiatique trouveront leur bonheur avec « Mofa » dans lequel les chants gutturaux de moines tibétains se mélangent à des instruments traditionnels asiatiques. C’est spirituel à souhait et très relaxant par ailleurs. Ceux qui préfèrent la Grèce antique seront ravis d’écouter « Antikhristos » avec son extraordinaire violon et sa force de composition.

Ceux qui ont un gros faible pour l’oriental vibreront sur « Mahdi’s Arrival » (Mahdi, celui qui montre le chemin, en arabe) qui d’entrée de jeu nous transporte dans les sables de l’orient, sitar, violons, percussions, mandolines, chœurs traditionnels…que demander de plus ? Un beau mix entre Orphaned Land, Arkan et la patte d’Idensity. Le résultat est tout simplement bluffant. Puis nous partons directement vers la mythologie mésopotamienne et les divinités annunaki, cette fois-ci c’est plus brute de décoffrage mais aussi plus impérial.

Chaque titre a sa personnalité, son petit truc, sa petite mélodie et son petit instrument. Le death symphonique n’aura jamais été aussi riche. De ce côté-là, la fin de l’album est totalement magistrale. Il suffit d’écouter « Mantra » qui nous transporte en Asie du côté de l’Hindouiste. Idensity se la joue brahmane, il vénère Shiva et Rudra avec un chant à la limite du possédé, les riffs sont bien trouvés et accrocheurs au possible, parfois brutaux, parfois mélodiques, violon et sitar ne font plus qu’un, le refrain nous mettrait presque en trance.

Et puis tiens, ça tombe bien, il y a la suite de Thor qui sort au cinéma, comme un fait exprès. « Loki » est donc parfait pour accompagner la chose. Vous l’aurez compris, ici on parle de mythologie nordique. Ce dieu rusé débarque et veut nous faire sa loi dans un morceau où Idensity se dépasse. Le growl et le chant clair sont immersifs, le metal bien puissant et les orchestrations n’auront jamais été aussi cinématographiques, hollywoodiennes, pas loin du « Death Cult Armaggeddon » de Dimmu Borgir avec la flamme death metal pour couronner le tout, ou, dans un style plus proche, du « From the Past » de Melted Space.

Que dire de plus…Idensity fait fort avec ce « Chronicles » qui est un terrifiant et redoutable boulet de canon de death symphonique. Les Frenchies livrent un album aussi brutal que mélodique, ambiancé et exotique. Une chose est sûre : on en prend plein les oreilles. Inutile donc, de dire qu’Idensity est à suivre de très près et qu’il ne faut pas rater cette sortie. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Send The Wood a eu le nez fin sur ce coup là : c’est un opus qui s’écoute sans fin…

 

Eternal Oath : Ghostlands

Ξ novembre 5th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Eternal Oath : GhostlandsOn a peu ou pas entendu parler d’Eternal Oath. Et pourtant, il fait partie des formations suédoises de death mélodique nées au tout début des années 90 aux côtés d’In Flames, d’Amon Amarth ou d’A Canorous Quintet (désormais This Ending) pour ne citer qu’eux. Ils ont même eu le bassiste Ted Lundstrom (Amon Amarth) dans leurs rangs au tout début. Mais cela ne fait pas tout. Des éléments les ont ralentis, en particulier le manque de moyen et de diffusion, mais aussi l’anonymat des débuts, d’autant plus que le premier album est sorti en 1999, alors que leurs confrères avaient énormément de succès. Pourtant, Eternal Oath a eu l’occasion d’enregistrer ses productions aux Studios Fredman et de tourner avec la plupart des gros groupes suédois. Ce n’est pas non plus un groupe inconnu au bataillon puisqu’il a tout de même son public et un style tout particulier. Ses albums sont solides mais manquent de prétention, malgré le remarqué « Wither ». En dépit de ses progrès, le groupe décide de faire un break en 2006. Mais la créativité bouillonne encore. Un concert en 2011 lui montre qu’il a encore du potentiel, d’autant plus que l’accueil est excellent. La reformation est inévitable. Eternal Oath renait. Et de cette renaissance apparaît « Ghostlands ».

Les quatre membres fondateurs s’entourent d’un nouveau bassiste et d’un nouveau claviériste avant de reprendre là où ils s’étaient arrêtés. Ils engagent Jocke Skog (Clawfinger, Scarpoint, Meshuggah) pour la production de leur nouvel album et travaillent sur des compositions plus mélancoliques qu’à l’accoutumer. Cela fait mouche…Eternal Oath se différencie largement de ses confrères suédois. Ses morceaux sont plus « lents », plus sombres, plus émotifs et dramatiques. Plus symphoniques aussi. On pourrait très facilement les rapprocher d’Eternal Tears Of Sorrow ou de To Die For, bien qu’ils aient une identité bien à part, un côté plus mystique, légèrement moins romantique. « Into the Mist of Sorrow » nous met bien dans le bain. C’est une intro très douce mais aussi très triste, laissant place à un « Entangled in Time » plus dynamique. Le growl est rageur et les riffs bien entraînants, accompagnés de claviers symphoniques mélancoliques. Eternal Oath ne vise pas l’agressivité à tout prix, le tranchant renforce la mélancolie et la profondeur. Cela se sent sur « Tears of Faith » qui se tente de sonorités black. Mais le chant, quand il n’est pas growlé, peut être clair, créant une atmosphère gothique lorsqu’il se couple à une voix féminine. L’émotion est au rendez-vous lorsque les timbres se mêlent, lorsque les soli apparaissent et que les claviers délivrent des nappes brumeuses.

Le sympho n’est jamais trop pompeux et permet d’instaurer cette atmosphère dramatique. Une atmosphère qui peut parfois être pesante et profonde, comme sur le doomesque « Stolen Innocence », dans lequel les murmures nous donneraient presque des frissons. Le rythme est lent, les guitares harmonieuses, les claviers inquiétants et les accélérations particulièrement intenses. Au moins, Eternal Oath sait incorporer les moments forts sans en faire de trop et diversifie aisément son propos. Cela se voit de nouveau sur « Fields of Dreams » et « A Hymn for the Fallen » qui proposent des éléments plus modernes avec des touches électroniques. Mais ces dernières ne durent pas. Elles laissent vite place aux guitares et au mid tempo ainsi qu’à une ambiance romantique pas loin de To Die For : le chant clair et grave, mêlé au piano et au chant féminin, renforce cette impression.

C’est l’éponyme « Ghostlands » qui conclut l’œuvre avec une touche dépressive et épique à la fois, presque touchante. Eternal Oath n’aura pas fait les choses à moitié. L’album de son retour est très satisfaisant, gagnant en cohérence et en maturité. Le groupe repart donc sur de très bonnes bases.

 

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