Alghazanth : The Three Faced Pilgrim

Ξ décembre 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Alghazanth : The Three Faced PilgrimAlghazanth a toujours suivi son petit bonhomme de chemin depuis ses débuts en 1995, toujours su être fidèle à ses habitudes, à son black symphonique envoûtant et mélodique et ses pochettes en tons de gris, toujours été fidèle à son label Woodcut Records avec la sortie de ses six albums et pourtant, il ne jouit pas d’une assez forte reconnaissance comparé aux formations norvégiennes qui ont actuellement toujours la cote. Il faut dire qu’Alghazanth ne s’est jamais vraiment mis en avant et n’a jamais vraiment voulu rendre ses parties symphoniques trop dominantes, fidèle à son côté true. Sauf que cette année, les Finlandais nous gratifient de deux productions, l’EP « Adra Melek Taus » avec trois morceaux inédits et le full length « The Three Faced Pilgrim » avec cinq nouveaux titres, sortis à deux mois d’intervalle. Etrange procédé, dans la mesure où il aurait été certainement plus simple de tout sortir en même temps sur la même galette, d’autant plus que le thème principal des deux pochettes reste celui des oiseaux (le paon pour l’un, les cygnes pour l’autre…).

Il n’empêche que ce « The Three Faced Pilgrim » est le septième album de la bande, sorti deux ans après le très bon « Vinum Intus ». Alghazanth garde son son ni trop propre, ni trop crade, mais change légèrement d’orientation musicale. Le côté symphonique est beaucoup moins flagrant et laisse davantage sa place à un black mélodique très porté sur les atmosphères. Les claviers n’auront jamais été aussi désavantagés, le décalage est assez fort quand on écoute un « Thy Aeons Envenomed Sanity » ou un « Wreath of Thevetat ». Les musiciens semblent avoir décidé de se laisser porter par leurs guitares pour un ensemble musical qui se situe quelque part entre Emperor, Dissection ou Immortal.

La pochette, très belle, laisse entrevoir une sorte de lutte entre le bien et le mal. Mais à l’écoute de l’album, on a comme l’impression qu’il s’agit plutôt d’une bataille entre le captivant et l’ennui. D’un côté nous avons des riffs tranchants et limite épiques, des mélodies mélancoliques, des touches de claviers atmosphériques et hivernales et une ambiance générale assez nébuleuse, comme si nous contemplions un paysage d’hiver sous les nuages, ce qui est plutôt bien représenté par « With Sickle, with Scythe » avec ces chœurs envoûtants. D’un autre côté, nous avons des riffs qui sont finalement très communs, des bouts qui ne nous transcendent pas, un enchaînement de parties très ennuyant et une atmosphère très convenue comme sur « Promethean Permutation ». Le superbe d’une part et le chiant à mourir d’une autre. Pas évident de se faire une réelle idée sur la chose.

On pourra toutefois se réconforter avec « AdraMelekTaus » dynamique, efficace et bourré de mélodies épiques qu’on pourrait presque rapprocher de Catamenia. Ce sont les guitares qui chantent même si quelques nappes viennent s’incruster le temps de quelques secondes. Les claviers apparaissent comme un outil de transition entre plusieurs parties et non comme un moyen de soulever un moment ou un autre, ou d’accompagner la mélodie principale comme cela peut l’être sur « To the Pearl on High » qui, même s’il accroche un moment, finit par lasser.

Une sortie en demi-teinte, ni trop blanche ni trop noire et paradoxalement à l’image de son artwork. Alghazanth ne livre certainement pas son meilleur album mais risque d’attirer ceux qui préfèrent les claviers en toute petite dose, malgré des riffs et des mélodies très ordinaires qui ne sortent vraiment pas du lot. L’ensemble est d’ailleurs assez pépère voire mou à certains moments et n’est pas destiné à ceux qui ont un faible pour l’énergie, contrairement aux sorties précédentes. Ceux qui étaient habitués à cela risquent de ne pas forcément trouver leur bonheur…

 

Kombur : Catharsis

Ξ décembre 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Deathcore |

Kombur : CatharsisLe label Send The Wood est plutôt productif ces temps-ci et a une manie redoutable de dénicher des groupes au fort potentiel et très « directs » comme récemment Hord, Idensity ou Kombur. Kombur, c’est un petit groupe d’Avignon formé l’année dernière autour de cinq musiciens passionnés et très inspirés par les scènes death metal et hardcore. Cela a donné naturellement naissance à une musique mélangeant les caractéristiques de ces deux styles, des growls alternant avec des cris, des gros riffs lourds alternant avec des riffs syncopés, sans oublier les mosh parts et les breakdowns. Vous avez la marque de fabrique du groupe.

Après avoir partagé la scène avec des combos réputés comme Manimal, The Arrs, ou Mass Hysteria, ils sortent leur premier EP « Catharsis », composé de cinq titres, mixé et masterisé par Bruno Varéa (Dagoba, Blazing War Machine…). Un Ep qui ne rigole pas puisque le premier morceau « Pray for Us » nous montre un Kombur flirtant avec les mélodies sombres et un côté technique très proéminant. Car de la technique, nous en avons droit et il ne faut pas être réfractaire à ce genre de choses. La basse est bien groovy et très présente, guidant les titres avec beaucoup de classe pendant que la paire de guitaristes alterne les parties alambiquées et les parties plus centrées sur la brutalité.

Une des caractéristiques de Kombur, c’est qu’il écrit certains de ces titres en français comme « Entre Haine et Hargne » ou « Mon Enfer Porte Ton Nom ». Cela sonne très différemment à l’oreille et nous donne l’occasion d’entendre d’autres sonorités que les sonorités anglaises. La patte frenchie n’est donc pas à déplorer, surtout avec un son pareil, même si le chant manque encore de charisme et que les morceaux ont souvent tendance à se ressembler, la faute aux saccades et à la technique, un peu trop poussive. Du chant clair fait néanmoins son apparition sur « Empires ».

L’EP ne dure que vingt minutes et il n’est donc pas évident de se faire un avis catégorique sur la musique de Kombur. Il n’empêche qu’elle est bien rentre dedans et technique, toutefois on s’attend pour la suite à une variation du jeu et à plus de prestance dans le chant afin de mieux mettre en valeur la hargne et la haine que le groupe veut mettre en valeur. Wait and see.

 

Ever Since : Bring Out the Gimp

Ξ décembre 27th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Modern Metal |

Ever Since : Bring Out the GimpEver Since s’était séparé en 2008 alors qu’il avait fait impression avec la sortie de son full length « Between Heaven and Hell ». Le groupe, qui faisait partie des têtes montantes de Suisse, proposait une musique à la fois inspirée par le death, le black, le doom et le gothique, que certains appelaient dark symphonique. Il faut dire que les influences Paradise Lost/Cradle Of Filth/Dark Tranquility ressortaient de leurs compos, avec en prime du chant féminin.

Six ans plus tard, les petits Suisses sont de retour après avoir pris le recul nécessaire pour faire évoluer leur musique. Seuls deux membres ont résisté au temps, à savoir le guitariste Vinc et le batteur Cédric mais un nouveau line-up solide semble être sur pied avec un nouveau chanteur plus tourné vers le registre criard et un couple basse/guitare plus tourné vers la technicité et un riffing plus dans l’air du temps. Une chose est sûre, c’est qu’Ever Since est en train de renaître de ses cendres. Nouveau logo, nouveau visuel et surtout nouveau style. Il met de côté son passé soft pour se diriger vers quelque chose de plus extrême, et de plus agressif et de plus torturé.

Pour ce début de 2014, nous découvrons un groupe de death mélodique moderne qui n’hésite pas à imprégner sa musique de bidouilles électroniques qui ne pourrons que rappeler les compatriotes de Sybreed, Breach The Void ou Neosis, en moins cybernétique. On ne sera toutefois pas étonné de retrouver Drop (Sybreed) aux commandes des samples et des arrangements mais aussi du mixage et du mastering. On a donc droit à une musique relativement puissante, rentre-dedans, fluide et aérée à la fois, une combinaison qui fait mouche et que tous les amateurs de modern/cyber metal suisse devraient apprécier.

Tout démarre en trombe avec l’éponyme « Bring Out the Gimp » qui se dote d’un rythme dense et de nombreuses textures électroniques. Les guitares sont tranchantes à souhait et le chant alterne vocaux saturés/hurlés/clairs, ce qui permet de diversifier le titre. On devine très clairement la personnalité du groupe, très actuelle, mais fusionnant particulièrement bien le melo death, le core et des touches plus modernes qui ne sont pas pour nous déplaire. Rien que « Run » suit cette logique puisqu’on croirait parfois entendre un Arch Enemy ayant copulé avec un Sybreed en mode « Doomsday Party ». Efficace.

Les allusions à Sybreed ne sont d’ailleurs pas anodines puisque « No Way Out » semble suivre la même logique que « Critical Mass » sur « Slave Design ». Un début acoustique et pessimiste, proche d’une ballade, avant une suite plus énervée et rageuse et des plans très torturés avec une ambiance proche du black metal, une alternance chant clair/chant criard, et un dénouement dynamique. Ever Since se distingue dans l’utilisation de ses nappes et dans la présence du violon et du violoncelle de Domitille et de Tim Coppey, ce qui apporte un gros plus.

Les autres titres sont pour la plupart bien extrêmes et tranchants avec un enchaînement de riffs chirurgicaux. Le chant aurait sans doute mérité d’être plus diversifié même s’il ne suit pas le schéma classique du couplet crié/refrain chanté clair. Quelques temps morts viennent ponctuer l’opus comme un « Prison Son » assez convenu et déjà entendu mais on finit en beauté avec un « Wake Up » mélancolique dans lequel les bidouilles industrielles futuristes et le chant clair viennent renforcer ce sentiment.

Ever Since signe un bon retour en force avec ce « Bring Out the Gimp » signé chez Mighty Music qui a décidément le chic pour dégoter de bons groupes de modern metal (Doppler, The Interbeing, Psy :Code…). Cette nouvelle facette nous donne l’impression de découvrir un nouveau groupe, malgré qu’il soit actif depuis 1998. Cela montre au moins que ces Suisses savent se renouveler et évoluer avec le temps.

 

Neurotech : The Elysian Symphony

Ξ décembre 25th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Neurotech : The Elysian SymphonyCette année, Neurotech a bouclé sa série des Decipher avec la sortie complète des trois volumes sous une seule et même compilation. Une collection généreuse pour tout fan qui se respecte, d’autant plus qu’elle est sortie gratuitement avec la mention name your price sur bandcamp, une bonne action pour un artiste qui ne se prend pas au sérieux malgré son succès certain sur la sphère cyber metal. Depuis, il s’est fait assez discret avant la sortie inattendue de ce qu’on peut considérer comme un cadeau de Noël « The Elysian Symphony ».

Wulf nous propose un seul morceau représentatif de sa carrière. Ce n’est pas un single au vu de sa longueur (17 minutes) mais on peut tout à fait le voir comme une sorte d’EP, même s’il s’agit sans doute plus d’une sortie fantaisiste histoire de gâter tous ceux qui suivent l’artiste depuis toutes ces années.

Ceci dit, rien n’a été bâclé puisque les 17 minutes représentent l’ensemble des styles que Neurotech s’est amusé à explorer : une sorte de mixture entre le cyber metal de « The Black Waltz », la pop atmosphérique du « Decipher Vol.2 », et le côté épique de « Blue Screen Planet ». On peut ajouter à cela un style plutôt nouveau dans la carrière de Neurotech, à savoir l’ambient, puisque certains passages regorgent de moments purement ambiants dans lesquels l’auditeur a tout le loisir de s’envoler pour les nuages, comme le témoigne la pochette de Andrej Srebrnjak.

On pourrait même penser que ce « The Elysian Symphony » se compose de plusieurs parties puisque nous pouvons entendre plusieurs coupures. Le temps de six minutes, on va de l’ambiant à quelque chose de plus énervé en passant par des moments plus atmosphériques où les sons électroniques et le piano mélancoliques mènent la danse. Les guitares et la batterie sont souvent en arrière plan, ce qui allège le côté purement metal mais ne l’efface pour autant. Certaines offensives sont bienvenues et on regrette l’absence de chant, qui aurait pu soulever certaines attaques de guitare et de batterie.

Cela étant passé, on se retrouve avec un des moments forts du titre avec un son plus sombre et une atmosphère qui aurait pu figurer dans un titre plus black metal. Des arpèges de piano, des chœurs et un rythme soutenu. Difficile parfois de trouver les guitares tant elles se retrouvent cachées par l’amas de claviers. Mais vu la beauté de ces derniers, on n’en voudra pas à Wulf qui joue véritablement sur les harmonies, les atmosphères et le son de son piano, une réelle marque de fabrique désormais.

Ceci dit, on perd rapidement le fil et même si plusieurs passages sont jolis, même si certains moments se répètent, le dénouement n’est pas si extraordinaire et les dernières minutes ont du mal à passer. Dans ce « The Elysian Symphony », c’est la première partie la plus intéressante et on est donc moins ébloui dans la seconde. Une sortie intéressante donc, tout à fait satisfaisante, surtout faite pour montrer une nouvelle facette (la facette ambiante) mais pas faite pour ceux qui apprécient le côté tranchant et énergique de Neurotech. Les autres, en revanche, auront l’occasion de voyager et de se laisser porter par les mélodies angéliques du roi du cyber pop metal.

 

Oblivion Machine : Oblivion Machine

Ξ décembre 23rd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Oblivion Machine : Oblivion MachineOblivion Machine est plutôt productif puisqu’il nous habitue depuis 2008 à une sortie tous les ans. 2011 avait été l’année de la révélation pour ces Russes tournés vers le futur avec un album de cyber metal qui a été plutôt apprécié dans le monde du metal industriel. 2012 montrait un groupe désireux de montrer une facette plus cosmique avec « Starfield ». 2013 semble être l’année du mélange puisque le désormais quintet mix les différentes ambiances faisant la personnalité de leurs opus : le côté cyber et le côté cosmique.

C’est donc naturellement qu’ils appellent leur nouvelle offrande « Oblivion Machine », comme pour montrer qu’il s’agira du disque qui leur ressemble le plus. La pochette est d’ailleurs très belle et représente la Lune vu d’un engin spatial. Cela nous donne un avant-goût de ce que l’on risque de retrouver et en effet, on ne sera pas trompé sur la marchandise. Oblivion Machine propose un ensemble plutôt nouveau et mieux travaillé par rapport aux précédentes sorties. Un cyber death atmosphérique, dira-t-on, puisqu’ici ce n’est pas la brutalité qui prime. L’introduction « MACS0647-JD » nous emmène en plein voyage grâce à une musique instrumentale et ambiante centrée sur la beauté des effets. Les guitares ne viennent que tardivement lancer une offensive, avant un « Off the End » très bien ficelé pas loin de leurs acolytes de Bog Morok sur « Stadiae II », aussi tranchant qu’atmosphérique et futuriste.

Les autres morceaux proposent aussi quelques petites touches particulières comme un peu de sympho et d’éléments exotiques sur « Dialog of Anticipation » sans oublier un « Hall of Dispair » qui nous emmène à la fois au fond fin du cosmos et dans un monde synthétique. Les touches électroniques sont d’ailleurs bien gérées, arrivant aux moments les plus opportuns. Le chant est davantage hurlé mais sied malheureusement moins à l’ambiance, les growls semblant beaucoup plus adaptés.

On pourra dire qu’Oblivion Machine se sera démené pour pondre cet album qui ne manque pas de titres aux moments forts comme « See You Rise » avec en guest le chanteur de Digimortal. On sent bien la patte russe, à savoir un rythme presque dansant, des chants plus scandés que growlés, et des touches électroniques presque techno. Il y a tout de même des petites subtilités dans l’utilisation des petites bidouilles qui passent très bien en arrière plan et des chœurs qui ajoutent une touche épique.

Des hymnes cybernétiques, on en a comme sur un « Failure » déshumanisé ou un « Inhabited Planet Earth » très pessimiste. Une fois de plus, le quintet ne mise pas sur la brutalité mais sur l’ambiance, le jeu des vocaux, le côté technique des riffs et surtout les claviers, qui ont ici une place très importante.

Au moins, on ne se retrouve pas avec le chant féminin casse-pied et inadapté (si ce n’est sur le dernier titre mais ça passe) ou avec l’électro trop pompeux que l’on pouvait retrouver sur « Zero Gravity ». Avec ce « Oblivion Machine », les Russes ont corrigé leurs défauts et ont réussi à pondre un opus prenant qui, à défaut d’être complètement immersif, arrive à embarquer l’auditeur dans un autre monde. Une belle expérience en somme.

 

Infectious Hate : Insanity Begins

Ξ décembre 21st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Infectious Hate : Insanity BeginsIl n’est actuellement pas aisé de pouvoir sortir des sentiers battus et proposer un death metal qui claque et qui saura faire la différence. La scène est saturée par de nouveaux arrivants en particulier dans le death technique-branlette-de-manches et le death brutal-plus-gore-tu-meurs et les groupes qui veulent revenir aux sources n’attirent pas plus l’attention. Les Parisiens d’Infectious Hate ne se dirigent pas de ce côté-là. Ils ne renient ni leurs origines ni l’évolution du style si bien qu’ils officient dans un death metal à la fois teinté d’éléments old-school et modernes. Leur ambition est de rendre ce type de metal plus accessible, d’où cette espèce de fusion entre le death metal de Morbid Angel, le bourrinage de Chimaira et le groove de Devildriver.

« Insanity Begins » est donc le premier EP du quintet qui se dirige vers un univers post-apocalyptique sombre et violent. Malgré un son très moderne et actuel, Infectious Hate ne fait pas dans la dentelle et ne met pas de côté l’agressivité des riffs. Cela part de façon très rapide avec le morceau éponyme en guise d’introduction. Les gros riffs s’enchaînent ainsi que des growls aboyeurs le temps d’une petite minute, c’est donc très court et on a comme l’impression que le titre n’est pas terminé. Cela ne se reproduit pas ensuite puisque « No More » entame pour de bon les hostilités. Un death metal très groovy, presque dansant, qui alterne passages à la rythmique très travaillée et passages plus violents, plus rentre-dedans.

Les Parisiens ne font rien de nouveau de ce côté-là et la personnalité des chansons reste encore à désirer, toutefois, il est clair que l’ensemble est bien tranchant et efficace. Rien n’est linéaire puisque les musiciens arrivent à jongler avec plusieurs types de tempos. On a autant de bourrinage que de moments mid tempos ou de breaks. C’est brutal mais aéré et mélodique comme en témoigne un « Alive » mélangeant brutal et mélo death avec une pointe d’indus au niveau de la mécanicité de la batterie. Cela se confirme avec « Dead End » qui groove à mort et qui représente le mieux l’identité du groupe avec son death moderne et ses mélodies pessimistes à la guitare. Les mélodies restent en tête mais peuvent paraître particulièrement comme sur un « Corroded by Time », soutenues par un growl déshumanisé. Le côté post-apocalyptique est le plus représentatif sur ce titre, notamment avec ce final lourd où apparait un discours peu encourageant à la radio.

Infectious Hate commence plutôt bien avec ce premier EP, beaucoup trop court, dont le concept mériterait d’être poursuivi sur un full length. Au vu du potentiel du combo et de son univers post-apocalyptique très présent aussi bien dans l’ambiance que dans le visuel, il a toutes les cartes pour nous offrir une prochaine galette sombre et pessimiste, avec pourquoi pas un peu d’indus histoire de relever le tout et de justifier la présence du logo de la menace biologique…

 

Scytherium : The Midnight Cadenza

Ξ décembre 19th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Scytherium : The Midnight CadenzaFondé en 2010, Scytherium est le seul groupe de black symphonique dans la région d’Orlando, aux Etats Unis. La pression est donc à son comble pour un sextet espérant dynamiser le coin et jouer une musique autant inspirée par les précurseurs (Emperor, Arcturus) que par des combos plus expérimentaux (Sigh) ou théâtraux (Carach Angren). Avec le second album, « The Midnight Candenza », on sent que les Américains tentent de mélanger la patte de chacune de leurs influences avec leur folie personnelle. On se retrouve donc avec un album rapide, parfois atmosphérique, souvent rentre dedans, et constamment empreint d’une aura fantomatique.

Les bases se posent avec « Cadenza of Decay », introduction classique dans le genre mais plutôt inquiétante avec ces notes de piano mélancoliques. On pourrait presque sentir le souffle glacial d’un fantôme derrière notre dos. Mais cela prend fin avec « The Inversion», un titre très dynamique qui mélange énormément de choses : la mélodie entêtante des guitares, les riffs, les claviers barrés, le punch de la batterie, le chant écorché et cette rythmique épique. La production est meilleure que sur l’opus précédent mais pas totalement au point que nous avons à de nombreux moments une impression de cacophonie. Les instruments se mélangent maladroitement tel un gros bazar.

On pense alors à une erreur de démarrage puisque cela s’améliore avec « Return to Forsaken Graves » ou « Depravity of Human Essence » qui nous présentent les choses de façon progressive et avec plus de cohérence et de délicatesse. Les mélodies sont plus directes mais aussi plus élégantes, la batterie plus écrasante et les riffs plus denses et plus accrocheurs. Ce n’est pas non plus excellent, le mixage étant tout de même pour quelque chose, mais on sent un potentiel et une façon de nous narrer une histoire macabre, en particulier sur « Night of the Sleepless Echo », qui porte très bien son nom, puisqu’il est bien nocturne, bien sombre et plutôt efficace dans son genre.

« The Midnight Cadenza » est un album tout à fait correct qui ne manque pas de punch ni d’inspirations, cependant certains moments sont très bons (comme sur « The Poltergeist Catastrophe », qui met en haleine dès son intro et pendant les refrains à coups de nappes et de gros riffs) et d’autres moins attractifs et plus classiques. Le côté barré et très orchestré aurait été mieux mis en valeur avec un mixage plus propre et plus adapté puisque l’écoute n’est pas totalement fluide et que nos oreilles doivent s’adapter à cet amoncellement d’éléments pas toujours faciles à distinguer. De plus, le growl semble plus adéquat pour ce genre de black symphonique, le chant black étant trop éraillé et agaçant. Scytherium doit donc songer à améliorer son son et à ne pas trop superposer de choses en même temps, au risque de perdre l’auditeur en cours de route…

 

Lyfthrasyr : The Engineered Flesh

Ξ décembre 17th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Symphonic Blackened Death Metal |

Lyfthrasyr : The Engineered FleshCeux qui suivent Lyfthrasyr depuis le premier album « The Final Resurrection » en 2005 s’étaient habitués à un groupe mêlant black symphonique, death mélodique et éléments progressifs pour un ensemble satisfaisant mais manquant encore de personnalité et de puissance. L’ombre des plus grands planait au-dessus de sa tête et il n’avait pas encore eu l’occasion de montrer qu’il pouvait aller au-delà de ses influences. Du coup, la carrière des Allemands avait on ne plus stagné depuis la sortie en 2007 de « The Recent Foresight », avec quelques concerts et surtout un album qui aura mis du temps à voir le jour.

Toutefois, on ne s’attendait pas à autant de changements. On dirait que Lyfthrasyr a décidé de laisser de côté les années passées pour aller de l’avant et se consacrer à autre chose. Le black/death sympho classique n’est plus à l’ordre du jour avec « The Engineered Flesh », sans doute parce qu’Aggreash (chant/guitare/claviers) est un peu transhumaniste sur les bords et c’est donc avec un black/death décidément plus cybernétique que le groupe revient.

Il faut dire que le combo se sent plus d’attaque pour un « post-modern black metal » (je cite). D’un côté, il est clair que la mode est à l’électro, aux éléments futuristes et aux thématiques pessimistes. On se retrouve avec un paquet de musiciens qui s’essaient à cela, avec plus ou moins de succès. Lyfthrasyr, lui, a eu tout le temps de travailler ses compos et le rendu est plutôt inattendu.

Dès le départ, avec « The New Era of Immortality », on est embarqué dans l’univers futuriste à coup de touches électroniques endiablés et de blasts. Les riffs sont bien tranchants, le chant alterne growl et cris black, la batterie (guidée par Nefastus, ex-Belphegor) est une vraie machine de guerre, les claviers nous balancent du sympho épique ainsi que quelques notes de piano pessimistes. Pas de doutes à avoir, on est bien plus proches de And Oceans (période « Cypher »), de Shade Empire (période « Sinthetic ») et d’Illidiance (période « Nexaeon ») que de Dimmu Borgir ou de Skyfire.

Et du cyber black/death, on y a droit sur tout l’album. Pas de répit, tout va très vite et le groupe nous embarque très bien dans son univers. L’électronique est subtile, les chœurs sombres, les breaks bien vus…on se retrouve avec un ensemble mélangeant habilement agression et atmosphères, furie et mélodie, brutalité et insanité.

Même si « Technological Singularity » nous propose quelque chose de plus abordable, de plus mid tempos et que « Mind Simulator » est plus posé malgré quelques accélérations et un piano dramatique, le rythme s’accélère largement avec un « Preserved Identity » à la grande puissance électronique. On est littéralement happés dans le monde synthétique des Allemands, loin de l’humanité, loin des sentiments et encore plus près des machines et du transhumanisme. Le côté pessimiste et déshumanisé se ressent davantage sur le dernier et long « Life Overdose », sorte de ballade torturée et touchante qui sait autant nous faire profiter des riffs, du chant écorché et murmuré, du piano, et de l’indus en arrière plan.

Lyfthrasyr a su trouver le temps de faire évoluer sa musique en expérimentant et en s’adaptant. Le résultat est plutôt bluffant, en particulier pour ceux qui s’attendaient à quelque chose dans la lignée des opus précédents. Evidemment, les Allemands feront sans aucun doute déserter les détracteurs de l’électro mais ceux qui apprécient le style et qui n’ont pas peur des expérimentations ne pourront qu’apprécier le résultat obtenu sur ce « The Engineered Flesh », à savoir un cyber black/death symphonique lourd et puissant mixé par Fredrik Nordström…

 

Slave Machine : Disconnected

Ξ décembre 13th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal |

Slave Machine : DisconnectedSlave Machine est un groupe formé par Kevin et David en 2011 avec pour but de créer une musique puissante taillée pour la scène et influencée par la scène metal industrielle actuelle. Il leur faut deux ans pour compéter le line-up et s’atteler à la composition de leur premier album,[Disconnected], enregistré au mois de mars 2013 sous la production de David Potvin (One Way Mirror, T.A.N.K.), signé chez Dooweet Records et sorti au mois d’octobre dernier.

C’est après une introduction industrielle menée par des guitares rageuses que la machine se met en route. Les Parisiens nous offrent « Anthrophobia » et nous balancent toute leur rage grâce à des riffs tranchants et à une rythmique efficace. Pourtant, malgré ces qualités, les points faibles se font rapidement ressentir, notamment la mise en arrière plan des éléments industriels, qui peinent finalement à immerger l’auditeur, et la faiblesse du chant : une alternance de chant criard qui manque d’articulation et de chant clair atmosphérique qui a ses limites à la fois dans les aigus et dans les graves.

Dans tous les cas, l’alliage est dans l’air du temps et on sent que le groupe veut nous faire un mélange de modernité et de brutalité, un peu à la manière de Fear Factory mais en moins thrashy et avec un chant plus hardcore. Il faudra se pencher sur « Just Like Me » pour découvrir un Slave Machine plus inspiré. Il s’agit d’un titre qui remplit plutôt bien son contrat puisque les touches indus, le côté saccadé des riffs et la rage du chant arrivent à nous transporter dans le concept d’un groupe désirant mettre un terme à toutes les nouvelles technologies.

« Relevant » montre que les Parisiens ont de la gnac mais prouve surtout que les compos sont avant tout taillées pour la scène. Le martèlement, l’incision des riffs et les hurlements en sont un bon exemple (un titre comme « Will You » aussi).

[Disconnected] est en réalité un album qui manque légèrement de personnalité mais qui doit certainement plus s’apprécier en concert ou en soirée metal avec des copains qu’en écoute isolée sur son canapé. Cela se ressent d’autant plus dans le mixage, qui met relativement en valeur les grattes, la batterie et le chant hurlé au détriment du chant clair et des bidouilles industrielles, beaucoup plus en retrait. Cela nous donne finalement envie d’une seule chose : aller voir Slave Machine en concert.

 

Mastic Scum : C T R L

Ξ décembre 10th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Industrial Death Metal, Thrash Metal |

Mastic Scum : C T R LMaggo Wenzel (Tristwood) et sa bande s’apprêtent de nouveau à faire des ravages en cette fin d’année 2013. Ces vétérans de l’extrême, bien ancrés dans la scène death metal autrichienne depuis le début des années 90, vont enfin donner un successeur au très remarqué « Dust » sorti en 2009. « CTRL » montre encore une fois un groupe très attaché aux titres d’albums de 4 lettres et prouve son orientation inDustrielle plus flagrante que jamais. En effet, « CTRL » évoque indéniablement le langage informatique et, en plus de cette pochette mécanique, on est sûr de se retrouver avec un concept futuriste. Bonne pioche. Mastic Scum nous propose sa propre vision de l’évolution technologique et du développement de la société – le besoin de contrôler et l’inévitable effondrement du système…

Ainsi, les Autrichiens décident de ne plus se contenter de leurs influences Napalm Death. Jusqu’à présent, ils nous avaient habitués à suivre leur traces en introduisant dans leur musique beaucoup plus d’éléments death metal et, avec le temps, quelques touches modernes (« Mind », « Dust »). Désormais, nous nous retrouvons davantage face à un mélange de Napalm Death et de Fear Factory, la faute à la présence plus conséquente d’éléments inDustriels. Cela se ressent facilement dans les titres puisque la plupart d’entre eux débutent avec des samples électroniques voire robotiques (« Controlled Collapse », « Dehumanized », « Cause and Effect »…). Cela propulse l’auditeur dans le monde des Autrichiens, d’autant plus que la batterie se dote d’un son plus mécanique : elle claque et sonne plus synthétique qu’à l’accoutumer. Les riffs aussi se dotent d’un côté très syncopé et déstructuré, à l’image de leurs influences américaines. On s’éloigne quelque peu du death/grind pour se diriger vers une forme de cyber death/grind…

Il faut croire que l’ombre du dernier « Dystopia and Disturbia » de Tristwood a plané sur le processus de composition de ce « CTRL ». Sans être ultra inDustriels ou inspirés par le black metal, les morceaux de cet album restent bien brutaux, portés par des blasts beats rouleaux compresseur, des riffs destructeurs comme des mitraillette et un chant incisif tantôt growl tantôt proche du cri porcin. C’est rapide, plutôt bien exécuté et souvent technique histoire de relever ce côté synthétique et inhumain (« Brute-Force-Method », « Hyper-Detection 2.0 »). Sans oublier le mixage très moderne de Tue Madsen (Illdisposed, Sick Of It All) qui accentue encore plus cette impression.

On aurait aimé que les samples aient un rôle plus important puisqu’ils ne servent qu’à démarrer les morceaux, sauf sur les très synthétiques et déstructurés « D1S3MB0D1M3NT », « The Vortex Within » et « Resurrection ». C’est mécanique à souhait et ponctué de quelques paroles distordues, à l’image de Fear Factory ou d’autres groupes de cyber metal comme Deus.Exe ou Hi-Tech

La prise de risque est louable et l’espèce de fusion Napalm Death/Fear Factory est réussie. Toutefois, malgré un début très brutal death et accrocheur et une fin toute aussi extrême et portée par l’indus, le milieu de l’album souffre de temps morts, ce qui nous fait un peu décrocher. Le petit côté polyrythmique peut légèrement agacer et la technique des riffs saccadés apporte quelques linéarités. Cette orientation musicale pourrait donc être intéressante pour certains, fâcheuse pour d’autres. Par conséquent, ce « CTRL » risquerait bien de diviser…

 

Rise Of Avernus : L’Appel du Vide

Ξ décembre 4th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Doom/Death, Gothic Metal, Symphonic Black Metal |

Rise Of Avernus : L'Appel du VideOriginaire de Sydney, Rise of Avernus est devenu de façon très rapide en valeur forte en Australie. En effet, le quintet a fait grande impression avec la sortie de son premier EP éponyme en 2012, lui offrant la possibilité de partager la scène avec des groupes renommés comme Rotting Christ, Enslaved ou Apocalyptica. Ce n’est pas pour rien. Les membres viennent d’horizons différents, certains ayant officié dans le folk, le doom ou l’atmo. Leur expérience passée et leurs influences personnelles leur permettent d’officier dans un style de metal atypique, quelque chose qu’ils aiment appeler « orchestral progressive doom metal », en particulier avec la sortie de leur premier album chez Code666, « L’Appel du Vide ».

Parler de doom symphonique serait toutefois prématuré puisque les Australiens ne se contentent pas de passages lents, lourds, pessimistes ou mélancoliques. Ils intègrent aussi pas mal de death metal et d’éléments gothiques dans leur musique, avec notamment un mélange de growl et de chants clair féminin atmosphériques. On pourrait alors parler sans se tromper d’une fusion de doom/gothique et de death symphonique avec une pointe de black metal dans certaines ambiances.

Il est un fait avéré, c’est que Rise of Avernus veut nous en mettre plein les oreilles mais aussi renforcer la réputation qu’il a pu obtenir jusqu’à présent. De ce fait, les musiciens ne font pas les choses à moitié. Le mastering est confié à Jens Bogren aux Fascination Studios (Deathronic, Rotting Christ, Dark Tranquillity, Bilocate, Orphaned Land…) et la pochette est réalisée, sans grande surprise, par Seth Siro Anton.

Ceci dit, Rise of Avernus n’a pas misé que sur les gros noms du metal, il a aussi fait de son album une bombe sombre et symphonique à souhait. Avec le premier morceau « A Triptych Journey », on sait immédiatement qu’on va avoir droit à du lourd. La montée en puissance avec l’apport successif des différents instruments nous amène à un ensemble puissant, riffs et growl death en tête, avec des orchestrations extrêmement alléchantes et bien foutues, arrangées par le guitariste Matthew Bell. Le morceau alterne gros passages death sympho en mid tempo et passages plus doom/gothic avec l’intervention de la chanteuse et claviériste Cat Guirguis apportant pas mal de romantisme sombre.

Cela est plus flagrant sur la suite, notamment « The Mire » qui nous permet d’apprécier des moments plus atmosphériques, doux et mélancoliques même si le death symphonique finit souvent par s’incruster. On remarquera que les interventions de Cat se font indépendamment de celles du growler, le death symphonique et son côté brutal étant d’un côté, le doom gothique et son côté doux et mélancolique de l’autre, tel un dialogue entre deux personnages. On n’est pas loin d’une sorte de fusion entre Septic Flesh, Paradise Lost et Draconian.

« Ethereal Blindness » fait partie des exceptions puisque cette fois-ci c’est du chant clair que nous avons, masculin et féminin. L’ambiance est plus tragique, renforcée par le piano et le violon, paradée de quelques accélérations tranchantes et d’envolées symphoniques de qualité, dignes de Dimmu Borgir. Et du chant clair on en a aussi sur le très joli « Embrace the Mayhem » qui joue énormément sur les atmosphères et en particulier sur un côté jazzy avec cette basse et ce saxophone. Au moins, avec Rise of Avernus, on varie les plaisirs.

Les Australiens placent la barre relativement haut avec ce premier méfait. « L’Appel du Vide » est un album très réussi, riche, soigneusement orchestré et suffisamment prenant et ambiancé pour qu’on passe un bon moment le temps de trois quart d’heure. Manque plus qu’à voir si Rise of Avernus peut transcender le tout sur ses prochaines sorties…

 

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