Mechina : Xenon

Ξ janvier 29th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Industrial Metal |

Mechina : XenonDepuis le début de sa trilogie en 2011, Mechina a apporté un nouveau souffle au metal symphonique extrême en mélangeant l’indus, le death, le djent, le symphonique et l’épique pour un résultat futuriste et spatial. « Conqueror », « Empyrean » et maintenant « Xenon », les Américains savent comment faire évoluer et transporter ses auditeurs grâce à une mixture particulière qu’il semble être le seul à proposer pour le moment.

Depuis qu’il est sorti de sa phase cyber death avec « The Assembly of Tyrants », il ne pense qu’à nous en mettre plein les oreilles avec une ambiance cinématographique, des sonorités nouvelles, industrielles voire horrifiques, du riffing tantôt death tantôt polyrythmique et une alternance chant clair/growl. C’est très bien fait et particulièrement efficace, et sur ce « Xenon », la mayonnaise prend toujours, en particulier quand on écoute des morceaux comme « Terrea » ou « Zoticus » qui jouent dans le grandiloquent spatio-épique à coups de grosses orchestrations, de riffs saccadés et à la tonalité djent. On est en plein dans le monde de la bande à Joe Tiberi qui nous mélange du Star Wars, du Star Trek et du que sais-je avec un panel d’éléments non négligeable qui enrichissent la musique du combo, comme du piano, des éléments ethniques, des chants venus d’ailleurs, des bidouilles électroniques qui s’en vont et reviennent, histoire de nous rappeler que nous faisons un voyage spatial, comme sur « Tartarus » ou l’éponyme. En quelques mots, on pourrait dire que Mechina est grandiose et puissant. Mais il y a un mais…

« Xenon » a beau être la troisième partie de la trilogie, on n’a pas l’impression d’avoir avancé par rapport à « Empyrean », notamment dans la composition des morceaux. Ces dernières arborent souvent la même structure, des riffs qui finissent par être répétitifs, un rythme qui ne varie pas, quelques breaks avec du chant clair et du clavier, des sons qui semblent apparaître juste pour remplir et non pour apporter quelque chose de nécessaire à l’histoire, et un peu trop de choses d’un coup comme sur « Phedra » ou « Erebus ». Cela donne, par conséquent, l’impression de ne pas respirer, les chœurs, les orchestrations, les riffs death et le côté djent ravageant tout sur son passage. On regrettera aussi le manque de prise de risque avec le chant clair : il est toujours atmosphérique et sonne de la même manière, à croire qu’il s’agit de la même mélodie et de la même tonalité sur tous les morceaux, et ce, depuis « Conqueror »…

En fait, Mechina c’est tout à fait le groupe qui plait ou qui ne plait pas, sans vrai juste milieu. Soit on adore toute cette grandiloquence spatio-épique très typée Science-Fiction, peu importe la redondance des riffs et le manque de modulation sur certains passages, soit on est gavés par le côté répétitif et la surenchère d’effets, faisant que le tout sonne parfois creux. « Xenon » est donc un album à la fois dans l’ombre de ces prédécesseurs et éclairée par les nouvelles ambitions d’un groupe qui part sur une nouvelle trilogie. Espérons que les prochains épisodes soient plus mouvementés et diversifiés histoire de découvrir l’autre possible facette de cette formation américaine…

 

Dimentria : Doomed

Ξ janvier 27th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Dimentria : DoomedLes amateurs le savent très bien : la Russie est devenue le nouveau pays du black symphonique depuis une dizaine d’années et il est souvent très recommandé de se tourner vers cette partie de l’Europe pour découvrir des nouveaux groupes. Ces derniers sont prolifiques puisque de nombreux albums sont à l’honneur tout au long de l’année, et c’est vers Dimentria que nous nous tournons. Actif depuis 2007, la bande a sorti une petite démo avant de se lancer dans la production de son premier full length auto-produit, « Doomed ».

Comme bon nombre de formations, Dimentria est influencé par les gros combos de black symphonique comme Dimmu Borgir (très flagrant sur « Visions of Belshazzar ») ou Carach Angren avec ces relents horrifiques et théâtraux (« Prophet »). On devine qu’il s’agit de black symphonique russe grâce aux quelques growls, au côté très rapide, à l’utilisation de plages ambiantes, à l’apparition de quelques chants lyriques féminins, et évidemment, à l’emploi de la langue russe. Sans oublier la surenchère d’éléments symphoniques plutôt réalistes comme sur « Last Stand Centuries ». Cela peut paraître très abstrait mais les Russes ont le mérite de proposer un black symphonique reconnaissable, avec leur patte bien à eux, une patte qu’on retrouve aussi bien dans Stigmatic Chorus que dans Atra Mustum, Nox Doloris, Arcane Grail, Anno Diaboli ou Sinister Frost.

Pas de surprises, donc, au sein de ce « Doomed ». Les Russes suivent la ligne de conduite bien établie mais ne se contentent pas non plus de recopier bêtement le schéma. Certains titres valent tout de même le détour comme « You’ve Lost Everything » et ses claviers fantomatiques angoissants, ou « Breakthrough » et son côté cinématique très prononcé, chœurs et gros riffs en tête. C’est rapide et très porté sur le côté dramatique, le violon est à la fois dominant et tordu comme le fait si bien les Biélorusses de Diavoliada, l’ambiance épique à la Stormlord et les parties vocales sont parfois très proches de Shagrath (Dimmu Borgir). Dimentria nous offre tout un panel de choses et essaie, semble-t-il, de prendre à chaque formation réputée la recette de son succès. Ca marche très bien sur les compos des Russes car ces derniers se débrouillent plutôt bien. Avec la patte « russe » pré-citée, cela apporte un peu plus de personnalité mais il faut faire attention à ne pas trop emprunter, au risque de se perdre en cours de route.

Ceci dit, l’album tient particulièrement la route. Certes, on ne saura pas étonnés, mais certains passages valent le coup d’oreille puisque le mélange est très appréciable et non dénué d’émotions. Les guitares ont de la rage, le chant de la hargne, les claviers une force et l’ambiance sombre nous met bien dans le bain. Une bonne sortie en définitive pour Dimentria.

 

Maleficentia : Revelation from the Ancestral Whisper

Ξ janvier 24th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Maleficentia : Revelation from the Ancestral WhisperPour ceux qui ont plusieurs trains de retard, petit rappel: Maleficentia se forme en 1998 autour d’Aragoth (Mausoleum), guitariste de son état, désireux d’intégrer des synthés dans sa musique. Il est rapidement rejoint par des musiciens partageant la même ambition et forme au final un groupe de black symphonique qui se transformera en une sorte de mix entre Graveworm et Dimmu Borgir. Les Parisiens changent plusieurs fois de line-up et sortent deux albums, « Born of Steel and Fire » et “Under the Banner of Suffering” avant d’accoucher de ce “Revelation from the Ancestral Whisper” cinq ans plus tard, en 2008.

Maleficentia a fait des efforts considérables puisque la production est meilleure et que les vocaux ressortent plus qu’à l’accoutumer : une voix black possédée et très énergique qui apporte pas mal de peps à la musique bien qu’elle soit de manière générale assez classique. Ceci dit, les Frenchies ne misent pas que sur ça puisqu’ils ont d’autres cordes à leur arc. Des musiciens expérimentés provenant d’autres formations soutenues comme Garwall ou Ave Tenebrae mais aussi une force certaine dans la mise en place des claviers. Des nappes insistantes, des chœurs et un peu d’orgue, cela apporte un côté sacré voire liturgique indéniable à la musique comme dans « Through the Mirror of Flesh ».

Le petit hic quand on écoute l’album dans son intégralité, c’est le mixage des guitares qui ont du mal à ressortir lorsqu’elles servent d’accompagnement aux claviers ou lorsque les blasts ont le premier rôle. Il faut attendre des moments plus « calmes », quelques leads ou quelques touches techniques pour qu’elles ressortent et apportent un côté diabolique, une réponse satanique aux claviers divins assez intéressante comme dans « In the Shadow of the Labarum ».

Malgré quelques défauts et linéarités, l’album se dote de morceaux plutôt efficaces et prenants comme le duo « Heuritic Embrace » et « A Forgotten Sanctuary » qui arrivent à mélanger de façon homogène les claviers, les chœurs, les guitares et les vocaux pour un rendu très appréciable, avec des mélodies que l’on retient bien et un enchaînement bien venu entre les différentes parties. On en redemande.

Même si « Revelation from the Ancestral Whisper » ne révolutionne rien dans sa démarche, il s’agit tout de même d’un album à plusieurs facettes, un peu long mais efficace, avec ses moments forts. Le petit frère devrait arriver incessamment sous peu, espérons que Maleficentia a encore de l’inspiration et de quoi nous ravitailler en black symphonique de qualité.

 

Hermetic Evolution : H 2.0: Deux Ex Machina

Ξ janvier 23rd, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Hermetic Evolution : H 2.0: Deux Ex MachinaOn a très rarement vu un groupe mélangeant le néo metal au cyber metal, à croire que ces deux styles sont diamétralement opposés. A Dark Halo s’y était osé, sans résultats, puisqu’un seul album a vu le jour. Idem pour Interlock en Grande-Bretagne. Pourtant le mélange peut s’avérer efficace s’il est bien exécuté et ce sont les Polonais d’Hermetic Evolution qui réitèrent l’expérience avec leur premier album « H 2.0 Deux Ex Machina » très tourné vers les progrès cybernétiques et le transhumanisme.

La Pologne nous a généralement habitués à des albums assez agressifs et bourrins dans le domaine du cyber comme en témoignent les Thy Disease, Cruentus et Crionics. Hermetic Evolution est beaucoup plus calme à côté de ces trois formations et tente de faire ressortir les harmonies et le côté expérimental de ses compositions. Le neo metal à la Slipknot côtoie la polyrythmie de Meshuggah ou de Periphery et le cybernétisme de Sybreed ou de Fear Factory, avec un peu plus de touches électroniques cependant. Le mélange est osé mais fonctionne plutôt bien comme sur « Prototyp » qui dévoile un combo chantant dans sa langue natale, ce qui change de l’anglais ou même du russe dans ce domaine.

Les compositions alternent chant bien rageur, growl et chant clair, peu importe l’ordre, on en a aussi bien dans les refrains que les couplets, et ce n’est pas plus mal, puisqu’on dépasse ici le traditionnel schéma employé dans la majorité des cas. « Transgresja » se dote d’un groove impeccable avec des riffs bien placés et des mélodies bien trouvées. Certains plans peuvent paraître convenus mais on accroche très vite, ne serait-ce que sur le très djent « Proxima » qui distille des sons futuristes qui s’accordent bien à l’ambiance.

Hermetic Evolution prend le temps de poser son concept sur les 4 titres « H 2.0 » situés au milieu de l’album. Rappelons que H+ est le symbole du transhumanisme et qu’ « H 2.0 » est sans doute une façon de parler de sa forme plus évoluée. Le « Prolog » est particulier puisque la narration fait place à un titre qui ne se finit par, comme une ébauche, ce qui déstabilise lors de la première écoute. Il faut attendre la suite, soit « Algorytm 21 » pour découvrir un ensemble plus sombre avec des voix distordus et des cris désincarnés. On arrive quand même à avoir du plus calme avec l’atmosphérique « Otch?ani Dno » qui pourrait rappeler les travaux des Russes de Bog Morok. « Omega » conclut la quadrilogie à coups de touches électroniques entêtantes et d’une alternance de riffs groovy et de riffs polyrythmiques.

La suite de l’opus possède aussi ses qualités mais aussi quelques faiblesses, un peu moins de puissance et la perte de notre attention puisque les meilleurs morceaux sont passés. Mais quand même, pour un premier full length, Hermetic Evolution s’en sort bien et arrive à nous plonger dans son concept, certes, peu original désormais, mais bien en adéquation avec le style. S’il continue sur cette voix, il pourrait devenir le nouveau représentant du cyber néo metal dans un pays où le cyber en lui-même a déjà fait ses preuves.

 

Dead Heaven : Antirealnost

Ξ janvier 18th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Dead Heaven : AntirealnostLa Russie est souvent à l’honneur quand un album de Cyber Metal débarque. Celui-là ne déroge pas à la règle. DeadHeaven s’est formé très discrètement en 2012 avant de mettre en ligne les morceaux er trailers promotionnels. Aujourd’hui, le quatuor diffuse sur la toile son premier album auto-produit « Antirealnost » dans la lignée de groupes comme All For Fake, Digimortal ou Deathharmonic.

DeadHeaven confirme le fait que le cyber metal russe est un style qui se distingue. Il n’est pas aussi polyrythmique et désespérée que le cyber suisse (Sybreed, Breach The Void…), pas aussi robotique et brutal que le cyber français (Noein, Techny-Call X) et pas instrumental pour un sou comme le fait la vague djent (Ex Machina, Kreepmaster, Tyrant Of Death). Il s’oriente plus vers une alternance de passages bien tranchants et de passages plus atmosphériques, avec pas mal de bidouilles électroniques mettant en avant une ambiance plus synthétique voire futuriste.

« Antirealnost » suit ce schéma et impose un concept cohérent et immersif grâce, notamment, à trois titres instrumentaux d’une minute trente tout au plus (« ????????… », « Opus Exterminatus » et « ?????? », mélange de cyber et de dark ambient) et à une évolution significative au fil de l’album, à savoir une première moitié plus tournée vers l’agressivité et une seconde moitié plus mécanique que jamais.

Le morceau d’ouverture, « ???? », est une vraie tuerie avec un riffing de départ pouvant faire penser à celui de « Bioactive » (Sybreed) mais qui se dirige ensuite vers quelque chose de plus personnel. Les cris imposants sont aux couplets, et le chant clair atmosphérique aux refrains, le schéma est classique mais fonctionne bien ici puisque rien n’est linéaire. On a droit à quelques breaks menés aux claviers, et quelques soli entre deux déflagrations comme sur « ????? » ou encore « ???????? ?????? ». Efficace.

La seconde partie de l’album nous montre un beau travail d’ambiance, de bidouilles et de groove, tantôt avec un « ?????? ????????? » rappelant Illidiance avec son rythme dansant et ses voix trafiquées, tantôt avec un « ????? ???????? » aux sonorités très mécaniques, tantôt avec un « ??????????-???? », ballade cybernétique réussie, relevant l’atmosphère pessimiste.

Deadheaven démarre bien l’année un premier méfait très réussi et loin d’être ennuyeux puisque chaque morceau possède une identité qui lui est propre. « Antirealnost » est efficace et relativement puissant pour une auto-prod, sans oublier la cohérence du propos et la diversité des riffs et des sonorités. Cela ne présage que du bon pour l’avenir.

 

Al Namrood : Heen Yadhar Al Ghasq

Ξ janvier 15th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Al Namrood : Heen Yadhar Al GhasqAl Namrood sévit depuis 2008 sur la terre du Moyen-Orient en nous offrant pratiquement une sortie tous les ans. La formation d’Arabie Saoudite a le mérite de braver les interdits de son pays afin de mettre en avant une musique exotique et agressive et des thèmes basés sur les insurrections et la rage. Il faut dire que le contexte est totalement approprié, dans la mesure où l’opposition est forte dans cette région. Les musiciens continuent donc sur cette lancée avec leur nouveau méfait « Heen Yadhar Al Ghasq » toujours chanté en langue arabe.

Le combo met une nouvelle fois un point d’honneur à concocter leur propre formule d’oriental black metal, un style très peu mis en avant mais fédéré par quelques noms comme Odious et Narjahanam (qui a d’ailleurs sorti son second album). Le côté arabisant est donc prédominant ne serait-ce que dans les mélodies et les atmosphères, et les Saoudiens ne lésinent pas sur les éléments. Dès « Estahala Al Harb » on se retrouve avec un ensemble folklorique porté par les instruments traditionnels (flute, violons, percussions) et un enchaînement de notes très oriental. Les guitares servent plus d’accompagnement qu’autre chose et gardent leur côté, ce qui fait le charme d’Al Namrood.

L’ambiance s’assombrit par la suite, notamment l’éponyme. On découvre alors un décalage entre la qualité du son de la batterie, des percussions et des claviers, plutôt bonne, et des guitares et des vocaux, plutôt médiocre. A cause de cette différence de son, les instruments ont du mal à se mélanger et on se retrouve avec une sorte de cacophonie difficile à écouter. Les blasts se mélangent mal, les guitares paraissent répétitives et le chant, qui a perdu tout son côté extrême, est complètement à côté. Il n’est même pas compliqué de repérer les fausses notes, c’est dire.

Du coup, la force d’un album tel que « Kitab Al-Awthan » a disparu au profit d’un brouhaha permanent. Et c’est très dommage, dans la mesure où l’ambiance est à la fois inquiétante et chaleureuse et que les différentes percussions et mélodies à la guitare apportent pas mal d’exotisme aux compos (« Subat »). Toutefois, on a du mal à tenir sur la durée, la faute aux grésillements, au chant difficile à digérer, à la linéarité des compos et au manque de variation. Pourtant, un « A Aj al Safeeh » aurait été très appréciable sans tous ces défauts…un vrai voyage dans les ténèbres du Moyen-Orient.

On se demande bien ce qui s’est passé et il est très dommage de se retrouver avec un résultat en-dessous des albums précédents. En voulant trop bien faire, en voulant faire évoluer sa musique, Al Namrood la fragilise et déstabilise ses auditeurs. « Heen Yadhar Al Ghasq » est trop maladroit et brouillon pour qu’on puisse retenir quoi que ce soit.

 

Vermin (GER-2) : Mind Control

Ξ janvier 9th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Vermin (GER-2) : Mind ControlCela fait maintenant dix ans que Vermin sévit sur la scène death metal allemande. Dix ans non dénués d’embuches puisqu’il semble avoir eu du mal à faire ses pas, le premier EP datant de 2010. Ceci dit, ils ont pris du poil de la bête, en témoignent les différentes sorties successives, l’album « Paradise » en 2011 puis ce « Mind Control » qui marque l’anniversaire de formation des quatre musiciens.

Avec cet opus, les membres ralentissent le rythme pour nous proposer une musique à la fois influencée par le death metal et le rock’n'roll. Le groupe alterne riffs death et riffs old school, growls et chant hargneux, rythmique dynamique et rythmique plus groovy. L’ensemble n’est pas forcément original mais Vermin présente du death’n'roll dans son plus simple appareil, masterisé par Andy Classen aux Stage One Studio (Holy Moses, Asphyx, Graveworm…).

Le son est pour le coup très naturel, sans fioritures ni arrangements ultra modernes. Les premières secondes de « Misery » et de « Mind Control » sont consacrées aux bruits de prise en main des instruments (ampli, baguettes, cordes), comme si nous assistions le groupe lors de ses répétitions. Ceci dit, les morceaux ne sont pas brouillon pour autant, au contraire. Ils sont carrés, plutôt bien ficelés, proposant quelque chose d’entraînant avec son lot de riffs classiques mais efficaces comme « Memories » qui nous renvoie, à juste titre, plusieurs dizaines d’années en arrière.

Vermin critique vivement la société actuelle ainsi que les médias qui nous illusionnent. Pour cela, les chansons sont en généralement construites en tempo moyen voire lent accompagnées de riffs mélodieux. « Illusion » fait exception puisque les changements de rythme sont nombreux, et que le côté death est plus mis en avant. Idem pour « Sick Reality », une sorte d’expérimentation du groupe, qui propose des sons de guitare distordus au sein d’un ensemble à la rythmique très classique.

Le quatuor n’invente pas la poudre à canon mais offre un album sympa et très old school. Les adeptes du death’n'roll sans fioritures généralement construit autour d’un mid tempo devrait apprécier même si on regrette l’absence d’atmosphère (comme ça avait été le cas sur « Parasite ») et le manque de soli. Vermin suit donc son petit bonhomme de chemin avec ce « Mind Control » signé chez Blacksmith Records.

 

Illidiance : Deformity

Ξ janvier 6th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Illidiance : DeformityCe n’est plus vraiment ce que c’était. Dans le passé, les membres portaient des tenus futuristes et présentaient une imagerie particulièrement cybernétique. Désormais, nous les voyons cheveux au vent tel un boys band à minettes. Il faut dire que les Russes ont une très forte cote de popularité dans le monde du metal moderne/indus. Evoluant d’un cyber black symphonique à un cyber metal plutôt pop sur les bords, la bande a tourné avec les plus grands (Rotting Christ, Thy Disease, Deathstars) et s’est octroyé les faveurs des agences de réservation de prestige (Sybreed, Behemoth, Septic Flesh). Illidiance est loin d’être un premier venu et le prouve régulièrement avec des titres très pros et tranchants comme des rasoirs.

En ce moment, les musiciens mettent à l’honneur leur nouvel EP, trois ans après leur dernier album « Damage Theory » et leur plus récent single « Neon Rebels ». La recette principale n’a pas changé d’un iota. Nous écoutons toujours un groupe alternant les vocaux hurlés/clairs, mettant en avant une ambiance futuriste, intégrant des samples cybernétiques et mécaniques, et plaçant des riffs acérés aux moments les plus opportuns. L’ensemble des cinq titres ne déconne pas tant que ça par rapport à leurs morceaux précédents puisqu’on retrouve bel et bien une continuité, ne serait-ce qu’avec l’éponyme « Deformity » ou « Boiling Point ».

En revanche, la différence réside dans la façon dont Illidiance a complexifié et diversifié sa musique. Il ne se contente pas toujours d’intégrer des titres directs et classiques, avec couplets agressifs et refrains mielleux. Il met en lumière d’autres influences dont le djent sur le premier morceau et ces saccades répétitives ainsi que d’autres sonorités électroniques, plus fouillées, comme sur « Urbanized » et sa rythmique efficace et déstructurée. Les samples et la batterie semblent d’ailleurs plus en osmose, un duo imparable comme le prouve « Let It Bleed ».

L’EP « Deformity » semble montrer qu’Illidiance a d’autres choses à nous proposer, même s’il ne met pas de côté les éléments qui ont fait de lui ce qu’il est actuellement (le cyber à profusion, le côté pop…). L’ensemble est plutôt encourageant pour la suite et même attractif pour les amateurs du genre, qui ne seront pas déçus du résultat. Sa place dans le saint trio des plus gros groupes cyber metal (avec Sybreed et Neurotech) n’est donc pas usurpée.

 

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