Bjarm : Imminence

Ξ février 27th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Bjarm : ImminenceDécidément les Russes sont partout. Ils ont organisé les récents JO d’hiver, se sont opposés à la révolution ukrainienne et ont envahi la scène black metal symphonique. Nul besoin de rappeler que la majeure partie des nouvelles sorties du style proviennent de ce grand pays où les groupes prolifèrent à une vitesse hallucinante. Ici, nous nous intéressons à Bjarm, formé en 2009 et qui sort son premier full length « Imminence » ce mois-ci. Bjarm possède des atouts que la plupart de ses compatriotes n’ont pas : malgré une signature chez le géant russe Fono Ltd., il a réussi à se faire découvrir en dehors de son pays natal puisque le mastering s’est fait aux Fascination Street Studios de Jens Bogren sous la houlette de son collègue et ex apprenti Tony Lindgren (Paradise Lost, Kreator). Il faut donc s’attendre à une production digne de ce nom.

Cela s’entend d’entrée de jeu avec l’intro de trois minutes trente « Approaching of the Close » qui met en avant de bonnes orchestrations et des chœurs épiques, quasi hollywoodiens. Le côté sombre inhérent au style est bien présent et nous annonce des morceaux situés dans la même continuité, les guitares et le chant en plus. L’arrivée de « Knowledge of Doom » montre un groupe autant influencé par le black metal que le death metal puisque les deux styles fusionnent en un tout cohérent. Si le chant se veut possédé, au début, il devient plus rageur et adopte la forme d’un growl par la suite, un growl pas si loin de celui de Demonstealer de Demonic Resurrection. Le chant black, lui, apparaît uniquement sur la ballade « Oracle » et « The Highest Hall ».

Le sextet mise beaucoup sur les claviers, les arrangements et les samples afin d’instaurer une ambiance, et la qualité est là. Niveau guitares, l’originalité n’est pas de mise mais il faut dire que les riffs sont plutôt maîtrisés et en accord avec le sujet. On est en plein dans une épopée, les allers et venus des violons étant synonymes de diverses péripéties. Les breaks sont placés de sorte à mettre en avant des passages épiques, à la limite mythologiques (dans le sens, atmosphère greco-romaine, impérial et écrasante). On regrette rapidement le manque de moments forts et d’accélérations, comme c’est le cas sur « Omnious Dreams » ou « The Nine Worlds ». Une déflagration n’est pas négligeable, surtout dans un black/death symphonique aussi calculé et précis que celui de Bjarm.

Il faut tout de même « Fire Lord’s Torment » pour que l’ensemble décolle avec quelques prises de risque : côté dramatique, chœurs tragiques, riffs plus insistants et chant clair. On se rend aussi compte de la tendance du groupe à officier dans un black/death symhonique contrôlé, loin des accélérations et de la brutalité de certaines formations comme Arcanorum Astrum ou Atra Mustum.

Quelques influences classiques font leur apparition comme sur le titre éponyme, où l’agencement des mélodies rappelle un « King of Carnival Creation » de Dimmu Borgir. Les touches de synthés ainsi que le chant black de « The Highest Hall » nous embarquent quelques dizaines d’années en arrière, dans le black symphonique des années 90’s. Le décalage avec les autres morceaux est peut-être soudain mais reste le bien venu puisque l’efficacité est de mise.

Dans tous les cas, Bjarm livre un premier opus vraiment sympa, avec une production en béton et des orchestrations de qualité. Il est toutefois dommage que le groupe n’utilise que du mid tempo pour ses compos, le rythme étant souvent linéaire. Il nous arrive donc parfois de décrocher et il faut compter sur l’intensité du sympho, la mise en avant de certaines bidouilles, et la puissance de certains morceaux (« Fire Lord’s Torment » ou « The Highest Hall » en particulier) pour nous rappeler à l’ordre.

 

Quintessence Of Versatility : Reveal the Truth

Ξ février 24th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Extreme Metal |

Quintessence Of Versatility : Reveal the TruthQuintessence of Versatility a fait du chemin depuis sa formation en 2008. Quelques scènes remarquées, un EP encourageant en 2009, du ménage dans le line up avec l’arrivée de membres provenant de combos tels que Kraainen, Gasworks, Hoperckut ou encore Abrasis, et surtout, un son plus neuf, plus moderne et abrasif. Les Rennois mettent cette fois-ci les petits plats dans les gras avec l’arrivée de leur nouvel EP « Reveal the Truth » qui montre toute l’ambigüité d’un groupe comme Quintessence of Versatility.

Il n’est en effet pas facile de savoir de quel côté se situent les musiciens tant leur musique est diversifiée. Pas facile aussi de donner un style précis puisqu’on passe régulièrement du coq à l’âne. Du Brutal death au black metal en passant par le grind, le deathcore ou parfois le thrash…L’auditeur se retrouve face à une terrible fusion des genres dont il faut s’habituer si on ne veut pas avoir la tête qui tourne. Il suffit d’écouter un titre comme « Forever Depressed » pour comprendre. Une rythmique alternant brutal death et mélo death, une voix entre cris black et hurlements hardcore, accélérations, breakdowns, riffings syncopés et parfois moments plus calmes, plus mélodiques avec un petit côté black. Bref, il y en a pour tous les goûts.

« Retaliation », lui, possède un côté plus torturé et maladif grâce à un mélange de deathcore et de post-hardcore, avec des riffs lancinants et un growl caverneux. Le moins que l’on puisse, c’est, que l’on aime ou pas les styles employés, Quintessence of Versatility envoie du bois, sans vergogne, avec des musiciens maîtrisant leur instruments. Le changement de line-up lui a fait du bien. « Pimp Youself » est une vraie tuerie, un rouleau compresseur inébranlable qui enchaîne les gros riffs et les grosses accélérations avec une basse peut-être un peu trop en avant. Les cris sont arrachés, quasi inhumain.

Il y a toutefois quelque chose d’assez étrange chez ce groupe, c’est la production. Même si le mixage et le mastering ont été effectués par Emmanuel Rousseau (ex-Lyr Drowning) aux White Wasteland Studios, il y a comme une inégalité entre les morceaux. Certains instruments sont plus mis en avant que d’autres (comme, justement, l’histoire de la basse dans « Pimp Yourself ») ou alors le son possède un peu trop de reverb comme dans « This Is Your Life », avec des hurlements qui portent. La transition est alors surprenante. Peut-être est-ce pour donner une identité propre à chaque titre ? Si tel est le cas, l’idée est sympa mais l’homogénéité en pâti…

En clair, Quintessence of Versatility signe un bon retour pour le mois de mars et offre aux amateurs férus de metal extrême de quoi se mettre sous la dent. Un EP bourrin, vilain et assassin, fusionnant le deathcore à d’autres styles comme bon lui semble. Âmes sensibles, s’abstenir.

 

Near Death Condition : Evolving Towards Extinction

Ξ février 20th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Near Death Condition : Evolving Towards ExtinctionIl y a trois ans, déjà, Near Death Condition avait fait sensation avec la sortie de son second full length « Disembodied – In Spiritual Spheres » qui mêlait habilement la technique et la puissance d’exécution. Les musiciens prouvaient dans le même temps que la Suisse avait du potentiel en termes de brutal death car, c’est en fait, ce n’est pas un pays très représentatif du style. Ceci dit, il ne faut pas s’arrêter là puisque Near Death Condition réitère l’expérience cette année avec un « Evolving Towards Extinction » toujours signé chez Unique Leader (Arkaik, Deeds Of Flesh, Beheaded…) et mixé aux fameux Hertz Studio (Behemoth, Decapitated, Vader…).

Le groupe nous montre qu’il est de nouveau très en forme avec le morceau d’ouverture « Works of Wisdom » qui démarre en trombe, blasts et gros riffs en tête. C’est rapide, brute de décoffrage et aussi technique, il est clair que Near Death Condition n’a pas perdu la main et espère bien nous refaire vibrer avec son brutal death percutant. Toutefois, comme il nous l’a déjà prouvé, il sait aussi ralentir son tempo et imposer des passages d’une lourdeur impeccable, sans oublier les soli astraux qui vont bien avec. Cela apporte de la mélodie et nous permet de souffler entre deux déflagrations.

« Pandemic of Ignorance » joue sur l’ambigüité avec un début pesant et plutôt « lent » marqué par l’alternance de growls et de chants plus criards, et une suite beaucoup plus brutale et technique, avec un marteleur de fûts complètement cinglé et un couple de guitaristes endiablés qui envoient la sauce et nous font vivre un moment de rêve, pas très très loin d’Origin

Les Suisses jouent avec les rythmes, contrôlent leur technique, alourdissent et harmonisent à leur guise comme en témoignent les excellents « The Anatomy of Disgust » et « Vertigo ». Ils diversifient aussi leurs compos avec des morceaux marqués par de discrètes nappes de claviers comme « Anagamin » ou « Nostalgia for Chaos » qui instaurent une atmosphère chaotique. « Between the Dying and the Dead » et « Intelligent Design », eux, mettent en avant quelques chœurs histoire de rajouter un léger côté « épique » proche de Fleshgod Apocalypse.

Near Death Condition assure encore une fois avec ce terrible « Evolving Towards Extinction » qui montre de nouveau la puissance de feu des helvètes, leur capacité à nous maintenir en haleine jusqu’au bout et leur technicité irréprochable. Les soli s’envolent et nous vendent du rêve. Rien à faire, on est scotchés. Le trio fait un nouveau pas de plus en avant, malgré des influences évidentes (Origin, Hate Eternal, Morbid Angel…). Décidément, 2014 nous gâte.

 

Aephanemer : Know Thyself

Ξ février 19th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Aephanemer : Know ThyselfOriginaire de Toulouse, Martin Hamiche est la tête pensante d’Aephanamer, un projet death mélodique ambitieux que le musicien espère emmener très loin en essayant de combiner puissance et beauté au sein d’un style qui peut se faire aussi harmonieux qu’agressif et tranchant. Cette année, Aephanemer fait un pas en avant en proposant d’office un premier EP auto produit en format digipack, « Know Thyself », mixé par Maciej Dawidek (Widek) et dessiné par Niclas Sundin (Dark Tranquillity). Rien que ça.

Il faut dire que le sieur Hamiche a de la ressource, et cela s’entend dès le morceau « Resilience » qui, même s’il ouvre l’EP de façon classique avec une mélodie insistante à la guitare, montre une certaine puissance de feu et un sens particulier de l’harmonie. Son mélo death n’est franchement pas loin de certaines pointures du genre comme Dark Tranquillity ou In Flames pour la rythmique, et Skyfire pour les claviers symphoniques, les notes astrales au piano et les mélodies à outrance à la guitare (ce qui se confirme sur « Inner Storm »).

Pas de chant, ici ce sont les instruments qui s’occupent de tout et le couple clavier/guitare en sont les principaux responsables avec des motifs souvent néo-classiques. C’est sans doute ce qui manque à cet EP, pouvoir apposer un growl sur des parties rythmiques et des refrains qui auraient du coup été beaucoup plus catchy. Mais le résultat reste quand même très acceptable, avec une technique indéniable et une instrumentation sans défauts majeurs : batterie et basse à leur place, claviers bien mis en avant, sans être trop prédominants, et guitare maîtresse guidant l’auditeur dans le dédale de soli héroïques.

Des soli qui, d’ailleurs, finissent par lasser car trop présents et trop insistants. Il est sûr qu’avec des titres sans paroles, il faut une présence, une ligne conductrice histoire de ne pas lâcher prise. La méthode de Martin Hamiche est très bonne, toutefois les morceaux auraient gagné en efficacité s’ils avaient été plus courts : quatre d’entre eux font plus de cinq minutes et manquent de diversité à force de la répétition quasi constante de la même mélodie.

« Know Thyself » reste un EP très intéressant, soigné et très pro. Mon petit doigt me dit qu’Aephanemer risque d’aller loin. Martin semble d’ailleurs avoir trouvé d’autres musiciens afin de monter un line up complet et commencer les concerts. Le prochain full length prévu pour 2015 nous en dira certainement plus sur le style du groupe qui, même s’il manque encore d’identité pour le moment, montre un fort potentiel.

 

Ered Wethrin (USA) : Tides of War

Ξ février 14th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Black Pagan, Symphonic Black Metal |

Ered Wethrin (USA) : Tides of WarLe label Allemand Northern Silence Productions ne se rate pas depuis un bon moment, et il suffit de voir ses dernières sorties pour se rendre compte qu’il a le chic pour dégoter de sacrés groupes comme Woods Of Desolation, Gallowbraid ou Caladran Brood. Ici, il s’agit d’un nouveau one man band, Ered Wethrin, originaire de Salt Lake City, tout comme les deux derniers groupes cités. Son nom provient de l’univers de Tolkien (« Ered wethrin » signifiant « les montagnes de l’ombre », une chaîne de montagne dans la Terre du Milieu) et sa musique se caractérise comme une sorte de black atmosphérique épique.

On pourrait croire qu’Ered Wethrin emprunte le même chemin que Summoning et Caladan Brood. Ce n’est pas totalement faux dans la mesure où l’ensemble baigne dans le même type d’ambiance. Les chœurs, les claviers, les arrangements et les plans épiques sont nombreux, il suffit d’écouter des titres comme « Frigid Tides », « Into the Stars » ou « Requiem of the Fallen » pour s’en rendre compte, les nappes et les mélodies entêtantes et guerrières rappelant inévitablement les Autrichiens.

Là où Ered Wethrin se démarque, c’est dans la production, plus raw, plus étouffée, faisant la part belle aux guitares atmosphériques, au chant black torturé et à des plans assez sombres, pas si loin de Woods Of Desolation en définitive. L’album se dote alors d’un côté très underground très proche du son black des années 90 qui n’est pas déplaisant pour l’ambiance et qui permet de relever les passages les plus ambiants dans lesquels les samples et arrangements sont de la partie (comme « Frigid Tides » avec ses bruits d’eau). Beaucoup de passages instrumentaux tapissent cette fresque épique, mais pas forcément à bon escient puisqu’on tend parfois à perdre le fil (les morceaux font quand même dans les 10 minutes).

Le one man band n’accélère que très rarement son rythme mais arrive à nous entraîner avec lui dans un « Realm of the Tyrant » plus agressif, légèrement plus rapide, plus mélancolique avec ses guitares tremolo et plus folklorique. « Bloody Annals and Brooding Skies » possède aussi ses petites accélérations, entre parties atmosphériques, parties épiques, et parties plus symphoniques, mais ce sont véritablement les guitares qui mènent dans la danse au niveau mélodie malgré le soutient léger des claviers.

Ered Wethrin n’essaie pas d’en faire des tonnes avec son premier album « Tides of War » contrairement à ce que la majeure partie des groupes tente de faire actuellement. Le musicien reste fidèle à l’esprit des années 90 et n’intègre pas d’éléments trop pompeux ni indispensables. Il va à l’essentiel sans copier Summoning ou Caladan Brood, malgré une influence évidente. Inutile de préciser que les adorateurs de ces groupes-là devraient être intéressés par cette nouvelle formation. Même si elle n’atteint pas le même degré d’excellence, un petit voyage en Terre du Milieu n’est pas de refus.

 

Hadea : Fabric of Intention

Ξ février 12th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Hadea : Fabric of IntentionHadea est né des cendres de Gollum après le décès d’un des membres et du désir de ses confrères de choisir une nouvelle voix et ainsi un nouveau nom afin de respecter leur ami disparu. Rappelons tout de même que Gollum fut une formation de metal expérimental très respectée aux Etats Unis, ayant sorti deux albums « Lesser Traveled Waters » et « The Core » et ayant tourné avec des combos réputés tels que Slayer, Mastodon ou Chimaira. Après cinq ans d’absence, les quatre gars reprennent du poil de la bête, mixent chez Jamie King (Between The Buried And Me) et signent chez Mighty Music pour sortir leur nouveau méfait « Fabric of Intention ».

Hadea reste du côté de l’expérimentation avec un Death Metal influencé par tout un tas de choses, que ce soit du black metal, du sludge, du prog, du thrash et j’en passe. On pourrait facilement citer Faith No More, Mastodon, Gojira, Lamb Of God ou Meshuggah dans les inspirations tant la musique est éclectique et multiculturelle. Il n’est donc pas aisé, de prime abord, d’apprécier le style des Américains. Un style difficile d’accès, pas forcément logique, mais qui, au fil des écoutes, finit toujours par être cohérent. Une fois rentré dans le bain, il est toujours plus facile de s’habituer à cet étrange mélange d’éléments.

Et ce n’est pas « Hinge » qui nous dira le contraire. Sample de vent au début, basse vicieuse ensuite, puis riffing sombre et déstructuré avant l’arrivée d’un chant indescriptible, tantôt crié, tantôt rageur, tantôt venu d’ailleurs. Le titre éponyme nous parle peut-être plus au début avec ces riffs black metal entêtants et ses quelques plans plus death metal. Mais c’est sans doute le groove qui apparaît le plus au final avec son chant particulièrement étrange et ses passages syncopés. « One Guarantee » nous entraîne dans la folie d’un groupe très inspiré qui n’hésite pas à nous balancer des notes grinçantes pour un ensemble perturbé mais pourtant très cohérent dans le jeu. L’expérimental dans toute sa splendeur.

Des moments se font parfois plus lents et plus mélodiques comme sur « Source and Creator », moins violent mais tout de même très tranchant. La distorsion des riffs est toujours présente mais sert cette fois-ci à véhiculer une mélodie qui reste en tête, parfois accompagnés de quelques sonorités électroniques, des sonorités qui apparaissent aussi au début de « Sleeper » et qui rappellent le genre d’ambiances que l’on peut retrouver dans du dark ambient. C’est inquiétant voire menaçant et la basse contribue énormément à ce ressenti.

On pourrait en dire beaucoup plus mais laissons donc à l’auditeur l’occasion de découvrir pas lui-même l’univers d’Hadea. Il ne faut pas avoir peur des expérimentations dans le death metal et retrouver des influences diverses et variées. « Fabric of Intention » est en tout cas une manière pour cette formation américaine de renaître de ces cendres et d’entamer un nouveau virage dans le monde du metal…

 

Neurotech : Decipher Vol.3

Ξ février 12th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Neurotech : Decipher Vol.3Dernier volume d’une collection complètement à part et prouvant le talent de compositions de Wulf, cette troisième partie est un moyen de présenter une fusion des trois styles que le musicien s’est amusé à explorer : le cyber metal, l’atmosphérique et le symphonique. Sorti en digital et en compagnie de ses deux autres acolytes dans un digipack très soigné, cet ultime morceau montre pour de bon que Neurotech est un des meilleurs artistes de cyber metal actuels.

Wulf a affiné ses compétences en mixage et mastering puisque le son est plus propre, plus fluide, plus personnel et surtout très synthétique. Une identité qui colle parfaitement aux morceaux que contient ce volume 3 très tourné vers une alternance entre parties brutales et parties plus atmosphériques. Si le prélude et « Closure » ouvrent l’EP de manière douce et planante, « No Turning Back » accélère le rythme et met en avant des guitares tranchantes et la voix déshumanisée de Wulf. Ce dernier module davantage son chant, souvent criard, parfois clair et synthétique, ce qui offre un décalage intéressant et un côté cybernétique qui n’est pas à négliger. « Triumph » montre bien cette dualité avec une puissance étonnante.

Le piano est toujours de la partie ainsi que les éléments symphoniques comme sur « The Difference » qui montre que le one-man-band a une affection toute particulière pour les éléments orchestraux. L’abus de chœurs, cependant, peut vite lasser ainsi que le côté monotone des guitares. Mais les mélodies sont toujours bien présentes, une facette que Neurotech n’est pas prêt d’abandonner. Sans oublier le long est ambiant « Decipher », totalement dénué de guitares, indiquant que Wulf est bien un musicien polyvalent, sachant pratiquement tout jouer et maniant ses claviers et outils de production à la perfection.

Un dernier volume très intéressant, sorte de mise en bouche avant une orientation multicolore, comme nous l’a prouvée la sortie de « The Elysian Symphony » en décembre 2013 avec des sons et des ambiances en tout genre. Même si la collection des Decipher ne propose pas toujours des morceaux originaux et indispensables, certains valent tout de même le détour et font, malgré tout, intrinsèquement partie de l’évolution du maestro.

 

Qafas : Mesonoxian Conspiracies

Ξ février 8th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Qafas : Mesonoxian ConspiraciesQafas

Qafas sévit depuis 2008 au Bahrein et montre une facette très sombre et malsaine de metal du Moyen Orient. Ses productions sortent à peu prêt tous les ans et montrent un artiste tourmenté qui met en musique ses pensées les plus tordues à travers des morceaux oscillant entre black metal, doom metal, dark ambient et expérimentations. Difficile donc de se plonger dans l’œuvre de Learza qui n’hésite pas mélanger les instruments et les ambiances, comme l’avaient prouvé « Kafkaesque Retribution » et « Largetto Laments ». Aujourd’hui, le musicien fait une rétrospective de son parcours et sort sa première compilation gratuite et auto-produite « Mesonoxian Conspiracies ».

Neuf morceaux s’offrent à nous pour nous plonger dans un monde perturbé aux compositions maladives. « Lamenting 11 » propose une musique totalement effectuée aux claviers avec un arrière plan symphonique, quelques percussions et un violon à la mélodie particulière. Ce n’est que le calme avant la tempête puisqu’ « Abysmal Pestilence » montre la facette la plus dérangée de Learza, production dégueulasse, guitare bourdonnante et grinçante, growl caverneux, rythme lent et pesant, fond symphonique dérangeant : un bel aperçu de la facette doom/black que Qafas peut mettre en avant et qui tranche littéralement avec ce qu’il a déjà pu faire avec « Time Only Rotts Old Wounds », dont la mélodie acoustique ne peut que provoquer le malaise.

Les titres les plus black metal laissent ressortir une ambiance plus pessimiste et dépressive comme un « Janaazat Jns Al-Bashar » chanté en arabe et dont les guitares lamentées ne font qu’un avec la voix maladive et les nappes de claviers. « Kafkaesque Retribution » montre un côté plus « accessible » de Qafas avec un ensemble qui se rapproche d’une forme de black symphonique lourd et oppressant, changeant de rythme comme bon lui semble, avec des vocaux distordus et quelques passages légèrement plus proche du doom funéraire. L’atmosphère de ce morceau est en tout cas très prenante et c’est ce qui faisait le charme de l’EP portant le même titre. Enfin, « True Silent Dying » est une reprise du groupe iranien de black metal Shab enregistrée en 2010. Learza apporte son soutient à cette formation du Moyen-Orient et offre un titre dépressif et malsain.

En clair, une compilation intéressante pour tous ceux qui désirent se procurer du Qafas gratuitement. La plupart des morceaux y sont compris et montrent la personnalité de Learza ainsi que son style, difficilement définissable, et particulièrement représentatif du Moyen-Orient quand on parle de black metal.

 

Thyrien : Hymns of the Mortals – Songs from the North

Ξ février 5th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Folk Metal, Melodic Death Metal |

Thyrien : Hymns of the Mortals - Songs from the NorthVous voulez du folk ? Vous voulez du melo death ? Vous voulez du black ? Thyrien est là pour ravir vos oreilles. Les Finlandais sont de retour cette année avec leur premier full length « Hymns of the Mortals » qui aura mis du temps à naître puisque les titres ont commencé à être composés aux alentours de 2008, soit un an après le debut EP « The Frozen North ». Thyrien fait un grand pas puisqu’il signe chez le label Massacre Records, fait mixer son opus par Olli Mattila and Jarno Hänninen aux D-Studios et s’entoure d’un claviériste guest qui n’est autre qu’Emmi Silvennoinen d’Ensiferum.

Le style du groupe se remarque dès le début avec le duo ”Far Beyond Midgard” et ”Vengeance Through My Soul”, intro instrumentale symphonique contemplative et morceau d’ouverture efficace qui intègre habilement un death/black mélodique dans la lignée de Norther mais avec cette ambiance hivernale distillée par les claviers. Les riffs melo death sont rageurs tandis que le chant black nous emmène dans la mythologie nordique. C’est classique et le groupe n’invente rien, mais l’ensemble a le mérite d’être très bien ficelé, sans temps morts, de quoi nous empêcher de nous ennuyer.

La suite est bien plus folk avec des mélodies à la guitare bien caractéristiques. C’est festif, véloce et entêtant comme sur ”Eternal Journey” avec ses choeurs et ses cris guerriers qui ponctuent le morceau. ”The Frozen North” est une version totalement remasterisée du morceau phare du premier EP et montre un Thyrien plus agressif et sombre malgré des moments plus calmes guidés par la guitare contrairement à un ”Forest Is My Throne” plus doux, plus solennel, véritable hommage aux forêts protectrices, avec ce couple claviers/guitares.

Il est toutefois dommage que les passages les plus folks ne soient pas totalement intégrées dans les morceaux. Comme dit plus haut, ce sont les guitares qui s’occupent de toutes les mélodies et les nappes agissent en soutient pour renforcer l’atmosphère. Pourtant, on découvre d’autres instruments (imités par les claviers) comme le violon, la flute et l’accordéon pour ne citer qu’eux qui apparaîssent principalement en début de titre comme sur ”Deathwish” ou ”When the Horizon Burns” ou en renfort alors qu’on se serait attendu à les entendre régulièrement, à divers endroits. Thyrien mise plus sur l’aspect melo death de sa rythmique, bien que ”Tinasormus”, dynamique et bien folklorique, agisse presque comme un titre de Finntroll.

« Hyms of the Mortal » est un album relativement efficace qui nous permet de découvrir un groupe mélangeant trois styles de façon cohérente, même si ce n’est pas spécialement original. Thyrien a enfin réussi à mettre sur pied ses idées en dépit de nombreux coups du sort comme le manque de moyen et de temps ou bien les changements de line-up, déstabilisant le processus de composition. Peut-être que cela valait le coup d’attendre sept ans…

 

Billy Boy In Poison : Watchers

Ξ février 3rd, 2014 | → 0 Comments | ∇ Deathcore |

Billy Boy In Poison : WatchersLes Danois de Billy Boy In Poison ont un CV plutôt bien rempli. Ils ont participé aux deux plus gros festivals danois, ont sorti trois EP plutôt bien reçus, ont fait de nombreux concerts toujours bien remplis et ont ouvert pour des groupes tels que Hatesphere, Aborted ou Trigger The Bloodshed. A travers ces années d’existence (depuis 2005), Billy Boy In Poison s’est avéré être un groupe plutôt respecté sur la scène danoise underground. Preuve en est : le quintet franchit le pas et sort son premier full length, « Watchers ».

Le long de ces neuf nouveaux morceaux, la bande perfectionne son alliage de death metal et de metalcore sans oublier le côté moderne qui fait son identité. Des touches jazzy (« Decadent God ») et techniques (« A Shadow of My Past ») s’incorporent au mélange afin d’ajouter un peu de subtilité aux compositions. Elles sont les biens venues puisqu’elles permettent d’aérer le tout et d’apporter un peu de fraicheur à la lourdeur du death metal et au côté surexcité du –core.

La production de Jacob Hansen (Volbeat, Mercenary, Aborted) permet d’apporter la puissance nécessaire aux morceaux qui arrivent à se doter d’une texture toute particulière. Cela renforce la carapace de Billy Boy In Poison et sa mixture particulière et donne beaucoup d’effets aux moments atmosphériques sombres et torturés qui s’introduisent délicatement dans les compositions. Les passages les plus lourds sont aussi renforcés et donnent plus d’impact comme sur l’efficace « Capture It All » avec ses cris décharnés et ses growls caverneux.

Même si cet opus est objectivement bon, les Danois n’inventent pas l’eau chaude avec ce « Watchers » mais ont le mérite de livrer un premier méfait cohérent et fluide, qui s’écoute sans trop de difficultés. Ni trop –core, ni trop death metal, le mélange est adapté et permet à l’auditeur de nager dans différentes eaux sans problèmes. Un bon début, donc, pour ce quintet énervé.

 

Firestorm (UKR) : Sands of Time

Ξ février 3rd, 2014 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Oriental Metal |

Firestorm (UKR) : Sands of TimeLa chaleur et le feu, tout comme le froid et la glace, ont souvent inspiré les groupes dans le choix de leur nom. Firewind, Rhapsody Of Fire ou Skyfire, ainsi que Firestorm comme il est question ici. Il semble qu’il y ait une bonne dizaine de formation à avoir acquis ce patronyme, la plupart officiant dans le heavy ou le power metal. On dirait que nos Ukrainiens sont les seuls à avoir choisi la voie du metal extrême, et en particulier du death mélodique. Ils se sont formés tout récemment et ont déjà sorti leur premier EP « Sands of Time » qui ne peut qu’éveiller en nous la chaleur des sables de l’orient et une petite pensée pour le premier volet de Prince Of Persia…

La pochette nous indique clairement que nous allons voyager en plein Moyen-Orient dans un désert mystérieux. L’écriture en sanskrit pour le titre de l’album, en revanche, prouve que le groupe ne sait pas encore faire la différence entre Moyen-Orient (pays arabes) et Extrême Orient (pays asiatiques, dont l’Inde en l’occurrence). Nous pouvons nous rendre compte de cela à l’écoute de l’ambiance et des mélodies : ce n’est pas du côté de Rudra ou de Kartikeya que nous allons mais plus du côté d’Arkan ou d’Orphaned Land

Pas de doutes à avoir dès l’ouverture du titre éponyme. « Sands of Time » est un hommage aux mélodies arabisantes que l’on a souvent retrouvé dans les albums des groupes pré-cités, et Firestorm se débrouille d’ailleurs très bien. Son mélo death oriental nous met très bien dans le bain avec une ambiance bien chaleureuse et une mélodie à la guitare très insistante qui nous rappelle très bien les soli de Yossi Sassi (Orphaned Land). La lourdeur du riffing se rapproche d’Arkan et le growl caverneux d’Aeternam.

Les influences sont claires et nettes mais heureusement, il ne s’agit pas d’un simple copier/coller. Les Ukrainiens n’intègrent pas d’instruments traditionnels. Les guitares nous offrent la puissance et la mélodie et les claviers font véhiculer l’ambiance à coups de nappes quasi symphoniques, sombres et chaleureuses à la fois, notamment sur « Let It Burn ». Firestorm ne tombe donc pas dans le cliché des éléments folkloriques et délivre une puissance de feu remarquable à coups de mélodies entêtantes et de riffs tranchants (« Memorial »).

Les quatorze minutes passent très vite mais une chose est claire, c’est que ces Ukrainiens nous offrent un EP de death oriental 100% pur jus, un mélange entre un Orphaned Land moins prog et folkorique et un Aeternam moins symphonique qui fait mouche dès le premier morceau. Vivement la suite.

 

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