Qafas : Mesonoxian Conspiracies

Ξ février 8th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Qafas : Mesonoxian ConspiraciesQafas

Qafas sévit depuis 2008 au Bahrein et montre une facette très sombre et malsaine de metal du Moyen Orient. Ses productions sortent à peu prêt tous les ans et montrent un artiste tourmenté qui met en musique ses pensées les plus tordues à travers des morceaux oscillant entre black metal, doom metal, dark ambient et expérimentations. Difficile donc de se plonger dans l’œuvre de Learza qui n’hésite pas mélanger les instruments et les ambiances, comme l’avaient prouvé « Kafkaesque Retribution » et « Largetto Laments ». Aujourd’hui, le musicien fait une rétrospective de son parcours et sort sa première compilation gratuite et auto-produite « Mesonoxian Conspiracies ».

Neuf morceaux s’offrent à nous pour nous plonger dans un monde perturbé aux compositions maladives. « Lamenting 11 » propose une musique totalement effectuée aux claviers avec un arrière plan symphonique, quelques percussions et un violon à la mélodie particulière. Ce n’est que le calme avant la tempête puisqu’ « Abysmal Pestilence » montre la facette la plus dérangée de Learza, production dégueulasse, guitare bourdonnante et grinçante, growl caverneux, rythme lent et pesant, fond symphonique dérangeant : un bel aperçu de la facette doom/black que Qafas peut mettre en avant et qui tranche littéralement avec ce qu’il a déjà pu faire avec « Time Only Rotts Old Wounds », dont la mélodie acoustique ne peut que provoquer le malaise.

Les titres les plus black metal laissent ressortir une ambiance plus pessimiste et dépressive comme un « Janaazat Jns Al-Bashar » chanté en arabe et dont les guitares lamentées ne font qu’un avec la voix maladive et les nappes de claviers. « Kafkaesque Retribution » montre un côté plus « accessible » de Qafas avec un ensemble qui se rapproche d’une forme de black symphonique lourd et oppressant, changeant de rythme comme bon lui semble, avec des vocaux distordus et quelques passages légèrement plus proche du doom funéraire. L’atmosphère de ce morceau est en tout cas très prenante et c’est ce qui faisait le charme de l’EP portant le même titre. Enfin, « True Silent Dying » est une reprise du groupe iranien de black metal Shab enregistrée en 2010. Learza apporte son soutient à cette formation du Moyen-Orient et offre un titre dépressif et malsain.

En clair, une compilation intéressante pour tous ceux qui désirent se procurer du Qafas gratuitement. La plupart des morceaux y sont compris et montrent la personnalité de Learza ainsi que son style, difficilement définissable, et particulièrement représentatif du Moyen-Orient quand on parle de black metal.

 

Thyrien : Hymns of the Mortals – Songs from the North

Ξ février 5th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Folk Metal, Melodic Death Metal |

Thyrien : Hymns of the Mortals - Songs from the NorthVous voulez du folk ? Vous voulez du melo death ? Vous voulez du black ? Thyrien est là pour ravir vos oreilles. Les Finlandais sont de retour cette année avec leur premier full length « Hymns of the Mortals » qui aura mis du temps à naître puisque les titres ont commencé à être composés aux alentours de 2008, soit un an après le debut EP « The Frozen North ». Thyrien fait un grand pas puisqu’il signe chez le label Massacre Records, fait mixer son opus par Olli Mattila and Jarno Hänninen aux D-Studios et s’entoure d’un claviériste guest qui n’est autre qu’Emmi Silvennoinen d’Ensiferum.

Le style du groupe se remarque dès le début avec le duo ”Far Beyond Midgard” et ”Vengeance Through My Soul”, intro instrumentale symphonique contemplative et morceau d’ouverture efficace qui intègre habilement un death/black mélodique dans la lignée de Norther mais avec cette ambiance hivernale distillée par les claviers. Les riffs melo death sont rageurs tandis que le chant black nous emmène dans la mythologie nordique. C’est classique et le groupe n’invente rien, mais l’ensemble a le mérite d’être très bien ficelé, sans temps morts, de quoi nous empêcher de nous ennuyer.

La suite est bien plus folk avec des mélodies à la guitare bien caractéristiques. C’est festif, véloce et entêtant comme sur ”Eternal Journey” avec ses choeurs et ses cris guerriers qui ponctuent le morceau. ”The Frozen North” est une version totalement remasterisée du morceau phare du premier EP et montre un Thyrien plus agressif et sombre malgré des moments plus calmes guidés par la guitare contrairement à un ”Forest Is My Throne” plus doux, plus solennel, véritable hommage aux forêts protectrices, avec ce couple claviers/guitares.

Il est toutefois dommage que les passages les plus folks ne soient pas totalement intégrées dans les morceaux. Comme dit plus haut, ce sont les guitares qui s’occupent de toutes les mélodies et les nappes agissent en soutient pour renforcer l’atmosphère. Pourtant, on découvre d’autres instruments (imités par les claviers) comme le violon, la flute et l’accordéon pour ne citer qu’eux qui apparaîssent principalement en début de titre comme sur ”Deathwish” ou ”When the Horizon Burns” ou en renfort alors qu’on se serait attendu à les entendre régulièrement, à divers endroits. Thyrien mise plus sur l’aspect melo death de sa rythmique, bien que ”Tinasormus”, dynamique et bien folklorique, agisse presque comme un titre de Finntroll.

« Hyms of the Mortal » est un album relativement efficace qui nous permet de découvrir un groupe mélangeant trois styles de façon cohérente, même si ce n’est pas spécialement original. Thyrien a enfin réussi à mettre sur pied ses idées en dépit de nombreux coups du sort comme le manque de moyen et de temps ou bien les changements de line-up, déstabilisant le processus de composition. Peut-être que cela valait le coup d’attendre sept ans…

 

Billy Boy In Poison : Watchers

Ξ février 3rd, 2014 | → 0 Comments | ∇ Deathcore |

Billy Boy In Poison : WatchersLes Danois de Billy Boy In Poison ont un CV plutôt bien rempli. Ils ont participé aux deux plus gros festivals danois, ont sorti trois EP plutôt bien reçus, ont fait de nombreux concerts toujours bien remplis et ont ouvert pour des groupes tels que Hatesphere, Aborted ou Trigger The Bloodshed. A travers ces années d’existence (depuis 2005), Billy Boy In Poison s’est avéré être un groupe plutôt respecté sur la scène danoise underground. Preuve en est : le quintet franchit le pas et sort son premier full length, « Watchers ».

Le long de ces neuf nouveaux morceaux, la bande perfectionne son alliage de death metal et de metalcore sans oublier le côté moderne qui fait son identité. Des touches jazzy (« Decadent God ») et techniques (« A Shadow of My Past ») s’incorporent au mélange afin d’ajouter un peu de subtilité aux compositions. Elles sont les biens venues puisqu’elles permettent d’aérer le tout et d’apporter un peu de fraicheur à la lourdeur du death metal et au côté surexcité du –core.

La production de Jacob Hansen (Volbeat, Mercenary, Aborted) permet d’apporter la puissance nécessaire aux morceaux qui arrivent à se doter d’une texture toute particulière. Cela renforce la carapace de Billy Boy In Poison et sa mixture particulière et donne beaucoup d’effets aux moments atmosphériques sombres et torturés qui s’introduisent délicatement dans les compositions. Les passages les plus lourds sont aussi renforcés et donnent plus d’impact comme sur l’efficace « Capture It All » avec ses cris décharnés et ses growls caverneux.

Même si cet opus est objectivement bon, les Danois n’inventent pas l’eau chaude avec ce « Watchers » mais ont le mérite de livrer un premier méfait cohérent et fluide, qui s’écoute sans trop de difficultés. Ni trop –core, ni trop death metal, le mélange est adapté et permet à l’auditeur de nager dans différentes eaux sans problèmes. Un bon début, donc, pour ce quintet énervé.

 

Firestorm (UKR) : Sands of Time

Ξ février 3rd, 2014 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Oriental Metal |

Firestorm (UKR) : Sands of TimeLa chaleur et le feu, tout comme le froid et la glace, ont souvent inspiré les groupes dans le choix de leur nom. Firewind, Rhapsody Of Fire ou Skyfire, ainsi que Firestorm comme il est question ici. Il semble qu’il y ait une bonne dizaine de formation à avoir acquis ce patronyme, la plupart officiant dans le heavy ou le power metal. On dirait que nos Ukrainiens sont les seuls à avoir choisi la voie du metal extrême, et en particulier du death mélodique. Ils se sont formés tout récemment et ont déjà sorti leur premier EP « Sands of Time » qui ne peut qu’éveiller en nous la chaleur des sables de l’orient et une petite pensée pour le premier volet de Prince Of Persia…

La pochette nous indique clairement que nous allons voyager en plein Moyen-Orient dans un désert mystérieux. L’écriture en sanskrit pour le titre de l’album, en revanche, prouve que le groupe ne sait pas encore faire la différence entre Moyen-Orient (pays arabes) et Extrême Orient (pays asiatiques, dont l’Inde en l’occurrence). Nous pouvons nous rendre compte de cela à l’écoute de l’ambiance et des mélodies : ce n’est pas du côté de Rudra ou de Kartikeya que nous allons mais plus du côté d’Arkan ou d’Orphaned Land

Pas de doutes à avoir dès l’ouverture du titre éponyme. « Sands of Time » est un hommage aux mélodies arabisantes que l’on a souvent retrouvé dans les albums des groupes pré-cités, et Firestorm se débrouille d’ailleurs très bien. Son mélo death oriental nous met très bien dans le bain avec une ambiance bien chaleureuse et une mélodie à la guitare très insistante qui nous rappelle très bien les soli de Yossi Sassi (Orphaned Land). La lourdeur du riffing se rapproche d’Arkan et le growl caverneux d’Aeternam.

Les influences sont claires et nettes mais heureusement, il ne s’agit pas d’un simple copier/coller. Les Ukrainiens n’intègrent pas d’instruments traditionnels. Les guitares nous offrent la puissance et la mélodie et les claviers font véhiculer l’ambiance à coups de nappes quasi symphoniques, sombres et chaleureuses à la fois, notamment sur « Let It Burn ». Firestorm ne tombe donc pas dans le cliché des éléments folkloriques et délivre une puissance de feu remarquable à coups de mélodies entêtantes et de riffs tranchants (« Memorial »).

Les quatorze minutes passent très vite mais une chose est claire, c’est que ces Ukrainiens nous offrent un EP de death oriental 100% pur jus, un mélange entre un Orphaned Land moins prog et folkorique et un Aeternam moins symphonique qui fait mouche dès le premier morceau. Vivement la suite.

 

Mechina : Xenon

Ξ janvier 29th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Industrial Metal |

Mechina : XenonDepuis le début de sa trilogie en 2011, Mechina a apporté un nouveau souffle au metal symphonique extrême en mélangeant l’indus, le death, le djent, le symphonique et l’épique pour un résultat futuriste et spatial. « Conqueror », « Empyrean » et maintenant « Xenon », les Américains savent comment faire évoluer et transporter ses auditeurs grâce à une mixture particulière qu’il semble être le seul à proposer pour le moment.

Depuis qu’il est sorti de sa phase cyber death avec « The Assembly of Tyrants », il ne pense qu’à nous en mettre plein les oreilles avec une ambiance cinématographique, des sonorités nouvelles, industrielles voire horrifiques, du riffing tantôt death tantôt polyrythmique et une alternance chant clair/growl. C’est très bien fait et particulièrement efficace, et sur ce « Xenon », la mayonnaise prend toujours, en particulier quand on écoute des morceaux comme « Terrea » ou « Zoticus » qui jouent dans le grandiloquent spatio-épique à coups de grosses orchestrations, de riffs saccadés et à la tonalité djent. On est en plein dans le monde de la bande à Joe Tiberi qui nous mélange du Star Wars, du Star Trek et du que sais-je avec un panel d’éléments non négligeable qui enrichissent la musique du combo, comme du piano, des éléments ethniques, des chants venus d’ailleurs, des bidouilles électroniques qui s’en vont et reviennent, histoire de nous rappeler que nous faisons un voyage spatial, comme sur « Tartarus » ou l’éponyme. En quelques mots, on pourrait dire que Mechina est grandiose et puissant. Mais il y a un mais…

« Xenon » a beau être la troisième partie de la trilogie, on n’a pas l’impression d’avoir avancé par rapport à « Empyrean », notamment dans la composition des morceaux. Ces dernières arborent souvent la même structure, des riffs qui finissent par être répétitifs, un rythme qui ne varie pas, quelques breaks avec du chant clair et du clavier, des sons qui semblent apparaître juste pour remplir et non pour apporter quelque chose de nécessaire à l’histoire, et un peu trop de choses d’un coup comme sur « Phedra » ou « Erebus ». Cela donne, par conséquent, l’impression de ne pas respirer, les chœurs, les orchestrations, les riffs death et le côté djent ravageant tout sur son passage. On regrettera aussi le manque de prise de risque avec le chant clair : il est toujours atmosphérique et sonne de la même manière, à croire qu’il s’agit de la même mélodie et de la même tonalité sur tous les morceaux, et ce, depuis « Conqueror »…

En fait, Mechina c’est tout à fait le groupe qui plait ou qui ne plait pas, sans vrai juste milieu. Soit on adore toute cette grandiloquence spatio-épique très typée Science-Fiction, peu importe la redondance des riffs et le manque de modulation sur certains passages, soit on est gavés par le côté répétitif et la surenchère d’effets, faisant que le tout sonne parfois creux. « Xenon » est donc un album à la fois dans l’ombre de ces prédécesseurs et éclairée par les nouvelles ambitions d’un groupe qui part sur une nouvelle trilogie. Espérons que les prochains épisodes soient plus mouvementés et diversifiés histoire de découvrir l’autre possible facette de cette formation américaine…

 

Dimentria : Doomed

Ξ janvier 27th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Dimentria : DoomedLes amateurs le savent très bien : la Russie est devenue le nouveau pays du black symphonique depuis une dizaine d’années et il est souvent très recommandé de se tourner vers cette partie de l’Europe pour découvrir des nouveaux groupes. Ces derniers sont prolifiques puisque de nombreux albums sont à l’honneur tout au long de l’année, et c’est vers Dimentria que nous nous tournons. Actif depuis 2007, la bande a sorti une petite démo avant de se lancer dans la production de son premier full length auto-produit, « Doomed ».

Comme bon nombre de formations, Dimentria est influencé par les gros combos de black symphonique comme Dimmu Borgir (très flagrant sur « Visions of Belshazzar ») ou Carach Angren avec ces relents horrifiques et théâtraux (« Prophet »). On devine qu’il s’agit de black symphonique russe grâce aux quelques growls, au côté très rapide, à l’utilisation de plages ambiantes, à l’apparition de quelques chants lyriques féminins, et évidemment, à l’emploi de la langue russe. Sans oublier la surenchère d’éléments symphoniques plutôt réalistes comme sur « Last Stand Centuries ». Cela peut paraître très abstrait mais les Russes ont le mérite de proposer un black symphonique reconnaissable, avec leur patte bien à eux, une patte qu’on retrouve aussi bien dans Stigmatic Chorus que dans Atra Mustum, Nox Doloris, Arcane Grail, Anno Diaboli ou Sinister Frost.

Pas de surprises, donc, au sein de ce « Doomed ». Les Russes suivent la ligne de conduite bien établie mais ne se contentent pas non plus de recopier bêtement le schéma. Certains titres valent tout de même le détour comme « You’ve Lost Everything » et ses claviers fantomatiques angoissants, ou « Breakthrough » et son côté cinématique très prononcé, chœurs et gros riffs en tête. C’est rapide et très porté sur le côté dramatique, le violon est à la fois dominant et tordu comme le fait si bien les Biélorusses de Diavoliada, l’ambiance épique à la Stormlord et les parties vocales sont parfois très proches de Shagrath (Dimmu Borgir). Dimentria nous offre tout un panel de choses et essaie, semble-t-il, de prendre à chaque formation réputée la recette de son succès. Ca marche très bien sur les compos des Russes car ces derniers se débrouillent plutôt bien. Avec la patte « russe » pré-citée, cela apporte un peu plus de personnalité mais il faut faire attention à ne pas trop emprunter, au risque de se perdre en cours de route.

Ceci dit, l’album tient particulièrement la route. Certes, on ne saura pas étonnés, mais certains passages valent le coup d’oreille puisque le mélange est très appréciable et non dénué d’émotions. Les guitares ont de la rage, le chant de la hargne, les claviers une force et l’ambiance sombre nous met bien dans le bain. Une bonne sortie en définitive pour Dimentria.

 

Maleficentia : Revelation from the Ancestral Whisper

Ξ janvier 24th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Maleficentia : Revelation from the Ancestral WhisperPour ceux qui ont plusieurs trains de retard, petit rappel: Maleficentia se forme en 1998 autour d’Aragoth (Mausoleum), guitariste de son état, désireux d’intégrer des synthés dans sa musique. Il est rapidement rejoint par des musiciens partageant la même ambition et forme au final un groupe de black symphonique qui se transformera en une sorte de mix entre Graveworm et Dimmu Borgir. Les Parisiens changent plusieurs fois de line-up et sortent deux albums, « Born of Steel and Fire » et “Under the Banner of Suffering” avant d’accoucher de ce “Revelation from the Ancestral Whisper” cinq ans plus tard, en 2008.

Maleficentia a fait des efforts considérables puisque la production est meilleure et que les vocaux ressortent plus qu’à l’accoutumer : une voix black possédée et très énergique qui apporte pas mal de peps à la musique bien qu’elle soit de manière générale assez classique. Ceci dit, les Frenchies ne misent pas que sur ça puisqu’ils ont d’autres cordes à leur arc. Des musiciens expérimentés provenant d’autres formations soutenues comme Garwall ou Ave Tenebrae mais aussi une force certaine dans la mise en place des claviers. Des nappes insistantes, des chœurs et un peu d’orgue, cela apporte un côté sacré voire liturgique indéniable à la musique comme dans « Through the Mirror of Flesh ».

Le petit hic quand on écoute l’album dans son intégralité, c’est le mixage des guitares qui ont du mal à ressortir lorsqu’elles servent d’accompagnement aux claviers ou lorsque les blasts ont le premier rôle. Il faut attendre des moments plus « calmes », quelques leads ou quelques touches techniques pour qu’elles ressortent et apportent un côté diabolique, une réponse satanique aux claviers divins assez intéressante comme dans « In the Shadow of the Labarum ».

Malgré quelques défauts et linéarités, l’album se dote de morceaux plutôt efficaces et prenants comme le duo « Heuritic Embrace » et « A Forgotten Sanctuary » qui arrivent à mélanger de façon homogène les claviers, les chœurs, les guitares et les vocaux pour un rendu très appréciable, avec des mélodies que l’on retient bien et un enchaînement bien venu entre les différentes parties. On en redemande.

Même si « Revelation from the Ancestral Whisper » ne révolutionne rien dans sa démarche, il s’agit tout de même d’un album à plusieurs facettes, un peu long mais efficace, avec ses moments forts. Le petit frère devrait arriver incessamment sous peu, espérons que Maleficentia a encore de l’inspiration et de quoi nous ravitailler en black symphonique de qualité.

 

Hermetic Evolution : H 2.0: Deux Ex Machina

Ξ janvier 23rd, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Hermetic Evolution : H 2.0: Deux Ex MachinaOn a très rarement vu un groupe mélangeant le néo metal au cyber metal, à croire que ces deux styles sont diamétralement opposés. A Dark Halo s’y était osé, sans résultats, puisqu’un seul album a vu le jour. Idem pour Interlock en Grande-Bretagne. Pourtant le mélange peut s’avérer efficace s’il est bien exécuté et ce sont les Polonais d’Hermetic Evolution qui réitèrent l’expérience avec leur premier album « H 2.0 Deux Ex Machina » très tourné vers les progrès cybernétiques et le transhumanisme.

La Pologne nous a généralement habitués à des albums assez agressifs et bourrins dans le domaine du cyber comme en témoignent les Thy Disease, Cruentus et Crionics. Hermetic Evolution est beaucoup plus calme à côté de ces trois formations et tente de faire ressortir les harmonies et le côté expérimental de ses compositions. Le neo metal à la Slipknot côtoie la polyrythmie de Meshuggah ou de Periphery et le cybernétisme de Sybreed ou de Fear Factory, avec un peu plus de touches électroniques cependant. Le mélange est osé mais fonctionne plutôt bien comme sur « Prototyp » qui dévoile un combo chantant dans sa langue natale, ce qui change de l’anglais ou même du russe dans ce domaine.

Les compositions alternent chant bien rageur, growl et chant clair, peu importe l’ordre, on en a aussi bien dans les refrains que les couplets, et ce n’est pas plus mal, puisqu’on dépasse ici le traditionnel schéma employé dans la majorité des cas. « Transgresja » se dote d’un groove impeccable avec des riffs bien placés et des mélodies bien trouvées. Certains plans peuvent paraître convenus mais on accroche très vite, ne serait-ce que sur le très djent « Proxima » qui distille des sons futuristes qui s’accordent bien à l’ambiance.

Hermetic Evolution prend le temps de poser son concept sur les 4 titres « H 2.0 » situés au milieu de l’album. Rappelons que H+ est le symbole du transhumanisme et qu’ « H 2.0 » est sans doute une façon de parler de sa forme plus évoluée. Le « Prolog » est particulier puisque la narration fait place à un titre qui ne se finit par, comme une ébauche, ce qui déstabilise lors de la première écoute. Il faut attendre la suite, soit « Algorytm 21 » pour découvrir un ensemble plus sombre avec des voix distordus et des cris désincarnés. On arrive quand même à avoir du plus calme avec l’atmosphérique « Otch?ani Dno » qui pourrait rappeler les travaux des Russes de Bog Morok. « Omega » conclut la quadrilogie à coups de touches électroniques entêtantes et d’une alternance de riffs groovy et de riffs polyrythmiques.

La suite de l’opus possède aussi ses qualités mais aussi quelques faiblesses, un peu moins de puissance et la perte de notre attention puisque les meilleurs morceaux sont passés. Mais quand même, pour un premier full length, Hermetic Evolution s’en sort bien et arrive à nous plonger dans son concept, certes, peu original désormais, mais bien en adéquation avec le style. S’il continue sur cette voix, il pourrait devenir le nouveau représentant du cyber néo metal dans un pays où le cyber en lui-même a déjà fait ses preuves.

 

Dead Heaven : Antirealnost

Ξ janvier 18th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Dead Heaven : AntirealnostLa Russie est souvent à l’honneur quand un album de Cyber Metal débarque. Celui-là ne déroge pas à la règle. DeadHeaven s’est formé très discrètement en 2012 avant de mettre en ligne les morceaux er trailers promotionnels. Aujourd’hui, le quatuor diffuse sur la toile son premier album auto-produit « Antirealnost » dans la lignée de groupes comme All For Fake, Digimortal ou Deathharmonic.

DeadHeaven confirme le fait que le cyber metal russe est un style qui se distingue. Il n’est pas aussi polyrythmique et désespérée que le cyber suisse (Sybreed, Breach The Void…), pas aussi robotique et brutal que le cyber français (Noein, Techny-Call X) et pas instrumental pour un sou comme le fait la vague djent (Ex Machina, Kreepmaster, Tyrant Of Death). Il s’oriente plus vers une alternance de passages bien tranchants et de passages plus atmosphériques, avec pas mal de bidouilles électroniques mettant en avant une ambiance plus synthétique voire futuriste.

« Antirealnost » suit ce schéma et impose un concept cohérent et immersif grâce, notamment, à trois titres instrumentaux d’une minute trente tout au plus (« ????????… », « Opus Exterminatus » et « ?????? », mélange de cyber et de dark ambient) et à une évolution significative au fil de l’album, à savoir une première moitié plus tournée vers l’agressivité et une seconde moitié plus mécanique que jamais.

Le morceau d’ouverture, « ???? », est une vraie tuerie avec un riffing de départ pouvant faire penser à celui de « Bioactive » (Sybreed) mais qui se dirige ensuite vers quelque chose de plus personnel. Les cris imposants sont aux couplets, et le chant clair atmosphérique aux refrains, le schéma est classique mais fonctionne bien ici puisque rien n’est linéaire. On a droit à quelques breaks menés aux claviers, et quelques soli entre deux déflagrations comme sur « ????? » ou encore « ???????? ?????? ». Efficace.

La seconde partie de l’album nous montre un beau travail d’ambiance, de bidouilles et de groove, tantôt avec un « ?????? ????????? » rappelant Illidiance avec son rythme dansant et ses voix trafiquées, tantôt avec un « ????? ???????? » aux sonorités très mécaniques, tantôt avec un « ??????????-???? », ballade cybernétique réussie, relevant l’atmosphère pessimiste.

Deadheaven démarre bien l’année un premier méfait très réussi et loin d’être ennuyeux puisque chaque morceau possède une identité qui lui est propre. « Antirealnost » est efficace et relativement puissant pour une auto-prod, sans oublier la cohérence du propos et la diversité des riffs et des sonorités. Cela ne présage que du bon pour l’avenir.

 

Al Namrood : Heen Yadhar Al Ghasq

Ξ janvier 15th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Al Namrood : Heen Yadhar Al GhasqAl Namrood sévit depuis 2008 sur la terre du Moyen-Orient en nous offrant pratiquement une sortie tous les ans. La formation d’Arabie Saoudite a le mérite de braver les interdits de son pays afin de mettre en avant une musique exotique et agressive et des thèmes basés sur les insurrections et la rage. Il faut dire que le contexte est totalement approprié, dans la mesure où l’opposition est forte dans cette région. Les musiciens continuent donc sur cette lancée avec leur nouveau méfait « Heen Yadhar Al Ghasq » toujours chanté en langue arabe.

Le combo met une nouvelle fois un point d’honneur à concocter leur propre formule d’oriental black metal, un style très peu mis en avant mais fédéré par quelques noms comme Odious et Narjahanam (qui a d’ailleurs sorti son second album). Le côté arabisant est donc prédominant ne serait-ce que dans les mélodies et les atmosphères, et les Saoudiens ne lésinent pas sur les éléments. Dès « Estahala Al Harb » on se retrouve avec un ensemble folklorique porté par les instruments traditionnels (flute, violons, percussions) et un enchaînement de notes très oriental. Les guitares servent plus d’accompagnement qu’autre chose et gardent leur côté, ce qui fait le charme d’Al Namrood.

L’ambiance s’assombrit par la suite, notamment l’éponyme. On découvre alors un décalage entre la qualité du son de la batterie, des percussions et des claviers, plutôt bonne, et des guitares et des vocaux, plutôt médiocre. A cause de cette différence de son, les instruments ont du mal à se mélanger et on se retrouve avec une sorte de cacophonie difficile à écouter. Les blasts se mélangent mal, les guitares paraissent répétitives et le chant, qui a perdu tout son côté extrême, est complètement à côté. Il n’est même pas compliqué de repérer les fausses notes, c’est dire.

Du coup, la force d’un album tel que « Kitab Al-Awthan » a disparu au profit d’un brouhaha permanent. Et c’est très dommage, dans la mesure où l’ambiance est à la fois inquiétante et chaleureuse et que les différentes percussions et mélodies à la guitare apportent pas mal d’exotisme aux compos (« Subat »). Toutefois, on a du mal à tenir sur la durée, la faute aux grésillements, au chant difficile à digérer, à la linéarité des compos et au manque de variation. Pourtant, un « A Aj al Safeeh » aurait été très appréciable sans tous ces défauts…un vrai voyage dans les ténèbres du Moyen-Orient.

On se demande bien ce qui s’est passé et il est très dommage de se retrouver avec un résultat en-dessous des albums précédents. En voulant trop bien faire, en voulant faire évoluer sa musique, Al Namrood la fragilise et déstabilise ses auditeurs. « Heen Yadhar Al Ghasq » est trop maladroit et brouillon pour qu’on puisse retenir quoi que ce soit.

 

Vermin (GER-2) : Mind Control

Ξ janvier 9th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Vermin (GER-2) : Mind ControlCela fait maintenant dix ans que Vermin sévit sur la scène death metal allemande. Dix ans non dénués d’embuches puisqu’il semble avoir eu du mal à faire ses pas, le premier EP datant de 2010. Ceci dit, ils ont pris du poil de la bête, en témoignent les différentes sorties successives, l’album « Paradise » en 2011 puis ce « Mind Control » qui marque l’anniversaire de formation des quatre musiciens.

Avec cet opus, les membres ralentissent le rythme pour nous proposer une musique à la fois influencée par le death metal et le rock’n'roll. Le groupe alterne riffs death et riffs old school, growls et chant hargneux, rythmique dynamique et rythmique plus groovy. L’ensemble n’est pas forcément original mais Vermin présente du death’n'roll dans son plus simple appareil, masterisé par Andy Classen aux Stage One Studio (Holy Moses, Asphyx, Graveworm…).

Le son est pour le coup très naturel, sans fioritures ni arrangements ultra modernes. Les premières secondes de « Misery » et de « Mind Control » sont consacrées aux bruits de prise en main des instruments (ampli, baguettes, cordes), comme si nous assistions le groupe lors de ses répétitions. Ceci dit, les morceaux ne sont pas brouillon pour autant, au contraire. Ils sont carrés, plutôt bien ficelés, proposant quelque chose d’entraînant avec son lot de riffs classiques mais efficaces comme « Memories » qui nous renvoie, à juste titre, plusieurs dizaines d’années en arrière.

Vermin critique vivement la société actuelle ainsi que les médias qui nous illusionnent. Pour cela, les chansons sont en généralement construites en tempo moyen voire lent accompagnées de riffs mélodieux. « Illusion » fait exception puisque les changements de rythme sont nombreux, et que le côté death est plus mis en avant. Idem pour « Sick Reality », une sorte d’expérimentation du groupe, qui propose des sons de guitare distordus au sein d’un ensemble à la rythmique très classique.

Le quatuor n’invente pas la poudre à canon mais offre un album sympa et très old school. Les adeptes du death’n'roll sans fioritures généralement construit autour d’un mid tempo devrait apprécier même si on regrette l’absence d’atmosphère (comme ça avait été le cas sur « Parasite ») et le manque de soli. Vermin suit donc son petit bonhomme de chemin avec ce « Mind Control » signé chez Blacksmith Records.

 

Illidiance : Deformity

Ξ janvier 6th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Illidiance : DeformityCe n’est plus vraiment ce que c’était. Dans le passé, les membres portaient des tenus futuristes et présentaient une imagerie particulièrement cybernétique. Désormais, nous les voyons cheveux au vent tel un boys band à minettes. Il faut dire que les Russes ont une très forte cote de popularité dans le monde du metal moderne/indus. Evoluant d’un cyber black symphonique à un cyber metal plutôt pop sur les bords, la bande a tourné avec les plus grands (Rotting Christ, Thy Disease, Deathstars) et s’est octroyé les faveurs des agences de réservation de prestige (Sybreed, Behemoth, Septic Flesh). Illidiance est loin d’être un premier venu et le prouve régulièrement avec des titres très pros et tranchants comme des rasoirs.

En ce moment, les musiciens mettent à l’honneur leur nouvel EP, trois ans après leur dernier album « Damage Theory » et leur plus récent single « Neon Rebels ». La recette principale n’a pas changé d’un iota. Nous écoutons toujours un groupe alternant les vocaux hurlés/clairs, mettant en avant une ambiance futuriste, intégrant des samples cybernétiques et mécaniques, et plaçant des riffs acérés aux moments les plus opportuns. L’ensemble des cinq titres ne déconne pas tant que ça par rapport à leurs morceaux précédents puisqu’on retrouve bel et bien une continuité, ne serait-ce qu’avec l’éponyme « Deformity » ou « Boiling Point ».

En revanche, la différence réside dans la façon dont Illidiance a complexifié et diversifié sa musique. Il ne se contente pas toujours d’intégrer des titres directs et classiques, avec couplets agressifs et refrains mielleux. Il met en lumière d’autres influences dont le djent sur le premier morceau et ces saccades répétitives ainsi que d’autres sonorités électroniques, plus fouillées, comme sur « Urbanized » et sa rythmique efficace et déstructurée. Les samples et la batterie semblent d’ailleurs plus en osmose, un duo imparable comme le prouve « Let It Bleed ».

L’EP « Deformity » semble montrer qu’Illidiance a d’autres choses à nous proposer, même s’il ne met pas de côté les éléments qui ont fait de lui ce qu’il est actuellement (le cyber à profusion, le côté pop…). L’ensemble est plutôt encourageant pour la suite et même attractif pour les amateurs du genre, qui ne seront pas déçus du résultat. Sa place dans le saint trio des plus gros groupes cyber metal (avec Sybreed et Neurotech) n’est donc pas usurpée.

 

Alghazanth : The Three Faced Pilgrim

Ξ décembre 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Alghazanth : The Three Faced PilgrimAlghazanth a toujours suivi son petit bonhomme de chemin depuis ses débuts en 1995, toujours su être fidèle à ses habitudes, à son black symphonique envoûtant et mélodique et ses pochettes en tons de gris, toujours été fidèle à son label Woodcut Records avec la sortie de ses six albums et pourtant, il ne jouit pas d’une assez forte reconnaissance comparé aux formations norvégiennes qui ont actuellement toujours la cote. Il faut dire qu’Alghazanth ne s’est jamais vraiment mis en avant et n’a jamais vraiment voulu rendre ses parties symphoniques trop dominantes, fidèle à son côté true. Sauf que cette année, les Finlandais nous gratifient de deux productions, l’EP « Adra Melek Taus » avec trois morceaux inédits et le full length « The Three Faced Pilgrim » avec cinq nouveaux titres, sortis à deux mois d’intervalle. Etrange procédé, dans la mesure où il aurait été certainement plus simple de tout sortir en même temps sur la même galette, d’autant plus que le thème principal des deux pochettes reste celui des oiseaux (le paon pour l’un, les cygnes pour l’autre…).

Il n’empêche que ce « The Three Faced Pilgrim » est le septième album de la bande, sorti deux ans après le très bon « Vinum Intus ». Alghazanth garde son son ni trop propre, ni trop crade, mais change légèrement d’orientation musicale. Le côté symphonique est beaucoup moins flagrant et laisse davantage sa place à un black mélodique très porté sur les atmosphères. Les claviers n’auront jamais été aussi désavantagés, le décalage est assez fort quand on écoute un « Thy Aeons Envenomed Sanity » ou un « Wreath of Thevetat ». Les musiciens semblent avoir décidé de se laisser porter par leurs guitares pour un ensemble musical qui se situe quelque part entre Emperor, Dissection ou Immortal.

La pochette, très belle, laisse entrevoir une sorte de lutte entre le bien et le mal. Mais à l’écoute de l’album, on a comme l’impression qu’il s’agit plutôt d’une bataille entre le captivant et l’ennui. D’un côté nous avons des riffs tranchants et limite épiques, des mélodies mélancoliques, des touches de claviers atmosphériques et hivernales et une ambiance générale assez nébuleuse, comme si nous contemplions un paysage d’hiver sous les nuages, ce qui est plutôt bien représenté par « With Sickle, with Scythe » avec ces chœurs envoûtants. D’un autre côté, nous avons des riffs qui sont finalement très communs, des bouts qui ne nous transcendent pas, un enchaînement de parties très ennuyant et une atmosphère très convenue comme sur « Promethean Permutation ». Le superbe d’une part et le chiant à mourir d’une autre. Pas évident de se faire une réelle idée sur la chose.

On pourra toutefois se réconforter avec « AdraMelekTaus » dynamique, efficace et bourré de mélodies épiques qu’on pourrait presque rapprocher de Catamenia. Ce sont les guitares qui chantent même si quelques nappes viennent s’incruster le temps de quelques secondes. Les claviers apparaissent comme un outil de transition entre plusieurs parties et non comme un moyen de soulever un moment ou un autre, ou d’accompagner la mélodie principale comme cela peut l’être sur « To the Pearl on High » qui, même s’il accroche un moment, finit par lasser.

Une sortie en demi-teinte, ni trop blanche ni trop noire et paradoxalement à l’image de son artwork. Alghazanth ne livre certainement pas son meilleur album mais risque d’attirer ceux qui préfèrent les claviers en toute petite dose, malgré des riffs et des mélodies très ordinaires qui ne sortent vraiment pas du lot. L’ensemble est d’ailleurs assez pépère voire mou à certains moments et n’est pas destiné à ceux qui ont un faible pour l’énergie, contrairement aux sorties précédentes. Ceux qui étaient habitués à cela risquent de ne pas forcément trouver leur bonheur…

 

Kombur : Catharsis

Ξ décembre 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Deathcore |

Kombur : CatharsisLe label Send The Wood est plutôt productif ces temps-ci et a une manie redoutable de dénicher des groupes au fort potentiel et très « directs » comme récemment Hord, Idensity ou Kombur. Kombur, c’est un petit groupe d’Avignon formé l’année dernière autour de cinq musiciens passionnés et très inspirés par les scènes death metal et hardcore. Cela a donné naturellement naissance à une musique mélangeant les caractéristiques de ces deux styles, des growls alternant avec des cris, des gros riffs lourds alternant avec des riffs syncopés, sans oublier les mosh parts et les breakdowns. Vous avez la marque de fabrique du groupe.

Après avoir partagé la scène avec des combos réputés comme Manimal, The Arrs, ou Mass Hysteria, ils sortent leur premier EP « Catharsis », composé de cinq titres, mixé et masterisé par Bruno Varéa (Dagoba, Blazing War Machine…). Un Ep qui ne rigole pas puisque le premier morceau « Pray for Us » nous montre un Kombur flirtant avec les mélodies sombres et un côté technique très proéminant. Car de la technique, nous en avons droit et il ne faut pas être réfractaire à ce genre de choses. La basse est bien groovy et très présente, guidant les titres avec beaucoup de classe pendant que la paire de guitaristes alterne les parties alambiquées et les parties plus centrées sur la brutalité.

Une des caractéristiques de Kombur, c’est qu’il écrit certains de ces titres en français comme « Entre Haine et Hargne » ou « Mon Enfer Porte Ton Nom ». Cela sonne très différemment à l’oreille et nous donne l’occasion d’entendre d’autres sonorités que les sonorités anglaises. La patte frenchie n’est donc pas à déplorer, surtout avec un son pareil, même si le chant manque encore de charisme et que les morceaux ont souvent tendance à se ressembler, la faute aux saccades et à la technique, un peu trop poussive. Du chant clair fait néanmoins son apparition sur « Empires ».

L’EP ne dure que vingt minutes et il n’est donc pas évident de se faire un avis catégorique sur la musique de Kombur. Il n’empêche qu’elle est bien rentre dedans et technique, toutefois on s’attend pour la suite à une variation du jeu et à plus de prestance dans le chant afin de mieux mettre en valeur la hargne et la haine que le groupe veut mettre en valeur. Wait and see.

 

Ever Since : Bring Out the Gimp

Ξ décembre 27th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Modern Metal |

Ever Since : Bring Out the GimpEver Since s’était séparé en 2008 alors qu’il avait fait impression avec la sortie de son full length « Between Heaven and Hell ». Le groupe, qui faisait partie des têtes montantes de Suisse, proposait une musique à la fois inspirée par le death, le black, le doom et le gothique, que certains appelaient dark symphonique. Il faut dire que les influences Paradise Lost/Cradle Of Filth/Dark Tranquility ressortaient de leurs compos, avec en prime du chant féminin.

Six ans plus tard, les petits Suisses sont de retour après avoir pris le recul nécessaire pour faire évoluer leur musique. Seuls deux membres ont résisté au temps, à savoir le guitariste Vinc et le batteur Cédric mais un nouveau line-up solide semble être sur pied avec un nouveau chanteur plus tourné vers le registre criard et un couple basse/guitare plus tourné vers la technicité et un riffing plus dans l’air du temps. Une chose est sûre, c’est qu’Ever Since est en train de renaître de ses cendres. Nouveau logo, nouveau visuel et surtout nouveau style. Il met de côté son passé soft pour se diriger vers quelque chose de plus extrême, et de plus agressif et de plus torturé.

Pour ce début de 2014, nous découvrons un groupe de death mélodique moderne qui n’hésite pas à imprégner sa musique de bidouilles électroniques qui ne pourrons que rappeler les compatriotes de Sybreed, Breach The Void ou Neosis, en moins cybernétique. On ne sera toutefois pas étonné de retrouver Drop (Sybreed) aux commandes des samples et des arrangements mais aussi du mixage et du mastering. On a donc droit à une musique relativement puissante, rentre-dedans, fluide et aérée à la fois, une combinaison qui fait mouche et que tous les amateurs de modern/cyber metal suisse devraient apprécier.

Tout démarre en trombe avec l’éponyme « Bring Out the Gimp » qui se dote d’un rythme dense et de nombreuses textures électroniques. Les guitares sont tranchantes à souhait et le chant alterne vocaux saturés/hurlés/clairs, ce qui permet de diversifier le titre. On devine très clairement la personnalité du groupe, très actuelle, mais fusionnant particulièrement bien le melo death, le core et des touches plus modernes qui ne sont pas pour nous déplaire. Rien que « Run » suit cette logique puisqu’on croirait parfois entendre un Arch Enemy ayant copulé avec un Sybreed en mode « Doomsday Party ». Efficace.

Les allusions à Sybreed ne sont d’ailleurs pas anodines puisque « No Way Out » semble suivre la même logique que « Critical Mass » sur « Slave Design ». Un début acoustique et pessimiste, proche d’une ballade, avant une suite plus énervée et rageuse et des plans très torturés avec une ambiance proche du black metal, une alternance chant clair/chant criard, et un dénouement dynamique. Ever Since se distingue dans l’utilisation de ses nappes et dans la présence du violon et du violoncelle de Domitille et de Tim Coppey, ce qui apporte un gros plus.

Les autres titres sont pour la plupart bien extrêmes et tranchants avec un enchaînement de riffs chirurgicaux. Le chant aurait sans doute mérité d’être plus diversifié même s’il ne suit pas le schéma classique du couplet crié/refrain chanté clair. Quelques temps morts viennent ponctuer l’opus comme un « Prison Son » assez convenu et déjà entendu mais on finit en beauté avec un « Wake Up » mélancolique dans lequel les bidouilles industrielles futuristes et le chant clair viennent renforcer ce sentiment.

Ever Since signe un bon retour en force avec ce « Bring Out the Gimp » signé chez Mighty Music qui a décidément le chic pour dégoter de bons groupes de modern metal (Doppler, The Interbeing, Psy :Code…). Cette nouvelle facette nous donne l’impression de découvrir un nouveau groupe, malgré qu’il soit actif depuis 1998. Cela montre au moins que ces Suisses savent se renouveler et évoluer avec le temps.

 

Neurotech : The Elysian Symphony

Ξ décembre 25th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Neurotech : The Elysian SymphonyCette année, Neurotech a bouclé sa série des Decipher avec la sortie complète des trois volumes sous une seule et même compilation. Une collection généreuse pour tout fan qui se respecte, d’autant plus qu’elle est sortie gratuitement avec la mention name your price sur bandcamp, une bonne action pour un artiste qui ne se prend pas au sérieux malgré son succès certain sur la sphère cyber metal. Depuis, il s’est fait assez discret avant la sortie inattendue de ce qu’on peut considérer comme un cadeau de Noël « The Elysian Symphony ».

Wulf nous propose un seul morceau représentatif de sa carrière. Ce n’est pas un single au vu de sa longueur (17 minutes) mais on peut tout à fait le voir comme une sorte d’EP, même s’il s’agit sans doute plus d’une sortie fantaisiste histoire de gâter tous ceux qui suivent l’artiste depuis toutes ces années.

Ceci dit, rien n’a été bâclé puisque les 17 minutes représentent l’ensemble des styles que Neurotech s’est amusé à explorer : une sorte de mixture entre le cyber metal de « The Black Waltz », la pop atmosphérique du « Decipher Vol.2 », et le côté épique de « Blue Screen Planet ». On peut ajouter à cela un style plutôt nouveau dans la carrière de Neurotech, à savoir l’ambient, puisque certains passages regorgent de moments purement ambiants dans lesquels l’auditeur a tout le loisir de s’envoler pour les nuages, comme le témoigne la pochette de Andrej Srebrnjak.

On pourrait même penser que ce « The Elysian Symphony » se compose de plusieurs parties puisque nous pouvons entendre plusieurs coupures. Le temps de six minutes, on va de l’ambiant à quelque chose de plus énervé en passant par des moments plus atmosphériques où les sons électroniques et le piano mélancoliques mènent la danse. Les guitares et la batterie sont souvent en arrière plan, ce qui allège le côté purement metal mais ne l’efface pour autant. Certaines offensives sont bienvenues et on regrette l’absence de chant, qui aurait pu soulever certaines attaques de guitare et de batterie.

Cela étant passé, on se retrouve avec un des moments forts du titre avec un son plus sombre et une atmosphère qui aurait pu figurer dans un titre plus black metal. Des arpèges de piano, des chœurs et un rythme soutenu. Difficile parfois de trouver les guitares tant elles se retrouvent cachées par l’amas de claviers. Mais vu la beauté de ces derniers, on n’en voudra pas à Wulf qui joue véritablement sur les harmonies, les atmosphères et le son de son piano, une réelle marque de fabrique désormais.

Ceci dit, on perd rapidement le fil et même si plusieurs passages sont jolis, même si certains moments se répètent, le dénouement n’est pas si extraordinaire et les dernières minutes ont du mal à passer. Dans ce « The Elysian Symphony », c’est la première partie la plus intéressante et on est donc moins ébloui dans la seconde. Une sortie intéressante donc, tout à fait satisfaisante, surtout faite pour montrer une nouvelle facette (la facette ambiante) mais pas faite pour ceux qui apprécient le côté tranchant et énergique de Neurotech. Les autres, en revanche, auront l’occasion de voyager et de se laisser porter par les mélodies angéliques du roi du cyber pop metal.

 

Oblivion Machine : Oblivion Machine

Ξ décembre 23rd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Oblivion Machine : Oblivion MachineOblivion Machine est plutôt productif puisqu’il nous habitue depuis 2008 à une sortie tous les ans. 2011 avait été l’année de la révélation pour ces Russes tournés vers le futur avec un album de cyber metal qui a été plutôt apprécié dans le monde du metal industriel. 2012 montrait un groupe désireux de montrer une facette plus cosmique avec « Starfield ». 2013 semble être l’année du mélange puisque le désormais quintet mix les différentes ambiances faisant la personnalité de leurs opus : le côté cyber et le côté cosmique.

C’est donc naturellement qu’ils appellent leur nouvelle offrande « Oblivion Machine », comme pour montrer qu’il s’agira du disque qui leur ressemble le plus. La pochette est d’ailleurs très belle et représente la Lune vu d’un engin spatial. Cela nous donne un avant-goût de ce que l’on risque de retrouver et en effet, on ne sera pas trompé sur la marchandise. Oblivion Machine propose un ensemble plutôt nouveau et mieux travaillé par rapport aux précédentes sorties. Un cyber death atmosphérique, dira-t-on, puisqu’ici ce n’est pas la brutalité qui prime. L’introduction « MACS0647-JD » nous emmène en plein voyage grâce à une musique instrumentale et ambiante centrée sur la beauté des effets. Les guitares ne viennent que tardivement lancer une offensive, avant un « Off the End » très bien ficelé pas loin de leurs acolytes de Bog Morok sur « Stadiae II », aussi tranchant qu’atmosphérique et futuriste.

Les autres morceaux proposent aussi quelques petites touches particulières comme un peu de sympho et d’éléments exotiques sur « Dialog of Anticipation » sans oublier un « Hall of Dispair » qui nous emmène à la fois au fond fin du cosmos et dans un monde synthétique. Les touches électroniques sont d’ailleurs bien gérées, arrivant aux moments les plus opportuns. Le chant est davantage hurlé mais sied malheureusement moins à l’ambiance, les growls semblant beaucoup plus adaptés.

On pourra dire qu’Oblivion Machine se sera démené pour pondre cet album qui ne manque pas de titres aux moments forts comme « See You Rise » avec en guest le chanteur de Digimortal. On sent bien la patte russe, à savoir un rythme presque dansant, des chants plus scandés que growlés, et des touches électroniques presque techno. Il y a tout de même des petites subtilités dans l’utilisation des petites bidouilles qui passent très bien en arrière plan et des chœurs qui ajoutent une touche épique.

Des hymnes cybernétiques, on en a comme sur un « Failure » déshumanisé ou un « Inhabited Planet Earth » très pessimiste. Une fois de plus, le quintet ne mise pas sur la brutalité mais sur l’ambiance, le jeu des vocaux, le côté technique des riffs et surtout les claviers, qui ont ici une place très importante.

Au moins, on ne se retrouve pas avec le chant féminin casse-pied et inadapté (si ce n’est sur le dernier titre mais ça passe) ou avec l’électro trop pompeux que l’on pouvait retrouver sur « Zero Gravity ». Avec ce « Oblivion Machine », les Russes ont corrigé leurs défauts et ont réussi à pondre un opus prenant qui, à défaut d’être complètement immersif, arrive à embarquer l’auditeur dans un autre monde. Une belle expérience en somme.

 

Infectious Hate : Insanity Begins

Ξ décembre 21st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Infectious Hate : Insanity BeginsIl n’est actuellement pas aisé de pouvoir sortir des sentiers battus et proposer un death metal qui claque et qui saura faire la différence. La scène est saturée par de nouveaux arrivants en particulier dans le death technique-branlette-de-manches et le death brutal-plus-gore-tu-meurs et les groupes qui veulent revenir aux sources n’attirent pas plus l’attention. Les Parisiens d’Infectious Hate ne se dirigent pas de ce côté-là. Ils ne renient ni leurs origines ni l’évolution du style si bien qu’ils officient dans un death metal à la fois teinté d’éléments old-school et modernes. Leur ambition est de rendre ce type de metal plus accessible, d’où cette espèce de fusion entre le death metal de Morbid Angel, le bourrinage de Chimaira et le groove de Devildriver.

« Insanity Begins » est donc le premier EP du quintet qui se dirige vers un univers post-apocalyptique sombre et violent. Malgré un son très moderne et actuel, Infectious Hate ne fait pas dans la dentelle et ne met pas de côté l’agressivité des riffs. Cela part de façon très rapide avec le morceau éponyme en guise d’introduction. Les gros riffs s’enchaînent ainsi que des growls aboyeurs le temps d’une petite minute, c’est donc très court et on a comme l’impression que le titre n’est pas terminé. Cela ne se reproduit pas ensuite puisque « No More » entame pour de bon les hostilités. Un death metal très groovy, presque dansant, qui alterne passages à la rythmique très travaillée et passages plus violents, plus rentre-dedans.

Les Parisiens ne font rien de nouveau de ce côté-là et la personnalité des chansons reste encore à désirer, toutefois, il est clair que l’ensemble est bien tranchant et efficace. Rien n’est linéaire puisque les musiciens arrivent à jongler avec plusieurs types de tempos. On a autant de bourrinage que de moments mid tempos ou de breaks. C’est brutal mais aéré et mélodique comme en témoigne un « Alive » mélangeant brutal et mélo death avec une pointe d’indus au niveau de la mécanicité de la batterie. Cela se confirme avec « Dead End » qui groove à mort et qui représente le mieux l’identité du groupe avec son death moderne et ses mélodies pessimistes à la guitare. Les mélodies restent en tête mais peuvent paraître particulièrement comme sur un « Corroded by Time », soutenues par un growl déshumanisé. Le côté post-apocalyptique est le plus représentatif sur ce titre, notamment avec ce final lourd où apparait un discours peu encourageant à la radio.

Infectious Hate commence plutôt bien avec ce premier EP, beaucoup trop court, dont le concept mériterait d’être poursuivi sur un full length. Au vu du potentiel du combo et de son univers post-apocalyptique très présent aussi bien dans l’ambiance que dans le visuel, il a toutes les cartes pour nous offrir une prochaine galette sombre et pessimiste, avec pourquoi pas un peu d’indus histoire de relever le tout et de justifier la présence du logo de la menace biologique…

 

Scytherium : The Midnight Cadenza

Ξ décembre 19th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Scytherium : The Midnight CadenzaFondé en 2010, Scytherium est le seul groupe de black symphonique dans la région d’Orlando, aux Etats Unis. La pression est donc à son comble pour un sextet espérant dynamiser le coin et jouer une musique autant inspirée par les précurseurs (Emperor, Arcturus) que par des combos plus expérimentaux (Sigh) ou théâtraux (Carach Angren). Avec le second album, « The Midnight Candenza », on sent que les Américains tentent de mélanger la patte de chacune de leurs influences avec leur folie personnelle. On se retrouve donc avec un album rapide, parfois atmosphérique, souvent rentre dedans, et constamment empreint d’une aura fantomatique.

Les bases se posent avec « Cadenza of Decay », introduction classique dans le genre mais plutôt inquiétante avec ces notes de piano mélancoliques. On pourrait presque sentir le souffle glacial d’un fantôme derrière notre dos. Mais cela prend fin avec « The Inversion», un titre très dynamique qui mélange énormément de choses : la mélodie entêtante des guitares, les riffs, les claviers barrés, le punch de la batterie, le chant écorché et cette rythmique épique. La production est meilleure que sur l’opus précédent mais pas totalement au point que nous avons à de nombreux moments une impression de cacophonie. Les instruments se mélangent maladroitement tel un gros bazar.

On pense alors à une erreur de démarrage puisque cela s’améliore avec « Return to Forsaken Graves » ou « Depravity of Human Essence » qui nous présentent les choses de façon progressive et avec plus de cohérence et de délicatesse. Les mélodies sont plus directes mais aussi plus élégantes, la batterie plus écrasante et les riffs plus denses et plus accrocheurs. Ce n’est pas non plus excellent, le mixage étant tout de même pour quelque chose, mais on sent un potentiel et une façon de nous narrer une histoire macabre, en particulier sur « Night of the Sleepless Echo », qui porte très bien son nom, puisqu’il est bien nocturne, bien sombre et plutôt efficace dans son genre.

« The Midnight Cadenza » est un album tout à fait correct qui ne manque pas de punch ni d’inspirations, cependant certains moments sont très bons (comme sur « The Poltergeist Catastrophe », qui met en haleine dès son intro et pendant les refrains à coups de nappes et de gros riffs) et d’autres moins attractifs et plus classiques. Le côté barré et très orchestré aurait été mieux mis en valeur avec un mixage plus propre et plus adapté puisque l’écoute n’est pas totalement fluide et que nos oreilles doivent s’adapter à cet amoncellement d’éléments pas toujours faciles à distinguer. De plus, le growl semble plus adéquat pour ce genre de black symphonique, le chant black étant trop éraillé et agaçant. Scytherium doit donc songer à améliorer son son et à ne pas trop superposer de choses en même temps, au risque de perdre l’auditeur en cours de route…

 

Lyfthrasyr : The Engineered Flesh

Ξ décembre 17th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Symphonic Blackened Death Metal |

Lyfthrasyr : The Engineered FleshCeux qui suivent Lyfthrasyr depuis le premier album « The Final Resurrection » en 2005 s’étaient habitués à un groupe mêlant black symphonique, death mélodique et éléments progressifs pour un ensemble satisfaisant mais manquant encore de personnalité et de puissance. L’ombre des plus grands planait au-dessus de sa tête et il n’avait pas encore eu l’occasion de montrer qu’il pouvait aller au-delà de ses influences. Du coup, la carrière des Allemands avait on ne plus stagné depuis la sortie en 2007 de « The Recent Foresight », avec quelques concerts et surtout un album qui aura mis du temps à voir le jour.

Toutefois, on ne s’attendait pas à autant de changements. On dirait que Lyfthrasyr a décidé de laisser de côté les années passées pour aller de l’avant et se consacrer à autre chose. Le black/death sympho classique n’est plus à l’ordre du jour avec « The Engineered Flesh », sans doute parce qu’Aggreash (chant/guitare/claviers) est un peu transhumaniste sur les bords et c’est donc avec un black/death décidément plus cybernétique que le groupe revient.

Il faut dire que le combo se sent plus d’attaque pour un « post-modern black metal » (je cite). D’un côté, il est clair que la mode est à l’électro, aux éléments futuristes et aux thématiques pessimistes. On se retrouve avec un paquet de musiciens qui s’essaient à cela, avec plus ou moins de succès. Lyfthrasyr, lui, a eu tout le temps de travailler ses compos et le rendu est plutôt inattendu.

Dès le départ, avec « The New Era of Immortality », on est embarqué dans l’univers futuriste à coup de touches électroniques endiablés et de blasts. Les riffs sont bien tranchants, le chant alterne growl et cris black, la batterie (guidée par Nefastus, ex-Belphegor) est une vraie machine de guerre, les claviers nous balancent du sympho épique ainsi que quelques notes de piano pessimistes. Pas de doutes à avoir, on est bien plus proches de And Oceans (période « Cypher »), de Shade Empire (période « Sinthetic ») et d’Illidiance (période « Nexaeon ») que de Dimmu Borgir ou de Skyfire.

Et du cyber black/death, on y a droit sur tout l’album. Pas de répit, tout va très vite et le groupe nous embarque très bien dans son univers. L’électronique est subtile, les chœurs sombres, les breaks bien vus…on se retrouve avec un ensemble mélangeant habilement agression et atmosphères, furie et mélodie, brutalité et insanité.

Même si « Technological Singularity » nous propose quelque chose de plus abordable, de plus mid tempos et que « Mind Simulator » est plus posé malgré quelques accélérations et un piano dramatique, le rythme s’accélère largement avec un « Preserved Identity » à la grande puissance électronique. On est littéralement happés dans le monde synthétique des Allemands, loin de l’humanité, loin des sentiments et encore plus près des machines et du transhumanisme. Le côté pessimiste et déshumanisé se ressent davantage sur le dernier et long « Life Overdose », sorte de ballade torturée et touchante qui sait autant nous faire profiter des riffs, du chant écorché et murmuré, du piano, et de l’indus en arrière plan.

Lyfthrasyr a su trouver le temps de faire évoluer sa musique en expérimentant et en s’adaptant. Le résultat est plutôt bluffant, en particulier pour ceux qui s’attendaient à quelque chose dans la lignée des opus précédents. Evidemment, les Allemands feront sans aucun doute déserter les détracteurs de l’électro mais ceux qui apprécient le style et qui n’ont pas peur des expérimentations ne pourront qu’apprécier le résultat obtenu sur ce « The Engineered Flesh », à savoir un cyber black/death symphonique lourd et puissant mixé par Fredrik Nordström…

 

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