Akercocke : Words that Go Unspoken, Deeds that Go UndoneOn a beau être un adepte des expériences musicales étranges et du métissage des styles, on a beau se la jouer grand blasé devant l’éternel, on tombe toujours sur des disques qui vous surprennent. C’est le cas de ce “Words that Go Unspoken, Deeds that Go Undone“, sacré morceau de… euh, de quoi, en fait? Death? Black? Atmosphérique? Progressif? Un peu de tout ça, et bien plus encore.

Ces quatre Anglais nous ont concocté un album incroyable, sorte de masse sombre toujours en mouvement; en perpétuelle évolution. Dans le même morceau se croisent de sourds grognements, des hurlements d’écorché vif, des lignes mélodiques planantes, des instrumentations arabisantes, des solos épileptiques et des blasts furieux, l’ensemble étant mis au service d’un discours anti-religieux et très sexuel, mais jamais caricatural.

Entrer dans les détails nécessiterait un chronique interminable, tant ce disque est saisissant. Tout ici est réfléchi, mis en place au millimètre; l’approximation a été reconduite à la porte, au profit d’une technique et de compositions sans faille. Pour vous faire une idée, essayez de vous représenter un morceau comme “Shelter From The Sand”: onze minutes d’un brassage incroyable, où s’alternent un chant à la A Perfect Circle, des growls tellement graves que le plancher en résonne et des cris que ne renierait pas la frange la plus true-black de ce site. Faites monter le plat sur un mur de guitares tantôt tout en finesse, tantôt complètement débridées; ajoutez une section rythmique dévastatrice, capable de passer de l’accompagnement subtil au rouleau compresseur; et saupoudrez le tout d’ambiances très moyen-orientales. A consommez sans modération, ça va sans dire.

Le reste de l’album est à l’avenant, passant d’une brutalité rare (“Eyes of the Dawn“, “Intractable”) à un calme menaçant (“Verdelet”), avant de plonger vers la tranquillité des profondeurs (“Words that go Unspoken“, l’acoustique “Lex Talionis“). Le son est parfait, à l’image du contenu: parfois d’une absolue limpidité, il devient sale lorsque le ton se durcit, mais sans jamais se départir d’une précision redoutable.

Akercocke vous invite à un voyage comme vous n’aurez pas souvent l’occasion d’en faire, vers des contrées aussi changeantes et complexes que l’âme humaine. Il serait impensable que vous en reveniez déçus.



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