Slayer : Christ IllusionCa y est! Enfin! Alleluïa! Merci mon Dieu!

VLAN!

Aïe! Pardon m’sieur King, j’ai oublié, faut pas remercier Dieu quand on parle de SLAYER. Mais bon, vous comprenez, on avait un peu cessé de croire au retour du grand SLAYER après la longue traversée du désert qui avait suivi “Divine Intervention“. Il faut dire que vous ne nous aviez pas donné grand-chose à nous mettre sous la dent, entre un album de reprises punk pas bien percutant, un disque franchement décevant (“Diabolus in Musicaa”), et un “God Hates Us All” qui relevait à peine le niveau. Non, m’ieur King, pas taper la tête! Non! AÏE!

Mais vous vous êtes rattrapés, vous et vos collègues.

Christ Illusion” était incontestablement l’une des sorties les plus attendues de l’année, et cet album est aussi bon qu’on pouvait l’espérer. Le retour de Dave Lombardo avait fait monter les attentes d’un cran, et le batteur a répondu de la meilleure façon qui soit. La performance qu’il livre ici est anthologique; son jeu s’est encore amélioré avec les années, et chaque morceau est une véritable démonstration de force qui pourrait dégoûter plus d’un cogneur de fûts en herbe. La paire King-Hanneman a conservé les rythmiques de plomb de l’ère “God…”, tout en revenant à ce qui fait l’essence de SLAYER et qui manquait tant aux derniers albums: les riffs assassins et le solos galopants. Quant à Tom Araya, son chant n’a sans doute jamais été aussi maîtrisé qu’ici. Nous sommes très loin, heureusement, de ces hurlements de babouin défécant un baobab qui grevait les sorties de l’ère Bostaph.

Comment pourrait-on résister à un tel album? “Christ Illusion” renferme tout ce qu’on peut attendre du successeur désigné de “Seasons in the Abyss“: du riff au kilomètre (“Catatonic”, “Black Serenade“, la bombe finale “Supremist”), de la rythmique implacable, toutes doubles-croches dehors (“Skeleton Christ”, “Consfearacy”), des soli démentiels (euh… tous les morceaux en fait), et surtout une violence larvée, purulente, bien plus glauque et dérangeante qu’aux jeunes années du gang de L.A.. De groupe trash aux textes un peu bas de plafond, SLAYER est passé au statut de maître ès-paroles malsaines, mettant le doigt sur tout ce qui dérange en 2006. A ce titre, le morceau “Jihad”, tout à fait remarquable, est assuré de provoquer une jolie polémique, avec sa focalisation particulière: directement derrière les yeux d’un terroriste, et bonne journée bien sûr!

Qu’ajouter? Que Dieu, et la religion en général, en prennent pour leur grade? On a l’habitude, c’est de SLAYER que l’on parle. Qu’on sort de l’écoute de cet album épuisé, vidé, mais avec un sourire béat sur les lèvres, comme aux grandes heures de “South of Heaven“? Qu’on n’est ici jamais déçu, que rien n’est à jeter? Oui, c’est sans doute cela qui frappe sur “Christ Illusion“: les quatre musiciens ont mûri, et après une période de transition, sont revenus à leur meilleur niveau. Une véritable renaissance, et un album indispensable.

C’est bon? Dites, m’sieur King, je peux y aller? Dites? Elle vous satisfait, ma chronique? Comment ça, mouais? Mais enfin, j’en dis que du bien, de votre album! Vous êtes pénible, à la fin! Non, pas les clous! J’ai rien dit… Au secours!



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