Disbelief : 66sickRester confiné à un semi-anonymat est le triste lot de la grande majorité des musiciens de métal. C’est le cas de Disbelief, et l’on ne peut que déplorer amèrement que ce groupe n’obtienne pas davantage de reconnaissance, tant le talent est là et éclabousse chaque morceau.

Disbelief a les épaules pour ratisser très large, tant son death-thrash est efficace et abouti, à la fois moderne et personnel. Capable de passer de la mandale énervée (“For God“, “Crawl”) au mid-tempo ravageur (“To Atone For All”, “Floating On High”), le groupe impose une marque de fabrique qui n’appartient qu’à lui en ne délaissant jamais la dimension mélodique qui fait tant défaut à nombre de concurrents évoluant sur le même créneau. Des titres comme “Continue From This Point”, “Rewind It All”, “Try” ou “Lost In Time font figure de véritables tubes de métal extrême, une notion étrange, je le concède, mais qui s’impose d’elle-même à l’écoute de ces tueries. Si vous êtes en quête de morceaux violents mais terriblement accrocheurs, vous trouverez sur cette galette matière à vous réjouir.

Tout au long de ce redoutable “66sick“, Disbelief affirme une identité musicale unique, à mi-chemin entre un Obituary mélodique (la proximité entre la voix de Karsten Jäger et celle de John Tardy est parfois troublante), un Machine Head de mauvaise humeur, un Pantera moderne… On pourrait multiplier ces comparaisons sans jamais rendre totalement compte de la flamme, que dis-je, du brasier qui anime cet album. Doté d’un sens de la composition affuté comme une lame de rasoir, le groupe vous embarque pour un voyage saisissant, explorant un nombre incroyables de contrées métalliques sans jamais se perdre en route. C’est ici l’une des qualités majeures à porter au crédit des musiciens: ils savent où ils veulent aller, et tout l’album respire le projet maîtrisé d’une poigne de fer.

A l’époque où le métal extrême redevient vendeur, il serait vraiment triste de voir un groupe d’un tel talent rester dans l’ombre. Donnez-leur une chance, ils la méritent amplement!

Korn : See You on the Other SidePetit rappel des faits: en 2003, Korn tente de préserver une popularité chancelante en sortant “Take a Look in the Mirror“, un disque reposant sur des ficelles bien connues et appréciées de longue date par leur public. Mais cet album sent la panne d’inspiration à plein nez, le recyclage de formules usées jusqu’à la trame, la capitalisation facile sur ses acquis, le raclage de fonds de tiroir; bref, Korn donne subitement à ses fans l’envie de leur coller une taloche ou deux, histoire de leur faire comprendre qu’il ne faut pas non plus prendre les gens pour des cons. Deux ans plus tard, Brian “Head” Welch rencontre Jésus, arrête la coke, la méthadone et le métal pour aller jouer le dimanche dans sa paroisse. A ce niveau, ça sent la fin de carrière anticipée à plein nez.

Le groupe dément les rumeurs de split, et annonce qu’il planche sur un nouvel album en compagnie de divers producteurs, parmi lesquels The Matrix et Atticus Ross, plus connnus pour leur travail sur des disques de Britney Spears, Avril Lavigne ou Pink. On commence alors à se dire que ça ne sent plus seulement la fin de carrière mais carrément l’internement d’office en institution psyChiatrique de haute sécurité.

Puis “See You on the Other Side” déboule dans les bacs. La simple sortie de ce disque était, en soi, une bonne nouvelle puisqu’elle signifiait que le groupe n’était pas encore mort; pour ce qui est du contenu, c’est plus discutable. Je vais être franc: cet album est sorti depuis plus d’un an, je l’ai écouté une bonne douzaine de fois, et je ne sais toujours pas quoi en penser. On y croise de bons, voire de très bons morceaux (“Twisted Transistor“, Hypocrites”, “10 or a 2-Way”); Korn fait enfin l’effort de se réinventer, de se remettre totalement en question, et affirme haut et fort son amour de la new-wave et de la pop-song. Au moins tenons-nous là un disque risqué, qui se démarque nettement de ses prédécesseurs. Contraint d’évoluer pour ne pas dépérir, le groupe n’a pas esquivé ce défi, et cela force le respect.

Le problème est que l’ensemble ne tient pas vraiment la route. Korn retombe dans le patchwork, comme il avait pu le faire sur “Follow The Leader“, avec une série de morceaux sans cohérence, sans unité. La deuxième moitié de l’album est emblématique de ce défaut et l’auditeur décroche immanquablement passé le sixième ou septième titre; ce manque de cohérence se retrouve même dans la construction de certains morceaux dont les différentes parties ne fonctionnent pas ensemble (“Liar“, “Open Up”). Bref, ce disque laisse tout même transparaître les failles d’un groupe qui revendique des sources d’inspiration nouvelles sans tourner le dos à son passé (quoique…), mais tatonne encore sur le dosage des ingrédients.

A en juger par ce “See You on the Other Side“, Korn hésite et ne convainc pas vraiment; cet album est celui d’un groupe vivant, mais égaré. Sauront-il se reprendre? Au vu des turbulences qu’ils traversent depuis deux ans (départ de Head, pause d’au moins un an de David Silveria), rien n’est moins sûr.

Disbelief : 66sick

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Disbelief : 66sickRester confiné à un semi-anonymat est le triste lot de la grande majorité des musiciens de métal. C’est le cas de Disbelief, et l’on ne peut que déplorer amèrement que ce groupe n’obtienne pas davantage de reconnaissance, tant le talent est là et éclabousse chaque morceau.

Disbelief a les épaules pour ratisser très large, tant son death-thrash est efficace et abouti, à la fois moderne et personnel. Capable de passer de la mandale énervée (“For God“, “Crawl”) au mid-tempo ravageur (“To Atone For All”, “Floating On High”), le groupe impose une marque de fabrique qui n’appartient qu’à lui en ne délaissant jamais la dimension mélodique qui fait tant défaut à nombre de concurrents évoluant sur le même créneau. Des titres comme “Continue From This Point”, “Rewind It All”, “Try” ou “Lost In Time font figure de véritables tubes de métal extrême, une notion étrange, je le concède, mais qui s’impose d’elle-même à l’écoute de ces tueries. Si vous êtes en quête de morceaux violents mais terriblement accrocheurs, vous trouverez sur cette galette matière à vous réjouir.

Tout au long de ce redoutable “66sick“, Disbelief affirme une identité musicale unique, à mi-chemin entre un Obituary mélodique (la proximité entre la voix de Karsten Jäger et celle de John Tardy est parfois troublante), un Machine Head de mauvaise humeur, un Pantera moderne… On pourrait multiplier ces comparaisons sans jamais rendre totalement compte de la flamme, que dis-je, du brasier qui anime cet album. Doté d’un sens de la composition affuté comme une lame de rasoir, le groupe vous embarque pour un voyage saisissant, explorant un nombre incroyables de contrées métalliques sans jamais se perdre en route. C’est ici l’une des qualités majeures à porter au crédit des musiciens: ils savent où ils veulent aller, et tout l’album respire le projet maîtrisé d’une poigne de fer.

A l’époque où le métal extrême redevient vendeur, il serait vraiment triste de voir un groupe d’un tel talent rester dans l’ombre. Donnez-leur une chance, ils la méritent amplement!

Korn : See You on the Other SidePetit rappel des faits: en 2003, Korn tente de préserver une popularité chancelante en sortant “Take a Look in the Mirror“, un disque reposant sur des ficelles bien connues et appréciées de longue date par leur public. Mais cet album sent la panne d’inspiration à plein nez, le recyclage de formules usées jusqu’à la trame, la capitalisation facile sur ses acquis, le raclage de fonds de tiroir; bref, Korn donne subitement à ses fans l’envie de leur coller une taloche ou deux, histoire de leur faire comprendre qu’il ne faut pas non plus prendre les gens pour des cons. Deux ans plus tard, Brian “Head” Welch rencontre Jésus, arrête la coke, la méthadone et le métal pour aller jouer le dimanche dans sa paroisse. A ce niveau, ça sent la fin de carrière anticipée à plein nez.

Le groupe dément les rumeurs de split, et annonce qu’il planche sur un nouvel album en compagnie de divers producteurs, parmi lesquels The Matrix et Atticus Ross, plus connnus pour leur travail sur des disques de Britney Spears, Avril Lavigne ou Pink. On commence alors à se dire que ça ne sent plus seulement la fin de carrière mais carrément l’internement d’office en institution psyChiatrique de haute sécurité.

Puis “See You on the Other Side” déboule dans les bacs. La simple sortie de ce disque était, en soi, une bonne nouvelle puisqu’elle signifiait que le groupe n’était pas encore mort; pour ce qui est du contenu, c’est plus discutable. Je vais être franc: cet album est sorti depuis plus d’un an, je l’ai écouté une bonne douzaine de fois, et je ne sais toujours pas quoi en penser. On y croise de bons, voire de très bons morceaux (“Twisted Transistor“, Hypocrites”, “10 or a 2-Way”); Korn fait enfin l’effort de se réinventer, de se remettre totalement en question, et affirme haut et fort son amour de la new-wave et de la pop-song. Au moins tenons-nous là un disque risqué, qui se démarque nettement de ses prédécesseurs. Contraint d’évoluer pour ne pas dépérir, le groupe n’a pas esquivé ce défi, et cela force le respect.

Le problème est que l’ensemble ne tient pas vraiment la route. Korn retombe dans le patchwork, comme il avait pu le faire sur “Follow The Leader“, avec une série de morceaux sans cohérence, sans unité. La deuxième moitié de l’album est emblématique de ce défaut et l’auditeur décroche immanquablement passé le sixième ou septième titre; ce manque de cohérence se retrouve même dans la construction de certains morceaux dont les différentes parties ne fonctionnent pas ensemble (“Liar“, “Open Up”). Bref, ce disque laisse tout même transparaître les failles d’un groupe qui revendique des sources d’inspiration nouvelles sans tourner le dos à son passé (quoique…), mais tatonne encore sur le dosage des ingrédients.

A en juger par ce “See You on the Other Side“, Korn hésite et ne convainc pas vraiment; cet album est celui d’un groupe vivant, mais égaré. Sauront-il se reprendre? Au vu des turbulences qu’ils traversent depuis deux ans (départ de Head, pause d’au moins un an de David Silveria), rien n’est moins sûr.

Disbelief : 66sick

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Disbelief : 66sickRester confiné à un semi-anonymat est le triste lot de la grande majorité des musiciens de métal. C’est le cas de Disbelief, et l’on ne peut que déplorer amèrement que ce groupe n’obtienne pas davantage de reconnaissance, tant le talent est là et éclabousse chaque morceau.

Disbelief a les épaules pour ratisser très large, tant son death-thrash est efficace et abouti, à la fois moderne et personnel. Capable de passer de la mandale énervée (“For God“, “Crawl”) au mid-tempo ravageur (“To Atone For All”, “Floating On High”), le groupe impose une marque de fabrique qui n’appartient qu’à lui en ne délaissant jamais la dimension mélodique qui fait tant défaut à nombre de concurrents évoluant sur le même créneau. Des titres comme “Continue From This Point”, “Rewind It All”, “Try” ou “Lost In Time font figure de véritables tubes de métal extrême, une notion étrange, je le concède, mais qui s’impose d’elle-même à l’écoute de ces tueries. Si vous êtes en quête de morceaux violents mais terriblement accrocheurs, vous trouverez sur cette galette matière à vous réjouir.

Tout au long de ce redoutable “66sick“, Disbelief affirme une identité musicale unique, à mi-chemin entre un Obituary mélodique (la proximité entre la voix de Karsten Jäger et celle de John Tardy est parfois troublante), un Machine Head de mauvaise humeur, un Pantera moderne… On pourrait multiplier ces comparaisons sans jamais rendre totalement compte de la flamme, que dis-je, du brasier qui anime cet album. Doté d’un sens de la composition affuté comme une lame de rasoir, le groupe vous embarque pour un voyage saisissant, explorant un nombre incroyables de contrées métalliques sans jamais se perdre en route. C’est ici l’une des qualités majeures à porter au crédit des musiciens: ils savent où ils veulent aller, et tout l’album respire le projet maîtrisé d’une poigne de fer.

A l’époque où le métal extrême redevient vendeur, il serait vraiment triste de voir un groupe d’un tel talent rester dans l’ombre. Donnez-leur une chance, ils la méritent amplement!

Korn : See You on the Other SidePetit rappel des faits: en 2003, Korn tente de préserver une popularité chancelante en sortant “Take a Look in the Mirror“, un disque reposant sur des ficelles bien connues et appréciées de longue date par leur public. Mais cet album sent la panne d’inspiration à plein nez, le recyclage de formules usées jusqu’à la trame, la capitalisation facile sur ses acquis, le raclage de fonds de tiroir; bref, Korn donne subitement à ses fans l’envie de leur coller une taloche ou deux, histoire de leur faire comprendre qu’il ne faut pas non plus prendre les gens pour des cons. Deux ans plus tard, Brian “Head” Welch rencontre Jésus, arrête la coke, la méthadone et le métal pour aller jouer le dimanche dans sa paroisse. A ce niveau, ça sent la fin de carrière anticipée à plein nez.

Le groupe dément les rumeurs de split, et annonce qu’il planche sur un nouvel album en compagnie de divers producteurs, parmi lesquels The Matrix et Atticus Ross, plus connnus pour leur travail sur des disques de Britney Spears, Avril Lavigne ou Pink. On commence alors à se dire que ça ne sent plus seulement la fin de carrière mais carrément l’internement d’office en institution psyChiatrique de haute sécurité.

Puis “See You on the Other Side” déboule dans les bacs. La simple sortie de ce disque était, en soi, une bonne nouvelle puisqu’elle signifiait que le groupe n’était pas encore mort; pour ce qui est du contenu, c’est plus discutable. Je vais être franc: cet album est sorti depuis plus d’un an, je l’ai écouté une bonne douzaine de fois, et je ne sais toujours pas quoi en penser. On y croise de bons, voire de très bons morceaux (“Twisted Transistor“, Hypocrites”, “10 or a 2-Way”); Korn fait enfin l’effort de se réinventer, de se remettre totalement en question, et affirme haut et fort son amour de la new-wave et de la pop-song. Au moins tenons-nous là un disque risqué, qui se démarque nettement de ses prédécesseurs. Contraint d’évoluer pour ne pas dépérir, le groupe n’a pas esquivé ce défi, et cela force le respect.

Le problème est que l’ensemble ne tient pas vraiment la route. Korn retombe dans le patchwork, comme il avait pu le faire sur “Follow The Leader“, avec une série de morceaux sans cohérence, sans unité. La deuxième moitié de l’album est emblématique de ce défaut et l’auditeur décroche immanquablement passé le sixième ou septième titre; ce manque de cohérence se retrouve même dans la construction de certains morceaux dont les différentes parties ne fonctionnent pas ensemble (“Liar“, “Open Up”). Bref, ce disque laisse tout même transparaître les failles d’un groupe qui revendique des sources d’inspiration nouvelles sans tourner le dos à son passé (quoique…), mais tatonne encore sur le dosage des ingrédients.

A en juger par ce “See You on the Other Side“, Korn hésite et ne convainc pas vraiment; cet album est celui d’un groupe vivant, mais égaré. Sauront-il se reprendre? Au vu des turbulences qu’ils traversent depuis deux ans (départ de Head, pause d’au moins un an de David Silveria), rien n’est moins sûr.

Disbelief : 66sick

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Disbelief : 66sickRester confiné à un semi-anonymat est le triste lot de la grande majorité des musiciens de métal. C’est le cas de Disbelief, et l’on ne peut que déplorer amèrement que ce groupe n’obtienne pas davantage de reconnaissance, tant le talent est là et éclabousse chaque morceau.

Disbelief a les épaules pour ratisser très large, tant son death-thrash est efficace et abouti, à la fois moderne et personnel. Capable de passer de la mandale énervée (“For God“, “Crawl”) au mid-tempo ravageur (“To Atone For All”, “Floating On High”), le groupe impose une marque de fabrique qui n’appartient qu’à lui en ne délaissant jamais la dimension mélodique qui fait tant défaut à nombre de concurrents évoluant sur le même créneau. Des titres comme “Continue From This Point”, “Rewind It All”, “Try” ou “Lost In Time font figure de véritables tubes de métal extrême, une notion étrange, je le concède, mais qui s’impose d’elle-même à l’écoute de ces tueries. Si vous êtes en quête de morceaux violents mais terriblement accrocheurs, vous trouverez sur cette galette matière à vous réjouir.

Tout au long de ce redoutable “66sick“, Disbelief affirme une identité musicale unique, à mi-chemin entre un Obituary mélodique (la proximité entre la voix de Karsten Jäger et celle de John Tardy est parfois troublante), un Machine Head de mauvaise humeur, un Pantera moderne… On pourrait multiplier ces comparaisons sans jamais rendre totalement compte de la flamme, que dis-je, du brasier qui anime cet album. Doté d’un sens de la composition affuté comme une lame de rasoir, le groupe vous embarque pour un voyage saisissant, explorant un nombre incroyables de contrées métalliques sans jamais se perdre en route. C’est ici l’une des qualités majeures à porter au crédit des musiciens: ils savent où ils veulent aller, et tout l’album respire le projet maîtrisé d’une poigne de fer.

A l’époque où le métal extrême redevient vendeur, il serait vraiment triste de voir un groupe d’un tel talent rester dans l’ombre. Donnez-leur une chance, ils la méritent amplement!

Korn : See You On The Other SidePetit rappel des faits: en 2003, Korn tente de préserver une popularité chancelante en sortant “Take a Look in the Mirror“, un disque reposant sur des ficelles bien connues et appréciées de longue date par leur public. Mais cet album sent la panne d’inspiration à plein nez, le recyclage de formules usées jusqu’à la trame, la capitalisation facile sur ses acquis, le raclage de fonds de tiroir; bref, Korn donne subitement à ses fans l’envie de leur coller une taloche ou deux, histoire de leur faire comprendre qu’il ne faut pas non plus prendre les gens pour des cons. Deux ans plus tard, Brian “Head” Welch rencontre Jésus, arrête la coke, la méthadone et le métal pour aller jouer le dimanche dans sa paroisse. A ce niveau, ça sent la fin de carrière anticipée à plein nez.

Le groupe dément les rumeurs de split, et annonce qu’il planche sur un nouvel album en compagnie de divers producteurs, parmi lesquels The Matrix et Atticus Ross, plus connnus pour leur travail sur des disques de Britney Spears, Avril Lavigne ou Pink. On commence alors à se dire que ça ne sent plus seulement la fin de carrière mais carrément l’internement d’office en institution psyChiatrique de haute sécurité.

Puis “See You On The Other Side” déboule dans les bacs. La simple sortie de ce disque était, en soi, une bonne nouvelle puisqu’elle signifiait que le groupe n’était pas encore mort; pour ce qui est du contenu, c’est plus discutable. Je vais être franc: cet album est sorti depuis plus d’un an, je l’ai écouté une bonne douzaine de fois, et je ne sais toujours pas quoi en penser. On y croise de bons, voire de très bons morceaux (“Twisted Transistor“, Hypocrites”, “10 or a 2-Way”); Korn fait enfin l’effort de se réinventer, de se remettre totalement en question, et affirme haut et fort son amour de la new-wave et de la pop-song. Au moins tenons-nous là un disque risqué, qui se démarque nettement de ses prédécesseurs. Contraint d’évoluer pour ne pas dépérir, le groupe n’a pas esquivé ce défi, et cela force le respect.

Le problème est que l’ensemble ne tient pas vraiment la route. Korn retombe dans le patchwork, comme il avait pu le faire sur “Follow The Leader“, avec une série de morceaux sans cohérence, sans unité. La deuxième moitié de l’album est emblématique de ce défaut et l’auditeur décroche immanquablement passé le sixième ou septième titre; ce manque de cohérence se retrouve même dans la construction de certains morceaux dont les différentes parties ne fonctionnent pas ensemble (“Liar“, “Open Up”). Bref, ce disque laisse tout même transparaître les failles d’un groupe qui revendique des sources d’inspiration nouvelles sans tourner le dos à son passé (quoique…), mais tatonne encore sur le dosage des ingrédients.

A en juger par ce “See You On The Other Side“, Korn hésite et ne convainc pas vraiment; cet album est celui d’un groupe vivant, mais égaré. Sauront-il se reprendre? Au vu des turbulences qu’ils traversent depuis deux ans (départ de Head, pause d’au moins un an de David Silveria), rien n’est moins sûr.

Metallica : MetallicaL’album parfait n’existe pas, c’est une évidence. 12012 n’en est cependant pas passé loin en cette année 1991, en donnant naissance à ce qui est aujourd’hui encore l’un des disques les plus fédérateurs de l’histoire du métal. Notez que je ne parle pas de fédérateur à la manière d’un “De Mysteriis dom Sathanas“, qui rassemble tous les amateurs de black mais reste imperméable à ceux que ce style rebute; non plus la manière d’un “Reign in Blood“, acclamé par les métalleux en tous genres mais qui fait fuir les non-initiés à la violence thrash. Non, il s’agit ici de fédérateur au sens massif du terme; le “Black Album” attire à lui, depuis quinze ans, les métalleux de tous poils, les rockers, les ados en manque de ballade langoureuse, et fait même l’unanimité chez les publics les moins réceptifs aux grosses guitares (même les journalistes qui tiennent la rubrique musique de Télérama reconnaissent le génie de ce disque, c’est dire!). 12012 a accouché de l’album qui jette un pont entre la scène métal et le grand public, et a vu bon nombre de ses fans lui tourner le dos pour cela. Personnellement, je ne crois pas à l’équation “underground = qualité”, et j’estime que si l’on se consacre à la musique, c’est pour que celle-ce soit entendue par le plus grand nombre possible; et dans ce domaine, aucun disque de métal n’a frappé aussi fort que celui-ci.

Les qualités du “Black Album” sont innombrables. Aucun morceau n’est à jeter, ce qui n’est jamais arrivé au groupe dès lors que ses albums dépassaient les huit compositions. Sur ces douze tueries, on trouvera forcément quelque chose à se mettre sous la dent quels que soient ses goûts musicaux; gros métal qui tache (“Sad But True“, “Don’t Tread On Me”, “The God That Failed”), thrash rapide et enervé (“The Struggle Within”, “Holier Than Thou“, “Through The Never”), hymnes heavy en puissance (“Enter Sandman“, “Wherever I May Roam“, le monstrueux “Of Wolf and Man”), moments de calme (“The Unforgiven“, “Nothing Else Matters“) et même un morceau brillant, ambiancé et prenant (“My Friend of Misery“).

L’interprétation est sans faille, les guitares lourdes à souhait, les soli lumineux, comme on est en droit d’attendre de la part de ce duo de génie que forment messieurs Hammet et Hetfield. Évidemment, la basse est en retrait, mais ce sera toujours le cas tant que Jason Newsted jouera avec ses trois compères, lesquels ne l’ont jamais vraiment mis en valeur. Lars Ulrich, s’il n’est pas un batteur surdoué, donne une assise rythmique de qualité à défaut d’être étincelante. Derrière la console, Bob Rock, qui collaborait pour la première fois avec le groupe, a doté les musiciens d’un son à la fois lourd et chaud, qui tranche avec la production rêche qui massacrait “…And Justice for All” et se révèle tout à fait adapté à ces douze perles noires.

Ajoutons que la pochette, d’une sobriété presque excessive (les musiciens de Spinal Tap ne l’avaient-ils pas refusée?), s’est révélée un coup de maître sur le plan marketing, et l’on comprendra aisément que ce disque à tout de la référence absolue.

Album emblématique par excellence, qui signa à la fois l’explosion commerciale et médiatique de 12012 et le début de la longue traversée du désert dont le groupe cherche encore à sortir, ce “Black Album” est un incontournable, une oeuvre qui a marqué au fer rouge -noir plutôt- les années 90 et permis de porter le métal à la multitude. Chapeau bas, messieurs!

Metallica : Metallica

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Metallica : MetallicaL’album parfait n’existe pas, c’est une évidence. 12012 n’en est cependant pas passé loin en cette année 1991, en donnant naissance à ce qui est aujourd’hui encore l’un des disques les plus fédérateurs de l’histoire du métal. Notez que je ne parle pas de fédérateur à la manière d’un “De Mysteriis dom Sathanas“, qui rassemble tous les amateurs de black mais reste imperméable à ceux que ce style rebute; non plus la manière d’un “Reign in Blood“, acclamé par les métalleux en tous genres mais qui fait fuir les non-initiés à la violence thrash. Non, il s’agit ici de fédérateur au sens massif du terme; le “Black Album” attire à lui, depuis quinze ans, les métalleux de tous poils, les rockers, les ados en manque de ballade langoureuse, et fait même l’unanimité chez les publics les moins réceptifs aux grosses guitares (même les journalistes qui tiennent la rubrique musique de Télérama reconnaissent le génie de ce disque, c’est dire!). 12012 a accouché de l’album qui jette un pont entre la scène métal et le grand public, et a vu bon nombre de ses fans lui tourner le dos pour cela. Personnellement, je ne crois pas à l’équation “underground = qualité”, et j’estime que si l’on se consacre à la musique, c’est pour que celle-ce soit entendue par le plus grand nombre possible; et dans ce domaine, aucun disque de métal n’a frappé aussi fort que celui-ci.

Les qualités du “Black Album” sont innombrables. Aucun morceau n’est à jeter, ce qui n’est jamais arrivé au groupe dès lors que ses albums dépassaient les huit compositions. Sur ces douze tueries, on trouvera forcément quelque chose à se mettre sous la dent quels que soient ses goûts musicaux; gros métal qui tache (“Sad But True“, “Don’t Tread On Me”, “The God That Failed”), thrash rapide et enervé (“The Struggle Within”, “Holier Than Thou“, “Through The Never”), hymnes heavy en puissance (“Enter Sandman“, “Wherever I May Roam“, le monstrueux “Of Wolf and Man”), moments de calme (“The Unforgiven“, “Nothing Else Matters“) et même un morceau brillant, ambiancé et prenant (“My Friend of Misery“).

L’interprétation est sans faille, les guitares lourdes à souhait, les soli lumineux, comme on est en droit d’attendre de la part de ce duo de génie que forment messieurs Hammet et Hetfield. Évidemment, la basse est en retrait, mais ce sera toujours le cas tant que Jason Newsted jouera avec ses trois compères, lesquels ne l’ont jamais vraiment mis en valeur. Lars Ulrich, s’il n’est pas un batteur surdoué, donne une assise rythmique de qualité à défaut d’être étincelante. Derrière la console, Bob Rock, qui collaborait pour la première fois avec le groupe, a doté les musiciens d’un son à la fois lourd et chaud, qui tranche avec la production rêche qui massacrait “…And Justice for All” et se révèle tout à fait adapté à ces douze perles noires.

Ajoutons que la pochette, d’une sobriété presque excessive (les musiciens de Spinal Tap ne l’avaient-ils pas refusée?), s’est révélée un coup de maître sur le plan marketing, et l’on comprendra aisément que ce disque à tout de la référence absolue.

Album emblématique par excellence, qui signa à la fois l’explosion commerciale et médiatique de 12012 et le début de la longue traversée du désert dont le groupe cherche encore à sortir, ce “Black Album” est un incontournable, une oeuvre qui a marqué au fer rouge -noir plutôt- les années 90 et permis de porter le métal à la multitude. Chapeau bas, messieurs!

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