Korn : Take a Look in the MirrorAujourd’hui, le thème de notre leçon sera “La panne d’inspiration, ou comment faire croire à vos fans que vous avez encore quelque chose à dire quand vous préfèreriez prendre votre retraite”.

En cette année 2003, Korn a accompli à peu près tout ce dont un groupe de métal peut rêver. Le groupe a touché un public exigeant avec ses deux premiers albums, a atteint le sommet des ventes avec “Follow the Leader“, a montré sa face sombre et mélodique avec le splendide “Issues“, et a même exploré des contrées inattendues avec l’expérimental (et abouti) “Untouchables“. Comme pour tout groupe parvenu au faîte de sa gloire, la question du trou d’air se pose: que faire lorsqu’on a tout fait? De quoi rêver, que désirer lorsqu’on a presque tout? Et surtout, que proposer de nouveau à son public lorsqu’on a exploré toutes les facettes de sa musique?

A ces interrogations, Korn répond de la façon la plus désagréable qui soit. Non, aucun membre n’a les épaules d’un Steve Harris, capable de réinventer Iron Maiden après plus de vingt ans de carrière; en fait, Korn n’est même pas capable de suivre le chemin qu’avait emprunté Metallica avec “Load”, c’est-à-dire de se remettre en question à défaut de proposer un album transcendant. Alors que les fans et les critiques attendent le chef-d’oeuvre qu’aurait pu annoncer “Untouchables“, les musiciens de Korn sortent “Take a Look in the Mirror“,un disque à la fois passéiste et indigne de ce glorieux passé. Au moins le groupe a-t-il le mérite de la franChise; tout dans la présentation de cet album, du titre au livret en passant par l’impression du cd, annonce la couleur: “Take…” est placé sous le signe du retour aux racines, de l’abus des formules qui ont fait le succès phénoménal des cinq de Bakersfield.

Le morceau d’ouverture, le puissant “Right Now“, fait illusion grâce à ses grognements très typés death-métal, surprenants chez les parrains du néo. Malheureusement, ce sera la seule surprise de cette galette. Le reste n’est qu’un assemblage bancal de morceaux faciles (“Let’s Do This Now”, “Deep Inside”, “Alive”, “I’m Done”), voire carrément insupportables lorsque Korn donne dans le clin d’oeil appuyé à son passé (“Play Me” avec le rappeur Nas, grotesque ersatz d’Ice Cube qui lorgne vers “Children Of The Korn” sans jamais arriver à la cheville de ce morceau). Et quand déboule “Y’All Want a Single“, c’est carrément la nausée qui s’empare de l’auditeur: débile, musicalement risible et thématiquement grotesque avec son pseudo-message de rebellion à deux francs, on tient peut-être ici le pire titre jamais enregistré par le groupe.

En fait, ce disque sent l’opération bouche-trou à plein nez. Le seul titre qui retient l’attention est le très bon “Did My Time“, sorti quelques temps plus tôt sur la B.O. de “Tomb Raider. La ficelle qui consiste à attirer le chaland avec un morceau bien ficelé, paru depuis quelques semaines, afin de lui refourguer quarante minutes de remplissage est un peu grosse, et carrément inacceptable de la part d’un groupe qui se vantait dix ans plus tôt de la proximité qu’il entretenait avec ses fans. On se retrouve donc avec un disque reposant sur des recettes éculées, certes efficaces (“Counting On Me” et “Everything I’ve Known” fonctionnent bien) mais à des années-lumières des espoirs qu’avait fait naître “Untouchables“. Korn se repose sur ses acquis sans jamais chercher l’originalité, et l’absence totale de prise de risque et d’innovation finit par lasser même le fan le plus dévoué.

Take a Look in the Mirror” est sans doute le contrepoint de toute la carrière de ses géniteurs. En 1994, cinq musiciens ont pris tout le monde de court en inventant un style qui allait connaître par la suite un succès aussi fulgurant en termes de ventes que de durée; alors qu’une génération de jeunes un peu paumés s’engouffraient dans la brêche, Korn était toujours parvenu à avoir une longueur d’avance sur ses suiveurs, à être là où on ne l’attendait pas. Cet album, au contraire, sonne comme un aveu d’échec, d’absence totale d’inspiration camouflée sous des morceaux qui deviennent putassiers à force de rechercher l’efficacité facile. Quand on a tant aimé un groupe, ça fend le coeur de le voir tomber si bas…

Korn : MTV UnpluggedCe message est adressé aux membres de l’entité musicale moribonde encore nommée Korn:

STOP! Pitié! Arrêtez!

Arrêtez de ternir un passé plus qu’honorable! Cessez de sortir des albums destinés à payer vos prochains tour-bus de luxe! A défaut de retrouver l’inspiration et l’originalité de vos débuts, ayez au moins le bon goût de ne pas massacrer à la hache ce pourquoi vous étiez respectés et admirés!

Faisons court, cet “Unplugged” ne méritant même pas qu’on s’y attarde plus de dix minutes. Oui, il s’agit d’un autre disque accoustique enregistré par MTV, une formule dont la chaîne use et abuse depuis le formidable succès commercial et artistique qu’a été celui de Nirvana; mais non, Korn n’a pas le talent mélodique des augustes inaugurateurs de cet exercice, et non, aucun, mais alors AUCUN morceau du groupe ne supporte la privation d’électricité. C’est bien simple, dès les premières mesures de “Blind“, on sent bien que nous allons assister à un carnage, dans le mauvais sens du terme.

Le passage à l’accoustique vide la musique de Korn de cette énergie viscérale qui faisait son génie; et en l’absence de cette fougue, il ne reste ici que des squelettes de morceaux qui vont du médiocre (“Falling Away from Me“, “Hollow Life”) à l’abominable. Je souhaite très sincèrement aux fans de la première heure de ne jamais avoir à écouter l’horreur sans nom qu’est la version de “Coming Undone” présentée ici, ridiculisée par des lignes de violoncelles pathétiques et tout simplement inaudible. John Davis a sans doute un chant très particulier, qui en fait en vocaliste unique en son genre, mais qui n’est absolument pas adapté à ce genre de concerts: nasillard et sans puissance, il ne parvient en aucune manière à sauver ce disque minable et grotesque du naufrage.

C’est bien simple, je suis resté interdit à l’écoute de cet album dépourvu de toute passion, qui n’est qu’une collection de chansons ravagées par des arrangements sans doute composés par une classe d’autistes ou de footballeurs (comment ça, c’est la même chose? Ouah, l’autre, comment il a l’esprit mal tourné…) qu’on initiait à la musique atonale. Il m’a rarement été donné d’écouter un disque aussi triste, aussi pathétique, aussi creux… Rien, absolument rien n’est à sauver, même pas la reprise de “Creep” de Radiohead (quelle prise de risque dans le choix du morceau!) ni l’intervention de Robert Smith (Cure).

Messieurs, au nom de ce que nous avons partagé un jour, mourez en paix, mais ayez la décence de nous épargner vos dernières convulsions musicales. S’il-vous-plaît…

Korn : MTV Unplugged

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Korn : MTV UnpluggedCe message est adressé aux membres de l’entité musicale moribonde encore nommée Korn:

STOP! Pitié! Arrêtez!

Arrêtez de ternir un passé plus qu’honorable! Cessez de sortir des albums destinés à payer vos prochains tour-bus de luxe! A défaut de retrouver l’inspiration et l’originalité de vos débuts, ayez au moins le bon goût de ne pas massacrer à la hache ce pourquoi vous étiez respectés et admirés!

Faisons court, cet “Unplugged” ne méritant même pas qu’on s’y attarde plus de dix minutes. Oui, il s’agit d’un autre disque accoustique enregistré par MTV, une formule dont la chaîne use et abuse depuis le formidable succès commercial et artistique qu’a été celui de Nirvana; mais non, Korn n’a pas le talent mélodique des augustes inaugurateurs de cet exercice, et non, aucun, mais alors AUCUN morceau du groupe ne supporte la privation d’électricité. C’est bien simple, dès les premières mesures de “Blind“, on sent bien que nous allons assister à un carnage, dans le mauvais sens du terme.

Le passage à l’accoustique vide la musique de Korn de cette énergie viscérale qui faisait son génie; et en l’absence de cette fougue, il ne reste ici que des squelettes de morceaux qui vont du médiocre (“Falling Away From Me“, “Hollow Life”) à l’abominable. Je souhaite très sincèrement aux fans de la première heure de ne jamais avoir à écouter l’horreur sans nom qu’est la version de “Coming Undone” présentée ici, ridiculisée par des lignes de violoncelles pathétiques et tout simplement inaudible. John Davis a sans doute un chant très particulier, qui en fait en vocaliste unique en son genre, mais qui n’est absolument pas adapté à ce genre de concerts: nasillard et sans puissance, il ne parvient en aucune manière à sauver ce disque minable et grotesque du naufrage.

C’est bien simple, je suis resté interdit à l’écoute de cet album dépourvu de toute passion, qui n’est qu’une collection de chansons ravagées par des arrangements sans doute composés par une classe d’autistes ou de footballeurs (comment ça, c’est la même chose? Ouah, l’autre, comment il a l’esprit mal tourné…) qu’on initiait à la musique atonale. Il m’a rarement été donné d’écouter un disque aussi triste, aussi pathétique, aussi creux… Rien, absolument rien n’est à sauver, même pas la reprise de “Creep” de Radiohead (quelle prise de risque dans le choix du morceau!) ni l’intervention de Robert Smith (Cure).

Messieurs, au nom de ce que nous avons partagé un jour, mourez en paix, mais ayez la décence de nous épargner vos dernières convulsions musicales. S’il-vous-plaît…

Korn : Take a Look in the MirrorAujourd’hui, le thème de notre leçon sera “La panne d’inspiration, ou comment faire croire à vos fans que vous avez encore quelque chose à dire quand vous préfèreriez prendre votre retraite”.

En cette année 2003, Korn a accompli à peu près tout ce dont un groupe de métal peut rêver. Le groupe a touché un public exigeant avec ses deux premiers albums, a atteint le sommet des ventes avec “Follow The Leader“, a montré sa face sombre et mélodique avec le splendide “Issues“, et a même exploré des contrées inattendues avec l’expérimental (et abouti) “Untouchables“. Comme pour tout groupe parvenu au faîte de sa gloire, la question du trou d’air se pose: que faire lorsqu’on a tout fait? De quoi rêver, que désirer lorsqu’on a presque tout? Et surtout, que proposer de nouveau à son public lorsqu’on a exploré toutes les facettes de sa musique?

A ces interrogations, Korn répond de la façon la plus désagréable qui soit. Non, aucun membre n’a les épaules d’un Steve Harris, capable de réinventer Iron Maiden après plus de vingt ans de carrière; en fait, Korn n’est même pas capable de suivre le chemin qu’avait emprunté Metallica avec “Load”, c’est-à-dire de se remettre en question à défaut de proposer un album transcendant. Alors que les fans et les critiques attendent le chef-d’oeuvre qu’aurait pu annoncer “Untouchables“, les musiciens de Korn sortent “Take a Look in the Mirror“,un disque à la fois passéiste et indigne de ce glorieux passé. Au moins le groupe a-t-il le mérite de la franChise; tout dans la présentation de cet album, du titre au livret en passant par l’impression du cd, annonce la couleur: “Take…” est placé sous le signe du retour aux racines, de l’abus des formules qui ont fait le succès phénoménal des cinq de Bakersfield.

Le morceau d’ouverture, le puissant “Right Now“, fait illusion grâce à ses grognements très typés death-métal, surprenants chez les parrains du néo. Malheureusement, ce sera la seule surprise de cette galette. Le reste n’est qu’un assemblage bancal de morceaux faciles (“Let’s Do This Now”, “Deep Inside”, “Alive”, “I’m Done”), voire carrément insupportables lorsque Korn donne dans le clin d’oeil appuyé à son passé (“Play Me” avec le rappeur Nas, grotesque ersatz d’Ice Cube qui lorgne vers “Children Of The Korn” sans jamais arriver à la cheville de ce morceau). Et quand déboule “Y’All Want A Single“, c’est carrément la nausée qui s’empare de l’auditeur: débile, musicalement risible et thématiquement grotesque avec son pseudo-message de rebellion à deux francs, on tient peut-être ici le pire titre jamais enregistré par le groupe.

En fait, ce disque sent l’opération bouche-trou à plein nez. Le seul titre qui retient l’attention est le très bon “Did My Time“, sorti quelques temps plus tôt sur la B.O. de “Tomb Raider. La ficelle qui consiste à attirer le chaland avec un morceau bien ficelé, paru depuis quelques semaines, afin de lui refourguer quarante minutes de remplissage est un peu grosse, et carrément inacceptable de la part d’un groupe qui se vantait dix ans plus tôt de la proximité qu’il entretenait avec ses fans. On se retrouve donc avec un disque reposant sur des recettes éculées, certes efficaces (“Counting On Me” et “Everything I’ve Known” fonctionnent bien) mais à des années-lumières des espoirs qu’avait fait naître “Untouchables“. Korn se repose sur ses acquis sans jamais chercher l’originalité, et l’absence totale de prise de risque et d’innovation finit par lasser même le fan le plus dévoué.

Take a Look in the Mirror” est sans doute le contrepoint de toute la carrière de ses géniteurs. En 1994, cinq musiciens ont pris tout le monde de court en inventant un style qui allait connaître par la suite un succès aussi fulgurant en termes de ventes que de durée; alors qu’une génération de jeunes un peu paumés s’engouffraient dans la brêche, Korn était toujours parvenu à avoir une longueur d’avance sur ses suiveurs, à être là où on ne l’attendait pas. Cet album, au contraire, sonne comme un aveu d’échec, d’absence totale d’inspiration camouflée sous des morceaux qui deviennent putassiers à force de rechercher l’efficacité facile. Quand on a tant aimé un groupe, ça fend le coeur de le voir tomber si bas…

Korn : MTV Unplugged

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Korn : MTV UnpluggedCe message est adressé aux membres de l’entité musicale moribonde encore nommée Korn:

STOP! Pitié! Arrêtez!

Arrêtez de ternir un passé plus qu’honorable! Cessez de sortir des albums destinés à payer vos prochains tour-bus de luxe! A défaut de retrouver l’inspiration et l’originalité de vos débuts, ayez au moins le bon goût de ne pas massacrer à la hache ce pourquoi vous étiez respectés et admirés!

Faisons court, cet “Unplugged” ne méritant même pas qu’on s’y attarde plus de dix minutes. Oui, il s’agit d’un autre disque accoustique enregistré par MTV, une formule dont la chaîne use et abuse depuis le formidable succès commercial et artistique qu’a été celui de Nirvana; mais non, Korn n’a pas le talent mélodique des augustes inaugurateurs de cet exercice, et non, aucun, mais alors AUCUN morceau du groupe ne supporte la privation d’électricité. C’est bien simple, dès les premières mesures de “Blind“, on sent bien que nous allons assister à un carnage, dans le mauvais sens du terme.

Le passage à l’accoustique vide la musique de Korn de cette énergie viscérale qui faisait son génie; et en l’absence de cette fougue, il ne reste ici que des squelettes de morceaux qui vont du médiocre (“Falling Away From Me“, “Hollow Life”) à l’abominable. Je souhaite très sincèrement aux fans de la première heure de ne jamais avoir à écouter l’horreur sans nom qu’est la version de “Coming Undone” présentée ici, ridiculisée par des lignes de violoncelles pathétiques et tout simplement inaudible. John Davis a sans doute un chant très particulier, qui en fait en vocaliste unique en son genre, mais qui n’est absolument pas adapté à ce genre de concerts: nasillard et sans puissance, il ne parvient en aucune manière à sauver ce disque minable et grotesque du naufrage.

C’est bien simple, je suis resté interdit à l’écoute de cet album dépourvu de toute passion, qui n’est qu’une collection de chansons ravagées par des arrangements sans doute composés par une classe d’autistes ou de footballeurs (comment ça, c’est la même chose? Ouah, l’autre, comment il a l’esprit mal tourné…) qu’on initiait à la musique atonale. Il m’a rarement été donné d’écouter un disque aussi triste, aussi pathétique, aussi creux… Rien, absolument rien n’est à sauver, même pas la reprise de “Creep” de Radiohead (quelle prise de risque dans le choix du morceau!) ni l’intervention de Robert Smith (Cure).

Messieurs, au nom de ce que nous avons partagé un jour, mourez en paix, mais ayez la décence de nous épargner vos dernières convulsions musicales. S’il-vous-plaît…

Korn : Take a Look in the MirrorAujourd’hui, le thème de notre leçon sera “La panne d’inspiration, ou comment faire croire à vos fans que vous avez encore quelque chose à dire quand vous préfèreriez prendre votre retraite”.

En cette année 2003, Korn a accompli à peu près tout ce dont un groupe de métal peut rêver. Le groupe a touché un public exigeant avec ses deux premiers albums, a atteint le sommet des ventes avec “Follow The Leader“, a montré sa face sombre et mélodique avec le splendide “Issues“, et a même exploré des contrées inattendues avec l’expérimental (et abouti) “Untouchables“. Comme pour tout groupe parvenu au faîte de sa gloire, la question du trou d’air se pose: que faire lorsqu’on a tout fait? De quoi rêver, que désirer lorsqu’on a presque tout? Et surtout, que proposer de nouveau à son public lorsqu’on a exploré toutes les facettes de sa musique?

A ces interrogations, Korn répond de la façon la plus désagréable qui soit. Non, aucun membre n’a les épaules d’un Steve Harris, capable de réinventer Iron Maiden après plus de vingt ans de carrière; en fait, Korn n’est même pas capable de suivre le chemin qu’avait emprunté Metallica avec “Load”, c’est-à-dire de se remettre en question à défaut de proposer un album transcendant. Alors que les fans et les critiques attendent le chef-d’oeuvre qu’aurait pu annoncer “Untouchables“, les musiciens de Korn sortent “Take a Look in the Mirror“,un disque à la fois passéiste et indigne de ce glorieux passé. Au moins le groupe a-t-il le mérite de la franChise; tout dans la présentation de cet album, du titre au livret en passant par l’impression du cd, annonce la couleur: “Take…” est placé sous le signe du retour aux racines, de l’abus des formules qui ont fait le succès phénoménal des cinq de Bakersfield.

Le morceau d’ouverture, le puissant “Right Now“, fait illusion grâce à ses grognements très typés death-métal, surprenants chez les parrains du néo. Malheureusement, ce sera la seule surprise de cette galette. Le reste n’est qu’un assemblage bancal de morceaux faciles (“Let’s Do This Now”, “Deep Inside”, “Alive”, “I’m Done”), voire carrément insupportables lorsque Korn donne dans le clin d’oeil appuyé à son passé (“Play Me” avec le rappeur Nas, grotesque ersatz d’Ice Cube qui lorgne vers “Children Of The Korn” sans jamais arriver à la cheville de ce morceau). Et quand déboule “Y’All Want A Single“, c’est carrément la nausée qui s’empare de l’auditeur: débile, musicalement risible et thématiquement grotesque avec son pseudo-message de rebellion à deux francs, on tient peut-être ici le pire titre jamais enregistré par le groupe.

En fait, ce disque sent l’opération bouche-trou à plein nez. Le seul titre qui retient l’attention est le très bon “Did My Time“, sorti quelques temps plus tôt sur la B.O. de “Tomb Raider. La ficelle qui consiste à attirer le chaland avec un morceau bien ficelé, paru depuis quelques semaines, afin de lui refourguer quarante minutes de remplissage est un peu grosse, et carrément inacceptable de la part d’un groupe qui se vantait dix ans plus tôt de la proximité qu’il entretenait avec ses fans. On se retrouve donc avec un disque reposant sur des recettes éculées, certes efficaces (“Counting On Me” et “Everything I’ve Known” fonctionnent bien) mais à des années-lumières des espoirs qu’avait fait naître “Untouchables“. Korn se repose sur ses acquis sans jamais chercher l’originalité, et l’absence totale de prise de risque et d’innovation finit par lasser même le fan le plus dévoué.

Take a Look in the Mirror” est sans doute le contrepoint de toute la carrière de ses géniteurs. En 1994, cinq musiciens ont pris tout le monde de court en inventant un style qui allait connaître par la suite un succès aussi fulgurant en termes de ventes que de durée; alors qu’une génération de jeunes un peu paumés s’engouffraient dans la brêche, Korn était toujours parvenu à avoir une longueur d’avance sur ses suiveurs, à être là où on ne l’attendait pas. Cet album, au contraire, sonne comme un aveu d’échec, d’absence totale d’inspiration camouflée sous des morceaux qui deviennent putassiers à force de rechercher l’efficacité facile. Quand on a tant aimé un groupe, ça fend le coeur de le voir tomber si bas…

Korn : MTV Unplugged

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Korn : MTV UnpluggedCe message est adressé aux membres de l’entité musicale moribonde encore nommée Korn:

STOP! Pitié! Arrêtez!

Arrêtez de ternir un passé plus qu’honorable! Cessez de sortir des albums destinés à payer vos prochains tour-bus de luxe! A défaut de retrouver l’inspiration et l’originalité de vos débuts, ayez au moins le bon goût de ne pas massacrer à la hache ce pourquoi vous étiez respectés et admirés!

Faisons court, cet “Unplugged” ne méritant même pas qu’on s’y attarde plus de dix minutes. Oui, il s’agit d’un autre disque accoustique enregistré par MTV, une formule dont la chaîne use et abuse depuis le formidable succès commercial et artistique qu’a été celui de Nirvana; mais non, Korn n’a pas le talent mélodique des augustes inaugurateurs de cet exercice, et non, aucun, mais alors AUCUN morceau du groupe ne supporte la privation d’électricité. C’est bien simple, dès les premières mesures de “Blind“, on sent bien que nous allons assister à un carnage, dans le mauvais sens du terme.

Le passage à l’accoustique vide la musique de Korn de cette énergie viscérale qui faisait son génie; et en l’absence de cette fougue, il ne reste ici que des squelettes de morceaux qui vont du médiocre (“Falling Away From Me“, “Hollow Life”) à l’abominable. Je souhaite très sincèrement aux fans de la première heure de ne jamais avoir à écouter l’horreur sans nom qu’est la version de “Coming Undone” présentée ici, ridiculisée par des lignes de violoncelles pathétiques et tout simplement inaudible. John Davis a sans doute un chant très particulier, qui en fait en vocaliste unique en son genre, mais qui n’est absolument pas adapté à ce genre de concerts: nasillard et sans puissance, il ne parvient en aucune manière à sauver ce disque minable et grotesque du naufrage.

C’est bien simple, je suis resté interdit à l’écoute de cet album dépourvu de toute passion, qui n’est qu’une collection de chansons ravagées par des arrangements sans doute composés par une classe d’autistes ou de footballeurs (comment ça, c’est la même chose? Ouah, l’autre, comment il a l’esprit mal tourné…) qu’on initiait à la musique atonale. Il m’a rarement été donné d’écouter un disque aussi triste, aussi pathétique, aussi creux… Rien, absolument rien n’est à sauver, même pas la reprise de “Creep” de Radiohead (quelle prise de risque dans le choix du morceau!) ni l’intervention de Robert Smith (Cure).

Messieurs, au nom de ce que nous avons partagé un jour, mourez en paix, mais ayez la décence de nous épargner vos dernières convulsions musicales. S’il-vous-plaît…

Metallica : Live Shit : Binge and PurgeÉnorme? Vous avez dit énorme? Vous n’y êtes pas. Gigantesque? On s’approche. Gargantuesque? Ok, on garde.

Et oui, les mots nous manquent et la langue française semble se dérober sous nos pieds lorsque vient le moment de décrire ce coffret culte, témoignage d’une époque malheureusement révolue où les Four Horsemen écrasaient toute la concurrence sous leurs bottes de routiers et éclaboussaient le monde de la musique, métal ou non, de leur classe et de leur génie.

Rappelez-vous. En 1992, Metallica est au sommet de sa gloire et de son art. Le groupe vient de sortir son plus gros succès commercial, le “Black Album”, et se lance dans une tournée marathon qui durera plusieurs années et n’épargnera aucun pays du globe, ou presque. Il fallait immortaliser cette faste période, ce que fait ce “Live Shit”, et avec la manière s’il-vous-plaît!

Au menu, trois cds piochant dans deux concerts donnés à Mexico en 1993, pour plus de deux heures et demi de fureur; un dvd de cette tournée reprenant le même principe avec des titres issus de deux concerts donnés à San Diego en 1992; et, cerise sur le gâteau, un dvd retranscrivant l’intégralité d’un concert livré à Seattle en 1989 sur la tournée de “…And Justice for All“. Jamais Metallica n’a proposé à ses fans un témoignage aussi exhaustif de leurs performances Live, et jamais le groupe n’a aussi bien dominé son sujet.

Évidemment, la set-list tient de la folie pure, et l’exécution de la démonstration technique. A défaut de pouvoir tout décrire ici, on retiendra quelques moments de grâce: l’enchaînement “Creeping Death“/”Harvester of Sorrow“/”Welcome Home (Sanitarium)”, placé en début de concert, et qui assomme littéralement la foule; un “For Whom the Bell Tolls” d’anthologie sur le dvd de San Diego, sur lequel Kirk Hammett fait des étincelles; et le monstrueux “Blackened” qui ouvre le dvd de Seattle. Et peu importe que les titres de “.…And Justice for All” soient toujours proposés sous la forme de cet agaçant medley, puisque l’on peut les retrouver dans leur intégralité sur une des galettes!

Ajoutons que les visuels sont très soignées, que ce soit sur la tournée “Justice” avec ces ruines qui ornent la scène, ou sur celle du “Black Album” avec ces multiples plateaux qui permettent au groupe de se déplacer dans une salle remplie à 360°; que la réalisation est dynamique à souhait et que l’ambiance est tout simplement indescriptible, et vous comprendrez aisément que ce “Live Shit” fait plus que remplir ses promesses, il comble le fan au-delà des espérances.

Il est tout bonnement inenvisageable qu’il existe encore un métalleux appréciant soit Metallica, soit les Live de grande qualité qui n’ait pas encore écouté, vu et dégusté ce coffret en long, en large et en travers. Achetez-le, gravez-le ou volez-le à votre grand frère, mais surtout ne passez pas à côté de ces moments de grandeur assaisonnés au talent pur. Gigantesque, excessif, grandiose… Gargantuesque, on vous dit!

Metallica : Live Shit: Binge and PurgeÉnorme? Vous avez dit énorme? Vous n’y êtes pas. Gigantesque? On s’approche. Gargantuesque? Ok, on garde.

Et oui, les mots nous manquent et la langue française semble se dérober sous nos pieds lorsque vient le moment de décrire ce coffret culte, témoignage d’une époque malheureusement révolue où les Four Horsemen écrasaient toute la concurrence sous leurs bottes de routiers et éclaboussaient le monde de la musique, métal ou non, de leur classe et de leur génie.

Rappelez-vous. En 1992, Metallica est au sommet de sa gloire et de son art. Le groupe vient de sortir son plus gros succès commercial, le “Black Album”, et se lance dans une tournée marathon qui durera plusieurs années et n’épargnera aucun pays du globe, ou presque. Il fallait immortaliser cette faste période, ce que fait ce “Live Shit”, et avec la manière s’il-vous-plaît!

Au menu, trois cds piochant dans deux concerts donnés à Mexico en 1993, pour plus de deux heures et demi de fureur; un dvd de cette tournée reprenant le même principe avec des titres issus de deux concerts donnés à San Diego en 1992; et, cerise sur le gâteau, un dvd retranscrivant l’intégralité d’un concert livré à Seattle en 1989 sur la tournée de “…And Justice for All“. Jamais Metallica n’a proposé à ses fans un témoignage aussi exhaustif de leurs performances Live, et jamais le groupe n’a aussi bien dominé son sujet.

Évidemment, la set-list tient de la folie pure, et l’exécution de la démonstration technique. A défaut de pouvoir tout décrire ici, on retiendra quelques moments de grâce: l’enchaînement “Creeping Death“/”Harvester of Sorrow“/”Welcome Home (Sanitarium)”, placé en début de concert, et qui assomme littéralement la foule; un “For Whom the Bell Tolls” d’anthologie sur le dvd de San Diego, sur lequel Kirk Hammett fait des étincelles; et le monstrueux “Blackened” qui ouvre le dvd de Seattle. Et peu importe que les titres de “.…And Justice for All” soient toujours proposés sous la forme de cet agaçant medley, puisque l’on peut les retrouver dans leur intégralité sur une des galettes!

Ajoutons que les visuels sont très soignées, que ce soit sur la tournée “Justice” avec ces ruines qui ornent la scène, ou sur celle du “Black Album” avec ces multiples plateaux qui permettent au groupe de se déplacer dans une salle remplie à 360°; que la réalisation est dynamique à souhait et que l’ambiance est tout simplement indescriptible, et vous comprendrez aisément que ce “Live Shit” fait plus que remplir ses promesses, il comble le fan au-delà des espérances.

Il est tout bonnement inenvisageable qu’il existe encore un métalleux appréciant soit Metallica, soit les Live de grande qualité qui n’ait pas encore écouté, vu et dégusté ce coffret en long, en large et en travers. Achetez-le, gravez-le ou volez-le à votre grand frère, mais surtout ne passez pas à côté de ces moments de grandeur assaisonnés au talent pur. Gigantesque, excessif, grandiose… Gargantuesque, on vous dit!

Metallica : Live Shit: Binge and PurgeÉnorme? Vous avez dit énorme? Vous n’y êtes pas. Gigantesque? On s’approche. Gargantuesque? Ok, on garde.

Et oui, les mots nous manquent et la langue française semble se dérober sous nos pieds lorsque vient le moment de décrire ce coffret culte, témoignage d’une époque malheureusement révolue où les Four Horsemen écrasaient toute la concurrence sous leurs bottes de routiers et éclaboussaient le monde de la musique, métal ou non, de leur classe et de leur génie.

Rappelez-vous. En 1992, Metallica est au sommet de sa gloire et de son art. Le groupe vient de sortir son plus gros succès commercial, le “Black Album”, et se lance dans une tournée marathon qui durera plusieurs années et n’épargnera aucun pays du globe, ou presque. Il fallait immortaliser cette faste période, ce que fait ce “Live Shit”, et avec la manière s’il-vous-plaît!

Au menu, trois cds piochant dans deux concerts donnés à Mexico en 1993, pour plus de deux heures et demi de fureur; un dvd de cette tournée reprenant le même principe avec des titres issus de deux concerts donnés à San Diego en 1992; et, cerise sur le gâteau, un dvd retranscrivant l’intégralité d’un concert livré à Seattle en 1989 sur la tournée de “…And Justice for All“. Jamais Metallica n’a proposé à ses fans un témoignage aussi exhaustif de leurs performances Live, et jamais le groupe n’a aussi bien dominé son sujet.

Évidemment, la set-list tient de la folie pure, et l’exécution de la démonstration technique. A défaut de pouvoir tout décrire ici, on retiendra quelques moments de grâce: l’enchaînement “Creeping Death“/”Harvester of Sorrow“/”Welcome Home (Sanitarium)”, placé en début de concert, et qui assomme littéralement la foule; un “For Whom the Bell Tolls” d’anthologie sur le dvd de San Diego, sur lequel Kirk Hammett fait des étincelles; et le monstrueux “Blackened” qui ouvre le dvd de Seattle. Et peu importe que les titres de “.…And Justice for All” soient toujours proposés sous la forme de cet agaçant medley, puisque l’on peut les retrouver dans leur intégralité sur une des galettes!

Ajoutons que les visuels sont très soignées, que ce soit sur la tournée “Justice” avec ces ruines qui ornent la scène, ou sur celle du “Black Album” avec ces multiples plateaux qui permettent au groupe de se déplacer dans une salle remplie à 360°; que la réalisation est dynamique à souhait et que l’ambiance est tout simplement indescriptible, et vous comprendrez aisément que ce “Live Shit” fait plus que remplir ses promesses, il comble le fan au-delà des espérances.

Il est tout bonnement inenvisageable qu’il existe encore un métalleux appréciant soit Metallica, soit les Live de grande qualité qui n’ait pas encore écouté, vu et dégusté ce coffret en long, en large et en travers. Achetez-le, gravez-le ou volez-le à votre grand frère, mais surtout ne passez pas à côté de ces moments de grandeur assaisonnés au talent pur. Gigantesque, excessif, grandiose… Gargantuesque, on vous dit!

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