Stratovarius : Nemesis

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Stratovarius : NemesisL’année qui vient de s’écouler fût riche en événements pour Stratovarius. Outre le départ du batteur Jörg Michael, parti vaquer à d’autres occupations moins stressantes et plus passionnantes pour lui, l’enregistrement d’un album live et d’un DVD, les auditions pour retrouver un nouveau frappeur de fûts, le groupe s’est aussi attelé à l’enregistrement d’un nouvel opus, joliment intitulé Nemesis.

Après une œuvre aussi dantesque que celle qui a vu le jour précédemment dans la discographie de notre cher quintet scandinave, j’ai nommé Elysium, on ne pensait pas que le combo irait plus loin encore dans l’expérimentation musicale. Mais, l’arrivée de Rolf Pilve a quelque peu changé la donne et le son du groupe s’est modernisé de manière assez radicale. Bien que l’on puisse retrouver des ambiances similaires à celles présentes sur Polaris ou Elysium, Stratovarius a poussé plus loin l’utilisation de claviers qui, pour le coup, apportent tout au long du disque, une ambiance spatiale rafraîchissante. Par ailleurs, la structure même des morceaux n’a plus rien à voir avec l’époque Tolkki. Il n’y a qu’à écouter le titre qui ouvre l’album, le très bon « Abandoned ». L’esprit Polaris n’est pas très loin, mais l’introduction de cette compo est loin d’être habituelle chez Strato. La rythmique est surprenante de mimétisme avec celle de « Martyr Of The Free Word » d’Epica. Et ce changement de cap se vérifiera sur certaines des 10 autres chansons.

Il n’y a trop rien à dire sur « Unbreakable », premier single de Nemesis, si ce n’est que, comme vous avez pu le découvrir auparavant, il s’agit d’un titre catchy et pêchu, qui fera un carton sur scène, tout comme « Stand My Ground », vraiment surprenant…avec son début vraiment heavy. Du jamais entendu chez Stratovarius. Surtout le couplet, carrément thrashy…Jens et Matias s’en donnent à cœur joie lors de duels gratte/claviers magistraux. « Halcyon Days » n’est pas en reste, car ce titre est l’exemple même du nouveau visage musical de la formation des cinq compères. Le titre est la modernité incarnée avec ses passages électroniques. Parfois, on se croirait propulsé sur l’album Prophet Of The Last Eclipse de Luca Turilli. Il s’agit sans en douter de l’un des quatre meilleurs morceaux sur cette magnifique offrande. « Fantasy », quant à lui, est plus anecdotique, malgré ses mélodies que l’on retient dès la première écoute. Contrairement à ce que disait le groupe à propos de ce titre, il n’y a rien d’Abba-esque dedans, rassurez-vous. On est très loin des notes interprétées par Agnetha Fältskog et Anni-Frid Lyngstad. « Out Of The Fog » est plus sombre et plus directe que les compositions qui la précèdent. Des bruits de botte et des chœurs introduisent en beauté presque 7 minutes d’un metal presque typique du Stratovarius nouvelle génération, comportant, cependant des orchestrations moins habituelles et des passages aériens aux claviers. « Castles In The Air » est un mid-tempo intéressant musicalement, mais quelque peu dispensable. Le gros plus de ce titre réside dans les chœurs proches de ceux de l’Armée Rouge dans les ponts. A mettre de côté, malgré tout. L’intro de « Dragons » rappelle étrangement celles des chansons « Walking To My Own Song » et « Fight ! », respectivement gravées sur Elements Part 2 et Stratovarius. « Dragons » est un très bon morceau, dynamique et entraînant, clin d’œil à des tubes tels que « Legions Of The Twilight » ou « Paradise », comme on peut largement le constater dans les couplets. « One Must Fall », neuvième track, est d’une plaisante séduction. Il s’agit d’un morceau à tiroirs, car nombreux sont les changements de rythmes et d’ambiances. Une bombe certaine si elle est jouée sur scène.

Stratovarius ne serait pas Stratovarius si le groupe n’incluait pas une balade sur ces albums. C’est devenu une tradition pour notre quintet préféré. Sauf que, cette fois-ci, elle ne clôt pas son nouvel opus, telles que pouvaient le faire « When Moutains Fall », « A Drop In The Ocean » ou « Celestial Dream ». « If The Story Is Over » est une magnifique composition, peut-être la plus belle des balades du groupe, si l’on excepte « Forever ». On prend beaucoup de plaisir à se la repasser plusieurs fois d’affilée. Une réelle réussite. La rondelle se termine majestueusement par l’éponyme « Nemesis », un titre fort et progressif, parfaite conclusion pour montrer à ses fans que le combo, tel un phénix, a su renaître malgré les nombreuses séparations auxquelles il a dû faire face, le dernier en date étant, peut-être, pour lui le plus déchirant, Jörg Michael ayant été l’un des instigateurs du son Stratovarius durant la seconde partie des années 90.

En lisant ces lignes, vous l’aurez certainement deviné, Stratovarius va extrêmement surprendre et prendre aux tripes. Les nouveautés éparpillées tout au long du disque sont les fondements d’une nouvelle ère pour nos scandinaves. Une bien belle démonstration de ténacité et d’inspiration, issue de l’expérience de chacun des membres du groupe et des leçons tirées du passé. Stratovarius est désormais une formation soudée, au sein de laquelle la collaboration est de mise aujourd’hui, unissant le vécu des quarantenaires et la fougue des plus jeunes. Les influences de chaque musicien ont permis de réunir le meilleur et d’enregistrer ce qui s’avèrera être un futur monument dans le répertoire discographique des nordiques. Du beau travail qu’il me faut saluer humblement. Chapeau bas, messieurs !!

Jan (alias MetalAngel)



Nightwish : Imaginaerum

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Nightwish : ImaginaerumL’Enfance est une période de la Vie durant laquelle l’imagination n’a pas de limites et où règnent l’innocence et l’espoir, perdus au beau milieu d’un univers de magie et de rêves. La plupart des adultes ont oublié depuis longtemps cette magnifique contrée, se contentant aujourd’hui d’errer dans un monde gris, terne et sans saveur, où le « rien n’est possible » a définitivement remplacé l’existence d’un lieu peuplé de fées, licornes, gnomes, dragons et autres créatures fantastiques issues des dimensions parallèles et fertiles de la Conscience enfantine.

Obsédé par ce pays multicolore et étant lui-même un grand enfant, à en croire son adoration pour Mickey Mouse et compagnie ainsi que ses nombreux textes faisant référence à lui-même (« FantasMic », « Dead Boy’s Poem», « Bless the Child », « The Poet And The Pendulum ») et au thème du passage à l’âge adulte et de la perte de l’innocence que cela induit, Tuomas Holopainen, le claviériste et leader de la formation carélienne Nightwish, nous propose aujourd’hui de l’accompagner, lui et ses compères scandinaves, dans un périple à travers l’espace et le temps, odyssée qui nous mènera vers une destination parfaitement connue de nous tous et que nous avons choisie d’oublier, soi-disant pour évoluer et grandir…

Ce monde fabuleux, créé de toute pièce par le génie virtuose finlandais, nous est présenté sous forme d’un opus cOnceptuel, rythmé par le mystère, les atmosphères ténébreuses et un brin de folie décalée. Judicieusement exploités, ces trois éléments se retrouvent ici parfaitement intégrés dans un voyage musical philosophico-dramatique. En effet, l’histoire parle d’un vieil homme qui s’imagine être encore un petit garçon. Ainsi, ses rêves d’adulte et d’enfant s’entremêlent dans une farandole d’expériences musicales et visuelles toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Ce conte des temps modernes apporte véritablement un plus dans la carrière de Tuomas Holopainen. Mais, l’on s’interroge pratiquement toute la durée de la rondelle sur la pertinence d’avoir rallié cette œuvre surprenante au répertoire de Nightwish.

En effet, même si certaines parties caractéristiques du son du groupe demeurent inchangées sur ‘Imaginaerum‘, comme ces guitares acérées ou ces refrains grandiloquents reconnaissables entre mille sur « Storytime », « Ghost River », « I Want My Tears Back », « Last Ride Of The Day », « Song Of Myself », beaucoup d’autres structures sont à des années-lumière de ce que font habituellement les membres du combo. Citons, par exemple, les longues parties orchestrales dignes des plus magistrales bandes originales de films qui inondent littéralement cet album d’ambiances particulièrement fortes en émotions (passage fleuve à partir de la 6ème minute sur « Song Of Myself » suivie d’une récitation par 15 personnes chères aux membres du groupe, l’interlude oriental « Arabesque », l’instrumental « Imaginaerum ») ou les essais farfelus plus ou moins concluants (le jazzy « Slow, Love, Slow », le pas effrayant pour un sou « Scaretale » et les couplets chantés par Anette, devenue sorcière pour l’occasion, ou encore « The Crow, The Owl And The Dove », composition la plus pop, la plus lumineuse, mais aussi la plus molle du genou), sans oublier THE balade : avec ses accents celtiques qui font de lui une magnifique ode à la Vie et son pont western à 2′36”, clin d’œil à Ennio Morricone, « Turn Loose The Mermaids » est l’un des cinq tours de force présents sur ‘Imaginaerum‘ aux côtés de « Storytime », « Slow, Love, Slow », « Song Of Myself » et « Imaginaerum », car marier dans une seule et même mixture les ingrédients qui ont fait le succès de la formation avec de nouvelles saveurs venues d’autres galaxies musicales lointaines, il fallait oser le faire. Tuomas et ses collègues ont eu les couilles de prendre d’énormes risques, quitte à perdre une grande partie de leurs fans dans leur recherche de diversité culturelle.

Pourtant, il faut être honnête et reconnaître que, malgré de très bonnes idées, la mayonnaise ne prend finalement pas tant que ça, voire devient carrément liquide assez régulièrement. Non pas que la musique soit intrinsèquement mauvaise, néanmoins la personnalité de Nightwish est mise souvent au second plan pour satisfaire les envies étranges du brun pianiste… Tuomas « Beatie » Holopainen serait-il enceinte ? La réponse à cette question est simple : plus maintenant, puisqu’il vient d’enfanter d’un chef d’œuvre à deux visages, à la fois monstrueusement puissant grâce à l’adjonction de briques orchestrales londoniennes intelligemment imbriquées les unes dans les autres (y aurait-il une influence Tetris là-dedans ?), avec, comme liant, plusieurs cuillerées de power metal, ce qui le rend plus efficace, et à la fois horriblement faiblard, un peu comme si Mister T(uomas) avait englouti un camion entier rempli de fraises à la chantilly et de bocaux de cornichons en regardant en boucle les intégrales des Feux De L’Amour, Dynastie et Santa Barbara ainsi que Titanic, Love Actually, Coup De Foudre A Notting Hill, etc, en compagnie de son caniche prénommé Fifille durant la vingtaine de mois de gestation, à cause d’un environnement symphonique trop prononcé et pas assez en retrait… Oui, Tuomas est devenu fleur-bleue et fier de l’être en plus, la honte !

Sérieusement, on peut être un inconditionnel des compositeurs Danny Elfman, Howard Shore, John Williams, James Horner, j’en passe et des meilleurs, s’inspirer partiellement de leurs œuvres et créer des chansons irrésistibles, sans pour autant omettre que le groupe que nous menons d’une main de fer depuis plus de 15 ans fait partie de la grande famille du metal et que, de facto, il est important de ne pas changer de cap trop brutalement sous peine de se fracasser violemment contre des rochers de fans en colère… Avec ‘Imaginaerum‘, la formation s’est engouffrée un poil trop loin dans l’expérimentation et n’a pas assez respecté les codes en vigueur dans le metal, ce qui tranche fortement avec ses deux précédentes réalisations ‘Once‘ et ‘Dark Passion Play‘, bien plus homogènes et mieux pensés.

Cependant, ce 7ème album est très abouti. La production met réellement chaque morceau en valeur, même s’ils sont inégaux en qualité, et un grand travail a été fourni au niveau des paroles, plus profondes que de coutume, des ambiances et des contrastes, grâce, notamment, aux chœurs d’enfants utilisés. En outre, la première chose qui frappe lorsqu’Anette se met à interpréter ses lignes de chant est qu’elle a énormément progressé. Sa voix semble avoir gagné en maturité, en rondeur et en modulation. Il suffit de jeter une oreille attentive sur « Slow, Love, Slow », « Scaretale », « Turn Loose The Mermaids », « Song Of Myself » ou bien « Storytime » pour s’en rendre compte. Marco, quant à lui, est toujours aussi bon. La délicatesse est de mise sur ‘Imaginaerum‘, un disque tout en subtilité et variations.

Chroniquer cette rondelle aura, finalement, été une activité tout à fait divertissante, plaisante, certes, mais, également, une torture. ‘Imaginaerum‘ ne permet pas de se forger une opinion définitive. Une dizaine d’écoutes n’auront pas été suffisantes pour savoir vraiment si cette pièce théâtrale pourra plaire ou non et devenir un classique du groupe. Par conséquent, quelques mois, si ce n’est des années, seront nécessaires pour appréhender du mieux possible, avec tout le recul dont il faut faire preuve, cet OVNI, faisant désormais partie de la discographie de Nightwish. Il n’y a que vous qui pourrez apprécier, ou pas, à sa juste valeur le nouveau bébé de Tuomas Holopainen. Sachez, toutefois, que celui-ci ne représente pas un chef-d’œuvre en tant que tel et que l’impression générale qui s’en dégage est partiellement négative. Il n’y pas d’équilibre parfait entre les titres directs et les morceaux plus tendres, ces derniers étant, malheureusement, trop lisses et trop omniprésents. Et puis, quitte à écouter une bande-originale de films pour avoir des frissons, autant se ruer sur le CD de la version instrumentale de l’album.

En résumé, ‘Imaginaerum‘ n’est pas le disque de l’année et ne finira pas dans mon top 5, mais il demeure, malgré tout, un très beau témoignage de ce qui se fait de mieux en matière de metal scandinave. Reste à voir ce que donnera le film en mars prochain…



Trillium : Alloy

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Trillium : AlloyL’année 2011 aura été forte en émotions musicales, aussi bien négatives que positives, c’est le moins que l’on puisse dire. De nombreux albums de très bonne facture ont vu le jour, démontrant tout le talent de jeunes ou moins jeunes musiciens issus du monde entier, comme nous avons tous pu le constater avec les plus récentes réalisations de combos aussi divers que variés, tels que Myrath, Dream Theater, Megadeth, Journey, Manigance, Minushuman, Solstafir ou Steel Panther.

2011 aura aussi été une année où les femmes auront affirmé haut et fort leur égalité face à une gent masculine ayant trop tendance à croire en sa prétendue supériorité, ceci dans tous les domaines, excepté le ménage, bien entendu…Ainsi, la créativité et la puissance n’est plus l’apanage de ces messieurs. Cette vérité a émergé avec l’apparition ou la confirmation de nouvelles formation entièrement ou partiellement féminines : Issa, Arven, Alyson Avenue, Lahannya, Niobeth…et aujourd’hui, Trillium, le project-band de la vocaliste américaine Amanda Somerville.

Comme vous devez sûrement le savoir, Amanda n’est pas une inconnue dans le monde plutôt tolérant du metal. Ayant collaboré avec de talentueux groupes ou artistes, européens pour la plupart (Edguy, Aina, Luca Turilli, After Forever, Avantasia, Epica, HDK, Serenity, Michael Kiske, etc), sud-américains pour d’autres (Shaaman, Andre Matos), que cela soit dans le cadre de participations actives (enregistrements de parties vocales ou de morceaux entiers) ou au travers de séances de coaching, la belle blonde a également sorti en solo deux albums et deux EP par le passé (les LP ‘In The Beginning There Was’ en 2000 et ‘Windows’ en 2009 et les minis ‘Blue Nothing‘ en 2000 ainsi que ‘Never Alone’ en 2003). Son Curriculum Vitae est, somme toute, assez impressionnant. Cela est principalement dû à son timbre de voix unique et à son omniprésence dans le domaine de la création artistique qui en font une chanteuse très demandée.

En ce mois de novembre 2011, Amanda Somerville sort un nouvel effort, cette fois-ci non solo, étrangement intitulé ‘Alloy‘ (une substance composée de matière métallique et non-métallique, donc rock et metal) avec, comme je le disais plus haut, un project-band, Trillium (une sorte de trinité). Ce dernier regroupe les zicos les plus professionnels et les plus productifs qui soient sur le « Vieux Continent » : Sascha Paeth (guitares, basse), Robert Hunecke (batterie) ainsi que Miro (claviers). Par ailleurs, nous retrouvons également deux guest-stars habituées à ce genre d’exercice, j’ai nommé Jorn Lande (Jorn, ex-Masterplan) et Sander Gommans (HDK, ex-After Forever).

Musicalement, ‘Alloy‘ tient bien la route. La demoiselle mélange ici ses deux Amours, le rock et le metal, contrairement à ce qu’elle avait pu faire précédemment aux côtés d’un Kiske « marshmallow » sur ‘Kiske/Somerville’. Le debut-album de Trillium est plus direct et agressif, même si les passages incisifs se manifestent encore trop rarement. Amanda nous montre une facette moins légère et plus sombre de sa personnalité, tant au niveau des paroles, plus profondes et recherchées, que sur un plan purement mélodique, les notes aériennes faisant désormais place à une grave lourdeur, sans toutefois nous abreuver de riffs sur-plombés, comme l’on peut le voir chez After Forever ou HDK, par exemple.

Dès le premier titre, « Machine Gun », et son refrain plutôt pêchu, le ton est donné : la « michiganaise » souhaite en découdre avec son image de douce « diva » qui lui collait à la peau jusqu’il y a peu. Cette démarche se confirme sur la suite de l’opus : « Coward », « Purge », « Bow To The Ego », « Scream It » (sur laquelle Jorn Lande a apposé sa voix), sont autant de compositions efficaces et dynamiques. Les autres titres, « Mistaken », « Path Of Least Resistance », « Into The Dissonance » en tête sont plus orientés mélodies, sans porter l’étiquette « chansons molles du genou et sirupeuses ». Cependant, il convient de préciser que ce ne sont pas non plus des morceaux très originaux. Pour l’éclair de génie, on repassera. Néanmoins, ils se laissent écouter avec plaisir et les soli sont extra. Enfin, une galette de metal mélodique ne serait pas une galette de metal mélodique sans quelque bonne ballade. Et dans ce rôle, on peut dire que « Slow It Down » s’en sort merveilleusement bien tout en clôturant l’album sur une note calme et posée. A noter : la version limitée du disque contient un bonus track anecdotique, « Love Is An Illusion », qui mérite largement sa place.

Même si ce premier album du quartet européen n’est pas mauvais en soi et constitue un album correct, il y a malgré tout certains éléments gênants, voire choquants, à commencer par l’incroyable mimétisme entre les voix d’Amanda et de Simone Simmons (Epica). Dès les premiers instants de cet ‘Alloy‘ un peu bancal, on se pose la question qui tue : est-ce Amanda Somerville qui interprète réellement les 11 titres de cet album ou est-ce la flamboyante rousse hollandaise ? En outre, la production n’est pas extrêmement réjouissante (on a la fâcheuse impression d’entendre le son de ‘Decipher’, le second opus d’After Forever). Cette dernière ramollit un tantinet l’ensemble, qui aurait pu être magnifié par une production plus clinquante, moins rugueuse. Enfin, certaines compositions se ressemblent et certaines longueurs pointent le bout de leur nez assez régulièrement, ce qui nous fait décrocher de temps en temps. Heureusement, d’autres passages instrumentaux ou les refrains, nous ramènent à l’écoute de ‘Alloy‘.

Nous avons là un disque qui ne restera pas dans les annales, c’est sûr, mais avec un travail plus important sur le plan de l’écriture, une meilleure production ainsi qu’une patte personnelle plus prononcée, Trillium peut espérer obtenir plus de considération et d’intérêt de la part des fans et des médias. En fin de compte, pas un chef d’œuvre, ni un catastrophe, loin de là, juste une réalisation réussie à moitié, que vous ne devez acheter que si vous êtes un fan absolu de la blondinette ou d’un des musiciens qui l’accompagnent. Les autres, sautez d’une case et passez à autre chose…



Steel Panther : Ball’s Out

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Steel Panther : Ball's OutAvoir de l’esprit et jouer avec les mots comme Cyrano de Bergerac n’est pas donné à tout le monde, surtout lorsque le meilleur trait d’humour se veut par essence assez subtil. Et l’on peut dire que même si le groupe américain Steel Panther s’adonne volontiers à l’exercice de style de faire rire les gens avec conviction, il est vraiment difficile d’adhérer à la lourdeur de l’humour made in USA dont ils usent et abusent constamment. Bon, il faut avouer que le genre pratiqué par les californiens se prête extrêmement bien à l’autodérision et à la parodie, puisque le glam metal est « ridicule » autant visuellement que dans l’attitude adoptée par les groupes. Non, sans rire, qui voudrait porter aujourd’hui un moule-burnes à paillettes, après être passé chez Jacques Dessange se faire une permanente à la Dee Snider et passer son temps à se poudrer le nez en attendant que son vernis à ongles l’Oréal (parce-que ça craint bien !) sèche après application ?

Connaissant Steel Panther depuis des années, et ayant sauté l’épisode ‘Feel the Steel‘ (2009), j’ai immédiatement sauté sur l’occasion lorsque l’on m’a proposé de chroniquer ce disque, car je souhaitais voir si la formation originaire de la « Cité des Anges » avait évoluée depuis ‘Hole Patrol‘ (2003) [NdMA : le combo avait sorti ce disque sous le patronyme ‘Metal Shop']. Et quelle ne fût pas ma surprise de voir que…rien n’avait changé, sauf peut-être la façon dont sonne leur musique. Naguère assez brute, la production est aujourd’hui plus léchée, moins authentique. Néanmoins, cela ne modifie en rien la puissance de leurs chansons, toujours aussi dynamiques et fringantes.

Toutefois, il est clair que l’artwork de la pochette (une photo en contre-plongée représentant une femme en maillot de bain assez déshabillé et tenant entre les jambes une paire de boules métalliques) est d’un très mauvais goût. Sans être véritablement choqué, je pense qu’il aurait été plus judicieux pour le quartet d’adopter une démarche moins provocante, plus délicate et plus soft, comme il l’avait fait sur la couverture de sa précédente réalisation.

Mais, arrêtons d’analyser le visuel du groupe pour se concentrer exclusivement sur l’album en lui-même. Musicalement, Steel Panther est toujours aussi doué pour nous pondre des titres directs et divertissants, comme ce « It Won’t Suck Itself » lubrique ou ce trio infernal représenté par « Supersonic Sex Machine », « Tomorrow Night » et « I Like Drugs », qui nous démontre à quel point le groupe est nostalgique de la période dorée du hair metal à bigoudis. Bien d’autres compos sur cet opus sont aussi couillus et donnent vraiment la chair de poule, à l’instar de « 17 Girls in a Row » et « Critter », qui sont deux très beaux hommages aux légendes encore vivantes que sont Cinderella, Warrant, Poison ou Mötley Crüe. L’interprétation des morceaux est parfaite, Satchel (alias Russ Parrish) est un guitariste hors normes, la section rythmique constituée de Lexxi Foxxx et Stix Zadinia, de leurs vrais noms Travis Haley et Darren Leader est ultra carrée et Michael Starr (Ralph Saenz) est une vraie diva du glam. Ce dernier supporte sans mal la comparaison avec ses illustres aînés vocalistes, passant aisément de tonalités graves à des notes célestes en un clin d’œil, et arrive à nous scotcher définitivement à notre fauteuil sur « Let Me Come In », « Critter » et « Tomorrow’s Night ». Bien sûr, un album de glam ne serait pas « true » s’il ne comportait pas deux ou trois pseudos-ballades : « If You Really Really Love Me », « Why Can’t You Trust Me » et « Weenie Ride » s’insèrent magistralement entre des morceaux plus musclés. Textuellement, « Weenie Ride » est assez humoristique, en réalité un peu comme la plupart des chansons gravées sur ce ‘Balls Out’ d’anthologie. Mais, n’est-ce pas la raison d’être de Steel Panther que d’emprunter les stéréotypes du glam pour les grossir et les transcender en une chose plutôt cocasse ?

Si vous ne savez pas quoi écouter lors de vos soirées en tête à tête avec votre meuf ou votre mec, c’est selon votre cas, ce nouveau Steel Panther est la bande-son idéale qui vous permettra de révéler le Tarzan ou la Jane qui sommeillent en vous, d’épicer torridement vos nuitées et de jeter les sextoys de Madame à la poubelle si elle en possédait. De plus, vous pourrez retourner dans le passé pendant près d’une heure et retrouver la fougue de votre jeunesse, tout en dégustant la saveur particulière du moment présent. Ce ‘Balls Out’ est moins cher et beaucoup plus efficace que le Viagra®, vous fera à coup sûr grimper au 7ème ciel en couple et ne nécessite aucune ordonnance médicale. A vous procurer d’urgence chez le disquaire le plus proche de chez vous si vous souhaitez connaître la jouissance musicale cette bombe de metal !



Jerusalem (SWE) : She

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Jerusalem (SWE) : SheIl est, depuis peu, assez surprenant de voir que de nombreuses formations métal et hard rock des années 80, qui n’ont absolument rien enregistré depuis presque deux décennies, refont leur apparition à l’aube du 21ème siècle. Tout comme Lazare, ces formations plus ou moins bien connues ressuscitent d’entre les « morts » pour deux raisons principales, indépendantes ou non l’une de l’autre : l’appât du gain ou la simple envie de rejouer de la bonne musique avec ses collègues. Il est, tout de même, assez rare de voir ces deux motivations séparées. Par conséquent, il n’est pas toujours très évident d’avoir une opinion claire sur un combo émergeant à nouveau d’une pause ayant, au final, plus l’air d’un split que d’une mi-temps.

Jerusalem fait partie de ces formations-là. Bien qu’ayant eu énormément de succès dans les eighties et après avoir sorti de véritables pépites, à savoir ‘Dancing On The Head Of The Serpent‘ (1987) et ‘Prophet‘ (1994), leurs deux meilleures réalisations à ce jour, Ulf Christiansson et ses compères semblent s’être volatilisés et Jérusalem a littéralement disparu de la circulation…jusqu’à l’année dernière, où les suédois ont décidé d’un commun accord de remonter sur scène et d’enregistrer ‘She‘, 7ème opus de leur discographie, qui se compte sur les doigts de la main. Après un album tel que ‘Prophet‘, était-il difficile pour le groupe de nous offrir avec ‘She‘ une galette de qualité, si non supérieure, équivalente, au moins à son prédécesseur ?

Bien que ‘She‘ soit ne soit pas un chef d’œuvre, il reste de très bon aloi. Moins fougueux et plus calme que ‘Prophet‘, ce dernier disque nous révèle un côté plus sobre de sa personnalité musicale. Des titres comme « Calling On » ou « Supernatural » n’ont rien de bien enjoué, car Jerusalem ne joue plus vraiment dans la catégorie hard rock et, tout comme ses concurrents de Bon Jovi, évolue désormais dans un rock FM américain très homogène. Malgré des qualités indéniables, comme sa mélodicité, des refrains plus ou moins accrocheurs, des textes moins orientés religion (« She », « Amos 5 »), quoique certaines compos peuvent le suggérer encore (« Supernatural », « Crown The King », « Heaven », « The Story Of D »), ‘She‘ reste simplement un album avec du charme, certes, mais sans le dynamisme de ‘Dancing On The Head Of The Serpent‘ et l’originalité, ici, n’est pas de mise. Pas sûr que les messages chrétiens scandés par Ulf, dont le but est d’être délivré à sa fan-base et aux jeunes de tous bords musicaux, soient très efficaces dans un contexte musical aussi plat, sans aucune saveur.

Autant ‘Prophet‘ était une bonne surprise à l’époque où le grunge régnait en maître, reléguant le hard rock et le métal à des outsiders, avec ses riffs accrocheurs, autant ‘She‘ est l’objet d’une grande déception. L’inspiration divine a énormément manqué au quintet qui aurait dû rester en « pause ». Cela lui aurait sans doute permis de continuer à méditer sur des compositions plus élaborées que celles figurant sur ‘She‘. Peut-être qu’un pèlerinage à Lourdes ou une prière à Notre-Dame seraient les solutions au laisser-aller d’une formation regorgeant pourtant de ressources d’écritures maintes fois acclamées par le passé ? Toujours est-il que ce nouvel opus des suédois ne laissera pas de souvenir impérissable derrière lui. Ulf et sa bande de joyeux apôtres deviennent trop vieux pour persister sur la voie de la musique amplifiée. Ils feraient mieux de retourner chanter dans les églises et d’accompagner Don Camillo lors de ses prêchi-prêcha du dimanche devant une foule de moutons égarés…Ils y feraient moins tâche…

Finalement, 2012 a bien eu lieu, mais avec un an et demi d’avance. Car ce ‘She‘ est une véritable catastrophe musicale. Peut-être la pire de l’année 2011…A oublier !!



Dream Theater : A Dramatic Turn of EventsLa vie d’un groupe n’est pas de tout repos. En effet, comme tant toute société pluri-individuelle, il est obligatoire de constamment respecter un certain nombre de règles pour que la coexistence entre les membres soit la plus pacifique possible. Parfois, l’ambiance est tellement ensoleillée qu’un line-up reste stable durant des années. A d’autres moments, les egos, ou les problèmes personnels, mettent à mal les efforts collectifs de bonne entente. Dans ce dernier cas de figure, une séparation temporaire ou une modification de configuration humaine d’une formation peut se révéler salvatrice.

Dream Theater a déjà une longue expérience. Et malgré les relations amicales qui Lient ses membres entre eux, de nombreux changements se sont avérés plutôt utiles à l’évolution du groupe. C’était le cas avec les départs de Kevin Moore et Derek Sherinian. Dream Theater a continué son petit bonhomme de chemin jusqu’à l’auto-éviction récente et surprenante d’un de ses fondateurs, j’ai nommé Mike Portnoy. Que s’est-il passé pour que celui qui, à l’évidence, était le cœur de la musique interprétée par le combo new-yorkais en arrive à être remercié par ses collègues ? Portnoy a toujours été un battant. Pourtant, il a dû faire face à de multiples difficultés, tant personnelles que professionnelles, qui l’ont forcé à annoncer, via un communiqué de presse, son désir de mettre Dream Theater en stand-by. Parmi ces raisons, nous pouvons citer, entre autres, la dégradation de ses relations avec les autres membres du groupe, ses problèmes de fatigue récurrente ou le fait qu’il prenne bien plus de plaisir à jouer avec ses autres projets (Transatlantic, Hail !, Avenged Sevenfold). L’état d’esprit dans lequel s’était embourbé le batteur allait, semblait-il alors, sonner le glas de Dream Theater.

Heureusement pour les fans, ce ne fût pas le cas. Car, même si Portnoy, détenteur légal du patronyme du groupe, ne souhaitait pas que ses ex-compères continuent sans lui en usant du nom Dream Theater, James, les deux John ainsi que Jordan ne l’entendaient pas de cette oreille et prirent la décision, certes la plus aisée, de le conserver. C’est à partir de ce divorce assez mouvementé que les quatre rescapés se sont mis à la recherche d’un nouveau frappeur de fûts pour remplacer Mike. Après avoir auditionné des musiciens aussi prestigieux les uns que les autres (citons par exemple Aquiles Priester, Virgil Donati ou Derek Roddy), l’identité du lauréat est enfin annoncé dans le dernier épisode de la mini-série ‘The Spirit Carries On’, filmé pendant les auditions, en date du 29 avril 2011 : c’est Mike Mangini (Extreme, Annihilator, Steve Vaï) qui a l’extrême privilège et la lourde tâche de devenir le nouveau batteur de Dream Theater.

Dans la foulée, les américains enregistrent ‘A Dramatic Turn of Events‘, un album intéressant de par son éclectisme, se situant dans la parfaite continuité de ‘Systematic Chaos‘ et ‘Black Clouds & Silver Linings‘. Un poil plus sombre que ses prédécesseurs, ‘A Dramatic Turn of Events‘ fait la part belle aux ambiances et aux éléments plus rock qu’à l’accoutumée. De nombreuses parties, inhabituelles chez Dream Theater, tels que ce merveilleux break blues au sein de « Breaking All Illusions » (à 7′14) ou l’intro mystique tibétaine de « Bridges In The Sky », ponctuent cet album. Mais, c’est certainement le titre « Outcry » qui est vraiment sur surprenant : celui-ci démarre en douceur par une mélodie jouée aux claviers avec un son de vibraphone, puis continue par un riff en mid-tempo digne d’un Excellent Within Temptation, puis un pont constitué d’un sample électronique, proche de celui intégré au morceau « Cold Heritage » de Lacuna Coil, fait son apparition, avant de laisser place au métal progressif. D’autres innovations sont distillées avec parcimonie ça et là tout au long des 1h25 de musique présentes sur ce disque. Mais, je vous laisse le soin de les découvrir par vous-mêmes, comme des grands.

A part ces évolutions, l’on retrouve les éléments caractéristiques du métal de Dream Theater : rythmiques impaires, morceaux en tiroirs (« On The Back Of Angels », « Breaking All Illusions »), surexposition de claviers, mélodies barrées, section rythmique mise en avant, soli de fous, balades empLies de tristesse (« This Is The Life », « Far From Heaven », « Beneath The Surface »), refrains plaisants et dantesques (« Lost Not Forgotten », « Build Me Up, Break Me Down »). Toutefois, les deux plus grandes baffes de ‘A Dramatic Turn of Events ‘ se révèlent être « Bridges In The Sky » et « Outcry ».

Malgré les événements récents relatés au début de cette chronique, cette nouvelle pièce maîtresse de Dream Theater est tout bonnement magistrale. Elle tient largement la comparaison avec ‘Images and Words‘, ‘Train of Thoughts’ ou ‘Black Clouds & Silver Linings‘ en termes de qualité de composition, de production et d’interprétation. Cela est dû principalement au fait que tout le groupe, hormis Mike Mangini, s’est attelé au travail d’écriture. Ce dernier se débrouiller très bien derrière les fûts. L’union fait la force, comme le dit l’adage. Cela s’est vérifié ici. Par ailleurs, le départ de Portnoy a permis un relâchement des tensions internes. Enfin, le son puissant et le mixage sont dû au duo John Petrucci / Andy Wallace. Ce qui se traduit par un enregistrement brut de décoffrage, avec une basse et une batterie que l’on arrive à entendre un peu plus. Le ton général est, donc, plus direct, plus ténébreux. Ce léger revirement de cap redonne plus de dynamisme à l’ensemble, ce qui, vu la complexité de la musique de la formation, n’est pas un mal, loin de là. Il lui donne plus de fraîcheur et nous permet, enfin, d’apprécier le talent de Dream Theater à sa juste valeur au travers d’un métal plus aéré et moins brouillon.

Les compos devraient très bien passer le test de la scène. Nul doute que les gens devraient reprendre d’une seule voix les refrains et passer un Excellent moment de communion avec James Labrie et ses collègues.

Tout comme Stratovarius il y a trois ans, Dream Theater est arrivé à survivre après le départ soudain et douloureux d’un membre fondateur et à créer puis enregistrer l’un de ses albums les plus versatiles et réussis. Il a réussi à me surprendre de bout en bout et, bien que les ¾ des chansons de ce nouvel opus dépassent les 6 minutes, à aucun moment je n’ai eu envie d’éteindre ma platine pour reposer mes oreilles et ma cervelle. C’est un très grand progrès. Finalement, je dois avouer que ce ‘A Dramatic Turn of Events‘ est un très beau cadeau en ce début d’automne, qui devrait plaire tout autant aux proggeux qu’aux autres métalleux, grâce à sa variété, sa subtilité et sa tendance à naviguer entre les genres. Le meilleur album du début du second semestre 2011, tout simplement !



Destruction : Day of ReckoningL’Allemagne est un pays qui possède une longue expérience en matière de métal. Il n’y a prendre des groupes tels que Scorpions, Accept ou Helloween, pour ne citer que les plus célèbres, pour se rendre compte de la très grande qualité des formations qui ont vu le jour en son sein. Bien évidemment, la Germanie, comme partout ailleurs, n’est pas uniquement spécialiste en hard rock, heavy métal ou power métal mélodique : elle peut fièrement exposer tout un large éventail de styles, aussi divers que variés, tous plus ou moins efficaces selon le genre pratiqué.

Dans la catégorie métal brutal, l’Allemagne est une valeur sûre. Côté thrash métal, principalement. Quatre grandes formations, dignes représentantes de ce style, sont apparues pratiquement en même temps, dans un Etat, alors, coupé en deux (cf. RFA et RDA). Kreator, Sodom, Tankard ou Destruction ont émergé dans un contexte politique difficile et instable. Cet environnement particulier a engendré beaucoup de frustration et de colère de part et d’autre du « Rideau de Fer ». Ces sentiments expliquent pourquoi ces formations ont opté pour une forme « violente » d’expression musicale. Ils avaient besoin d’extérioriser les maux accumulés pendant des années au fin fond d’eux-mêmes. Ainsi, proches de la pensée collective, leur succès a été quasiment immédiat.

Le thrash métal allemand diffère dans sa structure de celui ayant émergé dans la Bay Area de San Francisco. En effet, beaucoup plus mélodique, il est également beaucoup plus direct et rapide que celui pratiqué par Metallica, Megadeth ou Death Angel. Cette variante est légèrement plus intéressante, puisqu’elle met en évidence deux ingrédients, a priori, diamétralement opposés et qui peuvent, pourtant, se marier à la perfection : brutalité et musicalité. Cette mayonnaise est l’une des bases essentielles dans le thrash à la teutonne. Et cet ingrédient n’a pas été oublié sur ‘The Day of Reckoning‘, le nouvel album de Destruction.

En effet, le trio, comme vous le savez, ne fait pas dans la dentelle (quoique !). Au contraire, plus ça cogne, mieux c’est. Depuis ses débuts en 1982, le groupe nous a assommés à maintes reprises à l’aide d’enregistrements studio aussi lourds qu’un paquebot rempli de baleines. Riffs plombés, vocaux scandés et braillés, soli mélodiques, rythmiques martiales, tels étaient et sont toujours les éléments composant la musique de Destruction. ‘Day of Reckoning‘ n’est, donc, pas destiné aux amateurs exclusifs de métal raffiné, qu’il soit gothique ou symphonique. Il correspond davantage aux amoureux de puissance et de déflagration métallique.

Day of Reckoning‘, qui est déjà le 11ème opus des allemands, ne contient que des brûlots, tous meilleurs les uns que les autres. Aucune ballade n’est présente, comme d’habitude sur les disques de Destruction (ou des autres formations citées ci-dessus). Une telle démonstration de force, bien que dynamique et entraînante, manque sérieusement de diversité. Le groupe aurait pu surprendre avec, au moins, un titre calme. Au lieu de cela, il nous assène continuellement d’agressivité, ce qui peut se révéler lassant à la longue. En même temps, vu l’artwork, le thème de l’album et le nom des morceaux, à quoi pouvions-nous nous attendre d’autre ? Pour ce qui est de l’originalité et de la versatilité, le groupe devrait sérieusement revoir sa copie.

Il est vrai qu’après un ‘D.E.V.O.L.U.T.I.O.N’ mi-figue mi-raisin, contenant tout de même plusieurs nouveautés (chants grégoriens et autres gimmicks), le groupe semblait perdre pied. Mais, son retour en force aujourd’hui démontre la ténacité de la formation, malgré un nouveau changement de line-up, – exit Marc Reign (batterie), bienvenue Vaaver -, ainsi que la semi-déception qu’était leur précédent enregistrement. Malheureusement, ce tank musical qu’est ‘Day of Reckoning‘ n’est pas un chef d’œuvre en soi. Mais, il saura séduire une bonne portion de métalleux, d’une part par son énergie débordante, d’autre part par ses titres techniques et sans concession.

Il fallait bien créer un album dans la droite lignée des ‘Metal Discharge‘ ou ‘Inventor of Evil‘, pour revenir sur le devant de la scène métal. Or, il ne suffit pas toujours de se répéter de disque en disque ou, au contraire, de modifier régulièrement des parties apportant une piqûre de changement, pour réaliser un chef d’œuvre. Tout le secret d’une bonne rondelle réside surtout dans un équilibre parfait entre prise de risque et conservation de la personnalité du groupe. Il semble que cette recette soit aisée à mettre en œuvre. Ce n’est véritablement pas le cas. Doigté et sens du dosage sont de rigueur. Peu de groupes peuvent se targuer d’être capables d’une telle prouesse. Destruction est une formation irrégulière dans sa cuisine.

Finalement, bien que l’on aurait été en droit d’attendre plus de créativité de la part de Schmier et compagnie, l’on en arrive à la conclusion suivante : Destruction nous a offert avec ‘Day of Reckoning‘ l’une de ses pépites les plus abouties depuis quelques années. Mais, à force de faire toujours la même chose, le groupe ne risque-t-il pas de tourner en rond ? La question reste en suspens…Mention spéciale aux quatre premiers morceaux de l’album qui, s’ils sont interprétés sur scène, et le seront sûrement, risquent de tout dévaster, car ‘Day of Reckoning‘ est une arme de Destruction massive.



Hell (UK) : Human RemainsLa NWOBHM ou New Wave Of British Heavy Metal est un style qui a eu un impact important sur toutes les formations actuelles, tous styles confondus. Il n’y a pas un seul musicien qui ne cite dans ses influences des monuments vivants tels que Iron Maiden, Saxon ou Girlschool, pour ne parler que des principaux. D’autres combos, plus ou moins obscurs, sont nés à peu près à la même période que les groupes ci-dessus. La différence avec les premiers, c’est que ces derniers sont restés dans l’anonymat jusqu’à aujourd’hui, ne sortant entre-temps que des démos ou des bootlegs, avant d’enregistrer un véritable album.

Les britanniques de Hell, combo formé des cendres de Rage Against Time et Paralex, sortent cette année leur premier enregistrement studio depuis des lustres. Leur démo la plus récente date, en effet, de 1986 ! 25 ans sont passés et de nombreux événements ont émaillé la vie de la formation : le suicide du chanteur Dave G. Halliday en 1987, tout d’abord, un changement de line-up (le départ du guitariste Sean Kelly) et les side-projects des autres membres. Autant dire que l’existence du groupe anglais n’a pas été de tout repos et que l’écoulement de l’eau sous les ponts lui a été réellement bénéfique, puisque ‘Human Remains‘ est une véritable décharge électrique, une énorme claque ! Certes, la plupart des morceaux présents sur cet opus d’enfer (c’est le cas de le dire !) sont issus pêle-mêle des quatre démos, mais remis au goût du jour avec une production digne de ce nom, ils prennent une nouvelle dimension et gagnent littéralement en puissance.

Chaque composition est dotée d’une atmosphère propre et représente l’essence même du heavy métal à la sauce britannique. Aucun titre n’est à jeter, il n’y a aucun remplissage. Débutant de manière pompeuse par une introduction symphonique chantée, ‘Human Remains‘ est un concentré de rage et d’énergie. Il n’y a qu’à jeter une oreille attentive sur des hits comme « On Earth As It Is In Hell », « The Oppressors » ou « Let Battle Commence » pour se rendre compte du génie du regretté David G. Halliday, alors principal auteur/compositeur. L’élément le plus intéressant qui se dégage de l’ensemble des morceaux est sans aucun doute une touche de folie bienvenue, parfaitement en accord avec le sujet traité ici : la lutte entre le Bien et le Mal, la domination de l’esprit de l’Homme par le Malin et sa ruine…tel est en tous cas la signification simultanée du titre et de l’artwork de l’album : ‘Human Remains‘ ou « débris d’humain ».

La version limitée du disque est constitué des 11 titres de la version remasterisée des titres avec la voix de Martin Walkyier qui, soit-dit en passant est un excellentissime chanteur, capable de naviguer avec une extraordinaire aisance entre notes graves et aigües, et des mêmes chansons sur un second disque, cette fois en version démo, ce qui permet d’apprécier la différence notable entre les aptitudes vocales des deux frontmen. La technique de Martin est irréprochable, tandis que la voix de David est emplie d’une plus grande chaleur. Par ailleurs, cette double-offrande nous permet également d’observer l’évolution entre le son faiblard et crade des débuts et l’actuel, plus clair et plus dynamique. Le fait qu’Andy Sneap soit membre permanent de la formation (en remplacement de Halliday à la gratte) y est pour beaucoup, car il est aussi producteur de cet album.

Musicalement, on peut oser la comparaison avec Mercyful Fate, Judas Priest, Iron Maiden et, plus bizarre, Dream Theater pour le côté barré et progressif, comme sur ‘Train Of Thoughts’. La durée moyenne des compos est de 5 minutes, mais la présence de quatre titres épiques (« Blasphemy And The Master », « The Devil’s Deadly Weapon », « MacBeth », « No Martyr’s Cage ») démontre tout le talent des musiciens, peut-être plus que les autres morceaux. La versatilité dont font preuve les zicos au sein même de chaque chanson est la preuve de la touche de folie dont je parlais précédemment. L’alternance de parties lourdes ou plus légères permet d’apercevoir clairement le haut niveau d’interprétation. Le jeu est aussi précis qu’une montre suisse. Il n’est, par conséquent, pas étonnant que la question qui tue s’impose, alors, dans notre esprit : quelle aurait été la carrière du groupe si celui-ci avait sorti ce chef d’œuvre quelques décennies auparavant ? La réponse est sans équivoque : ce ‘Human Remains‘ aurait carrément été classé parmi les albums fondateurs de la scène metal européenne et aurait eu sa place aux côtés des ‘The Number Of The Beast‘, ‘British Steel’ et ‘Heaven And Hell‘. Autant dire que Hell aurait pu aisément acquérir une place dans le peloton de tête des formations les plus importantes de la NWOBHM, en particulier, et du métal, en général. D’ailleurs, l’entrée directe de ce disque dans le Top 50 allemand à la 46ème place prouve mes dires.

Vu le peu de moyens financiers du groupe à l’époque et les problèmes qui ont stoppé son évolution, il apparaît normal que la sortie de ce premier véritable album ait été repoussé à aujourd’hui. Et ce n’est pas un mal, bien au contraire car avec ce ‘Humain Remains’, Hell a réussi un vrai tour de force : donner une énorme dose de frissons et de bonheur à l’auditeur en ressuscitant un métal old-school teinté de modernité. Ce n’est pas donné à tout le monde. Hell est l’un des meilleurs groupes ayant jamais vu le jour et son début-album n’aurait pu être ni plus ni moins qu’une des pierres angulaires de la NWOBHM s’il était sorti à l’époque, à découvrir, si vous ne l’avez déjà pas fait, et à posséder absolument dans sa discothèque si vous ne voulez pas finir au Purgatoire pour blasphème !! A noter dans vos agendas, le quintet sera en tournée sur les terres d’Albion en ce mois de septembre, puis, en décembre, fera un tour du côté de la Germanie. En fin de compte, Hell ain’t a bad place, Hell is from here to Eternity, isn’t it?



Ratzinger : 2012

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Ratzinger : 2012Le 21 décembre 2012 est une date mystérieuse pour bon nombre de cultures, qu’elles soient orientales ou occidentales. Beaucoup de prophètes, la plupart de mauvaise augure, ont annoncé que ce jour allait marquer la fin du monde tel qu’on le connaît, et qu’il allait être précédé de signes annonciateurs, de catastrophes naturelles ainsi que de bouleversements sociaux, économiques ou politiques aux quatre coins de la planète. Le premier semestre 2011 a bien été ponctué d’événements mondiaux inattendus, tels que le « Printemps des pays arabes » ou le package séisme / tsunami meurtriers du 11 mars au Japon, qui a causé les multiples explosions de la centrale nucléaire de Fukushima. Ces phénomènes humains, technologiques et naturels sont-ils de pures coïncidences ou bien reflètent-ils les prémices de l’Armageddon prévu par la Bible, les Mayas ou le Yi Chin ?

De nombreux scientifiques et pseudo spécialistes se sont penchés sur la question. Certains individus, tels que Gregg Braden ou Whitley Strieber ont émis l’hypothèse, d’après une étude du fameux calendrier maya, que l’année 2012 représentait le point culminant du 4ème et dernier cycle de 26000 ans, ce point culminant devant nous amener tout droit vers l’intemporalité et un nouveau monde, dominé par l’Homme Conscient, c’est-à-dire, possédant un niveau spirituel bien supérieur à l’Homme actuel. Mais, que cette période serait d’abord caractérisée par un chaos ambiant et une transformation des consciences, ceci avant l’arrivée d’une vague d’énergie super-lumineuse qui est censée inonder les esprits dans le but de les apaiser. Bien évidemment, les scientifiques, en cartésiens respectables, démontent cette hypothèse et pensent, dans leur « sagesse absolue », que la Terre, malgré l’atmosphère chaotique qui règne actuellement à travers le monde, ne cessera pas de tourner, que l’alignement galactique des planètes du système solaire avec le centre de notre galaxie tant attendu n’aura pas lieu, puisqu’il se produit chaque année au solstice d’hiver, comme le dit l’astrophysicien Neil deGrasse Tyson, que la planète Nibiru n’est qu’une invention destinée à effrayer les âmes crédules et que le monde ne prendra fin que lorsqu’un astéroïde touchera le sol terrestre ou que le Soleil aura épuisé toute son énergie, ce qui engendrera un cataclysme cosmique de très grande ampleur dans quelques milliards d’années.

Que se passera-t-il réellement ce 21 décembre 2012 ? Qui détient la vérité sur le futur de l’humanité ? Personne ne le sait avec certitude. Il s’agit d’une problématique insoluble, dont la solution dépend de milliers de variables, toutes plausibles. La seule chose réellement certaine, c’est que nous nous devons de vivre le présent à fond, sans nous retourner sur le passé et sans nous projeter au lendemain. Juste vivre le moment présent, savourer chaque instant qui passe, chaque seconde qui s’écoule…

Les Hommes ne cessent pourtant de s’interroger sur leur avenir proche et la signification de cette date fatidique. Ainsi, cette peur de l’inconnu pousse de nombreux artistes, réalisateurs, musiciens, auteurs ou peintres à surfer sur celle-ci pour exorciser ce sentiment d’insécurité et de crainte face à la Mort, voire avertir l’Humanité de l’imminence d’une nouvelle ère ou, tout simplement, se faire un maximum d’argent avec un sujet d’actualité.

Roland Emmerich, par exemple, a sauté sur l’occasion pour créer un film d’action, certes impressionnant sur le plan des effets spéciaux, qui se révèlent être assez réalistes dans l’ensemble, mais tellement plat sur le contenu.

C’est, semble-t-il, la même démarche qu’ont eu les chiliens de RATZINGER avec leur second et nouvel opus sobrement intitulé ‘2012‘ et dont l’artwork représente le Christ crucifié, doté d’une tête de petit-gris et d’une paire d’ailes. Cette image est surplombée de signes ésotériques et religieux, dont la signification est très claire : le mythe de 2012 se retrouve dans toutes les cultures, peut importe leur localisation, leurs coutumes et leur système de croyances.

Au premier abord, la sortie d’un tel album nous inciterait à penser que le groupe s’est laissé porter par une solution de facilité, d’autant plus que d’autres formations, plus ou moins connues, ont-elles aussi écrit sur ce double-thème de la « Fin du Monde » et du « Renouveau spirituel » (Mayan ‘Quarterpast’, Becoming The Archetype ‘Celestial Completion’, Edenbridge ‘MyEarthDream’, Ashtar ‘Urantia’, Judas Priest ‘Nostradamus’, StratovariusElysium‘, etc). Pourtant, il n’est pas si aisé de s’exprimer sur ce sujet pour le moins controversé. A moins de faire des recherches très ciblées sur la toile, lieu où l’on trouve de réelles sornettes ou des choses plus concrètes sur le 21 décembre 2012, il est impossible de vraiment se faire une opinion, même partielle, sur cette date mystérieuse. Il y a énormément d’informations qui circulent et faire le tri est une tâche plutôt ardue. RATZINGER s’y est, néanmoins, intéressé. Sûrement leurs racines incas y sont pour beaucoup dans le choix de cette thématique.

Ainsi, le concept général de ‘2012‘ décrit avec précision les différentes thèses émises, telles que la multiplication des catastrophes naturelles, le réchauffement climatique induit par les activités humaines, l’Ascension planétaire, le célèbre « Point Zéro » (le champ magnétique terrestre diminue et la fréquence vibratoire augmente, réduisant ainsi la protection de la Terre contre les radiations cosmiques, cf. La Résonnance de Schumann) et l’Intemporalité…Les infos qui nous sont distillées par les sud-américains nous renseignent sur toutes les facettes du profond changement qui nous attend peut-être dans un peu plus de 400 jours, maintenant.

Musicalement, le groupe se défend bien. Le métal du quartet est assez gras, avec un son limite sale (manque de clarté sur les guitares), mais, toutefois, puissant. Comparativement, la musique de RATZINGER est très proche de celle de groupes comme Arakain ou Black Label Society. D’autres influences viennent s’ajouter à l’architecture musicale de ce ‘2012‘ de manière plutôt discrète, Machine Head ou Cavalera Conspiracy en tête. Le groupe conserve quand même une forte patte personnelle, qui lui permet de se détacher largement des groupes cités ci-dessus. La principale qualité de cette deuxième rondelle de la formation chilienne est son côté groovy. Ça balance et ça swingue tout au long des 42 minutes de métal que comptabilise l’album. Le disque en lui-même se termine par une agréable balade (« Life Goes By »), avant que les bonus-tracks ne prennent le relais. Ces derniers sont les remix de quelques titres tirés du précédent opus ‘State Enemy‘, à savoir « Nuclear Day », « Black September », « Evolution Disaster » et la version piano de « Just A Dream ». « Gusano », quant à lui, est une composition qui n’a absolument rien à voir avec le thème de ‘2012‘, puisqu’elle est dédiée à tous ceux qui dénigrent les artistes de manière anonyme sur Internet.

Malgré de bons côtés, il est impossible de ne pas ressentir une certaine lassitude vers la sixième piste, la faute à une musique trop répétitive et un son pas assez clair et léger. RATZINGER veut en mettre plein la vue et les oreilles, mais le groupe peine à trouver un équilibre. Il y a un flagrant manque d’inspiration et d’originalité. Ivan Vega et ses collègues sont d’excellents musiciens, c’est indéniable. Néanmoins, ils auraient dû peaufiner ce ‘2012‘ prématuré.

Il est dommage d’aborder un thème aussi compliqué que celui du mythe autour du 21 décembre 2012 en créant un métal aussi basique. Plus d’originalité aurait été de rigueur. Une atmosphère ténébreuse, voire occulte, aurait eu un impact bien plus fort sur l’auditeur. RATZINGER aurait pu user d’éléments progressifs (mesures impaires, parties de claviers ambiantes, sons synthétiques, voix gutturales ou barrées) afin d’obtenir un résultat réellement spectaculaire et moins compact. Toutefois, ce ‘2012‘ ne manque pas de caractère et devrait plaire malgré ses faiblesses. Un bon album, sans plus.



Mayan : Quarterpast

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Mayan : QuarterpastDans le métal extrême, il y a deux types de groupes. Les brutaux, qui, pour la plupart, ne s’attardent pas à créer des chansons très élaborées et qui préfèrent aller directement aux choses sérieuses en nous assénant des riffs belliqueux. Et les délicats, pour qui « agressivité » rime avec « accessibilité ». Pour cette seconde catégorie, les mélodies et les ambiances ont tout autant leur place sur cette scène que les gros coups de massue à l’aide de guitares ténébreuses ou des sections rythmiques aussi rapides et lourdes que des bruits de tonnerre. C’est exactement ce qui intéresse Mayan, la nouvelle formation de Mark Jansen, l’ancien gratteux d’After Forever et fondateur d’Epica, qui se retrouve uniquement, une fois n’est pas coutume, derrière le micro, accompagné d’autres musiciens, plus ou moins connus, comme Ariën Van Weesenbeek (batterie) ou Isaac Delahaye (guitares, chœurs). Mayan est, donc, plus un « All-Stars Band », destiné à épater la galerie qu’un véritable groupe, qui saurait nous pondre d’excellents titres.

Sur le plan musical, pas de réel changement de cap. La musique fait la part belle aux mélodies et à des structures symphoniques habituelles que l’on peut retrouver aussi bien chez feu After Forever que chez Epica (nombreux changements de rythmes, alternances de voix féminines claires ou classiques et masculines gutturales, ambiances pompeuses, riffs lourds et plombés dus aux guitares sous-accordées). Néanmoins, certaines nouveautés ont fait leur apparition, telles que des passages plus atmosphériques ou progressifs, accompagnés de sons de claviers modernes et des interruptions parlées. Ces quelques petites améliorations apportent un vrai dynamisme à ce style qui aurait tendance plutôt à faire somnoler, car maintes fois entendu. Heureusement pour Mayan, ce n’est pas le cas, même si l’ensemble reste malgré tout un tantinet faiblard.

Chaque composition possède un brin de folie qui apporte une ambiance barrée à l’album. D’ailleurs, on peut l’entendre dès le titre d’ouverture, « Symphony Of Agression ». Les autres morceaux sont dans la même veine. Malgré cela, l’album n’est, malheureusement, pas très réjouissant. Comme je le disais plus haut, le groupe nous met dans une position de déjà-entendu. Ce sentiment est d’autant plus fort que la ressemblance de certains morceaux avec ceux des groupes précités est frappante. La production, certes puissante et claire, appuie cette impression désagréable. L’ombre des ‘Invisible Circles’ ou ‘Design Your Universe‘ plane au-dessus de ce debut-album…Pourtant, connaissant les musiciens, l’on aurait pu s’attendre à un tout autre résultat, moins banal et en aucune façon stéréotypé.

Grâce à ce ‘Quarterpast‘ plus ou moins mal conçu, le fan de métal peut s’apercevoir que la Hollande, pays de l’Edam, des Tulipes et de Dave, tourne actuellement en rond musicalement dans un style complètement bouché. Excepté peut-être avec Within Temptation, qui a su se renouveler au fur et à mesure des années et offrir un magnifique présent avec son nouvel et terrible album ‘The Unforgiving’. Mark Jansen et ses compères devraient en prendre de la graine, s’ils désirent continuer à naviguer sur les flots imprévisibles de la scène métal à bord de leur navire Mayan. Espérons de leur part un rapide changement de cap et une solide reprise en main de la barre, ce qui pourrait leur éviter un plausible naufrage musical.

Perdu dans un océan d’albums de qualités diverses sortis en cette année 2011, ‘Quarterpast‘ fait figure de « pollution sonore ». Ce terme est-il trop fort pour désigner cette première réalisation du « all-stars band » néerlandais ? Sans aucun doute si l’on se place du point de vue de la musique en général. Comparé au dernier album de Lady Gaga, par exemple, il fait figure de chef d’œuvre. Mais, pas si l’on se place du point de vue de la scène métal européenne, où là, cet album de Mayan est une mauvaise plaisanterie…

Pour résumer, si vous aimez à la fois vous promener dans les bois, cueillir les champignons, écouter du métal et aller faire des visites régulières chez votre disquaire, surtout n’achetez pas ce ‘Quarterpast‘, il est aussi indigeste et toxique qu’une amanite tue-mouche. Un conseil, ne vous attardez pas dessus et passez votre chemin…




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