Heavenly : Carpe Diem

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Heavenly : Carpe Diem“Gourmandise, paresse, luxure : ce sont les trois vertus cardinales, les vertus de la Fête. Le Paradis sur terre.”

[Jean-Louis Bory - "Ma Moitié d'Orange"]

Heavenly, qui a encore subi un changement de line-up avec le remplacement de Thomas Das Neves par Piwee (l’ancien batteur de Fairyland), est un groupe qui a toujours su faire preuve jusque-là d’un certain talent au niveau de la composition. Le penultième album du quintet français, à savoir ‘Virus‘, était une véritable réussite, malgré des passages pompeux, presque baroques, qui desservaient un tantinet sa qualité, sans forcément l’en départir. Ce ‘Carpe Diem‘, bien que très agréable à écouter et malgré des éléments séduisants, manque d’énergie et surtout d’inspiration…

Les titres sont tous très entraînants. Mais, nous nous retrouvons coincés dans une orgie de notes qui, malheureusement, ne nous mènent pas à l’orgasme émotionnel que nous aurions pu attendre d’un groupe aussi jouissif. Exit la pochette suggestive et le clip à l’érotisme douteux tourné pour le second titre de l’album et premier single, “Lost In Your Eyes”, dans lequel de nombreux plans nous assènent d’images de strip-teaseuses et d’hôtesses ayant la poitrine à l’air. Nous nous retrouvons alors avec moins d’une heure de musique. Certes, les titres “Lost In Your Eyes”, “Fullmoon”, “Ashen Paradise” et “Ode To Joy” maintiennent l’ensemble à un niveau plus que correct, mais l’atmosphère générale qui plane tout au long de notre écoute attentive n’arrive pas à nous convaincre de la pertinence de cet album…

Le sentiment qui survient donne l’impression que le groupe a voulu donner un plaisir immédiat à ses fans en ne passant délibérément pas par la case des préliminaires (morceaux plus courts, moins de mystère). Or, il s’agit d’une erreur grotesque. Un album doit être aussi agréable et sensuel qu’un long moment d’intimité passé en compagnie de son/sa partenaire, un pur moment de Bonheur et de partage. Non une fête où seuls comptent la gourmandise, la paresse et la luxure…Même si la Vie est une fête et un privilège dont il faut profiter à chaque instant, il ne s’agit pas de s’encanailler avec la première femme ou le premier homme venus, ni de s’empiffrer de pâtisseries ou de rester affalé dans son hamac…Or, cet album n’est rien d’autre qu’une fête digne des plus chaudes Bacchanales. Dyonisos en serait fier…

Alors, quel élément peut-il sauver ce disque d’une certaine débauche textuelle ou musicale ? Sûrement le chant de Ben Sotto, plus enjoué et plus gai qu’auparavant, les parties de claviers romanesques, les quelques riffs rentre-dedans qui ponctuent les moments forts, la détermination du groupe à oser (“Ode To Joy”), la grande technicité des musiciens…Mais, est-ce bien suffisant ? Malgré ces quelques bonnes choses, ‘Carpe Diem‘ n’arrive pratiquement jamais à nous donner la chair de poule ou à nous procurer du plaisir. C’est comme si au lieu de faire l’Amour avec l’Homme ou la Femme de notre Vie, nous allions coucher avec une actrice ou un acteur porno, pour qui l’acte sexuel est un automatisme et non une Union sacrée entre deux Êtres…C’est froid, plat et aucune véritable émotion n’en ressort réellement. Espérons que le groupe saura redresser la barre (sans mauvais jeu de mots !!) et qu’il saura nous proposer à l’avenir un album plus savoureux, comme par le passé.

Carpe Diem‘ est, donc, un album sympathique, à écouter en fond sonore lors d’un apéritif entre amis, contrairement à un ‘Virus‘ ou un ‘Dust to Dust‘, parfaits pour un rendez-vous romantique, voire plus.

Heavenly : Virus

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Heavenly : VirusAprès un album conceptuel très apprécié de par le Monde (‘Dust to Dust‘) et le départ mouvementé de trois de ses membres (NdMA : Frédéric Leclercq, Maxence Pilo et Pierre-Emmanuel Pélisson), Heavenly a mis un certain temps avant de réagir et de réaliser un nouveau disque, étrangement nommé ‘Virus‘…Pour mener à bien sa conception, Ben Sotto (chant) et Charley Corbiaux (guitares) se sont entourés de nouveaux membres très talentueux, Olivier Lapauze (guitares), Matthieu Plana (basse) et Thomas Das Neves (batterie), qui ont tous un passé musical déjà très fourni. Le résultat de cette collaboration est un album très direct, compact et magistralement interprété.

Plus décidés que jamais à en découdre, nos cinq compères attaquent sauvagement avec un titre plutôt surprenant intitulé “The Dark Memories”. Celui-ci débute et se termine par un riff agressif. Faisant bon effet, celui-ci n’efface pas, malgré tout, les moment emphatiques et dramatiques, peut-être un peu trop indigestes parfois, dans lesquels Heavenly est passé maître et qui nous ont tant charmé par le passé. Cela se confirme sur les titres suivants (“Spill Blood On Fire”, “The Power & Fury”, “Bravery In The Field”, “Liberty”). Les refrains sont toujours aussi aisément mémorisables et puissants, ce qui permet une communication plus aisée avec les spectateurs durant les concerts. D’autres titres (“Virus“, “The Prince Of The World” et son solo “maidenien” et son atmosphère “queenienne”), par contre, rappellent que le groupe est avant tout un combo de Metal, même s’il apprécie les gimmicks à la Gamma Ray, Stratovarius et Queen, par exemple…

Heavenly est devenu au fil des années une valeur sûre de notre style de musique préféré. Et suite à de nombreuses performances scéniques en France, en Europe et en Asie, en première partie de plus grosses pointures, pendant lesquelles le groupe a défendu ses précédentes productions, Ben Sotto et Charly Corbiaux ont eu l’occasion de rencontrer un tas de personnalités issues de formations de power, de heavy et de gothic metal européennes. Le groupe a, d’ailleurs, eu la très bonne idée d’inviter Tony Kakko (Sonata Arctica – “Wasted Time”), Tanja Lainio (Lullacry – “When The Rain Begins To Fall”) et Kevin Codfert (Adagio – “Bravery In The Field”) pour donner une coloration cosmopolite à sa musique sur des morceaux intéressants.

La France a toujours vu naître des instrumentistes et des compositeurs de talent. Ben Sotto fait partie de cette catégorie de personnes pour qui la musique est plus une question d’art, d’esthétisme et d’émotions, qu’une simple source d’argent ou un vulgaire produit. Ce nouvel album en est la preuve “vivante”. Outre une puissance vocale décuplée et une tessiture impressionnante réunissant plusieurs octaves, il possède un talent de composition rarissime, renouvelant sans cesse sa musique tout en conservant les éléments qui lui ont permis d’amener son groupe vers une reconnaissance unanime de la part des médias et des fans. Et c’est cette réunion de talents qui fait la force de Heavenly.

Virus‘ est un beau témoignage de la qualité des formations françaises, qui n’ont définitivement rien à envier à leurs collègues étrangers.

Demented (FRA) : Fields of SufferingDepuis ces dernières trois décennies, de nombreux styles ont vu le jour dans la scène Metal. La jeunesse et la diversité musicale aidant, énormément de musiciens se sont inspirés des groupes du passé pour explorer de nouveaux horizons et enrichir ce style musical encore très prisé, comme en témoignent les Evanescence, Linkin Park, Arch Enemy et autres Nightwish ou Within Temptation.

Pourtant, au-delà d’une grande envie d’innovation, certaines formations résistent encore et toujours à l’envahisseur Emo-Core-Grunge et ne se laissent pas posséder par la flamme mainstream que trop de groupes ont adopté ces dernières années. L’un de ces combos réactionnaires nous vient tout droit de Bordeaux. Il s’appelle DementeD et entend bien tout déchirer sur son passage. Des guitares sous-accordées, un chant guttural issu d’outre-tombe, des blast-beats, un son bien lourd et une atmosphère ténébreuse…pas de doute, nous avons bien affaire à du Death-Black old-school. Celui-ci, après une première écoute attentive, nous indique les probables influences de nos cinq compères : l’ombre d’Obituary, Deicide et autres Mayhem, plane tout au long de ce ‘Fields of Suffering‘, oppressant et brutal à souhait.

Ici, point d’éléments superflus et ennuyeux comme parfois certaines orchestrations mal arrangées ou des mélodies sirupeuses. Que nenni ! Le quintet va directement au but qu’il s’est fixé lors de sa création : il souhaite botter des fesses et exploser les tympans. Outre l’introduction malsaine qui débute cette rondelle (“Troubles”), le groupe a mis l’accent sur une production brute de décoffrage, une technicité hallucinante et une très grande qualité de composition, comme peuvent en témoigner des morceaux tels que “Sacrifice“, “To The Death” ou encore “Vision Of Chaos”. Les 12 titres s’enchaînent à une telle vitesse que le TGV ressemble à côté de cet album à un escargot de Bourgogne…c’est dire l’extrême célérité de la section rythmique.

Autre chose assez surprenant pour un groupe de Death-Black : les compositions ne se ressemblent pas, bien qu’elles semblent suivre une même logique et construites à partir d’une structure similaire. Et cela est une caractéristique particulière de la musique de DementeD. N’étant pas un fan de Metal extrême, j’appréhendais naturellement un peu l’écoute de ce ‘Fields of Suffering‘. Mais, mes doutes furent balayés dès la première écoute et je me suis surpris à headbanguer sauvagement, quitte à me faire une élongation des muscles cervicaux…C’est mon kiné qui était content…enfin bref, j’étais conquis dès la seconde fois où le disque a atterri dans ma platine.

Vous l’aurez finalement compris, DementeD a beaucoup de talent. Et ce debut-album est une réussite de A à Z. Bien sûr, il y a encore quelques petites erreurs de jeunesse, mais celles-ci sont tellement infimes que nous pouvons nous permettre de passer outre et de prédire au groupe un grand avenir. Il n’a vraiment pas à rougir devant les pointures de la scène extrême puisqu’il les égale…Bordeaux est le pays du Vin. Il y a certains millésimes qui ont besoin de veillir, de gagner en maturité, parfois pendant plusieurs années, pour dévoiler toutes leurs saveurs et d’autres, par contre, sont excellents dès leur mise en bouteille ou l’année suivante. DementeD n’a pas besoin de se bonifier avec le temps car son crû 2010 s’avère délicieux dès sa sortie. Une excellente surprise et un disque à posséder d’urgence !

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