Ratzinger : 2012

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Ratzinger : 2012Le 21 décembre 2012 est une date mystérieuse pour bon nombre de cultures, qu’elles soient orientales ou occidentales. Beaucoup de prophètes, la plupart de mauvaise augure, ont annoncé que ce jour allait marquer la fin du monde tel qu’on le connaît, et qu’il allait être précédé de signes annonciateurs, de catastrophes naturelles ainsi que de bouleversements sociaux, économiques ou politiques aux quatre coins de la planète. Le premier semestre 2011 a bien été ponctué d’événements mondiaux inattendus, tels que le « Printemps des pays arabes » ou le package séisme / tsunami meurtriers du 11 mars au Japon, qui a causé les multiples explosions de la centrale nucléaire de Fukushima. Ces phénomènes humains, technologiques et naturels sont-ils de pures coïncidences ou bien reflètent-ils les prémices de l’Armageddon prévu par la Bible, les Mayas ou le Yi Chin ?

De nombreux scientifiques et pseudo spécialistes se sont penchés sur la question. Certains individus, tels que Gregg Braden ou Whitley Strieber ont émis l’hypothèse, d’après une étude du fameux calendrier maya, que l’année 2012 représentait le point culminant du 4ème et dernier cycle de 26000 ans, ce point culminant devant nous amener tout droit vers l’intemporalité et un nouveau monde, dominé par l’Homme Conscient, c’est-à-dire, possédant un niveau spirituel bien supérieur à l’Homme actuel. Mais, que cette période serait d’abord caractérisée par un chaos ambiant et une transformation des consciences, ceci avant l’arrivée d’une vague d’énergie super-lumineuse qui est censée inonder les esprits dans le but de les apaiser. Bien évidemment, les scientifiques, en cartésiens respectables, démontent cette hypothèse et pensent, dans leur « sagesse absolue », que la Terre, malgré l’atmosphère chaotique qui règne actuellement à travers le monde, ne cessera pas de tourner, que l’alignement galactique des planètes du système solaire avec le centre de notre galaxie tant attendu n’aura pas lieu, puisqu’il se produit chaque année au solstice d’hiver, comme le dit l’astrophysicien Neil deGrasse Tyson, que la planète Nibiru n’est qu’une invention destinée à effrayer les âmes crédules et que le monde ne prendra fin que lorsqu’un astéroïde touchera le sol terrestre ou que le Soleil aura épuisé toute son énergie, ce qui engendrera un cataclysme cosmique de très grande ampleur dans quelques milliards d’années.

Que se passera-t-il réellement ce 21 décembre 2012 ? Qui détient la vérité sur le futur de l’humanité ? Personne ne le sait avec certitude. Il s’agit d’une problématique insoluble, dont la solution dépend de milliers de variables, toutes plausibles. La seule chose réellement certaine, c’est que nous nous devons de vivre le présent à fond, sans nous retourner sur le passé et sans nous projeter au lendemain. Juste vivre le moment présent, savourer chaque instant qui passe, chaque seconde qui s’écoule…

Les Hommes ne cessent pourtant de s’interroger sur leur avenir proche et la signification de cette date fatidique. Ainsi, cette peur de l’inconnu pousse de nombreux artistes, réalisateurs, musiciens, auteurs ou peintres à surfer sur celle-ci pour exorciser ce sentiment d’insécurité et de crainte face à la Mort, voire avertir l’Humanité de l’imminence d’une nouvelle ère ou, tout simplement, se faire un maximum d’argent avec un sujet d’actualité.

Roland Emmerich, par exemple, a sauté sur l’occasion pour créer un film d’action, certes impressionnant sur le plan des effets spéciaux, qui se révèlent être assez réalistes dans l’ensemble, mais tellement plat sur le contenu.

C’est, semble-t-il, la même démarche qu’ont eu les chiliens de RATZINGER avec leur second et nouvel opus sobrement intitulé ‘2012‘ et dont l’artwork représente le Christ crucifié, doté d’une tête de petit-gris et d’une paire d’ailes. Cette image est surplombée de signes ésotériques et religieux, dont la signification est très claire : le mythe de 2012 se retrouve dans toutes les cultures, peut importe leur localisation, leurs coutumes et leur système de croyances.

Au premier abord, la sortie d’un tel album nous inciterait à penser que le groupe s’est laissé porter par une solution de facilité, d’autant plus que d’autres formations, plus ou moins connues, ont-elles aussi écrit sur ce double-thème de la « Fin du Monde » et du « Renouveau spirituel » (Mayan ‘Quarterpast’, Becoming The Archetype ‘Celestial Completion’, Edenbridge ‘MyEarthDream’, Ashtar ‘Urantia’, Judas Priest ‘Nostradamus’, StratovariusElysium‘, etc). Pourtant, il n’est pas si aisé de s’exprimer sur ce sujet pour le moins controversé. A moins de faire des recherches très ciblées sur la toile, lieu où l’on trouve de réelles sornettes ou des choses plus concrètes sur le 21 décembre 2012, il est impossible de vraiment se faire une opinion, même partielle, sur cette date mystérieuse. Il y a énormément d’informations qui circulent et faire le tri est une tâche plutôt ardue. RATZINGER s’y est, néanmoins, intéressé. Sûrement leurs racines incas y sont pour beaucoup dans le choix de cette thématique.

Ainsi, le concept général de ‘2012‘ décrit avec précision les différentes thèses émises, telles que la multiplication des catastrophes naturelles, le réchauffement climatique induit par les activités humaines, l’Ascension planétaire, le célèbre « Point Zéro » (le champ magnétique terrestre diminue et la fréquence vibratoire augmente, réduisant ainsi la protection de la Terre contre les radiations cosmiques, cf. La Résonnance de Schumann) et l’Intemporalité…Les infos qui nous sont distillées par les sud-américains nous renseignent sur toutes les facettes du profond changement qui nous attend peut-être dans un peu plus de 400 jours, maintenant.

Musicalement, le groupe se défend bien. Le métal du quartet est assez gras, avec un son limite sale (manque de clarté sur les guitares), mais, toutefois, puissant. Comparativement, la musique de RATZINGER est très proche de celle de groupes comme Arakain ou Black Label Society. D’autres influences viennent s’ajouter à l’architecture musicale de ce ‘2012‘ de manière plutôt discrète, Machine Head ou Cavalera Conspiracy en tête. Le groupe conserve quand même une forte patte personnelle, qui lui permet de se détacher largement des groupes cités ci-dessus. La principale qualité de cette deuxième rondelle de la formation chilienne est son côté groovy. Ça balance et ça swingue tout au long des 42 minutes de métal que comptabilise l’album. Le disque en lui-même se termine par une agréable balade (« Life Goes By »), avant que les bonus-tracks ne prennent le relais. Ces derniers sont les remix de quelques titres tirés du précédent opus ‘State Enemy‘, à savoir « Nuclear Day », « Black September », « Evolution Disaster » et la version piano de « Just A Dream ». « Gusano », quant à lui, est une composition qui n’a absolument rien à voir avec le thème de ‘2012‘, puisqu’elle est dédiée à tous ceux qui dénigrent les artistes de manière anonyme sur Internet.

Malgré de bons côtés, il est impossible de ne pas ressentir une certaine lassitude vers la sixième piste, la faute à une musique trop répétitive et un son pas assez clair et léger. RATZINGER veut en mettre plein la vue et les oreilles, mais le groupe peine à trouver un équilibre. Il y a un flagrant manque d’inspiration et d’originalité. Ivan Vega et ses collègues sont d’excellents musiciens, c’est indéniable. Néanmoins, ils auraient dû peaufiner ce ‘2012‘ prématuré.

Il est dommage d’aborder un thème aussi compliqué que celui du mythe autour du 21 décembre 2012 en créant un métal aussi basique. Plus d’originalité aurait été de rigueur. Une atmosphère ténébreuse, voire occulte, aurait eu un impact bien plus fort sur l’auditeur. RATZINGER aurait pu user d’éléments progressifs (mesures impaires, parties de claviers ambiantes, sons synthétiques, voix gutturales ou barrées) afin d’obtenir un résultat réellement spectaculaire et moins compact. Toutefois, ce ‘2012‘ ne manque pas de caractère et devrait plaire malgré ses faiblesses. Un bon album, sans plus.

Mayan : Quarterpast

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Mayan : QuarterpastDans le métal extrême, il y a deux types de groupes. Les brutaux, qui, pour la plupart, ne s’attardent pas à créer des chansons très élaborées et qui préfèrent aller directement aux choses sérieuses en nous assénant des riffs belliqueux. Et les délicats, pour qui « agressivité » rime avec « accessibilité ». Pour cette seconde catégorie, les mélodies et les ambiances ont tout autant leur place sur cette scène que les gros coups de massue à l’aide de guitares ténébreuses ou des sections rythmiques aussi rapides et lourdes que des bruits de tonnerre. C’est exactement ce qui intéresse Mayan, la nouvelle formation de Mark Jansen, l’ancien gratteux d’After Forever et fondateur d’Epica, qui se retrouve uniquement, une fois n’est pas coutume, derrière le micro, accompagné d’autres musiciens, plus ou moins connus, comme Ariën Van Weesenbeek (batterie) ou Isaac Delahaye (guitares, chœurs). Mayan est, donc, plus un « All-Stars Band », destiné à épater la galerie qu’un véritable groupe, qui saurait nous pondre d’excellents titres.

Sur le plan musical, pas de réel changement de cap. La musique fait la part belle aux mélodies et à des structures symphoniques habituelles que l’on peut retrouver aussi bien chez feu After Forever que chez Epica (nombreux changements de rythmes, alternances de voix féminines claires ou classiques et masculines gutturales, ambiances pompeuses, riffs lourds et plombés dus aux guitares sous-accordées). Néanmoins, certaines nouveautés ont fait leur apparition, telles que des passages plus atmosphériques ou progressifs, accompagnés de sons de claviers modernes et des interruptions parlées. Ces quelques petites améliorations apportent un vrai dynamisme à ce style qui aurait tendance plutôt à faire somnoler, car maintes fois entendu. Heureusement pour Mayan, ce n’est pas le cas, même si l’ensemble reste malgré tout un tantinet faiblard.

Chaque composition possède un brin de folie qui apporte une ambiance barrée à l’album. D’ailleurs, on peut l’entendre dès le titre d’ouverture, « Symphony Of Agression ». Les autres morceaux sont dans la même veine. Malgré cela, l’album n’est, malheureusement, pas très réjouissant. Comme je le disais plus haut, le groupe nous met dans une position de déjà-entendu. Ce sentiment est d’autant plus fort que la ressemblance de certains morceaux avec ceux des groupes précités est frappante. La production, certes puissante et claire, appuie cette impression désagréable. L’ombre des ‘Invisible Circles’ ou ‘Design Your Universe‘ plane au-dessus de ce debut-album…Pourtant, connaissant les musiciens, l’on aurait pu s’attendre à un tout autre résultat, moins banal et en aucune façon stéréotypé.

Grâce à ce ‘Quarterpast‘ plus ou moins mal conçu, le fan de métal peut s’apercevoir que la Hollande, pays de l’Edam, des Tulipes et de Dave, tourne actuellement en rond musicalement dans un style complètement bouché. Excepté peut-être avec Within Temptation, qui a su se renouveler au fur et à mesure des années et offrir un magnifique présent avec son nouvel et terrible album ‘The Unforgiving’. Mark Jansen et ses compères devraient en prendre de la graine, s’ils désirent continuer à naviguer sur les flots imprévisibles de la scène métal à bord de leur navire Mayan. Espérons de leur part un rapide changement de cap et une solide reprise en main de la barre, ce qui pourrait leur éviter un plausible naufrage musical.

Perdu dans un océan d’albums de qualités diverses sortis en cette année 2011, ‘Quarterpast‘ fait figure de « pollution sonore ». Ce terme est-il trop fort pour désigner cette première réalisation du « all-stars band » néerlandais ? Sans aucun doute si l’on se place du point de vue de la musique en général. Comparé au dernier album de Lady Gaga, par exemple, il fait figure de chef d’œuvre. Mais, pas si l’on se place du point de vue de la scène métal européenne, où là, cet album de Mayan est une mauvaise plaisanterie…

Pour résumer, si vous aimez à la fois vous promener dans les bois, cueillir les champignons, écouter du métal et aller faire des visites régulières chez votre disquaire, surtout n’achetez pas ce ‘Quarterpast‘, il est aussi indigeste et toxique qu’une amanite tue-mouche. Un conseil, ne vous attardez pas dessus et passez votre chemin…

Eowyn : Beautiful Ashes

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Eowyn : Beautiful AshesNotre style de musique préféré a énormément souffert des préjugés. La plupart des gens, qui n’en écoutent pas, pensent, par exemple, que le métal prône le satanisme, que ce milieu n’est qu’un ramassis d’ivrognes écervelés fascistes et machos, voire pire, de meurtriers psychopathes qu’on a oublié d’enfermer dans un asile d’aliénés… Les croyances ont la peau dure, malheureusement et les amalgames avec des massacres universitaires sont trop nombreux de nos jours.

Néanmoins, les mauvaises langues pourront se taire définitivement. En effet, un phénomène, persistant depuis deux décennies, pourrait bien faire ouvrir les yeux des bien-pensants sur une vérité indiscutable : le métal n’est pas une musique de frappadingues ou de grosses brutes mysogines. Ce phénomène, qui n’est pas nouveau, puisqu’il a été partiellement initié au milieu des années 90 par quelques groupes venus des pays scandinaves, maladroitement affublés du qualificatif de « groupes à chanteuses » par les ignorants, tels que les pionniers de Theatre Of Tragedy, Nightwish ou The Sins Of Thy Beloved, apporte une preuve irréfutable de notre « inoffensivité ». A travers l’apport d’une présence féminine, occupant une place importante, celle de frontwoman, ces formations ont contribué à développer une image plutôt positive du métal. D’autres combos suivront sur cette voie, tels que Alyson Avenue, Jet Trail, Lullacry, Magica, Epica, After Forever ou Evanescence. Malgré cette tendance relativement récente, il ne faut pas oublier les formations exclusivement féminines des années 80, comme Girlschool, Phantom Blue ou Vixen, qui, à défaut d’être délicates, étaient sauvages et déterminées à prouver qu’elles étaient les égales à Iron Maiden, Judas Priest ou Poison, ce qu’elles ont parfaitement réussi.

Le style de prédilection de ces nouveaux groupes se situe principalement à mi-chemin entre un métal gothique et pompeux et un métal plus dur, saupoudré de vocaux masculins gutturaux ou de subtiles envolées lyriques féminines. Cependant, il ne s’agit pas d’une généralité, loin de là.

D’ailleurs, c’est ce que nous prouve aujourd’hui la chanteuse Eowyn , venue tout droit de Nashville. Loin des stéréotypes de la femme fragile, elle a su créer un univers musical bien à elle. Empruntant autant à la vague gothique, fièrement représentée par les Evanescence, Forever Slave et cie, qu’au métal alternatif, elle nous offre avec ce ‘Beautiful Ashes‘, quatrième album de sa discographie que l’on espère longue et inspirée, un concentré de pur bonheur.

Se différenciant de ses concurrentes, Eowyn a su parfaitement allier ses influences et les marier alchimiquement, transformant les 10 titres de cet album en de véritables pépites d’or musicales. Structurellement, ses compositions sont simples, allant directement à l’essentiel, évitant ainsi des écarts de goût. Parfois plus rock que métal, les chansons sont plutôt sombres, ce qui leur donne une dimension très théâtrale. Ponctués de touches électroniques qui leur confèrent une certaine modernité, les titres se succèdent magnifiquement sans aucun temps mort, grâce à une dynamique propre et logiquement installée.

Eowyn a mis toute sa personnalité au service de titres forts, créant ainsi un véritable bijou d’originalité. Très douée dans la composition et dans l’écriture, elle l’est également dans l’interprétation de ses propres œuvres. Possédant une voix unique, elle fait rayonner chacun des titres avec une lumière différente. Ainsi, ce disque est riche en ambiances. Par ailleurs, sa délicatesse est déconcertante. Vocalement, Eowyn a déjà tout d’une grande, même si carrière n’est que très récente. Elle maîtrise parfaitement toutes les facettes de son organe et sait comment distiller une grosse dose d’émotion qui marquera les esprits au fer rouge.

Textuellement, là aussi Eowyn semble réellement à l’aise, parlant de sujets actuels ou personnels. Les paroles reflètent une certaine noirceur, mais sont toutefois plus lumineux qu’ils n’y paraissent. En vérité, c’est la musique qui donne cette impression. Ou plus précisément les divers éléments ajoutés.

Beautiful Ashes‘ représente extrêmement bien tout le talent de cette américaine décidée à conquérir le monde. Compositrice, auteure, interprète…Eowyn possède plusieurs cordes à son arc, qui lui permettent de se faire un nom sur la scène rock / métal, ainsi qu’une place parmi ses homologues masculins.

Grâce à des femmes comme Eowyn, Doro Pesch ou Tarja Turunen, le métal n’a désormais plus mauvaise réputation. Exit le stéréotype du chevelu sexiste. Aujourd’hui, le métal est symbole du respect de la gent féminine, contrairement à d’autres milieux musicaux où l’irrespect et la violence faites aux femmes prévaut encore (non, je ne citerais pas de noms ou de style musical en particulier, cela n’irait pas dans le sens de la chronique et n’aurait aucun intérêt).

Tout comme au sein d’autres scènes, la révolution du « Girl Power » (qui fût clamé haut et fort par 5 anglaises épicées) est en marche dans le métal, cela pour notre plus grand plaisir à nous les mecs ainsi qu’à nos esgourdes!

Ce ‘Beautiful Ashes‘ en est le témoignage le plus récent. Avis aux amateurs de très bons sons, cet album est une pure merveille qui est faite pour vous !!

Alestorm : Back Through Time

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Alestorm : Back Through TimeLe métal n’est pas une musique totalement fermée aux mélanges, parfois exotiques, qui créent des ambiances particulières. Certains groupes aiment s’aventurer vers des terrains à priori glissants mais qui, au final, peuvent s’avérer payants. En effet, marier ensemble des éléments électriques et acoustiques apparaît aux yeux des puristes comme une démarche impossible à gérer ou farfelue. Pourtant, il n’en est rien. De nombreuses formations, à commencer par celles provenant du nord de l’Europe, l’ont démontré avec brio. Il faut bien l’avouer, la folk est bien la continuité logique du métal, ou l’inverse d’ailleurs. Cette union, quasi alchimique, entre ambiances celtiques ou issues de certains folkores populaires et musiques plus modernes, est une brillante évolution artistique, car elle permet une fusion parfaite et plutôt bien réussie du passé et du présent.

Et dans ce domaine, l’on peut effectivement avouer que les écossais d’ALESTORM sont très doués. Leur cocktail folk / métal est d’une efficacité redoutable. Ces corsaires des Highlands nous racontent des histoires diverses mais ayant presque toujours pour thème l’alcool, les pirates ou la fête…Un peu comme les finlandais de Korpiklaani ou de Finntroll, dont l’éclectisme, thématique ou artistique, est comparable. Musicalement influencés par des pointures du black telles que Bal-Sagoth ou Primordial, pour ne citer que les principales, ALESTORM a su quand même imposer une personnalité propre bien trempée, qui ressort par tous les pores de leur troisième et nouvel album (déjà !) intitulé ‘Back Through Time‘. Avec un nom pareil, s’agirait-il d’un éventuel retour aux sources ? La question semble un peu déplacée, d’autant plus que le groupe n’a pas changé sa musique ne serait-ce que d’un iota ou modifié sa trajectoire musicale. Alors, que peut-on répondre à cette interrogation sans fondement ? Tout simplement, que nenni. Non, ALESTORM, depuis le début, fait de l’ALESTORM, sans se prendre la tête. Point barre.

Ainsi, l’on retrouve les pierres fondatrices du « pirate-métal » d’ALESTORM : des mélodies imparables et des chœurs épiques, des riffs meurtriers, des vocaux gutturaux ou plus accessibles, le tout englobé dans une barrique délicieusement empoisonnée de rythmes plus ou moins power métal. Oui, ALESTORM n’a ni changé de recette, ni de crémerie. Même si l’histoire veut que les joyeux lurons aient changé, cette fois-ci de navire (cf. le gréement noir en fond sur la pochette) pour occuper celui du célèbre Hollandais Volant.

Sur ce nouvel opus des héritiers de William Wallace l’originalité n’est pas tout à fait absente. En effet, même si la musique donne véritablement la pêche et suscite une pépie d’enfer qui pourrait satisfaire les bourses de tous les taverniers de la région du Loch Ness, on ne se lasse pas facilement du folk distillé par ALESTORM. Chacun des titres ne ressemble pas au précédent : de nombreuses surprises ponctuent régulièrement la rondelle. Le groupe possède assurément un réel potentiel de composition qui, avec un peu de plus d’imagination et d’expérimentation, aurait pu donner plus de charisme à sa musique, sans toutefois manquer de lui apporter de la personnalité. A défaut de devenir un laboratoire musical culotté, nous retrouvons quand même ici de la fougue, de l’entrain et de la bonne humeur qui incitent l’auditeur à festoyer encore et encore entre potes, jusqu’à un complet épuisement.

Le nouvel album d’ALESTORM, ‘Back Through Time‘, est un concentré d’énergie made in Scotland. Il n’y a qu’à jeter une oreille attentive sur la trilogie « Shipwrecked » / « The Sunk’n Norwegian » / « Midget Saw » pour se retrouver définitivement scotché contre un mur d’amplis Marshall et ne plus pouvoir s’en défaire. Rien que ça !! Les autres compositions sont, à quelques détails près, dans une veine similaire. Après leur écoute et en découvrant progressivement cette troisième production, ma remarque du début concernant le fait qu’ALESTORM fait de l’ALESTORM n’est que partiellement justifiée, puisqu’un air de nouveauté fait son apparition au milieu de tous ces chants de guerre à la gloire de l’alcool et de la confrérie des pirates : des titres comme « Powermash » ou « Scrapping The Barrel » prouvent que le groupe sait à la fois s’amuser en empruntant certaines figures de style musicales à d’autres genres, comme le reggae ou le rock barré des seventies, et être plus « romantique ». La formation menée par le claviériste-chanteur revient quand même à des choses plus directes dans la seconde partie de l’album, pour terminer sur une note épique et grandiloquente avec « Death Throes Of The Terrorsquid », qui comptabilise près de 8 minutes. Ce dernier titre nous narre l’histoire de marins qui croisent malencontreusement la route du Léviathan, en mêlant subtilement power, heavy et black symphonique. Une pure réussite !

Vous aurez compris à travers cette chronique que ce ‘Back Through Time‘ est un chef d’œuvre. Il ne contient que d’excellentes compositions et aucun titre de remplissage. ALESTORM a su se renouveler tout en conservant son empreinte personnelle. Une prouesse que peu de groupes savent désormais réaliser. Par ailleurs, la production de ce nouvel album permet également aux écossais de donner le meilleur d’eux-mêmes en magnifiant leurs créations. Attention à vous, moussaillons, Davy Jones et ses sbires sont définitivement de retour pour vous achever à coup d’hymnes sauvages et savoureuses ! A l’abordage, par Jack Sparrow !!!!!!!

Edguy : Age of the Joker

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Edguy : Age of the JokerTous les groupes ont tous plus ou moins connus durant leur carrière des passages à vide en terme de composition. On peut, notamment, citer les cas d’Iron Maiden ou de Judas Priest, qui nous ont pondu des œuvres bancales dans les années 90 (‘No Prayer For The Dying‘ / ‘Virtual XI’ et ‘Jugulator’ / ‘Demolition‘), ceci malgré leur célébrité. Les teutons d’Edguy ne font pas exception à la règle, loin de là.

Leur deux précédents opus, ‘Rocket Ride‘ et ‘Tinnitus Sanctus‘, étaient littéralement pauvres en bonnes idées et trop différents de l’image habituellement véhiculée par la formation allemande. Tobias Sammet et ses compères s’étaient orientés vers des rivages beaucoup plus rock que par le passé. Certains spécialistes ont alors émis l’hypothèse de la trop grande dispersion musicale de Tobi pour expliquer le manque d’inspiration flagrant dont furent victimes les albums cités ci-dessus. En effet, le petit vocaliste aime vraisemblablement courir plusieurs lièvres à la fois, ses deux groupes, Edguy et Avantasia, sortant de nouveaux enregistrements trop régulièrement. On peut, donc, se poser légitimement la question suivante : est-ce que le fait que Mister Sammet soit le compositeur principal des deux formations n’est, au final, pas un mal pour la santé de celles-ci ?

La réponse à cette interrogation se trouve aujourd’hui dans le nouvel album des germains, intitulé ‘Age of the Joker‘. Quoi dire de celui-ci ? Est-il différent des deux erreurs de parcours qui l’ont précédé ? Le groupe est-il revenu à une musique plus brute de décoffrage et plus majestueuse, comme ce fût le cas sur ‘Mandrake‘ ou ‘Theater of Salvation‘ ?

En fait, cette nouvelle offrande n’est ni plus ni moins qu’un mélange de rock et de métal, point à la ligne. L’époque des hymnes dantesques, telles que « Tears Of A Mandrake », « Pharaoh », « Vain Glory Opera » ou « The Headless Game » est, malheureusement, bel et bien révolue. Malgré cela, ‘Age of the Joker‘ est un disque bien plus inspiré que le nullissime ‘Tinnitus Merdum…euh, pardon, je voulais dire Sanctus’…

Nous nous retrouvons ici avec des morceaux plus virils, possédant des riffs puissants et des ambiances plus sombres et épiques (« Faces In The Darkness », « Behind The Gates To Midnight World»). Une pointe de soulagement apparaît à l’écoute de ces deux titres. Edguy n’a finalement pas renié son passé et les éléments qui l’ont amené à se faire une place parmi les ténors de la scène métal européenne, et ce même si les cinq musiciens savent également faire les zouaves au travers de chansons décalées. Les mid-tempos (« Fire On The Downline ») commencent à disparaître peu à peu au profit de rythmiques plus rapides et très expressives, telles que celles de « The Arcane Guild », « Robin Hood » (premier single, dont la vidéo est hilarante), « Nobody’s Hero » ou « Breathe ». Toutes les caractéristiques qui ont fait le succès du quintet de Fulda refont progressivement surface, même s’il faut le dire très timidement : mélodies imparables, refrains entêtants, abus de vibratos de la part de Tobias Sammet, 2nd degré (« Pandora’s Box » et son introduction country, « Two Out Of Seven » dont certaines paroles sont assez salaces, très eighties dans l’âme)…Vraie-fausse nouveauté, par contre, du côté des claviers, beaucoup plus présents, donnant ainsi une nouvelle dimension à la musique qui se révèle beaucoup plus fraîche. Pour finir, Edguy s’en sort royalement sur la power-balade « Every Night Without You ». Mention spéciale, toutefois, au titre « Rock Of Cashel », peut-être le meilleur titre de ‘Age of the Joker‘. Rien à dire sur la production, le son étant toujours aussi clair et dynamique que sur les autres galettes du groupe.

Age of the Joker‘ signe le retour incontestable du Edguy d’antan. Ce déjà neuvième (!) album du groupe est une bouffée d’air pur pour les fans du combo. Il ne s’agit pas encore d’une claque comme celles qui précédent ‘Hellfire Club‘, mais la formation est sur la bonne voie. Le disque mérite que l’on s’y penche, car il ne déçoit pas. Encore un peu et Edguy reviendra dans deux ans avec, espérons-le, un nouveau ‘Mandrake‘. Dans tous les cas, ce ‘Age of the Joker‘ est la bonne surprise de cet été 2011.

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