Jerusalem (SWE) : She

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Jerusalem (SWE) : SheIl est, depuis peu, assez surprenant de voir que de nombreuses formations métal et hard rock des années 80, qui n’ont absolument rien enregistré depuis presque deux décennies, refont leur apparition à l’aube du 21ème siècle. Tout comme Lazare, ces formations plus ou moins bien connues ressuscitent d’entre les « morts » pour deux raisons principales, indépendantes ou non l’une de l’autre : l’appât du gain ou la simple envie de rejouer de la bonne musique avec ses collègues. Il est, tout de même, assez rare de voir ces deux motivations séparées. Par conséquent, il n’est pas toujours très évident d’avoir une opinion claire sur un combo émergeant à nouveau d’une pause ayant, au final, plus l’air d’un split que d’une mi-temps.

Jerusalem fait partie de ces formations-là. Bien qu’ayant eu énormément de succès dans les eighties et après avoir sorti de véritables pépites, à savoir ‘Dancing On The Head Of The Serpent‘ (1987) et ‘Prophet‘ (1994), leurs deux meilleures réalisations à ce jour, Ulf Christiansson et ses compères semblent s’être volatilisés et Jérusalem a littéralement disparu de la circulation…jusqu’à l’année dernière, où les suédois ont décidé d’un commun accord de remonter sur scène et d’enregistrer ‘She‘, 7ème opus de leur discographie, qui se compte sur les doigts de la main. Après un album tel que ‘Prophet‘, était-il difficile pour le groupe de nous offrir avec ‘She‘ une galette de qualité, si non supérieure, équivalente, au moins à son prédécesseur ?

Bien que ‘She‘ soit ne soit pas un chef d’œuvre, il reste de très bon aloi. Moins fougueux et plus calme que ‘Prophet‘, ce dernier disque nous révèle un côté plus sobre de sa personnalité musicale. Des titres comme « Calling On » ou « Supernatural » n’ont rien de bien enjoué, car Jerusalem ne joue plus vraiment dans la catégorie hard rock et, tout comme ses concurrents de Bon Jovi, évolue désormais dans un rock FM américain très homogène. Malgré des qualités indéniables, comme sa mélodicité, des refrains plus ou moins accrocheurs, des textes moins orientés religion (« She », « Amos 5 »), quoique certaines compos peuvent le suggérer encore (« Supernatural », « Crown The King », « Heaven », « The Story Of D »), ‘She‘ reste simplement un album avec du charme, certes, mais sans le dynamisme de ‘Dancing On The Head Of The Serpent‘ et l’originalité, ici, n’est pas de mise. Pas sûr que les messages chrétiens scandés par Ulf, dont le but est d’être délivré à sa fan-base et aux jeunes de tous bords musicaux, soient très efficaces dans un contexte musical aussi plat, sans aucune saveur.

Autant ‘Prophet‘ était une bonne surprise à l’époque où le grunge régnait en maître, reléguant le hard rock et le métal à des outsiders, avec ses riffs accrocheurs, autant ‘She‘ est l’objet d’une grande déception. L’inspiration divine a énormément manqué au quintet qui aurait dû rester en « pause ». Cela lui aurait sans doute permis de continuer à méditer sur des compositions plus élaborées que celles figurant sur ‘She‘. Peut-être qu’un pèlerinage à Lourdes ou une prière à Notre-Dame seraient les solutions au laisser-aller d’une formation regorgeant pourtant de ressources d’écritures maintes fois acclamées par le passé ? Toujours est-il que ce nouvel opus des suédois ne laissera pas de souvenir impérissable derrière lui. Ulf et sa bande de joyeux apôtres deviennent trop vieux pour persister sur la voie de la musique amplifiée. Ils feraient mieux de retourner chanter dans les églises et d’accompagner Don Camillo lors de ses prêchi-prêcha du dimanche devant une foule de moutons égarés…Ils y feraient moins tâche…

Finalement, 2012 a bien eu lieu, mais avec un an et demi d’avance. Car ce ‘She‘ est une véritable catastrophe musicale. Peut-être la pire de l’année 2011…A oublier !!

Dream Theater : A Dramatic Turn of EventsLa vie d’un groupe n’est pas de tout repos. En effet, comme tant toute société pluri-individuelle, il est obligatoire de constamment respecter un certain nombre de règles pour que la coexistence entre les membres soit la plus pacifique possible. Parfois, l’ambiance est tellement ensoleillée qu’un line-up reste stable durant des années. A d’autres moments, les egos, ou les problèmes personnels, mettent à mal les efforts collectifs de bonne entente. Dans ce dernier cas de figure, une séparation temporaire ou une modification de configuration humaine d’une formation peut se révéler salvatrice.

Dream Theater a déjà une longue expérience. Et malgré les relations amicales qui Lient ses membres entre eux, de nombreux changements se sont avérés plutôt utiles à l’évolution du groupe. C’était le cas avec les départs de Kevin Moore et Derek Sherinian. Dream Theater a continué son petit bonhomme de chemin jusqu’à l’auto-éviction récente et surprenante d’un de ses fondateurs, j’ai nommé Mike Portnoy. Que s’est-il passé pour que celui qui, à l’évidence, était le cœur de la musique interprétée par le combo new-yorkais en arrive à être remercié par ses collègues ? Portnoy a toujours été un battant. Pourtant, il a dû faire face à de multiples difficultés, tant personnelles que professionnelles, qui l’ont forcé à annoncer, via un communiqué de presse, son désir de mettre Dream Theater en stand-by. Parmi ces raisons, nous pouvons citer, entre autres, la dégradation de ses relations avec les autres membres du groupe, ses problèmes de fatigue récurrente ou le fait qu’il prenne bien plus de plaisir à jouer avec ses autres projets (Transatlantic, Hail !, Avenged Sevenfold). L’état d’esprit dans lequel s’était embourbé le batteur allait, semblait-il alors, sonner le glas de Dream Theater.

Heureusement pour les fans, ce ne fût pas le cas. Car, même si Portnoy, détenteur légal du patronyme du groupe, ne souhaitait pas que ses ex-compères continuent sans lui en usant du nom Dream Theater, James, les deux John ainsi que Jordan ne l’entendaient pas de cette oreille et prirent la décision, certes la plus aisée, de le conserver. C’est à partir de ce divorce assez mouvementé que les quatre rescapés se sont mis à la recherche d’un nouveau frappeur de fûts pour remplacer Mike. Après avoir auditionné des musiciens aussi prestigieux les uns que les autres (citons par exemple Aquiles Priester, Virgil Donati ou Derek Roddy), l’identité du lauréat est enfin annoncé dans le dernier épisode de la mini-série ‘The Spirit Carries On’, filmé pendant les auditions, en date du 29 avril 2011 : c’est Mike Mangini (Extreme, Annihilator, Steve Vaï) qui a l’extrême privilège et la lourde tâche de devenir le nouveau batteur de Dream Theater.

Dans la foulée, les américains enregistrent ‘A Dramatic Turn of Events‘, un album intéressant de par son éclectisme, se situant dans la parfaite continuité de ‘Systematic Chaos‘ et ‘Black Clouds & Silver Linings‘. Un poil plus sombre que ses prédécesseurs, ‘A Dramatic Turn of Events‘ fait la part belle aux ambiances et aux éléments plus rock qu’à l’accoutumée. De nombreuses parties, inhabituelles chez Dream Theater, tels que ce merveilleux break blues au sein de « Breaking All Illusions » (à 7′14) ou l’intro mystique tibétaine de « Bridges In The Sky », ponctuent cet album. Mais, c’est certainement le titre « Outcry » qui est vraiment sur surprenant : celui-ci démarre en douceur par une mélodie jouée aux claviers avec un son de vibraphone, puis continue par un riff en mid-tempo digne d’un Excellent Within Temptation, puis un pont constitué d’un sample électronique, proche de celui intégré au morceau « Cold Heritage » de Lacuna Coil, fait son apparition, avant de laisser place au métal progressif. D’autres innovations sont distillées avec parcimonie ça et là tout au long des 1h25 de musique présentes sur ce disque. Mais, je vous laisse le soin de les découvrir par vous-mêmes, comme des grands.

A part ces évolutions, l’on retrouve les éléments caractéristiques du métal de Dream Theater : rythmiques impaires, morceaux en tiroirs (« On The Back Of Angels », « Breaking All Illusions »), surexposition de claviers, mélodies barrées, section rythmique mise en avant, soli de fous, balades empLies de tristesse (« This Is The Life », « Far From Heaven », « Beneath The Surface »), refrains plaisants et dantesques (« Lost Not Forgotten », « Build Me Up, Break Me Down »). Toutefois, les deux plus grandes baffes de ‘A Dramatic Turn of Events ‘ se révèlent être « Bridges In The Sky » et « Outcry ».

Malgré les événements récents relatés au début de cette chronique, cette nouvelle pièce maîtresse de Dream Theater est tout bonnement magistrale. Elle tient largement la comparaison avec ‘Images and Words‘, ‘Train of Thoughts’ ou ‘Black Clouds & Silver Linings‘ en termes de qualité de composition, de production et d’interprétation. Cela est dû principalement au fait que tout le groupe, hormis Mike Mangini, s’est attelé au travail d’écriture. Ce dernier se débrouiller très bien derrière les fûts. L’union fait la force, comme le dit l’adage. Cela s’est vérifié ici. Par ailleurs, le départ de Portnoy a permis un relâchement des tensions internes. Enfin, le son puissant et le mixage sont dû au duo John Petrucci / Andy Wallace. Ce qui se traduit par un enregistrement brut de décoffrage, avec une basse et une batterie que l’on arrive à entendre un peu plus. Le ton général est, donc, plus direct, plus ténébreux. Ce léger revirement de cap redonne plus de dynamisme à l’ensemble, ce qui, vu la complexité de la musique de la formation, n’est pas un mal, loin de là. Il lui donne plus de fraîcheur et nous permet, enfin, d’apprécier le talent de Dream Theater à sa juste valeur au travers d’un métal plus aéré et moins brouillon.

Les compos devraient très bien passer le test de la scène. Nul doute que les gens devraient reprendre d’une seule voix les refrains et passer un Excellent moment de communion avec James Labrie et ses collègues.

Tout comme Stratovarius il y a trois ans, Dream Theater est arrivé à survivre après le départ soudain et douloureux d’un membre fondateur et à créer puis enregistrer l’un de ses albums les plus versatiles et réussis. Il a réussi à me surprendre de bout en bout et, bien que les ¾ des chansons de ce nouvel opus dépassent les 6 minutes, à aucun moment je n’ai eu envie d’éteindre ma platine pour reposer mes oreilles et ma cervelle. C’est un très grand progrès. Finalement, je dois avouer que ce ‘A Dramatic Turn of Events‘ est un très beau cadeau en ce début d’automne, qui devrait plaire tout autant aux proggeux qu’aux autres métalleux, grâce à sa variété, sa subtilité et sa tendance à naviguer entre les genres. Le meilleur album du début du second semestre 2011, tout simplement !

Destruction : Day of ReckoningL’Allemagne est un pays qui possède une longue expérience en matière de métal. Il n’y a prendre des groupes tels que Scorpions, Accept ou Helloween, pour ne citer que les plus célèbres, pour se rendre compte de la très grande qualité des formations qui ont vu le jour en son sein. Bien évidemment, la Germanie, comme partout ailleurs, n’est pas uniquement spécialiste en hard rock, heavy métal ou power métal mélodique : elle peut fièrement exposer tout un large éventail de styles, aussi divers que variés, tous plus ou moins efficaces selon le genre pratiqué.

Dans la catégorie métal brutal, l’Allemagne est une valeur sûre. Côté thrash métal, principalement. Quatre grandes formations, dignes représentantes de ce style, sont apparues pratiquement en même temps, dans un Etat, alors, coupé en deux (cf. RFA et RDA). Kreator, Sodom, Tankard ou Destruction ont émergé dans un contexte politique difficile et instable. Cet environnement particulier a engendré beaucoup de frustration et de colère de part et d’autre du « Rideau de Fer ». Ces sentiments expliquent pourquoi ces formations ont opté pour une forme « violente » d’expression musicale. Ils avaient besoin d’extérioriser les maux accumulés pendant des années au fin fond d’eux-mêmes. Ainsi, proches de la pensée collective, leur succès a été quasiment immédiat.

Le thrash métal allemand diffère dans sa structure de celui ayant émergé dans la Bay Area de San Francisco. En effet, beaucoup plus mélodique, il est également beaucoup plus direct et rapide que celui pratiqué par Metallica, Megadeth ou Death Angel. Cette variante est légèrement plus intéressante, puisqu’elle met en évidence deux ingrédients, a priori, diamétralement opposés et qui peuvent, pourtant, se marier à la perfection : brutalité et musicalité. Cette mayonnaise est l’une des bases essentielles dans le thrash à la teutonne. Et cet ingrédient n’a pas été oublié sur ‘The Day of Reckoning‘, le nouvel album de Destruction.

En effet, le trio, comme vous le savez, ne fait pas dans la dentelle (quoique !). Au contraire, plus ça cogne, mieux c’est. Depuis ses débuts en 1982, le groupe nous a assommés à maintes reprises à l’aide d’enregistrements studio aussi lourds qu’un paquebot rempli de baleines. Riffs plombés, vocaux scandés et braillés, soli mélodiques, rythmiques martiales, tels étaient et sont toujours les éléments composant la musique de Destruction. ‘Day of Reckoning‘ n’est, donc, pas destiné aux amateurs exclusifs de métal raffiné, qu’il soit gothique ou symphonique. Il correspond davantage aux amoureux de puissance et de déflagration métallique.

Day of Reckoning‘, qui est déjà le 11ème opus des allemands, ne contient que des brûlots, tous meilleurs les uns que les autres. Aucune ballade n’est présente, comme d’habitude sur les disques de Destruction (ou des autres formations citées ci-dessus). Une telle démonstration de force, bien que dynamique et entraînante, manque sérieusement de diversité. Le groupe aurait pu surprendre avec, au moins, un titre calme. Au lieu de cela, il nous assène continuellement d’agressivité, ce qui peut se révéler lassant à la longue. En même temps, vu l’artwork, le thème de l’album et le nom des morceaux, à quoi pouvions-nous nous attendre d’autre ? Pour ce qui est de l’originalité et de la versatilité, le groupe devrait sérieusement revoir sa copie.

Il est vrai qu’après un ‘D.E.V.O.L.U.T.I.O.N’ mi-figue mi-raisin, contenant tout de même plusieurs nouveautés (chants grégoriens et autres gimmicks), le groupe semblait perdre pied. Mais, son retour en force aujourd’hui démontre la ténacité de la formation, malgré un nouveau changement de line-up, – exit Marc Reign (batterie), bienvenue Vaaver -, ainsi que la semi-déception qu’était leur précédent enregistrement. Malheureusement, ce tank musical qu’est ‘Day of Reckoning‘ n’est pas un chef d’œuvre en soi. Mais, il saura séduire une bonne portion de métalleux, d’une part par son énergie débordante, d’autre part par ses titres techniques et sans concession.

Il fallait bien créer un album dans la droite lignée des ‘Metal Discharge‘ ou ‘Inventor of Evil‘, pour revenir sur le devant de la scène métal. Or, il ne suffit pas toujours de se répéter de disque en disque ou, au contraire, de modifier régulièrement des parties apportant une piqûre de changement, pour réaliser un chef d’œuvre. Tout le secret d’une bonne rondelle réside surtout dans un équilibre parfait entre prise de risque et conservation de la personnalité du groupe. Il semble que cette recette soit aisée à mettre en œuvre. Ce n’est véritablement pas le cas. Doigté et sens du dosage sont de rigueur. Peu de groupes peuvent se targuer d’être capables d’une telle prouesse. Destruction est une formation irrégulière dans sa cuisine.

Finalement, bien que l’on aurait été en droit d’attendre plus de créativité de la part de Schmier et compagnie, l’on en arrive à la conclusion suivante : Destruction nous a offert avec ‘Day of Reckoning‘ l’une de ses pépites les plus abouties depuis quelques années. Mais, à force de faire toujours la même chose, le groupe ne risque-t-il pas de tourner en rond ? La question reste en suspens…Mention spéciale aux quatre premiers morceaux de l’album qui, s’ils sont interprétés sur scène, et le seront sûrement, risquent de tout dévaster, car ‘Day of Reckoning‘ est une arme de Destruction massive.

Hell (UK) : Human RemainsLa NWOBHM ou New Wave Of British Heavy Metal est un style qui a eu un impact important sur toutes les formations actuelles, tous styles confondus. Il n’y a pas un seul musicien qui ne cite dans ses influences des monuments vivants tels que Iron Maiden, Saxon ou Girlschool, pour ne parler que des principaux. D’autres combos, plus ou moins obscurs, sont nés à peu près à la même période que les groupes ci-dessus. La différence avec les premiers, c’est que ces derniers sont restés dans l’anonymat jusqu’à aujourd’hui, ne sortant entre-temps que des démos ou des bootlegs, avant d’enregistrer un véritable album.

Les britanniques de Hell, combo formé des cendres de Rage Against Time et Paralex, sortent cette année leur premier enregistrement studio depuis des lustres. Leur démo la plus récente date, en effet, de 1986 ! 25 ans sont passés et de nombreux événements ont émaillé la vie de la formation : le suicide du chanteur Dave G. Halliday en 1987, tout d’abord, un changement de line-up (le départ du guitariste Sean Kelly) et les side-projects des autres membres. Autant dire que l’existence du groupe anglais n’a pas été de tout repos et que l’écoulement de l’eau sous les ponts lui a été réellement bénéfique, puisque ‘Human Remains‘ est une véritable décharge électrique, une énorme claque ! Certes, la plupart des morceaux présents sur cet opus d’enfer (c’est le cas de le dire !) sont issus pêle-mêle des quatre démos, mais remis au goût du jour avec une production digne de ce nom, ils prennent une nouvelle dimension et gagnent littéralement en puissance.

Chaque composition est dotée d’une atmosphère propre et représente l’essence même du heavy métal à la sauce britannique. Aucun titre n’est à jeter, il n’y a aucun remplissage. Débutant de manière pompeuse par une introduction symphonique chantée, ‘Human Remains‘ est un concentré de rage et d’énergie. Il n’y a qu’à jeter une oreille attentive sur des hits comme « On Earth As It Is In Hell », « The Oppressors » ou « Let Battle Commence » pour se rendre compte du génie du regretté David G. Halliday, alors principal auteur/compositeur. L’élément le plus intéressant qui se dégage de l’ensemble des morceaux est sans aucun doute une touche de folie bienvenue, parfaitement en accord avec le sujet traité ici : la lutte entre le Bien et le Mal, la domination de l’esprit de l’Homme par le Malin et sa ruine…tel est en tous cas la signification simultanée du titre et de l’artwork de l’album : ‘Human Remains‘ ou « débris d’humain ».

La version limitée du disque est constitué des 11 titres de la version remasterisée des titres avec la voix de Martin Walkyier qui, soit-dit en passant est un excellentissime chanteur, capable de naviguer avec une extraordinaire aisance entre notes graves et aigües, et des mêmes chansons sur un second disque, cette fois en version démo, ce qui permet d’apprécier la différence notable entre les aptitudes vocales des deux frontmen. La technique de Martin est irréprochable, tandis que la voix de David est emplie d’une plus grande chaleur. Par ailleurs, cette double-offrande nous permet également d’observer l’évolution entre le son faiblard et crade des débuts et l’actuel, plus clair et plus dynamique. Le fait qu’Andy Sneap soit membre permanent de la formation (en remplacement de Halliday à la gratte) y est pour beaucoup, car il est aussi producteur de cet album.

Musicalement, on peut oser la comparaison avec Mercyful Fate, Judas Priest, Iron Maiden et, plus bizarre, Dream Theater pour le côté barré et progressif, comme sur ‘Train Of Thoughts’. La durée moyenne des compos est de 5 minutes, mais la présence de quatre titres épiques (« Blasphemy And The Master », « The Devil’s Deadly Weapon », « MacBeth », « No Martyr’s Cage ») démontre tout le talent des musiciens, peut-être plus que les autres morceaux. La versatilité dont font preuve les zicos au sein même de chaque chanson est la preuve de la touche de folie dont je parlais précédemment. L’alternance de parties lourdes ou plus légères permet d’apercevoir clairement le haut niveau d’interprétation. Le jeu est aussi précis qu’une montre suisse. Il n’est, par conséquent, pas étonnant que la question qui tue s’impose, alors, dans notre esprit : quelle aurait été la carrière du groupe si celui-ci avait sorti ce chef d’œuvre quelques décennies auparavant ? La réponse est sans équivoque : ce ‘Human Remains‘ aurait carrément été classé parmi les albums fondateurs de la scène metal européenne et aurait eu sa place aux côtés des ‘The Number Of The Beast‘, ‘British Steel’ et ‘Heaven And Hell‘. Autant dire que Hell aurait pu aisément acquérir une place dans le peloton de tête des formations les plus importantes de la NWOBHM, en particulier, et du métal, en général. D’ailleurs, l’entrée directe de ce disque dans le Top 50 allemand à la 46ème place prouve mes dires.

Vu le peu de moyens financiers du groupe à l’époque et les problèmes qui ont stoppé son évolution, il apparaît normal que la sortie de ce premier véritable album ait été repoussé à aujourd’hui. Et ce n’est pas un mal, bien au contraire car avec ce ‘Humain Remains’, Hell a réussi un vrai tour de force : donner une énorme dose de frissons et de bonheur à l’auditeur en ressuscitant un métal old-school teinté de modernité. Ce n’est pas donné à tout le monde. Hell est l’un des meilleurs groupes ayant jamais vu le jour et son début-album n’aurait pu être ni plus ni moins qu’une des pierres angulaires de la NWOBHM s’il était sorti à l’époque, à découvrir, si vous ne l’avez déjà pas fait, et à posséder absolument dans sa discothèque si vous ne voulez pas finir au Purgatoire pour blasphème !! A noter dans vos agendas, le quintet sera en tournée sur les terres d’Albion en ce mois de septembre, puis, en décembre, fera un tour du côté de la Germanie. En fin de compte, Hell ain’t a bad place, Hell is from here to Eternity, isn’t it?

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