Stratovarius : Nemesis

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Stratovarius : NemesisL’année qui vient de s’écouler fût riche en événements pour Stratovarius. Outre le départ du batteur Jörg Michael, parti vaquer à d’autres occupations moins stressantes et plus passionnantes pour lui, l’enregistrement d’un album live et d’un DVD, les auditions pour retrouver un nouveau frappeur de fûts, le groupe s’est aussi attelé à l’enregistrement d’un nouvel opus, joliment intitulé Nemesis.

Après une œuvre aussi dantesque que celle qui a vu le jour précédemment dans la discographie de notre cher quintet scandinave, j’ai nommé Elysium, on ne pensait pas que le combo irait plus loin encore dans l’expérimentation musicale. Mais, l’arrivée de Rolf Pilve a quelque peu changé la donne et le son du groupe s’est modernisé de manière assez radicale. Bien que l’on puisse retrouver des ambiances similaires à celles présentes sur Polaris ou Elysium, Stratovarius a poussé plus loin l’utilisation de claviers qui, pour le coup, apportent tout au long du disque, une ambiance spatiale rafraîchissante. Par ailleurs, la structure même des morceaux n’a plus rien à voir avec l’époque Tolkki. Il n’y a qu’à écouter le titre qui ouvre l’album, le très bon « Abandoned ». L’esprit Polaris n’est pas très loin, mais l’introduction de cette compo est loin d’être habituelle chez Strato. La rythmique est surprenante de mimétisme avec celle de « Martyr Of The Free Word » d’Epica. Et ce changement de cap se vérifiera sur certaines des 10 autres chansons.

Il n’y a trop rien à dire sur « Unbreakable », premier single de Nemesis, si ce n’est que, comme vous avez pu le découvrir auparavant, il s’agit d’un titre catchy et pêchu, qui fera un carton sur scène, tout comme « Stand My Ground », vraiment surprenant…avec son début vraiment heavy. Du jamais entendu chez Stratovarius. Surtout le couplet, carrément thrashy…Jens et Matias s’en donnent à cœur joie lors de duels gratte/claviers magistraux. « Halcyon Days » n’est pas en reste, car ce titre est l’exemple même du nouveau visage musical de la formation des cinq compères. Le titre est la modernité incarnée avec ses passages électroniques. Parfois, on se croirait propulsé sur l’album Prophet Of The Last Eclipse de Luca Turilli. Il s’agit sans en douter de l’un des quatre meilleurs morceaux sur cette magnifique offrande. « Fantasy », quant à lui, est plus anecdotique, malgré ses mélodies que l’on retient dès la première écoute. Contrairement à ce que disait le groupe à propos de ce titre, il n’y a rien d’Abba-esque dedans, rassurez-vous. On est très loin des notes interprétées par Agnetha Fältskog et Anni-Frid Lyngstad. « Out Of The Fog » est plus sombre et plus directe que les compositions qui la précèdent. Des bruits de botte et des chœurs introduisent en beauté presque 7 minutes d’un metal presque typique du Stratovarius nouvelle génération, comportant, cependant des orchestrations moins habituelles et des passages aériens aux claviers. « Castles In The Air » est un mid-tempo intéressant musicalement, mais quelque peu dispensable. Le gros plus de ce titre réside dans les chœurs proches de ceux de l’Armée Rouge dans les ponts. A mettre de côté, malgré tout. L’intro de « Dragons » rappelle étrangement celles des chansons « Walking To My Own Song » et « Fight ! », respectivement gravées sur Elements Part 2 et Stratovarius. « Dragons » est un très bon morceau, dynamique et entraînant, clin d’œil à des tubes tels que « Legions Of The Twilight » ou « Paradise », comme on peut largement le constater dans les couplets. « One Must Fall », neuvième track, est d’une plaisante séduction. Il s’agit d’un morceau à tiroirs, car nombreux sont les changements de rythmes et d’ambiances. Une bombe certaine si elle est jouée sur scène.

Stratovarius ne serait pas Stratovarius si le groupe n’incluait pas une balade sur ces albums. C’est devenu une tradition pour notre quintet préféré. Sauf que, cette fois-ci, elle ne clôt pas son nouvel opus, telles que pouvaient le faire « When Moutains Fall », « A Drop In The Ocean » ou « Celestial Dream ». « If The Story Is Over » est une magnifique composition, peut-être la plus belle des balades du groupe, si l’on excepte « Forever ». On prend beaucoup de plaisir à se la repasser plusieurs fois d’affilée. Une réelle réussite. La rondelle se termine majestueusement par l’éponyme « Nemesis », un titre fort et progressif, parfaite conclusion pour montrer à ses fans que le combo, tel un phénix, a su renaître malgré les nombreuses séparations auxquelles il a dû faire face, le dernier en date étant, peut-être, pour lui le plus déchirant, Jörg Michael ayant été l’un des instigateurs du son Stratovarius durant la seconde partie des années 90.

En lisant ces lignes, vous l’aurez certainement deviné, Stratovarius va extrêmement surprendre et prendre aux tripes. Les nouveautés éparpillées tout au long du disque sont les fondements d’une nouvelle ère pour nos scandinaves. Une bien belle démonstration de ténacité et d’inspiration, issue de l’expérience de chacun des membres du groupe et des leçons tirées du passé. Stratovarius est désormais une formation soudée, au sein de laquelle la collaboration est de mise aujourd’hui, unissant le vécu des quarantenaires et la fougue des plus jeunes. Les influences de chaque musicien ont permis de réunir le meilleur et d’enregistrer ce qui s’avèrera être un futur monument dans le répertoire discographique des nordiques. Du beau travail qu’il me faut saluer humblement. Chapeau bas, messieurs !!

Jan (alias MetalAngel)

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