Comédie Macabre : Agnus DeiPour ceux qui ne le savent pas, Comédie Macabre est un groupe de black atmosphérique d’un genre nouveau : en effet, la nouveauté dans ce genre c’est non seulement la présence d’orgues d’Eglise, mais également et surtout la présence de voix claires qui prédominent en lieu et place des grunts caractéristiques du black, même si sur le titre 3, ceux ci ressortent explicitement. Les 5 titres qui ponctuent cet album sont trés bons, bien que bizarres, et donnent à celui ou celle qui l’écoute, une impression persistante de malaise. Votre serviteur ne saurait trop décrire pourquoi, mais il s’agit d’un sentiment personnel que je n’arrive pas à analyser. Comédie Macabre n’a rien de comique : noirceur et ténèbres. Voilà de quoi est fait ce premier EP 5 titres intitulé ‘Agnus Dei‘. Les compos tiennent trés bien la route, les musiciens sont carrés dans l’interprétation de leurs parties respectives et les éléments supplémentaires apportés à la musique (samples, chants féminins, choeurs) sont autants de bonnes idées qui peuvent enrichir (et qui le font ici) les morceaux. Beaucoup de fraîcheur s’en dégage et les fans de black peuvent avoir beaucoup de plaisir en posant une oreille sur ce disque. Comédie Macabre a un potentiel indéniable, mais il s’agit de bien l’exploiter et d’être réguliers. Découverte sympathique!

Ador Dorath : SymbolsPour ceux qui ne connaissent pas, voici le second album du groupe tchèque Ador Dorath, qui évolue dans un registre dark/death atmosphèrique particulièrement séduisant. En effet, ‘Symbols‘ est un album subtile, racé et élégant. Distillant de fines mélodies vocales en les mélangeant avec l’agressivité caractéristique du death, le combo a su renouveler et rafraîchir un genre saturé par un nombre incalculable de formations plus ou moins établies, telles que Sirenia, Tristania ou After Forever, pour ne citer qu’elles parmi tant d’autres. Le talent des tchèques s’entend à travers les neuf titres qui composent ce disque. D’ailleurs, l’adage tchèque “tel tchèque tel musicien” se confirme sur ces titres, qui ont une grande intensité musicale. Le chant de Lenka Machova est d’une rare beauté et le niveau des musiciens est assez phénoménal. Chaque titre posséde sa propre identité, aucune présence d’une désagréable linéarité, aucune pause : tout est si bien réalisé que nous avons l’impression de flotter sur un nuage. Outre les morceaux “classiques”, nous retrouvons aussi des titres plus contemporains avec des samples un peu “technoïdes” et des claviers futuristes (notamment sur “Mountain”). Il y en a pour tous les goûts : compos rapides et heavy (“Rosa”, “Vitriol”) ou plus lentes et calmes(“Desert”). N’étant pas un grand fan de ce style de musique, je dois reconnaître qu’Ador Dorath m’a fait une excellente impression et que ‘Symbols‘ est un album qu’il est important de désigner comme un des albums de l’année de la scéne dark atmosphérique. Il est superbe, malgré certaines erreurs minimes de jeunesse, qui n’effacent pas les qualités intrinsèques de ce disque. Le groupe est bien parti pour traverser les frontières européennes.

Cronian : TerraVoilà un album bien surprenant! En effet, le premier album du projet Cronian fondé par deux musiciens de deux groupes majeurs de la scéne Black nordique, j’ai nommé Oystein G. Brun et Mr. V, appartenant respectivement à Borknagar et Vintersorg, l’atmosphèrique ‘Terria’ est un album possédant différentes facettes qui se rassemblent en une seule et même musique, bien que celle-ci soit variée et métissée. Ce qui étonne le plus, c’est ce mélange somptueux de subtiles mélodies avec le grondement démoniaque. Comment un mixage pareil peut donner un aussi beau résultat? Nous ne connaîtrons probablement jamais la recette, mais une chose est sûre : derrière tout cela se cache un véritable talent de composition et d’interprétation, ainsi qu’un travail acharné de plus de 5 ans!! Ce qui frappe également l’auditeur à la première écoute, c’est le son : trés moderne, il fait néanmoins ressortir les influences “classiques” des deux musiciens. Tour à tour, on pense à Bathory et à Darkthrone, à Dimmu Borgir ou même aux groupes de Death made in Sweden (In Flames, Dark Tranquillity, Arch Enemy) pour les atmosphères aux claviers et les samples synthétiques. Ceci dit, le combo garde sa propre patte en apportant des éléments personnels novateurs. Finalement, chaque morceau de cet album fait progresser le métal d’une ou deux décénnies, tout en restant trés actuel. Les 9 titres sont d’une rare intensité, à la fois symphoniques, atmosphèriques et énergiques, une aura “dramatique” s’en dégageant. Cet album prône, malgré les vocalises hargneuses, une paix de l’âme et nous améne dans un voyage terrestre et philosophique trés plaisant. Cet hommage à notre Mére Gaïa est un témoignage émouvant de ce que des musiciens peuvent créer pour raconter l’histoire mouvementée de notre planète.

Dimmu Borgir : Death Cult ArmageddonJe ne suis pas un fan hardcore de black metal, mais, je dois avouer que certaines productions de cette scéne musicale me font frissoner, si tant soit peu qu’elles soient un peu mélodiques. C’est le cas notamment des albums de Dimmu Borgir qui ressemblent à des chefs-d’oeuvre, dont le dernier en date (si l’on exclut la réédition de ‘Stormblast’ qui est plus un amuse-gueule qu’un véritable nouvel album) ‘Death Cult Armageddon‘ sorti en 2003 est une oeuvre d’art. La structure des compos est surprenante, intégrant des parties orchestrales de toute beauté enregistrées en République Tchèque en compagnie de l’Orchestre National Philharmonique de Prague, l’un des plus réputé au monde, aux côtés des orchestres de Babelsberg, de Londres ou de San Francisco, qui ont respectivement accompagnés Edguy, Nightwish et Metallica. Ceci dit, ces parties orchestrales donnent une nouvelle dimension à la musique du combo norvégien, apportant une atmosphére bien plus malsaine en même temps qu’un regain de puissance, les deux éléments étant les bienvenus. Il est à noter que les compos elles-mêmes, bien que trés fortes et prenantes, n’auraient pas été aussi grandiloquentes et musclées sans cet apport extérieur praguois. Les arrangements sont magnifiques et les compositions inspirées. Le disque commence par un titre direct et sans concession, le diabolique “Allegiance“, suivi par le meilleur titre du disque, le trés cinématographique “Progenies Of The Great Apocalypse”, vraiment trés proche de la dernière production de Nightwish, non pas au niveau vocal, mais au niveau de l’aura de la chanson. Les troisiéme, quatriéme et cinquiéme titres (“Lepers Among Us”, “Vredesbyrd“, “For The World To Dictate Our Death”) sont eux aussi typiques du black métal, ténébreux et violents, directs. “Blood Hunger Doctrino” est un des quelques titres à part dans le répertoire des norvégiens, mêlant passages gothiques et riffs doom/heavy et un premier couplet à la Rammstein (impression soutenue à cause du piano et de la voix semblable à celle de Till Lindermann). Deuxiéme compo “chantée” dans la langue natale du groupe, “Allehelgens Ded I Helveds Rike” ne dépareillerait pas sur un album de Mayhem ou de Marduk. Âmes sensibles, s’abstenir! Dimmu Borgir seraient-ils également des fans de thrash? Plausible! En effet, “Cataclysm Children” posséde une intro thrash qui rappelle les rythmiques syncopées et rapides, incorporant de nombreux breaks, utilisées sur les disques de Destruction ou de Kreator. Nouvelle pose orchestrale dans ce déluge sonore avec “Eradication Instincts Defined”, dont l’intro est à nouveau trés basée B.O. de film. Plaisant et épique à souhait! “Unorthodox Manifesto” débute de manière belliqueuse par des samples de mitraillettes et d’avions qui bombardent un champ de guerre…Une parfaite image des activités humaines destructrices. Enfin, ‘DCA’ (étrange titre dont les initiales évoquent aussi la Défense Contre Avion utilisée en temps de guerre. Un signe?) se termine par “Heavenly Perverse”, acoustique au début, avec quelques phrases chantonnées par une femme, et qui finit bien mal, métal en diable (c’est le cas de le dire)! N’oublions pas que sur la version “Metal Book A5″ un titre bonus est présent, intitulé “Satan My Master” (tout est dit!), qui ne dure que deux minutes. ‘Death Cult Armageddon‘ est définitivement le meilleur opus des scandinaves, qui nous ont délivré, ici, un témoignage de haine pure et un message au monde entier pour le prévenir de ce qu’il pourrait lui arriver s’il continuait à se comporter de la sorte, c’est à dire de façon égoiste et sadique. Cet album a introduit une nouvelle ére pour Dimmu Borgir, qui a gravi une nouvelle marche vers le paroxysme de son talent. Vivement leur prochain “vrai” album!

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