Je ne suis pas un fan hardcore de black metal, mais, je dois avouer que certaines productions de cette scéne musicale me font frissoner, si tant soit peu qu’elles soient un peu mélodiques. C’est le cas notamment des albums de Dimmu Borgir qui ressemblent à des chefs-d’oeuvre, dont le dernier en date (si l’on exclut la réédition de ‘Stormblast’ qui est plus un amuse-gueule qu’un véritable nouvel album) ‘Death Cult Armageddon‘ sorti en 2003 est une oeuvre d’art. La structure des compos est surprenante, intégrant des parties orchestrales de toute beauté enregistrées en République Tchèque en compagnie de l’Orchestre National Philharmonique de Prague, l’un des plus réputé au monde, aux côtés des orchestres de Babelsberg, de Londres ou de San Francisco, qui ont respectivement accompagnés Edguy, Nightwish et Metallica. Ceci dit, ces parties orchestrales donnent une nouvelle dimension à la musique du combo norvégien, apportant une atmosphére bien plus malsaine en même temps qu’un regain de puissance, les deux éléments étant les bienvenus. Il est à noter que les compos elles-mêmes, bien que trés fortes et prenantes, n’auraient pas été aussi grandiloquentes et musclées sans cet apport extérieur praguois. Les arrangements sont magnifiques et les compositions inspirées. Le disque commence par un titre direct et sans concession, le diabolique “Allegiance“, suivi par le meilleur titre du disque, le trés cinématographique “Progenies Of The Great Apocalypse”, vraiment trés proche de la dernière production de Nightwish, non pas au niveau vocal, mais au niveau de l’aura de la chanson. Les troisiéme, quatriéme et cinquiéme titres (“Lepers Among Us”, “Vredesbyrd“, “For The World To Dictate Our Death”) sont eux aussi typiques du black métal, ténébreux et violents, directs. “Blood Hunger Doctrino” est un des quelques titres à part dans le répertoire des norvégiens, mêlant passages gothiques et riffs doom/heavy et un premier couplet à la Rammstein (impression soutenue à cause du piano et de la voix semblable à celle de Till Lindermann). Deuxiéme compo “chantée” dans la langue natale du groupe, “Allehelgens Ded I Helveds Rike” ne dépareillerait pas sur un album de Mayhem ou de Marduk. Âmes sensibles, s’abstenir! Dimmu Borgir seraient-ils également des fans de thrash? Plausible! En effet, “Cataclysm Children” posséde une intro thrash qui rappelle les rythmiques syncopées et rapides, incorporant de nombreux breaks, utilisées sur les disques de Destruction ou de Kreator. Nouvelle pose orchestrale dans ce déluge sonore avec “Eradication Instincts Defined”, dont l’intro est à nouveau trés basée B.O. de film. Plaisant et épique à souhait! “Unorthodox Manifesto” débute de manière belliqueuse par des samples de mitraillettes et d’avions qui bombardent un champ de guerre…Une parfaite image des activités humaines destructrices. Enfin, ‘DCA’ (étrange titre dont les initiales évoquent aussi la Défense Contre Avion utilisée en temps de guerre. Un signe?) se termine par “Heavenly Perverse”, acoustique au début, avec quelques phrases chantonnées par une femme, et qui finit bien mal, métal en diable (c’est le cas de le dire)! N’oublions pas que sur la version “Metal Book A5″ un titre bonus est présent, intitulé “Satan My Master” (tout est dit!), qui ne dure que deux minutes. ‘Death Cult Armageddon‘ est définitivement le meilleur opus des scandinaves, qui nous ont délivré, ici, un témoignage de haine pure et un message au monde entier pour le prévenir de ce qu’il pourrait lui arriver s’il continuait à se comporter de la sorte, c’est à dire de façon égoiste et sadique. Cet album a introduit une nouvelle ére pour Dimmu Borgir, qui a gravi une nouvelle marche vers le paroxysme de son talent. Vivement leur prochain “vrai” album!