Nightwish : OceanbornDeuxième album du quintet finlandais, ‘Oceanborn‘ se révèle être le seul album typé power metal de toute leur discographie. Puissant, rapide et envoûtant, ‘Oceanborn‘ est un pur joyau, comme seul les musiciens de Kitee peuvent en produire. Il n’y a pas un seul titre sur cette rondelle qui apporte une quelconque fausse note ou un passage à vide. Tout y est précis et remarquablement exécuté. On est loin de la naïveté de ‘Angels Fall First‘ et des parties vocales ridicules de Tuomas Holopainen. Trêves de blabla, chaque titre de ce second opus apporte quelque chose de nouveau au style pratiqué par Nightwish, autant en fraîcheur qu’en innovation : les claviers se font plus présents, les orchestrations apparaissent définitivement, définissant le son Nightwish et l’ambiance semble beaucoup plus romantique et mélancolique. Le jeu des musiciens est tout en finesse ici. Mélodie et subtilité sont les deux crédos suivis par Holopainen & co. De “Stargazers” à “The Pharaoh Sails To Orion“, en passant par “Gethsename”, “Devil & The Deep Dark Ocean“, “Sacrament of Wilderness“, “Passion and the Opera“, “Swanheart”, “The Riddler”, l’instrumental “Moondance” et la reprise “Walking in the Air“, Nightwish nous a offert là sa plus belle offrande jusqu’à maintenant. Même ‘Once‘, bien que plus abouti, n’a pas cette sincérité, ni même cette aura mystérieuse d’opéra qui a fait le succés de Nightwish. Il s’agit vraiment d’une performance inégalée, un énorme témoignage d’un combo en pleine ascension (à l’époque, aujourd’hui au sommet) qui avait la rage des jeunes loups! Magnifique!

Eyefear : A World Full of GreyDepuis le début de l’année 2007, nous sommes envahis par d’innombrables productions de métal progressif, ce qui n’est pas pour déplaire à votre serviteur. En effet, étant un fana de prog’, j’attendais avec une énorme impatience la sortie de ‘A World Full of Grey‘, qui, je dois le dire, est un véritable événement, du moins pour moi.

En effet, même si Eyefear ne propose pas un métal progressif super original, il apporte tout de même sa pierre à l’édifice avec ce troisième album qui, d’une manière assez magistrale, est parvenu à rallier symphonie, clarté, ténèbres, tiroirs, technicité et agressivité, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

Dès le premier titre (“Searching For Forgiveness”), nous pouvons ressentir toute la volonté du groupe de se démarquer de leurs collègues progueux. Déjà, le fait qu’ils soient originaires de Melbourne, en Australie, peut être un handicap, mais, pas pour eux, car ils sonnent plus européens que jamais, ce qui les mènera loin. De plus, d’avoir choisi le prog’ comme style a été une bénediction pour eux, puisque, d’une part, ils ont pu se démarquer de leurs confréres hard-rockeurs d’AC/DC, d’Airbourne et de Green Dollar Colour, et que, d’autre part, l’album a été enregistré Endel Rivers, le producteur de Vanishing Point et de nombreux autres groupes, et mixé et masterisé par le producteur et guitariste Andy LaRocque (King Diamond, Death). Enfin, leur plus grande différence, ce qui est leur plus grande force, c’est leur chanteur, Danny Cecati, qui possède une voix puissante et qui se rapproche de timbres à la Tom S. Englund (Evergrey) ou Russell Allen (Symphony X), bien que sa voix s’en distingue parfaitement.

Tout au long de l’album, l’ambiance dans laquelle l’auditeur est plongée joue sur un contraste clair-obscur, qui nous balance constamment entre gaieté et tristesse. Cela induit en nous une incapacité à pouvoir nous situer, nous ne savons plus de quel côté nous devons aller pour contre-balancer l’album. Mais, c’était le but de l’album : nous noyer dans un monde plein de gris…Il nous montre que le Monde n’est ni blanc ni noir, qu’il est “transgenre”, qu’il rallie les caractéristiques des deux polarités. Et, la structure de tous les morceaux puise dans cette optique : les parties aériennes de claviers injectent une dose de bonheur, tandis que les guitares, agressives, apportent une coloration “dark” à l’ensemble. Nous sommes, ici, en constante présence d’une schizophrénie musicale, appuyée par une rythmique changeante de façon permanente, quasi-frénétique (“A World Full of Grey“, “Lost Within”, “The Eyes Tell No Lies”, “Whispers Of The Soul”, “Breath Again“). Notre souffle coupé, nous ne savons plus où donner de la tête. Heureusement, le groupe a pensé à nous en nous donnant quelques trêves bienvenues (“Changes”, “Moments”, “Haunted Memories”) pour nous laisser respirer, ceci grâce à des lignes de claviers plaisantes et des structures plus carrées et moins perturbantes.

Le groupe a digéré d’une manière hallucinante toutes ses influences : les mélodies et la production de Queensrÿche, les structures rythmiques “tiroirs” d’Iron Maiden, des orchestrations et des claviers à la façon d’Angra, les grattes et un son à la Fates Warning, et des accents de Symphony X et d’Evergrey, voire des passages vocaux à la Joacim Cans d’Hammerfall, tout cela sans jamais copier l’un ou l’autre des groupes que nous venons de citer. Eyefear est définitivement appelé à devenir l’une des valeurs sûres du Heavy Prog’ Metal dans les années qui suivent. Un quintet à soutenir absolument et obligatoirement!

Estrum : The Absence of LifeEstrum est un nouveau groupe américain, originaire d’Austin au Texas, évoluant dans un dark metal mélodico-atmosphérique, que l’on pourrait, éventuellement, rapprocher d’un The Gathering pour le son un tantinet aérien et les guitares parfois un peu spéciales, comme sur le premier titre, intitulé “Abiosis”, qui rappellent un peu les guitares utilisées sur “Blue Hotel” de Chris Rea, en 1987. Ce titre est très progressif, la très belle voix de Zena McKelvy étant en retrait, afin que la musique puisse parler d’elle-même. Le second morceau, quant à lui, est bien plus puissant, agressif, mais, tellement agréable à l’oreille, et l’on a, alors, vraiment la sensation d’entendre un morceau des hollandais de The Gathering, tellement l’organe de Zena est doué de mimétisme avec celui d’Anette Van Giesbergen, sans pour autant les copier. “Yours”, d’une durée de 5′07, allie métal et musique texane, cette dernière étant présente vers la fin du titre. Mais, le sextet n’arrête pas là ses méfaits, puisqu’il nous offre un troisième titre, le semi-acoustique “Narcolepsy”, qui porte bien son nom : le début suggère le sommeil, tandis que le refrain, vif et dynamique, nous réveille, et cette succession de passages quiets et de parties énervées, a été bien étudiée. C’est notre âme de mélomane qui a été émoustillée par ce morceau tripant! Le groupe Estrum est un OVNI sur la scène métallique américaine, plutôt habituée à des formations hard rock (Bon Jovi, Aerosmith), thrash (Metallica, Death Angel, Slayer), hardcore (The Misfits, Biohazard), death (Cannibal Corpse, Six Feet Under), prog’ (Dream Theater, Fates Warning) ou gothiques (Evanescence), ce qui est une bonne chose, puisqu’il permettra sûrement aux metalheads américains d’ouvrir leurs esprits et leurs coeurs à une musique beaucoup moins commerciale, plus intéressante, telle que celle créée par Estrum, qui est, assurément, un groupe d’avenir, qui se fera une place non seulement aux USA, mais, également, en Europe. Vivement leur premier véritable LP, afin que nous puissions mieux juger de leur potentiel déjà énorme! Mon coup de coeur de l’année 2007!!!

Alkimya : The Other SideLe groupe Alkimya sort aujourd’hui son 2ème album, l’excellentissime ‘The Other Side‘, qui fait suite au premier album, ‘Rock‘, enregistré avec Jérôme Semmartin au chant, malheureusement disparu d’une façon tragique en 2006, après avoir lutté contre une maladie foudroyante. Ce second opus est un magnifique hommage posthume à ce grand vocaliste. En effet, la qualité de ‘The Other Side‘ est égale aux meilleures productions de prog’ metal actuelles. Alkimya n’a absolument rien à envier à Dream Theater, Symphony X, Pagan’s Mind ou Time Requiem, puisqu’il les dépasse même complétement!!

Entre la maîtrise instrumentale hallucinante des musiciens, principalement celle du batteur Jean Davoisne et du guitariste Pierre Boscardin, et la voix splendide de Pierre Placines, qui peut largement rivaliser avec Göran Edman, le frontman de Time Requiem (il suffit de comparer les titres “Martyr Child” de nos compatriotes, et “The Ashen Soul” des Suédois, pour en être certain) ou avec Jorn Lande, ce qui n’est pas donné à tout le monde! Pierre Placines est, assurément, l’une des plus belle voix du metal européen.

Pour ce qui est de la musique, Alkimya possède un style bien à lui, naviguant entre quiétude et rage, ce qui, forcément, induit des cassures et des parties aussi diverses les unes que les autres. Cela permet à l’auditeur de ne jamais se lasser de l’album, car il y a toujours des choses à (re)découvrir à chaque nouvelle écoute. Et, pour cause, n’est-ce pas le credo du prog’ metal? L’inspiration est bien présente, l’originalité également.

Le disque débute très fort avec une excellente compo intitulée “The Gate Of Dreams”, initiant une alternance de titres plus calmes ou plus énervés, comme le démontrent explicitement les chansons suivantes, “Fatal Attraction” et “Martyr Child” en tête. Les riffs les plus heavy (“Hot Winter Cold Summer”, “Forgotten People”) succèdent à des parties atmosphériques lourdes et mystèrieuses (“Diva’s Requiem” et sa mélodie principale aux claviers), ce qui a pour effet de donner plus de couleurs à l’ensemble.

La pièce principale reste, néanmoins et sans aucun doute, “The Other Side” : composée de trois parties bien distinctes et pourtant liées les unes aux autres, il s’agit probablement d’un émouvant hommage à Jérôme Semmartin, qui rassemble toute la colère et la tristesse des cinq musiciens, comme en témoignent les deux premières parties, la première vraiment énervée, la seconde plutôt sombre et amère, avec un soupçon de lumière…”The Other Side – Part II” donne vraiment le frisson! Je crois que c’est la véritable perle de cet album extraordinaire. Les mélodies font beaucoup penser à Queen et Pierre Placines s’égosille tout en donnant le meilleur de lui-même. La troisième partie, elle, est plus Rock, moins “dark”, mais, tout aussi accrocheuse que ces deux prédecesseurs, toujous soutenue par le génie vocal de Pierre!

L’album se conclut plus calmement par la reprise du “Kashmir” de Led Zeppelin. Cette reprise est beaucoup plus aboutie que sa version originelle, plus dynamique et moins statique. Je la préfère de loin à celle de Jimmy Page et cie.

N’oublions pas de mentionner, en bonus track, le remix de la chanson “Elixir“, interprétée en français par le regretté Jérôme Semmartin derrière le micro, qui démontre, s’il est besoin, que lui aussi était un grand frontman.

Alkimya est définitivement une valeur sûre dans le monde du prog’ metal franco-européen. Il a en sa possession tous les élèments pour devenir un nouveau représentant du prog’ sur le Vieux Continent et concurrencer sans difficulté les nababs du genre, tels que Threshold, Dream Theater, Symphony X, Pagan’s Mind ou Rush, voire Spock’s Beard! Une découverte immense qu’il est nécessaire de soutenir à 100%. GE-NIA-LIS-SI-ME!!!

Avantasia : Lost in Space Part 2Suite logique du premier EP, ‘Lost In Space – part 2′ vient compléter la première sortie. Et c’est tout logiquement que ce second album débute par le titre “Lost In Space”, déjà présent sur la première partie…Nous passerons, donc, outre cette chanson, pour vous présenter les autres.

“Promised Land” est un excellent titre, très entraînant, pêchu et super séduisant. Ce titre est interprété par Tobi et un invité mystère, :-p …Cette chanson vaut vraiment le détour et c’est celle-ci qui aurait dû être mise en numéro 1 sur l’EP. Pourtant, je ne sais pas si Sammet a pété un câble ou si c’est l’effet du gel, mais, cette magnifique compo ne sera pas présente sur le prochain LP d’Avantasia intitulé ‘The Scarecrow‘!! Sacrilège!!! Enfin, toujours est-il que les meilleurs titres y seront, bien que je déplore la présence de “Lost In Space”, un bon titre, mais…pas si bon que ça, finalement! Passons! “Dancing With Tears In My Eyes” use pas mal de synthès et de piano, ce qui plaît beaucoup au clavièriste que je suis, mais, bien que Tobias chante super bien et que les mélodies sont bien choisies, on a déjà l’impression d’avoir entendu cette chanson des milliers de fois, pas seulement sur les albums d’Edguy (“Superheroes”), mais, aussi sur les albums de groupes de Hard FM. Bon Jovi n’est pas très loin, mais ç’est une reprise d’Ultravox, groupe de pop/new wave…En fait, le mélange entre Edguy et toute la clique des groupes FM n’est pas digeste et ça ne passe pas très bien. Dommage, puisque ce titre avait pas mal d’atouts pour plaire au grand public! “Scary Eyes”, par contre est splendide et c’est un titre très inspiré, qui sera une bombe sur scène! On savait Tobias Sammet amoureux des bons sentiments et des mélodies sirupeuses, mais, là…ça dépasse les bornes, lol. Mais, le pire, c’est que “In My Defense” est magnifique et qu’on se laisse complétement engluer dans cette confiture savoureuse!! J’aime énormément ce genre de ballade au piano, que ne renierait pas Queen ni White Lion…Et pour finir ce second acte EPique, un remix original et bien mené de “Lost In Space”, calme et paisible, acoustique. D’ailleurs, je préfère largement cette version, qui met bien plus en valeur les mélodies et les refrains. On entend, de plus, bien mieux la voix agréable du clown de Fulda, qui peut se révéler assez sérieux parfois, mais, ça ne dure jamais très longtemps, et celle de Simone Simmons, si mon ouïe de vieux vingt-quatre-naire ne me trompe pas…

Pas grand chose à retenir de ce second disque, si ce n’est le niveau plus élevé que dans le premier. Le conseil que je peux donner c’est d’attendre de voir ce que donnera le nouveau disque, ‘The Scarecrow‘, qui sort en 2008! Il n’empêche que si vous êtes fans de la première livrée d’Avantasia, que vous adorez Edguy et que vous trouvez Mister Sammet sexy avec ses cheveux à la Tokyo Hotel et son air à la Steven Tyler, je vous exhorte à dépenser vos petits billets multicolores chez votre disquaire, il en sera ravi! Et Tobi aussi.

Lost In Space Part IAvantasia est un des opera-metal ayant eu le plus de succès avec, entre autres, les oeuvres de Ayreon. Après les deux premières parties médiévales, Tobias Sammet a décidé de remettre cela entre deux albums d’Edguy, preuve que cet homme là n’est jamais en panne d’inspiration. Mais, loin du monde heroic-fantasy des deux premiers numéros, il vient de sortir un EP en deux parties galactiques. Et oui, Tobi nous la rejoue cette fois-ci Luca Turilli

Cette première partie de ‘Lost In Space’ contient 6 morceaux plus ou moins bons, dont une reprise survitaminée du célèbre “Lay All Your Love On Me” d’Abba, qui avait déjà été reprise par Helloween, sur le fameux album de reprises ‘Metal Jukebox’. Personnellement, je trouve que celle de Tobias Sammet est bien plus réussie que l’autre, et surtout bien plus originale, car elle pète vraiment du tonnerre! “Lost In Space” n’est pas vraiment indispensable, mais, le titre accroche tout de même grâce aux claviers légers qui distillent mélodie et douceur…”Another Angel Down” est un morceau rapide et très plaisant, puisqu’il est interprété par quelqu’un que nous connaissons bien, mais, je vous laisse découvrir par vous-même son identité, pour ne pas vous gâcher l’effet de surprise…”The Story Ain’t Over” est super mignonne!! Plus FM tu meurs! On dirait un titre de Meat Loaf!! C’est complétement hallucinant à quel point le mimétisme avec le chanteur américain est si semblable! Comme toujours, Tobias se rajoute au second couplet avec un autre chanteur. Ici encore, je vous laisse découvrir qui chante avec lui… ;-) Ce titre est l’une des plus grande réussite de notre petit homme fan de Louis de Funès! Rien de comparable avec ce qu’il a écrit pour Edguy…Par contre, l’intro “Return To Avantasia“, nous laisse présager d’une marche-arrière prononcée. Que nenni!!!! Ce n’était qu’une petite blague pour vous faire devenir chèvres. Quel farceur ce petit Tobi!! Hahaha. En effet, nous avons droit avec “Ride The Sky” à un titre qui se rapproche plus du hard rock du Hughes Turner Project ou de Deep Purple. L’orgue Hammond est ici à l’honneur et le chanteur-mystère? Aha, mystère! Découvrez-le par vous-même!! :-P

Cette première partie d’EP est bien, mais, pas rééllement transcendante! Je dirais, pour comparer, que l’EP ‘King Of Fools’ d’Edguy valait bien plus le coup! Mais, l’achat semble justifié rien que pour la reprise d’Abba et le titre à la Meat Loaf, particuliers et séduisants…

Nightwish : Dark Passion PlayDepuis 2005, nous avons crû dur comme fer que le combo finlandais ne se remettrait pas du départ mouvementé et précipité de la mezzo-soprano Tarja Turunen. Et pourtant, après moultes rumeurs et péripéties, Tuomas Holopainen et cie ont enfin retrouvé un souffle d’espoir suite à la découverte d’une nouvelle voix en la personne d’Anette Olzon, alors vocaliste du groupe de hard fm suèdois Alyson Avenue, parmi près de 2000 démos!

C’est alors que commença un véritable parcours du combattant, chacun des membres du groupe de Kittee tentant d’éviter tout ébruitage de l’idendité de la nouvelle frontwoman en supprimant tout contact avec elle lors des déplacements professionnels, les garçons dormant dans des hôtels de luxe, elle se contentant de nuitées dans des “Formule 1″. Les rumeurs les plus folles se sont succédées tour à tour, évoquant, entre autres, les noms de Vibeke Stene, de Floor Jansen ou, plus surprenant encore, de Sarah Brightman…Et, en ce 24 mai 2007 à 16h00, le voile d’incertitude tomba : le nom d’Anette avait enfin été révélé au grand jour, faisant grogner de rage les fans les plus extrêmes, mais, apportant de la joie à la majorité.

Mister Holopainen nous avait prévenu que ce nouveau disque ne changerait pas vraiment d’un iota l’orientation prise par le groupe avec ‘Once‘, ni le son puissant de cet album. Pour tout dire, ce n’est pas totalement exact. En effet, les mélodies sont bien plus présentes, même si les riffs agressifs, caractéristiques des mouvances les plus heavy du metal telles que le black ou le death, se font beaucoup plus présents ici, laissant présager une part plus importante des parties vocales de notre cher bassiste viking, j’ai nommé Marco Hietala (Tarot, ex-Sinergy).

Cette tendance n’apparaît pas vraiment dès le premier morceau, l’épique “The Poet And The Pendulum“, puisqu’il est destiné à présenter la voix d’Anette et à l’introduire au monde musical si particulier de Nightwish. Et il est à noter que son timbre colle parfaitement aux harmonies et aux parties orchestrales, qui sont à nouveau très représentées sur ‘Dark Passion Play‘, pour notre plus grand plaisir.

Bye Bye Beautiful“, par contre, est centrée sur la voix de Marco, puisque ses parties sont principalement axées sur le refrain, tandis que celles d’Anette ne sont là que pour introduire le passage de la douceur à la dureté. Il s’agit là d’un excellent titre, qui pourrait sans difficulté rivaliser avec “Wishmaster” ou “I Wish I Had an Angel“, entre autres, sur scène, tant le côté bombastique y est exacerbé.

Première véritable pause avec le premier tube, sobrement intitulé “Amaranth“, qui s’avère être un pur morceau made in Nightwish et qui, pourtant, possède en lui une apparence Within Temptation très prononcée…Peut-être est-ce dû à l’organe vocal d’Anette, assez semblable à celui de Sharon Den Adel.

Puis, nous passons directement à la grandiloquence avec “Cadence Of Her Last Breath“, réelle déclaration de la part du groupe, qui désire ardemment revenir à quelque chose de plus brut et pourtant de plus délicat, de plus subtil, comme le font très bien les hollandais de Within Temptation, sans vouloir copier. Néanmoins, on sent, grâce à cette chanson, que la frontière séparant le metal gothique des bataves et le metal orchestral et gothique des caréliens-suédoise est de plus en plus tenue.

Mais, cette tendance n’est plus confirmée avec “Master Passion Greed“, la plus grosse surprise de cet album : le titre débute très fort avec un panel de rythmiques et de riffs dignes des meilleures formations de thrash et de death. Vraiment magnifique!!!

Et nous voici au single, “Eva“, qu’il n’est plus besoin de décrire, si ce n’est qu’il nous faut rappeler que c’est une très belle ballade, menée par la voix aérienne et cristalline d’Anette. Son écoute procure un moment de paix et d’apaisement intérieurs, bénéfiques lors d’une méditation.

“Sahara”, n’est pas une véritable réussite, bien qu’elle ait un côté très sympathique. Elle n’est pas réellement transcendante, bien que les parties de guitares se marient parfaitement aux notes aïgues et mystiques des claviers de Tuomas…

Huitième sur le tracklisting, “Whoever Brings The Night”, est dans la veine de “Master Passion Greed” et de “Romanticide”, et l’union des des voix de Marco et d’Anette est absolument hallucinant sur les couplets. A écouter en priorité!

“For The Heart I Once Had” est tirée d’une phrase de “End of All Hope“, et n’est ni plus ni moins, comme son nom l’indique clairement, une deuxième ballade, quelque peu anecdotique, puisqu’elle ne dépasse pas la qualité de “Eva“…

Voici une compo qui devrait séduire les fans de musique acoustique et folklorique : “The Islander” débute superbement sur le chant des mouettes au-dessus de l’océan et narre l’histoire d’un viking, interprété par Hietala. Très belle et très calme chanson, aux allures de “Creek’s Mary Blood” et “Lappi (Lapland)”.

“Last Of The Wilds” débute également de manière directe avec des sons que l’on dirait tout droit sortis d’un film sur les indiens, comme le Dernier des Mohicans, appuyés par une partie claviers/guitare country…

“7 Days To The Wolves”, quant à lui, est un mid-tempo assez sombre qui pourra plaire à tous les aficionados de l’album ‘Oceanborn‘.

Enfin, pour conclure en beauté cet album aux multiples facettes, le groupe a choisi “Meadows Of Heaven“, magnifié par Anette et son chant si spécial.

Nightwish vient de nous pondre là une oeuvre superbe, emplie de virtuosité et de féérisme, le tout saupoudré d’une bonne dose de guitares énervées et de tout plein de bons et ténébreux sentiments. Malheureusement, cela ne suffit pas pour créer la sensation et propulser le groupe à un rang supérieur, visé par Holopainen avec ce changement de line-up…L’atmosphère amère présente sur ‘Once‘ plane également sur ‘Dark Passion Play‘. La chanson “Bye Bye Beautiful” parle d’elle-même à ce sujet, puisqu’elle traite de la séparation difficile avec Tarja…Holopainen n’a, semble-t’il, pas encore digéré ce split et voici le résultat de son état d’esprit actuel, bien qu’il commence à se sentir plus fort et qu’il commence à apercevoir à nouveau la lumière. Mais, il est sûr que ce premier album avec Anette amène petit à petit le groupe vers un autre monde très poétique. Par contre, s’il y a un seul album que vous devez avoir dans votre discographie Nightwishienne, outre le chef-d’oeuvre ‘Oceanborn‘, c’est bien ‘Dark Passion Play‘, symbole d’un renouveau et de force retrouvée!

Slavior : SlaviorVoici un nouveau groupe qui ne laissera personne indifférent! En effet, après une écoute attentive, on remarque que le trio ricain, composé, entre autres, de l’ancien batteur de Fates Warning, l’excellent Mark Zonder, qui, ici, nous démontre tout son énorme talent de rythmicien, puisqu’il change souvent de rythmique, ce qui contribue grandement à la vaste diversité de la musique de Slavior, nom qui est né d’une chanson intitulée pareillement et du même groupe. C’est lui qui fait les 3/4 du boulot, le reste est assuré par le chanteur Gregg Analla, qui a une voix chaméléon, ayant parfois des intonations proches de celles de Steven Tyler (“Swept Away”), ce qui donne une touche très personnelle à l’ensemble, et par le guitariste Wayne Findley, qui participe énormément à la cohésion du tout, avec ses riffs et solos tranchants et plaisants.

La musique du trio est exceptionnellement séduisante et cette variété en est le principal attrait! Outre cet élément prépondérant, la qualité intrinséque des morceaux est également utile de noter, car nous avons assurément à faire à de très bons compositeurs, qui savent comment rendre une chanson excitante et très entraînante de la première note à la dernière! Ce ‘Slavior‘ est un véritable hymne à l’ouverture d’esprit et au groove (“Another Planet” funky, “Dove” et son passage reggae), une très bonne idée qui rendra, ceux qui écouteront cette rondelle, éclectiques!

Entre les passages terriblement métal (“Origin“, “Shatter”, dont l’intro rappelle énormément celle du “The Prisoner” de la Vierge de Fer, “Swept Away” plus atmosphérique, l’éponyme “Slavior” très néo-prog’, et “Red Road” et ses loops électroniques de batterie au tout début) et ceux plus “world” (“Dove” ou “Another Planet”), voire plus rock (“Give It Up” ou “Altar”), nous avons le choix et nous nous abreuvons de différentes influences.

Sans nul doute, Slavior a de très grandes chances de devenir la nouvelle sensation métal de ces 10 dernières années et de conquérir une fan-base prog’ assez conséquente! Une belle claque en ce début d’année!

Moray Firth : Inner LandsMoray Firth est un groupe qui évolue dans un metal eclectique, plus près du doom ou parfois du black que du heavy traditionnel. Leur musique est assez intéressante au niveau de sa diversité intrinsèque et le fait qu’ils nous offrent aujourd’hui une démo 10 titres, ce qui est très rare de nos jours, démontre une volonté de se démarquer des autres formations francophones actuelles. Cette démarche est louable!

Bien que ‘Inner Lands‘ ne posséde pas d’un son extraordinaire, puisqu’il s’agit d’une démo plus que d’un album, il s’agit d’un disque plutôt homogène et très prometteur, car il nous montre un quartet inspiré et désireux de montrer son existence aux fans français.

A travers d’un album à première vue conceptuel, ceci à cause d’une intro et d’une outro, un poil trop longuets selon moi, et de titres assez révélateurs, dont le titre de l’album, Jocelyn Martinez (basse, chant et bouzouki), Stéphane Mely (guitares et chant), Florian Guilhen (batterie) et Guillaume Millet (guitares), réussissent à nous en mettre plein la vue et les esgourdes. La musique est puissante, bien que l’on ne s’en rende pas trop compte avec le son moyen de l’ensemble. Dommage!

Les meilleurs titres de ‘Inner Lands‘ que vous devriez écouter en priorité sont : “Gallows Pole”, “A Jester’s Pledge”, “Next Station…Nowhere”, “Broken Helix“, l’instrumental “Dance With Me” qui est un peu “maidenien” et sans doute le meilleur titre, et l’épique “Hollow”.

Moray Firth est un groupe à suivre et à soutenir impérativement!

Syrens Call : Against Wind and TideAprés un excellent album intitulé ‘Emoceans‘, le groupe frenchie nous revient en cette année 2006 avec un EP qui a, principalement, pour but de présenter la nouvelle vocaliste à son public de fans, la délicieuse et talentueuse Soraya. Le disque, d’une durée approximative de 25 minutes, montre que Syrens Call est un groupe de talent, qui n’hésite pas à créer une musique d’une grand qualité et qui, en même temps, apporte la touche de fraîcheur nécessaire à un style déjà plus que totalement exploité. ‘Against Wind and Tide‘ est un disque agréable, racé, à la fois tendre et énergique, magnifié par la voix douce de Soraya (qui prend toute son ampleur sur la cover de Depeche Mode intitulée “Enjoy The Silence“, également reprise par Lacuna Coil sur son excellent album ‘Karmacode’), qui ensorcèle dès la première écoute. Aucun doute à avoir, le groupe a de beaux jours devant lui, grâce à cette légère modification de line-up. Nous possédons là le Nightwish français, bien que le style pratiqué par Stéphane Turiot, Eric Serre et leurs camarades, soit très éloigné de celui de la machine finlandaise. Avec des chansons progressives d’une rare beauté, le groupe s’en tire honorablement et devrait vite nous concocter un troisième album le plus rapidement possible pour que nos papilles gustatives de mélomanes soient rassasiées par les mélodies subtiles qu’eux seuls savent si bien distiller!

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