Stratovarius : VisionsAprés un ‘Episode‘ énergique dans leur carrière, Stratovarius enregistre en cette année 1997 ce qui sera son nid à tubes, le magnifique et grandiose ‘Visions‘. En effet, tous les titres reflétent le génie compositoire de Timo Tolkki, qui n’est, paradoxalement, pas dans son meilleur état psychologique, dixit Kotipelto. Peut-être est-ce vrai, mais, il s’agit alors d’une dissimulation impressionante. Bien sûr, on retrouve quelques titres un brin nostalgiques et sombres tels que “Black Diamond” (que le groupe joue à tous ses concerts depuis), “Before The Winter” (une ballade automnale qui fout la chair de poule) ou “Coming Home”, mais aussi des titres plus joyeux, lumineux et pleins d’espoir (“The Kiss of Judas“, “Forever Free”, “Legions”, l’instrumental “Holy Light”, “Paradise”), la piéce maîtresse de cet album étant le superbe “Visions (Southern Cross)” qui raconte les prophéties de Michel de Notre-Dame alias Nostradamus, officiellement confiturier à la cour de la reine Catherine de Médicis, mais, également, astrologue/astronome et surtout médecin de Charles IX (on dit que c’est Nostradamus qui aurait fait disparaître l’épidémie de peste dans le Sud-Ouest de la France, principalement à Agen, le chef-lieu du Lot-et-Garonne). Il s’agit d’un titre épique et heavy, trés mélodique néanmoins. Tous les titres sont extrêmement bien travaillés, mis à un même niveau de qualité. ‘Visions‘ est, par conséquent, un enregistrement à conseiller à tout fan de heavy. Aprés tout, il s’agit d’un classique parmi les classiques du genre. Ne loupez pas ce chef-d’oeuvre!!!

Stratovarius : IntermissionStratovarius a eu beaucoup de succés avec son dernier album ‘Infinite‘ et ont pas mal tourné pour le promouvoir. C’est donc tout naturellement que le groupe s’est posé et a arrêté toute activité durant 4 ans 1/2, pour nous pondre en janvier 2003, leur disque le plus progressif et abouti, mais, tellement critiqué ‘Elements pt.1′. Entre temps, pour faire patienter les fans, le groupe sort une compilation de titres rares : face-b de singles, bonus japonais ou inédits, tous de la période postérieure à l’arrivée de Timo Kotipelto dans le groupe en tant que frontman. Voici une démarche bienvenue et accueillie par les fans avec un grand enthousiasme. Outre les face-b de singles (“Kill The King“, une reprise de Rainbow, chantée par Timo T.), les bonus japonais (“When The Night Meets The Day”, extrait de ‘Episode‘, “Dream With Me”, de ‘Destiny‘), européens (“Cold Winter Nights”), les morceaux lives (“I Surrender” et “Hunting High and Low“), tout le reste sont des inédits enregistrés aux studios Finnvox et Hästholmen, morceaux originaux ou reprises. Les morceaux écrits par Stratovarius sont : “Will My Soul Ever Rest In Peace?”, entraînant, pas trés original, néanmoins. “Falling Into Fantasy”, superbe, “The Curtains Are Falling”, classique, “Requiem“, un instrumental émouvant, “Bloodstone”, reprise vitaminée et différente d’un des hits de Judas Priest, “Keep The Flame” et “It’s A Mystery“, deux titres qui apparaissent également sur la version double cd de ‘Infinite‘, donc, pas totalement étrangers, la première chanson étant une ballade hyper dépressive seulement interprétée par Kotipelto et Johansson, le deuxiéme titre étant vraiment trés rock, “Why Are We Here?”, pas mauvais, pas réjouissant non plus…Le bon côtoie le mauvais sur ce disque. Un disque que l’on peut désigner comme étant un disque de transition entre une période heureuse passée et une période critique future. En attendant…

Stratovarius : Elements - Part 1Cela faisait un bail que l’on attendait le nouvel album de Stratovarius. Aprés ‘Infinite‘, sorti en 2000, il nous a fallu attendre prés de 3 ans pour tenir le nouveau disque des finlandais entre nos mains. Effectivement, Tolkki et compagnie nous avaient habitués à des délais d’un à deux ans entre leurs rondelles. Ici, ils ont bien fait de prendre autant de temps. En effet, ‘Elements part I’ est un joyau de speed metal, comme seul la scéne finlandaise sait en produire. Tolkki nous avait annoncé un album “différent”, il n’a pas menti : à part quelques compos traditionnelles dans une veine speed (“Eagleheart“, “Find Your Own Voice” et “Learning To Fly”), tout le reste est assez progressif. “Soul Of A Vagabond”, mid-tempo, lourd, gras, mais, pourtant, si léger, “Fantasia”, magnifique morceau avec un chant d’enfant vers le milieu, “Papillon”, dans la veine d’un “Luminous” et son intro effrayante jouée par un son enfantin et sa voix d’enfant et puis la voix de Kotipelto qui s’éléve vers les cieux, “Stratofortress”, instrumental infernal et ultra-rapide, et enfin, le morceau de bravoure de l’album, “Elements”, épique à souhait, avec ses orchestrations et ses choeurs grandioses. La cerise sur le gâteau!! Enfin, la ballade de rigueur, “A Drop In Eagleheart“, qui termine en beauté ce disque, avec son outro trés “maritime” et ces vagues qui vont et viennent, la “cool attitude” est de rigueur.

Au final, un disque personnel, différent, mais, tellement plaisant. Un album mature et fort, qui conviendra autant aux fans de la période “Visions“/”Destiny“/”Infinite” qu’aux nouveaux venus dans le monde de Stratovarius.

Catharsis (FRA-2) : CatharsisLe style metal à chanteuse est un genre qui est beaucoup sollicité et l’on voit quotidiennement des groupes de tous niveaux sortir des tréfonds de abysses pour gagner la surface et se faire une place parmi de nombreuses autres formations plus ou moins connues. Le groupe français Catharsis évolue lui aussi dans un power metal à chant féminin et je dois dire que dès les premières notes de leur démo 2005, je suis resté scotché devant la qualité des compos et la voix cristalline de Tina. Peu de nouveaux groupes me donnent autant le frisson. Catharsis est bien une exception, qui démontre bien que ce n’est pas parce-que l’on est un groupe débutant sur la vaste scène métallique que l’on a pas de talent. Ici, dès l’intro, on sait d’hors et déjà que le quintet a un pied parmi les meilleures formations européennes de power metal à vocaux féminins, tels que Syrens Call, Dreamland 51, Edenbridge, After Forever, Nightwish, et bien d’autres.

Concernant les titres de cette démo 6 titres, ils sont tous d’une incroyable qualité, il n’y en a pas un seul qui soit meilleur que les autres, mais, mes chansons préférées restent malgré tout “You Are Evil” et “Leave It”, car, en tant que claviériste moi-même, j’ai adoré les lignes de claviers de ces morceaux. Mais, la voix de Tina est également mise en valeur grâce, justement, aux claviers. Les autres titres (“Catharsis“, “Welcome To Hell” et “Dragon“) sont eux aussi d’une grand qualité intrinsèque. Je pense que, si le groupe nous enregistre un véritable album avec un excellent son, il peut devenir notre Edenbridge à nous et connaître son heure de gloire. Il lui faut juste un coup de pouce au niveau de la production, rien de plus.

Catharsis est un groupe talentueux et qui mérite vraiment d’avoir une place au soleil. Nous le lui souhaitons du fond du coeur. La découverte de l’année 2008!

Gamma Ray : Land of the Free IIIl y a des albums qui ont fait date dans l’histoire du metal. Ce fût le cas du ‘Keeper Of The Seven Keys parts I & II’ de Helloween ou du ‘Operation : Mindcrime‘ de Queensrÿche : personne ne les a oubliés! Et parce que ce sont des Å“uvres majeures, elles méritaient d’avoir une suite que tout le monde attendait avec impatience depuis des lustres…ce qui a été le cas ces 10 dernières années. Et Gamma Ray ne fait pas exception, puisque, lui aussi, vient de donner naissance au digne successeur de leur disque le plus magistral, l’excellent ‘Land of the Free‘!

Personnellement, en tant que fan du quatuor Teuton, je ne m’y attendais plus, même si, au fond de moi, j’espérais tellement le tenir un jour dans ma main. Et, aujourd’hui, c’est chose faite!! ‘Land of the Free – pt 2′ vient d’atterrir dans ma platine. Et, malgré les appréhensions légitimes qu’un supporter metalleux peut avoir en écoutant la suite d’un album ayant eu énormément de succès 12 ans auparavant, on ne peut que se sentir rassuré et retrouver l’énergie et l’honnêteté originelles que le groupe avait un peu perdues avec ‘New World Order’ et ‘Majestic‘ et qui avaient été leurs marques de fabrique. Point d’égarement ici : tout est direct et sans concession, presque comme si le groupe avait voulu montrer qu’il est toujours au top de sa forme et qu’il possède toujours cette gnaque et cette volonté de tout défoncer sur son passage, tel un tank puissant et armé jusqu’aux dents, renversant, au fur et à mesure de son avancée, toute une forêt solide et forte! Le disque démarre en trombe avec “Into The Storm“, à la production claire et éclatante, comme “From The Ashes“, qui est LE titre le plus séduisant de tout l’album, grâce, non seulement, aux vocaux vertigineux de Mister Hansen, mais, il doit aussi beaucoup aux riffs jamais encore entendus chez Gamma Ray! On dirait du Helloween période ‘Keepers I & II” ou du Maiden à la ‘Somewhere In Time’…Vraiment très étonnant!! Ce qui peut aussi être le cas de “Leaving Hell” et sa facette hard fm très prononcée et les couplets extraordinaires de Kai, qui explore sa voix d’une manière quelque peu “excentrique”. Puis, nous avons à faire à une intro électrique (“Rising Again“), dont le nom en dit vraiment long sur la renaissance de ce groupe phare de la mouvance power-speed mélodique, ceci pour enchaîner sur un titre rapide et rythmé comme seul Kai Hansen sait en composer et qui s’intitule “To Mother Earth“. Est-ce la fibre écologique des allemands qui a parlé? Sûrement, puisque les paroles sont explicites (“No respect, no heart for nature,led by greed they tear our soil ripped, the sky, the damage major, the air is at the boil/Here create another wasteland, on and on ’til nothing’s there, here it comes, the devastation poisoning the air”) et ne laissent place à aucune pitié envers les pollueurs, ceci à juste titre, d’ailleurs! Ensuite, le second titre créatif, “Empress”, est plus rock, plus “dark” et mid-tempo, avec un refrain assez étonnant, puisqu’il peut rappeler ceux de Hammerfall. Et certains passages de guitares surprennent également puisqu’ils sont acoustiques, ceci avant le solo de gratte! Une compo vraiment plaisante à plus d’un titre! Les deux autres titres (“Rain” et “When The World”) sont moins innovants, mais, cependant, tout aussi efficaces. De véritables claques qui pourront sans doute passer comme une lettre à la poste lors de l’épreuve scénique devant des milliers de fans en furie. “Real World” et “Heal Me Calling” n’apportent pas grand chose d’innovant dans la discographie des Rayons Gamma, ce qui est un peu dommage, vu leur énorme potentiel, mais, ce sont les deux titres les plus beaux, les longs et épiques “Opportunity” et “Insurrection” qui attirent le plus notre attention! En effet, le premier débute comme une ballade, mais, cette réalité est vite écartée puisque les guitares apparaissent rapidement au profit d’un morceau heavy d’une grande beauté et des chÅ“urs grandiloquents tout au long des 7 minutes et des poussières! La seconde composition, quant à elle, est une Å“uvre à elle toute seule!!! De la première note à la dernière, Gamma Ray nous illumine et nous subjugue : tellement lumineuse avec des envolées lyriques du plus bel effet, Kai Hansen & cie se sont dépassés pour nous offrir le meilleur du metal en un seul titre. “Insurrection” ressemble à un opéra, changeant quasiment toutes les minutes d’atmosphère, passant instantanément d’une coloration thrash à un ton majestueux et survolté, insufflant dans sa musique un brin de N.W.O.B.H.M. à la Judas Priest (‘British Steel’) ou à la Maiden (‘Powerslave’, ‘Somewhere In Time’), ce qui dénote d’une agréable fraîcheur d’innovation, fortement souhaitée dans un style de metal trop submergé par des groupes de plus ou moins bonne qualité. “Insurrection” est une bien belle bête qui deviendra sûrement un des nouveaux hymnes de guerre du metal lourd! Rarement une chanson de metal m’aura procuré autant de plaisir et de frissons! Orgasme musical garanti si vous posez votre oreille dessus!!! Pourtant, un sentiment de déjà entendu persiste tout au long de l’album : ce n’est pas étonnant, certaines des lignes de guitares ont été littéralement pompées sur des morceaux de Maiden et d’autres groupes de métal…Alors, plagias énormes ou clins d’oeil quelque peu abusifs?

Si vous aviez peur du pari qui a été lancé par Kai Hansen et sa bande en annonçant ce ‘Land of the Free – pt. 2′, n’hésitez pas à écouter cet album gigantesque, bien plus excitant que le dernier Primal Fear! Non seulement vous serez ensorcelés, mais, vous serez également ravis de posséder l’Å“uvre ultime de power speed mélodique de ces 15 dernières années! C’est une bombe atomique qui vient d’exploser dans le monde du metal et qui va vous laisser sur le c**!! A vous procurer d’urgence!!!!!!!

Primal Fear : New ReligionDepuis le début de l’année, on peut noter une certaine tendance des groupes à durcir leur musique, et ceci, en particulier, dans le heavy metal. Et les Teutons de Primal Fear confirment ce durcissement explicite et terriblement prenant !

En effet, après un ‘Seven Seals‘ superbe et orchestral, le quintet, qui s’est entre-temps séparé du sympathique shredder Tom Naumann et a recruté un ex-nouveau membre en la personne de Henny Wolter, nous revient avec ‘New Religion‘, un septième album survitaminé ! Dès le premier titre, “Sign Of Fear”, le ton général de l’album est donné : incisive et directe, la nouvelle offrande de Mat Sinner et Ralf Scheepers ne fait aucune concession et distille pendant près de 52 minutes une dose importante de brutalité et de grandiloquence, entrecoupée de douceur et d’émotion. Et dès le début, on ne peut qu’être surpris par le mimétisme hallucinant entre Ralf et le Metal God Rob Halford, tant et si bien que l’on se demande si ce n’est pas le leader du Priest qui s’égosille à pleins poumons ici-même ! La musique est, elle aussi, pour beaucoup dans ce sentiment de clonage, puisque entre “Sign Of Fear” et “Painkiller”, il n’y a qu’un infime pas que les Germains n’ont pas osé franchir, mais, il s’en est fallu de peu !! A partir du second titre, la personnalité de Primal Fear s’affirme enfin, de façon plutôt progressive. Ce qui n’est pas un mal, bien au contraire ! La patte Primal Fear est facilement reconnaissable grâce à la production claire, aérienne, et aux orchestrations qui secondent des mélodies bien senties et parfaitement équilibrées, comme en attestent, entre autres, “Face The Emptiness“, sur laquelle l’ombre de Rob Halford plane encore un peu, avec un Ralf Scheepers, dont le timbre si spécial de voix nous rappelle celui de Halford sur “Angel“, par exemple, le titre éponyme “New Religion“, qui révèle une face plus moderne et qui, de par son refrain un peu “décalé” se rapproche beaucoup d’un “Seven Seal” dopé aux amphétamines et plus heavy, “Blood On Your Hands”, “The Curse Of Sharon” épatant avec son aspect quelque peu gothique et son riff à la Stratovarius !! D’autres titres un peu moins indispensables, mais, tout aussi attractifs apportent leur lot de bonnes choses : “Too Much Time”, qui peut faire penser au “Milagros Charm” de Time Requiem, le très lourd et blazebayleysien “Psycho“, “World On Fire” et le titre qui clôt l’album de façon plutôt majestueuse, le mélodique et mélancolique “The Man (That I Don’t Know)”. Mention spéciale aux deux seuls titres qui sortent vraiment du lot : la ballade “Everytime It Rains”, pleine de tendresse chantée par Ralf en duo avec la flamboyante Simone Simmons. Une pure tuerie !! Et l’épique et délicate “Fighting The Darkness“, qui dure tout de même plus de 8 minutes (!) et qui commence de manière plutôt tranquille avec cette introduction atmosphérique au piano et qui s’étire en longueur pour nous démontrer toute l’étendue du talent de nos cinq musiciens virtuoses. L’esprit du Helloween nouvelle facette hante ce titre qui nous ensorcelle et nous fait tomber à la renverse avec sa puissance exacerbée !

Primal Fear nous présente son nouveau visage et nous enchante avec ce 7ème opus tellement… il n’y a pas vraiment de mot pour décrire cette Å“uvre magistrale, cette pièce maîtresse qui doit obligatoirement figurer dans votre collection de disques, entre Judas Priest et Stratovarius ! Rempli d’éléments qui concourent tous à son succès, ‘New Religion‘ est sans conteste la plus belle chose qu’un groupe de power allemand ait pu engendrer depuis le binôme ‘Keeper Of The Seven Keys – part 1 & 2′. C’est beau, c’est génialissime, tout simplement !! Renversant et merveilleux !!!

Helloween : Gambling with the DevilHelloween est un de ces groupes pour qui l’esprit artistique passait avant tout par une certaine expérimentation. C’est ainsi, en suivant ce raisonnement, que naquit l’album sans doute le moins populaire des citrouilles allemandes, ‘The Dark Ride‘. Pourtant, cet album fût, pour moi en tous cas, le seul album vraiment jouissif du combo depuis le fameux ‘Keepers Of The Seven Keys part II’. Et aujourd’hui, après deux albums plus (‘Rabbit Don’t Come Easy‘) et moins (‘Keeper of the Seven Keys – The Legacy‘) dispensables, le groupe nous revient avec une offrande qui va en surprendre plus d’un !

En effet, ‘Gambling with the Devil‘ révèle tout le génie de Michael Weikath et de ses sbires, ainsi qu’une pointe de nostalgie… Car, ce disque s’oriente vraiment vers le très bon et très agressif ‘Walls of Jericho‘. C’est en tous cas ce qu’indique le titre qui ouvre le bal, “Kill It”, première véritable surprise de l’album : nous avons à faire à un Deris très en forme et aussi très en voix, puisqu’il nous démontre toute sa puissance et son savoir-faire de vocaliste en concurrençant explicitement son homologue britannique Rob Halford ! Deris semble particulièrement à l’aise dans ce registre et l’on ressent comme une pointe d’orgasme tout au long de cette chanson dynamique et impressionnante. Mais, ce qui suit est tout autant brut de décoffrage et se veut très proche du premier album des teutons. Peut-être que le rapprochement de Gamma Ray et de Helloween y est pour quelque chose… Toujours est-il que ce retour aux sources est assez plaisant, puisque Judas Priest est un groupe que j’apprécie énormément, les germains également. Certains titres peuvent en rappeler d’autres, plus anciens, tels que “The Saint“, assez proche de “I Want Out” ou de “Silent Rain“, par exemple, puis “Dreambound” et “Paint A New World”, typiques du quintet. De même, “The Bells Of The Seven Hells” est ancré dans ce passé qui semble ressurgir brutalement en cette année 2007…Pourtant, “As Long as I Fall” et “Final Fortune“, plus softs, nous ramènent au moment présent et nous exhibent le vaste champ de jeu et de composition de chacun des musiciens. De plus, leur présence est la bienvenue, puisqu’elle permet d’apaiser la tension et le rythme effréné qui règne ici. Les autres titres sont excellents aussi et portent la patte de la cucurbitacée. Par conséquent, pas de surprise à ce niveau-là. Le son est très clair et énergique, parfois un peu limite à l’ancienne, mais, tellement moderne, puisqu’il a été une nouvelle fois produit par Charlie Bauerfeind, le meilleur producteur sur l’ancien continent. Il a réussi à faire sonner l’ensemble de manière grandiloquente et solennelle et à capter l’essence même de l’esprit Helloween. Un véritable exploit qu’il faut saluer !

Helloween nous a, depuis 2005, révélé son goût renouvelé pour son passé (un titre tel que ‘Keeper of the Seven Keys – The Legacy‘ nous a mis la puce à l’oreille). Mais, nous ne nous doutions pas de l’impact des premiers albums sur l’actuelle formation et ce nouvel opus marque un retour vers le futur certain et ne manquera pas de marquer tous ceux qui suivent le groupe depuis ses débuts avec Kai Hansen et Michael Kiske. Il s’agit d’une énorme surprise sous forme de bain de jouvence, qui nous amènera à réviser nos classiques. Très bel essai transformé ! IN-DIS-PEN-SA-BLE !!!

Darksun : The Dark SideEn 2006, Angra a mis au monde un de ses albums les plus controversés. En effet, malgré une production magistrale signée Dennis Ward et des compositions complexes, ‘Aurora Consurgens’ n’atteignît pas la qualité d’un ‘Temple Of Shadows’. Peut-être était-ce la faute à une aura un peu trop sombre, assez inhabituelle chez les brésiliens, d’attitude plus joyeuse en temps normal, ce qui a eu pour résultat d’éloigner un grand nombre de die-hard fans, déboussolés par ce changement de cap quelque peu expérimental, comme à l’époque de ‘Fireworks’.

Heureusement, pour eux, avec DarkSun, les fans d’Angra risquent de retrouver le sourire, ceci grâce au nouvel opus des espagnols, intitulé ‘The Dark Side‘. En effet, loin d’être une copie du groupe à Kiko Loureiro et Rafaël Bittencourt, DarkSun s’est orienté vers un speed metal progressivo-mélodique symphonique de toute beauté, possèdant de grandes similitudes avec la musique des sud-américains, le côté ethnico-folklorique en moins, principalement dûes à des ambiances diverses, naviguant entre mélodicité à la façon d’un ‘Holy Land’ et riffs heavy à la ‘Temple of Shadows’, la facette ténèbreuse étant plutôt à chercher du côté d’Evergrey, voire de Nightmare. Les orchestrations, quant à elles, font immédiatement penser à l’oeuvre des finlandais de Nightwish.

Le disque, outre l’intro narrée en latin, démarre vraiment bien avec le titre éponyme, le merveilleux “The Dark Side“. Cela laisse présager du meilleur pour le reste de l’album. Et, effectivement, nous en avons la confirmation avec “A Hero Reborn“, qui n’aurait vraiment pas dépareillé sur un chef d’oeuvre tel qu’un ‘Oceanborn’ ou un ‘Temple Of Shadows’, notamment à cause du son typique du jeu de cymbales ride d’Aquiles Priester. Et pourtant, les lignes de claviers nous amènent vers une conclusion surprenante : l’esprit d’Andre Matos hante ce titre de bout en bout. Notre sentiment est appuyé par la voix si particulière de Daniel Gonzalez, le vocaliste de DarkSun, similaire, sur certains passages, les plus aïgus, à celle d’Andre. Quatrième piste sur le CD, “Slaves Of Fear” est un pur morceau de heavy progressif d’une très grande classe, aux frontières de Vanden Plas et de Thy Majestie. Titres dispensables, “Blood Brothers” et “Prisoners Of Fate” font un peu tâche parmi les nombreuses perles, mais “Echoes Of The Past” est bien plus raffiné, mené à son paroxysme par un entraînant et entêtant refrain, tandis que le gros morceau de l’album, “Elegy“, est une ode épique en trois parties, possédant chacune leur atmosphère personnelle, s’inspirant indirectement de leurs compatriotes de Dark Moor, eux aussi utilisateurs et créateurs de subtiles lignes de clavecin. Pour conclure sur un ton plus sage et moins enflammé, “Legend” est une ballade magnifiée par un chant tout en douceur de Daniel qui, pour l’occasion, n’est accompagné que par un clavier d’une rare douceur.

Le groupe DarkSun a su très bien digérer diverses influences pour nous offrir le meilleur. Peu de jeunes groupes réussissent dans cet exercice de style, qui s’avère être un terrain extrêmement glissant, sans devenir des clones des brésiliens, surtout avec autant de talent et une personnalité exacerbée qui dégage énormément d’énergie. DarkSun est, donc, une formation très intéressante à laquelle il serait bon de prêter attention et crédit et qu’il faut soutenir. Car DarkSun est un concurrent très sérieux d’Angra et peut même détrôner ses maîtres!

Darkwater : Calling the Earth to WitnessAprès le nouvel album de Nocturnal Rites, voici une autre galette venue de Suède. ‘Calling the Earth to Witness‘ est le premier effort du groupe Darkwater, formé par quatre membres de Harmony, qui nous propose, ici, un power metal progressif très mélodique et d’une rare beauté. Bien que très proche musicalement de Vanden Plas, le groupe arrive à ne pas copier ses collègues allemands et renouvelle même ce genre très prisé en y rajoutant une touche personnelle, ceci à travers des riffs de synthés bien trouvés et subtils. Notamment durant l’outro toute calme du titre “All Eyes On Me”.

Bien que le côté atmosphérique du groupe représente près de 65% de la recette créée par Darkwater, il n’en reste pas moins que le combo est doté d’une gnaque accrue et qu’il donne le meilleur de lui-même dans des parties très techniques et heavy, pour un résultat proche de la perfection et qui fait mal au cul, n’ayons pas peur des mots. Car ce ‘Calling the Earth to Witness‘ est une énorme claque !! Supérieur en qualité au dernier cd de leur compatriotes de Nocturnal Rites, les arrangements aux claviers donnent vraiment la chair de poule, comme en témoignent les nappes apposées sur, au hasard, “Again“, “Habit” et son intro à la Queen et les guitares distordues Vandenplasiennes, la ballade magnifique intitulée “The Play – 1″ et sa mélodie jouée au piano et les orchestrations délicates en arrière-plan, “The Play – 2″ et sa saveur Evanescence, ou l’épique “In My Dreams”…

Outre ses éléments structurels composant la personnalité de Darkwater, nous pouvons également constater la présence d’un chanteur à l’organe exceptionnel nommé Henrik BÃ¥th. Son timbre est très proche de ceux d’André Matos et de Andy Kuntz, ce qui renforce notre impression précédente sur la similarité entre Darkwater et Vanden Plas. Néanmoins, votre serviteur tient à insister sur l’originalité du groupe et de sa musique, bien que l’on puisse y trouver une certaine proximité avec d’autres combos évoluant dans le même registre. Le talent de nos cinq compères y est également pour beaucoup.

Vous l’aurez, donc, compris, Darkwater est un quintet sur lequel il faudra compter dans l’avenir et qui apporte de nouvelles briques à l’édifice progressif. Un album exemplaire pour un groupe qui l’est tout autant. Très beau but !!

Nocturnal Rites : The 8th SinDe nos jours, il est impressionnant de constater à quel point la Suède, le pays des Krisprolls et d’Abba, est influente et productive sur le plan du metal. En effet, chaque année apporte son lot assez conséquent de suédoiseries de tous genres : Death Metal avec In Flames, Pagan Black Melodique avec Amon Amarth, progressif avec Darwater, Hard Rock avec Europe, et maintenant heavy power metal avec Nocturnal Rites, qui vient de sortir son 8ème album, justement intitulé ‘The 8th Sin‘.

Après un ‘Grand Illusion‘ qui avait reçu un très bon accueil, mais, qui n’a pas été un grand succès commercial, ce ‘The 8th Sin‘ poursuit le bonhomme de chemin de nos 5 scandinaves. Toujours dans la même veine, le groupe innove pourtant avec un son résolument plus moderne et plus organique. Pourtant, ce disque possède un petit défaut inhérent au style pratiqué par les groupes de heavy power metal scandinaves : les chansons calibrées pour les radios sont trop lisses ce qui donne un certain aspect très plat, même malgré certains passages plus agressifs à la limite du Death Metal Mélodique à la Suédoise, que l’on peut entendre sur des titres tels que “Call out to the world”, “Never Again” ou “Not Like You”, pour ne citer qu’elles, par exemple. On a, donc, l’impression d’avoir déjà entendu mille fois ce disque par le passé…

Néanmoins, ce disque reste plus que correct au niveau des compos et l’on se retrouve plongé dès la première chanson dans un déluge de riffs mélodiques et de rythmiques plombées, pour notre plus grand bonheur de métalleux. Tous les titres valent le détour, autant les compos citées ci-dessus, qui apportent une pincée de nouveautés, que “Tell Me”, “Leave Me Alone”, “Strong Enough”, “Me” et “Pain & Pleasure”, par exemple, toutes ces chansons étant un bon résumé de toute la carrière de Nocturnal Rites. Toutefois, pour que le groupe soit reconnu à sa juste valeur, il lui manque à la fois un soupçon de fougue qui lui permettrait de percer et de briller sur la scène metal de façon plus visible.

En somme, ‘The 8th Sin‘ est un très bon album. Malheureusement, il ne s’agit que d’un album supplémentaire dans la discographie du groupe et non d’une véritable bombe de power metal qui aurait pu faire la différence et lancer de manière définitive le groupe sur le devant de la scène métallique et lui ouvrir des portes pour pouvoir être en tête d’affiche au lieu de toujours être en première partie de grands groupes qui ont bien compris quelle était la véritable recette du succès. Mais, ‘The 8th Sin‘ permet assurément de passer un agréable moment en musique et ce n’est déjà pas si mal…

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