Gorgoroth, ce groupe emblématique du Black Metal Norvégien, tant par la musique que par ses “activités parallèles”, est de retour pour son troisième opus avec Gaahl en tête de la charge (bien qu’il soit déjà apparu sur Destroyer). Après le haineux, destructeur et envoûtant Twilight Of The Idols, voici Ad Majorem Sathanas Gloriam !
Cette fois, Infernuus a laissé une grande part de la composition au bassiste King qui nous offre donc toujours du Gorgoroth, mais avec une teinte assez particulière en comparaison aux prédécesseurs de Ad Majorem. L’entrée tempétueuse de Wound Upon Wound nous laisse redécouvrir du speed et un blast beat, comme le veut la tradition, avec break et changements de rythmes via roulements… Jusque là rien d’exceptionnel, ce titre aurait certainement pu figurer sur Twilight Of The Idols. Quand à Gaahl, il s’exprime toujours dans la voix saturée vers les aigus et nous laisse toujours ressentir sa prestance maléfique. Mais, au second morceau, on commence à ressentir la composition de King, avec une absence des mélodies typiques d’Infernuus (à prendre pour exemple Pentagramme…)et un côté très martial, autant au niveau des riffs presque carrés et de la batterie qui, on peut le dire, ne swing pas tellement. Arrondissement des angles avec God Seed (Twilight Of The Idols) qui raisonne de façon plus solennelle en arpège ascendant et descendant. Plus mystique, Sign Of An Open Eye laisse une impression étrange de mélancolie et de psychédélie… avec de voix claires et d’effets de distorsion plaintifs. Pour ne pas briser de façon trop directe l’ambiance de ce morceau, Untamed Forces ne s’accélère que très peu et retrouve le côté assez carré de Carving A Giant, côté martial en moins. Puis exit nous offre un blast beat effréné sur des riffs assez minimalistes… d’ailleurs sans cette rythmique le morceau aurait pu facilement être mis de côté. Le suivant, White Seed, reprend ce style de rythmique mais sur des riffs plus malsains et convaincants, pouvant rappeler Forces Of Satan Storms de Twilight. Pour clore, Prosperity And Beauty est sans doute le morceau le plus développé, tant au niveau rythmique, des riffs et de la complainte vocale qui fait surgir une émotion, à la fois de puissance et de mélancolie que je me plais à décrire comme le seul survivant du champ de bataille, à la fois comblé par sa victoire et déçu de ne pas être tombé… n’ayant plus rien à combattre. Une fin victorieuse mais qui laisse pressentir que Gorgoroth ne s’arrêtera pas là ! Et c’est d’ailleurs la piste où l’on peut retrouver les compositions Infernuus avec une touche de mélodie.
Un album moins convainquant que la plupart de ses prédécesseurs mais qui se défend bien si l’on prend du temps pour l’écouter !
Mika Helvetia
Rock’n Roll Is The Devil’s Music !
Gorgoroth : Ad Majorem Sathanas Gloriam
June 14th, 2007 by admin
Posted in Black Metal, Chroniques
Leave a Comment