novembre 12th, 2011

Muse … Ce trio possède une particularité : soit on aime, soit on n’aime pas. Ce son si particulier, mélange habile de rock tantôt pêchu, tantôt rêveur, de symphonie envoûtante, d’électro efficace et de synthé omniprésent. Personnellement, il est l’un des groupes que j’ai le plus écoutés lors de mon entrée dans la terre Rock/Metal il y a déjà plusieurs années, encore dans les temps du collège.

Mais avant Muse, ce fut tout un enchainement de noms, tous plus originaux les uns que les autres comme les Rocket Baby Dolls ou Fixed Penalty entre autres. Et puis fin 90’s, le groupe opte pour Muse, un nom « court et puissant » selon les dires de Matthew Bellamy. En 1999, « Showbiz » effectue une entrée très remarquée dans la sphère Rock grâce à un son efficace et de très nombreuses inspirations sur tout un tas d’autres groupes. En 2001, Muse sort « Origin of Symmetry », chef-d’œuvre musical intemporel. « Hullabaloo », compilation de face-B et « Absolution » (2003) ne parviendront pas à faire de l’ombre à « Origin of Symmetry », malgré leurs énormes succès commerciaux. Et c’est sur cette optique et cette interrogation que sort « Black Holes and Revelation » en 2006. Si tous les fans baveux se sont sans vergogne jetés sur cette galette, d’autres connaisseurs (ce que je n’étais pas à l’époque et ce que je ne pense toutefois pas encore être aujourd’hui) ont pu se poser cette question légitime : Muse est-il devenu une pompe à fric ?

Bien difficile de répondre à cette interrogation. Le groupe semble toujours faire la musique qu’il aime, sa démarche ne peut donc être considérée comme du « faire vendre ». Néanmoins, certaines compositions semblent beaucoup plus fournies. N’attendez pas là spécialement un point fort, car la majeure partie des compositions d’ « Origin of Symmetry » étaient également très fournies, mais possédaient davantage de sens que « Black Holes and Revelations » qui semble bien trop souvent surfait. Et vas-y que je te met un violon, et tiens le piano ça fait joli, puis tiens un p’tit riff de guitare qui passe bien, oh et puis Chris, secoue la tête un peu en t’excitant sur ta basse, ça fait classe.

Le succès de « Black Holes and Revelations » est tel que le malheureux « Starlight » est touché par le syndrome du « trop entendu ». Toutes les radios, toutes les télés, tous les médias nous l’ont tellement ressorti que l’on finit par dénigrer cette chanson pourtant intéressante, même si elle ne révolutionne pas grand-chose. Cette ligne de basse lourde et ces deux cassures plus rock où la guitare est davantage mise en avant sur ce chant toujours très haut perché de Sir Bellamy en font une chanson plutôt sympathique. Quant à « Supermassive Black Hole », qui a eu l’honneur d’être le premier single de cette galette (et non, ce n’est pas « Starlight »), ce titre nous offre une sorte de pop-indus au rythme extrêmement pesant mêlé à une très agaçante voix suraiguë jusqu’au refrain et ses « ouhouhouh » niais comme pas permis … Chanson que deux types de fans très distants ont pu découvrir : Twilight pour les uns, Fifa 07 pour les autres. On fait notre pub comme ont peu après tout.

Si « Absolution » contenait de bonnes idées mélangées à des mauvaises, soyez conscient que vous ne trouverez pas de vraies différences ici, le mauvais goût côtoyant efficacement des chansons très intéressantes. J’ai trouvé très lourd et monotone le « Soldier’s Poem », où, aux commandes de sa guitare acoustique, Bellamy nous la joue crooner-bisoUnours, alors que d’autres y verseront peut-être le trois quarts d’une larme. Toutefois, le morceau possède UN indéniable point fort : il est court ! « Take a Bow » nous sert une très mauvaise copie du génialissime « Bliss », le piano remplacé par une nappe extrêmement indigeste de claviers nous desservant un flot de musique classique d’un nouveau temps particulièrement insipide alors que les vocaux de Bellamy, qui montent progressivement dans les aigus demeurent, eux, de toute beauté jusqu’à cette explosion de guitare un peu trop saturée (à moins que ça soit ma version…). Mais l’auto-plagiat ne s’arrête pas là et « Assassin » ressemble à s’y méprendre à un certain « Stockholm Syndrome » … Lignes de guitare à peine changées (devenues très … plates … zzz), lignes de chant accompagné par des chœurs extrêmement désagréables… Le refrain ne fait qu’accentuer cette sensation de recyclage. Toutefois, « Assassin » apporte une légère pêche bienvenue au milieu de toutes ces expérimentations. Si « Hoodoo » possède une sensibilité certaine et une très belle émotion, ces lignes de piano semblent ici également très ressemblantes aux lignes présentes sur « Origin of Symmetry ». Si Muse savait faire des ballades de toute beauté, celle-ci n’est que chouinarde et rapidement soûlante.

Mais certaines expérimentations valent le coup. « Map of the Problematique » et son rythme lourd ainsi que cette guitare semblable à un écho et accompagné d’un chant sobre et efficace nous permet de relever correctement la tête. « Exo-Politics » est la pièce maîtresse de cet album. Ce rythme puissant et martial servi par les chœurs de Chris’ et les refrains très énergiques n’auront aucun mal à faire bouger les foules. Enfin, « City of Delusion » fusionne avec talents des rythmes orientaux, hispanique avec ces refrains où la guitare sature d’une façon excellente, le tout pour nous donner seulement envie de nous lever et de danser aux rythmes de cette musique taillée pour l’évasion.

Et il y a également les titres « mi-figue, mi-raisin ». Sur fond de marche militaire, « Invincible » joue la carte de la ballade progressive, se finissant par un passage très rapide à la guitare. Ce qui ne va pas ? On voit venir le morceau à des kilomètres à la ronde, tout est tellement téléphoné… Le titre final « Knights of Cydonia », sorte de pseudo-« Bohemian Rhapsody » commerciale, jouit de rythmes infects et tout simplement risibles toute la première moitié de la chanson, un agacement qui se fait encore plus sentir sur le break du milieu où la voix haut perchée de Matthew est mélangée à une tonalité électronique insupportable. Et puis arrive un final sur des riffs que l’on pourrait comparer parfois à ce dont nous ont habitué quelques pointures du Heavy. Un final qui lui, par contre, possède de la gueule et même une très bonne.

« Black Holes and Revelations » n’innove pas. Oh ça non ! On a juste l’impression que le groupe était en grosse panne d’inspiration et a pensé que réchauffer « Origin of Symmetry » et surfer sur la vague « Absolution » suffirait à en faire une pointure, il n’en demeure pas mieux qu’une espadrille. Mais malgré tout, il demeure un album plutôt agréable, que l’on écoute avec plaisir tant celui-ci reste très simple d’accès. Le mieux reste que vous vous fassiez vous-même votre opinion ceci dit. Le style des anglais est tellement indéfinissable que chacun y trouvera son compte. Toutefois, si vous êtes un fan d’ « Origin of Symmetry », il y a fort à parier que cette galette vous paraîtra bien fade …

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