janvier 30th, 2012

Le secret d’un bon groupe de rock aujourd’hui ? Il y a bien sûr le niveau musical, la technique, les thèmes… Mais tout ça est d’un classique. Chez The Stumps, on cultive l’amitié et l’amour de la musique avant tout autre chose. « The Beat » n’est pas qu’un album de Pop-Rock, c’est surtout la démonstration de ce qu’est l’amitié et la simplicité. Mais classer le groupe dans la Pop-Rock reste relativement réducteur car ce que l’on trouve la dedans est pour le moins varié et chacun des titres tourne vers un état d’esprit bien distinct.

Toujours est-il que le Pop-Rock est bien trop souvent dénigré comme « trop facile », « trop basique », « trop commercial » … Ni vrai, ni faux, partout on trouve des groupes originaux et des groupes commerciaux. Ne faisons pas de généralité, la sphère francophone du Rock-Metal tous horizons est déjà bien assez réduite étant donné la déprime que je me suis infligé à regarder les NRJ Music Awards.

Les funérailles finies, je m’enfile à nouveau le disque de The Stumps. Dans un savant mélange de Pop-Rock énergique, d’une légère touche de Britpop et d’une bonne dose de disco, disons que le mot qui revient très souvent à l’esprit en écoutant leur album « The Beat » est … C’est kitsch ! L’ambiance Carlos/vacance/Franky Vincent (sans les zizis) saute aux oreilles. Pas extrêmement originale, c’est une chose mais purement rafraîchissante et joyeuse ! « The Beat » est un concentré de joie, de bonne humeur et de tranche de rigolade assurée !

Parce que soyons clairs ! Le groupe ne brille pas par une technique ou une créativité étonnante. Les quatre musiciens maîtrisent vraiment bien leurs instruments et leurs sujets, mais c’est surtout leur bonne humeur et leur joie de vivre qui seront contagieuses. Leurs façons de jouer et leurs accents franglais font rire et sourire (mais je ne dis rien, étant une quiche en anglais…). Une guitare groovy, une basse 80’s, une batterie simple mais efficace et quatre voix pour un déluge de joie et c’est parti !

« Douze titres, douze orgasmes » : tel était le titre de l’article du Monde à propos du groupe. Un tel compliment peut sembler présomptueux mais bon, ça ne coûte rien d’y poser une oreille, me dis-je la première fois. « Jack the Ripper » est une bonne entrée en matière, la basse sonne ronde et efficace autant que la batterie délivre de bonne frappe. Quant à la guitare, elle fait indéniablement penser 80’s, le chant lui-même respire les 80’s, tout comme les refrains semblant chantés à plusieurs. On a vraiment l’impression de revenir dans le temps et de bouger en rythmes sur le groove des discothèques lors des booms de l’époque (que de souvenirs héhé). « Wonderland » modifie légèrement le pas et se classe comme un pur titre Pop-Rock porté par une guitare aussi simple que dansante, le tout agrémenté de ce chant si particulier, tournant entre les membres du groupe sans jamais perdre sa classe et ce grooving particulier.

« Alice or Stephanie » nous fait sourire de par cette basse grondante tout droit sortie des clubs Med et d’une guitare nous rappelant les cocotiers. « Sleep Well Live Twice », avec un début à la croisée d’Étienne Daho et des animateurs de colo se joue TRÈS kitch mais c’est étrangement plaisant (on croirait entendre la mer lors de ce clavier un peu « trompette »). Mais rien n’est plus rafraîchissant que ce « What’s Next » final où des flow légèrement rap au niveau vocal vienne cohabiter avec ces cordes un peu antillaises au niveau des rythmes, ou encore cette basse reggae qui accompagne une guitare très bien rythmée sur des accords simples et efficace sur « Young and Fabulous ».

Si le kitch est très présent, il reste une poignée de titres qui ressortent du lot. « Leave My Money Baby » fait apparaître un style légèrement plus énervé, plus rock, moins dansant mais vraiment efficace. « Beatcomber » est un titre qui se démarque également de par une guitare nettement mise en avant pour notre plus grand bonheur, mais rappelant également étrangement des groupes de Britpop en tous genres.

Le temps que « Snakes and Rats » nous ramène dans les 80’s avec un petit côté blues-pop sympathique et que « Sisters and Co » nous ramène sur le dancefloor avec un riff des plus dansants ; on finit par s’asseoir, car on est finalement épuisé de ce voyage dans le temps sous les tropiques. The Stumps est un groupe à part, ni très original, ni copie, les quatre Parisiens font la musique qu’ils aiment, entre pop-rock joyeuse et disco 80’s. Une bonne tranche de bonne humeur, de joie et une furieuse envie de danser : voilà les ingrédients de « The Beat ».

De quoi commencer l’année avec le sourire !

janvier 17th, 2012

Cynic (USA) : Carbon-Based AnatomyCynic, ou la culture de l’attente, le désir de se faire désirer. Derrière ces cinq lettres se cache un véritable univers majestueux créé de toutes pièces par des musiciens de génie. Alors que le groupe s’était lancé à corps perdus dans un Death/Thrash à ses débuts et avait ainsi réussi à se mettre dans la « poche » des pointures comme Atheist et avait fait les premières parties de Cannibal Corpse, Cynic a ensuite poursuivi dans une voie plus progressive, mais toujours teinté d’un Death vigoureux. Ainsi naquit le très efficace « Focus ». Mais des divergences musicales ont eu raison de ce groupe en 1994, provoquant le split de Cynic première génération.

Cynic deuxième génération débarque en 2008 avec « Traced in Air ». Et il est évident que rien ne sera comme avant. Moins Death, plus Metal, plus Progressif, plus Expérimental, « Traced in Air » laisse davantage de place au chant clair et à une brutalité moins présente. Et puis le groupe continue son évolution et c’est ainsi que se place « Carbon-Based Anatomy », réunissant à nouveau le trio Masvidal, Reinert et Malone, réunis pour la première fois depuis « Focus ». Cela tournerait donc vers un possible retour aux sources ?

Fan du Cynic de la première heure, vous serez déçus. On peut même dire que le Cynic de « Traced in Air » a subi un important lifting. « Carbon-Based Anatomy » se tourne ainsi beaucoup plus vers une musique ambiante, atmosphérique, quittant définitivement le Death d’antan. Exit également le fameux vocodeur de Paul, qui laisse ainsi librement aller son timbre de voix totalement magnifique.

Une chose est certaine chez Cynic : on privilégie la qualité et non la quantité. Pour un groupe de Progressif, « Focus » et « Traced in Air » sont quand même peu longs (on tourne autour de 35-40 minutes). Mais pourquoi faire plus si c’est pour risquer des moments longs et sans grand intérêt ? Cynic va droit au but et on les aime ainsi ! Ainsi, « Carbon-Based Anatomy » tapera dans la vingtaine de minutes, avec trois chansons et une intro, un interlude et un outro. Un encas de luxe, en quelque sorte.

Que ça soit l’introduction, l’interlude ou l’outro, les trois se ressemblent plus ou moins. « Amidst the Coals » ouvre donc le bal d’une manière angélique, où cette voix féminine accompagnera d’une façon autant relaxante qu’angoissante un air de ruisseau s’écoulant paisiblement, orientation orientale/tribale et la voix mélodique d’Amy Correia, « Bija ! », l’interlude se fera au djembé et au piano, sur fond d’incantations mystique et « Hieroglyph » reste dans la droite lignée du reste de cet EP, à savoir ambiante, mystique, lente et reposante.

Quant aux trois titres principaux, la ressemblance avec « Focus » est désormais révolue. On est désormais sortie des sentiers du Death Metal, et même le Metal tout court semble plus loin, sans pour autant être sorti de cet EP. L’entrée en matière est très réussie en laissant la batterie tout en retenue et en talent de Reinert pour introduire le morceau éponyme « Carbon-Based Anatomy ». Le chant sera ici parfait, totalement bien mis en avant avec divers effets (comme des voix superposées), alors que la guitare restera très en retrait jusqu’à son solo, tout cela formant une sorte de continuité de « Traced in Air ». Continuité qui suit ensuite un virage plus brusque avec « Box Up My Bones ». Ce titre joue d’une musique au premier plan afin de servir un chant discret, presque chuchoté avant de lancer un refrain influencé par des relents pops totalement bien construits et émouvants, le chant étant savamment dosé et accompagné de majestueux chœurs. Que ça soit la guitare ou la batterie, les deux se révéleront extrêmement techniques, Cynic oblige, disons-le. Le solo étant particulièrement touchant et rempli d’émotions. « Elves Beam Out » joue une carte expérimentale dans le jeu de Cynic et dévoile ainsi une facette encore méconnu du groupe, qui ne cesse ainsi d’évoluer avec talent. Une ligne mélodique bétonnée, un chant toujours juste et émouvant, une batterie dans la force et la maîtrise. Les nappes de claviers et les effets en tous genres prennent en particulier une importance de premier ordre, prenant le soin de distribuer des atmosphères spatiales et planantes.

Exit les growls furieux, exit les riffs agressifs et rapides, exit le Death Metal. Cynic joue une fois de plus la carte de l’expérimentation et réussi avec talent. Car la force principale de Cynic reste le fait que le groupe semble connaître ses « limites » à chaque composition. Riche, intense, touchant… Cynic troisième génération alors ?

janvier 17th, 2012

Cynic, ou la culture de l’attente, le désir de se faire désirer. Derrière ces cinq lettres se cache un véritable univers majestueux créé de toutes pièces par des musiciens de génie. Alors que le groupe s’était lancé à corps perdus dans un Death/Thrash à ses débuts et avait ainsi réussi à se mettre dans la « poche » des pointures comme Atheist et avait fait les premières parties de Cannibal Corpse, Cynic a ensuite poursuivi dans une voie plus progressive, mais toujours teinté d’un Death vigoureux. Ainsi naquit le très efficace « Focus ». Mais des divergences musicales ont eu raison de ce groupe en 1994, provoquant le split de Cynic première génération.

Cynic deuxième génération débarque en 2008 avec « Traced in Air ». Et il est évident que rien ne sera comme avant. Moins Death, plus Metal, plus Progressif, plus Expérimental, « Traced in Air » laisse davantage de place au chant clair et à une brutalité moins présente. Et puis le groupe continue son évolution et c’est ainsi que se place « Carbon-Based Anatomy », réunissant à nouveau le trio Masvidal, Reinert et Malone, réunis pour la première fois depuis « Focus ». Cela tournerait donc vers un possible retour aux sources ?

Fan du Cynic de la première heure, vous serez déçus. On peut même dire que le Cynic de « Traced in Air » a subi un important lifting. « Carbon-Based Anatomy » se tourne ainsi beaucoup plus vers une musique ambiante, atmosphérique, quittant définitivement le Death d’antan. Exit également le fameux vocodeur de Paul, qui laisse ainsi librement aller son timbre de voix totalement magnifique.

Une chose est certaine chez Cynic : on privilégie la qualité et non la quantité. Pour un groupe de Progressif, « Focus » et « Traced in Air » sont quand même peu longs (on tourne autour de 35-40 minutes). Mais pourquoi faire plus si c’est pour risquer des moments longs et sans grand intérêt ? Cynic va droit au but et on les aime ainsi ! Ainsi, « Carbon-Based Anatomy » tapera dans la vingtaine de minutes, avec trois chansons et une intro, un interlude et un outro. Un encas de luxe, en quelque sorte.

Que ça soit l’introduction, l’interlude ou l’outro, les trois se ressemblent plus ou moins. « Amidst the Coals » ouvre donc le bal d’une manière angélique, où cette voix féminine accompagnera d’une façon autant relaxante qu’angoissante un air de ruisseau s’écoulant paisiblement, orientation orientale/tribale et la voix mélodique d’Amy Correia, « Bija ! », l’interlude se fera au djembé et au piano, sur fond d’incantations mystique et « Hieroglyph » reste dans la droite lignée du reste de cet EP, à savoir ambiante, mystique, lente et reposante.

Quant aux trois titres principaux, la ressemblance avec « Focus » est désormais révolue. On est désormais sortie des sentiers du Death Metal, et même le Metal tout court semble plus loin, sans pour autant être sorti de cet EP. L’entrée en matière est très réussie en laissant la batterie tout en retenue et en talent de Reinert pour introduire le morceau éponyme « Carbon-Based Anatomy ». Le chant sera ici parfait, totalement bien mis en avant avec divers effets (comme des voix superposées), alors que la guitare restera très en retrait jusqu’à son solo, tout cela formant une sorte de continuité de « Traced in Air ». Continuité qui suit ensuite un virage plus brusque avec « Box Up My Bones ». Ce titre joue d’une musique au premier plan afin de servir un chant discret, presque chuchoté avant de lancer un refrain influencé par des relents pops totalement bien construits et émouvants, le chant étant savamment dosé et accompagné de majestueux chœurs. Que ça soit la guitare ou la batterie, les deux se révéleront extrêmement techniques, Cynic oblige, disons-le. Le solo étant particulièrement touchant et rempli d’émotions. « Elves Beam Out » joue une carte expérimentale dans le jeu de Cynic et dévoile ainsi une facette encore méconnu du groupe, qui ne cesse ainsi d’évoluer avec talent. Une ligne mélodique bétonnée, un chant toujours juste et émouvant, une batterie dans la force et la maîtrise. Les nappes de claviers et les effets en tous genres prennent en particulier une importance de premier ordre, prenant le soin de distribuer des atmosphères spatiales et planantes.

Exit les growls furieux, exit les riffs agressifs et rapides, exit le Death Metal. Cynic joue une fois de plus la carte de l’expérimentation et réussi avec talent. Car la force principale de Cynic reste le fait que le groupe semble connaître ses « limites » à chaque composition. Riche, intense, touchant… Cynic troisième génération alors ?

janvier 6th, 2012

Carnival In Coal : French CancanLe Metal Avantgardiste est l’un des genres les plus casse gueule que compte notre sphère bien aimée. Chaque album est un coup de poker : soit t’y gagnes, soit t’y perds. Le risque est que soit on va crier au génie, soit on rira aux éclats face à un gros bordel désorganisé. Meshuggah, Psykup, Diablo Swing Orchestra (parmi tant d’autres) ont permis de démocratiser ce genre, bien qu’au final, aucun groupe ne ressemble à un autre.

Le groupe qui nous intéresse aujourd’hui provient de notre hexagone, d’Amiens plus précisément. Carnival in Coal est un duo accompagné de moult musiciens pour les performances lives du groupe. Axel et Arno sont des amis de très longue date et après avoir pris de l’assurance au travers de deux groupes de styles plus classiques que sont House Of Wax et Extravaganza, les deux musiciens décident ensemble de créer ce qui deviendra l’une des plus grosses pierres à l’édifice Metal français. Arno au chant, Axel à la musique et c’est parti !

Définir la musique du duo français revient à « mélanger » les Bee Gees avec Cannibal Corpse, par exemple. De ce fait, vous retrouverez moult éléments propres au Metal dit extrême (Death, Black, Grind…) et des musiques complètement opposées (Zouk, Disco, Cirque, Classique, Techno…). Sauf que le tout est incroyablement bien mélangé. Nous y reviendrons plus tard.

« French Cancan » arrive seulement quelques mois après la secousse provoquée par « Vivalavida ». Une grosse masse d’encouragement de la part de la presse et du public et Carnival nous sert une offrande de luxe. En soi, « French Cancan » peut laisser dubitatif … Neuf chansons pour seulement deux originaux et sept reprises ? Certains aux premiers abords pourraient croire à une sorte de foutage de gueule, une sorte de « zéro risque ». Oui mais on parle quand même de Carnival in Coal et il est évident qu’aucune des reprises ne se rapprochera sensiblement de l’original.

Mais évidemment que l’on reconnaît l’original ! C’est quand même le principe d’une reprise. Et Ozzy Osbourne est le premier à en faire les frais. « Bark at the Moon » se voit saupoudré de la touche Heavy Ozzyienne accouplée à un Death typiquement Carnivalien dans un mélange fun, mais pas aussi exceptionnel que ça. « Piranha » fut la seule chanson véritablement inconnue au bataillon (pour ma part), l’original est chanté par un chanteur venant droit du Mozambique et soulevant des chaises avec sa mâchoire … Hum chacun sa passion, me direz-vous. Tout ça pour dire que la reprise est pesante tant celle-ci est ennuyeuse. Non pas que le mélange Death/danse africaine soit mauvais, mais la chanson (heureusement courte) est un gros bordel collant la migraine. « Baker Street » (dont la version de base de Gerry Rafferty saute très facilement aux oreilles) sort « relativement » peu de l’original, même si le mélange entre le côté bluesy-pop du premier et les envolées Death de nos frenchies sont quand même bien agréables.

Et puis il y a les reprises magiques. Notamment « Maniac », hymne mythique pour nos chères mamans ayant été bercées (où vous ayant bercé pour les moins jeunes) au rythme de Flashdance. La chose qui saute aux oreilles est le fait qu’Arno chante quand même très bien mais c’est bien sûr les envolées Grind/Death à la touche Black Symphonique (légèrement) qui retiendront notre attention. « Mama », classique de l’intemporel groupe de Rock Progressif Genesis, est quasi-intégralement chanté par Ludovic Loez (SUP) pour se transformer en titre Ambiant extrêmement bien réussi. Véritable hommage à l’un des groupes favoris des deux musiciens, « Mama » devient prenante, angoissante, progressive. Les instruments prenant de plus en plus d’ampleur jusqu’à l’arrivée d’une voix Black/Death se mélangeant adéquatement avec un chant clair remis plus à l’écart. Aucune envolée magistrale ici, tout en sobriété et simplicité, le morceau nous prend aux tripes… Carnival sait nous toucher et le fait de la plus belle des manières.

Mais il est temps de retrouver l’esprit détourné et complètement fou de nos Français ! Et on le trouve sur la fabuleuse reprise de Morbid Angel, j’ai nommé « Fall from Grace », mélangeant avec talents (oui c’est bien le mot) blasts surpuissants et percussions de cirque. Second degré de rigueur ici. L’espace de trois secondes et d’un « one, two, three, four » balancé furieusement, on se prépare à headbanguer vigoureusement sur « Fucking Hostile », l’un des titres les plus violents de Pantera. Et puis finalement… On se retrouve avec un morceau complètement en marge de l’original. Pour vous situer le morceau, disons qu’il convient très bien à … Une musique d’ascenseur ou encore une de ces mélodie téléphonique lorsque votre opérateur vous mettra en attente. Aucune trace d’un quelconques Thrash, place ici à un gros titre d’easy listening zouk. Totalement joyeux et hilarant !

Mais il n’y a pas que des reprises tout de même et Carnival nous sort deux compositions inédites. « Out of Misery », c’est brut, c’est vif, c’est bruyant, le clavier sur les refrains délivre de jolies ambiances, mais ça reste quand même bien trop classique et droit pour coller à l’image de Carnival. « My Favourite Armchair » est une création tout à fait originale pour les Amiénois. L’ensemble y est sombre et malsain, oppressant et fort bien accompagné d’une voix Black bien puissante dans les moments adéquats.

En soi, on ne peut pas reprocher grand-chose à Carnival In Coal, car le groupe nous propose la démarche sincère de rendre un hommage vibrant mais humoristique à des groupes ayant marqué de leur empreinte leurs propres influences. Malgré que la production reste quand même très moyenne, les diverses compositions reprises se reconnaissent quasiment au premier coup d’oreille, également avec les divers solos très bien réussi.

Carnival In Coal a marqué de son empreinte le paysage musical français et « French Cancan » est un album parfait pour rentrer de plein pied dans leur discographie. Le genre du groupe est totalement indéfinissable et le fait de retrouver quand même des titres connus d’un très large public pas forcément Metal peut amener les néophytes (avertis toutefois) à se pencher sur cette galette. Quant aux Metalleux, ils trouveront ici un joyeux bordel dans lequel on se complaît avec joie.

janvier 6th, 2012

En dix ans d’une (trop) courte existence, Carnival In Coal a bousculé les genres, torturé la musique, détruis les barrières qui séparent le Metal de toutes autres musiques. Le cerveau dérangé des deux génies que sont Arno Strobl (chant) et Axel Wursthorn Le Metal Avantgardiste est l’un des genres les plus casse gueule que compte notre sphère bien aimée. Chaque album est un coup de poker : soit t’y gagnes, soit t’y perds. Le risque est que soit on va crier au génie, soit on rira aux éclats face à un gros bordel désorganisé. Meshuggah, Psykup, Diablo Swing Orchestra (parmi tant d’autres) ont permis de démocratiser ce genre, bien qu’au final, aucun groupe ne ressemble à un autre.

Le groupe qui nous intéresse aujourd’hui provient de notre hexagone, d’Amiens plus précisément. Carnival in Coal est un duo accompagné de moult musiciens pour les performances lives du groupe. Axel et Arno sont des amis de très longue date et après avoir pris de l’assurance au travers de deux groupes de styles plus classiques que sont House Of Wax et Extravaganza, les deux musiciens décident ensemble de créer ce qui deviendra l’une des plus grosses pierres à l’édifice Metal français. Arno au chant, Axel à la musique et c’est parti !

Définir la musique du duo français revient à « mélanger » les Bee Gees avec Cannibal Corpse, par exemple. De ce fait, vous retrouverez moult éléments propres au Metal dit extrême (Death, Black, Grind…) et des musiques complètement opposées (Zouk, Disco, Cirque, Classique, Techno…). Sauf que le tout est incroyablement bien mélangé. Nous y reviendrons plus tard.

« French Cancan » arrive seulement quelques mois après la secousse provoquée par « Vivalavida ». Une grosse masse d’encouragement de la part de la presse et du public et Carnival nous sert une offrande de luxe. En soi, « French Cancan » peut laisser dubitatif … Neuf chansons pour seulement deux originaux et sept reprises ? Certains aux premiers abords pourraient croire à une sorte de foutage de gueule, une sorte de « zéro risque ». Oui mais on parle quand même de Carnival in Coal et il est évident qu’aucune des reprises ne se rapprochera sensiblement de l’original.

Mais évidemment que l’on reconnaît l’original ! C’est quand même le principe d’une reprise. Et Ozzy Osbourne est le premier à en faire les frais. « Bark at the Moon » se voit saupoudré de la touche Heavy Ozzyienne accouplée à un Death typiquement Carnivalien dans un mélange fun, mais pas aussi exceptionnel que ça. « Piranha » fut la seule chanson véritablement inconnue au bataillon (pour ma part), l’original est chanté par un chanteur venant droit du Mozambique et soulevant des chaises avec sa mâchoire … Hum chacun sa passion, me direz-vous. Tout ça pour dire que la reprise est pesante tant celle-ci est ennuyeuse. Non pas que le mélange Death/danse africaine soit mauvais, mais la chanson (heureusement courte) est un gros bordel collant la migraine. « Baker Street » (dont la version de base de Gerry Rafferty saute très facilement aux oreilles) sort « relativement » peu de l’original, même si le mélange entre le côté bluesy-pop du premier et les envolées Death de nos frenchies sont quand même bien agréables.

Et puis il y a les reprises magiques. Notamment « Maniac », hymne mythique pour nos chères mamans ayant été bercées (où vous ayant bercé pour les moins jeunes) au rythme de Flashdance. La chose qui saute aux oreilles est le fait qu’Arno chante quand même très bien, quand sa voix est claire, mais c’est bien sûr les envolées Grind/Death à la touche Black Symphonique (légèrement) qui retiendront notre attention. « Mama », classique de l’intemporel groupe de Rock Progressif Genesis, est chanté avec Ludovic Loez (SUP) pour se transformer en titre Ambiant extrêmement bien réussi. Véritable hommage à l’un des groupes favoris des deux musiciens, « Mama » est prenante, angoissante, progressive. Les instruments prenant de plus en plus d’ampleur jusqu’à l’arrivée d’une voix Black/Death se mélangeant adéquatement avec un chant clair remis plus à l’écart. Aucune envolée magistrale ici, tout en sobriété et simplicité, le morceau nous prend aux tripes… Carnival sait nous toucher et le fait de la plus belle des manières.

Mais il est temps de retrouver l’esprit détourné et complètement fou de nos Français ! Et on le trouve sur la fabuleuse reprise de Morbid Angel, j’ai nommé « Fall from Grace », mélangeant avec talents (oui c’est bien le mot) blasts surpuissants et percussions de cirque. Second degré de rigueur ici. L’espace de trois secondes et d’un « one, two, three, four » balancé furieusement, on se prépare à headbanguer vigoureusement sur « Fucking Hostile », l’un des titres les plus violents de Pantera. Et puis finalement… On se retrouve avec un morceau complètement en marge de l’original. Pour vous situer le morceau, disons qu’il convient très bien à … Une musique d’ascenseur ou encore une de ces mélodie téléphonique lorsque votre opérateur vous mettra en attente. Aucune trace d’un quelconques Thrash, place ici à un gros titre d’easy listening zouk. Totalement joyeux et hilarant !

Mais il n’y a pas que des reprises tout de même et Carnival nous sort deux compositions inédites. « Out of Misery », c’est brut, c’est vif, c’est bruyant, le clavier sur les refrains délivre de jolies ambiances, mais ça reste quand même bien trop classique et droit pour coller à l’image de Carnival. « My Favourite Armchair » est une création tout à fait originale pour les Amiénois. L’ensemble y est sombre et malsain, oppressant et fort bien accompagné d’une voix Black bien puissante dans les moments adéquats.

En soi, on ne peut pas reprocher grand-chose à Carnival In Coal, car le groupe nous propose la démarche sincère de rendre un hommage vibrant mais humoristique à des groupes ayant marqué de leur empreinte leurs propres influences. Malgré que la production reste quand même très moyenne, les diverses compositions reprises se reconnaissent quasiment au premier coup d’oreille, également avec les divers solos très bien réussi.

Carnival In Coal a marqué de son empreinte le paysage musical français et « French Cancan » est un album parfait pour rentrer de plein pied dans leur discographie. Le genre du groupe est totalement indéfinissable et le fait de retrouver quand même des titres connus d’un très large public pas forcément Metal peut amener les néophytes (avertis toutefois) à se pencher sur cette galette. Quant aux Metalleux, ils trouveront ici un joyeux bordel dans lequel on se complaît avec joie.