février 18th, 2012

L’état médiatique du Rock français me fait peur.

Pas la scène actuelle en soi, mais plutôt les rares groupes que la télévision francophone accepte de montrer. Et sérieusement, entendre que, d’après l’un des journaliste Rock les plus connu, les BB Brunes n’ont aucune concurrence me fait bien rire. Mais un rire très jaune. Car c’est vrai, médiatiquement parlant, les BB Brunes domine la scène française. Moi je trouve cela flippant, car la France ne se préoccupe pas des rockeurs, qui ne sont « qu’une bande de gamins hurlant dans un micro », la nouvelle vague ado préférant s’extasier sur la voix hyper trafiquée du colonel Reyel ou sur les rythmiques entêtante et soulante de sieur Guetta (qui passe d’ailleurs bien plus de temps chez les ricains que chez lui, en France). Pourtant, on en a des artistes en France qui mériteraient une exposition médiatique et une vraie ! Pas trois lignes et demie dans une rubrique « supplément ». Alors, quand le Grand Journal présente Izia comme un « nouvel espoir du Rock en France », je me marre d’avance. Puis « So Much Trouble » se lance. Et je n’ai pas ri.

Pour Izia, la voie de la célébrité était déjà toute tracée dans la catégorie « enfant de… ». Fille de Jacques Higelin et soeur d’Arthur H, il est vrai que la demoiselle se prédestinait à une avancée semée d’embûche pour connaître ne serait-ce qu’un minimum de succès personnelle et non par les influences de sa famille. Et pourtant… Une démo et les premières parties d’Iggy Pop à même pas 18 ans, la brunette brûle toutes les étapes. Et c’est ainsi que sort « Izia », son tout premier album qui obtient deux Victoires de la Musique (dans les catégories “Album pop/rock de l’année” et “Révélation scène de l’année”). Encensé par la critique, mais pêchant justement pour une surdose d’énergie, Izia revient donc deux ans plus tard avec « So Much Trouble », orientation légèrement plus pop-rock et voix davantage maîtrisée à la clé.

Car dès que l’album se lance, vous n’aurez même pas le temps de vous installer tranquillement que « Baby » (non, pas celui du mécheux) vous balancera une sauce Rock’n'Roll décoiffant. Le rythme y est lourd et puissant, la voix d’Izia toujours aussi relevée bien que l’on sente une maîtrise supplémentaire, notamment dans la cinquantaine de « Baby » répété dans le titre sous diverses intonations, certains ne manqueront pas de noter ces très belles variations alors que d’autres auront la tête enflée par ces « Baby » qui peuvent se révéler, il est vrai, assez fatiguant. Mais bon, ce serait chipoter d’en tenir rigueur. « So Much Trouble », premier single et titre présenté à ce fameux numéro du Grand Journal présenté au-dessus est une pépite jubilatoire de l’étendue vocale de la belle et de la puissance musicale de ses acolytes. Et sur scène, c’est encore mieux !

Le disque tournera également vers des titres plus délicats, plus sensibles, où Izia révélera l’étendue de son talent sans forcément se mettre à monter sa voix dans des hauteurs insoupçonnées. « Twenty Times a Day » offre ainsi un côté plus pop à la musique d’Izia, révélant un côté mélodique des plus plaisants, entre une instrumentation dansante et l’apport de quelques cordes. On pense également à « She » où Sebastien Hoog fait chanter sa guitare sur les rythmes des envolées d’Izia de façon majestueuse. Et comment ne pas citer « Penicilline », le plus long morceau de cette album offre une montée progressive, débutant calmement sur une basse puissante et une guitare aérienne… Sensation que la voix mélodique et magnifique d’Izia perpétue. Mais déjà, on sent le titre s’énerver, les guitares se font plus fortes et Izia monte de plus en plus en puissance avant de revenir à la douceur du début pour achever le titre sur un long break assez ambiant puis un long passage planant dont la puissance se laisse découvrir au fur et à mesure. « That Night » continue dans cette voie et nous livre un titre lent, quasiment Ambiant sur sa teneur, tout en gardant le côté « pêchu » d’Izia. « You’re Love Is a Gift » révèle surtout le côté Pop du groupe, mais dans une veine très dansante et mélodique.

Mais Izia n’oublie pas ses premiers amours et les titres bien Rock et pêchus de son premier album. « Top of the World », entre mélodie et furie sauvage, entre voix calmes et voix excitées, entre guitare lourde et batterie rapide, un régal auditif. « I Hate You » reste dans le ton, entre couplet puissant et refrain orienté power-pop remuant qui donne un côté plus lourd au titre. « I Can Dance » met surtout en avant une basse groovy des plus sympathiques qui rajoute de la profondeur à un titre pour une mini touche stoner-rock (mini hein).

Alors, tout n’est pas rose dans cet album, mais il est vrai que les quelques défauts ne gênent aucunement une écoute passionnante d’un disque qui fait profondément du bien dans un monde où le Rock est bien trop relayé au second plan. Pêle-mêle, cet album souffre encore légèrement d’un certain manque de maturité, qui rend parfois les compos un peu trop lourdes. Mais ce défaut reste tout à fait relatif, car la belle n’a que 21 ans et tout son temps pour améliorer ce disque déjà d’un très bon niveau dans son domaine.

Le point fort d’Izia reste sa franchise, sa spontanéité, son énergie, son envie de faire le rock qui lui plaît. Et rien que pour ça, je tire mon chapeau à la demoiselle, qui sait se livrer avec envie et passion tout en nous transmettant une pêche très contagieuse et jubilatoire. Certainement pas le plus grand Rock de tous les temps, mais un excellent album sur lequel il convient de placer une oreille attentive !

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