avril 29th, 2012

La France est une terre très fertile en ce qui concerne le Néo, le Hardcore ou la Fusion. Les Marseillais de Babylon Pression (présent dans le collectif Coriace avec Eths, Tripod ou encore les Toulonnais de Fis(ch)er) ne sont donc qu’un groupe de plus au milieu de toute cette masse. Après un « Classé X » qui a su les mettre peu à peu dans la lumière, Babylon Pression a pu bénéficier du coup de main d’un label pour enregistrer ce premier véritable opus. C’est parti pour la « Négative Génération ».

Du côté de la musique, nous n’avons rien de franchement novateur. Le son est très proche de leur voisin Marseillais Tripod, le chant y est tantôt rappé (la comparaison avec le débit vocal d’Enhancer est assez palpable) ou bien hurlé. Au niveau des textes, inutile de chercher une onde de positif dans leurs paroles. C’est violent, c’est déprimant, le monde, c’est de la merde et le groupe prouve ces pensées grâce à des textes profondément négatifs. En résumé, attendez-vous à des alternances rap/ragga et Metal tantôt Néo, tantôt Hardcore.

Inutile de prendre la musique avec des pincettes, car dès le titre introducteur « Personne », on est dans l’ambiance ! Alors oui, le riff n’a rien d’exceptionnel, mais sa massivité et la sauvagerie des hurlements des refrains suffisent amplement à mettre dans l’ambiance ! L’alternance de chant passe plutôt bien ici et le chant un peu ragga des couplets permet de diversifier un titre assez simple en apparence. Les riffs saccadés et le mal-être de « Skyzo » et ses samples de fausse politesse laissent dans cette ambiance Hardcore. Le chant y est toujours majoritairement alterné entre ragga énervé et hurlement sauvage. La batterie, sans être la plus travaillée qui soit, se charge d’entretenir le mur sonore ambiant et le chaos qui règne, bien relayé par des passages de basse purement reggae au début et à la fin, de quoi varier les plaisirs. Encore un peu de son massif ? « J’Oublie » est là. Les hurlements sont parmi les plus hargneux et haineux de l’album, la guitare encore une fois n’est pas hyper technique mais ce n’est de toute façon pas ce qu’on demande à ce genre de musique. Le chant clair rap fait un peu trop Enhancer et sonne de très mauvais goût avec la cohérence globale du morceau.

Babylon n’a pas la Pression (un peu trop facile, celle-là…) et n’hésite pas à tenter de petites expérimentations, notamment sur les mélodies (osons le terme). « La Fange » par exemple emprunte les codes d’un Néo Metal plus mélodique, beaucoup de chant clair assez agréable (même si rapidement un peu lassant). Peu à peu, le calme laisse place à une progression plus massive sur les refrains et les breaks, mais le fait que le chant soit en grande majorité claire et ne laisse que peu de place à de la violence, les hurlements étant eux-mêmes différents notamment sur la fin et le long cri plus déchirant (mais aussi un peu plus faux au niveau de la voix) donne un petit côté plus accessible au groupe (sans pour autant le rendre accessible au monde radiophonique). Autre petite expérience, « Emeute ». À 100 % rap et uniquement accompagné de sample, à vous de voir si vous appréciez cet intégral rap et ses nombreuses références à des musiques très connues de la variété française (notamment Manau et Pascal Obispo). « R.M.I » apporte une touche originale, le chant devient véritablement clair, limite un peu pop sur les refrains et oppose une dualité intéressante avec le rap des couplets et les hurlements présents en musique de fond. La musique en elle-même est très accessible, bien moins massive que le Babylon Pression « normale » et plus conventionnelle. C’est au goût de chacun toutefois.

Au niveau des délires « samplé », nous avons vu plus haut « Skyzo », maintenant au tour de « Négative Génération » titre éponyme. Uniquement audible à la fin, laissez-vous d’abord bercer par la violence vocale du groupe qui ne laisse que peu de place aux chants ragga clair et préfère toujours garder ce fond de hurlement, plus ou moins massifs, mais au fond un peu ragga quand même. Le déroulement du titre reste très conventionnel, tout comme les riffs droit et puissants, bien dans le ton hardcore comme a pu le faire par le passé Lofofora (la classe en moins). Le final se distingue notamment par un homme déclarant aimé passionnément les enc*lades et par un Patrick Sebastien en grande forme. Du grand art et du très bon goût, en fait. Pour les délires sans les sample, on se tourne vers « Confession » parodiant à la bonne manière un titre de Diam’s en disant « Laisse-moi kiffer la vibez avec mon pet ». Le reste du titre ne se remarque pas et se fond dans la masse avec toujours la même recette : chant rap, musique en arrière-plan, mais la batterie redonne un peu d’aisance au tout en variant intelligemment son jeu. La guitare se distingue également nettement avec ses mélodies douces plutôt que pour les deux accords et demi à peine massifs (si on ne compte pas le côté violence gratuite en conclusion). Et pour conclure, on notera le gros reggae dansante de « Champion Lova » qui, malgré un refrain plus lourd et Metal, se distinguera notamment par une très bonne performance reggae, vraiment très intéressant.

Il est clair que Babylon Pression n’invente rien et se contente de piocher à droite et à gauche leurs inspirations. Un soupçon d’Enhancer, une bonne touche de Tripod et un mélange de la fusion Hardcore de Lofofora et vous obtenez ce « Négative Génération ». Toutefois, il ne faut pas douter que la qualité du son et la maîtrise musicale est présente et bien que les innovations soient proches de zéro, Babylon Pression sort un premier opus vraiment sympathique, qui s’écoute facilement et sans aucune prise de tête.

avril 29th, 2012

Au début, bâti comme un side-project du groupe de metal avant-gardiste Psykup, Agora Fidelio avait commencé à séduire avec un premier album bon, mais trop en retenue. Deux ans après « Une Histoire de Chair », le groupe emmené par Mathieu « Milka » Miegeville sort « Altitude Zero », album qui va entièrement changer le statut d’Agora Fidelio. De simple projet-bis, le groupe deviendra véritablement indépendant.

Sur la forme, « Altitude Zero » n’est pas vraiment différent de son prédécesseur. La base est toujours la même, un côté pop mélancolique, surtout relayé par un post-rock chanté. Les compositions sont extrêmement fouillées autant que dépouillées. Les guitares sont souvent très sombres, la basse, très présente, renferme l’auditeur sur lui-même et la batterie est suffisamment variée pour contenir l’auditeur dans le monde caractéristique du groupe. Quant à Milka, son chant se révèle bien plus travaillé que sur le premier opus, distillant ainsi de très nombreuses émotions. Ce qui change, c’est bien évidemment la maîtrise musicale…

Cet album, quel que soit votre état d’esprit, vous touchera en plein cœur. Car c’est là le point central d’ « Altitude Zero » : toucher l’auditeur, l’émouvoir, pourquoi pas lui faire verser quelques larmes. Musicalement, l’ensemble est noir autant que parsemé de taches de lumières, « Altitude Zero » porte bien mal son nom étant donnée la capacité qu’a cet album à nous propulser très haut dans notre propre ciel… Apaisant et émouvant.

Une respiration soudaine pour un « Départ Absolu » et « De la Route à Faire » débute. Le son y est reposant, apaisant, la guitare se tord et le tout demeure très sombre, tout comme le chant délicat de Milka. Quand le refrain se lance, le son se fait terriblement prenant et aérien, bercé et accompagné par une basse omniprésente. Que dire de plus des différentes envolées vocales ? C’est juste somptueux… la verve textuelle de Matthieu demeure toujours aussi profonde et parfois difficilement compréhensible, mais jamais on ne pourra blâmer cette envie de propulser de vrais textes et en français.

Les inspirations du groupe sont très diverses et on retrouvera notamment des inspirations semblant se tourner vers des accords très orientaux. Notamment sur la distorsion de riff de la fin de « Hammam ». Les émotions de ce titre sont là, mais certains reprocheront à Matthieu les courtes envolées des prè-refrains, un peu trop pompeuses. Les choeurs de Bérangère (Leiden) sur la bizarrerie auditive « La Soif » amplifieront cette sensation. Chanson au demeurant très étrange, entre grosse présence de la basse, batterie résonnante et refrain typiquement Psykup, un peu dérangeant et fou.

Tout comme sur « Une Histoire de Chair », on retrouvera notamment des chansons entièrement instrumentales. « Les Equilibristes » est un titre très sombre et également très délicat, ne variant quasiment pas pendant sept minutes, répétant inlassablement les mêmes accords lents et tendre pendant tout ce temps, mais sans jamais lasser en fin de compte, extrêmement apaisant… « Les Danseurs Se Figent » est très différent, un peu plus jazzy dans sa façon de caresser mélodieusement les cordes de la guitare, dans un mélange très dansant, bien relayé par la basse et une batterie des plus entraînante.

Agora Fidelio garde également en réserve quelques titres plus pêchus, plus énergiques comme « Si Tu Savais Comme ? ». Les paroles sont très complexes sur l’ensemble, mais on reconnaît sans peine la patte de Matthieu. La mélodie se veut seulement progressive. Au départ assez doux, mais très vite la musique puise dans un son des plus massifs, plus violents, mais pas dans la forme, uniquement dans le fond plus torturé et puissant de la musique. Comme d’habitude, la puissance de la basse contribuera énormément à l’ambiance très sombre de ce morceau, relayé par la rapidité de la batterie et les courts hurlements de Matthieu. « Juste à Peine » suit le même schéma, bien que sa construction soit quand même plus simple, ce qui change surtout, c’est bien la voix de Milka, dans une espèce de chuchotements épuisés. La guitare est très aérienne et plus massive sur la seconde moitié. La basse s’entend moins même si sa profondeur se ressent. Ce titre marchera concrètement sur une dualité plus imposante entre musique lourde et aérienne.

Mais les plus grandes émotions sont présentes sur « La Frontière Est Dépassée » et surtout sur « Altitude Zero ». Sur la première, la guitare toute en larmes semble presque acoustique, le chant de Milka est très plaintif, mais la batterie semble un peu en désaccord avec le tout … C’est essentiellement sur « Altitude Zero » que les éléments vont se mettre en place. L’album se conclut sur un titre de toute beauté. Profond, calme et aérien, se permettant de belles envolées dans des accords rapides et bouleversants de tristesse. Milka ne chante pas, il parle, des textes profonds, sincères et tristes qui iront droit au cœur de chacun de vous. Un final tout simplement magnifique.

« Altitude Zero » est un disque qui se vit. La musique profondément intimiste et personnelle des Toulousains ne pourra que vous touchez en plein cœur. Agora Fidelio est la drogue qu’il manque au Rock français, capable de toucher chacun très différemment, mais toujours en plein cœur. Goûtez à cette pureté de la musique Ambiante et envolez-vous pour un voyage dont vous n’êtes pas prêts de voir le bout… C’est ça qu’on aime le plus chez eux : « Altitude Zero » est un voyage sans retour.

avril 29th, 2012

Sa belle voix de crooner, son timbre si unique, son éternel chapeau posé sur sa tête, sa barbe de trois jours, personnalité si attachante : inutile de dire que vous aurez reconnu Charlie Winston. L’une des révélations de 2009 nous vient tout droit d’Angleterre (ce dont son look atypique qui lui va comme un gant ne peut tromper). Naît dans une famille de musiciens, il était évident que l’anglais se devait de suivre la même voie et ce fut chose faites avec son premier album auto-produit en 2007, « Make My Way ». S’en suit aussitôt une rencontre avec Peter Gabriel. L’ex-Genesis permettra ainsi à Charlie de faire la première partie de quelques-uns de ses concerts. Un an plus tard, il fait la rencontre d’Atmosphériques et c’est chez eux que sera enregistré « Hobo ».

Un Hobo est une sorte de vagabond, impeccablement mis en scène par Charlie Chaplin. Mais c’est également l’un de ces travailleurs américains des années 30. Mais c’est surtout la recherche d’un monde libre, un monde qui n’est pas régi par des codes, qui n’a pas de règles, qui ne se borne pas à vivre avec des contraintes… Charlie Winston est un vagabond de la musique, nous embarquant dans un monde à part, autant folk que pop, autant mélancolique qu’heureux. Le tout produit par l’excellent Mark Plati (David Bowie, Alain Bashung, The Cure, Louise Attaque…).

Nul doute que les multiples singles de l’album ont déjà dû sauter à vos oreilles. Le titre d’ouverture « In Your Hands » déjà. La basse groove et c’est incroyablement efficace, la batterie tape fort, c’est carrément entraînant. Lorsque le piano se met en marche, cette sensation de joie emplit peu à peu notre inconscient et quand Charlie envoie la musique de plus en plus forte le long des multiples refrains, entre une guitare discrète, une trompette très présente, un harmonica léger et présent dans les bons moments. Et puis ça bouge de plus en plus quand Charlie monte dans des aigus véritablement géniaux ! Pas le temps de vous rasseoir, « Like a Hobo » démarre. Un petit côté country/folk sortira de cet ensemble. Introduit par des sifflements et une guitare acoustique parfaite, le titre débutera véritablement au refrain. Toujours ces mêmes instruments qui apporteront une pêche indéniable à l’auditeur. Comment résister à l’envie de vous prendre un chapeau et de sortir votre vieille guitare pour danser avec ? Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? « Kick the Bucket » et son démarrage à la beet-box, son groove presque parlé et sa guitare des plus présentes pour une indéniable envie de danser.

À de nombreuses reprises, Charlie cultivera le goût du rythme entraînant qui fait mouche, celui qui vous rentrera en tête pour ne plus jamais en sortir. Comment ne pas nommer « I Love Your Smile » ? Un début délicat, seul le chant et le piano sont à l’honneur. Mais au fur et à mesure, la musique se fait plus joyeuse, plus mouvementée, avec l’apparition de la batterie et de la trompette pour donner un rythme supplémentaire jusqu’au break piano-voix préparant d’office à l’explosion de joie qui s’en suivra, notamment sur la voix délirante de Charlie, un vrai régal et un vrai plaisir. « Tongue Tied » et son rythme pressant de basse vous fera claquer des doigts. Et que dire des divers couplets en français qui ponctuent cette chanson ? Car oui, Charlie nous gratifie d’un français so british mais véritablement sympathique. Et puis tient, tant qu’à faire, autant également prononcer quelques mots en espagnol ! Batterie, trompette et autres violon assureront le rythme. Un titre vraiment surprenant, qu’il convient d’écouter plusieurs fois pour en saisir le rythme. Dans un registre purement pop, « Generation Spent » se place. Entraînant, légère tendance rock et surtout un engagement profond d’un artiste sincère et profondément anticapitaliste. L’homme reste humble, simple et c’est évidemment ce qui fait son charme.

« Hobo » contient aussi un nombre important de ballades et libre à vous de penser si c’est vraiment nécessaire ou non… Toujours est-il que vous ne pourrez pas enlever la classe et le talent de composition du trentenaire britannique. Dans un accès profond de mélancolie se place « Boxes », rien de plus que le chant délicat de Charlie et un piano d’une pureté dont on ne peut douter. L’apparition de violon ne fait que renforcer cette grande tristesse. « My Life as a Duck » est l’une des meilleures pistes de cette galette, tous les instruments se partagent l’affiche, aussi bien une guitare entraînante, une batterie en retenue, des violons splendides, une basse bien ronflante, un piano magnifique… La montée progressive, tout en tristesse et en émotion est incroyablement poignante… Mais c’est surtout la guitare à la main que les ballades se dérouleront, bien que « Every Step » contienne encore quelques notes de piano, l’ambiance globale de ce titre fait bien plus penser à une chanson que l’on interprète autour d’un feu, un soir d’été.

« Calling Me » possède son charme également. La guitare acoustique y est belle, le chant de Charlie reposant et montant dans certaines hauteurs. L’harmonica, instrument qui vous casse une oreille au tout premier essai, est ici parfaitement interprété, donnant des petits airs de longues routes américaines à ce titre. « Soundtrack to Falling in Love » est à peu près du même acabit et c’est là que ça commence un peu à lasser… Très belle chanson, oui, mais finalement trop ressemblante aux autres. La voix féminine qui s’élève a tôt fait de rendre le tout finalement plus agréable. La montée en puissance de la fin (avec notamment les chœurs) est, elle, tout à fait splendide. Quant à « My Name »… Le chef-d’œuvre incontestable de ce disque, entre tristesse et angoisse, notamment avec ce bruit de fond assez perturbant sur l’intro, révèle un côté un tant soit peu épique qu’il vous faut obligatoirement écouter attentivement pour en repérer toutes les subtilités. Même un peu symphonique sur les bords…

L’homme est simple. Sa musique oscille entre plusieurs styles en faisant constamment mouche et le tout est très cohérent. Certains pourront reprocher les longueurs du milieu de l’album (avec notamment plusieurs ballades à la suite) mais tout cela reste très subjectif. On ne peut pas nier l’émotion, la joie et la tristesse mêlées que nous fait partager ce chanteur génial. Inutile d’espérer ne pas tomber sous le charme.

avril 29th, 2012

Monter son One-Man Band, c’est être libre. Libre de créer sa propre musique et son propre sans aucune contrainte, sans aucun musicien pour lui dire que « non, faut pas faire comme ça ». Et ça, Sébastien Lombard l’a bien compris. Proche dans l’esprit d’un Rosetta, Sébastien déverse donc un Postcore enivrant et atmosphérique, mais sans contenir de chant. Seule la musique vous guidera durant ce court trajet.

Another Moon déjà, c’est extrêmement propre. Le son est véritablement nickel, mais sans tomber dans le trop propre et trop plat. Ici, tout se ressent, le chant des cigales pour introduire « Desillusions », une guitare tout en retenue, de plus en plus présentes. Aérienne, délicate, contenant une certaine émotion bien plus que palpable, on sent véritablement la tension monter. La différence ici, c’est qu’aucun hurleur ne viendra troubler l’écoute, même lorsque la guitare s’envolera de façon magistrale. La batterie mettra du temps à arriver, mais ses frappes lourdes lanceront le départ de la guitare telle qu’on l’attendait : aérienne, très aiguë et surtout remplie de tristesse et d’émotions, non pas sans rappeler les passages extrêmement dépressifs et planants de Year Of No Light.

Même combat pour « Une Chute Sans Fin », qui se déroulera globalement suivant le même schéma que le titre précédent. L’introduction sera à la limite de l’acoustique, la basse n’apportera que de rare note, comme pour nous rappeler à la lourdeur de la musique du musicien. De plus en plus intense d’ailleurs, on sent les notes venir au loin. Mais déjà, la batterie résonne à nouveau, les notes deviennent plus rapides, plus éprouvantes, plus puissantes, plus aériennes encore. Comme bonne musique atmosphérique qui se respecte, l’explosion met du temps à arriver, mais une fois présente, c’est un effrayant mur qui vous écrase et vous étouffe dans un tourbillon de peines inexplicables. On aimerait tant que ça dure encore et encore…

Car oui, deux titres, c’est extrêmement peu. Le voyage débute à peine qu’il est déjà terminé. Mais pour une première tentative, l’homme, sans bousculer une scène déjà surbooké, fait mouche. Il y a sans doute peu de chances que Sébastien arrive à exploser l’affiche, mais il a au moins le mérite de faire la musique qu’il voulait faire, ni plus, ni moins.

avril 29th, 2012

Another Moon est le projet de Sébastien Lombard, désireux de nous faire plonger dans son univers sombre tacheté de lumière et mêlant avec une maîtrise certaine un Postcore instrumental à quelques éléments progressifs et surtout très atmosphérique. Après un premier EP sorti en 2007 et baptisé « Welcome to Another Moon », le musicien nous revient donc avec « Rebirth of a Dead World » en 2008. Entre-temps, Sébastien a pu partager la jaquette de la compilation « Falling Down », qui réunit en plusieurs albums des groupes devenus maître dans la musique atmosphérique et dépressive (Year Of No Light, Rosetta, My Own Private Alaska, Kylesa, Celeste…).

Le titre introducteur de cette seconde démo, « Un Message du Futur », est d’ailleurs celui présent sur la compilation. Par rapport à « Welcome to Another Moon », le changement est là. Le début est plus épique, entre un clavier aérien et un piano rapide et volontairement répétitifs. Mais déjà, la guitare démarre, les riffs distordant et assourdissant de la guitare n’en finissent plus de faire pleuvoir une pluie de haine et de larmes sur l’auditeur. La basse ressort à certains moments et n’apporte pas une technique impressionnante, mais plutôt un gros sentiment d’étouffement. Mais déjà la guitare repart sur un mur atmosphérique sourd rempli d’émotions. La plus pure tradition du Sludge Atmosphérique. Quelques vagues venant s’écraser sur le rivage concluent cette première partie.

« Rien Ne Sert de Courir » apporte un sentiment différent. La guitare est bien plus grave que sur le titre précédent, moins aérienne, plus massive, plus Metal. Mais comme le musicien nous y a habitués, les éléments se mettent peu à peu en place et de nouvelles distorsions viennent à nouveau torturer nos oreilles. De plus en plus aiguë, certains passages se montreront volontairement désagréables à l’oreille afin d’imprégner l’auditeur d’un profond sentiment de malaise. L’ensemble est quand même plus dans une veine Post-Rock ici, avec toujours ces inspirations du côté de Rosetta, les hurlements en moins, car, rappelons-le, c’est une musique entièrement instrumentale.

Ce deuxième essai montre ainsi quelques nouveautés avec l’incorporation de nouvelles sonorités à la guitare et l’apport judicieux de claviers sur l’introduction. Des rajouts qui ne peuvent que pousser le musicien vers la réalisation d’une œuvre plus complète et complexes. Mais ce dont il n’y a aucun doute, c’est bel et bien sur la technique musicale de Sébastien, pleine de maîtrise, de finesse et d’émotions.