avril 13th, 2012

“Je n’ai pas réussi parce que je suis beau mais cela m’a aidé” – Brandon Flowers

Oui bah oui ! Forcément, prononcer une telle phrase dans les médias ne peut qu’entraîner un regard massif de la populace, désireux de mettre un nom et un visage sur le nouveau message prétentieux à la mode. Et de prétention et de provocation, Brandon Flowers n’en manque pas ! Leader de The Killers depuis le tout début du groupe, c’est à coups de messages hautains que le chanteur a promu son quatuor et non par la musique en tout premier.

Au premier abord, The Killers est LE nom cliché, au logo bien kitsch. Quand on sait que certains voient la vie en vert ou on même réussi à compter jusqu’à 182, on était en droit d’attendre quelques choses de plus élaboré. The Killers n’est pas non plus un hommage à notre célèbre groupe de Heavy Aquitain. The Killers proviendrait donc d’un nom présent dans un clip de New Order. Nos quatre joyeux drilles proviennent de la cité « Américain way of life » par excellence, la bien nommée Las Vegas.

« On est meilleurs à chaque concert, le prochain album nous fera stars, on va entrer dans l’histoire » – Brandon Flowers dans « Libération ».

Oui oui oui, mon grand, mais tu devrais rentrer à ta maison, ta maman va s’inquiéter. Comment ? Tu fais du Rock ? Allons bon. Regardons donc tout cela en détail. Une influence principale tendant vers la bonne vieille New-Wave 80’s à la Depeche Mode, mais aussi vers un Rock plus entraînant à la U2 ou encore la Britpop efficace comme Oasis. M’oui, tout un programme, mais pourquoi pas après tout ? Alors pourquoi ne pas écouter ce « Hot Fuss », première offrande du groupe.

Très vite, les passages bien rentre-dedans de la basse de « Jenny Was a Friend of Mine » me font oublier les déclarations tapageuses de son leader et The Killers impose surtout une rythmique mélodique qui, si elle n’a aucune véritable surprise dans le milieu, tape surtout dans le mile par son efficacité. Les guitares sont puissantes, la batterie suffisamment variée et le chant assez pêchu pour accrocher l’oreille. On a parfois tort de juger comme ça, trop vite. Car la qualité est là, avec une certaine efficacité.

Soyons clairs, The Killers ne se démarquera pas avec une affriolante recherche musicale, mais plutôt avec ce sens mélodique qui, bien que déjà entendu, relève d’une efficacité à toute épreuve. Chacun des titres présents ici est susceptible de faire vibrer votre station de radio favorite. Les mélodies sont entêtantes et facilement reconnaissables, les refrains vous resteront en tête des heures durant et le son, entre Pop-Rock acidulé et ensemble électro tapant dans une New-Wave plus moderne, entretiendra cette sensation d’éclair commercial.

Et les deux tubes que sont « Mr. Brightside » et « Somebody Told Me » ne me contrediront pas. « Mr. Brightside », l’un des tous premiers titres enregistrés par le groupe pour l’anecdote, est un concentré de ce qui se fait de mieux dans le Rock simple sans être foncièrement simpliste. Très estampillé New-Wave avec ce petit côté passe-partout, sa basse bien présente et ses lignes mélodiques, on bougerait bien vite sur ce morceau, une tartine d’une célèbre pâte à tartiner noisette dans la main (comprenne qui pourra, ne faisons pas de pub ici). Quant à « Somebody Told Me », nous avons LE titre radio par excellence, que j’ai pour ma part découvert lors d’un passage sur le plateau de Taratata. Puissant, dansant, groovant, ligne vocale très entêtante et énergique, le single par excellence, capable de passer aussi bien sur des radios spécialisées électro que Pop-Rock.

« All These Things That I Have Done » apporte un petit côté spirituel, ancré dans ses guitares lentes et surtout la voix résonnante de Brandon, au refrain toujours entraînant et entêtant, mais c’est surtout sur le break de la chanson, sous forme de chœur gospel que cet aspect se développera davantage. Chœur aussi présent sur « Andy, You’re a Star », rajoutant ainsi une plus grosse puissance vocale sur le refrain d’un titre baignant de plein fouet dans son ambiance lente et très électro, dominé par une basse proéminente. Atmosphère pesante également présente sur la niaise ballade finale « Everything Will Be Alright », qui, elle, est carrément dispensable car, que ça soit la voix ou le peu de guitares, tout est extrêmement synthétique, trop stéréotypés et finalement très rapidement agaçant.

Au niveau des autres titres également dispensables, nous retrouvons « Midnight Show ». Entre riffs certes plus puissants, mais mal coordonnés dans le morceau, un chant agaçant, régulièrement ponctué de « ouhouhouh » mal assortis à l’ensemble. « On Top » et son introduction électro extrêmement kitsch sera heureusement rattrapé par sa guitare plus calme et reposante, bien que le chant de Brandon soit très agaçant à la longue. Il en fait décidément trop le bonhomme. Le refrain un peu plus spatial sera là pour rattraper le tout heureusement. « Change Your Mind » est le titre pop mielleux par excellence, pompeux et sirupeux.

En fait, comme l’atteste le très planant et agréable « Smile Like You Mean It », à base de guitare fleuretant entre le son plus puissant et les notes légères et entêtantes et surtout un chant totalement correct et une basse bien présente, il y a deux parties dans ce disque. Les six premiers titres, entièrement bons et efficaces, les cinq derniers mi-figue, mi-raisin, avec du positif et du plus lourd.

Alors oui, on sait déjà que comme tout bon groupe de Rock acidulé à la Pop, The Killers aura son heure de gloire et sombrera peu à peu dans l’oubli, on sait aussi que les déclarations lourdingues de Brandon (qui qualifiera d’ailleurs modestement « Sam’s Town », l’album qui a succédé à « Hot Fuss », de « l’un des meilleurs albums de ces vingt dernières années ») ne joueront pas toujours en sa faveur. L’attitude provocante du groupe n’hésitant pas à se mettre au-dessus de tout est pour le moment assez favorable au quatuor, mais méfiance. Reste malgré tout que « Hot Fuss » est un album véritablement très agréable, sans être vraiment une perle d’originalité.

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