mai 1st, 2012

Mélangeant avec une facilité déconcertante et une émotion sans pareil le piano, la batterie et les hurlements, My Own Private Alaska est parvenu avec seulement un EP à s’attirer les faveurs de Ross Robinson, sans doute l’un des producteurs les plus connus de l’univers Metal (Korn, Slipknot, Machine Head ainsi que le groupe de rock The Cure sont déjà passés par lui). Ainsi naquit l’album « Amen », qui permit au groupe de s’étendre bien plus loin. Peu après, « The Red Sessions » montra le groupe sous un autre jour, avec des versions acoustiques plus ou moins bien réalisées des titres d’ « Amen » ainsi qu’un titre inédit, « Red », première chanson du groupe intégralement en chant clair. « A Red Square Sun » est ainsi le premier aperçu de ce que sera probablement le second album du groupe.

D’emblée, dans les trois compositions de cet EP se démarque une : « Red ». Mais détrompez-vous, le groupe n’a pas copier-coller sa piste d’un album à un autre. L’instrumentation est globalement la même, peut-être un peu plus forte au niveau du volume et nous avons toujours ce piano joué très grave et d’une pureté sans pareil ainsi que cette batterie rapide, un peu comme des percussions, résonnante… Mais c’est Milka qui, à lui tout seul, perturbe le tout. Fini le chant clair intégral, les refrains sont puissamment hurlés de sa voix déchirée et écorchée vive. Même si on a parfois le sentiment que le chanteur abuse un peu de la corde, ses cris n’en restent pas moins bouleversants de sensibilité, de fatigue, de folie. Notamment sur l’accélération finale où il en devient terrifiant… Quant aux passages en chant clair, ils sont si débordants d’épuisement et de fatigue, mais au final très similaire à la première version… Une refonte qui n’en reste pas moins excellente et impressionnante de ce titre déjà sublime sur « The Red Sessions ».

« There Will Be No One » avait déjà était présenté quelque temps avant. Un piano épique et furieusement rapide pour introduire le tout avant de laisser une batterie toute en martèlement imposer un rythme des plus impressionnants. Le chant est un habile mélange de passages en growl, en hurlement écorché, en clair émouvant. L’ensemble est massif et puissant. On regrettera par moments des hurlements masquant légèrement le piano, mais se serait chipoté sur ce morceau, qui semble revenir à des sonorités bien plus sombres, un peu comme sur le premier EP. Le final tout en violence et frappe sèche de batterie est sublime. Tristan semble s’améliorer de plus en plus, ces compositions au piano étant déjà magnifique par le passé, elles le sont encore plus sur cet EP… Chose qui se remarque dès l’introduction de « Speak To Me ». On s’imagine déjà ses mains dansant sur les touches de son piano. Le chant de Milka y apparaît clair pour débuter, incroyablement larmoyants et bourrés d’émotions, ses hurlements, distillés intelligemment sont tout bonnement impressionnant, si sensible, si vrais… Aucun artifice ici. La tristesse se métamorphose en peine, la colère devient haine. Plus le titre avance, plus l’ambiance tombe de plus en plus dans la déchéance la plus totale et la plus brutale, Yohan se démenant comme un diable derrière ses fûts pour maintenir la noirceur ambiante de ce morceau incroyable…

« Amen » m’avait quelque peu déçu, ne retrouvant pas suffisamment la haine et les écorchements vifs que m’avaient procurés l’EP « My Own Private Alaska ». Légèrement déçu, évidemment, la qualité des compositions étant bien présente. « A Red Square Sun » me fait retrouver ses sensations incroyables qu’ « Amen » avait à mon goût trop dissipé. Cet EP fait que My Own Private Alaska me bouleverse à nouveau en plein coeur, l’attente du second album se fait de plus en plus intense à présent. My Own Private Alaska à la particularité de toucher chaque auditeur différemment, mais toujours en plein cœur.

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