mai 30th, 2012

Comme un signe, c’est l’année de ma naissance qu’OOMPH sort son premier album. Quelques jours après la cuisante déception que m’a apportée « Des Wahnsinns Fette Beute », je décide de m’envoyer un par un la discographie de ce groupe devenu géant à la suite de « Wahrheit Oder Pflicht ». Un géant qui s’est peu à peu perdu dans les méandres de la soupe commerciale…

La première étape de ce voyage m’amène ainsi excessivement loin. Bien avant le coup d’éclat de Rammstein avec son « Herzeleid », le trio de Wulfsburg propulse son premier album, sobrement baptisé « Oomph! » est donc sorti en 1992. Pour écouter cet album dans les meilleures conditions qui soient, il est nécessaire de tout effacer de votre mémoire. Hors de question de garder en tête le Metal Industriel Noir (pour la période 1994-1998) ou Lumineux (depuis 1999). Sur « Oomph! », tout est synthétique au possible, inutile de compter sur l’apport des guitares, qui sont elles-mêmes extrêmement rares et torturées comme rarement.

Sur ce tout premier jet, Oomph nous fera partager un univers sec, noir, profondément dégueulasse et poisseux. Au travers de la voix déraillée de Dero, la musique ne ressortira qu’électronique, à fréquence de l’EBM classique de cette époque et à forte influence de New-Wave poisseuse. On ressort parfois des sonorités presque disco (« Der Neue Gott »), digne des gros films d’horreur des 90’s (« Breathe », « Wir Leben »), des samples qui amènent à cet univers gothique et sombre si cher au groupe par le passé (« Under Pressure »).

Parfois, la guitare fait de timides apparitions, comme pour délivrer des riffs d’une incroyable monotonie angoissante (« Purple Skin », bien compensé par ses samples), des riffs presque Heavy (« Ich Bin Due ») ou même dans une veine plus Hard-Rock, presque joyeuse (« Gleichschritt »), dans des accords rapides et hypnotisants (« No Heart No Pain »), et évidemment dans des accords monocordes et accordés très grave (« Me Inside You »). J’ignore si la batterie est réelle ou simplement une boîte à rythmes. Reste toutefois à dire que sur « Purple Skin », elle ressort presque naturelle. Pour les autres morceaux, le manque de profondeurs des frappes laisse à penser qu’une boîte s’en occupe à la place d’un musicien. Reste malgré tout son rythme sourd et puissant qui maintient une efficacité accrue.

Mais Oomph n’est pas Oomph sans Dero. Le chanteur livre une prestation à des kilomètres de sa voix calibrée d’aujourd’hui. Son chant est dégueulasse, hargneux, profondément malsain, pervers et violent. Des hurlements sauvages (« Breathe »), angoissant (« Gleichschritt »), extrêmement grave (« Mein Herz », « Me Inside You »). Même quand sa voix paraît plus calme, on sent une tension incroyable dans ses vocalises (« Der Neue Gott », vite rattrapé par quelques cris, « No Heart No Pain » et son introduction sur une voix presque fatiguée). Inutile de chercher le moindre aspect mélodique.

« Oomph! » est un album froid, crade, extrêmement difficile d’accès par son côté « New-Wave » plutôt brutal et carrément gelé. Le son est sec, moche, l’ensemble est violent et complètement glauque. Mais il est là le vrai Oomph, lorsque Dero, Crap et Flux vont persévérer sur cette voie, bercé par une musique noire, perverse, sombre jusqu’à accoucher de la perfection six ans plus tard : « Unrein ».

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