juin 30th, 2012

Entre un chanteur ayant fait ses armes sur les terres britanniques et deux musiciens s’étant développés au grès des scènes Metal de leurs localités respectives, on avait fort à parier que de la réunion de ces trois artistes quelques choses de puissant et d’énergique allait émerger. Ainsi fut formé The MOz, sur une base Power Rock très direct, sans fioritures, mêlant les inspirations britanniques recueillies par Lulu et la puissance Mélodique de ces deux compères.

Il en résulte l’album « The MOz », qui voit le jour début juin et dont le groupe espère en obtenir un bon résultat, idéal pour débuter tranquillement leur nouveau projet, chacun ayant connu plus ou moins de succès avec leurs anciens groupes respectifs.

Pourtant, dès le début, ce n’est pas un emballement incroyable qui ressortira des premières secondes de ce disque… « Horsepower » est une introduction fortement dispensable. Le chant de Lulu est incroyablement agaçant et l’ensemble musical est d’une passivité vraiment limite. Ce n’est que le début, me dis-je. Et pourtant… « Switch On » est au moins presque aussi agaçante que le titre précédent. Les riffs ne transpirent d’aucune originalité et les légers cris de Lulu semblent désagréablement être copié-collé sur les ténors du Hard-Rock. Toutefois, on ressent quelques petites touches intéressantes. À commencer par le chant de Lulu. Quand il en fait trop, c’est extrêmement agaçant. Mais sur certains passages, celui-ci module sa voix avec aisance pour un résultat qui groove efficacement. La basse s’en sort très bien et la batterie est d’une technicité irréprochable, même si un peu trop sèche parfois. Les riffs de guitare s’orientent entre du déjà-vu et de très bonnes idées. Et globalement, ça sera plus ou moins ça sur tout l’album.

Après deux titres poussifs et qui aurait pu convaincre certains d’écourter leur écoute de « The MOz », « The Cork » accroche l’oreille. C’est rapide, efficace, groovant, un très bel ensemble entre les trois musicos qui permet de se reconcentrer efficacement. Les petits cris de Lulu sont très agaçants, toujours, tout comme sur « Young’s Fight », qui nous sert pourtant un petit Hard-Rock 80’s accompagné d’une basse chauffée à point. Pour un titre bien plus direct, on peut également se tourner vers « One Shot ». Les riffs incisifs servent, pour la première et unique fois de l’album, une voix plus agressive et grognante du plus bel effet. Le duo voix-basse est excellent.

The MOz dispose dans son attirail d’une belle tripotée de semi-ballades (ou non) comme « Apart ». Même si un peu longuet sur les bords, tout est beau dans ce titre. Les différentes variations de Lulu, le jeu de batterie, plutôt puissant, le duo guitare-basse se transmettant la « parole » avec une belle aisance, entre moments plus calmes et d’autres plus bruts. « Hate Everybody » est en demi-teinte, encore une fois, on a l’impression que Lulu veut trop en faire avec sa voix. Derrière, la basse et la battertirés distinguent par leur jeu pénétrant et tout en délicatesse. Si le break un peu plus posé à la guitare reste agréable, on note encore une fois une certaine monotonie. « Things Changed » est une ballade plus classique, bien accompagnée par une voix féminine apportant douceur et émotion. Même si on peut déplorer sa relative absence, la voix de Vanessa s’accorde idéalement. Notons également un petit solo tout en douceur.

Le groupe n’hésite pas parfois à changer un peu de registre avec notamment l’introduction au piano (certes simpliste) de « An Old Picture », un ensemble très progressif, montant en puissance au fur et mesure, sans jamais quitter cette dimension émotionnelle (mis à part sur le break plus furieux qui a tendance à gâcher un peu trop le tout…). « Hey Angel » nous sert un morceau entièrement acoustique du plus bel effet, calme, reposant, un petit peu country sur certain accord, un chant parfait et rempli d’émotions.

Et puis il y a la perfection. Le long titre de conclusion « I’m So Tired ». Un côté épique et Heavy autant que mélodique, un refrain puisant dans des sonorités émotionnelles et un chant presque épuisé. Un très bon mélange de toutes les influences du groupe pour un Heavy Rock somptueux. Rien à jeter ici, sûrement pas les quelques petits solos, la présence de chœurs tout en chuchotements (chœurs d’ailleurs présent aussi sur des titres comme « Appart » ou « An Old Picture »), la basse étouffante… C’est peut-être sur ces titres les plus longs que le groupe s’en sort le mieux.

Il y a de tout sur ce premier album. Du trop peu et du surplus, notamment au niveau du chant dont les multiples envolées fausses restent agaçantes au plus haut point. Mais le chant de Lulu demeure de belle qualité quand celui-ci ne tente pas tout et n’importe quoi. On sent que les musicos en ont encore en réserve, qu’ils n’ont pas tout révélé encore… Il y a beaucoup de talents et d’expérience, néanmoins, un peu plus de contrôles des compositions, qui ont souvent tendance à être un peu cassées par des breaks très mal choisis, seraient nécessaires. À voir sur la durée, mais il y a fort à parier qu’en continuant de cette manière, le groupe a de fortes chances de se faire une bien belle place.

juin 28th, 2012

Peu de temps après la fin de Dying Tears, la chanteuse Jenni Signorino, la claviériste Julie Henau, le guitariste Stef Montiel et le batteur Emmanuel Solive décident de reprendre la route ensemble. Désormais sous le nom d’Interria, hors de question d’évoluer dans le même registre que Dying Tears. Place ici à quelque chose de plus moderne, de plus direct. Une musique jonglant entre Metal et Rock, de nombreuses touches électro habilement transplanté ici ou là et toujours la voix de Jenni Signorino pour dicter le tout.

Très rapidement, Emmanuel quitte le navire, laissant soin à l’ex-membre de The Old Dead Tree Franck Metayer de le remplacer. Fabien Calmon clôturera le line-up en se plaçant derrière la basse. Par la suite, le maxi « Interria » et les affiches de plusieurs festivals réputés (comme le Raismesfest ou le Metal Female Voices Festival) commenceront à faire parler de ce groupe, bien loin de Dying Tears. Sorti en 2009, « Les Corps Impatient » est donc le premier album du groupe francillien, enregistré au Loko Studio, qui a notamment vu passer dans ses locaux Mypollux ou Sidilarsen.

Point fort ou faible selon les goûts, « Les Corps Impatient » est un disque extrêmement facile d’accès. Les titres sont d’une durée standard, tournant toujours autour des quatre minutes, les compos ne sont pas des déluges de techniques, misant tout sur une efficacité certaine et sur des refrains bien catchy et entêtants. La production est, elle, très bien réalisé et propre, même si le son semble parfois trop clean.

Le principal problème pour décrire un album tel que celui-là, c’est la moyenne variation musicale qui s’en dégage. Globalement, chaque piste se ressemble, toujours des couplets sous une musique électro et des refrains plus massifs, flirtant parfois avec quelques relents industriels (« Nemorkia ») ou simplement vers un Rock très bien construit (« [m]road »). Il n’y a pas grand-chose à dire sur les musiciens, ceux-ci maîtrisent plutôt bien leurs instruments, jamais en surdose, même si on aurait bien aimé un peu plus de punch parfois (« Mindustrial » et son rythme indus aurait mérité un peu plus d’énergie).

Du côté de la voix, Jenni s’en sort très honorablement. La chanteuse possède une voix puissante autant que mélodieuse, capable de varier les intonations efficacement. Efficace, mais pas toujours juste, cependant. Le sentiment d’avoir une surdose de chant pop trop surfait avec de désagréables relents très (trop ?) catchy (« Nemorkia »), un peu comme la base des refrains clairs que l’on retrouve dans le Metalcore, par exemple (« Evasion », « Voodoo »). Et c’est désagréable, car Jenni possède véritablement une voix envoûtante quand celle-ci la laisse simplement aller au gré des compositions (« I-Code », « Vice Caché » sur certains passages, « Nouvelle Ere », « Les Corps Impatient »).

Du côté de l’électro, ne vous attendez pas à de l’indus qui tâche. L’électro n’est pas extrêmement présente, souvent mise en arrière, servant régulièrement pour les intro des titres voire comme accompagnement sur les couplets, on retrouve vite avec un amas de son beaucoup trop commun et finalement vite lassant (« L’Instant », « Evasion », « Mindustrial »…). Textuellement, le groupe s’en sort plutôt bien, les textes en français se comprennent assez facilement et sont relativement bien écrits et agréables à l’oreille.

Alors c’était donc ça la « tuerie » Interria ? Ce que d’autre webzine semblait prendre pour la nouvelle révélation française, pour un son extrêmement novateur et original avec une musique qui ne ressemble en rien à ce que l’on trouve dans le monde du Rock/Metal ? Je n’invente rien, c’est bel et bien ce que j’ai trouvé en cherchant diverses petites informations sur le groupe.

Interria n’est pas un groupe ridicule, loin de là ! Les musiciens ont un très bon bagage et une bonne maîtrise, tout comme Jenni qui a vraiment une belle voix. Mais la désagréable impression de toujours écouter la même chose en lassera plus d’un. Peu de diversité, peu d’innovation… « Les Corps Impatient » est un album sympathique, mais c’est tout. Une écoute, puis le placard. C’est malheureux à dire, surtout après les tonnes et les tonnes d’avalanches de compliments inondant le groupe de toutes parts.

juin 25th, 2012

Before The Dawn : Rise of the PhoenixPas musicalement, mais personnellement, Tuomas Saukkonen a quelques points communs avec le génie Devin Townsend. À eux deux, ces musiciens combinent un nombre incroyable de projet et de sortie d’albums. Bombardant la scène Metal de régulières nouvelles offrandes, ces deux artistes ont un second point commun : la qualité. Rarement décevantes, leurs verves créatrices ne semblent avoir aucune limite.

Mais laissons le Canadien à ses multiples compositions, car aujourd’hui, c’est le Finlandais qui nous intéresse davantage. Pendant que celui-ci continue de faire tourner Bonegrinder, Dawn Of Solace, The Final Harvest ou encore Black Sun Aeon parmi d’autres, il décide de remanier à nouveau le line-up de Before The Dawn. Le batteur Atte Palokangas et surtout le bassiste/chanteur clair Lars Eikind se voit donc indiquer la porte de sortie. Une certaine stupéfaction gagne le public, le chant clair particulier de Lars était l’un des instigateurs de la patte gothique du groupe. Qui pourra alors le remplacer ?

Personne. Voilà la réponse. Exit le chant clair et plus léger de Lars, Tuomas s’occupera dorénavant intégralement des partis vocales au travers de son growl aux relents légèrement Dark. De ce fait, Before The Dawn gagne davantage en puissance dans cet opus, se rapprochant impassiblement de la scène Death Mélodique, Tuomas Saukkonen décrivant lui-même son album de « plus épique, plus rapide, plus heavy ».

Si l’alternance clair-obscur vocale disparait, c’est pour davantage la retrouver au travers des échanges instrumentaux de cet album. La guitare acoustique fait de nombreuses apparitions, notamment sur les introductions de quelques titres (« Throne of Ice », « Closure ») ou même en tant que coupure en plein milieu (« Eclipse »), tout comme le clavier a de judicieux moments (notamment sur l’introduction « Exordium » sous une forme presque symphonique bien accompagné toujours par cette guitare acoustique) ou même d’un très beau passage au piano (« Phoenix Rising ») pour des moments de calme que l’on ne peut qu’apprécier.

La disparition des vocaux clairs du groupe fait la part belle à une violence plus importante qui fait de ce « Rise of the Phoenix » l’un des albums les plus puissants de la discographie du groupe. Bien évidemment, nous sommes très loin d’un simple bourrinage gratuit et sans intérêt. Il y a toujours cet incroyable apport mélodique, voire même mélancolique, pour diversifier avec la manière un disque qui marque clairement une volonté de changement de la part de son frontman.

À vrai dire, le titre « Phoenix Rising » ne laissait guère de place au doute. Des blasts affolants de vitesse, une rythmique violente sur les hurlements de Tuomas, mais toujours cet intact côté mélodique qui domine sur les refrains. Malgré tout, cette débauche de violence marque le pas sur certains titres comme sur le déjà-entendus « Cross to Bear » qui garde une structure terriblement classique tout en étant finement ciselée pour ne pas lasser l’écoute. Même remarque pour « Fallen World » dont l’introduction toute en résonance marque l’entrée du groupe dans les terres de « l’extrême mélodique ». Les refrains sont d’ailleurs toujours aussi somptueux, variant idéalement avec l’oppression globale de ce titre.

Remarque, dès l’introducteur « Pitch-Black Universe », on s’attend à cette débauche de technique à venir, le titre variant intelligemment et remarquablement bien entre des moments plus lourds et des accélérations soudaines, bien aidé par ce court piano séparant les différentes parties. Les growls de Tuomas sont empreint d’émotions et de mélancolie en restant facilement compréhensible, excellent point. Une émotion que l’on retrouve magistralement sur le plus long titre de cet album : « Throne of Ice ». S’ouvrant sur une splendide mélodie, entre claviers imitant de discrètes cordes, une guitare acoustique dont les notes sont caressées avec délicatesse et un lent soli remplis de mélancolie. Même lors de l’accélération soudaine, mélange de double pédale et de frappe lourde avec une guitare plus acérée, rien ne viendra troubler ce moment d’émotions intense. Aucune remarque ne pourra non plus être formulée envers les splendides growls du chanteur.

L’absence de chants clairs se ressent sur tout cet album, c’est évident. Mais sur la technique « Perfect Storm », c’est encore plus criant… Ce refrain intense et mélodique ne s’accorderait-il pas mieux avec une voix claire ? Tout dépendra des goûts assurément, mais il est évident qu’un manque de réelles innovations pourrait se faire ressentir sur certains passages. Il en va de même sur la pénétrante « Eclipse », habile mélange d’éléments violents avec des growls à la fois furieux et remplis d’émotions. Une alternance de voix sur le break acoustique aurait peut-être pu mettre davantage en avant ce titre, assurément l’un des meilleurs, mais dont il manque ce petit truc pour faire partie des meilleurs.

Le temps que la splendide conclusion « Closure » nous fasse plonger dans un Death aux portes du Metal Atmosphérique, il est temps de faire le bilan de cet opus clairement marqué par le changement. S’il n’y a rien à dire sur la production, parfaite, juste, sans fausse couche, certains pourront probablement déplorer que le virage plus « brutal » du groupe ne se fasse pas avec une production légèrement différente, pour insister davantage sur le nouveau visage que le groupe veut donner de lui.

C’est difficile de trouver à redire sur « Rise of the Phoenix », tout dépendra des goûts. Peut-être que l’absence totale de chant clair en rebutera certain, peut-être que la présence intégrale d’un chant guttural dont on ne peut trouver à redire tant celui-ci garde une variété à toutes épreuves attirera de nouveaux adeptes. Peut-être que la transition vers un Death moins Gothique, mais plus Mélodique divisera les fans. Peut-être… Les goûts et les couleurs, comme on le dit si bien.

Mais jamais nous ne pourrons blâmer Tuomas Saukkonen sur sa capacité à créer des compositions toujours cohérentes et ultra-créatrices, ne se répétant jamais et explorant de multiples recoins de notre univers musical, si vaste… De mon idée, il s’agit d’un album extrêmement complet, mais dont le changement d’orientation s’observera davantage avec les futurs sortis. Chacun se fera son opinion, son idée. Sûrement pas un album fantastique, mais un très bon album dont il serait vraiment dommage de ne pas lui laisser ne serait-ce qu’une chance.

juin 25th, 2012

Pas musicalement, mais personnellement, Tuomas Saukkonen a quelques points communs avec le génie Devin Townsend. À eux deux, ces musiciens combinent un nombre incroyable de projet et de sortie d’albums. Bombardant la scène Metal de régulières nouvelles offrandes, ces deux artistes ont un second point commun : la qualité. Rarement décevantes, leurs verves créatrices ne semblent avoir aucune limite.

Mais laissons le Canadien à ses multiples compositions, car aujourd’hui, c’est le Finlandais qui nous intéresse davantage. Pendant que celui-ci continue de faire tourner Bonegrinder, Dawn Of Solace, The Final Harvest ou encore Black Sun Aeon parmi d’autres, il décide de remanier à nouveau le line-up de Before The Dawn. Le batteur Atte Palokangas et surtout le bassiste/chanteur clair Lars Eikind se voit donc indiquer la porte de sortie. Une certaine stupéfaction gagne le public, le chant clair particulier de Lars était l’un des instigateurs de la patte gothique du groupe. Qui pourra alors le remplacer ?

Personne. Voilà la réponse. Exit le chant clair et plus léger de Lars, Tuomas s’occupera dorénavant intégralement des partis vocales au travers de son growl aux relents légèrement Dark. De ce fait, Before The Dawn gagne davantage en puissance dans cet opus, se rapprochant impassiblement de la scène Death Mélodique, Tuomas Saukkonen décrivant lui-même son album de « plus épique, plus rapide, plus heavy ».

Si l’alternance clair-obscur vocale disparait, c’est pour davantage la retrouver au travers des échanges instrumentaux de cet album. La guitare acoustique fait de nombreuses apparitions, notamment sur les introductions de quelques titres (« Throne of Ice », « Closure ») ou même en tant que coupure en plein milieu (« Eclipse »), tout comme le clavier a de judicieux moments (notamment sur l’introduction « Exordium » sous une forme presque symphonique bien accompagné toujours par cette guitare acoustique) ou même d’un très beau passage au piano (« Phoenix Rising ») pour des moments de calme que l’on ne peut qu’apprécier.

La disparition des vocaux clairs du groupe fait la part belle à une violence plus importante qui fait de ce « Rise of the Phoenix » l’un des albums les plus puissants de la discographie du groupe. Bien évidemment, nous sommes très loin d’un simple bourrinage gratuit et sans intérêt. Il y a toujours cet incroyable apport mélodique, voire même mélancolique, pour diversifier avec la manière un disque qui marque clairement une volonté de changement de la part de son frontman.

À vrai dire, le titre « Phoenix Rising » ne laissait guère de place au doute. Des blasts affolants de vitesse, une rythmique violente sur les hurlements de Tuomas, mais toujours cet intact côté mélodique qui domine sur les refrains. Malgré tout, cette débauche de violence marque le pas sur certains titres comme sur le déjà-entendus « Cross to Bear » qui garde une structure terriblement classique tout en étant finement ciselée pour ne pas lasser l’écoute. Même remarque pour « Fallen World » dont l’introduction toute en résonance marque l’entrée du groupe dans les terres de « l’extrême mélodique ». Les refrains sont d’ailleurs toujours aussi somptueux, variant idéalement avec l’oppression globale de ce titre.

Remarque, dès l’introducteur « Pitch-Black Universe », on s’attend à cette débauche de technique à venir, le titre variant intelligemment et remarquablement bien entre des moments plus lourds et des accélérations soudaines, bien aidé par ce court piano séparant les différentes parties. Les growls de Tuomas sont empreint d’émotions et de mélancolie en restant facilement compréhensible, excellent point. Une émotion que l’on retrouve magistralement sur le plus long titre de cet album : « Throne of Ice ». S’ouvrant sur une splendide mélodie, entre claviers imitant de discrètes cordes, une guitare acoustique dont les notes sont caressées avec délicatesse et un lent soli remplis de mélancolie. Même lors de l’accélération soudaine, mélange de double pédale et de frappe lourde avec une guitare plus acérée, rien ne viendra troubler ce moment d’émotions intense. Aucune remarque ne pourra non plus être formulée envers les splendides growls du chanteur.

L’absence de chants clairs se ressent sur tout cet album, c’est évident. Mais sur la technique « Perfect Storm », c’est encore plus criant… Ce refrain intense et mélodique ne s’accorderait-il pas mieux avec une voix claire ? Tout dépendra des goûts assurément, mais il est évident qu’un manque de réelles innovations pourrait se faire ressentir sur certains passages. Il en va de même sur la pénétrante « Eclipse », habile mélange d’éléments violents avec des growls à la fois furieux et remplis d’émotions. Une alternance de voix sur le break acoustique aurait peut-être pu mettre davantage en avant ce titre, assurément l’un des meilleurs, mais dont il manque ce petit truc pour faire partie des meilleurs.

Le temps que la splendide conclusion « Closure » nous fasse plonger dans un Death aux portes du Metal Atmosphérique, il est temps de faire le bilan de cet opus clairement marqué par le changement. S’il n’y a rien à dire sur la production, parfaite, juste, sans fausse couche, certains pourront probablement déplorer que le virage plus « brutal » du groupe ne se fasse pas avec une production légèrement différente, pour insister davantage sur le nouveau visage que le groupe veut donner de lui.

C’est difficile de trouver à redire sur « Rise of the Phoenix », tout dépendra des goûts. Peut-être que l’absence totale de chant clair en rebutera certain, peut-être que la présence intégrale d’un chant guttural dont on ne peut trouver à redire tant celui-ci garde une variété à toutes épreuves attirera de nouveaux adeptes. Peut-être que la transition vers un Death moins Gothique, mais plus Mélodique divisera les fans. Peut-être… Les goûts et les couleurs, comme on le dit si bien.

Mais jamais nous ne pourrons blâmer Tuomas Saukkonen sur sa capacité à créer des compositions toujours cohérentes et ultra-créatrices, ne se répétant jamais et explorant de multiples recoins de notre univers musical, si vaste… De mon idée, il s’agit d’un album extrêmement complet, mais dont le changement d’orientation s’observera davantage avec les futurs sortis. Chacun se fera son opinion, son idée. Sûrement pas un album fantastique, mais un très bon album dont il serait vraiment dommage de ne pas lui laisser ne serait-ce qu’une chance.

juin 24th, 2012

Le regard tourné vers la Finlande… Que voit-on ? Des classiques ! Children Of Bodom, Lordi, Stratovarius, Sonata Arctica, Ensiferum, Korpiklaani ou encore Nightwish. Du beau monde ! The Rasmus ? Certes, tout dépendra des goûts pour un groupe qui n’a réussi qu’à placer un tube sur un titre médiocre. Mais un peu hors-sujet par rapport à l’étrange découverte qu’est ce groupe atypique. Il y a beaucoup de cordes, mais ni guitare, ni basse. Tout de même une batterie. « Apocalyptica ! » entendais-je. Et bien non, puisqu’il y a des cuivres également. Plus personne ne voit ? Et bien voici Alamaailman Vasarat !

Alamaailman Vasarat est une formation à part, bien loin de nous. Une inspiration parfois proche du Progressif Finlandais des années 70. Beaucoup d’élan vers un mélange de légères inspirations parfois Folk et surtout de Jazz afin de créer un son atypique qui résonne Rock. Les influences ne se limitent pas à la Finlande ou à la Scandinavie. Elles vont bien au-delà, explorant toutes les cultures qui parsèment le globe. Au fond, on ressent une force presque Punk. Une personnalité unique, les finlandais peuvent s’en prévaloir.

Ce «Finnish group playing kebab-kosher-jazz-film-traffic-punk-music with a unique Scandinavian acoustic touch!» (comme ses musiciens se plaisent à se décrire) casse ses habitudes de pochettes flash et phosphorescente pour une vieille et ragoutante galeries d’insectes à l’apparence véritablement ancienne. « Huuro Kolkko » sera ainsi leur cinquième album, empreint d’influences diverses et variées (musique balkanique, jazz, Metal, classique, noise, punk, tendances orientales, latines…), mises en musique grâce à de nombreux instruments à cordes ou cuivres (violoncelle, bandonéon, piano, trombone, clarinette…).

Ce cinquième album est un album concept, l’histoire de l’explorateur finlandais Huuro Kolkko. Un homme qui a exploré le globe au début du XXe siècle dans l’espoir de trouver des mondes et des espèces inconnues (les insectes ornant la pochette seraient d’ailleurs l’œuvre de ces diverses récoltes). Les neuf titres composant cet album sont des invitations à voyager en terres diverses et variées, décrites sans apport vocal, uniquement par un ressenti musical. Tantôt burlesque, à d’autres instants plus tendres, parfois remplie d’émotions, ou bardé de violence, chaque arrêt du groupe sur une île ou un lieu en particulier varie du tout au tout. Et pourtant, ce cinquième opus demeure sans doute l’album le plus cohérent du sextet. La diversité musicale pour une diversité des peuples à travers ce voyage.

Faire une description des pistes est quasiment impossible. On peut éventuellement traiter des diverses inspirations, mais difficilement parler d’un album aux influences telles que celui-là, se promenant avec une aisance certaine à travers les styles, au travers de multiples émotions, au travers de tant de paysages multicolores.

Mais cette chronique ne vous apprend finalement que peu de choses… Alors je pourrais développer un petit peu en parlant notamment des influences atmosphériques qui sortent de ce long dédale de cordes étirées de « Liskopallo », de l’impressionnant groove de la contrebasse et d’une batterie claquante sur le titre jazz « Luonto Tuli Lähelle », dansante et mémorisable en moins de temps qu’il n’en faut. Quoi d’autres ? Le petit voyage dans le Moyen-Orient que nous offrent les Finlandais avec « Meressä Ei Asuta ».

Ensuite ? Des titres bien pêchus et féroces comme l’introduction « Mielisaurus », idéal introduction rythmée, remuante, puissante avec toutes ces cordes saturées et ces cuivres résonnants, mélangeant allègrement passages rapides et d’autres plus longs et prenants. « Tujuhuju » s’impose comme l’un de ces titres capables de faire headbanguer un jazzeux. J’abuse peut-être un peu, mais la batterie rapide, alliant des « blast lents » à des frappes vigoureuses et les cordes extrêmement rapides, avec de vagues inspirations orientales en font un titre étrangement puissant. Saturation et explosivité sont les maîtres mots de cette grandiose composition. Et que dire de la conclusion de ce morceau ?

Mais il y a également beaucoup de douceurs, notamment avec « Natiivit ». Atmosphère plus intime, plus romantique, mais toujours en conservant ce petit groove dansant. La longue « Luola » perpétue sur une voie plus indienne, davantage de pression ressort de ce morceau, mais sans jamais tomber dans de l’explosivité. Un calme au service d’une atmosphère angoissante. On se croirait très vite dans un de ces films de suspense ou la pression monte peu à peu jusqu’à son paroxysme. Changement d’atmosphère pour quelques choses de plus léger avec la dansante « Omalla Ajalla » ou la délicate et presque enfantine « Lautturin Viivat », concluant ainsi ce voyage dans une atmosphère chaleureuse et reposante.

La particularité de « Huuro Kolkko » n’est pas vraiment de présenter un concept album basé sur un voyage. La particularité est justement de ne pas détailler ce voyage, de laisser libre le choix de la destination à l’auditeur tout au long de ces neuf destinations inconnues qui ne demandent qu’à être découvertes. N’ayez pas peur d’embarquer avec Alamaailman Vasarat, nos Finlandais ont un petit air bourru, mais il n’en est rien. Ce sont des artistes, ni plus ni moins. Un univers si particulier, mais tellement immergeant et intriguant qu’il ne lâchera plus votre oreille.