juin 14th, 2012

Pour chaque groupe, l’obtention du succès est une chose désirée par-dessus tout. Et comme pour Adema, quand on s’appelle Mark Chavez, ça ne fait pas grand-chose. Mais quand on rajoute que le Mark en question est le demi-frère de Jonathan Davis, l’illustre chanteur de Korn, ça fait réfléchir et forcément, inconsciemment ou non, ça respire la confiance. La façon de chanter de Mark ne trompe pas, d’ailleurs, plusieurs fois, les cordes vocales de Chavez frôleront celles de Davis.

En fait, Adema, ça fait vraiment partie de la famille Davis. Dans la formation d’origine, lors de la création du groupe début 2000, on retrouve, en plus de Mark Chavez, trois ex-membres de Sex Art, qui était l’ancien groupe de Jonathan Davis. Ces trois musicos sont donc Kris Kohls (batterie, également membre de Cradle Of Thorns, groupe signé sur le label Elementree, lui-même fondé par … Jonathan Davis), Tim Fluckey (guitare et depuis cette année, il se partage le chant avec le bassiste) et Dave DeRoo (qui est donc le bassiste). Mike Ramson (à la guitare) se rajoute à la formation.

Forcément, avec un tel appui, le groupe ne tarde guère à signer chez Arista (Krokus et les premiers Ministry et Motörhead notamment) afin de sortir en 2001 leur premier album, sobrement intitulé « Adema ». Mais s’arrêter à ce lien de parenté et ce coup marketing formidable est extrêmement réducteur. Certes Adema s’inspire alors ouvertement de plusieurs de ces groupes qui ont révolutionné la scène Néo du début de l’année (Limp Bizkit, Linkin Park, entres autres et bien évidemment Korn), mais le groupe de Chavez possède son charme particulier lui permettant alors de se démarquer efficacement de la concurrence.

Comme tout bon groupe de Néo qui se respecte, le titre introducteur « Everyone » est lourd et dense, les couplets ne sont pas sans rappeler les intonations de Jonathan Davis sur certaines fins de phrases. D’emblée, la basse ressortira. Elle dicte un rythme très efficace et se permet de passer sur le devant de la scène à de nombreuses reprises. Là où beaucoup de groupes privilégient des riffs simplistes sans forcément se diversifier, « Blow It Away » prouve que le groupe semble se rapprocher quelques peu de cette scène. Les samples et le refrain font immédiatement penser à Korn. En proie au doute de tomber sur un énième groupe sans personnalités, « Giving In » se place. Le jeu des guitares s’alternent, répondant à une mélodie par un riff sec. Mark dispose d’un timbre très agréable quand celui-ci se décide à le laisser aller. Sans posséder un batteur fou, on reconnaît volontiers que Kris joue efficacement. Le petit solo présent au milieu confirme l’identité du groupe, propre à certains points de vue.

Pour en finir avec la comparaison entre Adema et Korn, arrêtons-nous donc sur les titres étrangement ressemblants. « Close Friends » offre un rythme lourd, les guitares sont dissonantes sur l’intro, le chant de Mark se fait quasi copie-conforme de son frère, musicalement idem, que ça soit les samples ou la lourdeur apparente des guitares. Même remarque pour un « Do What to Do » heureusement sauvé par les inspirations plus perso du chant de Mark sur de trop rares (mais très agréables) passages. Le Rap-Core de « Freaking Out » rappelle lui un croisement avec Limp Bizkit sur certaines intonations de Chavez. L’ensemble se révèle très entraînant et agréable, permettant de passer outre ce point.

Voilà, n’y revenons plus maintenant et intéressons-nous aux nombreux points forts que recèle cet album. « The Way You Like It » enchaîne un rap un peu plus personnel, la musique étant en accord parfait avec les inspirations du chanteur. « Drowing » impose une rythmique bien plus agressive comparé au reste de l’album. Hurlement, guitares assommante, samples bien maîtrisés, chant oscillant entre un genre de plainte et des passages plus énervé. Le tout dans un groove implacable. « Skin » offre le compromis entre balade sur les couplets, chants délicat, presque triste, basé sur une absence de musique renforçant le côté mélancolique du groupe, diversifiant le tout avec de solides explosions sur les refrains.

En parlant de tristesse, c’est bien ce qui peut résumer cet album dont les paroles sont quand même relativement sombres et dépressives. Et quoi de mieux que de belles ballades pour démontrer ceci ? « Pain Inside » se montre digne de ce rôle. Malgré le côté un peu gnian-gnian des passages vocaux électronisés, on note une belle homogénéité de la voix, agréable tout le long, même sur les passages très légèrement plus massifs des refrains. « Speculum » laisse davantage Mark s’imposer, l’instrumentalisation étant très secondaire, uniquement quelques notes intelligemment disposées. « Trust », qui clôture l’album, offre une composition plus fouillis, un peu synthétique parfois, mais réellement touchant. Le chant de Mark s’intensifiant peu à peu, les guitares imposant des riffs bien ronds et présents dans les bons moments. Encore une fois, les samples imposeront le mur rythmique. C’est efficace, carré et ce final est tout simplement une belle chanson, se calmant peu à peu.

À la fois originale, mais en partant dans diverses incursions vers des terrains plus connus, Adema impose une patte finalement suffisamment personnelle et cet album éponyme est une bonne surprise (pour l’époque). C’est très simple, certes. Tout se cultive surtout autour des refrains accrocheurs, des riffs bien foutu et relativement faciles… Mais c’est vraiment bien fait. C’est tout ce qu’on demande, après tout ! Un premier album dans lequel on se penche toujours avec le sourire, un premier succès que le groupe n’a pas vraiment concrétisé, la faute au départ prématuré de Mark Chavez après « Unstable » et au changement trop régulier de vocalistes.

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