septembre 14th, 2012

Mass Hysteria : L'Armée des OmbresQu’importent les sorties, les tentatives, les changements de line-up, les changements d’orientation musicale… Pour beaucoup, Mass Hysteria s’est arrêté avec « Contraddiction». Depuis lors, les Mass se sont modifiés, ont tenté de visiter de nouveaux horizons, ont tenté parfois de renouer avec le passé, avec plus ou moins de réussites.

Mass Hysteria, c’est un son lourd, massif, un Metal Industriel puissant sur un flow proche du Hip-Hop où Mouss propulse ses textes, mélange d’engagements sincères, de tournures de textes complexes et de figure de style rondement mené. Beaucoup d’électronique, mais toujours différente, s’orientant album après album vers des cultures toujours changeantes.

Mass Hysteria, ce fut une première période. Celle-ci a débuté en 1995, il y a déjà dix-sept ans. « Le Bien-Être et la Paix », mélange de haine et de mal-être envers cette société déjà corrompue, dont finalement peu de choses ont changé depuis lors. Un son déjà Metal, orienté très électro. Quatre ans plus tard, la bombe, la perfection, « Contraddiction ». Le son y est alors bien plus massif, les textes bien plus engagés et virulents. Un rouleau compresseur musical encore considéré par beaucoup comme LE disque qui a fait ce que Mass Hysteria est devenu aujourd’hui.

Mais fort de cet incroyable succès, le groupe a eu peur alors de tourner en rond, de faire un « Contraddiction 2 », de finalement tourner sur un succès trop simple et entama alors sa seconde période. Mass a calmé le jeu, revu sa puissance à la baisse, les textes furieux laissent place à une prose plus poétique, plus philosophique. Du Metal, on tourne vite à un Rock plus Atmosphérique. Finalement incompris, ce disque se soldera par un échec cuisant. Pour ma part, je trouve simplement que ce disque n’a pas été suffisamment peaufiné, trop maladroit… Un long arrêt, le temps de réfléchir, de changer de label. 2005 : l‘album éponyme « Mass Hysteria » débarque. Le « Black Album » de la bande à Mouss se solde par un nouvel échec, le son de Mass s’orientant alors vers une sorte de Pop-Rock légèrement plus forte, vers un nouvel éveil textuel, un sens du verbe encore inégalé.

At(h)ome est ensuite venu au « secours » de Mass Hysteria en 2007. Un changement de guitariste intervient, Olivier Coursier allant former AaRON et « Une Somme de Détail » arrive. Bien que maladroit sur le fond, cet album tente peu à peu de renouer les liens avec la période « Contraddiction ». Ce fut le début de la troisième période. « Une Somme de Détail » transita ensuite vers « Failles ». Le guitariste Yann Heurtaux fit davantage ressortir ses influences Death récupérées de sa période avec Necrophobia pour un album résolument agressif et haineux. Un album que j’ai pour ma part trouvé bon, mais sans cette petite étincelle… De la puissance, oui, mis lassant à la longue, pas assez varié sur la durée.

Ainsi, quand Yann a annoncé que « L’Armée des Ombres » serait « dans la lignée de Failles et de Contraddiction, mais en plus gros », on aurait pu se poser des tonnes de questions quand on se souvient du virage tendu qui a suivi « Contraddiction »… Verdict sur le septième opus de Mass Hysteria ? Mis à part le houleux départ de Stephan (dont de mauvaises rumeurs disaient que les Mass l‘avait écarté pour son âge), ça reste du bien bon en tout cas.

« Positif à Bloc » est une intro massive, quelques touches électro pour l’introduire et c’est un déchainement de batterie lourde et de guitares saturées qui nous violent les oreilles. Dans la continuité de « Failles », le son se fait encore une fois extrêmement lourd et oppressant, très bien accompagné par cet inimitable flow de Mouss.

Légèrement plus absent de « Failles », les accords électroniques font ici un grand retour, que ça soit pour accompagner la surpuissante « L’Homme s’Entête », pour compléter la puissance Rammsteinesque de « Pulsion » (et ce beau petit pont atmosphérique) ou le côté brut et rapide de « Vertiges des Mondes ».

Faire un album en misant énormément sur la puissance et le côté brut de leur fusion a malgré tous ses inconvénients, comme sur « L’Esprit du Temps » qui sonne un peu trop comme du déjà entendu et refourgué des dizaines de fois. « Vertiges des Mondes » ne convaincra pas tout le monde, la voix de Mouss semblant avoir quelques difficultés à tenir la cadence très rapide du titre sur les couplets. « Commedia Dell’Inferno » possède de bien bon élément, mais un côté qui peut être quelque peu rébarbatif sur la longueur malgré la qualité évidente de ce titre.

Mais de l’autre côté, des titres brillent par leurs talents, comme « Même si J’Explose ». Une longue intro au piano avant de laisser passer des riffs d’une puissance impitoyable et d’une batterie tout simplement parfaite. Pas le temps de s’extasier sur les couplets massifs que Mass nous propulse un break imparable qui sera probablement à même de rassembler toute la foule en un seul et unique pack. « Tout Doit Disparaître » a du talent aussi. Quelque « tic-tac » de pendule pour nous asséner une suite de riffs assassins et bruts (même si parfois, on ne se retiendra pas de regarder vers « Failles »). La puissance de ce nouveau Mass est assez impressionnante, notamment sur les quelques breaks.

D’autres titres qui parsèment ce disque, comme « Sérum Barbare » et sa lourdeur démente et pesante, ne sera qu’un petit plus pour headbanguer davantage en concert alors que « Raison Close » apporte une (très) légère accalmie avec ce côté plus atmosphérique que dégage les passages électroniques en fond et sur les couplets.

Un petit mot sur le nouveau bassiste ? Très présent ! Quelques titres lui réservent même des petits « solos » de basse et sa quatre-cordes ressort à merveille des passages électroniques. Et les textes ? Du Mass noir et sombre, surement plus qu’énervé que rien ne change malgré le temps qui passe. Les textes sont parfois bien tirés par les cheveux, requièrent plusieurs écoutes pour en dégotter le sens exact.

Dire qu’on a avec « L’Armée des Ombres » notre « Contraddiction 2 » serait une erreur. De toute manière, il serait encore plus erroné de dire que Mass Hysteria le fera un jour. Les temps ont changé et le groupe aussi. « L’Armée des Ombres » est ainsi dans la pleine continuité de « Failles » dans des sonorités définitivement massives et lourdes, bien plus industrielle que par le passé. Certains seront heureux, d’autres souffleront. Mais ceux qui n’ont pas aimé « Failles » car trop massif et linéaire devraient tout de même laisser une chance à ce nouvel album.

septembre 14th, 2012

Qu’importent les sorties, les tentatives, les changements de line-up, les changements d’orientation musicale… Pour beaucoup, Mass Hysteria s’est arrêté avec « Contraddiction». Depuis lors, les Mass se sont modifiés, ont tenté de visiter de nouveaux horizons, ont tenté parfois de renouer avec le passé, avec plus ou moins de réussites.

Mass Hysteria, c’est un son lourd, massif, un Metal Industriel puissant sur un flow proche du Hip-Hop où Mouss propulse ses textes, mélange d’engagements sincères, de tournures de textes complexes et de figure de style rondement mené. Beaucoup d’électronique, mais toujours différente, s’orientant album après album vers des cultures toujours changeantes.

Mass Hysteria, ce fut une première période. Celle-ci a débuté en 1995, il y a déjà dix-sept ans. « Le Bien-Être et la Paix », mélange de haine et de mal-être envers cette société déjà corrompue, dont finalement peu de choses ont changé depuis lors. Un son déjà Metal, orienté très électro. Quatre ans plus tard, la bombe, la perfection, « Contraddiction ». Le son y est alors bien plus massif, les textes bien plus engagés et virulents. Un rouleau compresseur musical encore considéré par beaucoup comme LE disque qui a fait ce que Mass Hysteria est devenu aujourd’hui.

Mais fort de cet incroyable succès, le groupe a eu peur alors de tourner en rond, de faire un « Contraddiction 2 », de finalement tourner sur un succès trop simple et entama alors sa seconde période. Mass a calmé le jeu, revu sa puissance à la baisse, les textes furieux laissent place à une prose plus poétique, plus philosophique. Du Metal, on tourne vite à un Rock plus Atmosphérique. Finalement incompris, ce disque se soldera par un échec cuisant. Pour ma part, je trouve simplement que ce disque n’a pas été suffisamment peaufiné, trop maladroit… Un long arrêt, le temps de réfléchir, de changer de label. 2005 : l‘album éponyme « Mass Hysteria » débarque. Le « Black Album » de la bande à Mouss se solde par un nouvel échec, le son de Mass s’orientant alors vers une sorte de Pop-Rock légèrement plus forte, vers un nouvel éveil textuel, un sens du verbe encore inégalé.

At(h)ome est ensuite venu au « secours » de Mass Hysteria en 2007. Un changement de guitariste intervient, Olivier Coursier allant former AaRON et « Une Somme de Détail » arrive. Bien que maladroit sur le fond, cet album tente peu à peu de renouer les liens avec la période « Contraddiction ». Ce fut le début de la troisième période. « Une Somme de Détail » transita ensuite vers « Failles ». Le guitariste Yann Heurtaux fit davantage ressortir ses influences Death récupérées de sa période avec Necrophobia pour un album résolument agressif et haineux. Un album que j’ai pour ma part trouvé bon, mais sans cette petite étincelle… De la puissance, oui, mis lassant à la longue, pas assez varié sur la durée.

Ainsi, quand Yann a annoncé que « L’Armée des Ombres » serait « dans la lignée de Failles et de Contraddiction, mais en plus gros », on aurait pu se poser des tonnes de questions quand on se souvient du virage tendu qui a suivi « Contraddiction »… Verdict sur le septième opus de Mass Hysteria ? Mis à part le houleux départ de Stephan (dont de mauvaises rumeurs disaient que les Mass l‘avait écarté pour son âge), ça reste du bien bon en tout cas.

« Positif à Bloc » est une intro massive, quelques touches électro pour l’introduire et c’est un déchainement de batterie lourde et de guitares saturées qui nous violent les oreilles. Dans la continuité de « Failles », le son se fait encore une fois extrêmement lourd et oppressant, très bien accompagné par cet inimitable flow de Mouss.

Légèrement plus absent de « Failles », les accords électroniques font ici un grand retour, que ça soit pour accompagner la surpuissante « L’Homme s’Entête », pour compléter la puissance Rammsteinesque de « Pulsion » (et ce beau petit pont atmosphérique) ou le côté brut et rapide de « Vertiges des Mondes ».

Faire un album en misant énormément sur la puissance et le côté brut de leur fusion a malgré tous ses inconvénients, comme sur « L’Esprit du Temps » qui sonne un peu trop comme du déjà entendu et refourgué des dizaines de fois. « Vertiges des Mondes » ne convaincra pas tout le monde, la voix de Mouss semblant avoir quelques difficultés à tenir la cadence très rapide du titre sur les couplets. « Commedia Dell’Inferno » possède de bien bon élément, mais un côté qui peut être quelque peu rébarbatif sur la longueur malgré la qualité évidente de ce titre.

Mais de l’autre côté, des titres brillent par leurs talents, comme « Même si J’Explose ». Une longue intro au piano avant de laisser passer des riffs d’une puissance impitoyable et d’une batterie tout simplement parfaite. Pas le temps de s’extasier sur les couplets massifs que Mass nous propulse un break imparable qui sera probablement à même de rassembler toute la foule en un seul et unique pack. « Tout Doit Disparaître » a du talent aussi. Quelque « tic-tac » de pendule pour nous asséner une suite de riffs assassins et bruts (même si parfois, on ne se retiendra pas de regarder vers « Failles »). La puissance de ce nouveau Mass est assez impressionnante, notamment sur les quelques breaks.

D’autres titres qui parsèment ce disque, comme « Sérum Barbare » et sa lourdeur démente et pesante, ne sera qu’un petit plus pour headbanguer davantage en concert alors que « Raison Close » apporte une (très) légère accalmie avec ce côté plus atmosphérique que dégage les passages électroniques en fond et sur les couplets.

Un petit mot sur le nouveau bassiste ? Très présent ! Quelques titres lui réservent même des petits « solos » de basse et sa quatre-cordes ressort à merveille des passages électroniques. Et les textes ? Du Mass noir et sombre, surement plus qu’énervé que rien ne change malgré le temps qui passe. Les textes sont parfois bien tirés par les cheveux, requièrent plusieurs écoutes pour en dégotter le sens exact.

Dire qu’on a avec « L’Armée des Ombres » notre « Contraddiction 2 » serait une erreur. De toute manière, il serait encore plus erroné de dire que Mass Hysteria le fera un jour. Les temps ont changé et le groupe aussi. « L’Armée des Ombres » est ainsi dans la pleine continuité de « Failles » dans des sonorités définitivement massives et lourdes, bien plus industrielle que par le passé. Certains seront heureux, d’autres souffleront. Mais ceux qui n’ont pas aimé « Failles » car trop massif et linéaire devraient tout de même laisser une chance à ce nouvel album.