décembre 10th, 2012

Il est l’heure. La lumière rouge s’allume.

La RedLight qui indique le début d’un enregistrement. C’est sur cette source qu’est né le nom de ce groupe surprenant, originaire de la cité Phocéenne. Six amis fortement inspirés. Six visions différentes de la musique, de la vie. Six états d’esprit qui n’en forment qu’un : RedLight.

Une énergie Rock, un groove Hip-Hop, une ambiance électronique. Tel est le fond musical de ce groupe. Et «Crash System Control», leur première expérience, c’était il y a déjà quatre ans, en 2008. Un premier album en guise de test, de tentatives diverses, et au final une belle réussite. Un disque peut-être un peu trop fouillis à certains moments, peut-être un peu immature, la flamme du premier enregistrement, sans doute. Mais un bon compromis entre du groove, du rythme et de l’émotion.

«Astronauts» fut annoncé il y a déjà trois ans. Mais en attendant de trouver la bonne inspiration le groupe lança sur le tapis un EP en 2010 : «What’s Going on?». On y ressentait quelque chose de nouveau, la musique semblait bien plus construite ici, les guitares y étaient même davantage mises en avant. Mais si le son fut meilleur, le fond ne réserva pas autant de surprises qu’espérées. 2012 arriva et «Astronauts» sera enfin mis en lumière. Ou en musique. Deux singles issus de l’album sortiront à six mois d’intervalle. Le premier, la paire «Westbound Train»-«Casanova» nous présenta un RedLight presque Hard-Rock et un autre dans la finesse pointilleuse. La seconde paire, «Magic»-«A James Bond Complex» fut plus dans la délicatesse. Une émotion croissante et bien plus assumée que par le passé.

Deux singles issus d’ «Astronauts». Mais pas tout à fait. Le contre-pied est parfait. Ces quatre titres ne seront que des encas de luxe pour la présentation de douze titres totalement inédits. Un mois après la 724e fin du monde annoncée, le 21 janvier 2013, «Astronauts» sera mis définitivement en orbite (oui, j’avoue, elle est très facile, celle-là…). Mais en attendant, à moi de vous donner un aperçu du voyage qui vous attend. «Astronauts» est autant différent que semblable à «Crash System Control».

«Faulty Track» se lance. Voix saccadée, basse grondante, batterie résonnante. C’est parti. Laurent lance son flow sur un titre tout en progression. Chacun des instruments prend peu à peu sa place dans cette mosaïque musicale. La voix de Laurent s’améliore au fur et à mesure des sorties du groupe, en témoigne ce splendide refrain. On ne peut qu’apprécier cette mélodie planante.

Il y a de tout dans ce disque. Des titres furieux, des ballades émotionnelles en passant par des chansons groovantes à souhait, nul doute que vous ne pourrez être que comblés. Et pour ce qui est du groove, on enchaîne directement après cette géniale introduction par un titre au nom bien évocateur : «Charlie Chaplin Disco Mobile». On tient ici le titre catchy mais efficace à souhait. Dansant, funky, un titre pénétrant comme ça ne pourra que donner la fièvre à la foule! Ces riffs distordus, cette basse surpuissante, ces rythmes incongrus, cette voix entraînante. Dansante et presque orientale, «I Know (The Moon)» propose un voyage très particulier, psychédéliquement parlant. Tout dans la retenue, le groupe surprend avec des rythmiques assez inédites venant d’eux (comme cette trompette).

«Westbound Train» avait surpris. RedLight sait envoyer la sauce avec puissance et maîtrise. Cela sera aussi le cas dans «Astronauts». D’un côté, la très eighties «I Am Revenge». Riff funky, chant catchy, chœurs kitsch. On adore ou on déteste! Mais on se bouge, en tout cas. On en profite avant l’écrasante «Backward Evolution», qui surprend encore. Les riffs sont lourds, puissants, le chant de Londres est presque menaçant. La basse, qui dicte le rythme bien souvent sur les couplets se fait étrangement oppressante. Les chœurs apportent une puissance non négligeable à l’ensemble. Le «solo» électronique seul est assez moyen par contre. Mais une fois celui-ci incorporé avec la puissance de la guitare, il monte grandement en intensité!

Il est clair que Laurent a bien pu s’améliorer sur son hip-hop déjà très convaincant par le passé, toujours est-il que le voici magnifié ici sur les titres «Take a Sit» et «Fireman». La première vibre par l’omniprésence d’un piano répétitif et angoissant ainsi que d’une guitare qui l’est tout autant. Le chant de Laurent, très grave et prenant, nous emmène dans des salles sombres où la menace semble être partout, en témoigne cet impressionnant amas instrumental sur les refrains. Le titre hypnotise autant qu’il fascine. Quant au second, il devait être à l’origine le second single, en lieu et place de «Magic». Grand bien en a fait à RedLight d’avoir changé ça. Si «Magic» est un excellent titre, je trouve qu’il se serait mal intégré au tout. «Fireman» offre un flow bien plus énervé, en totale opposition avec celui plus «reposé» de Guy, le bassiste (déjà présent sur «Take a Sit», soit-dit en passant, ainsi que sur des titres comme «Go-Stop» sur le premier album ou «What’s Going on ?» sur l’EP du même nom). Les deux voix, comme toujours, s’accordent à la perfection. Une plus grande présence de sonorités diverses et variées viendront relayer l’impeccable performance des deux vocalistes.

RedLight a toujours peaufiné ses ballades. C’est encore le cas ici avec la splendide «Dust». Le chant de Laurent monte en intensité tout au long de ce titre avant de trouver son apothéose sur ces refrains magnifiques où tous les instruments ne forment plus qu’une enveloppe sonore rassurante et planante. Du côté de «This World», on y découvre un titre un peu plus typique de RedLight et relativement peu original, même s’il demeure très agréable. Un peu typé blues sur le déroulement, on apprécie le final un peu plus «festif» à base de guitares bien enroulées, de trombone et de touches jazzy totalement bienvenus.

Il y a un titre envoutant, un titre qui vaut à lui seul l’acquisition d’ «Astronauts» : «Snowline». Presque progressif sur l’ensemble, ce long titre de sept minutes dévoile un RedLight méconnu, extrêmement mélancolique. Une longue première partie mettant en duo une lente guitare acoustique accompagnée du chant si émotionnelle de Laurent. Le temps d’un refrain, il propulse sa voix dans des hauteurs insoupçonnées. Une deuxième partie régie par la basse et la batterie sur un chant plus grave, presque fatigué, épuisé. Presque bouleversant de tristesse avant de devenir légèrement plus énervé. Et peu à peu, la guitare prend la place, toute la place. Un riff s’étirant en longueur, un solo rempli de peine… Un peu de piano. Et le final se lance. Uniquement instrumental. Une batterie technique, variée, rapide. Une basse grondante, ronflante. Et une guitare déversant un long solo, un long voyage d’une beauté sans pareille. On en viendrait presque à trouver ce morceau trop court tellement tous les éléments s’enchaînent à la perfection.

Et puis il vient déjà le temps de clôturer l’album… Une double note acoustique pour une conclusion tout en atmosphère. «Astronaut» se lance. Semblable à l’une de ces ballades classiques à la guitare sèche, les éléments arrivent peu à peu. Les chœurs s’élèvent, l’émotion est encore présente, les différents instruments se réveillent doucement. Le chant de Laurent y est extrêmement planant et plaisant. Un silence, un piano et un assourdissant fracas d’instruments mélangés harmonieusement ressort. Une impeccable beauté avant d’enchainer avec la courte et reposante «Comet». Juste une guitare acoustique et toutes les voix se mariant à la perfection à celle de Laurent. Somptueux.

Il n’y a rien à redire. En seulement deux albums et en prenant le temps de mûrir et de grandir sans brûler les étapes, RedLight livre un album magnifique portant à la perfection chaque inspiration. Douze titres très différents se complétant à la perfection, c’est la chose à retenir. Quant à savoir si le groupe confirmera… Ce n’est pas l’heure de penser à ça. Il est juste l’heure de continuer à rêver, bercé dans l’espace avec un «Astronauts» qui marquera probablement le début de la nouvelle année.

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