décembre 12th, 2012

Le métal progressif est un monde qui fascine. Quand cette musique est placée entre les mains de génies, elle peut transcender l’art dans une maîtrise improbable de solo et de rythme. Parmi les maîtres du style, des groupes comme Dream Theater, Opeth ou Tool (pour également citer les influences de 13-Digits) sont devenus des icônes pour tous musiciens ambitieux.

13-Digits, groupe francilien, se revendique dans une veine Progressive et Atmosphérique. Des compositions souvent longues et changeantes et mélangeant ainsi un côté plus dur avec le chant de type Death de Fabrice et le chant mélodique de Sébastien. Il y a trois ans, l’EP “Static Motion” avait permis de voir que le groupe se nourrissait bien de ses influences pour un rendu très honnête même si peu personnel.

“The Rise of Souls” est donc arrivé en cette année 2012. Un album plus consistant, prés d’une heure d’une musique bien tournée et maîtrisé comme il se doit. Et si la qualité sonore, très honnête, mais très sèche, en rebutera peut-être certain, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une auto-production.

Autant le dire dès le début, le principal défaut, c’est le manque d’originalité de ce disque. Mais d’un côté, peu de groupes peuvent aujourd’hui révolutionner le monde Progressif, celui-ci ayant déjà été retourné dans tous les sens. Nous allons donc plutôt insister sur la maîtrise technique.

Autant le dire, les quatre protagonistes de 13-Digits maîtrisent rudement bien leur sujet. Les riffs s’enchainent, laissant peu de temps mort. Sur les plus longs morceaux, le groupe parvient à distiller les atmosphères de façon très fluide. Sur “Lonesome” par exemple. Les riffs varient rapidement entré lenteur et jeu plus rugueux, bien appuyé par une bonne batterie, un peu trop répétitive sur le fond, mais possédant malgré tout un jeu juste. Il est important de noter l’importance de la basse, très bien mise en avant sur quasiment tout l’album. Celle-ci s’entend sans jamais être fondamentalement omni-présente. On apprécie.

Cependant, certains passages semblent légèrement en décalage, comme la courte introduction de “The Rise of Souls”-titre qui se coupe subitement pour laisser un bon passage un peu plus rentre-dedans. En sachant que celle-ci se répète ensuite, son emplacement n’est peut-être pas judicieux. Au final, rien n’enlève le charme de ce morceau, distillant une atmosphère à la fois massive et ambiante. Le chant de Sébastien, parfois proche de James LaBrie, a gagné en maîtrise depuis l’EP. Le duo de voix claire sur le pont est somptueux. On appréciera le beau solo, même s’il apparaîtra un peu fouillis aux premières écoutes.

“Sloth Inside” verra lui le plus bel échange entre les deux chanteurs, se transmettant la parole d’une manière extrêmement naturelle. À noter également l’excellent passage de basse, bien relayé par un duo de guitares impeccables.

Certains titres plus courts privilégient davantage les passages lourds et puissants, lorgnant sur les bords vers l’indus. Notamment sur “Bad Times” (dont l’intro “A Very…” présente un intérêt limité) et ses accords lourds et répétitifs l’introduisant ou bien ceux accompagnant régulièrement le chant agressif de Fabrice. On peut également citer “At Dawn”, morceau bien plus court et plus direct. Ici ce n’est pas la technique qui est privilégiée (même si, naturellement, elle est présente), mais plutôt la rapidité d’exécution. Même Sébastien se pare de certaines vocalises plus agressives.

Il n’y a donc pas vraiment de gros défaut à noter, mise à part sur l’originalité, donc. Des titres plus traditionnels comme “Tempérance” et ses riffs psychédéliques en ouverture se chargeront de remettre les influences du quatuor en action. L’efficacité est bien entendue de mise, même si on aura parfois l’impression d’écouter un ersatz de Dream Theater. Idem pour “Pneumatic Drill”, bien qu’un peu plus massive que la précédente cité. On y retrouve ici ce qui fait que 13-Digits est 13-Digits. On appréciera la petite conclusion en toute délicatesse et progression.

Idem à l’EP, cet album se voit accompagné d’un titre entièrement instrumental répondant au nom de “Luminarium”. Très sympathiques même si pas fondamentalement indispensable. Son intérêt revient à sa progression vers une musique se répétant de plus en plus massivement en conservant cette once atmosphérique. Dispensable tout comme “Omniscience Pathos”, qui n’apporte rien de plus, si ce n’est cinq minutes de riffs et de chants déjà entendus précédemment et curieusement assez mal agencées ici… Surtout la fin, trop soudaine, laissant un arrière-goût assez amer.

13-Digits a la technique. Une très bonne technique. Le groupe a encore le temps de développer davantage sa personnalité pour s’affranchir des multiples influences qui prédominent encore trop souvent. En attendant, si “The Rise of Souls” ne bouscule pas grand-chose, il en demeure un album agréable augurant de belles choses pour l’avenir.

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