février 26th, 2013

Au sens strict du terme, une geisha est, au Japon, une dame de compagnie très raffinée et pratiquant à l’excellence les arts traditionnels japonais. Au travers du terme Elektric, les six Toulousains formant ce sextet particulier fait d’énergie Punk, d’inspirations entre la musique manouche et asiatique impose une patte unique dont le rayonnement musical reste particulièrement compliqué à décrire.

Pour preuve, le fait que le musicien avant-gardiste John Zorn soit cité parmi leurs influences (où se retrouve également le musicien manouche Django Reinhardt où la musique japonaise et tiré de l’univers des Manga) pousse à l’interrogation sur cet OVNI musical. Troisième production du groupe après l’album “Sushi Bondage” et “Mister Sagawa”, “Art of K” perpétue le trajet emprunté par le groupe pour repousser toujours plus loin les limites de la musique traditionnelle.

“Hasta la vista, partners”. Voici de quelle manière est introduit cet EP, basse rythmique et coup de feu pour lancer une distorsion électronique et une guitare électrique en puissance. Dès ce premier titre, on ressent toute la bizarrerie et la cohérence des mélanges d’Elektric Geïsha. Tout en puissance, le groupe propulse un titre entraînant, où les parties électriques succèdent avec talent à des passages extrêmement dansants de guitare manouche. Entièrement instrumental, le groupe utilise bien souvent des samples vocaux pour rythmer davantage sa musique.

Dans un style plus traditionnel (d’une certaine manière), “The Red Samouraï” impose un rythme davantage jazzy, guitares manouche au premier plan, rythmiquement torturé, batterie rapide et résonnante, une simple envie de bouger à l’audition de ce titre libérateur de folie. Puisant davantage dans une suite répétitive d’accords à la guitare manouche et de puissance lente et lourde à la guitare électrique, “Radioactive Sashimi” impose une ambiance un peu plus lourde et pesante, progressant de plus en plus au fur et à mesure.

Au titre plus qu’évocateur, “Gang Bang Katana” puise davantage son inspiration dans le monde asiatique, les riffs sont entêtants, imposant une rythmique frénétique et dansante, malsaine et forte en changement de rythme, les samples de voix japonaises excellemment bien placées et les atmosphères électroniques judicieusement ajoutées. On se retrouve à attendre impatiemment une nouvelle explosion pour recommencer à bouger.

Ceci dit, “Art of K” a beau être un simple EP, on en aurait sans aucun souci voulu davantage… Mais préférons tout de même conserver davantage la qualité à la quantité, et espérons dans les prochains mois un second album persévérant dans cette voie de musique traditionnelle et moderne, car le talent de ces six musiciens est tout simplement indéniable.

Un groupe à suivre, assurément.

février 18th, 2013

Psykup remonte à loin, maintenant. Les explosions musicales et les folies vocales de Matthieu Miegeville et Julien Cassarino ne sont plus qu’un souvenir de plus en plus lointain. Matthieu, Milka pour les intimes, a depuis longtemps quitté le monde du Metal à proprement parlé pour s’engager durablement sur celui de la musique émotionnelle. L’émotion écorchée vive, brutale, d’un côté. My Own Private Alaska. Un piano et une batterie pour accompagner la voix violente et emprunte de tristesse de Matthieu. Puis il y a l’émotion sombre et mélancolique de l’autre. Agora Fidelio. Un Post-Rock à texte, poétiques et bouleversant.

Mais Agora Fidelio n’en a plus pour longtemps maintenant, et le groupe s’éclipsera une fois la ville de Belfast atteinte. Matthieu a donc décidé de partir dans d’autre projet. Mi-2012, le projet God François est sorti, sortes de « renouveau » de la chanson française purement loufoque et débridé, fait de chansons extrêmement courtes (parfois 20-30 secondes) et de paroles hilarantes et peu sérieuses. Mais c’est un projet bien plus récent qui nous intéresse aujourd’hui. Terre Neuve.

Avant de parler de ce groupe, il convient de parler du deuxième membre, Andrew Richards, membre du groupe Uniform Motion, mélangeant habilement et avec sensibilité Folk-Rock Indépendant et arts visuel. À eux deux, ils forment Terre Neuve, pont entre cultures britannique et française. Rock minimaliste et mélodique, relaxant et reposant.

« Pull Off the Wood », introduction presque tribale et incantatoire, quelques frappes résonnantes, un mélange des deux voix, graves, aériennes, délicates. Quelques sonorités folk, une atmosphérique forestière et boisée. Puis on enchaîne sur « An Oracle ». La guitare acoustique, les petites tapes discrètes, une voix si douce… Profondément intimiste et reposante, progressive pour laisser place à davantage d’émotion dans sa progression vers une plus grande présence de la batterie, la musique de Terre Neuve nous embarque très rapidement dans un cocon confortable où les étoiles brillent en rythme au-dessus de nos têtes rêveuse.

Pour continuer dans cette ambiance délicieusement délicate, tournons-nous vers « The Monster Love You ». La guitare, toujours lente et intimiste, accompagne à la perfection le chant aussi parfait et bouleversant de Matthieu et les chœurs envoutant d’Andrew, dont la voix plus aigue contrastes magnifiquement bien avec le timbre plus graves de Milka. Avec « The Other I », nous touchons une nouvelle ambiance, plus rapide, toujours acoustique, les deux voix en concordance parfaite, quelques notes de flutes, une batterie régulière. On pourrait presque imaginer une chanson chantée entre amis autour d’un feu. Un charme continuel opère avec talent tout le long de ce splendide morceau.

« Get Undressed » conclue cette première production en conservant toujours intacte cette atmosphère si particulière propre à Terre Neuve, minimaliste et magnifique, toujours envoutante et remplie d’une émotion cristalline. Cristalline et pure comme l’est ce premier EP d’un projet à suivre. Comment ne pas suivre Terre Neuve dans leurs randonnées forestières d’une beauté tellement manquante aujourd’hui… Matthieu et Andrew nous offrent une musique rafraichissante, sensible et belle. Prenez un peu de votre temps et laissez votre vie stressante pour voyager avec ces deux artistes dans leur monde unique et mélancolique.

février 18th, 2013

Phillipe Prohom fait partie de ces artistes en mouvement perpétuel, cherchant encore et toujours une nouvelle source d’inspiration à épuiser en nouvelle composition. La carrière de Prohom a véritablement débuté en 2002 avec son album éponyme. Un monde électronique régi par une énergie rock. En 2004, « Peu Importe », album Rock-Electro, remplis d’efficacité et de puissance offre à Prohom son rayon de soleil. Une immense tournée de 650 dates pour ces deux albums, un rythme intense qui va pousser le groupe à exploser.

La suite va être plus laborieuse… Après avoir rompu avec son label, Philippe va sortir son troisième album en 2007, « Allers-Retours », plus introspectif, comme « un voyage qui parle au corps ». Mais ce voyage parlera moins que l’époque Rock des deux premiers albums. Les médias ne répondront pas vraiment présent, et le public sera moins enthousiaste qu’à l’époque des « Ca Oublie d’Aimer ». Les années suivantes, la disparition de François (batteur et ami de Prohom), l’EP de renaissance « La Vie Sans » en 2009… Autant d’aventures, d’expérience et de tristesse qui vont aider Prohom à forger son nouvel album : « Un Monde pour Soi ».

Dans une certaine forme d’un retour aux sources, cet album sera en grande partie électronique. Une électronique poignante, envoutante… Souvent relayé par un piano ou une batterie, parfois par des flûtes, des guitares, des basses… Un album extrêmement mature, apaisant, aérien, entre ombres et tristesses et lumière et joie.

Les années passent, mais Prohom ne perd pas sa verve textuelle. Dès le titre introducteur « Comment Lutter », son électro sombre, pressante, son instrumentation arrivant progressivement, sa guitare aérienne… La voix de Philippe, toujours grave, parfois dure, mais agréable à l’oreille, lance ces vers et ces proses dans un français adéquat, qui s’adapte parfaitement à la musique. Loin d’un Saez et de ces mots crus (mais efficace, la plupart du temps), les textes de Prohom offrent une approche plus poétique à la bouillie ambiante qu’est le monde d’aujourd’hui. Dans la même idée de chanson engagés, nous pouvons relever l’impeccable « À Quoi me Fier ? ». Entièrement électro, elle appose une atmosphère saturée et malsaine du plus bel effet, la voix de Prohom semblant partagé entre l’essoufflement et la peur.

Mais au-delà de l’engagement personnel, cet album semble surtout avoir était créé pour sortir la tristesse et la peine de Philippe et celle se trouvant en chacun de nous. Encore très électronique, même si l’on peut s’imaginer sans mal une guitare aux accords discrets, « L’Encre au Bout des Doigts » est un morceau très intéressant, l’histoire de ce que chaque artiste nomme l’inspiration, celle qui vient, celle qui s’absente, celle omniprésente, celle débordante. Un sujet rondement et talentueusement amené. Carmen Maria Vega apporte une jolie dose d’émotion sur la balade « Au Coin des Rues ». Profondément reposante, entre batterie planante et guitare ambiante, le charme opère dès les premiers chantés entre eux deux.

Il y a beaucoup d’amour dans cet album. L’amour que l’on voudrait voir revenir, tout d’abord. « Quand Reviendras-Tu » est assez basique sur ces paroles, belle, mais simple. La musique n’est pas inoubliable non plus… Entièrement électronique, atmosphère planante, quelques notes de claviers presque enfantines sur son ambiance. « Dis-Toi » est dans la même veine textuelle, convaincre l’autre personne qu’elle a tort. La musique, une électro en réverbération et résonnance, un ensemble extrêmement aérien et dansant. Difficile à appréhender, mais efficace sur la durée. Puis il y a « Demande Moi ». La guitare bien mise en avant, nous avons ici affaire à un vrai bon morceau de Pop-Rock, groovant et entraînant à souhait, la voix de Prohom est excellente tant son groove s’adapte excellemment bien à l’ambiance, le break piano-basse est épatant. Nous aussi on voudrait bien de l’amour, si c’est toujours aussi dynamique !

Puis à bien regarder, il y a surtout de l’amour triste, celui qui brise sévèrement, comme il en existe trop souvent aujourd’hui… « Un Mot Sur Tes Lèvres » dépend les pensées d’une personne jouant avec les sentiments d’un autre, Prohom étant l’amoureux face à une indifférente. Titre très particulier, celui-ci joue sur un duo de guitares, acoustique et « funky ». Un mélange détonant, bien agencé avec l’électro remuante du morceau. « Mon Âme Or » est un morceau sublime. Une batterie discrète pour accompagner cette atmosphère solennelle, une voix reposante. Un morceau épique, montant de plus en plus dans cette intensité dramatique sublime… « Il est l’heure de faire la mort, mon âme or »…

L’amour se vit à deux. Par conséquent, la seconde personne a toute son importance dans une relation qui échoue… Pour Prohom, il s’agit de vider son sac sur ces personnes. « Madame Canaille » dessine le portrait d’une personne belle en apparence, mais détestable en profondeur. La basse est en prédominance ici. Rapide et très grave, l’ambiance y est oppressante, les claviers et violons rendent l’atmosphère encore plus sombre, la guitare pousse davantage l’auditeur vers cet univers glauque. Les confidences d’un homme tuant verbalement. Confidence sur le titre qui sert de premier single à cet album, au nom évocateur : « Je Voudrais Que Tu Sois Morte ». Étrangement détaché dans sa façon de parler, Prohom parle presque avec indifférence de son envie de voir cette personne morte. La batterie, lente, est puissante et sourde, accompagnée idéalement d’un piano simple, mais efficace.

Long de plus de sept minutes, « Un Monde pour Soi » clôture l’album avec talent. L’ambiance électronique alterne efficacement entre rythmiques aériennes sur les refrains, plus pesante sur les couplets. Les riffs tout en répétition de la guitare imposent une dose de massivité bienvenue et efficace. La conclusion, entre le pur électro-rock d’un côté et la voix off décrivant l’amour dans sa forme la plus pure est très intéressante.

Avec ce quatrième album, Prohom marque un pas décisif dans sa carrière en semblant être libre à 100% dans ses compositions. Plus électronique, rock quand il faut, poétique et envoutant, « Un Monde pour Soi » est un album entièrement assumé par Philippe Prohom, dans lequel son histoire se ressent à chaque vers et ne peut que nous toucher de son émotion.

février 15th, 2013

Le chemin parcouru depuis l’indémodable album éponyme « Lofofora » en 1995 est conséquent. L’engagement sauvage de « Peuh ! », la noirceur brutale de « Dur Comme Fer », le groove des « Le Fond et la Forme » et « Les Choses Qui Nous Dérangent », la sauvagerie de « Mémoire de Singe ». La question était de savoir dans quelle direction Lofofora se dirigerait. « Monstres Ordinaires » est un album plus singulier, comme l’est régulièrement les premiers albums après un changement de line-up, comme l’avait été « Le Fond et la Forme », premier album avec Daniel Descieux.

« Monstre Ordinaire » est un album bien plus puissant, dans une veine davantage Metal que Fusion/Hardcore (mais sans renier ses styles, bien évidemment). Les titres sont bien plus longs, régulièrement supérieurs à cinq minutes, les compositions sont davantage fouillées, bien plus changeantes sur la durée, bien plus variées, presque mélodiques par moments, pourrait-on penser. Il en va de même pour la voix de Reuno, toute en maîtrise, celle-ci change avec une facilité déconcertante entre hurlements sauvages, poussés graves, vocaux hurlés avec puissance et chant clair malsain, quoique les vocaux féroces sont davantage présent.

« Pour la connerie en barre, il y a toujours de l’espace ! Plus c’est gros, et mieux ça passe ! ». Le message de « La Merde en Tube » est clair et ça le sera sur tout le long de cet album. Le travail textuel est toujours aussi conséquent, malgré que certaines figures de style soient tout de même compliquées à saisir aux premiers coups d’oreilles, et que d’autres textes semblent déjà entendus. Les riffs de guitare claquent avec puissance et efficacité, la basse démontre une oppression et une rondeur excellente pendant que le nouveau batteur claque ses frappes avec force et rapidité. Une « furiosité » impressionnante pendant 50 minutes ! Mais …

Car il y a un « mais ». Le paragraphe ci-dessus, c’est ce que j’ai ressenti lors des premières écoutes. Et puis on laisse un peu tomber cet album, quelque temps. Et en bon fan, on y revient, et là, ça cloche sur quelques points… Dépeint par le groupe comme un album noir et sombre, on se rend vite compte que celui-ci n’atteindra jamais l’excellence de « Dure Comme Fer », bien plus glauque que ce « Monstre Ordinaire ». Il en va de même pour certains titres, agissant sur nous comme un trop important clin d’œil au passé. Je m’explique.

Écouter « La Merde en Tube » revient à écouter une version Punk/Hardcore de « Rock’n’roll Class Affair », « Un Mec Sans Histoire » peut être une sorte de continuité textuelle au titre « Les Gens », « Les Evadés » semble s’inspirer de « Série B », le break final d’ « Élixir» ressemble à s’y méprendre à celui du titre « Mémoire de Singe » avec un Reuno dont la voix semble également crachée dans un haut-parleur… Globalement chaque titre possède plus ou moins sa ressemblance avec une chanson du passé. Il en va de même pour certains textes. Les Doubles vies pour « Un Mec Sans Histoire », la paranoïa (« Le Visiteur »), la musique commerciale (« La Merde en Tube »), l’indifférence du monde (« Elixir »)… Des thèmes qui, s’ils sont toujours merveilleusement écrits, commence un peu à fatiguer. Mais après tout, puisque rien ne change dans ce monde…

Lofofora fonctionnerait-il en roue libre ? Eh bien, pas totalement. Comme dit plus au-dessus, « Monstre Ordinaire » traîne quelques changements musicaux. Et les changements se ressentent dès la production ! Moins froide et lisse que ne l’avait été « Mémoire de Singe », « Monstre Ordinaire » traîne un son davantage crasseux, poisseux et lourd (qui a parlé de Mudweiser ?). Une volonté du groupe sans doute d’insister sur le côté Metal de leur son. Au final, on se retrouve avec un son ressemblant à du Lofofora, sans véritablement être du Lofofora.

On le ressent dès la rapidité de l’introduction « Utopiste ». Furieuse, brutale et martiale sur les couplets, aérienne autant que poisseuse sur les refrains, Reuno démontre un chant Viscéral et agressif qui prend aux tripes. Quand le break intervient, le chant clair et plaintif du vocaliste nous touche en plein cœur, blasé et fatigué avant de laisser court à un passage instrumental lourd de puissance et de maîtrise.

Cette volonté d’aller de l’avant, on la retrouve également avec l’épatante « Élixir ». Ça démarre lourdement avant de partir dans des riffs d’une efficace rapidité. Il suffit de tendre l’oreille pour entendre les sonorités enivrantes d’une guitare délivrant un ensemble d’accord presque atmosphérique. Mélangé à tout ça un chant où un tel degré de brutalité n’a que rarement était atteint dans la voix de Reuno. La volonté continue des Lofo d’inclure des solos dans leurs titres est également une très bonne idée, surtout quand ceux-ci sont fort bien exécutés.

Au rang des belles réussites de cet album, « Le Visiteur » mérite sa place ! Démarrant lentement avant de laisser libre cours à des riffs lourds, lents, répétitif. Tous les instruments s’accordent avec la voix pour en faire un recueil de schizophrénie parfaite d’un homme en proie à la folie à cause d’un individu frappant sans relâche à sa porte. Le travail de la batterie est intéressant, ici. S’enfonçant de plus en plus dans la folie violente de cet homme, ce titre met toute la lumière sur le titre suivant, portant le juste titre de « Ma Folie ». Ici, on renoue avec un peu de nostalgie… Des riffs empruntant tout droit à un groove Rock’n’Roll, une alternance de grande classe entre chant rauque sur les couplets et un chant clair envoûtant sur les refrains, une Double précise et puissante. « Un Mec Sans Histoire » délivre aussi son lot de musicalité de pression, tant les riffs et la batterie sont écrasantes pendant que Reuno se charge de nous achever de son chant lourd et puissant.

Et puis sur certains passages, on s’ennuie ferme. « Les Évadés » pourrait être sympathique, si Lofofora ne se contentait pas de s’auto-plagier. Les riffs sont sympas, mais déjà entendus. La batterie est relativement simpliste par rapport à ce que Vincent démontre le long de cet album. Le chant de Reuno, constamment hurlé, est vite ennuyeux … On ne retiendra que ce passage groovant uniquement joué à la basse à la toute fin. Il en va de même pour un « Cannibales » trop lent, dont la suite de riffs ne fait que se répéter du début à la fin, sans grande originalité, ou Reuno crie trop souvent de la même manière. Citons également un « Frustrasong » quelque peu sauvé par les cris sauvages et implorants de Reuno sur la fin. Autrement, nous avons affaire à un titre assez ennuyant, pour à peu près les mêmes raisons que « Cannibales » : fort peu d’originalité… Les paroles ne sont pas sans rappeler « Charisman » sur certains aspects. Quitte à me répéter encore, mettons « Les Conquérants » dans le même bateau !

Plus long titre de cet album, « La Beauté et la Bête » est une offrande assez surprenantes, Lofofora nous ayant peu habitué à ce type de piste. Longtemps dicté par la basse, le rythme se veut très lent, très lourd, très pesant. Le chant de Reuno atteint là aussi une puissance insoupçonnée tout en conservant une intense touche émotionnelle. Les guitares très graves et la batterie entre jeu rapide et jeu lourd enfonce davantage l’auditeur dans cette atmosphère lugubre…

Au final, « Monstre Ordinaire » est un album très inégal. En soi, cet album s’inscrit dans la lignée de ce qu’a toujours fait Lofofora, on ne peut pas en vouloir au groupe de continuer à avancer en changeant toujours un peu son style. Néanmoins, les points forts de « Monstre Ordinaires » se muteront en point faible pour certains, et l’inverse est tout aussi vrai. Bien qu’étant un bon album, le fan ne pourra être rassasié. Après quatre ans d’attente et autant d’excellents albums, peut-être deviendraient-ont trop exigeants ?