mars 1st, 2013

Véritable homme de scène depuis la fin des années 80, lorsqu’il commence avec ses frangins Sam et Fred dans Les Ogres De Barback ou quand il enchaîne des sessions avec des artistes comme Benabar, Kent, Jacques Higelin ou Catherine Ringer, Jules n’a pourtant décidé de se lancer dans une carrière solo qu’assez tard, en 2007.

De multiples récompenses individuelles et deux albums qui ont connus un joli succès (“sous la menace” dixit l’artiste) portant les noms de « Les Années Douces » et « L’Homme le Plus Fort du Monde », ainsi qu’un passage au Divan du Monde parisien (le prochain passage étant pour le 16 mars de cette année), ont permis au chanteur de se lancer tranquillement dans sa carrière solo. Aujourd’hui, il revient donc pour franchir le cap du troisième album avec « Le Sale Gosse » accompagné du Vilain Orchestra pour assurer l’instrumentation.

Décrire cet album comme du “Rock Alternatif” est un raccourci facile. On retrouve ainsi une énergie rock sur la plupart des titres, mais aussi un côté volontairement pop-variété sur certaines pistes, sur d’autres, l’orchestre appose des touches très jazzy et dansantes, offrant un panel de notes ayant pour but de faire bouger l’auditeur.

La plupart des titres de cet album ne sont pas des démonstrations de technique ou de virtuosité. Le principal objectif de « Le Sale Gosse » est de proposer un enchaînement de titres facilement mémorisable et efficace, se donnant une véritable dimension en live. Les chœurs régulièrement apportés par le Vilain Orchestra donnent une touche catchy (voire kitsch) qui s’accorde plutôt très bien au style global de Jules.

Textuellement, on peut également noter que tout est simple à comprendre. Les mots parfaitement articulés sont faciles, souvent dans le mile, parfois un peu tiré par les cheveux (entraînant souvent une petite grimace de votre cher serviteur…) par certaines maladresses ou figure de style trop banal. On parle de tout dans cet album : de l’influence de la télé-poubelle (« Les Reacs »), les éternels repas de famille (« Le Dimanche Pascal »), la belle vieillesse (« Louanges »), la religion avec l’humour noir de (« Par Amour »), mais aussi de petites histoires (« La Bonne Nouvelle », « Mon Copain Bismarck »…), de l’amour (« Nemours », « Vilain », « Le Prudence »…) ou la solitude (« Maintenant Que Je Suis Seul »). Bien souvent, le second degré sera de mise.

Musicalement, il y a à boire et à manger, le travail réalisé pour faire un album varié est tout de même à noter, même si on tourne de temps en temps en rond, ou bien en puisant un peu trop à droite et à gauche. Aussi en forme que le bonhomme se dévoile avec cet album, on ne peut faire l’impasse sur la sublime « La Prudence ». Piano et batterie accompagnent avec émotion le chant plaisant et sentimental de Jules et de sa guitare planante. Une bonne dose de douceur et d’émotion dont est également chargée « Maintenant Que Je Suis Seul », qui clôture l’album, ode à la solitude, entre guitare acoustique et cordes remplies de tristesse. On ne peut pas s’empêcher d’éprouver de l’empathie pour ce pauvre homme chanté avec talent par la délicate voix de Jules.

Le Vilain Orchestra est bien souvent mis en avant, pas seulement musicalement, mais vocalement. Choriste sur presque tous les titres, leurs apparitions tantôt plutôt marrantes avec ces vocalises kitsch (« Nemour ») , parfois un peu trop sous forme de remplissage (« Louanges »), mais souvent extrêmement efficace (« Les Reacs », « Par Amour », « Je Me Contente »), leurs ensembles de voix tranche bien souvent avec celui de Jules pour un mélange agréable, lui qui a une voix plutôt classique, une bonne intonation et une bonne tonalité.

Concernant l’apport musical de l’ensemble, on pourra regretter que la guitare électrique soit assez en retrait sur la plupart des titres, même si elle s’offre de bon passage intéressant (« La Bonne Nouvelle », l’énergique « Les Reacs ») tout en apportant son groove en arrière-plan sur tous les morceaux globalement, hormis deux ou trois exceptions. C’est donc le Vilain Orchestra qui impose musicalement l’ensemble.

Et à des moments, le bât blesse. Une bonne vieille variet’ au piano (« Jean-Jacques »), trente secondes pour le titre « Un Cri » qui n’a que moyennement d’intérêt. Le côté Benabar un peu trop présent dans un « Vilain » trop peu inspiré, malgré les bons petits riffs qui en émaillent. Un côté facile trop poussé dès le titre d’introduction « Nemours » ou bien la mi-figue, mi-raison « Mon Copain Bismarck » dont le refrain n’aura rien de bien intéressant, car déjà exprimé maintes fois dans ce même album.

En revanche, on ne peut qu’apprécier les influences jazz qui berce la génialissime « Par Amour » (l’humour noir sera nécessaire, perso, j’adore ce texte), ou celle encore présente sur « Le Dimanche Pascal » aux chœurs bien délirants et à cette conclusion plus folle à la guitare. Le côté pop-rock rondement mené entre piano, guitare et trompette de « Je Me Contente », le groove dansant et remuant de la plutôt marrante « Mal Barré » (premier single de l’album d’ailleurs). La joie vivifiante de la pop de « Louanges »…

Jules, pour son troisième album, nous offres des idées intéressantes dont on pourrait regretter qu’elles ne soient pas suffisamment poussées. Au final, on se retrouve donc avec un album juste bon dont les éclairs de génie ne sont qu’éphémère, mais bien exécuté. Il reste toutefois que « Le Sale Gosse » est un album très sympathique que l’on écoute avec joie après une dure journée. Mais pas sur toutefois que l’on y revienne rapidement…

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