octobre 25th, 2013

Darkness Dynamite : Under the Painted SkyDarkness Dynamite, on se plaît à les détester ! Mais en même temps, ils nous ont tellement donnés de bâtons pour les battre… Flash-back !

Darkness Dynamite, c’est avant tout deux EP de Deathcore basique. Du gruik, des rythmiques bateaux, mais efficace, suffisant pour attirer Stéphane Buriez et surtout Metal Blade Records. La suite, vous la connaissez : Eddie s’en va (pour Betraying The Martyrs) et laisse sa place à Junior Rodriguez (Sublime Cadaveric Decomposition) et le premier album, « The Astonishing Fury of Mankind », verra le jour. Et la suite est digne des meilleures performances debilissimes de mauvais comiques.

Avant même de s’intéresser à la performance musicale, on se met à haïr le groupe. Une opération marketing outrancière et pompeuse, prétentieuse à vomir. Un look qui rabat clichés sur clichés ! Et la musique ne remonte rien, ce Thrash/Metalcore bien foutu, mais sans âme, a pourtant suffit à ouvrir au groupe les plus prestigieuses premières parties (de Korn à Suffocation, jusqu’à The Chariot ou Job For A Cowboy). Mais au fond, du Metalcore, on en bouffe tout le temps, jusqu’au dégoût, d’autant plus que les groupes comme DD, ça décolle vite, ça monte très haut, mais la chute est lourde. Et comme prévu, le groupe tombe dans l’oubli.

Mais en 2013, les Parisiens ressortent de l’ombre. L’annonce d’un nouvel album. Mais c’est différent. Le look est plus sage (même si…), les déclarations plus posées, plus sérieuses. Plus humble, le groupe se tourne vers les labels locaux et c’est le non-moins reconnu At(h)ome (Lofofora, Mass Hysteria, Black Bomb A où encore AqME, avec qui DD à joué dernièrement à Cannes …) qui prend les Parisien en charge.

Tout change, donc. Le logo change, la pochette s’habille d’une étrange teinte orange “stabilo” assez surprenante. Le livret est tout aussi étrange puisqu’on pourrait se tuer les yeux pour y lire les textes, Rodriguez m’apprenant finalement, lors de notre bref échange à Cannes, qu’il faut placer le livret sous une lumière noire pour y lire les textes. Intéressant, mais nous n’avons pas tous une LED noire sous le coude. Mais avant toute chose, la musique change.

Darkness Dynamite donne l’air d’avoir réellement mûri, de ce fait, l’album s’enrichit, les recherches sont davantage approfondies, le son est plus chaud, plus sec, plus groovy ! Nous sommes éloignés du mélange amer de Thrash et de Metalcore, les guitares d’ailleurs sonnent bien moins -Core, davantage Rock’n'roll, Stoner, Heavy, à mi-chemin entre le vieux Led Zeppelin ou Soundgarden et quelque chose de plus moderne comme les Deftones et Mastodon. En faisant ceci, Darkness Dynamite s’extrait de la sur-codifiée scène Metalcore pour s’ouvrir un chemin vers une musique qui semble plaire davantage au groupe. Et quand le groupe fait ce qu’il aime, ça donne plutôt bien !

Les jeunes criards peuvent s’éloigner, « I’m Seeking at Six » démarre. Une voix hurlante et trainante, une enchevêtrement basse-guitare-batterie en retrait, grandissant lentement. Et c’est parti pour le deuxième album de Darkness Dynamite : « Under the Painted Sky ». Rythmiques saccadées et breaks mélodiques destructeurs en place !

Il est quasiment impossible de ne pas trouver son bonheur parmi la myriade de genres explorés ici. DD lance sur le tapis une myriade de tubes à en devenir. « On Cloud 9 » et son ambiance Stoner tranchant dans ses envolées mélodiques la brutalité ambiante, l’éponyme « Under the Painted Sky », plus Thrashement progressive que ne peut laisser paraître son introduction acoustique lente et angoissante. Ou bien le titre de conclusion « Silent Waif of Careless Streets », habile mélange d’un hard 70’s énervé à la déstructuration rythmique et ses refrains accrocheurs et mélodique !

On parle de déstructuration ? Darkness Dynamite plante des éléments de Mathcore au milieu de son album. Le duo avec Vasco Ramos (More Than A Thousand) « Vanished Gravity » provoque un échange de chants excellents (du chuchotement au chant quasi punk et catchy, ou du bon vieux growl bien caverneux) et un Vincent démontant sa batterie de tous les rythmes possibles. « Give Them Ropes » perpétue dans les petites inspirations Mathcore, même si la musicalité ambiante réside davantage dans une collocation entre Stoner mélodique et inspiration old-school épique. La voix arrachée de Junior est aussi efficace que les trouvailles riffiques de Zack et Nelson.

L’air chaud de l’ouest américain frappe au visage de « Vipers of a Greater Gold », apposant un morceau tout de même plus posé (ces passages de basses splendides), plutôt rock même si habillement baladé d’éléments Hard-Rock (dont les bons solos qui jalonneront la composition) ou parfois Sludge en creusant bien. Et si on parle de se poser un peu, ne surtout pas faire l’impasse sur l’interlude qu’est « Breathe », de quoi souffler un peu avec cette cristalline composition instrumentale Post-Rock, jouant habillement de toms lents et d’une guitare très aériennes et reposante.

Mais si vous êtes là pour headbanguer, ne faites pas l’impasse sur le chaos ambiant de « Dead Ends », multipliant frappes et riffs de bourrins ou encore sa “suite” « White Retina », avec notamment sa double excellemment mis en avant, mais avec des transitions parfois un peu lourdes entre plans de vitesses et cassures rock.

On touche du doigt quelques petits points faibles avec les titres suivants. Le titre plus sombre « Illuminations ». L’ambiance très Deftones qui règne sur ce morceau va tout à fait au contraire de l’envie principale du groupe de proposer un album aux inspirations variées. On a parfois l’impression que le groupe veut enchaîner le maximum de plans possibles, au risque que l’ensemble paraisse très décousu et/ou brouillon. Il en va de même pour « Antz Invasion » (titre d’ailleurs aussi présent en Hidden Track et en duo avec BastiBasti de Callejon) qui montre que le groupe n’a pas oublié son premier album. Et cet “hommage” fait quelque peu tâches en ce qui concerne la cohérence globale de l’album.

Néanmoins et hormis le fait que l’album ne possède pas franchement de fil rouge, il y aurait dix mille façons de terminer cette chronique. Certains pesteront contre un certain manque d’originalité (on prend des idées un peu partout et on mixe tout ça et ça fait joli) donnant de ce fait à de nombreux endroits l’impression d’entendre du déjà-entendus. Mais je ne pense pas de cette manière. Pour moi, ce « Under the Painted Sky » est plus une manière de faire table rase de ces quatre ans de silence. Car cet album mérite qu’on s’y penche et d’aller au-delà des très mauvaises images que le groupe a véhiculées d’eux.

Il y a du travail, ici. Il y a de l’ambition, il y a une patte personnelle au milieu de toutes ces inspirations assumées. Et même si certains passages souffrent de quelques longueurs, Darkness Dynamite nous offre un album réussi qui marque sans doute une transition dans la vie du groupe. Il y a un feeling plus important que sur le disque précédent, comme une alchimie et une cohérence qui se crée. Leurs erreurs de jeunesse semblent enfin derrières eux. Confirmation ?

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