novembre 6th, 2013

Tides From Nebula : Eternal MovementHier, je me suis attelé à l’une des pires (et meilleurs) bizarrerie qu’il m’a été donné d’entendre, quelques choses entre un Metal très extrême et un mélange brute et bizarroïde de tous styles musicaux confondus : Pryapisme. Après avoir eu l’esprit complètement torturé par des chats pervers, il est temps pour moi de revenir à la base de mes influences, plus propice au repos : le Post-Rock.

Tides From Nebula est un quatuor Polonais évoluant dans un registre combinant atmosphère Post-Rock et quelques incursions vers un univers plus progressif. Offrant ainsi une musique atmosphérique onirique, fragile et instrumentale, le groupe s’inscrit dans la droite lignée des maîtres du genre, allant sans vergogne taquiner les célestes God Is An Astronaut ou bien s’approchant facilement d’Explosion In The Sky.

Les Polonais nous ont déjà offert deux albums. « Aura », entre Metal Atmosphérique et incursions Rock bien sentis, qui avaient rapidement mis les Varsoviens en lumière. Toutefois, un « Earthshine » moins inspiré et beaucoup trop peu rythmée avait freiné les ardeurs autour du groupe. Il fallait pour le groupe mettre les bouchées double afin de remonter la pente avec ce « Eternal Movement ». Pour ce faire, l’association avec Christer Andre Cederberg, qui a notamment enregistré le « Weather Systems » des Anglais d’Anathema, devrait permettre au groupe de repartir sur de bien meilleures bases. Mais dans un genre dominé de main de maître par les groupes précédemment cité, sans compter Mogwai et Sigur Ros, peut-on encore apporter une nouvelle pierre à cet édifice ? Avec une pochette autant géométrique que spatiale, Tides From Nebula va essayer de nous apporter une réponse.

Il apparaîtra assez rapidement que la musique des quatre Polonais ne révolutionne que peu de choses, « Laughter of God » est un titre relativement classique, bien que l’introduction lançant des airs de guitares pouvant rappeler la manière de jouer de Dream Theater. Pour le reste, c’est un Post-Rock classique et classieux qui nous est offert. Guitares aériennes et planantes, mur basse/batterie, break ambiant avec dualité piano et léger tapping de batterie accompagné d’une guitare très douce avant de mieux repartir. Ceci sera la trame globale de l’album, même si de nombreux titres apporteront leurs lots de variations, bien évidemment.

Sans véritable folie, le jeu est carré et fort bien exécuté. On le remarque aisément avec « Satori », partant sur des airs un peu pop avant de laisser des atmosphères douces et chaleureuses prendre le pas en accompagnement de guitares plus rock, empreint de positivisme et d’un certain soulagement. De la même manière, « Only with Presence » appose des guitares aux rythmiques hypnotisantes et aériennes sur de nombreuses sonorités cristallines aux explosions trop contenus, pas assez marqué par rapport à la rythmique d’ensemble.

Ne demandant qu’à nous faire lâcher prises sur la réalité, « Now Run » n’est pas aussi pressé que son titre. La batterie résonne (un peu trop) sur une atmosphère envoûtante, les nappes de claviers et de guitares apportant une véritable mélancolie. On regrettera pour définitivement planer la lourdeur de la batterie, qui ressort beaucoup trop forte de l’ensemble. C’est d’ailleurs un constat : sur la seconde moitié de l’album, la batterie est beaucoup trop forte, rendant l’immersion beaucoup plus compliqué, mais pas non plus catastrophique.

On peut le remarquer sur « Hollow Lights », où la grosse caisse semble masquer les guitares et les passages plus délicats. Les atmosphères plus rock et direct ont pourtant leurs charmes, mais ça coince. Même remarque sur « Let It Out, Let It Flow, Let It Fly », là encore plus pop et mettant en route un ascenseur émotionnel plutôt bien géré, même si ayant tendance à vouloir expérimenter un peu trop de changements musicaux sans mettre au point des transitions vraiment prenantes.

Dans des atmosphères plus progressives, « Emptiness of Yours and Mine » appose une belle mélancolie sur son duo piano-guitare. L’ambiance prend tout son temps. Les “problèmes” de batterie forte commencent ici, même si ce n’est pas réellement préjudiciable sur ce morceau, l’atmosphère plus pesante jouant efficacement dessus. L’arrivée de passages plus massifs, sans pour autant toucher la moindre violence, n’en est que plus bénéfique. Le final « Up from Eden », entre Post-Rock minimaliste et mélodie envoûtante, noyé d’ambiances célestes sur ses passages plus calmes et apposant une intensité bien menée sur les passages plus puissants. Une conclusion totalement réussie …

… Ce qui n’est pas le cas de tout l’album. Si « Eternal Movement » est un bon disque, il ne bouleverse pour ainsi dire pas grand-chose dans le milieu. Car si l’album dans son ensemble appose une touche de beauté et de calme avec un savoir-faire extrêmement plaisant, il en reste de nombreux éléments pouvant bloquer l’immersion totale, comme une hésitation à envoyer plus de puissance dans les passages plus directs, le mixage très moyen de la batterie (tantôt trop fort, parfois trop faible) et l’architecture globale plutôt classique de l’ensemble. Mais malgré ça, il reste de Tides From Nebula un groupe qui maîtrise vraiment bien son atmosphère très épurée et propice à la détente, à écouter au calme, dans le noir. Le groupe offre avec « Eternal Movement » une digne suite à « Aura ».

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